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Journal du Parti communiste du Canada (marxiste-léniniste)
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Numéro 77 - 8 juin 2005

Fermeture de l'affinerie de cuivre Copper Cliff
Sudbury à la défense du droit public

Fermeture de l'affinerie de cuivre Copper Cliff
Sudbury à la défense du droit public
Restreignons le droit de monopole! Luttons pour le bien public: Gardons l'affinerie de cuivre dans la région! - K.C. Adams

La fraude de faillite de Stelco
Conférence de presse du local 1005 des Métallos



Fermeture de l'affinerie de cuivre Copper Cliff
Sudbury à la défense du droit public

Le 26 mai, le Conseil municipal de la Ville du Grand Sudbury a adopté à l'unanimité une résolution dénonçant la décision d'Inco de fermer l'affinerie et demande au gouvernement de l'Ontario d'empêcher cette fermeture. Plus de 120 travailleurs d'Inco et leurs familles ont assisté à la réunion, portant des tee-shirts arborant slogan: «Gardez les emplois de Sudbury à Sudbury.» Les travailleurs se sont brièvement rassemblés en face de l'Hôtel de ville avant d'assister à la réunion du Conseil municipal.


Les travailleurs d'Inco rassemblés devant l'Hôtel de Ville de Sudbury - 26 mai 2005

Le Conseil a entendu les interventions de Mark Cutifani, président de la division Ontario d'Inco, et de Leo Gerard, président des Métallos unis d'Amérique et membre de la section locale 6500. Cutifani, l'homme de main du capital financier international, a voulu justifier l'injustifiable. Son faux souci pour la communauté de Sudbury n'a pas suffi à cacher dure réalité: l'infime minorité qui contrôle Inco considère que ses intérêts ont préséance sur les autres, incluant ceux de la communauté de Sudbury dont le travail appliqué aux ressources naturelles de la région crée la richesse qu'Inco s'approprie. Cutifani a été hué par les travailleurs présents lorsqu'il a terminé ses remarques avec une menace à peine voilée qu'Inco punira la région si la collectivité ne fait pas ce que la compagnie demande. «J'en appelle respectueusement au Conseil de ne pas mettre Inco dans une position où elle aura à y réfléchir à deux fois avant d'investir dans l'avenir de Sudbury», a-t-il dit.

Dans sa présentation, Gerard a fait valoir qu'il serait déraisonnable pour la ville ou la province de fermer les yeux sur le plan de fermeture de l'affinerie d'Inco. Inco ne devrait pas s'en sauver aussi facilement avec son argument qu'il est préférable de fermer l'affinerie que de la moderniser, a-t-il dit. Avec les prix élevés du nickel et la demande mondiale insatiable pour le métal, Inco réalisera un bénéfice de 1,8 milliard $ au cours des deux prochaines années, précise-t-il. La compagnie peut se permettre de moderniser, même si cela coûte 100 millions $. Il a appelé toute la communauté de Sudbury, y compris les petites entreprises et la Chambre de commerce, «de défendre pour son avenir». Il a exhorté le Conseil municipal de faire pression sur le gouvernement provincial pour qu'il intervienne dans le dossier et oblige Inco à maintenir l'affinerie ouverte.

La discussion publique sur des questions vitales pour la communauté, même dans le cadre restreint d'une réunion du conseil municipal, a fait ressortir certains faits pertinents. On a démontré par exemple que le retrait d'Inco du raffinage du cuivre signifie à toute fin pratique le retrait de l'ensemble du secteur des métaux précieux puisque c'est la nappe de cuivre de Sudbury, pas celle du nickel, qui recèle l'or, l'argent et le platine. Cela aura pour effet d'affaiblir plutôt que de renforcer les opérations du nickel. Il est évident par ailleurs que la décision de fermer l'affinerie de cuivre de Copper Cliff a été prise il y a des années, puisqu'on néglige systématiquement ses besoins d'entretien et de modernisation. D'autre part, il est ressorti qu'Inco, dans son contrat avec Terre-Neuve et Labrador sur l'exploitation du gisement de Voisey Bay, a convenu de construire une affinerie de cuivre à Terre-Neuve sous certaines conditions. Petit à petit, donc, les intentions secrètes du groupe qui contrôle Inco se révèlent.

Lorsque le conseil a voté à l'unanimité de s'opposer au droit de monopole d'Inco, les travailleurs présents se sont levés et ont applaudi bruyamment. Le maire, David Courtemanche, a rabroué ceux qui disaient que le vote ferait du tort à Sudbury parce que cela découragerait les autres monopoles désireux d'investir dans la région. Il a expliqué qu'il est très difficile pour la société de développement économique d'attirer 140 emplois industriels relativement très payants et que Sudbury ne peut donc pas se résoudre à abandonner les emplois actuels de l'affinerie de cuivre.

