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Journal du Parti communiste du Canada (marxiste-léniniste)
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Numéro 97 - 1er août 2005

Les travailleurs d'Alcan se battent pour leur avenir

Les travailleurs d'Alcan se battent pour leur avenir
Les travailleurs en lock-out de Telus refusent de laisser la compagnie agir avec impunité - Peggy Askin
Les professionnels en grève chez Hydro One prennent position pour la défense du droit public
Québec Cartier Mine saisi par Dofasco
Région atlantique: Les pêcheurs de crabe bloquent le port de Sydney pendant que la crise des pêcheries s'approfondit



Les travailleurs d'Alcan se battent pour leur avenir

Les travailleurs d'Alcan du Lac-St-Jean sont engagés dans une campagne visant à combattre le diktat de la compagnie qui affirme n'avoir aucune obligation sociale envers les travailleurs et le peuple de la région. Les travailleurs demandent qu'Alcan maintienne et augmente les emplois dans la région et la population est solidement derrière eux. Alcan refuse mordicus de le faire. Elle se base sur la notion antiouvrière que le travail est un coût de production et elle cherche à réduire encore plus le nombre de travailleurs à son emploi. Il y avait près de 9 000 travailleurs d'Alcan dans la région en 1980 et il n'y en a plus qu'environ 5 800.

Les travailleurs actifs et retraités d'Alcan disent que si la compagnie est devenue un empire mondial aujourd'hui c'est en grande partie à cause des immenses privilèges hydroélectriques que l'État lui a consentis. Alcan possède trois centrales hydroélectriques dans la région et elle en opère trois autres en tant que locataire en vertu du bail de la rivière Péribonka qui est valide jusqu'à la fin de 2033. Alcan est l'utilisateur exclusif de près de 74 000 km carrés de ressources hydrauliques dans la région. Les profits que ces arrangements lui ont rapportés se chiffrent en milliards de dollars mais il est impossible d'en savoir le montant exact parce que les négociations entre Alcan et l'État sont secrètes. Il est impossible de savoir, par exemple, combien d'hydroélectricité Alcan vend à Hydro-Québec en tant que «surplus» qui est ensuite exporté hors Québec, principalement aux États-Unis. Les travailleurs actifs et retraités d'Alcan disent que le moins qu'Alcan puisse faire, c'est de maintenir et augmenter les emplois et de fournir une retraite décente à tous ses retraités.

Toute la région ainsi que les travailleurs à l'échelle du Canada ont été inspirés quand les travailleurs d'Alcan ont occupé l'usine Arvida et l'ont fait fonctionner sans les patrons pendant quelques semaines au début de 2004. Alcan avait décidé de fermer l'usine 10 ans plus tôt que la date annoncée et les travailleurs avaient refusé de l'accepter. Ils ont montré par cette action qu'ils sont très sérieux quand il s'agit de leur moyen de subsistance et de celui des générations montantes et qu'ils savent très bien qui crée la richesse dont Alcan a fait sa fortune. Sitôt l'occupation terminée, les travailleurs ont commencé une campagne d'information intitulée «on y va, ensemble, pour la région et notre avenir en commun à bâtir», dont le slogan principal est «nos richesses naturelles, nos emplois».

Les travailleurs ont entre autres choses publié des études pour contrer la propagande d'Alcan voulant que le Saguenay-Lac- St-Jean ne soit plus une bonne place pour faire des affaires et que les travailleurs doivent faire des concessions pour garder Alcan dans la région. Alcan a dit qu'elle devait réduire ses coûts de production et que le travail en faisait partie. Avec grande arrogance, elle a déclaré que la réduction des coûts de production serait simplement «un départ incitant à la recherche d'autres solutions». En novembre 2004, un représentant d'Alcan a provoqué la colère de toute la population en disant qu'Alcan «ne grandira plus au Québec».

