[ Retour à la page d'accueil | Archives du quotidien ]
Journal du Parti communiste du Canada (marxiste-léniniste)
Courriel: bureau@cpcml.ca Site Web: www.pccml.ca

Numéro 82 - 17 juin 2005

Stratégies militaires et de défense nationale du Pentagone
Non aux préparatifs des États-Unis 
pour le fascisme et la guerre!

Stratégies militaires et de défense nationale du Pentagone
Non aux préparatifs des États-Unis pour le fascisme et la guerre!
La stratégie brutale des États-Unis pour la guerre - Voice of Revolution 
Militarisation des relations nationales et internationales - Voice of Revolution
Réorganisation des bases militaires aux États-Unis : Construire une «Force totale sans heurt» pour l'agression à l'étranger et la répression au pays - Voice of Revolution



Stratégies militaires et de défense nationale du Pentagone
Non aux préparatifs des États-Unis 
pour le fascisme et la guerre!

Le département américain de la Défense a publié récemment sa «Stratégie de défense nationale» (NDS) et sa «Stratégie militaire nationale» (NMS). Les deux sont l'expression de la brutalité de l'impérialisme américain qui cherche à s'assurer la domination du monde. Le matériel proclame ouvertement que le but est la «la supériorité à tout point de vue», la capacité de contrôler toutes les situations ou de défaire n'importe quel adversaire à même un éventail des opérations militaires. Loin de chercher à défendre les États-Unis contre une attaque, ces stratégies mettent en application la politique américaine de mener une action militaire préventive pour «modifier le comportement ou les politiques inacceptables d'un adversaire» ou provoquer «un changement, la défense ou la restauration d'un régime». Les deux stratégies soulignent que les objectifs des États-Unis au pays et à l'étranger seront atteints en «développant notre propre avantage militaire clé» et en «démontrant la volonté de résoudre les conflits de façon décisive et avec des conditions favorables.» Elles stipulent clairement l'intention des États-Unis d'utiliser les armes nucléaires dans le cadre de ses actions de première frappe préventives. Les forces nucléaires existantes seront transformées en un modèle comprenant «des forces de frappe non nucléaires et nucléaires», déclare la NMS.

Les stratégies militaires et de la prétendue défense sanctionnent l'élimination des normes et des standards dans les relations internationales, les remplaçant par des arrangements favorisant le diktat et la guerre des États-Unis -- n'importe où, n'importe quand. «Selon la directive du président, nous vaicrons les adversaires au moment, à l'endroit et à manière de notre choix», explique la NDS. C'est une stratégie qui lance l'appel aux États-Unis pour qu'ils imposent «la liberté d'action mondiale» pour «assurer l'accès aux régions clé, aux lignes de communications, à l'environnement mondial.» Cet «environnement mondial» n'est pas que la terre, la mer et l'espace de la planète. La capacité américaine «d'opérer l'intérieur et à partir de l'environnement mondial, l'espace, les eaux internationales, l'espace aérien et le cyberespace, est importante» et «critique pour la défense directe des États-Unis», indique la NDS. De cette façon, les États-Unis déclarent ouvertement que toute la planète, ses peuples, ses ressources et l'espace lui appartiennent, pour la militarisation et la destruction.

Dans l'introduction à la NMS, le président des chefs d'État major interarmées, le général Richard B. Myers a dit que la tâche des militaires pour arriver à une domination militaire et politique sur le monde «demande la pleine intégration de tous les instruments de pouvoir national, la coopération et la participation des amis et des alliés et l'appui du peuple américain.» La NMS lance l'appel au développement d'une «force totale sans heurt» contrôlée par les militaires. Elle serait une seule force conjointe intégrée qui «se concentrerait sur le fusionnement et la synchronisation des opérations militaires parmi les services, les autres agences gouvernementales, le secteur commercial, les organisations non-gouvernementales et des opérations militaires des partenaires à l'étranger.» Elle ajoute que cette seule force «requiert la pleine intégration de tous les instruments de pouvoir national», et que «l'accroissement de la capacité de combat interarmées requiert l'intégration de nos éléments actifs et des réservistes, ainsi que notre main-d'oeuvre civile pour créer une force totale sans heurt.»

Pour établir cette «force intégrée», le Pentagone a déjà mis sur pied son Northern Command, responsable de toute l'Amérique du Nord. Il réorganise les bases militaires en bases conjointes géantes, en restationnant 70 000 soldats aux États-Unis, en développant des «plans de sécurité» qui mettent les militaires aux commandes dans l'éventualité «d'urgences déclarées» à l'intérieur du pays, en tenant des exercices militaires conjoints qui comprennent des civils et le partage de toute information avec les militaires, en lançant l'appel pour une carte d'identité nationale avec des identificateurs biométriques et plus encore.

LML condamne vigoureusement ces plans pour déclencher la guerre et l'agression et imposer le fascisme aux États-Unis et à l'échelle internationale pour contrôler le monde, ses peuples et ses ressources et même l'espace. LML exprime son plein appui à la classe ouvrière et au peuple des États-Unis qui résistent à ces préparatifs pour le fascisme et la guerre, ainsi qu'aux peuples des pays opprimés qui sont victimes des plans américains. LML lance l'appel à la classe ouvrière et au peuple du Canada de redoubler les efforts pour assurer de bloquer cette voie dangereuse et destructrice des impérialistes américains et pour que l'intégration du Canada à ces arrangements échoue.

À titre d'information pour ses lecteurs, LML publie ci-dessous du matériel de Voice of Revolution, la publication de l'Organisation marxiste-léniniste des États-Unis, à propos des stratégies du militaires et de la défense du Pentagone et de la réorganisation des bases militaires.

[Retour]


La stratégie brutale des États-Unis pour la guerre
- Voice of Revolution - 

Le Pentagone a récemment publié la «Stratégie de défense nationale» (NDS) des États-Unis. C'est un document qui déclare ouvertement et codifie en tant que stratégie des États-Unis: guerre préventive, occupations à long terme, diktat militaire au pays de même que la militarisation et le contrôle américain de l'espace, des eaux internationales et de l'espace aérien.

Dans le préambule du document, le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld fait référence aux États-Unis en tant que «joueur puissant et hors de l'ordinaire dans les affaires internationales». Il dit que la stratégie met en place l'engagement du président George W. Bush pour la défense préventive de la liberté». Il dit: «Cette stratégie met l'emphase sur l'importance d'influencer les événements avant que les défis deviennent plus dangereux et moins faciles à gérer.» Il ajoute: «La guerre au terrorisme a fait ressortir de nouveaux défis, mais aussi des opportunités stratégiques sans précédent pour travailler au pays et avec des alliés et partenaires à l'étranger afin de créer des conditions favorables à un ordre international sécuritaire». Ces conditions «incluent l'exercice effectif et responsable de la souveraineté, la gouvernance représentative, la résolution pacifique des disputes régionales et l'ouverture et la libre concurrence des marchés.» (NDS, mars 2005, p. 7).

