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Journal du Parti communiste du Canada (marxiste-léniniste)
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Numéro 87 - 6 juillet 2005

Début des actions contre le G8 en Écosse
Maraudeurs impérialistes - hors d'Afrique!
Non à la mondialisation néolibérale! Non à la terreur d'État impérialiste!
Un autre monde est possible!

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Début des actions contre le G8 en Écosse
Des dirigeants africains demandent l'annulation de toutes les dettes
La diversion de la «diplomatie pop»
Lettre à la rédaction : Les peuples africains n'ont pas besoin de sauveurs condescendants: Impérialistes, hors d'Afrique!
Des milliers de personnes manifestent contre Bush au Danmark



Début des actions contre le G8 en Écosse

Les actions contre les plans impérialistes du Groupe des Huit (G8) en Écosse ont commencé le 2 juillet avec une manifestation monstre de 225 000 personnes à Édimbourg. Des gens de tous les milieux et de toutes les conditions ont participé à la manifestation organisée sous le thème «Make Poverty History» (Faire l'histoire, reléguer la pauvreté au passé). La manifestation qui avait comme axe principal le Royal Mile s'est terminée à 15 heures avec une minute «de silence et de réflexion» pour les millions de personnes mortes à cause de l'exploitation et de l'oppression des grandes puissances. Les organisateurs se sont rassemblés à la base du château d'Édimbourg, qui donne une vue panoramique de la ville, et y ont déployé une gigantesque bannière sur laquelle se lisait: «Make Poverty History». Durant la journée les milliers de manifestants ont formé une chaîne humaine encerclant tout le centre-ville.

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Les chefs du G8 — Grande-Bretagne, Canada, France, Allemagne, Italie, Japon, Russie et États-Unis — se réunissent à Gleneagles, en Écosse, du 6 au 8 juillet. Ils tiendront parallèlement un «dialogue» avec la Chine, l'Inde, le Brésil, l'Afrique du Sud et le Mexique.

Selon les reportages, près de 4 000 policiers et 10 000 militaires sont déployés pour l'occasion. Un mur de deux mètres entoure l'Hôtel Gleneagles où se tient le sommet. On rapporte que des centaines de personnes ont été arrêtées, fouillées ou se sont vu autorisées à se rendre aux manifestations seulement après avoir été photographiées par la police.

Le nom des morts prononcés au Monument de Calton Hill

Dans la soirée du 3 juillet, la Coalition Stop the War a organisé une cérémonie pour «nommer les morts» au Monument de Calton Hill à Édimbourg. À tour de rôle les gens sont venus réciter le noms des enfants, des femmes, des soldats et d'autres qui ont été tués dans la guerre et l'occupation et l'Irak. Les participants ont dénoncé le président George W. Bush et le premier ministre britannique Tony Blair et exigé qu'ils rendent des comptes pour leurs crimes.

Barrage à la base navale Faslane

En matinée du 4 juillet, des milliers de manifestants contre la guerre ont marché jusqu'à la base de la Marine royale à Faslane sur la côte ouest de l'Écosse et bloqué les quatre portes d'entrée. Sur les pancartes on lisait: «Non à la guerre, non aux armes nucléaires». Le barrage a été une victoire puisque les autorités ont demandé au personnel civil de la base de ne pas venir au travail ce jour-là. Quelque 200 bombes nucléaires sont entreposées aux bases de Faslane et Coulport, sur les bords de la rivière Clyde. Elles sont majoritairement destinées aux sous-marins Trident stationnés à la base de Faslane, selon l'organisation Scottish Campaign for Nuclear Disarmament.

«Nous visons la puissance militaire avec laquelle les pays les plus riches protègent leurs intérêts économiques. La militarisation consomme des richesses qui pourraient servir à la santé, l'éducation et le logement, elle pollue l'environnement naturel et mène des milliers d'innocents à leur mort», lit-on dans le tract distribué à la manifestation. «C'est un énorme succès, c'est la plus grande manifestation jamais vue ici à Faslane», dit Kate Hudson du groupe UK Campaign for Nuclear Disarmament. Nous envoyons un message très clair aux chefs du G8: arrêtez votre hypocrisie et débarrassez-nous des armes nucléaires.»

«Bush dit que les États-Unis ont l'intention de doubler l'aide à l'Afrique au cours des deux prochaines années. C'est difficile à croire, mais même s'ils le faisaient, cela équivaudrait à deux jours de dépenses militaires, fait remarquer un des organisateurs. C'est met en perspective les discours du G8 à propos d'aider les pays pauvres quand on sait que la priorité demeure la défense.»