Le Syndicat national des employés(es) de l'aluminium d'Arvida a proposé un compromis. Il a accepté de faire des concessions dans les règles de travail en demandant en échange qu'Alcan s'engage à éliminer le gel de l'embauche, à fournir un remplacement pour l'usine Arvida, à prolonger la vie de l'usine Vaudreuil qu'Alcan planifie de fermer, à ne pas faire de mises à pieds et à améliorer les programmes de pré-retraite pour les travailleurs.

Alcan a refusé de s'engager à quoi que ce soit et elle a plutôt présenté de nouvelles demandes de concessions, dont une sous-traitance massive qui entraînerait la perte de 331 emplois syndiqués et une extension de cinq ans de la convention collective. Les 8 et 9 juin dernier, 97% des travailleurs présents aux assemblées générales ont rejeté ces nouvelles «offres».

Le syndicat local et le bureau régional des TCA ont aussi élaboré des demandes au sujet des privilèges hydroélectriques d'Alcan. Ils cherchent ainsi à les rendre conditionnels au maintien et à l'augmentation des emplois dans la région. Les travailleurs rapportent qu'Alcan a signé une entente il y a quelques années (dans une aluminerie de Sept-Iles dont Alcan est copropriétaire) qui demande la création de plus de 1 000 emplois en échange de tarifs préférentiels d'Hydro-Québec. En appliquant l'esprit de l'entente aux conditions du Lac-St-Jean, les travailleurs demandent la création et le maintien d'au moins 10 000 emplois dans la région d'ici 2015.

Les travailleurs demandent que le secret des arrangements entre Alcan , Hydro-Québec et le gouvernement du Québec soit aboli. Ils estiment qu'Alcan a commencé à vendre ses «surplus» à des tierces parties en 1993-94 et qu'on lui permet maintenant d'exporter de l'hydroélectricité hors Québec via Hydro-Québec même si le bail de la Péribonka interdit formellement à Alcan d'exporter son hydroélectricité hors de la province.

On demande aussi que dans les cas où Alcan ferme une usine, elle perde ses privilèges d'une façon correspondante au nombre d'emplois perdus. Une autre revendication vise à ce que toute énergie excédentaire produite par Alcan soit vendue à Hydro- Québec au prix coûtant et utilisée dans des projets industriels régionaux, avec droit de regard de la région sur l'utilisation de cette énergie. Les travailleurs demandent aussi que les 50 millions $ en droits hydrauliques payés annuellement par Alcan au gouvernement du Québec reviennent à la région et qu'un référendum régional se tienne sur les conditions à imposer aux propriétaires privés d'énergie. Ce référendum pourrait avoir lieu lors des élections municipales de novembre 2005.

Ces développements montrent qu'Alcan refuse de plus en plus ouvertement de reconnaître et de remplir ses obligations sociales envers les travailleurs et le peuple du Saguenay-Lac-St-Jean. Ils montrent aussi que les travailleurs s'y opposent et cherchent à restreindre le droit de monopole d'Alcan et à avoir leur mot à dire sur le développement régional afin de pouvoir contrôler leurs vies.

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Les travailleurs en lock-out de Telus refusent 
de laisser la compagnie agir avec impunité
- Peggy Askin* - 

Les travailleurs de Telus en Colombie-Britannique et en Alberta ont dressé leurs lignes de piquetage le 21 juillet, un jour avant que la compagnie n'annonce son intention d'imposer ses conditions à la nouvelle convention collective. Le Syndicat des travailleurs des télécommunications, qui représente plus de 10 000 travailleurs dans les deux provinces, dit que les travailleurs se considèrent en lock-out depuis une minute après minuit le 21 juillet. Sur les lignes de piquetage les travailleurs expriment leur détermination à ne pas céder au chantage de Telus et leur résolution à défendre leurs droits et leur dignité. Cette lutte, ont-ils expliqué au LML, touche tous les syndicats, tous les travailleurs et l'avenir de leurs collectivités.

