Courriel: bureau@cpcml.ca Site Web: www.pccml.ca Numéro 91 - 14 juillet 2005 Sommet du G8
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du G8 : Une fraude assaillie de toute part
- Workers' Daily
Sommet du G8 Une fraude assaillie de toute part - Workers' Daily*, 11 juillet 2005 - Le Sommet du G8 à Gleneagles, qui devait avoir comme priorité à son ordre du jour la pauvreté en Afrique et le changement climatique, s'est terminé par un aveu de nul autre que Tony Blair que les dirigeants des pays les plus riches du monde n'ont pas pu «reléguer la pauvreté à l'histoire» et n'ont fait aucun progrès significatif dans la résolution des problèmes reliés au changement climatique. En fait, les décisions annoncées dans le Communiqué de Gleneagles ont été dénoncées par presque tout le monde. Leur seuls supporteurs sont les chefs du G8 et les non moins enthousiastes Bob Geldof, Bono et Paul Wolfowitz de la Banque mondiale. Les représentants de la compagne «Abolissons la pauvreté» ont demandé que les chefs du monde «fassent davantage» pour répondre aux aspirations et attentes des peuples; l'organisme Christian Aid a dit qu'elle était «très déçue»; tandis que Kumi Naidoo du groupe Action mondiale contre la pauvreté a conclu que «le peuple a hurlé, les chefs du G8 ont murmuré». Le Communiqué de Gleneagles parle d'une augmentation de 50 milliards $ de l'«aide» aux pays les plus pauvres et de 28 milliards $ aux pays d'Afrique d'ici 2010, confirme le soutien aux mesures d'«allégement de la dette» annoncées pour 18 pays africains le mois dernier et promet de s'attaquer aux maladies préventives en Afrique, notamment par l'«accès le plus universel possible» au traitement contre le sida d'ici 2010. Il n'y a pas eu d'entente sur les subventions à l'exportation des pays riches, qui se font au détriment des pays les plus pauvres, et donc aucune mesure pour créer un environnement plus équitable dans le commerce mondial. En plus, les pays du G8 ont annoncé l'allocation d'une somme de 3 milliards $ au cours des trois prochaines années pour l'Autorité palestinienne, argent qui sera administré par la Banque mondiale et qui préparera le terrain à une plus grande ingérence économique et politique. Comme le communiqué le répète encore une fois, les pays du G8 accordent la priorité à l'Afrique depuis la fin des années 1990, mais il n'y a aucun indice d'amélioration de la situation sur le continent. La préoccupation première des grandes puissances a été d'étendre la mondialisation néolibérale à l'Afrique, c'est-à-dire créer les conditions permettant aux grands monopoles et aux grandes institutions financières de continuer de piller le continent. Le G8 poursuit la vieille pratique d'invoquer l'«aider» et l'«allégement de la dette» comme moyen d'ouvrir le continent africain à l'ingérence politique et économique des grandes puissances. Le Communiqué annonce une série de mesures qui serviront à accroître l'intervention en Afrique: - former et approvisionner les forces de «maintien de la paix» africaines; - accroître l'efficacité des sanctions; - soutenir la «bonne gouvernance» et la «transparence» par différents moyens, dont le financement de certaines instances de l'Union africaine; - intervention dans l'économie de pays africains par la promotion d'une série de mesures dites contre la corruption et de réforme économique, administrées en grande partie par des institutions comme la Banque mondiale. Ce sont des mesures conçues pour faciliter la pénétration du capital étranger et la privatisation et il est à prévoir qu'elles ne feront qu'accentuer les difficultés de l'Afrique. Selon le communiqué, «les pays africains doivent établir un meilleur climat pour l'investissement» et, évidemment, les pays du G8 feront tout pour les aider, y compris encourager l'établissement de «partenariats entre les secteurs public et privé» et renforcer la capacité des pays africains à répondre aux besoins du marché mondial. L'augmentation de l'«aide» et l'«allégement de la dette», proclame le G8, ne sont que pour les pays qui sont prêts à accepter les conditions du G8, soit d'ouvrir leur économie et instituer un système politique approuvé par les grandes puissances. Même les pays les plus pauvres y résistent. Tous les Pays pauvres très endettés (PPTE) devenus admissibles