Une parade de rue appelée «Carnaval of Full Enjoyment» (jeu de mots sur «full employment» — plein emploi) organisée par les travailleurs temporaires et à emplois précaires à Édimbourg a été brutalement attaquée par la police. Quatre-vingt-dix personnes ont été arrêtées et beaucoup ont été blessées, rapportent les agences de presse.

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Action devant le Dungavel Immigration Removal Centre

Le 5 juillet, une action a eu lieu devant le Dungavel Immigration Removal Centre où des centaines d'immigrants et de réfugiés, familles et enfants y compris, sont détenus. Les manifestants ont demandé que cessent les détentions et déportations. «Ils n'ont commis aucun crime, disent les organisateurs. Tandis que les chefs du G8 discutent des besoins des entreprises mondiales, ils tournent le dos aux besoins de millions de migrants, déplacés en conséquence des politiques économiques et militaires à l'échelle mondiale, traités d'"illégaux", vivant dans la pauvreté ou en prison, puis violemment déportés. Nous n'allons pas tourner le dos à nos frères enfermés à Dungavel.»

Convergence «Un autre monde est possible» à Gleneagles

Le 6 juillet, durant l'ouverture du G8, des milliers de personnes se sont rassemblées pour une convergence «Un autre monde est possible» à Gleneagles. Stefania Milan de l'Inter-Press Service en donne le compte-rendu suivant:

Mercredi, le jour du «siège» du sommet du Groupe des Huit au club de golf, il y a eu dans la région plusieurs actes de désobéissance civile, ainsi qu'une grande marche jusqu'à la clôture entourant le site du sommet au luxueux Hôtel Gleneagles.

Les gens ont commencé à se rassembler le matin à Auchterarder, un village de 6 000 personnes, à quelques kilomètres de Gleneagles.

Vers 11 heures, la marche, organisée par la coalition Alternatives au G8, fut interdite par la police pour «des raisons des sécurité». Environ une vingtaine d'autobus remplis d'activistes en provenance d'Édimbourg furent arrêtés et on a empêché les activistes de se joindre à la marche. Mais l'interdiction fut levée après des négociations.

Auchterarder a accueilli les manifestants avec thé et café au «Café du village global» établi à l'église. Certaines boutiques étaient barricadées et les boîtes aux lettres étaient scellées. Mais beaucoup de résidants étaient bien heureux d'accueillir la manifestation. Certains se sont joints aux marcheurs, d'autres les ont salués du balcon.

«Les chefs du G8 ne portent pas de masque ou de cagoule, mais ils sont responsables de la mort de millions de personnes dans le monde, dit Lindsey German grimpée sur l'estrade. Ils disent que nous sommes violents, mais ce sont eux que nous avons vu commettre la violence, faire planer la terreur économique sur les peuples du monde.»

«Nous sommes la majorité, ils sont une poignée. Nous allons continuer jusqu'à la réalisation d'un monde d'égalité et de paix. Nous voulons les vaincre, mais tous ensemble», dit-elle.

La marche s'est finalement mise en branle à 14 heures, sous la pluie. Des gens habillés de couleurs voyantes, un groupe de clowns, trois orchestres, un système de son «à pédales», des marionnettes géantes représentant le président américain George W. Bush et le premier ministre britannique Tony Blair, des enfants en chariots et des femmes plus âgées — tous ont marché sur la route rurale, passant devant des maisons d'été et terrains de golf.

Les marcheurs scandaient: «Liberté pour le peuple, par pour le commerce!», «À qui la rue? À nous!» et «Le pouvoir au peuple!». Tout se déroulait pacifiquement.

Mais lorsque la foule est arrivée à la clôture de barbelés à lames, gardée par des centaines de policiers de l'escouade anti- émeute, non loin du château de Gleneagles, la tension était palpable.

Un petit groupe a enfoncé quelques clôtures et l'anti-émeute a divisé la manifestation en deux. Personne n'a été blessé, personne n'a été arrêté, malgré une heure et demie de chaos.

Soudainement, environ un millier d'activistes sont entrés sur les champs entourant Easthil Farm, près du site du Sommet du G8. «C'était impressionnant: des gens vêtues de couleurs criantes portant des drapeaux et des bannières, marchant à travers les champs cultivés, grimpant aux arbres, chantant et dansant», raconte une activiste de Manchester.