Durant les jours précédant, Telus a intensifié sa campagne criminelle de harcèlement et d'intimidation. Les travailleurs ont dit au LML qu'on les avait fait entrer dans le bureau de l'administration un par un pour leur demander: «S'il y a une grève, traverserez-vous les lignes de piquetage et/ou travailleriez-vous à la maison?» D'autres se sont fait dire que s'ils ne se présentent pas au travail ils seront congédiés, même s'il s'agit d'un lock-out. On leur a dit qu'un débrayage serait illégal. Plusieurs militants syndicaux ont été congédiés, y compris le président du local de Prince-George et un représentant syndical et coordonnateur de grève à Edmonton, pour avoir défendu les membres. La compagnie a même dressé une liste de «sympathisants du syndicat» pour les prendre à partie et leur demander de s'asseoir à part des autres.

Un travailleur a fait remarquer au LML que la tactique de diviser pour régner est évidente. Une partie des travailleurs ont été convoqués à une réunion avec l'administration où ils se sont fait dire que «les travailleurs en Colombie-Britannique vous font du tort». «Je me demande ce qu'ils leur disent de nous», a-t-il ajouté.

Les médias monopolisés cherchent à saper la lutte des travailleurs de Telus et à créer la confusion en insinuant que le syndicat «n'est pas démocratique» parce qu'il n'a pas demandé le vote sur l'«offre finale» de Telus. En présentant les choses de cette façon, les médias font tout simplement échos à la propagande de Telus et refusent d'enquêter davantage. Telus s'efforce depuis quatre ans et demi d'imposer de nouvelles conditions de travail. Elle était résolue à éliminer la protection contre la sous-traitance et à soutirer d'autres concessions. Elle a refusé pendant tout ce temps de négocier et a plutôt choisi de recourir aux tactiques d'intimidation, au mensonge et aux menaces pour convaincre les travailleurs qu'ils n'ont pas le choix que de céder. Elle déclare depuis quatre ans et demi que le droit de monopole a préséance sur les droits des travailleurs, ceux des collectivités dans lesquelles ils vivent et ceux des usagers du service.

Que signifierait accepter cet ultimatum pour le syndicat des télécommunications ou n'importe quel syndicat? Telus dit que le concept de «négociation collective» est dépassé, c'est-à-dire le concept où les travailleurs décident collectivement quels salaires et quelles conditions de travail sont acceptables et quand il faut mener la lutte pour obtenir satisfaction de leurs revendications. Les monopoles veulent prendre toutes les décisions et les syndicats ne seraient plus qu'une courroie de transmission des décisions de la compagnie aux travailleurs. Telus et les autres monopoles veulent, à toutes fins pratiques, que les syndicats cessent d'exister en tant que représentants des travailleurs et deviennent plutôt des représentants de la compagnie auprès des travailleurs. Le rôle du syndicat selon Darren Entwistle, PDG de Telus, est d'expliquer le diktat des monopoles aux travailleurs.

C'est d'abord et avant tout une attaque contre le rôle indépendant du syndicat, une demande que le syndicat ne soit plus qu'un véhicule pour «livrer le travail». Si le syndicat refuse de capituler et de renoncer à son rôle indépendant, alors, selon Telus, la compagnie cessera de le reconnaître et le fera remplacer. C'est cette attaque que les travailleurs de Telus ont rejetée avec tout le mépris qu'elle mérite.

Les travailleurs canadiens doivent soutenir les travailleurs de Telus dans leur lutte pour défendre la dignité du travail, l'indépendance des syndicats et le droit à des salaires et des conditions de travail correspondant aux services qu'ils fournissent et à un niveau de vie de standard canadien. Les monopoles comme Telus commettent constamment des actes illégaux et s'en tirent impunément. Il faut restreindre ce droit de monopole. Cela peut se faire quand les travailleurs prennent position.

* Peggy Askin est l'ex-présidente du local 203 du syndicat des Travailleurs en télécommunications et candidate du Parti marxiste-léniniste dans la circonscription électorale de Calgary Nord-Centre.