Le résumé présente les faits saillants du document, soulignant «la liberté mondiale d'action» des États-Unis afin de garantir l'accès aux régions clés, aux lignes de communication et à l'environnement mondial». Le document commence en déclarant que les États-Unis sont en guerre et qu'avec cette stratégie, ils visent à créer les conditions pour un ordre international «favorable à la liberté, la démocratie et les opportunités économiques. Cette stratégie promouvoit une étroite coopération autour du monde avec d'autres dévoués à ces buts. Il s'adresse aux menaces émergentes et arrivées à terme.» La section sur les alliances élabore davantage ce point: «Nous allons étendre la communauté des nations qui partage avec nous principes et intérêts» et qui désire «coopérer» avec les États-Unis. Élaborant sur la déclaration de Bush «Vous êtes avec nous ou contre nous», le document poursuit: «Les États problématiques continueront à saper la stabilité régionale et à menacer les intérêts des États- Unis. Ces États sont hostiles aux principes des États-Unis.» (Page 5).

Le résumé traite ensuite des plans des États-Unis pour la guerre préventive, à tout moment et à n'importe quel endroit décidé par les États-Unis. Il précise que les objectifs des États-Unis seront accomplis par «le développement de nos propres avantages militaires clés» et «la démonstration de la volonté de résoudre les conflits de façon décisive selon des termes favorables». Il met ensuite l'emphase sur le fait que «Avec la direction du président, nous allons défaire les adversaires au moment, à l'endroit et de la manière que nous choisirons». Ce contenu en soi, que présente la Stratégie, est la preuve que le démantèlement de la primauté du droit sera complété. Cela inclut non seulement les lois internationales et les standards s'opposant aux guerres agressives et à la propagande en leur faveur, mais aussi que seul le président peut déclencher de telles guerres, un pouvoir que la Constitution donne au congrès, pas au président.

La Stratégie de défense nationale du Pentagone élabore une série de thèmes sur sa stratégie de guerre et de fascisme et sur les arrangements requis pour y arriver, incluant «la liberté mondiale d'action» de déclencher des guerres préventives, «la souveraineté responsable», les armes de destruction massive, le contrôle de l'espace, le contrôle de commande des États-Unis sur les militaires des «partenaires» et les missions militaires à l'intérieur des États-Unis.

La guerre préventive et l'occupation

Le contenu que les États-Unis impose à «la liberté mondiale d'agir» sur la base agressive d'être le premier à frapper est omniprésent dans la Stratégie. L'effort pour le justifier est basé en grande partie sur «travailler à prévoir activement l'émergence de nouveaux défis» de la part de rivaux, ces États qui se dressent contre l'agression et l'ingérence des États-Unis ou tout autre État que les États-Unis considèrent une menace.

Les États-Unis visent «de diverses manières, à prévenir l'émergence de plus grands dangers», est-il affirmé dans la Stratégie. «Nous allons confronter activement, lorsque cela est possible, plus tôt et à une distance sécuritaire, ceux qui nous menacent directement en employant tous les instruments de notre pouvoir national. Nous allons donner la plus grande priorité à dissuader, prévenir et défaire ceux qui cherchent à nuire aux États-Unis directement, en particulier les ennemis extrémistes possédant des armes de destruction massive». (p. 7). Le document continue avec persistance: «nous allons dissuader en maintenant des forces militaires capables et rapidement déployables et, lorsque nécessaire, en démontrant la volonté de résoudre les conflits de façon décisive en des termes favorables.» (p. 9).

Le NDS déclare ouvertement que la «défense active» des États-Unis inclut «des actions préventives pour nier une initiative stratégique à un adversaire ou pour prévenir une attaque dévastatrice; combattre les opérations d'un adversaire capable et organisé militairement, paramilitairement ou d'un adversaire insurgé; et prévoir des opérations de stabilité qui peuvent varier de forces de maintien de la paix en forces substantielles de combat.»(p. 10). Il est à noter ici que la norme précédente pour une «menace imminente» ou «un danger réel et présent» a été remplacé simplement par le besoin de «nier un adversaire». Le NDS poursuit: «Permettre à des adversaires de frapper le premier, particulièrement en période de prolifération, est inacceptable. C'est pourquoi les États-Unis doivent défaire les défis les plus dangereux plus tôt et à distance sécuritaire, avant qu'ils n'arrivent à maturité... Les actions préventives incluent la coopération de sécurité, une force de dissuasion précoce, l'assistance humanitaire, les opérations de maintien de la paix et des initiatives de non-prolifération afin d'interdire le transfert illicite d'armes de destruction massive en utilisant l'environnement mondial. Les actions préventives pourraient aussi occasionnées d'autres opérations militaires, par exemple celles de prévenir le déclenchement des hostilités ou aider à défendre ou restaurer un gouvernement amical.» (p. 11 et 12).

Le NDS poursuit: «Un but clé est de développer la capacité de déployer des forces militaires rapidement à distances stratégiques pour refuser l'asile aux adversaires. Dans certains cas, cela impliquera les Forces d'opération spéciales (SOF) discrètes ou des attaques précises sur des cibles profondément au coeur du territoire ennemi. Dans d'autres cas, des opérations conjointes soutenues ou des combats combinés seront nécessaires, exigeant une défaite sans équivoque d'adversaires gouvernementaux ou non-gouvernementaux agissant de l'intérieur ou du territoire ennemi ou d'une région non gouvernée.» (p. 14).

Dans l'ensemble, le document insiste: «Notre plus importante contribution à la sécurité du territoire des États-Unis réside dans notre capacité à identifier, dérouter et défaire les menaces plus tôt et à une distance sécuritaire, aussi loin que possible des États-Unis et de ses partenaires. Notre capacité à identifier et défaire les menaces à l'étranger, avant qu'elles ne se déclenchent, tout en faisant des contributions critiques à la défense directe de notre territoire et de notre population est une condition sine qua none à la sécurité de notre nation.»

Traitant de leurs plans pour les occupations à long terme, le document sur la Stratégie élabore ainsi: «Nous aurons besoin d'entraîner des unités pour des opérations militaires soutenues. Cela inclura de développer des manières de renforcer leur langage et capacités dans les affaires civiles-militaires tel que requis pour des déploiements spécifiques.»