à l'«allégement de la dette» ont déjà été forcés par la Banque mondiale d'accepter d'importants programmes de privatisation. En Tanzanie, par exemple, le système d'épuration des eaux de la capitale a été privatisé avec la participation du monopole britannique Biwater. Le gouvernement tanzanien a par la suite été forcé de retirer le contrat à Biwater à cause d'une détérioration de l'approvisionnement en eau. Il ne fait pas de doute que certains pays africains ont fait de grands pas en avant depuis quelques années, mais ceux-ci ont été faits sans l'ingérence de la Grande-Bretagne et des autres grandes puissances. Par ailleurs, comme le démontrent les récents événements, il y a un appui massif à la lutte pour mettre fin à la pauvreté dans le monde et pour créer un autre monde, en Grande-Bretagne comme ailleurs. Mais les peuples ne doivent pas permettre le détournement, l'exploitation et la manipulation de leurs aspirations par ceux qui proclament vouloir résoudre tous les problèmes du monde. Ils doivent garder l'initiative et intensifier leurs luttes de manière à créer les conditions pour eux-mêmes créer le nouveau monde qui est possible. * Workers' Daily est le journal internet du Parti communiste révolutionnaire de Grande-Bretagne (marxiste- léniniste). [Retour] - Mark Curtis*, The Guardian, 9 juillet 2005 - Le gouvernement essaiera de faire un coup d'éclat, de relations publiques, à la suite du Sommet du G8 en se présentant comme un champion de l'Afrique, cachant ainsi l'ordre du jour véritable de la Grande Bretagne et comment l'annulation de la dette et l'aide permettront d'accroître l'appauvrissement du continent. Alors que l'accord du G8 engage les pays riches à augmenter l'aide et éliminer la dette des 18 pays, il exige que les pays en voie de développement adoptent les politiques de libre marché. Le G8 est uni derrière cet ordre du jour mis de l'avant par les Britanniques. Les discussions de Gordon Brown pour un nouvel arrangement entre les pays les plus pauvres et les pays riches sont menée selon le principe que «chacun fait face à ses engagements». Les obligations des pays pauvres sont de «créer les conditions pour de nouveaux investissements» et «des environnements favorables aux entreprises» tout en «ouvrant le commerce». C'est seulement en retour de ces concessions que les pays riches fourniront l'aide, soulageront la dette et ouvriront leurs marchés. Quelqu'un pourrait penser que les pays où la pauvreté tue des milliers de personnes chaque jour n'ont aucune obligations envers les riches. Mais dans le monde de Brown et du G8, ils doivent aider les compagnies de l'Occident à faire davantage de profits en respectant des politiques qui ont augmenté la pauvreté et l'iniquité du Ghana à la Zambie. La social-démocratie se montre ouverte à un allégement de la dette parce que c'est un moyen de remodeler l'économie mondiale au profit des investisseurs privés. C'est aussi une stratégie bon marché, le mois dernier les ministres des finances du G7 ont coupé l'aide aux pays qui ont obtenu un allégement de la dette. Le nouvel arrangement a récemment été transformés par des maîtres de la manipulation en un plan Marshall. Brown a dit, à une audience de la Chatham House, que c'était «une proposition brillante servant au mieux nos propres intérêts... pour permettre à l'économie mondiale de prospérer et aux compagnies y opérant d'avoir des marchés en expansion, la croissance des pays en développement est une nécessité». Sans cela, les pays riches «ne pourraient pas maintenir les taux de croissance qu'ils ont eus au cours des 20 dernières années.» Encore une fois les pays pauvres aident les compagnies occidentales à leur propre dépens. Le rapport du Trésor présenté en mars concernant les priorités de la présidence britannique de l'Union européenne contient les demandes d'«une plus grande flexibilité dans le marché des produits, le marché du travail et le marché financier... une nouvelle approche à la réglementation» et «de prendre le leadership dans la libéralisation du commerce multilatéral». C'est une stratégie à en faire rougir de honte Margaret Thatcher. Alors que Brown s'est montré engagé envers l'Afrique auprès des groupes en faveur du développement, il a fait discours après discours sur ses politiques pro-entreprises. En