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Les professionnels en grève chez Hydro One prennent position pour la défense du droit public

Depuis le début de juin, les ingénieurs, les techniciens, les scientifiques et les superviseurs employés par Hydro One sont en grève à l'échelle de la province contre la compagnie publique responsable de la distribution de l'électricité en Ontario. Depuis que les travailleurs ont commencé leur grève, des articles dans les médias monopolisés présentent le gouvernement de l'Ontario et Hydro One comme les «bons gars» préoccupés du bien public, autant pour assurer qu'il n'y ait pas d'interruptions dans l'approvisionnement en électricité que pour protéger le trésor public.

Selon cette désinformation, les scientifiques et les techniciens en grève ne devraient pas avoir l'appui des travailleurs de l'Ontario parce que plusieurs d'entre eux gagnent 100 000$ par année (c'est-à-dire qu'ils ne sont pas des «vrais» travailleurs). On dit qu'en faisant la grève, ils créent une crise qui peut mener à des interruptions de courant. Hydro One et le gouvernement, de l'autre côté, ont un plan précis en place (incluant sans aucun doute une loi forçant un retour au travail) pour assurer l'approvisionnement en électricité. Ce plan, tel que décrit par la Société des professionnels de l'énergie, est, mis à part tout le reste, un «conte de fée». «Il est basé sur quelques centaines de cadres senior mal formés qui prétendent pouvoir faire fonctionner de façon sécuritaire un des réseaux électriques les plus complexes au monde. En assumant la fonction des ingénieurs et des professionnels chevronnés, ils compromettent sérieusement le réseau électrique de l'Ontario en danger», déclare la Société.

Le premier ministre Dalton McGuinty insiste pour dire que le gouvernement ne prévoit pas «s'ingérer» dans les négociations collectives. En même temps il rejette le fardeau sur les travailleurs, disant: «Notre gouvernement respecte le droit de la Société de faire la grève et de piqueter, mais nous n'appuyons aucun des efforts contre le droit des Ontariens à un approvisionnement ininterrompu en électricité.» «Je crois que les travailleurs de Hydro One en grève sont raisonnables et ne veulent pas perturber la vie des Ontariens. Je leur lance l'appel à gérer leur conflit avec Hydro One de façon responsable, parce que notre réseau électrique est essentiel à nos vies et à notre économie», a-t-dit. Rien n'est dit à propos des enjeux pour lesquels combattent les travailleurs, ou à propos des raisons pour lesquelles ils ont été forcés de faire la grève, sans parler d'élaborer à savoir pourquoi leur position défend l'intérêt public dans cette situation.

Les membres de la section 160 de la Society of Energy Professionals (Association des professionnels de l'énergie) sont allés en grève lorsqu'ils ont rejeté les demandes de concessions d'Hydro One. La compagnie a refusé de répondre aux contre- propositions du syndicat, disant au lieu de cela qu'elle voulait faire des arrangements pour que les représentants syndicaux prennent connaissance des états financiers d'Hydro One. En d'autres mots, les travailleurs devraient accepter qu'ils représentent une dépense qui doit être coupée, et ensuite discuter avec Hydro One de la façon d'effectuer cette coupure.

Le rôle du gouvernement est de défendre le droit public. C'est une fraude complète d'insinuer que la question est d'économiser les dollars des contribuables en coupant les salaires de travailleurs dont Hydro One dit qu'ils sont «surpayés» de quelque 10% selon les normes de l'industrie. La défense du droit public voudrait dire défendre le droit des travailleurs, que ce soit chez Hydro One ou ailleurs dans le secteur public ou privé, à négocier des accords qui reconnaissent leur droit à des salaires et à des conditions de travail comparables au travail qu'ils accomplissent. La lutte des travailleurs d'Hydro One pour s'opposer à ces concessions est entièrement juste. C'est le refus de la compagnie de négocier, et non le refus des travailleurs de faire des concessions, qui est à la source de toute crise dans l'approvisionnement en électricité.

La position d'Hydro One et des médias monopolisés détournent aussi l'attention du fait que toute crise de l'approvisionnement en électricité en Ontario est due à l'intégration par le gouvernement du réseau d'électricité à celui des États-Unis et sa volonté de privatiser la production d'électricité et sa distribution. Cela a été vigoureusement dénoncé par les travailleurs de l'électricité et les travailleurs et le peuple en l'Ontario. À présent, plutôt que de négocier un règlement juste avec ses travailleurs, il préfère fermer des unités à Nanticoke et importer de l'électricité des États-Unis ou du Québec.

