Courriel: bureau@cpcml.ca Site Web: www.pccml.ca Numéro 83 - 25 juin 2005 Le
droit de décider de notre destin
Rapport Marche «Personne n'est illégal» sur Ottawa: Nous POUVONS faire une différence!
• Rapport
: Marche «Personne n'est illégal» sur Ottawa
Haïti
Bolivie
Rapport Marche «Personne n'est illégal» sur Ottawa: Nous POUVONS faire une différence! La marche «Personne n'est illégal» sur Ottawa organisée par Solidarité sans frontières, partie de Montréal le 18 juin, arrive à Ottawa aujourd'hui le 25 juin. LML lance l'appel à tous de soutenir les revendications de la marche: 1. La régularisation de toutes les personnes sans-statut; 2. La fin des déportations; 3. La fin des détentions des migrant(e)s, immigrant(e)s et réfugié(e)s; 4. L'abolition des certificats de sécurité. Ces actions pour forcer le gouvernement arrêter d'agir avec impunité sont cruciales. Nous POUVONS faire une différence! Jour 1 — 18 juin: Du centre-ville de Montréal à Côté-des- Neiges
Solidarité sans frontières rapporte que près d'un millier de personnes ont marché dans les rues du centre-ville de Montréal le 18 juin, au départ de la Marche «Personne n'est illégal» sur Ottawa. La manifestation est passée dans deux quartiers à prédominance immigrante: Parc-Extension et Côté-des-Neiges. Elle s'est terminée au parc Kent avec un festival de quartier comprenant un concert donné par les groupes locaux Syncop, Muzion et Nomadic Massive. La marche en est à sa huitième journée et est passée par Sainte-Anne-de-Bellevue, Kanehsatake, Saint-André, Papineauville, Thurso, Masson et Orléans et se termine aujourd'hui, 25 juin, sur la Colline parlementaire à Ottawa. Jour 2 — 19 juin: De Côté-des-neiges à Sainte-Anne-de- Bellevue
Jour 3 — 20 juin: De Sainte-Anne-de-Bellevue à Kanehsatake
Jour 4 — 21 juin: De Kanehsatake à Saint-André
Jour 5 — 22 juin: De Saint-André à Papineauville
Jour 6 — 23 juin: De Papineauville à
Thurso
(Les photos proviennent du Centre des médias alternatifs du Québec (www.cmaq.net) et de Yayacanada.com.) [Retour] Ottawa et Québec vont-ils finalement agir? - Communiqué de presse, 2 juin 2005 - Montréal et Québec, 2 juin 2005. Le Board of Immigration Appeal des États-Unis vient de reconnaître Mohamed Cherfi comme réfugié politique en renversant la décision de refus qui avait été émise par un juge de la Cour d'Immigration américaine le 22 octobre dernier. Cette reconnaissance met en lumière toute l'injustice dont a souffert M. Cherfi dans le cadre du traitement de sa demande d'immigration au Canada et au Québec, où les graves risques qu'il court en Algérie ont été niés à plusieurs reprises. Les organismes et les individus qui l'appuient, de même que sa conjointe Louise Boivin, exigent que les autorités québécoises et canadiennes prennent des mesures pour que Mohamed Cherfi puisse revenir Canada immédiatement. La décision qui vient d'être rendue aux États-Unis reconnaît Mohamed Cherfi comme une personne qui risque la persécution en Algérie pour avoir critiqué, alors qu'il vivait au Canada, les violations des droits de la personne perpétrées dans ce pays. Ce jugement confirme de plus qu'il existe des pratiques de représailles en Algérie contre les personnes prenant de telles positions, notamment par le recours à des accusations criminelles pour diffamation. Le Board of Immigration Appeal prend également en compte que les autorités algériennes sont au courant des activités de M. Cherfi au Canada à titre de porte-parole du Comité d'action des sans-statut algériens. Cette décision rendue, les autorités américaines doivent compléter les procédures d'enquête de sécurité comme pour tous les dossiers d'immigration. Cette dernière étape prendra encore plusieurs semaines et retardera d'autant le moment où il retrouvera sa liberté. Du côté canadien Par ailleurs, l'étude de la demande de résidence au Canada pour motifs humanitaires déposée par Mohamed Cherfi en juin 2004 auprès des autorités canadiennes et québécoises n'est toujours pas complétée. D'abord, rappelons que Citoyenneté et Immigration Canada a refusé de lui accorder le statut de réfugié en mars dernier à la suite d'une entrevue menée à la prison de Batavia par un délégué du Consulat canadien à Buffalo. Le ministère de l'Immigration et des communautés culturelles du Québec (MICC) a pour sa part réalisé une entrevue avec lui le 10 mars dernier pour traiter sa demande à titre de «personne en situation particulière de détresse». En avril, monsieur Cherfi apprenait que le MICC refusait de lui accorder un statut sur la base de l'un des deux motifs de la demande, soit celui selon lequel «sa sécurité physique se trouverait menacée notamment à cause de risques d'emprisonnement, de tortures ou de mort s'il ne pouvait demeurer ou venir au Québec» (art.18c-iii du Règlement québécois sur la sélection des ressortissants étrangers). Le parrainage collectif des cinq citoyen-nes de Québec ne s'appliquait qu'à ce motif, en vertu de la loi. Le MICC doit par contre encore