Si les travailleurs d'Inco ont gagné l'appui des conseillers municipaux de Sudbury, le député de l'assemblée législative de l'Ontario pour Sudbury et ministre du Développement du Nord et des Mines, Rick Bartolucci, s'est obstiné à vouloir justifier le droit de monopole. Acceptant la logique de l'infime minorité qui contrôle, il a dit: «J'ai informé le syndicat que ce n'est pas mon rôle de m'ingérer dans les décisions d'affaires de la compagnie, mon rôle est de travailler avec les deux parties pour m'assurer qu'il reste un espace pour la croissance et l'avenir. Je pense que c'est risqué pour un gouvernement de vouloir forcer une compagnie à garder ouverte une entreprise (en difficulté financière)».

John Fera, président de la section locale 6500 des Métallos unis d'Amérique, a dit que les travailleurs d'Inco avaient l'intention de poursuivre leur lutte et qu'ils tiendront un rassemblement à Queen's Park à Toronto dans un proche avenir pour réclamer que le gouvernement libéral de l'Ontario interdise à Inco d'expédier le cuivre non raffiné en dehors de la ville.

Résolution du Conseil municipal
de la Ville du Grand Sudbury - 26 mai 2005

ATTENDU qu'Inco Ltd. a été partie intégrale de la communauté minière du Grand Sudbury durant plus d'un siècle;

ATTENDU que les prix du nickel durant les trois premiers mois de 2005 ont été à leur plus haut niveau en 60 ans, avec une moyenne de 6,97 $US la livre, et que les revenus nets ajustés d'Inco pour le trimestre étaient de 238 millions $US;

ATTENDU que le Conseil municipal de la Ville du Grand Sudbury, les employés d'Inco Ltd. et les citoyens de cette communauté sont très préoccupés par la fermeture et la démolition probable de l'affinerie de cuivre de Copper Cliff;

ATTENDU que la fermeture possible de l'affinerie de cuivre de Copper Cliff, établie il y a 75 ans et employant 140 personnes, aura des répercussions à long terme sur la communauté du Grand Sudbury;

ATTENDU que la démolition de l'affinerie de cuivre de Copper Cliff pourrait se traduire par une baisse de l'assiette fiscale du Grand Sudbury allant jusqu'à 12 769 000 $CA et que les citoyens de cette communauté seraient appelés à faire les frais d'une perte annuelle significative des revenus fiscaux;

ATTENDU que l'ampleur des pertes d'emplois indirects est significative pour l'économie du Grand Sudbury,

IL EST RÉSOLU QUE le Conseil municipal de la Ville du Grand Sudbury exhorte Inco Ltd. à garder l'affinerie de cuivre de Copper Cliff ouverte;

ET QUE le Conseil demande à la province d'interdire la sortie de cuivre non raffiné de Sudbury et qu'une copie de cette résolution soit envoyée à l'honorable Dalton McGuinty, premier ministre de l'Ontario, et à l'honorable Rick Bartolucci, ministre du Développement du Nord et des Mines.

Adoptée à l'unanimité: 13 contre 0

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Restreignons le droit de monopole! 
Luttons pour le bien public: Gardons
l'affinerie de cuivre dans la région!
- K.C. Adams - 

Inco a annoncé le 20 mai qu'elle cessait les opérations de l'affinerie de cuivre à Sudbury. Cliff Copper Refinery, établie il y a 70 ans, sera fermée d'ici la fin de l'année. Sa fonderie, tout près, produit des anodes de cuivre purs à 98%. Le minerais à partir duquel les anodes sont fabriquées du riche bassin minéral de Sudbury. L'électroraffinage est la dernière étape de la production du cuivre pur à 100%. L'électroraffinage du cuivre, comme le raffinage de l'aluminium que l'on retrouve concentré au Québec, nécessité beaucoup d'électricité. Les coûts d'électricité sont en général beaucoup plus grands que ce que réclament les travailleurs en salaires.

L'électroraffinage du cuivre est un autre exemple de chaînon d'une économie sociale intégrée. Celle-ci requiert le travail vivant pour extraire et fondre le minerais en utilisant une machinerie déjà produite, des travailleurs de l'électricité pour produire et livrer d'énormes quantités d'électricité, des travailleurs d'affinerie pour épurer le cuivre, des usines de transformation du cuivre pour fabriquer des produits utilisables, un système de transport pour livrer les produits du cuivre aux utilisateurs industriels et particuliers et plusieurs autres secteurs nécessaires pour soutenir le processus de production et les programmes sociaux comme les systèmes de santé et d'éducation.