La réaction d'Hydro One et d'Ontario Power Generation, avec l'appui du gouvernement de l'Ontario, au piquetage de masse efficace des travailleurs en grève, en particulier aux stations de production d'électricité comme Nanticoke, a été de déposer une demande d'injonction devant la Cour supérieure de l'Ontario pour «limiter» le piquetage. Les tribunaux ont accordé l'injonction en statuant que les travailleurs en grève ne pouvaient pas retarder l'entrée des voitures dans les installations de l'Ontario Power Generation. Le juge, en rendant sa décision, a insisté pour dire: «Je ne déclare pas que le piquetage est illégal. Loin de là.» En d'autres mots, il n'empêchait pas les travailleurs de piqueter, il ne faisait que déclarer illégal le piquetage efficace qui aurait exercé une pression sur Hydro One pour obtenir un règlement au conflit.

L'hystérie d'Hydro One est telle qu'en réaction au piquetage réussi des travailleurs à la centrale thermique au charbon de Nanticoke, le vice-président aux communications corporatives, Peter Gregg, a déclaré dans un communiqué de presse: «Le comportement du syndicat aujourd'hui est allé plus bas que jamais et est l'équivalent au terrorisme industriel.» «Essentiellement ils disent aux Ontariens que les demandes intéressées du syndicat sont plus importantes que le droit de chaque Ontarien à l'électricité», a-t-il ajouté. De tels commentaires ne sont pas innocents lorsque pris dans le contexte de la législation anti- terroriste qui a été dénoncée par les travailleurs et le peuple du Canada. En effet, cette législation comprend une section qui définit l'activité terroriste comme étant aussi «une ingérence ou une perturbation sérieuse d'un service essentiel, qu'il soit public ou privé» et cela pourrait être utilisé pour rendre illégales les justes luttes des travailleurs pour leurs droits.

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Québec Cartier Mine saisi par Dofasco

Dofasco Steel a annoncé qu'elle paiera 306 millions $ pour la presque totalité des 66% d'actions en circulation qu'elle ne possède pas déjà dans Québec Cartier Mining Co. Les deux blocs de vendeurs d'actions sont le monopole CAEMI du Brésil et Investissement Québec, une agence d'investissement du gouvernement du Québec.

Dofasco annonce qu'elle veut piller l'énorme valeur ajoutée réalisée, produite à la mine, étant donné la brusque hausse des prix du minerai de fer sur le marché. Suite à une quasi-faillite, seulement la valeur ajoutée réalisée réclamée par les travailleurs, les gouvernements et les propriétaires de la dette peut être payée selon les arrangements actuels sur la propriété issus d'une entente avec le gouvernement du Québec. La valeur ajoutée réalisée restante qui n'a pas été dépensée pour l'usine et l'équipement totalise environ 128,3 millions $. Apparemment Dofasco peut circonvenir l'arrangement conclu lors de la quasi- faillite en achetant les actions du gouvernement, réorganiser sa possession en fiducie ou autre combine et piller ensuite l'énorme valeur ajoutée réalisée qui gît au fond de la mine en tant que bénéfices non distribués.

«Nous sommes enthousiastes face à la perspective d'accéder à une valeur importante pour les actionnaires», a dit Don Pether, directeur général de Dofasco, tout fier de lui.

Québec Cartier fait fonctionner une mine à ciel ouvert de minerai de fer, un port en eau profonde et d'autres installations sur la Côte-Nord dans la région du nord du Québec riche en ressources naturelles. La compagnie aurait des contrats d'achat fermes pour tout le minerai de fer extrait, un élément crucial dans la fabrication de l'acier, qu'elle produira cette année et l'année prochaine à des prix bien en deça de ceux de 2000 à 2004. Dofasco elle-même aurait satisfait 60% de ses besoins en minerai de fer grâce à Québec Cartier.