Une partie des clôtures du périmètre a été aplatie et les manifestants ont pu entrer, violant ainsi la «zone interdite».

Des policiers ont été envoyés sur les lieux avec des hélicoptères militaires Chinook. Des policiers à cheval et des membres de l'escouade anti-émeute ont commencé à repousser les manifestants. Les champs de culture se transformaient en champs de bataille, mais les clowns et les gens continuaient de danser. La police a finalement réussi à chasser tout le monde et les manifestants ont repris le chemin du village pacifiquement.

D'autres actions, moins pacifiques celles-là, ont eu lieu ailleurs dans le comté de Perthshire.

La température montait à Stirling depuis la nuit précédente. La police s'est mise à fouiller les gens qui se rendaient à la zone de camping préparée par les activistes. Le matin, la station de train était fermée, encore «pour des raisons de sécurité», avec pour effet d'empêcher les activistes de se rendre à Gleneagles.

Depuis 6 heures, l'autoroute A9, qui relie Stirling et Perth, et passant par Gleneagles, était bloquée par les manifestants: des sit-ins, des arbres placés en travers de la route, des autobus et des voitures. Des activistes-samba, des clowns et environ 300 enfants avec leurs parents ont bloqué l'autoroute jusqu'en après-midi.

À Édimbourg, lorsque la police a refusé de laisser les autobus quitter en direction de Gleneagles, environ un millier de personnes ont commencé à marcher sur la rue Princes, la rue principale. Les marcheurs ont été encerclés par la police, fouillés et certains ont été arrêtés.

À Édimbourg, les activistes ont tenté d'empêcher les délégués au sommet de se rendre à Gleneagles en entourant l'Hôtel Sheraton dans le centre-ville, où ils logeaient.

Environ 400 personnes auraient été identifiées ou arrêtées durant les actions du matin, mais il n'y avait pas de compte- rendu officiel au moment d'écrire ce rapport.

Le serveur de Bristol Indymedia saisi par la police

Le 27 juin, avant le début des actions contre le G8, le serveur de Bristol Indymedia a été saisi par la police. Un bénévole fut arrêté durant la descente, «soupçonné d'incitation à commettre des dommages criminels». Il est maintenant libéré sous caution.

Bristol Indymedia déclare: «Nous sommes scandalisé par les actions de la police, Ils ont complètement paralysé le service de nouvelles de Bristol Indymedia. Par leurs actions, ils ont porté atteinte au principe de presse libre et de libre accès aux médias, enlevant à la population la possibilité de lire et de faire rapport sur ce qui se passe. Cette action a de graves conséquences pour quiconque offre un service de nouvelles sur Internet. Nous n'avons pas l'intention d'arrêter notre projet pour autant.»

La police avait demandé qu'on lui donne accès au serveur d'Indymedia pour noter les coordonnées de l'adresse IP d'un e- mail du 17 juin dans lequel une personne inconnue prétendait avoir causé des dommages à des voitures transportées à bord d'un train. Bristol Indymedia a jugé que l'article enfreignait les principes du site et l'a caché.

Le 20 juin, la police a contacté Bristol Indymedia en rapport à ce e-mail. Bristol Indymedia a informé la police qu'il discutait avec un avocat pour intervenir en son nom. Le 21 juin, la police a contacté un bénévole de Bristol Indymedia pour lui demander les livres d'adresses IP. Bristol Indymedia considère que cette information fait partie du matériel journalistique protégé par la loi. Un avocat de l'organisation de défense des libertés civiles «Liberty» a télécopié un message à la police expliquant ces dispositions de la loi. La police a ensuite demandé une rencontre et Bristol Indymedia a accepté. Dix minutes avant la rencontre prévue, la police des transports de Grande- Bretagne a annulé la réunion et demandé qu'elle soit reportée.

Le prochain contact avec la police fut la saisie du serveur et l'arrestation du bénévole de Bristol Indymedia. La saisie du serveur s'est faite avec mandat de perquisition, contrevenant aux dispositions de la loi protégeant le matériel journalistique.

C'est la deuxième fois que des autorités saisissent des serveurs d'Indymedia en Grande-Bretagne à l'approche d'un événement important. En octobre dernier, tout juste avant le Forum social européen, des serveurs d'Indymedia à Londres ont été saisis, provoquant une vague de protestations et de déclarations de solidarité de tout un éventail d'organisations.