trancher concernant le deuxième motif de cette même demande à titre de «personne en situation particulière de détresse». Ce motif s'énonce comme suit dans la loi: «son bien-être physique, mental ou moral de même que celui de sa famille légalement au Québec se trouveraient fortement perturbés s'il ne pouvait demeurer ou venir au Québec» (art.18c- i). L'entrevue téléphonique prévue hier dans le cadre de ces procédures n'a pu se tenir puisque le fonctionnaire responsable n'a pas fait les arrangements nécessaires avec la prison de Batavia où est toujours Mohamed Cherfi. Alors que la décision du Board of Immigration Appeal des États-Unis confirme la légitimité du besoin de protection de Mohamed Cherfi, les instances administratives québécoises et canadiennes chargées des questions d'immigration s'acharnent à poser des obstacles à son retour ici. Il est plus que temps que les ministres québécois et canadien de l'immigration prennent des mesures urgentes afin que Mohamed Cherfi puisse rentrer au Canada dans les plus brefs délais. Ils ont tout en main pour le faire. Nous demandons au MICC d'accorder immédiatement un Certificat de sélection du Québec à Mohamed Cherfi qui se qualifie amplement pour l'obtenir. De même, nous demandons au ministre de la Citoyenneté et de l'Immigration du Canada, monsieur Joseph Volpe, de lui accorder un permis de séjour temporaire afin qu'il puisse rentrer au Canada immédiatement. L'injustice perpétrée par le système d'immigration canadien et québécois En reconnaissant que Mohamed Cherfi risque la persécution s'il est déporté en Algérie, la décision de l'instance d'appel américaine montre toute l'injustice qui a été perpétrée par les systèmes d'immigration canadien et québécois envers lui. L'arrestation manu militari de Mohamed Cherfi dans le sanctuaire que l'Église unie Saint-Pierre avait accordé à Mohamed Cherfi et sa déportation vers la prison américaine où il est privé de liberté depuis 15 mois constituent des atteintes graves à ses droits fondamentaux. Il s'agit là d'actes extrêmement inquiétants qui nous font conclure que le respect des sanctuaires est un principe fondamental auquel les autorités ne doivent plus déroger. De plus, le refus de reconnaître Mohamed Cherfi comme réfugié par les autorités canadiennes avant et après sa déportation, sans l'existence d'un droit d'appel, a failli mettre sa vie en danger. L'actuelle décision américaine montre toute l'importance de la reconnaissance d'un droit d'appel dans le processus de reconnaissance du statut de réfugié au Canada, droit tant réclamé par les organismes de défense de droit des réfugiés. Mohamed Cherfi s'est également vu refuser le droit de résidence au Canada après y avoir vécu six ans à titre de personne protégée par le moratoire sur les déportations vers l'Algérie. Cela met aussi en lumière la situation intolérable que vivent beaucoup de personnes sous moratoire qui sont maintenues dans l'incertitude pendant des années, sans reconnaissance d'une partie importante de leurs droits, parce que leur statut n'est pas régularisé. Il apparaît clair que les deux appareils gouvernementaux ont fait preuve de préjugés tenaces envers Mohamed Cherfi qui ont joué en sa défaveur tout au long du traitement de son dossier. Il avait le droit d'exercer sa liberté d'expression en critiquant publiquement le système et les procédures d'immigration canadiennes et québécoises comme il l'a fait à titre de porte- parole du Comité d'action des sans statut algériens. Les droits et libertés doivent s'appliquer à tous les êtres humains, qu'elle que soit leur culture d'origine et qu'ils soient demandeurs de refuge ou non. Un mouvement de solidarité d'une importance capitale Nous tenons à sincèrement remercier les milliers de personnes et les centaines d'organismes qui ont soutenu la cause de Mohamed Cherfi à ce jour et ont contribué au fonds d'aide juridique. Il est certain que nous n'en serions pas là sans le large mouvement de solidarité qui réclame son retour au Canada depuis plus d'un an. Il est primordial de maintenir cet appui jusqu'à ce que ce retour soit réalité. Comité de solidarité avec Mohamed Cherfi
Information: Montréal: (514) 825-6136 / Québec: (418) 262- 0144 [Retour] Conférence internationale de Montréal surnommée la Conférence de la honte
Les 16 et 17 juin, la communauté haïtienne de Montréal, des travailleurs et des supporters ont manifesté à trois reprises devant l'hôtel Queen Elisabeth. Ils manifestaient contre la participation canadienne à l'occupation d'Haïti par l'armée et les forces de police et les plans du Canada de participer aux pourparlers qui visent à accroître la mainmise des forces étrangères sur Haïti. Ils ont exigés le retrait du Canada d'Haïti et le rétablissement de l'ordre constitutionnel en Haïti ainsi que le retour du président Jean-Bertrand Aristide, la fin du kidnapping en masse d'Haïtiens, la libération des prisonniers politiques et un pays libre démocratique et indépendant.