La mine où Dofasco est le principal propriétaire et gérant, est soumise à un saccage anti-ouvrier et anti-social depuis plus de deux ans. Au début de l'année 2003, 1 800 travailleurs ont été mis en lock-out par la compagnie pour les forcer d'accepter des concessions sur leurs salaires, leurs bénéfices marginaux et leurs pensions. Le prix du marché pour le minerai de fer était bas; Dofasco et les autres propriétaires plaidaient l'insolvabilité et menaçaient de fermer la mine si le gouvernement du Québec ne payait pas pour la garder ouverte. Les travailleurs ont refusé de se soumettre aux concessions antiouvrières.

Le gouvernement du Québec a accepté de financer la mine en novembre 2003 en donnant à Québec Cartier un prêt sans intérêt de 176 millions $ avec «remboursement conditionnel». Il a aussi acheté pour 20 millions $ de nouvelles actions. Peu après, le prix du marché du minerai de fer a commencé à grimper en flèche grâce à la reprise du cycle du marché de l'acier et à la consolidation d'environ 40% de l'exploitation minière mondiale du minerai de fer entre les mains de trois monopoles géants. Chez Québec Cartier la montée rapide de la valeur totale d'échange s'est traduite par une valeur ajoutée réalisée de 80,9 millions $, après que les travailleurs, les propriétaires de la dette et le gouvernement eurent réclamé leur part. Durant les cinq premiers mois de 2005, malgré une production réduite de 2 millions de tonnes à cause de la grève, la mine n'a pas distribué l'équivalent de 98,6 millions $ en valeur ajoutée. Québec Cartier a maintenant en caisse 128,3 millions$ en bénéfices non distribués et 41,4 millions$ en dettes bancaires à court terme. La production entière pour 2005 et 2006 est déjà vendue à des prix de 71% à 86% plus élevés qu'en 2004.

Le bonne fortune provenant des prix élevés du minerai de fer sur les marchés n'a pas mis fin aux attaques anti-ouvrières de Dofasco et des autres propriétaires. Plus tôt cette année, la compagnie a exigé des mineurs des concessions anti-ouvrières lors d'une nouvelle convention collective, ce qui a été à l'origine d'une grève de trois mois qui n'a pris fin que le 3 juin, juste avant l'annonce de l'achat par Dofasco.

Pendant ce temps, le gouvernement libéral Charest se félicite de sa bonne fortune, c'est à dire de l'augmentation par huit fois de son investissement initial de 20 millions $ en seulement deux ans et du succès de son programme pour payer les riches. Nulle part il ne reconnaît que le plus grand changement a eu lieu à cause de l'anarchie de la montée en flèche des prix du minerai de fer et nulle part il n'a salué le sacrifice, les souffrances et la résistance héroïque des mineurs de Québec Cartier qui ont connu quatre fermetures de mine depuis le printemps 2003, incluant un lock-out de six mois et une grève de trois mois. Tout cela durant ces deux difficiles années d'attaques anti-ouvrières provenant de Dofasco et de pressions énormes exercées par le monopole pour soutirer des concessions.

«Dofasco le perspicace», comme l'a nommé le Hamilton Spectator, paiera Investissement Québec 153 millions $ pour racheter son acquisition de nouvelles actions de 20 millions $. Mais on ne sait pratiquement rien concernant le «prêt gouvernemental à remboursement conditionnel» de 176 millions $. Les «conditions» de remboursement sont apparemment si favorables à Dofasco que le prêt, fort probablement, ne sera jamais remboursé. Assurément, «Dofasco le perspicace» sait comment piller le trésor public et a une longue expérience dans la lutte de classe pour faire pression sur les métallos et les mineurs afin d'exiger des concessions anti-ouvrières.

