Courriel: bureau@cpcml.ca Site Web: www.pccml.ca Numéro 94 - 25 juillet 2005 Lendemain des attentats de Londres • Contre
la création d'une psychose de peur! Abolissez la politique de «tirer
pour tuer»!
- Déclaration du Parti communiste révolutionnaire
de Grande- Bretagne (marxiste-léniniste)
Lendemain des attentats de Londres Contre la création d'une psychose de peur! Abolissez la politique de «tirer pour tuer»! - Déclaration du Parti communiste révolutionnaire de Grande- Bretagne (marxiste-léniniste), 23 juillet 2005 - Vers 10h10 jeudi matin, une vingtaine de policiers armés ont abattu un homme à la station de métro Stockwell. Un témoin a dit à la BBC: «J'ai vu homme de type asiatique qui courait vers la rame. Il était poursuivi par trois policiers en civil. L'homme a trébuché et a été plaqué au sol, et un des officiers a tiré cinq fois sur lui.» Le PCRGB(M-L) condamne ce meurtre qui représente une intensification du terrorisme et de la violence directs de l'État. En affirmant que quatre jeunes musulmans sont responsables des attentats du 7 juillet et qu'il s'agissait d'«attentats-suicides», le gouvernement et les médias ont créé un climat leur permettant d'agir avec impunité. Nous condamnons la politique de «tirer pour tuer». Les agences de l'État et les médias doivent se calmer. Le gouvernement et l'État sont responsables pour la sécurité, et celle-ci exige un climat de tranquillité. Mais c'est tout le contraire qu'on voit depuis les attentats du 7 juillet, dont l'origine n'a pas encore été révélée. Le 14 juillet, pendant que des milliers de manifestants au Trafalgar Square dénonçaient l'usage de la terreur par qui que ce soit, le gouvernement annonçait que les policiers, réagissant à une situation d'alerte, ont reçu l'ordre de «tirer pour tuer» et de «viser la tête». Une semaine plus tard, le public londonien a été directement témoin du résultat de cette politique. En créant une psychose de la peur, on crée un climat dans lequel il devient difficile de penser. On crée le sentiment d'impuissance face aux événements et de résignation face aux attaques contre les droits des citoyens et la violence de l'État. Plutôt que de s'organiser pour s'attaquer aux problèmes, on crée la méfiance et l'hostilité envers des communautés entières. Une fois que le gouvernement et les médias sont parvenus à diviser les gens sur une base raciale, ils peuvent blâmer le peuple pour tous les malheurs qui s'ensuivent. On ne peut se permettre la confusion sur la responsabilité des problèmes auxquels le peuple, la société et le monde sont confrontés aujourd'hui. Le peuple doit être organisé pour être en mesure de déterminer lui-même comment défendre ses intérêts. Sinon c'est la voie du désastre, celle choisie par le gouvernement. Le PCRGB(M-L) appelle ses membres, sympathisants et amis à discuter parmi la population des mesures à prendre pour contrer cette psychose de peur. En identifiant nos intérêts, nous pourrons nous défaire de l'habitude de discuter des spéculations des médias, des agences de l'État et de leurs apologistes qui criminalisent le peuple, blâment les jeunes et les musulmans pour tout. Nous pouvons combattre la pression du gouvernement qui demande que les musulmans adoptent «les valeurs civilisées britanniques» comme la «tolérance» et la primauté du droit, valeurs qui sont totalement exposées par la politique de tirer pour tuer. Le PCRGB(M-L) appelle la classe ouvrière et le peuple à exiger que le gouvernement cesse d'utiliser la force pour régler les problèmes sociaux, politiques, économiques et culturels. Le gouvernement doit assumer sa responsabilité dans la création d'un climat de tranquillité et respecter l'État de droit. Exigeons le retrait de la politique de «tirer pour tuer» et de toutes les autres pratiques du terrorisme d'État et de violence! Opposons-nous à la création de la psychose de peur!