Pour sa part, le ministre des Affaires étrangères Pierre Pettigrew a rejeté les allégations d'abus des organismes de défense des droits humains et souhaité que se poursuive la mission des Nations Unies pour la stabilisation de Haïti (MINUSTAH), mission utilisée par les forces étrangères pour soumettre Haïti. Sous prétexte d'aide humanitaire, l'objectif visé est de «sécuriser» le pays en renforçant la Police Nationale, celle-là même qui commet à tous les jours des atrocités contre le peuple haïtien. Les manifestants ont dénoncé le ministre des Affaires étrangères haïtien présent à la conférence, Hérard Abraham, pour ces plans de répression contre le peuple haïtien. Abraham estime que pas moins de 18 000 policiers de la Police nationale seraient nécessaires pour les élections prévues pour l'automne. M. Pettigrew a annoncé 30 millions pour l'aide humanitaire, eau potable, électricité, écoles, etc., sauf que rien de cela ne s'est encore matérialisé. Les manifestants ont criés que le Canada était un «vendeur de pays» et exigé que le Canada cesse d'être complice des forces d'agression contre le peuple haïtien.
[Retour] - Déclaration du comité de coordination et de mobilisation des 16 et 17 juin pour dénoncer la «conférence de la honte» de Montréal - C'est pratiquement un réflexe de la part de l'État canadien de suivre les traces de son voisin, les États-Unis d'Amérique, en s'alignant sur leur politique extérieure, particulièrement envers les pays du tiers-monde. Ainsi, quand le Canada ne se positionne pas complètement sur cette politique impériale, il s'en démarque à cause de fortes pressions internes (guerre en Irak), mais c'est pour mieux y revenir, parfois par d'autres portes (présence plus musclée en Afghanistan). Dans d'autres circonstances, comme le cas d'Haïti le révèle fort bien, le Canada peut aussi prendre les devants et comme une tête de pont, devenir le fer de lance ou en langage d'affaires le démarcheur de la politique états-unisienne. Malgré les contre-vérités, les mensonges véhiculés par la plupart des médias d'ici, en particulier la société Radio-Canada, la chaîne française surtout, de plus en plus de Canadiens et de Québécois commencent à comprendre de mieux en mieux le rôle qu'a joué le gouvernement du Parti libéral de Jean Chrétien assisté par son ministre des Affaires étrangères Bill Graham et son secrétaire d'État pour l'Amérique latine, l'Afrique et la Francophonie Denis Paradis dans la déstabilisation du gouvernement constitutionnel haïtien et la préparation du coup d'État, kidnapping du 29 février 2004 contre le président Jean- Bertrand Arisitide. (Voir Actualités du 15 mars 2003, Haïti mise en tutelle par l'ONU sous le code: Initiative d'Ottawa sur Haïti). De plus en plus de Canadiens et de Québécois comprennent de mieux en mieux le rôle que joue le gouvernement du Parti libéral de Paul Martin, flanqué de son ministre des Affaires étrangères, Pierre S. Pettigrew, et de son conseiller spécial pour Haïti, Denis Coderre, qui soutient à coup de millions, de tournées incessantes en Haïti, d'envois de policiers de la GRC et bientôt de soldats armés jusqu'aux dents, des conférences internationales bidons afin d'activer et d'accélérer le processus de mise en tutelle d'Haïti. (Voir le rapport de FOCAL sur le site internet www.focal.ca: Le rôle du Canada dans l'Haïti de l'après- Aristide). Dernièrement, c'était le tour du gouvernement du Parti libéral du Québec de jouer la partition qui lui a été assignée par le fédéral dans ce complot international contre Haïti. Du 4 au 6 juin 2005, Jean Charest était en Haïti pour le compte de Paul Martin. Les mauvaises langues racontent à tue-tête que n'était-ce de l'intervention du gouverneur actuel d'Haïti, l'ambassadeur américain, James Fooley qui a menacé Charest de le déclarer personna non grata, ce dernier aurait sollicité l'asile politique auprès de son homologue haïtien aussi impopulaire que lui, de surcroît, de facto, génocidaire, Gérard Latortue. Les gouvernement du Parti libéral au fédéral et au Québec font honte aux peuples canadien et québécois, car ils ont toujours soutenu la