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Région atlantique
Les pêcheurs de crabe bloquent le port de Sydney pendant que la crise des pêcheries s'approfondit

Les pêcheurs de crabe en Nouvelle-Écosse et à Terre-Neuve continuent leurs actions contre les nouveaux quotas de crabe imposés de façon arbitraire par le gouvernement fédéral. Pendant la plus grande partie de la journée du 26 juin, les pêcheurs de crabe de la Nouvelle-Écosse ont utilisé environ 30 de leurs bateaux pour bloquer l'accès au port de North Sydney, fermant le service de traversier entre la Nouvelle-Écosse et Terre-Neuve et le Cap Breton. Ils ont tenu cette action en opposition aux récents changements dans les quotas de crabe par le gouvernement fédéral, qui ont affecté les pêcheurs de crabe à travers la région des Maritimes. Le blocage était planifié pour coïncider avec la visite au Cap Breton du ministre des Pêches et Océans, Geoff Regan, qui se trouvait là pour un tournoi de golf.

Les pêcheurs de crabe exigent de rencontrer le ministre des Pêches depuis mai, lorsque les quotas ont été imposés, et exigent qu'il explique pourquoi leurs quotas de crabe ont été coupés de 20%. Un des pêcheurs participant aux actions, expliquant l'impact des coupures sur le moyen de subsistance des pêcheurs, a fait expliqué: «L'an passé, j'étais autorisé à pêcher 40 000 livres, cette année, c'est passé à 16 000 livres.»

Les pêcheurs ont mis fin à leur blocage à la fin de la journée, donnant au ministre des Pêches 48 heures pour répondre à leur demande. Depuis, ils ont bloqué un navire de croisière, menacé de bloquer des navires gypses américains dans le détroit de Big Bras D'Or, et ont fait du piquetage devant le colège des Gardes côtiers. Certaines usines de poisson ont aussi organisé des événements pour protester contre une coupure de 20 pour cent de la prise totale autorisée au large de la côte de l'est du Cap Breton.

Regan a tout d'abord refusé de rencontrer les pêcheurs, rejetant leur juste demande de discuter des implications de ces changements sur leur moyen de subsistance en les accusant de cupidité: «Il s'agit d'un petit groupe de pêcheurs qui veut plus de quotas. La seule façon d'y arriver est soit en augmentant le total des quotas ou en l'enlevant à quelqu'un d'autre, et les deux sont impossibles.»

Loin de traiter des justes préoccupations des pêcheurs, Regan a abordé l'affaire comme un problème de loi et ordre, avertissant les pêcheurs qu'un tribunal de Halifax avait émis une injonction contre eux. Un porte-parole de Marine Atlantic, la corporation fédérale de la Couronne demandant l'injonction, a menacé que les pêcheurs auraient affaire à la GRC et feraient face à des accusations d'outrage au tribunal s'ils continuent leur blocus.

Depuis, Regan a capitulé, acceptant de rencontrer les pêcheurs le 27 juillet – non sur l'île mais à Darmouth, aux quartiers généraux du ministère des Pêcheries et Océans, à cinq heures de route de Sydney – tout en insistant pour dire qu'il n'y aura pas de changement. «Ce n'est pas nécessaire pour nous de faire le trajet jusqu'à Darmouth. Il peut se rendre partout au pays par avion pour d'autres gens. Pourquoi ne prend-il pas l'avion?», a fait remarquer un pêcheur.