novembre dernier, par exemple, il a dit, à la CBI (Confederation of British Industry), que «récompenser l'entreprise est. primordial pour renouveler les buts de l'économie nationale britannique.» La déréglementation doit être appliquée mondialement. Le Livre blanc sur le commerce stipule que «le gouvernement du Royaume-Uni a un rôle de premier plan à jouer au niveau de la politique internationale pour s'assurer que...le Royaume-Uni puisse rivaliser sur les marchés mondiaux» un commentaire plus éloquent encore que celui de Patricia Hewitt, ancienne secrétaire d'État pour le Commerce, qui disait :«nous voulons ouvrir des marchés protégés dans les pays en voie de développement». L'objectif de la Grande Bretagne et du G8 d'un libre échange avec les pays pauvres privent ceux-ci des leviers leur permettant de contrôler le commerce pour le développement et est une recette pour approfondir la pauvreté. La seule concession faite par Brown est que les pays pauvres devraient avoir le temps nécessaire pour adopter de telles politiques. L'ex-ministre du Commerce, Richard Caborn, a expliqué que «c'est le message que nous devons promouvoir si nous voulons que le monde en voie de développement accepte une autre série de discussions à l'OMC», c'est-à-dire une ouverture encore plus grande de leurs marchés. C'est ici que la question de l'aide intervient. Le Foreign Office ne faisait pas de blague quand il a déclaré dans en 1958 que l'aide était «une arme dans l'arsenal de la politique étrangère». Un document récent du Department for International Development-DfID (Service du développement international) intitulé Partnerships with Business, indique que la plupart des récipiendaires d'aide «ont une importance commerciale pour le secteur des affaires, non seulement en tant que marché d'exportation mais aussi comme sources d'approvisionnement et de matières premières, pour l'investissement étranger et les entreprises communes... Les entreprises peuvent s'impliquer dans l'identification des politiques clés et des contraintes réglementaires à l'environnement d'affaires. L'aide du DfID est «typiquement» utilisée pour «permettre au secteur privé d'investir avec plus de confiance». Cela explique pourquoi des dizaines de millions de livres sterling sont allées aux compagnies britanniques pour forcer la privatisation de l'eau dans les pays pauvres. L'Afrique a besoin de moins d'aide de ce type. Et moins d'allégement de dette comme celle-là, si c'est à ces conditions. Et moins de commerce avec les pays riches, si cela l'oblige à ouvrir ses marchés. Le but fondamental des élites britanniques a traditionnellement été d'aider les compagnies à mettre la main sur les ressources d'autres pays. Des dossiers secrets des années 1960 indiquent que «nous devons consacrer nos énergies à aider à produire un climat économique mondial dans lequel notre commerce extérieur, le revenu de nos échanges invisibles et notre balance des paiements peuvent prospérer.» La clé était de protéger les sources de matières premières au Moyen-Orient et dans le sud de l'Afrique en faisant la promotion d'un commerce mondial «plus libre» et en «accroissant nos efforts pour ouvrir de nouveaux marchés». Les planificateurs d'après-guerre n'ont jamais eu l'intention de permettre aux pays africains d'être véritablement indépendants. Après la décolonisation, ils ont cherché à mettre sur pied des élites pro-occidentales, comme celles qui accueillent à bras ouverts les accords du G8, et à imposer une direction économique indirecte par le biais de leviers comme l'aide. Le gouvernement Attlee, qui a établi le programme d'aide en 1948, a soutiré des millions à l'Afrique pour aider la reconstruction d'après-guerre en Grande-Bretagne. Les politiques de développement actuelles sont des façons de contrôler des économies prétendument indépendantes dans un monde post- impérial. Les dirigeants du G8 favorisent les intérêts d'affaires privés, et leur accord est un véhicule pour faciliter le pillage de l'Afrique par les entreprises. La direction de la Grande- Bretagne dans tout cela doit être dénoncée et défiée. * Mark Curtis, jusqu'à tout récemment directeur du World Development Movement, est l'auteur de Unpeople: Britain's Secret Human Rights Abuses. [Retour] - George Monbiot, The Guardian, 5 juillet 