Le NDS insiste aussi sur le besoin de «partenaires compétents au pays et à l'étranger». Il précise qu'un principe essentiel pour renforcer ces partenariats est le programme de «coopération sécuritaire» du Pentagone. Concernant le besoin des États-Unis d'avoir des partenaires pour fournir des troupes et des fonds, le «programme de coopération» est un appel aux partenaires pour qu'ils jouent un rôle majeur, avec les États- Unis agissant pour «augmenter leur capacité et leur volonté d'opérer en coalition avec nos forces». Pour renforcer cette coopération, les États-Unis «recherchent ceux qui sont en position d'autorité pour faciliter la coopération avec des partenaires militaires et des ministères de la défense» et «la transformation militaire des alliés clés» incluant «une commandement et un contrôle combinés.» (p. 15)

La Stratégie élabore davantage pour éliminer tout arrangement juridique qui nuirait à ces plans pour la guerre préventive et l'occupation. Il est écrit: «Plusieurs des arrangements juridiques actuels qui gouvernent les positions outre-mer datent d'une époque précédente.» Les ententes internationales «doivent aider et non gêner au déploiement rapide et à l'utilisation des forces des États-Unis et de coalition dans le monde en période de crise». Écrivant que les États-Unis agiront «de façon consistante avec les considérations souveraines de nos partenaires, nous allons chercher des arrangements juridiques nouveaux qui maximiseront notre liberté à déployer les forces au besoin, diriger l'entraînement essentiel de nos partenaires dans la nation hôte et appuyer le déploiement des forces dans le monde. Dans le document, on lance l'appel à la création d'ententes pour le statut des forces armées afin de pourvoir à ces «libertés»et de protéger les troupes des États- Unis du Tribunal pénal international responsable de juger les criminels de guerre. (p. 24)

La «souveraineté responsable»

Le document NDS élabore sur la réclamation des États-Unis à l'endroit des États qui faillissent dans l'exercice de la «souveraineté responsable», utilisant ce fait pour justifier une intervention américaine. Dans la section traitant du rôle de l'Amérique dans le monde (partie I, A), il est écrit que dans un «ordre sécuritaire» que les États-Unis recherchent, «les États doivent être capables de se gouverner effectivement» et «exercer une souveraineté de façon responsable». Il met l'accent sur ce point: «Il est inacceptable pour des régimes d'utiliser le principe de la souveraineté comme un bouclier derrière lequel ils déclarent être libres de mener des activités qui posent d'énormes menaces à leurs citoyens, leurs voisins et au reste de la communauté internationale.» (p. 1). Le document poursuit: «de graves dangers pourraient arriver et émaner d'États relativement faibles et de régions non gouvernées. Les États-Unis, ses alliés et partenaires doivent demeurer vigileants envers ces États qui n'ont pas la capacité de gouverner à l'intérieur de leurs frontières. Les États souverains sont obligés de travailler pour s'assurer que leurs territoires ne sont pas utilisés comme bases pour en attaquer d'autres» (p.1). L'expérience actuelle montre déjà que si les États-Unis décident qu'un Etat a «échoué» ou pose «une menace émergeante» ou qu'il «donne refuge aux terroristes», cela justifiera la guerre préventive de façon à mettre en place un gouvernement «responsable», comme cela s'est passé en Iraq et en Afghanistan.

Le document poursuit par une identification très étendue de ce que les États-Unis considèrent des ennemis: «Certains ennemis pourraient chercher à terroriser notre population et détruire notre façon de vivre pendant que d'autres essaieront de 1) limiter notre liberté mondiale d'agir; 2)dominer des régions clés; 3) tenter de rendre onéreux les coûts pour satisfaire divers engagements internationaux américains.» (p.1) Le document met ensuite l'accent sur le fait que la voie américaine pour une «action résolue» et une «défense active de la nation et de ses intérêts» contre de tels ennemis est le moyen pour «préserver et étendre la paix, la liberté et la prospérité» dans le monde.

De pair avec les guerres des États-Unis pour la mise en place de gouvernements «responsables», il y a aussi les réclamations des États-Unis que toute opposition dans les forums internationaux, tels que les Nations Unies, représente des «menaces» aux États-Unis an même titre que les attaques terroristes. Le document précise: «Notre force en tant que nation continuera à être défiée par ceux qui emploient la stratégie du faible via les forums internationaux, les procédures juridiques et le terrorisme». De cette manière, l'opposition aux États-Unis dans ces forums internationaux est maintenant considérée comme un terrain propice à l'intervention des États-Unis. Tenant compte de l'isolement des États-Unis internationalement et de l'unité grandissante partout dans le monde contre leurs provocations, agressions et plans de guerre, on peut dire que littéralement tous les pays sont maintenant une «menace».

De plus, s'assurer d'éliminer la souveraineté au nom de la «souveraineté responsable», implique aussi d'armer les partenaires. Le document présente la question comme suit: «Nous allons étendre la communauté des nations qui partage avec nous les principes et intérêts et nous allons aider les partenaires à augmenter leur capacité à se défendre et à rencontrer collectivement les défis à nos intérêts communs.» (p. 8)

Les armes de destruction massive

La Stratégie s'adresse à la question des armes de destruction massive (ADM) surtout en tant que partie intégrante du plan de cibler agressivement les différents États et de prévenir «l'émergence de nouveaux défis» à la domination des États-Unis (section I, B). Le document cible spécifiquement la République populaire démocratique de Corée (RPDC), la Russie et la Chine. Il mentionne «les adversaires potentiels» en faisant appel «aux méthodes et capacités assymétriques», impliquant des défis «irréguliers, catastrophiques et perturbateurs». Le terme «irrégulier» se réfère aux «terroristes et insurgés», un effort pour mettre sur le même pied et cibler les deux. «Perturbateur» se réfère à l'utilisation du cyberespace, des biotechnologies et des armes au laser pour «perturber» les actions des États- Unis.

Les défis de nature «catastrophique» «impliquent l'acquisition, la possession et l'utilisation des ADM ou des méthodes produisant des effets similaires aux ADM.» Dans le NDS, il est dit que faire face à ces défis est «une priorité urgente». On y déclare: «Nous allons mettre une plus grande emphase sur ces capacités qui nous permettent de dissuader d'autres à acquérir une capacité de nature catastrophique, à décourager leur usage et lorsque nécessaire, à les défaire avant qu'ils ne puissent l'utiliser». Cela explique comment les États-Unis pourraient agir lorsqu'ils s'adressent aux questions «des frontières internationales perméables, des faibles contrôles internationaux» et «des liens entre les terroristes transnationaux, la prolifération et le problème des États qui possèdent ou cherchent à obtenir des AMD» (p.4). Les provocations actuelles contre la RPDC et l'Iran à propos des AMD sont des exemples de cette stratégie en action.

Ciblant de nouveau la question de la souveraineté pour mieux justifier l'intervention américaine, la Stratégie souligne: «L'absence dans plusieurs parties du monde d'une forme réelle de gouvernance crée des sanctuaires pour les terroristes, les criminels et les insurgés. Plusieurs États sont incapables et dans certains cas réticents à exercer un contrôle réel sur leur territoire ou leurs frontières, laissant ainsi la porte ouverte à une exploitation hostile »(p.3). Le document ajoute que «les États qui sont problématiques» sont ceux qui sont «hostiles aux principes américains» qui «cherchent à obtenir des AMD» ou qui offrent «refuge aux terroristes».