dictature et la répression en Haïti. Maintenant c'est l'insécurité, le non-droit, des massacres, des kidnapping en série et le chaos qu'ils soutiennent avec leurs partenaires locaux et autres sans l'avouer publiquement. Et tout ceci, afin de détruire le commerce informel qui permet au petit peuple de survivre et instaurer le plan néolibéral que le président Jean-Bertrand Aristide hésitait à appliquer. C'est pour cela qu'ils veulent placer un gouvernement marionnette au pouvoir issu d'élections-sélections et /ou mettre le pays en tutelle. Les 16 et 17 juin prochains, à Montréal, sera tenue une 3e conférence internationale sur Haïti sous le prétexte fallacieux d'aide à la sécurité, au désarmement et au développement. Après avoir instauré dans le pays, à partir du 29 février 2004, une insécurité sans nom, armé par les ex-militaires et des groupes paramilitaires, après avoir appauvri Haïti depuis plus de deux cents ans, la France, les États-Unis, le Canada et leurs comparses veulent aujourd'hui aider Haïti. Quelle hypocrisie! Quelle ignominie! Il faut dire non et dénoncer cette conférence internationale sur Haïti qui sera tenue les 16 et 17 juin prochains. C'est une conférence internationale de la honte à l'image des prédateurs d'Haïti. Canadiens, Québécois, peuples du monde entier, soyez solidaires de la lutte du peuple haïtien pour une Haïti libre, indépendante et démocratique ! [Retour] prisonnière politique en Haïti - Haiti Information Project, 15 juin 2005 - Je suis Annette Auguste, injustement emprisonnée et détenue sans accusation depuis le 10 mai 2004. Des Marines américains m'ont arrêtée après avoir brutalement envahi ma maison et fait du mal à ma familles. Mon emprisonnement demeure à ce jour inexpliqué, sinon parce que je soutiens le président dûment élu d'Haïti, Jean-Bertrand Aristide. Bien qu'Amnistie Internationale répugne à utiliser le terme, je compte parmi les milliers de prisonniers politiques qui languissent dans les prisons haïtiennes aujourd'hui. Il n'y a pas d'autre expression qui convienne, puisque je n'ai jamais été trouvée coupable d'un crime et que je n'ai jamais eu la possibilité de contester les allégations contre moi devant un tribunal. De ma cellule j'ai appris beaucoup de choses. J'ai appris que la police, à plusieurs occasions, a tué impunément des partisans du Lavalas. J'ai appris que l'ONU collabore avec ces mêmes forces de la mort, pour le compte de la riche élite rétrograde de notre pays, pour justifier le meurtre des pauvres dans les quartiers populaires qui continuent de réclamer le retour du président Aristide. On me dit que des maisons sont incendiées et leurs occupants tués. L'ONU montre ses vraies couleurs dans des endroits comme Bel Air et la Cité Soleil. Ce sont nos coeurs qui luttent pour le retour de notre président et ceux qui ont créé ce climat d'insécurité ne sont pas nos amis. Que pouvait espérer l'ONU quand elle a permis à la police de tuer avec impunité? Il est maintenant évident que la police est responsable de l'insécurité et des récents enlèvements; deux policiers ont été arrêtés hier pour cela. L'ONU a cru qu'elle allait pouvoir s'en tirer en permettant ces crimes inimaginables. L'ONU et ceux-là qui, dans le gouvernement Bush, m'ont arrêtée sont responsables de ce climat d'enlèvement et d'insécurité, car ils ont permis au régime actuel de se venger contre le Lavalas. Si la police commet ces crimes aujourd'hui, c'est parce que la communauté internationale leur a permis de poursuivre leur vengeance aveugle contre le Lavalas. On a créé un climat où un policier qui a tué impunément un partisan du Lavalas se dit ensuite: Pourquoi ne pas faire un enlèvement et empocher de l'argent? Personne ne l'a imputé, alors pourquoi pas? J'apprends que le ministre de la Justice de facto Bernard Gousse démissionne. C'est lui qui représente le Groupe 184 et les élites réactionnaires traditionnelles d'Haïti qui ont privé Haïti de justice. C'est un geste faux, pour les apparences, conçu pour nous détourner de la vérité. C'est un geste conçu pour préparer le terrain aux fausses élections que la communauté