[Retour] Le 9 juillet, 1 500 personnes se sont rassemblées à Londres près de Travistock Square où a eu lieu un des attentats deux jours plus tôt. L'appel à tenir des vigiles a été lancé par la coalition Stop the War, la Campagne pour le désarmement nucléaire et l'Association musulmane de Grande-Bretagne. Les députés George Galloway et Jeremy Corbyn, des artistes et des gens de tous les milieux sont venus exprimer leur humanité ainsi que leur opposition à la «guerre contre la terreur» qui est responsable des horribles attentats dont le monde a été témoin la semaine dernière. Galloway a dit qu'il était venu par respect pour les victimes. «Ce sont des gens ordinaires, qui se rendaient au travail, qui ont été tués, et cela ne se justifie pas.» Le prof. Assami Tamimi de l'Association musulmane a déclaré: «Ce n'était pas une attaque contre une croyance ou une race. C'était contre tous les Londoniens.» C'était le premier rassemblement en importance du mouvement contre la guerre depuis les attentats. La coalition Stop the War a déclaré dans un communiqué suite aux attentats: «Nous nous devons à nous-même de ne pas permettre aux fauteurs de guerre d'exploiter cette tragédie pour accélérer leur cycle de violence. Contrairement à Tony Blair et George Bush, présentement réunis à Gleneagles, prenant une pause de leur «guerre contre la terreur» qui consiste à bombarder des innocents, hommes, femmes et enfants, dans des pays étrangers, le mouvement international pour la paix ose faire une distinction entre le gouvernement d'un pays et le peuple. Nous avons toujours dit que la guerre contre la terreur est immorale et qu'elle va à l'encontre du but visé.» Le député Galloway avait dit plus tôt: «Nous pressons le gouvernement à mettre la population à l'abri, comme l'a fait le gouvernement espagnol, en mettant fin à l'occupation de l'Irak et en consacrant ses énergies à la recherche d'une vraie solution aux conflits du Moyen-Orient. «Alors seulement les innocents, ici et à l'étranger, pourront-ils jouir de la vie loin des menaces de violence insensée.» Il y a également eu un rassemblement au Russel Square à la mémoire des victimes du 7 juillet. Les orateurs ont dit que la «guerre contre la terreur» n'a apporté la sécurité à personne et se sont engagés à continuer de la combattre. Wasar Altikriti, du Muslim Youth Group, de Leeds, a dénoncé les attaques contre la communauté musulmane et demandé à tous les Britanniques de se montrer solidaires d'elle. Une vigile a eu lieu au Trafalgar Square le 14 juillet. La coalition Stop the War organise une vigile le 25 juillet au métro Stockwell en mémoire de Jean Charles de Menezes, tué le 22 juillet par la police qui pratique l'ordre de «tirer pour tuer». [Retour] - Workers' Daily*, 20 juillet 2005 - Le gouvernement a subi plusieurs revers cette semaine dans ses tentatives de convaincre le monde que les attentats de Londres et autres attentats n'ont rien à voir avec la politique étrangère de la Grande-Bretagne. Et pourtant le premier ministre et le gouvernement n'en continuent pas moins d'affirmer que ceux qui disent qu'il y a un lien font preuve d'une «logique perverse». Pour commencer, Chatham House a publié le rapport Security, Terrorism and the UK. C'est le premier d'une série de documents de travail issus d'un programme de recherche de cinq ans financé par le Economic and Social Research Council visant à démontrer que la Grande-Bretagne est une proie spéciale d'attentats de ce genre. Selon le document, «c'est entre autres parce qu'elle est un proche allié des États-Unis et qu'elle a déployé des forces armées dans des campagnes militaires visant à renverser le régime en Afghanistan puis en Irak». Le secrétaire aux affaires étrangères, Jack Straw, interviewé à la BBC, a dit être «étonné d'entendre Chatham House affirmer que nous n'aurions pas dû soutenir nos alliés de longue date aux États-Unis». Il a continué en disant que «le temps des excuses est terminé» et réaffirmé que les attentats terroristes ont eu lieu autant dans des pays qui ont soutenu l'invasion de l'Irak que dans des pays qui ne l'ont pas soutenue. Le rapport de Chatham House a été suivi d'un sondage d'opinion de la firme ICM dont les résultats, publiés dans le Guardian, indiquent que: «Deux tiers des Britanniques croient à l'existence d'un lien entre la décision de Tony Blair d'envahir l'Irak et les attentats de Londres, malgré les affirmations à l'effet du contraire du gouvernement.» Ensuite, mercredi, le maire travailliste de Londres, Ken Livingston, interviewé à l'émission Today de BBC Radio 4, a soutenu que plusieurs facteurs ont créé les conditions de cette attaque, y compris «80 années d'intervention occidentale dans des pays à prédominance arabe à cause du besoin de pétrole de l'Occident». Il a continué en disant que la Grande-Bretagne et les États-Unis ont «soutenu des gouvernements détestables» et «renversé des gouvernements qu'ils ne considèrent pas comme sympathiques». Il a ajouté que «beaucoup de jeunes gens reconnaissent la pratique de deux poids, deux mesures, ils voient ce qui se passe à la baie de Guantanamo et ne croient pas que c'est une politique étrangère juste». Il a dénoncé «les gouvernements qui recourent au massacre pour avancer leur politique étrangère». La position du gouvernement se résume à affirmer que lui et ses alliés peuvent recourir à tous les moyens pour atteindre leurs fins, même si ces moyens sont violents et illégaux, parce que leurs objectifs sont louables et fondés sur des valeurs «civilisées» et «universelles». Ainsi, alors qu'il dit condamner l'usage de la violence à des fins politiques, le gouvernement britannique cherche à formuler une idéologie qui justifie le terrorisme d'État. Pendant même qu'on annonce que des soldats de l'armée britannique vont être traduits en justice pour crimes de guerre en Irak et que les médias font état d'une situation frôlant la guerre civile dans ce pays, le gouvernement veut continuer de faire croire qu'il est une «force pour le bien dans le monde», qu'il répand la démocratie et qu'il est un facteur de paix et de sécurité. Le gouvernement de Grande-Bretagne exploite les attentats du 7 juillet et les événements de cette semaine à ses fins. On ne sait pas encore toute la vérité sur ce qui s'est produit mais déjà les explications du gouvernement (que ce sont des actes influencés par une «idéologie du mal» et qu'ils n'ont aucun rapport avec les crimes que commettent la Grande-Bretagne, les États-Unis et d'autres) sont discréditées. Il est clair que le gouvernement refuse d'assumer la responsabilité de ses crimes passés et de ceux de ses prédécesseurs. En fait, il continue à tous les jours de commettre des actes criminels dans le monde et contribue ainsi à créer une situation de plus en plus dangereuse, en Grande-Bretagne et dans le monde entier. * Workers' Daily est le journal internet du Parti communiste révolutionnaire de Grande-Bretagne (marxiste- léniniste). [Retour]
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