2005 - J'ai commencé à me rendre compte des ennuis que nous avions lorsque Hilary Benn, le secrétaire d'État au développement international, a annoncé qu'il se joindrait samedi à la marche Make Poverty History (Faisons de la pauvreté une affaire du passé). Qu'est-ce qu'il scanderait, me suis-je demandé? «À bas moi-même et tout ce que je défends?» Benn est l'homme responsable de l'utilisation de l'aide britannique pour persuader les pays africains de privatiser les services publics; la marche ne visait-elle pas à protester contre de telles politiques? Mais ses buts étaient exprimés ou interprétés de façon tellement large que tout le monde pouvait s'en réclamer. Cela était sa force et sa faiblesse. Le Daily Mail a publié des photos de Gordon Brown et de Bob Geldof sur sa page frontispice, avec la manchette «Let's Roll», montrant que ni Live 8 ni Make Poverty History n'ont fait quoi que ce soit constituant une menace pour le pouvoir. Les dirigeants du G8 et les intérêts d'affaires que promeuvent leur sommet peuvent absorber nos demandes pour l'aide, la dette, même pour des ententes de commerce un peu plus justes, et ne rien perdre. Ils peuvent porter nos couleurs, parler notre langage, prétendre appuyer nos buts, et découvrir dans notre agitation non pas de nouveaux obstacles mais de nouvelles opportunités pour fabriquer un consentement. La justice, selon ce consensus, peut être rendue sans confronter le pouvoir. Ils invitent nos représentants à partager leur scène, nous invitons les leurs à partager la nôtre. L'économiste Noreena Hertz offre, selon l'agence de porte-parole commerciaux qui l'ont embauchée, «de vraies solutions pour les entreprises et les individus. Hertz enseigne aux compagnies comment être intelligentes et éviter les frictions qui se font jour lorsque les intérêts corporatifs entrent en conflit avec la vie privée... La droite politique n'est pas nécessairement erronée». Ensuite, elle monte sur la scène de Make Poverty History et lance l'appel à mettre la pauvreté au premier point de l'ordre du jour. Selon certains organisateurs de MPH, il n'y a pas de contradiction: le nouveau consensus nie qu'il y ait un conflit entre mettre fin à la pauvreté et le cours normal des affaires. Les dirigeants du G8 se sont emparés de cette opportunité à deux mains. Les corporations multinationales, argumentent-ils, ne sont pas la cause des problèmes de l'Afrique, mais la solution. À partir de maintenant, elles seront responsables de l'allégement de la pauvreté. On leur a déjà donné le contrôle du plus important instrument de contrôle américain sur l'Afrique, le African Growth and Opportunity Act-AGOA (loi sur la croissance et l'opportunité africaine). Cette loi est un fascinant mélange de philanthropie professée et d'intérêt personnel brut. Pour se qualifier pour l'aide, les pays africains doivent se doter d'«une économie de marché qui protège les droits à la propriété privée», de «l'élimination des barrières à l'investissement et au commerce américains» et d'un environnement favorable aux «intérêts de politique étrangère» des États-Unis. En retour, on leur donnera un «traitement préférentiel» pour certains de leurs produits dans les marchés américains. Le mot important est «certains». Les manufactures de vêtements en Afrique seront autorisées à vendre leurs produits aux États-Unis en autant qu'elles utilisent «des tissus entièrement fabriqués et coupés aux États-Unis» ou si elles évitent la compétition directe avec les produits américains. La loi, ménageant soigneusement les intérêts manufacturiers américains, est comique dans sa spécificité. Les vêtements contenant des bandes élastiques, par exemple, sont éligibles seulement si l'élastique est «de moins d'un pouce de large et utilisé pour la production de soutien-gorges.» Même avec cela, le traitement préférentiel pour les pays africains prendra fin s'il a comme résultat «une vague d'exportations». Il va sans dire que tout cela est classé comme de l'aide étrangère. La loi donne comme directive à l'Agence américaine pour le développement international de développer «un environnement réceptif au commerce et à l'investissement». Ce qui est plus intéressant, c'est que son application est donnée en sous-traitance au Corporate Council of Africa-CCA (Conseil des entreprises