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Des dirigeants africains demandent 
l'annulation de toutes les dettes

Réunis à Syrte, en Libye, du 28 juin au 5 juillet dans le cadre de la cinquième session ordinaire de l'assemblée annuelle de l'Union africaine, les leaders africains ont demandé l'annulation complète de la dette de tous les pays du continent, pas seulement les 40 milliards $ que doivent les 18 pays les plus pauvres du monde, dont 14 pays de l'Afrique sous-saharienne, que le Groupe de Huit (G8) a récemment décidé d'annuler. Selon les plus récentes données de la Banque mondiale, l'Afrique a une dette extérieure de 350 milliards $ et paie plus de 12 milliards $ par année en intérêts et dividendes. L'annulation de la dette extérieure de 14 pays africains n'est guère une solution aux problèmes du continent, disent les chefs africains.

Ils ont également demandé des règles commerciales plus justes. Comme l'ont noté certains d'entre eux, l'économie de la plupart des pays africains est à base d'agriculture. Environ 40% des exportations totales de l'Afrique sont des produits agricoles. Les 150 milliards $ en subventions versées par les États-Unis et les Européens à leurs producteurs agricoles doivent cesser et les barrières commerciales doivent être retirées.

Les leaders africains ont par ailleurs rappelé qu'ils attendent toujours la réalisation des objectifs du millénaire sur le développement, annoncés il y a cinq ans par les Nations unies. L'Afrique est encore bien loin de ces objectifs qui comprennent notamment la réduction de la pauvreté de moitié d'ici 2015, une éducation primaire garantie pour tous les enfants, la réduction de deux tiers du taux de mortalité chez les enfants de moins de cinq ans et la lutte contre le sida, la malaria et d'autres maladies.

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La diversion de la «diplomatie pop»

LML fait connaître son opposition à la «diplomatie pop» menée sous couvert des concerts «Live 8» organisés en rapport avec le sommet impérialiste du G8. Le but de cette «diplomatie pop» est de détourner consciemment l'expression d'une opposition organisée aux plans des impérialistes pour l'Afrique et créer l'illusion que les peuples peuvent obtenir des remèdes des dieux de la peste. Les leaders du G8 participent eux-mêmes à l'illusion d'une campagne anti-establishment menée par des vedettes de la musique pop pour diluer la colère des peuples face aux puissances du G8. Tout est fait de manière à créer l'illusion que les chefs du G8 pourraient être persuadés d'agir dans l'intérêt des peuples pour «reléguer la pauvreté au passé».

On rapporte que le premier ministre du Canada, Paul Martin, s'est joint au président George W. Bush et au chancelier allemand Gerhard Schroeder «pour des entretiens francs sur le développement africain avec les vedettes rock Bob Geldof et Bono quelques heures à peine après leur arrivée en Écosse», rapporte l'IPS. Ces entretiens faisaient suite à d'intenses négociations entre Geldof (organisateur du concert «Live Aid» en 1985 et ancien membre du groupe Bootown Rats), Bono (du groupe irlandais U2) et le premier ministre de Grande-Bretagne Tony Blair.

«Blair, collet déboutonné et sans cravate, s'est présenté à une conférence de presse aux côtés de Bono et Geldof alors que tout le monde le croyait occupé à recevoir les chefs du G8 déjà arrivés, et quelques minutes avant l'arrivée du président russe Vladimir Poutine», poursuit l'IPS.

«Les représentants britanniques — qui, de toute évidence, n'avaient pas réussi à convaincre les représentants des autres pays du G8 d'adopter des ententes radicales et substantives, que ce soit dans la lutte contre la pauvreté en Afrique ou les mesures pour freiner les changements climatiques — recouraient à la diplomatie pop en guise de désespoir.

«Geste sans précédent, les dirigeants britanniques ont pris un recul pour la journée et ont laisser les leaders du G8 s'entretenir directement avec les représentants du «pouvoir populaire». De cette manière, le refus des autres chefs du G8 serait perçu comme un rejet des demandes populaires plutôt que des propositions officielles de la Grande-Bretagne.»

Selon les reportages, Bono et Geldof sont alors apparus comme «les représentants populaires» et les «négociateurs». Suite à des entretiens entre les vedettes pop et les chefs de gouvernement du G8, «Bono a annoncé que la situation n'est pas très prometteuse», écrit l'IPS.

«Nous avons eu des rencontres très difficiles ici aujourd'hui», a dit Bono en conférence de presse après s'être entretenu avec Bush, Martin et Schroeder. «Il est possible que nous n'ayons pas d'entente au sommet. L'entente sur 50 milliards $ (pour l'Afrique) ne s'est pas matérialisée, l'entente sur le commerce non plus, ni sur la dette.»