La pêche au crabe des neiges de l'Atlantique est passée d'une pêche secondaire au début des années 60, remplaçant la morue à Terre-Neuve et dans une partie de la Nouvelle-Écosse, ainsi qu'au Nouveau-Brunswick et au Québec en tant que pêche principale. En novembre 2004, le ministre des Pêches et Océans, Robert Thibeault, a ordonné au Conseil des Ressources en pêcheries du Canada, un groupe monopoliste gouvernemental, de mettre sur pied «une stratégie de conservation à long terme» calquée sur une stratégie Atlantique du homard datant de 1995. Une période de «consultations» avec des partenaires a suivi. Le but principal était de réduire la capacité de pêche sur une base de flotte par flotte et de région par région -- la politique de base du ministère des Pêches et Océans qui appelle à concentrer la récolte et la production entre de moins en moins de mains, la politique de monopolisation responsable en premier lieu de l'effondrement de la pêche de fond. Conséquemment, Terre-Neuve a perdu à elle seule 40 000 personnes – 12 pour cent de sa population – depuis le moratoire sur la morue il y a 14 ans. Comme instrument principal de sa politique, le ministère des Pêches et Océans a commencé à introduire il y a environ 10 ans le mécanisme de «quotas individuels transférables». Ce mécanisme a corporatisé et privatisé l'océan, accordant des quotas – non sur la base traditionnelle – mais sur la base de la capacité de balayer les producteurs plus petits qui ont été forcés de «transférer» leurs quotas aux opérateurs plus importants. Cela visait aussi à diviser pour briser la résistance des pêcheurs; les pêcheurs de crabe des neiges dans le golfe du Saint-Laurent ont subi de grandes pressions pour faire partie du plan ITQ pour acheter les crochets, les lignes et les cages, en «partenariat» avec le ministère et les gros transformateurs en tant que »partenaires» égaux.

L'expérience de Terre-Neuve a montré que la province a essayé de concentrer les quotas de production parmi les usines de façon à forcer les pêcheurs de crabe à vendre leurs prises à un prix moins élevé et de cette façon réduire la capacité dans les eaux. Le ministre des Pêches et Herb Clarke, le chef de l'Association des producteurs de fruits de mer, ont admis que ce système de «rationalisation» visait à éliminer des usines et des emplois. Tel était le but du «partenariat». Leur projet – appelé «plan de partage de la ressource» – signifiait que les prix du crabe seraient déterminés par une firme de révision et qu'un plafond serait imposé sur la somme que les producteurs pourraient transformer. Les pêcheurs étaient complètement opposés à l'idée d'accorder aux usines individuelles de transformation un pourcentage établi de la prise, disant que cela plaçait tout le pouvoir entre les mains des compagnies de transformation. Le gouvernement de Danny Williams avait promis un débat complet sur son plan depuis plus d'un an mais, en mars 2005, il a annoncé qu'il l'imposerait sous la forme d'un projet-pilote de deux ans, malgré l'opposition des pêcheurs et des travailleurs des usines.

Pendant tout le printemps, plus de 5 000 pêcheurs et travailleurs d'usine ont lutté contre le plan, empêchant les navires-réservoirs géants de pétrole multinational d'entrer dans Placentia Bay vers la raffinerie de pétrole de Come-by-Chance le 20 avril, fermant le port de St. John les 26, 27 avril et le premier mai, et tenant des manifestations de masse le 9 mars et à nouveau le 2 mai devant le gouvernement de la Confédération contre le plan. Quelques bateaux plus gros sont partis vers la Nouvelle-Écosse pour y déposer du crabe en protestation contre le régime PQ du gouvernement.

Le 10 mai, le premier ministre Williams a annoncé que Richard Cashin, ancien président de Fish, Food et Allied Workers/Canadian Auto Workers et ancien secrétaire parlementaire dans le gouvernement Trudeau, dirigerait un comité indépendant pour faire l'examen du projet pilote du gouvernement. Le premier ministre Williams a dit que son gouvernement avait confié la prise de décision sur cette question à Cashin. Le 19 mai, les pêcheurs ont voté à 73,6% pour aller pêcher et combattre toute nouvelle tentative de mettre en application les quotas de production.

Cependant, la crise des pêcheries continue de s'approfondir à Terre-Neuve cet été.

Les fermetures hâtives ont affecté de façon drastique les récoltes de crabe dans plusieurs régions, ainsi que les travailleurs des usines de crabe. 

Une décision d'arbitrage sur le prix d'été des crevettes – sélectionnant l'offre finale des transformateurs de crevettes qui établit le prix d'été de la crevette à 5 cents la livre, moins que les prix de l'été dernier – mettra probablement à la rue de 3 000 à 4 000 milles personnes. Les prix montant en flèche du carburant et les fluctuations du dollar canadien d'une industrie des pêches dépendante de l'exportation affectent aussi de façon négative les moyens de subsistance de milliers de pêcheurs et de travailleurs d'usine.

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