Tout en soulignant que la force militaire américaine prédomine dans le monde, il n'y a aucune mention particulière du fait que les États-Unis ont le plus grand arsenal d'ADM et qu'il est le seul pays à avoir utilisé deux fois l'arme nucléaire. Les États-Unis ciblent toutefois la RPDC en disant qu'«elle pose des défis de nature traditionnelle, irrégulière et catastrophique».

Le document stipule aussi que «plusieurs États clés font face à des décisions fondamentales au sujet de leur rôle dans la politique, l'économie et la sécurité mondiale et régionale et dans la direction de leur propre évolution interne. Ces décisions peuvent changer leur position stratégique dans le monde et leur relation avec les États-Unis» (p.4). La Russie et la Chine sont spécifiquement mentionnés.

La Stratégie aborde les préoccupations américaines au sujet de sa capacité à dominer le monde, déclarant que: «Avec le temps, certaines puissances émergentes pourraient être capables de menacer directement les États-Unis et nos partenaires, rivalisant avec nous dans des domaines clés tels que la concurrence militaire et technologique ou en menaçant les intérêts américains en cherchant à dominer des régions clés»(p.5). Offrant encore une autre raison pour intervenir, le document précise: «De grands États compétents pourraient devenir dangereusement instables et de plus en plus ingouvernables».

Le contrôle de l'espace

Dans la section traitant de comment «oeuvrer dans un environnement mondial», le Pentagone a clairement dit que cela inclut non seulement le monde entier mais aussi l'espace. Il dit que «notre capacité à opérer au sein et à partir de l'environnement mondial, l'espace, les eaux internationales, l'espace aérien et le cyberespace» est importante. Cela nous permet d'étendre notre pouvoir partout dans le monde à partir de bases d'opérations sécuritaires. Notre capacité à agir au sein et à partir de l'environnement mondial est décisive quant à la défense directe des États-Unis et de ses partenaires» (p.16).

Le NDS souligne que «nous allons agir au sein et à partir de l'environnement mondial en surmontant les défis à nos opérations mondiales maritimes, aériennes, spatiales et dans le cyberespace». Les objectifs clés sont d'«assurer notre accès vers l'espace et son utilisation, et de nier aux adversaires l'exploitation hostile de l'espace» (p. 16). Ainsi, tout le globe et l'espace sont ce à quoi le Pentagone fait référence lorsqu'il parle des «espaces de bataille» pour l'agression américaine. De même, lorsqu'à plusieurs endroits, on fait référence à prendre action à une «distance sécuritaire» aussi éloignée que possible des États-Unis, cela inclut l'espace ainsi que l'espace aérien et maritime international.

Le commandement suprême américain

La Stratégie aborde la question du «réalignement élargi de la position de défense mondiale américaine» qui met l'accent sur «le déploiement rapide de forces» partout et à n'importe quel moment. Faire appel à la composante militaire des partenaires est aussi considéré décisif. Le document déclare que «Nous sommes en train de transformer notre réseau d'alliances et de partenariats, notre capacité militaire et notre position de défense mondiale. Notre sécurité est intimement liée à celle de nos partenaires».

La Stratégie met spécifiquement en relief «quatre régions cibles» pour des actions préventives: l'Europe, le Nord-Est de l'Asie, le littoral oriental de l'Asie et le Moyen-Orient/Sud- Ouest de l'Asie». Ceci représente un réalignement dans la concentration des forces américaines dans deux régions principales: l'Europe de l'Ouest et le Nord-Est de l'Asie.

Dans le document, il est expliqué que la présence militaire concentrée dans quatre régions sert à «rassurer les partenaires, dissuader la concurrence militaire, l'agression et l'usage de la force». Les forces sont «en mesure de répondre rapidement aux crises émergentes et à l'escalade du contrôle de ces crises selon nos conditions». De plus, la concentration de ces forces «ne limitent pas notre capacité à entreprendre à l'échelle mondiale des opérations militaires encore moins qu'elle ne limite nos intérêts mondiaux». S'adressant à ce que les États-Unis pensent être «leur patrie sécurisée», le document ajoute que «par exemple, nous demeurons résolus dans notre engagement envers la sécurité des Amériques, néanmoins nous avons besoin d'une très petite présence militaire en Amérique centrale et du Sud» (p. 20- 21). S'adressant à la question de mener une guerre sur deux fronts, le document lance l'appel à «une force totale qui est équilibrée et en position d'être déployée rapidement et d'être utilisée mondialement. Ils sont capables de déployer des forces sur deux théâtres d'opération afin de 'défaire rapidement' les adversaires durant des campagnes militaires qui se chevauchent dans le temps». Étant donné les difficultés auxquelles les États- Unis font présentement face à maintenir un grand nombre de troupes en Irak, ces «défaites rapides» se réfèrent probablement aux plans d'utiliser des armes nucléaires lors d'attaques préventives ainsi que des bombardements «de précision» » (p. 21).

La Stratégie inclut aussi des exercices militaires non simulés autours du monde et le développement de ce qui est appelé des «installations minimales» à l'échelle mondiale. Elle énonce que les installations dans les quatre régions fournissent aux États-Unis «une capacité sans pareil d'agir à l'échelle mondiale». Toutefois, le document indique qu'il y a «un coût encore plus élevé à sa capacité de mener des actions militaires rapides», ce qui exige «une capacité à se déplacer rapidement à l'intérieur et de traverser des points d'appui stratégiques et des régions éloignées». La sécurité de cela sera assurée en développant «un réseau varié de sites sécuritaires représentant une coopération encore plus minimale» (p. 23). Plusieurs de ces plus petites bases sont déjà en place au Moyen-Orient et en Asie.

Les États-Unis ont déjà de nouvelles bases au Kosovo, en Bulgarie, en Roumanie, Ouzbékistan, au Kyrgistan, au Tadjikistan, en Afghanistan et en Irak. Ils ont un accès militaire à la Géorgie, en Azerbaïdjan, au Turkménistan, au Kazakhstan et au Pakistan à défaut d'avoir le droit à une base militaire. Ces accès militaires s'ajoutent à leurs bases en Europe de l'Ouest, au Japon, en Corée du Sud, à Porto-Rico et ailleurs.

Les missions militaires à l'intérieur des États-Unis

Le NDS fait référence à l'importance des actions préventives aux États-Unis même ainsi qu'à l'étranger. En termes généraux, le NDS souligne que le Pentagone «contribue à la protection de la patrie» en menant des actions militaires à l'étranger, en partageant les renseignements, en menant des opérations de défense aérienne et maritime, en fournissant un appui aux autorités civiles et en s'assurant que le gouvernement continue de fonctionner» (p. 9).