Bono a dit que lui et Geldof avaient discuté de la déclaration finale devant être émise à la fin du Sommet du G8, écrit l'IPS. «Nous essayons de les convaincre que le communiqué doit être clair, bien qu'il n'ait pas besoin d'être rédigé par un auteur-compositeur», a dit Bono.

Bono a alors décidé de reprendre le refrain du G8 en parlant «des moyens alternatifs de protester» comme «briser des voitures et des vitrines de boutiques, la colère et la rage. Je crois que notre façon de faire est meilleure, mais nous le verrons dans quelques jours.»

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Lettre à la rédaction
Les peuples africains n'ont pas besoin de sauveurs condescendants: Impérialistes, hors d'Afrique!

Sir Bob Geldolf est le Rudyard Kipling du colonialisme anglo- américain du XXIe siècle. Ses soldats du renouveau missionnaire sont les choeurs de vedettes rock et de célébrités du cinéma chantant le vieux refrain colonial: «L'Homme Blanc arrive! L'Homme Blanc arrive! Les choses ont l'air sans issue maintenant, mais nous venons vous sauver. Nous voulons votre bien, c'est juré. Africains: ne faites pas la révolution, ne vous organisez pas pour chasser de votre continent les forces désuètes de l'impérialisme; les sauveurs du G8 s'en viennent, non pas pour vous exploiter et voler vos richesses, mais pour vous amener l'amour et de l'aide. Les monopoles du G8 ont beaucoup d'aide à donner parce que vous leur en avez tant donné. Ils veulent être avec vous, partout en Afrique; ils rivalisent pour gagner vos coeurs. Africains: ne résistez pas aux exploiteurs et oppresseurs impérialistes, ils sont vos amis et bienfaiteurs et dans le fond de leur coeur ils ne vous veulent que du bien. C'est juré. Ne croyez pas ceux qui vous disent que les monopoles du G8 veulent s'emparer de vos ressources naturelles et exploiter votre travail encore plus. C'est un grave malentendu, même si votre expérience directe vous dit le contraire. Faites confiance à votre coeur, croyez-nous quand nous vous disons que nous vous aimons. Laissez faire votre expérience directe, ce n'est qu'une illusion passagère. Certains d'entre nous avons eu un comportement reprochable envers vous, mais cela fait partie du vieux colonialisme. Nous sommes les combattants du renouveau. Africains: acceptez notre bonne volonté et nos efforts pour vous aider, et surtout ne vous unissez pas dans une lutte révolutionnaire pour chasser les impérialistes de votre riche continent, car cela réduirait instantanément en poussière toute cette belle conscience positive que nous avons travaillé si fort à créer. Cela ferait du tort aux plans que nous avons pour vous aider. Si vous résistez et organisez la révolution, les moins compréhensifs d'entre les puissants chefs du G8 diront qu'ils avaient raison et voudrons vous envoyer des bombes plutôt que de l'aide. Paix, chers frères et soeurs. Que nos chants d'amour vous fassent espérer. Patience. Nous venons! Nous venons! L'Homme Blanc s'en vient!»

Les Africains vont se libérer eux-mêmes; ils ne veulent pas de sauveurs condescendants. À bas le nouveau colonialisme et ses soldats du renouveau missionnaire!

Un lecteur du LML

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Des milliers de personnes 
manifestent contre Bush au Danmark

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Le 6 juillet, des milliers de personnes ont marché de l'embassade des États-Unis à Copenhague jusqu'au parlement danois pour protester contre la visite du président américain, George W. Bush. Les manifestations ont commencé mardi soir, quelques heures avant l'arrivée de Bush, et se sont poursuivies tout au long de son séjour de 17 heures.

Plus de 2 000 policiers ont été déployés durant la visite pour bloquer les rues. Ce fut une des plus grandes opérations policières de l'histoire de ce pays, disent les agences de presse. La police érigé des barbelés autour du Marienbord, la résidence estivale du premier ministre Anders Fogh Rasmussen, où Bush était attendu.

La visite était en remerciement au gouvernement danois pour sa participation à la guerre en Irak, écrit le bureau de nouvelles Ritzau. Quelque 570 soldats danois ont été envoyés en Irak, la plupart pour participer à la formation des forces de sécurité «irakiennes» basées dans le sud du pays.

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