de l'Afrique). Le CCA est le groupe de lobby représentant les grandes corporations américaines qui ont des intérêts en Afrique: Halliburton, Exxon Mobil, Coca-Cola, General Motors, Starbucks, Raytheon, Microsoft, Boeing, Cargill, Citigroup et d'autres. Pour le CCA, ce qui est bon pour General Motors est bon pour l'Afrique. «Tant que les pays africains ne seront pas en mesure d'avoir des revenus plus élevés,» indique-t-il, «leur capacité d'acheter des produits américains sera limitée». Le département d'État américain lui a donné la responsabilité de donner de la formation aux gouvernements et aux entreprises africaines. Le CCA dirige le forum annuel du gouvernement américain pour les entreprises africaines et est l'hôte du comité directeur de l'AGOA.. Maintenant, quelque chose de très similaire est mis sur pied au Royaume-Uni. Demain le Sommet de l'Action commerciale pour l'Afrique s'ouvrira à Londres avec un message de Tony Blair. Présidé par Sir Mark Moody-Stuart, président d'Anglo American, parmi les orateurs il y aura des dirigeants de Shell, British American Tobaco (BAT), Standard Chartered Bank, De Beers et le Corporate Council on Africa (CCA). Un des objectifs du sommet est d'inaugurer le Investment Climate Facility-ICF (Dispositif favorisant le climat d'investissement), un fond de 550 millions de dollars financé par le budget pour l'aide étrangère du Royaume-Uni, la Banque mondiale et les autres nations du G8, mais «dirigé et contrôlé par le secteur privé». Ce fond sera inauguré par Niall FitzGerald, maintenant président du conseil d'administration de Reuters mais ancien chef de la direction d'Unilever, et avant cela, représentant d'Unilever en Afrique du Sud de l'Apartheid. Il veut les installations, dit-il, pour aider à créer un «climat sain d'investissement» qui offrira aux compagnies «des retours d'investissement attrayants comparés aux destinations concurentes». Anglo-American et Barclays se sont déjà portés volontaires pour aider. Ils sont rares ceux qui nieront qu'une des choses dont l'Afrique a besoin est l'investissement. Mais loin d'avoir enrichi ses peuples, l'investissement par beaucoup de nos multinationales les ont appauvris. L'expérience de l'implication des grandes entreprises en Afrique en est une de travail forcé, d'expulsions, de meurtres, de guerres, de ressources vendues à rabais, d'évasion fiscale et de collusion avec les dictateurs. Rien dans l'ICF ou l'African Growth and Opportunity Act n'impose des limites formelles pour les entreprises. Alors que leur pouvoir et leur profit en Afrique seront accrus avec l'aide de nos budgets pour l'aide étrangère, ils seront liés uniquement par engagement volontaire: comme celui en place depuis 1973 et qui s'est avéré inutile. Tout comme la «croisade morale» de Gordon Brown nous encourage à oublier la croisade armée qu'il finançait, le changement de nom commandité par l'État des compagnies installées en Afrique nous incite à oublier ce que Shell a fait au Nigeria, ce que Barclays et Anglo American et De Beers ont fait en Afrique du Sud, et ce que British American Tobacco a fait à peu près partout. À partir de maintenant, le G8 voudrait nous faire croire que ces compagnies seront les meilleures amies de l'Afrique. Au nom de faire de la pauvreté une affaire du passé, le G8 a donné à la nouvelle East India Company, à multiple dirigeants, un mandat pour gouverner le continent. Sans une critique du pouvoir, notre campagne, si merveilleusement et si désastreusement inclusive ne fera qu'améliorer cet effort. La dette, des règles inéquitables de commerce et la pauvreté ne sont pas les causes des problèmes de l'Afrique mais des symptômes. La cause est le pouvoir: la capacité des nations du G8 et de leurs entreprises de diriger la vie des autres peuples. Où, sur les scènes du Live 8 et à Édimbourg, se trouvait la campagne contre le contrôle du G8 sur la Banque mondiale, le Fonds monétaire international (FMI) et les Nations unies? Où était la demande pour des lois mondiales obligatoires pour les compagnies multinationales? À la marche Make Poverty History, les orateurs ont insisté sur le fait que nous avons traîné par le collet les dirigeants du G8 pour qu'ils acquissent à nos demandes. Il me semble que les dirigeants du G8 nous traînent par le collet pour