Plus spécifiquement, le NDS déclare: «Sous la direction du Président, le Département entreprendra des missions militaires à l'intérieur du pays pour défendre les États-Unis, sa population et son infrastructure critique contre une attaque venant de l'extérieur». Le NDS ajoute: «Dans le cas d'une urgence, nous allons agir rapidement pour fournir une capacité unique aux autres agences fédérales lorsque le besoin surpasse la capacité des organisations civiles et que nous avons reçu des directives du président ou du secrétaire (à la Défense) de faire ainsi.» De cette manière le bureau du président, incluant le secrétaire à la Défense, se voit remettre l'autorité d'imposer un régime militaire aux États-Unis à chaque fois que le Pentagone considère que les autorités civiles n'ont pas la capacité de réagir. Étant donné la militarisation croissante d'événements publics tels que l'inauguration présidentielle, les nombreuses manifestations ainsi que les événements sportifs, on peut voir que les «urgences» déclarées seront sans doute utilisées alors qu'il n'existe aucune menace militaire externe ou terroriste. Sous prétexte que les forces civiles sont insuffisantes, de nombreuses alertes «à la menace terroriste» peuvent être invoquées en tout temps. Ces actions visent à réprimer les luttes du peuple américain opposé au fascisme et à la guerre de Bush.

La décision d'avoir une sécurité à l'intérieur du pays centrée autour du Pentagone est révélée encore plus dans ce que la stratégie dénomme «des opérations concentrées en réseau». Visant à éliminer toute division entre les opérations civiles et militaires qui continuent d'exister aux États-Unis, ces réseaux mettent l'accent sur le partage de l'information du bas vers le haut et du contrôle du haut vers le bas. Le NDS déclare que «de mettre en réseau ces forces» sur la base d'un contrôle venant du Pentagone «permettra de créer une capacité déterminante». Dans le document, on lance l'appel à «renforcer le besoin pour un commandement, un contrôle, des communications, de l'informatique, des renseignements, de la surveillance et de la reconnaissance encore plus conjoints et inter-opérationnels (C4ISR)» (p. 18). Reconnaissant la résistance qui existe déjà à la militarisation dont l'opposition des forces locales de police, le document déclare que de faire cette transformation exige «des changements fondamentaux aux processus, aux politiques et à la culture».

Le document traite aussi du besoin d'intensifier l'offensive idéologique des cercles dirigeants contre le peuple, en faisant aussi appel «à tous les instruments du pouvoir national». Concernant la préoccupation que les États-Unis sont en train de perdre cette bataille pour qualifier les luttes de libération et l'opposition aux États-Unis de «terrorisme», le document affirme: «Comme au temps de la Guerre froide, la victoire surviendra seulement lorsque la motivation idéologique pour les activités des terroristes sera discréditée et qu'elle n'aura plus le pouvoir de motiver des vagues d'individus à risquer et sacrifier leurs vies.» C'est aussi ici que le document met l'accent sur le fait que les État-Unis vont agir sous la direction du président afin de «défaire les adversaires au moment, à l'endroit et de la manière que nous choisirons» (p. 11).

Prise dans son ensemble, la Stratégie représente les efforts des États-Unis pour finaliser tous les arrangements nécessaires pour une guerre totale à l'étranger et pour le fascisme au pays, en faisant appel à la brutalité militaire ouverte et en éliminant les lois et les normes que l'humanité s'était donnée.

[Retour]


Militarisation des relations 
nationales et internationales
- Voice of Revolution - 

La récente publication par le Pentagone de sa Stratégie de défense nationale (NDS) s'accompagnait de la publication de la Stratégie militaire nationale (NMS). La Stratégie militaire a été développée parallèlement à la Stratégie de défense et sert à «opérationaliser les conseils stratégiques» de la Stratégie de défense. Le Président des chefs d'État major interarmées, Richard B. Myers, en fait la présentation dans une lettre. Myers, un général de l'aviation, était auparavant commandant en chef du North American Aerospace Defence Command et du U.S. Space Command, avec des responsabilités comprenant l'intégration des forces canadiennes dans les plans militaires américains et les opérations des missiles balistiques intercontinentaux.

Le but global et ouvertement déclaré de la MNS est «la force totale sans heurt», la capacité de contrôler toute situation ou de défaire n'importe quel adversaire à même d'un éventail d'opérations militaires.» Cela concerne l'application de la Stratégie de défense et des changements nécessaires pour y arriver, soulignant le développement d'une seule force conjointe intégrée qui «se concentre sur le fusionnement et la synchronisation des opérations militaires entre les services, les autres agences gouvernementales, le secteur commercial, les organisations non-gouvernementales et les opérations militaires des partenaires à l'étranger». De plus, une telle intégration «n'empêche pas l'usage unilatéral de la force, mais cherche plutôt à assurer l'unité des efforts et à maximiser la contribution des partenaires» de façon à appuyer «des opérations simultanées, l'application d'un pouvoir au-dessus du pouvoir de l'opposant en intégrant celui-ci et la fusion du pouvoir militaire américain avec d'autres instruments de pouvoir.» (p.7-8)

La NMS traite du problème auquel font face les États-Unis en Irak, où leurs forces militaires sont incapables de défaire la résistance et sont engagés dans une occupation à long terme. Il y est mentionné, «la force interarmée doit être en mesure de faire la transition d'opérations majeures de combat aux opérations de stabilité et doit pouvoir mener ces opérations simultanément.» (p.14) La politique de stratégie militaire stipule que l'armée doit être conçue de telle sorte et être suffisamment nombreuse «pour défendre la patrie, empêcher l'avance de l'intérieur et de l'extérieur des quatre régions, et pour conduire deux campagnes de ‘défaite rapide' qui se chevauchent.» (p.21)

Elle indique aussi, «Le défi de la prochaine décennie sera de développer et d'accroître les capacités conjointes à une époque de guerre globale, de ressources limitées et d'engagements multiples.» (p.15) Également, les changements demandés doivent s'effectuer dans «un environnement incertain et complexe (qui) requiert une approche basée sur les capacités pour amener une conception et une planification qui soient moins concentrées sur un adversaire spécifique ou sur l'emplacement éventuel d'un conflit et plus concentrées sur la façon dont un adversaire pourrait combattre.»

Soulignant le rôle et la présence des militaires comme un «rappel» constant à tous de se soumettre, le général Myers dit: «Nos forces armées, opérant au pays et à l'étranger, en temps de paix et en temps de guerre, continueront de servir pour rappeller de façon constante et visible, la résolution des États-Unis de protéger les intérêts communs. Notre dévouement envers la sécurité et la stabilité assurent que les États-Unis soient considérés comme un partenaire indispensable, encourageant d'autres nations à se joindre à nous pour aider à rendre le monde non seulement plus sécuritaire, mais aussi meilleur.» (lettre d'introduction à la NMS)

Combat interarmées

La NMS souligne de façon répétée le besoin de «combat de guerre conjoint» et que pour y arriver «une transformation sera nécessaire -- une transformation qui s'accomplira en combinant les changements technologiques, intellectuels et culturels à travers la communauté conjointe.» La culture de longue date de branches militaires divisées et en concurrence, reflétant habituellement les intérêts rivaux au sein des cercles dirigeants, ainsi que la culture et les normes qui divisent strictement les civils et les militaires, sont toutes éliminées. Une seule force armée représentant une fusion «intégrée» du militaire, du civil, des organisations non-gouvernementales et des «partenaires» internationaux est en voie être établie.