internationale prépare en Haïti. Si je ne suis pas libérée, c'est qu'il y a des prisonniers politiques en Haïti. Si l'ancien premier ministre Yvon Neptune et l'ancien ministre de l'Intérieur J. Privert ne sont pas libérés, c'est qu'il y a des prisonniers politiques en Haïti. Si TOUS les prisonniers politiques en Haïti qui ont été arrêtés à cause de leur affiliation au Lavalas ne sont pas libérés, c'est qu'il y a des prisonniers politiques en Haïti. Je mets Amnistie internationale et les organisations respectables de défense des droits humains au défi de commencer à utiliser le terme «prisonniers politiques», faute de quoi ils devront expliquer au monde pourquoi nous sommes toujours derrière les barreaux. Pourquoi suis-je encore en prison? Expliquez-nous! Faites-nous comprendre ce raisonnement qui accepte que nous soyons toujours derrière les barreaux sans jamais comparaître devant les tribunaux. Les élections qu'ils préparent, pour masquer les nombreuses atteintes aux droits humains commises contre le Lavalas, ne passeront pas. Ils veulent dire au monde que le coup d'État du 29 février était justifié. J'en appelle à tous les Haïtiens épris de démocratie de ne pas s'inscrire pour ce vote. Si vous devez accepter leur mascarade d'une nouvelle carte d'identité nationale pour vous enregistrer, prenez-là. Mais le jour du vote, restez à la maison. Montrez-leur que nous sommes une nation fière qui croît en la démocratie. Nous avons déjà voté et dépensé notre énergie pour un gouvernement qui représentait la majorité des pauvres en Haïti. Nous ne serons pas conquis par l'extorsion et l'enlèvement. Nous serons forts et résolus dans notre conviction de rétablir le gouvernement constitutionnel. Au moment le plus sombre, nous ferons jaillir la lumière. La communauté internationale ne nous donne pas le choix quand elle accepte les violations des droits humains par la police et les massacres dans les quartiers populaires. Nous n'avons que le choix de mourir ou de ne pas voter à l'élection. C'est tout ce qu'ils nous ont laissé. Je désire remercier tous ceux qui aiment la liberté pour leur appui à la démocratie en Haïti. Nous n'oublierons jamais votre engagement et votre lutte pour notre peuple. Je vous dis: Soyez forts parce que le mensonge ne saurait jamais effacer la vérité. Recevez mon amour. Annette Auguste
(Traduit de l'anglais par LMLQ) [Retour] La Révolution en marche - Luis Bilbao*, Aporrea.org. 9 juin 2005 - Le mécanisme qui soutenait jusqu'au 7 juin le président démissionnaire Carlos Mesa étant brisé et irréparable, les forces de la révolution se déploient en Bolivie: ouvriers, paysans et indigènes occupent les champs pétrolifères à Santa Cruz de la Sierra et à Sisa Sica, empêchant l'acheminement du brut à destination d'Arica; La Paz continue d'être occupée par les mineurs, les jeunes et les habitants d'El Alto; des milliers de paysans et d'indigènes accourent pour bloquer les accès à Sucre, où cherche à se réunir le Congrès dans une tentative désespérée des classes dominantes de soutenir l'échafaudage d'un pouvoir qui s'effondre. Le moyen pour affronter l'insurrection populaire ne réside pourtant dans le successeur de Mesa. Les disputes pour savoir s'il faut confier le mandat au président du Sénat, à celui de la Chambre des Députés ou au président de la Cour Suprême de Justice -- ce dernier pourrait convoquer des élections anticipées -- sont seulement des arguties pour gagner du temps. En Bolivie comme à l'étranger, le capital sait que face à la révolution, il ne subsiste que deux recours: la désagrégation territoriale du pays et l'intervention militaire de l'extérieur. En réalité le premier de ces moyens -- et les conséquences immédiates qui en résulteraient -- pourrait être l'excuse pour le second. Pour cela le chef du Commandement Sud de l'armée étasunienne, le général Ben Craddock, est arrivé par surprise à Buenos Aires de manière coïncidente avec la démission de Mesa et sa demande au Brésil et à l'Argentine d'intervenir dans la résolution de la crise. Craddock a évalué sa réponse auprès des chefs des armées du Mercosur y inclus de Bolivie, pendant