danser et célébrer les leurs. [Retour] - Siv O'Neall, Axis of Logic, 8 juillet 2005 - «Make Poverty History» (Faisons de la pauvreté une histoire du passé) est «le gros spectacle». Il est orchestré en unisson avec les concerts rock Live 8 pour camoufler la scandaleuse pauvreté mondiale, l'horreur de la guerre et du carnage, l'érosion de la démocratie; en bref, la misère qui étend ses horribles tentacules partout sur la planète. Sous la bannière de «La grande marche vers la justice», le Live 8 et les stars de la musique pop du monde occidental se sont rencontrés pour duper les gens concernant les scènes d'horreur de la guerre, de la famine et de la mort prématurée qui représentent la réalité de la planète. Faisons un spectacle, chantons une chanson pour couvrir le vacarme des bombes et des cris des victimes de torture. Il est difficile de croire qu'ils ne savent pas qu'ils rendent ainsi plus facile la poursuite des guerres et de la terreur. Maintenant, Tony Blair, le maître opportuniste et l'instrument le plus servile des politiques de Washington, et George W., Meurtrier-en-chef, dissimulent leurs sourires méprisants et satisfaits sous les masques de l'inquiétude et de l'empathie oh-tellement-sincère pour les victimes des explosions de Londres de jeudi. Que personne ne se méprenne sur les événements de Londres et croit qu'ils n'étaient pas tragiques ou que nous ne ressentons rien de moins que la plus sincère des compassion pour les victimes et leur famille. Mais aujourd'hui, le monde est embrasé par les nouvelles des attaques terroristes dans la capitale britannique, par les grands titres criards, les visages de douleur en gros plan sur les premières pages. Quelle meilleure opportunité pourraient éventuellement souhaiter les dirigeants du G8? C'est une opportunité splendide pour eux de modifier leur message et le sujet principal de leur fallacieux débat sur la pauvreté et les horreurs de l'Afrique pour revenir à leur thème favori, le terrorisme. Le néocolonialisme et le vol d'État organisé ne seront pas étalés sur la place publique pour que le monde les voit, parce que les médias dirigeront l'attention sur les bombardements de Londres. Comme c'est commode! Le grand plan de Blair d'éloigner les sujets de la reine de la question du déclin de son étoile politique dans le sillage du Make Poverty History a été grandement favorisé par l'événement tragique de la mort et de la confusion dans les rues de Londres. Son Triomphe de la Bretagne auto-gratifiant a encore une fois été sauvée de son propre embarras par l'appel de clairon de la «Lutte contre le terrorisme mondial». Encore une fois, les souffrances du monde blanc avec les morts de quelques douzaines d'innocents et des centaines de blessés serviront d'écran de fumée pour les crimes de nos impitoyables politiciens, sans conscience et sans coeur, les soi- disant dirigeants du monde civilisé, qui affectent des millions de personnes. Le vacarme des stars du rock et les explosions dans les rues et le métro de Londres feront oublier au monde la faim et la souffrance, la perte de la démocratie et des droits civils, des droits de tous les peuples de diriger leurs propres pays, de défendre leur territoire. Ils nous feront aussi oublier les morts de centaine de milliers de personnes innocentes qui n'ont jamais demandé la version néo-conservatrice de la démocratie et de l'illusion. Ce monde est dirigé par un super spectacle et les citoyens du monde se font droguer par des étalages constamment renouvelés de futilités et de battage commercial. John Pilger termine son dernier essai «De l'Irak au G8: la répression polie de la dissidence et de la vérité» par ces lignes: «Dans le classique de Lewis Carroll, Alice demande au chat du Cheshire et au Chapelier fou de lui montrer la sortie du pays des merveilles. Ils lui indiquent sans cesse, ce chemin-ci, ce chemin-là, jusqu'à ce qu'elle perde patience et détruise son monde de rêve, ce qui la réveille. Les gens tués et mutilés en Irak et les peuples délibérément appauvris en Afrique en notre nom par nos gouvernements et nos institutions demandent que nous nous réveillions.» La «Longue marche vers la justice» a encore beaucoup de chemin à faire. Merci à Bono et cie, mais non merci. [Retour]
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