Le général Myers dit dans sa lettre d'introduction que la tâche des militaires de protéger les intérêts américains, de prévoir les attaques surprise et d'avoir l'avantage sur tous les adversaires «requiert la pleine intégration de tous les instruments de pouvoir national, la coopération et la participation des amis et des alliés et l'appui du peuple américain.»

Myers parle de la difficulté de fusionner les forces armées américaines, disant qu'il est nécessaire de «renforcer la confiance et l'assurance» entre les différents services. Il ajoute: «L'accroissement de la capacité de combat interarmées requiert l'intégration de nos éléments actifs, des réservistes et de notre main-d'oeuvre civile pour créer une «force totale sans heurt» qui peut relever les défis futurs. Nous devons renforcer la collaboration entre nos forces conjointes, les agences à tous les niveaux de gouvernement et les partenaires multinationaux. La clé pour une telle collaboration est une capacité améliorée de recueillir, traiter et partager l'information.» Ce partage conjoint de l'information, à travers des voies militaires et civiles de même que par des voies internationales est déjà largement en place faisant partie du développement d'une «force entièrement intégrée», dominée par les militaires américains.

Le contenu d'une «force entièrement intégrée» intégrant les forces militaires, civiles et internationales, est élaboré davantage dans la NMS où il est dit que les exigences pour «protéger, prévenir et avoir l'avantage» requièrent une «coordination et une synchronisation plus minutieuse des activités outremer et au pays. Nos expériences en Afghanistan et en Irak mettent en lumière le besoin d'une stratégie complète pour atteindre les buts et les objectifs nationaux à long terme. Les États-Unis doivent adopter une ‘défense active en profondeur' qui fusionne la force conjointe, l'interagence, les organisations non-gouvernementales internationales, et les capacités multinationales avec synergie,» qui permet aux États-Unis de «frapper rapidement n'importe quelle cible à travers le monde». (p.6)

Dans le cadre du développement d'une «force interarmée», la NMS souligne le besoin de «d'alliances et de coalitions fortes», et «l'encouragement des nations à développer, moderniser et transformer leurs propres capacités». Elle indique «que les États-Unis doivent adopter une position mondiale et prendre action pour empêcher les conflits et les attaques surprise. Pour atteindre cet objectif, il faut des actions pour modeler l'environnement de sécurité de façon à améliorer et étendre les partenariats multinationaux. Des alliances et des coalitions fortes contribuent à la sécurité mutuelle, tendent à décourager l'agression et aident à établir les conditions de succès dans le combat si la dissuasion échoue.» Cette façon de faire révèle la difficulté qu'ont les États-Unis à conduire seuls leurs actions préventives, ainsi qu'à entraîner d'autres pays dans les agressions américaines.

En même temps, la Stratégie militaire nationale indique clairement, comme l'a fait la Stratégie de défense, que les États-Unis agiront de façon unilatérale. «Les États-Unis déploieront constamment des efforts pour s'assurer l'appui de la communauté internationale et accroître les capacités des partenaires à faire face aux défis communs, mais n'hésiteront pas à agir seuls, si nécessaire.» (p.13)

Conséquents avec leur action unilatérale, les États-Unis parlent aussi de l'utilisation d'armes nucléaires en ce qui a trait à la capacité de première frappe. Ils indiquent «La dissuasion de l'agression d'un grand éventail d'adversaires requiert la transformation des forces nucléaires américaines existantes en une nouvelle triade composée d'un portfolio diversifié de capacités. Ce nouveau modèle de dissuasion stratégique comprend des forces de frappe nucléaires et non nucléaires, des défenses actives et passives, de même qu'une infrastructure pour édifier et entretenir la force.» (p.12- 13)

Campagnes militaires

La NMS décrit directement le caractère des campagnes devant être menées, utilisant «tous les instruments de pouvoir national» tel que décrit dans la Stratégie de défense nationale. Elle indique: «Les forces armées doivent avoir la capacité de défaire rapidement les adversaires lors de campagnes qui se chevauchent, tout en préservant l'option d'étendre les opérations dans une de ces campagnes pour atteindre des objectifs plus complets. Pour dominer les adversaires, il faut intégrer tous les instruments du pouvoir national au sein d'une campagne afin de préparer les conditions pour une victoire durable.» (p.3)

La NMS définit les campagnes pour «défaire rapidement les adversaires» et les campagnes pour «gagner de façon décisive»:

«Les campagnes pour ‘défaire rapidement' les efforts des adversaires sont entreprises pour atteindre un ensemble circonscrit d'objectifs visant à modifier le comportement ou les politiques inacceptables d'un adversaire, déniant rapidement les objectifs opérationnels ou stratégiques d'un adversaire, empêchant l'escalade d'attaques ou de conflits incontrôlés et/ou rétablissant rapidement des conditions de sécurité favorables aux États-Unis et à ses partenaires.

«Les campagnes pour ‘gagner de façon décisive' sont entreprises pour amener un changement fondamental, favorable dans une région en crise et créer des résultats durables. Ils peuvent entraîner de longues périodes de combats majeurs et d'opérations de stabilisation, exiger le changement, la défense et la restauration de régime et entraîner des investissements significatifs des ressources et du temps de la nation.» (p.3)

Ces campagnes montrent clairement que les États-Unis se préparent à entreprendre des actions militaires, n'importe où, n'importe quand, de façon à «modifier le comportement ou les politiques inacceptables d'un adversaire». Donc, même la conception d'une menace existante, et encore plus «d'un danger clair et présent» est éliminée en faveur de l'utilisation de la force militaire et «de tous les instruments du pouvoir national» pour éliminer les politiques inacceptables d'un État, d'une organisation ou même d'individus. Comme le prétend la NMS, «même certains individus peuvent avoir les moyens et la volonté de perturber l'ordre international.»