que les gouvernements de Nestor Kirchner et de Lula da Silva envoyaient leurs médiateurs respectifs Raul Alconada et Marco Aurelio Garcia. Ce sont là les trois forces protagonistes d'un moment crucial pour la région: ouvriers, paysans et indigènes d'un côté; de l'autre l'impérialisme étasunien dans son expression la plus crue de menace militaire; et deux gouvernements-clé auxquels on propose une solution analogue à celle employée pour Haïti, à savoir envoyer des troupes sous une double excuse: "maintenir la paix, aider à la démocratie", et "empêcher que ce soient les Etats-Unis qui interviennent militairement en Bolivie". Ces arguments, en réalité, furent d'abord ceux de Brasilia et de Buenos Aires pour justifier l'envoi de leurs propres troupes à Haïti, et ils y ajoutèrent un discours souverainiste et même anti-impérialiste. Mais si pareille tromperie a pu jusqu'à un certain point être dissimulée à la population, sa répétition au sujet de la Bolivie ne se présente pas sous les mêmes auspices et si d'aventure elle était reproduite, les deux gouvernements seraient ouvertement et immédiatement identifiés comme des instruments de la contre-révolution manipulés pour juguler le juste soulèvement d'un peuple en défense de ses richesses naturelles pillées durant cinq siècles et déterminé à prendre son destin en mains. Il en résulte que ce qui se joue en Bolivie, outre la révolution nationale, participative et anti-impérialiste qui affronte dans les rues les entreprises multinationales et les capitalistes locaux, c'est la définition concrète de deux gouvernements qui, nés d'une volonté populaire analogue ont emprunté le chemin sinueux du double discours et de la vaine recherche d'une troisième voie entre la révolution et la contre- révolution. Pendant ce temps en Bolivie les forces insurgées cherchent à définir un programme d'action commun et à faire émerger un centre effectif de pouvoir alternatif. De l'intelligence et de l'audace déployées pour cela dépend dans une grande mesure le cours des événements immédiats. Mais, en toute hypothèse, la révolution est en marche. Il est impératif d'agir rapidement dans le sens de l'articulation d'un bloc anti-impérialiste destiné à couper l'herbe à la stratégie étasunienne d'intervention militaire directe ou indirecte. En Bolivie les Etats-Unis vont chercher par la guerre et la désagrégation à reprendre une initiative stratégique perdue face à la dynamique de convergence sud-américaine. Il est urgent d'engager une action unitaire et énergique de dénonciation et de conscientisation dans toute l'Amérique du Sud, qui explique l'importance des enjeux. Les partis et organisations membres du Forum de Sao Paulo (qui se réunissent le 1er juillet) doivent se prononcer sans délai contre toute intervention diplomatique et/ou militaire étrangère en Bolivie. Il est nécessaire aussi de refuser de rentrer dans le système des propositions de médiations, qui en apparence supposent que les masses boliviennes sont incapables de définir elles-mêmes leur propre route, mais qui en réalité sont destinées à faire plier la volonté révolutionnaire qui les animent. Un mouvement de la plus grande ampleur possible doit venir immédiatement signifier au sieur Craddock qu'il s'en aille de Buenos Aires et aux militaires de la région qu'ils ne doivent pas suivre la voie de l'impérialisme contre leurs peuples. La jeunesse, tous les hommes et femmes conscients de l'heure capitale que nous vivons, doivent faire savoir aux gouvernements et aux organisations politiques que le plus petit pas en direction d'une intervention étrangère en Bolivie mettra en marche une force encore plus puissante: des racines de notre histoire, de toute l'Amérique latine, des dizaines et des centaines de milliers formeront des brigades internationales prêtes à reprendre le fusil du Che. * Luis Bilbao, journaliste argentin, est directeur de la revue Critica de Nuestro Tiempo et rédacteur d'El Diplo, édition Cône Sud du Monde Diplomatique, basée à Buenos Aires. (Traduit du castillan par Gérard Jugant) [Retour]
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