L'épanouissement de l'économie sociale et de l'énergie créatrice du facteur humain/conscience sociale est bloqué par des monopoles privés qui séparent arbitrairement l'économie en centres rivaux du capital. Les centres rivaux du capital soumettent l'économie sociale intégrée à leurs intérêts étroits, au gain privé, ce qui provoque des crises économiques, crée un chômage permanent et impose un développement économique inégal partout au pays et à l'échelle internationale. La demande d'efficacité et de productivité d'Inco pour satisfaire ses intérêts monopolistes est en contradiction avec le besoin d'efficacité, de productivité et de développement équilibré de l'économie sociale intégrée pour toute les régions au service du bien public. Le transport fait partie du processus de production, et pourtant il demeure un des secteurs les moins productifs de l'économie sociale intégrée à cause du développement inégal. Par exemple, le Bassin de Sudbury approvisionne l'économie en cuivre depuis très longtemps, mais les centres rivaux du capital n'ont jamais permis le développement d'une industrie manufacturière du cuivre dans la région. Le cuivre pur est transporté vers des manufactures, comme les usines de fils et de tuyaux de cuivre, puis transporté à nouveau vers les utilisateurs industriels et particuliers. Une partie du cuivre (et du nickel) extrait à Sudbury revient dans le nord de l'Ontario sous forme de produit fini mais la région doit payer le fort prix. La fermeture de l'affinerie de cuivre va balayer toute possibilité de développement d'une industrie manufacturière du cuivre dans le Nord de l'Ontario. Inco va transporter les anodes de cuivre vers des affineries à contrat, sans doute au Québec à cause de l'électricité bon marché, et le cuivre raffiné sera ensuite transporté vers des usines de transformation et transporté à nouveau vers les utilisateurs.

Les résidants des régions riches en ressources comme Sudbury doivent combattre les monopoles et leurs gouvernements s'ils veulent que leurs régions prospèrent et s'ils veulent un développement équilibré qui réponde aux besoins en culture et en programmes sociaux et donner du travail à la jeunesse. On ne peut pas parler de productivité et d'efficacité dans l'abstrait. Quand les monopoles en parlent, c'est dans le sens étroit et privé du terme, en opposition aux besoins de l'économie sociale intégrée, des régions moins peuplées et du bien public. C'est également le cas pour les riches régions forestières du nord de l'Ontario et du Québec et de nombreuses autres ailleurs au Canada qui font présentement les frais des décisions des monopoles à la recherche de la productivité, de l'efficacité et du profit en opposition aux besoins de l'économie sociale intégrée et du bien public.

Le produit social créé par les mineurs et la population de Sudbury est un avoir important pour l'économie sociale et l'édification nationale au Canada. La saisie d'énormes quantités de ce produit social par les monopoles privés que sont Inco et Noranda-Falconbridge pendant plus d'un siècle laisse la région avec un développement très inégal en dépit de l'énorme richesse créée grâce aux talents et au dur travail de la population. Inco déclare maintenant que les anodes de cuivre seront expédiées vers une autre affinerie de cuivre quelque part au Canada, sans doute à l'affinerie Noranda-Falconbridge à Valleyfield, au Québec, tout près de Montréal. Si rien n'est fait pour restreindre le monopole, ce sera un autre coup dur pour la région, lui enlevant la possibilité de réclamer une partie de la valeur ajoutée créée par l'électroraffinage. Cent quarante emplois syndiqués et un nombre indéterminé de postes non syndiqués seront éliminés. La fermeture prendra environ 12 mois.

Inco mène une autre campagne pour contrer l'opinion publique bien établie dans la région de Sudbury qui dit que pour servir le bien public, les matières premières extraites du bassin doivent être transformées en produits utilisables dans la région. Les monopoles ont toujours combattu cette opinion publique car pour eux c'est une imposition contre leur droit de monopole de faire ce qu'ils veulent. Ils se sont opposés à toute proposition de transformation ultérieure du minerais dans la région. Le tout petit groupe de personnes qui contrôle Inco et Noranda- Falconbridge le font en vertu de leur droit de monopole de décider de tous les aspects du raffinage et de la transformation des ressources naturelles. Ce droit de monopole leur est conféré par la propriété des moyens de production, les droits d'exploitation obtenus du gouvernement et la demande et la concurrence spontanées sur les marchés mondiaux. Inco et Noranda- Falconbridge affirment que le droit de monopole a préséance sur le droit du public de restreindre les ambitions secrètes des monopoles.

Le chef de cette campagne pour détruire l'opinion publique à Sudbury est Mark Cutifani, président des opérations d'Inco en Ontario. Son argumentation ne s'embarrasse pas de la science et du bien public; il se guide uniquement sur l'intérêt étroit de l'infime minorité qui contrôle le monopole et qui n'a pas d'autre rapport avec la collectivité de Sudbury que le fait qu'elle s'empare de sa richesse.