La Stratégie militaire nationale souligne de façon répétée, comme l'a fait la Stratégie de défense, que les États- Unis n'hésiteront pas à militariser pleinement l'espace pour atteindre leurs buts. Elle indique: «Les adversaires menacent les États-Unis par le biais d'une bataille de l'espace complexe, s'étendant de régions outremer critiques pour la patrie et s'étendant dans l'environnement mondial des espaces aériens, les eaux, l'espace et le cyberespace internationaux. Il existe un ‘arc d'instabilité' s'étendant de l'hémisphère occidental, à travers l'Afrique et le Moyen-Orient, jusqu'à l'Asie. Il y a des régions dans cet arc qui servent de terrains fertiles pour des menaces à nos intérêts . . . . »(p.5)

L'utilisation des termes «bataille de l'espace» et «environnement mondial» font partie des moyens utilisés par la NMS pour éliminer les concepts existants de champs de bataille définis dans des territoires spécifiques et l'opinion publique ferme selon laquelle la planète, ses peuples et ses ressources n'appartiennent pas aux États-Unis. Cela s'accompagne d'efforts pour prétendre que les actions agressives sont de «l'auto- défense». Comme l'avance la NMS, «La prévention des conflits et des attaques surprise n'est cependant pas seulement défensive. L'impact potentiellement catastrophique d'une attaque contre les États-Unis, leurs alliés et leurs intérêts peut nécessiter des actions d'auto-défense pour court-circuiter les adversaires avant qu'ils ne puissent attaquer.» (p.2)

Intervention militaire à l'intérieur des États-Unis

La NMS élabore aussi à propos d'un rôle accru des militaires à l'intérieur des États-Unis. Tout en soulignant que «la première ligne de défense est à l'étranger», la Stratégie militaire affirme que la «sécurité de la patrie» est la première priorité qui requiert aussi une «force conjointe» intégrée. La NMS indique, «nous nous joindrons aux efforts des partenaires multinationaux et des autres agences gouvernementales américaines pour former une défense intégrée des airs, des terres, de la mer et de l'espace à l'intérieur et autour du territoire souverain des États-Unis. La protection de ces voies stratégiques demande une surveillance persistante qui permette aux États-Unis d'identifier, de traquer continuellement et d'interdire les menaces potentielles. Cette défense intégrée est essentielle pour sécuriser les accès stratégiques et conserver la liberté d'action des États-Unis.» (p.10)

La NMS souligne de façon plus spécifique l'utilisation des militaires au pays pendant des «événements spéciaux» ou des «urgences». Elle indique: «Lorsque nécessaire, les forces armées protégeront les infrastructures critiques qui appuient notre capacité de déploiement de notre pouvoir militaire. Selon les directives, les forces armées emploieront temporairement les capacités militaires pour appuyer les services de police lors d'événements spéciaux. Lorsque requis, les forces de l'ordre pourront fournir un appui militaire aux autorités civiles en atténuant les conséquences d'une attaque ou d'une autre catastrophe lorsque les responsables civils sont débordés. Les réponses des militaires dans ces conditions requièrent une chaîne de commandement rationalisée qui intègre les capacités uniques des éléments militaires actifs et des réservistes et les responsables civils.» (p.10)

De cette façon, la MNS indique clairement que les militaires interviendront à l'intérieur du pays, qu'ils contrôleront la chaîne de commandement et que le but n'est pas de protéger les civils mais d'assurer la capacité à «projeter le pouvoir militaire» et à «conserver la liberté d'action des États- Unis».

En résumé, la NMS est une arme pour placer les militaires au centre de toutes les relations et pour subordonner de façon efficace et intégrer les organisations civiles, commerciales, non-gouvernementales et les «partenaires» internationaux au sein d'une «force totale sans heurt» pour imposer la guerre et le fascisme au pays et à l'étranger.

[Retour]


Réorganisation des bases militaires aux États-Unis
Construire une «Force totale sans heurt» pour l'agression à l'étranger et la répression au pays
- Voice of Revolution - 

Vendredi le 13 mai 2005, le Pentagone a annoncé les plans pour la réorganisation des bases militaires aux États-Unis. Ces plans incluent le restationnement d'environ 70 000 troupes américaines à l'intérieur du pays. Ils incluent aussi le «réalignement» de 29 bases, mettant l'accent sur le développement de méga-bases, intégrant les branches séparées de l'armée en une seule structure de base conjointe. Comme l'a dit Anthony Principi, chef de la Base Realignment and Closure Commission (BRAC), composée de neuf membres et responsable des plans, «Cette séance (de réalignement et de fermetures) concerne plutôt le réalignement. Il s'agit surtout de la capacité interarmées pour voir si une base peut accommoder plus d'un service afin de rehausser notre niveau commun de préparation et notre capacité de mener la guerre». Les plans incluent aussi la fermeture de 33 bases et d'environ 800 installations militaires de moindre envergure.

Les efforts actuels pour développer la capacité interarmées sont en accord avec la Stratégie militaire nationale (NMS) du Pentagone, publiée en mars 2005 de pair avec la Stratégie de défense nationale (NDS). La NMS lance l'appel à une force interarmées qui «se concentre sur la fusion et la synchronisation des opérations militaires entre les Services, les autres agences du gouvernement, le secteur commercial, les organisations non-gouvernementales et celles des partenaires à l'étranger». Elle indique que: «Améliorer le combat conjoint requiert l'intégration de nos éléments actifs et de réservistes ainsi que notre force civile de travail afin de créer une Force totale sans heurt à la hauteur des futurs défis.

Le plan de réorganisation de la BRAC sert cet objectif de «la fusion et la synchronisation des opérations militaires entre les services» en tant que composante importante pour la création d'une «force totale sans heurt». Le but, comme l'indique la NMS, est la «supériorité à tous points de vue» qui est la capacité de contrôler toutes les situations ou de défaire tout adversaire à même l'éventail d'opérations militaires.»

Afin d'aller dans cette direction, le Pentagone a établi le Northern Command peu après les attaques terroristes du 11 septembre. Le Northern Command, basé au Colorado, fournit un contrôle centralisé à toutes les forces militaires en sol américain et inclut aussi le Canada et Puerto Rico.

«Fusionner et synchroniser les opérations» demande de surmonter la séparation et la compétition de longue date entre les différentes branches militaires. Les bases interarmées fournissent les conditions à toutes les branches pour «s'entraîner, vivre et combattre conjointement». Elles vont aussi concentrer la chaîne de commandement, alors que les bases conjointes auront

vraisemblablement un commandant en chef, et non plusieurs de différents services comme c'est présentement le cas avec des bases séparées.

Fort Bliss, au Texas, est l'exemple principal de l'intégration planifiée. Elle sera intégrée avec deux bases contiguës, White Sands Missile Range et Holloman Air Force Base, toutes deux situées au Nouveau Mexique. Les trois bases combinées ont une superficie aussi grande que le Connecticut, représentant environ un quart des terrains de l'armée aux États-Unis.

À la base interarmées, il y aura une augmentation de 50 % du nombre de soldats et de civils dans la base, ajoutant 11 354 troupes à sa force militaire actuelle d'environ 18 000 soldats et civils. Ces troupes additionnelles représentent le restationnement de la 1ère Division blindée en Allemagne, qui devrait avoir lieu dans les six prochaines années. La base elle- même est la seule installation où toutes les armes de l'arsenal de l'armée peuvent être utilisées. Elle inclut aussi une école d'entraînement pour les sergents majors.

Le Texas sera aussi l'État où tous les bombardiers B1-B à longue portée, utilisés communément pour les armes nucléaires, sont aussi réunis avec la fermeture de la Ellsworth Air Force Base au Dakota du sud. Fort Sam Houston, aussi au Texas, devrait voir une grande augmentation du nombre de troupes stationnées.

Le Texas est déjà la résidence de 190 000 membres du service dans 18 installations militaires d'envergure. Ces forces représentent près de 11 % des forces armées de la nation et 27 % de toutes les forces terrestres en service actif. Alors qu'au Texas seront fermées trois installations, la Ingleside Naval Air Station, le Red Rock Army Depot et le Brooks City Depot à San Antonio, dans l'ensemble, ce sera un des États où se trouvera la plus grande concentration et consolidation de forces militaires et d'armes.

La Floride sera aussi un centre pour la consolidation et l'intégration, incluant aussi les armes nucléaires. La construction, la mise en service et le déploiement de sous-marins nucléaires et des forces navales requises seront déplacées en Floride ainsi qu'en Virginie et en Géorgie. Le commandement sous- marin à Groton au Connecticut sera fermé, tout comme Fort Monmouth au New Jersey et la base navale de Portsmouth au Maine.

L'entraînement pour les chasseurs F35 (Joint Strike Fighter), l'entretien et le support technique seront déplacés de la Luke Air Force Base en Arizona à la Eglin Air Force Base. une des plus grandes bases aériennes au monde, dans la bande de terre de la Floride. Les opérations des chasseurs F35 (Joint Strike Fighter) seront aussi déplacées de la base aérienne Sheppard Air Force Base au Texas à Eglin, à la station Miramar Marine Corps Air Station en Californie et aux stations aériennes navales de Virginia Beach en Virginie et de Pensacola en Floride. De cette façon, la base deviendra une importante base de «force interarmées».

Un autre exemple de joindre les forces et les bases est celui de combiner l'artillerie anti-aérienne et l'artillerie terrestre. L'école ADA à Fort Bliss au Texas déménagera à Fort Sill en Oklahoma et s'ajoutera à l'école d'artillerie. La nouvelle école Net Fires entraînera le personnel de l'armée et de la marine. La même chose aura lieu à Fort Benning en Géorgie lorsque l'école Armor, qui entraîne des soldats et des marines, s'installera.

Utilisation accrue de l'armée à l'intérieur des États- Unis

Le restationnement au pays des troupes est une partie importante de la réorganisation du Pentagone. Approximativement, 70 000 troupes des bases d'outre-mer, principalement en Allemagne et en Corée du sud, sont en train d'être déplacées dans des bases aux États-Unis. L'armée, tout particulièrement, est en train d'être concentrée au sein des frontières continentales des États- Unis, passant de 26 à 40 brigades. Les forces additionnelles seront toutes situées dans le sud et l'ouest, avec la plus forte augmentation à Fort Benning en Géorgie, Fort Bliss au Texas, Fort Carson au Colorado et Fort Riley au Kansas.

Le stationnement d'un nombre plus grand de troupes américaines à l'intérieur du pays sert, en partie, à fournir des bases d'opérations «plus sécuritaires» pour les plans des États- Unis de mettre en place des «forces à déploiement rapide» pour l'agression mondiale. Les plans pour utiliser l'armée américaine à l'intérieur du pays sont tout aussi importants, alors que le gouvernement augmente la répression de la résistance et de la dissidence.

La stratégie militaire est révélée: «Lorsque nécessaire, les forces armées protégeront les infrastructures critiques qui appuient notre capacité de déploiement de notre puissance militaire. Lorsque requises, les forces armées emploieront temporairement les capacités militaires pour appuyer les forces de l'ordre lors d'événements spéciaux. Lors d'urgences, les forces armées pourront fournir un appui militaire aux autorités civiles en atténuant les conséquences d'une attaque ou autre catastrophe lorsque les responsables civils sont débordés. Les réponses militaires, dans ces conditions, requièrent une chaîne de commande rationalisée qui intègre les capacités uniques des éléments militaires actives et des réservistes ainsi que des responsables civiles.»

On peut donc voir que le rôle des militaires n'est pas de défendre les Américains, mais plutôt de «projeter le pouvoir militaire» et d'intervenir dans toute situation où le Pentagone décide que «les responsables civils sont débordés», utilisant une chaîne de commandement dominée par les militaires.

Par dessus-tout, la réorganisation du Pentagone sert deux buts inter reliés des cercles dirigeants en ce moment: 1) la création de ce qu'on appelle une seule «force totale sans heurt» capable de réaliser la «supériorité à tous points de vue» à l'échelle internationale et 2) le repositionnement des troupes américaines à l'intérieur du pays, en tant que base d'opérations «plus sécuritaire» et afin d'augmenter la capacité des militaires d'intervenir à l'intérieur des États-Unis pour réprimer la résistance grandissante contre le chemin du fascisme et de la guerre. Étant donné l'emplacement d'un bon nombre de bases conjointes élargies en Floride et au Texas, il apparaît également que la réorganisation vise à assurer aux factions des cercles dirigeants représentées par Bush une «force interarmées» significative en soi, dans des États où elles contrôlent aussi les forces locales de l'État et de la garde nationale.

En ce qui a trait spécifiquement aux fermetures de bases, les choix reflètent aussi l'effort continu pour concentrer le pouvoir dans les mains des factions représentées par Bush, tout en affaiblissant d'autres factions, comme celle représentée par Kennedy en Nouvelle-Angleterre.

Parmi les 30 000 pertes nettes d'emplois reliés aux militaires, la moitié provient de seulement trois fermetures en Nouvelle-Angleterre: Portsmouth Navy Yard dans le Maine, Otis Air Force Base au Massachusetts et le commandement sous-marin de Groton, au Connecticut. Des milliers d'autres membres du personnel sont déplacés du nord-est avec la fermeture de la Brunswick Naval Air Station dans le Maine, de la Niagara Falls Air Reserve Station dans l'État de New York, de Fort Monmouth dans le New Jersey et de la Willowgrove Naval Air Station et de la Pittsburg Air Reserve Base en Pennsylvanie.

Les fermetures ne représentent en aucune façon un affaiblissement des forces militaires, mais plutôt leur concentration et leur renforcement, avec un effort pour surmonter les divisions de longue date au sein des services militaires. Les États-Unis possèdent actuellement 3 700 installations militaires domestiques, qui occupent plus de 27 millions d'acres. Le Pentagone avait 1,4 millions de soldats en service actif et une présence dans pratiquement tous les pays de la planète. Son budget dépasse les dépenses militaires combinées des 25 pays qui suit les États-Unis dans l'ordre des dépenses militaires.

La liste finale du BRAC dans laquelle se trouve les fermetures et les réalignements recommandés sera envoyée au président Bush le 8 septembre. S'il accepte le plan, il enverra la liste au Congrès, qui peut l'approuver ou la rejeter en entier, mais ne peut pas faire de changement.

[Retour]
 

[ Retour à la page d'accueil | Archives du quotidien ]

Ce site Web est géré par le Parti communiste du Canada (marxiste- léniniste)
Courriel: bureau@cpcml.ca
Veuillez aviser le webmaster@cpcml.ca de tout problème technique avec ce site.