Premier assaut de Cutifani contre l'opinion publique

M. Cutifani a dit aux journalistes que la fermeture de l'affinerie est pleine de bon sens pour la compagnie, la collectivité et les travailleurs d'Inco. L'élimination de ce qu'il appelle une composante improductive du raffinage du cuivre facilitera l'émergence de nouvelles mines dans le bassin de Sudbury. Il prétend établir un lien direct entre la fermeture de l'affinerie Copper Cliff et l'ouverture de nouvelles mines dans la région. Les nouvelles mines créent de nouveaux emplois, dit- il, suivant la logique que c'est seulement par la destruction de l'affinerie qu'Inco peut songer à investir dans de nouvelles mines.

Laissons passer pour l'instant l'affirmation non fondée que le raffinage du cuivre dans la région est «improductif». Quel rapport y a-t-il entre la destruction de l'affinerie et l'ouverture de nouvelles mines? L'ouverture de nouvelles mines de cuivre et de nickel n'a rien à voir avec l'existence d'une industrie d'électroraffinage d'anodes de cuivre. On trouve du cuivre et du nickel en abondance dans le bassin de Sudbury. Ce sont des minerais très importants pour le développement d'une économie sociale moderne et du point de vue de l'édification nationale. M. Cutifani prétend que si l'on restreint le droit du monopole de fermer l'affinerie, celui-ci peut enlever aux gens de Sudbury le droit d'extraire et de fondre le nickel et le cuivre dans la région et priver l'économie sociale du pays des nouvelles sources de minerais à Sudbury. Ses propos provocateurs révèlent une contradiction flagrante entre les intérêts du monopole et ceux de la population de Sudbury et du Canada et son économie sociale.

Dans le système économique actuel, la seule façon pour la région de Sudbury de revendiquer quelque chose de l'extraction du nickel et du cuivre est par l'existence d'emplois permettant de faire une réclamation de standard canadien à la valeur ajoutée. Les gains de productivité dans les opérations minières d'Inco au cours des 35 dernières années se sont traduits par une perte directe de 17 000 moyens de subsistance pour la collectivité sans qu'il n'y ait baisse de la production. La disparition de 17 000 moyens de subsistance est une perte énorme de produit social pour une collectivité relativement petite. Inco ne s'intéresse pas du tout à cette perte de moyens de subsistance et de produit social pour la collectivité. Ce n'est pas son affaire. Elle ne fait que répéter que l'augmentation de la productivité est une bonne chose pour tout le monde, que tout le monde en profite quand le monopole est plus concurrentiel sur les marchés mondiaux. La perte additionnelle de 140 moyens de subsistance dans le secteur du raffinage (et de plusieurs autres postes salariés) est un autre grand coup pour la région. Encore une fois, une énorme quantité de produit social est arrachée à la collectivité, sans compter la perte potentielle d'usines de transformation du cuivre.

Même si l'on accepte l'argument à propos de la faible productivité de l'affinerie Copper Cliff, la perte monétaire correspondante que subirait le monopole en poursuivant les opérations est infime comparée à la perte directe en produit social pour la collectivité. La fermeture se résume à un transfert massif du produit social du travail et de la collectivité à l'extérieur de la région.

M. Cutifani raconte des histoires quand il dit que les sommes que le monopole prévoit épargner en détruisant l'affinerie sont un important facteur pour Inco dans sa décision d'élargir ses opérations d'extraction et de fonderie dans la région. Si Inco décide d'accroître ses opérations d'extraction de nickel et de cuivre à Sudbury, elle le fera uniquement en fonction des intérêts étroits de l'infime minorité qui contrôle le monopole. L'économie sociale intégrée, les besoins de la région de Sudbury et le bien public n'entrent pas du tout dans ses calculs. Sinon, Inco ne serait pas un monopole privé et ne serait pas un centre du capital en rivalité avec d'autres centres du capital.

Si M. Cutifani tente de faire un lien entre les épargnes que réalisera le monopole en fermant l'affinerie et le développement de nouvelles mines, c'est par pur chantage. Il veut forcer la population à accepter le droit de monopole. C'est une attaque contre la dignité du peuple. On veut faire croire qu'il y a quelque chose d'humain dans cette manipulation de la richesse et du pouvoir pour l'intérêt privé étroit. Cela amène à s'interroger sur la source de cette richesse et de ce pouvoir et sur la compétence de cette minorité à jouer un rôle si prépondérant dans l'économie sociale. Pourquoi la population de Sudbury se voit-elle ainsi enlever un produit social qui pourrait être l'occasion d'un nouvel investissement? Si M. Cutifani et compagnie se servent de la richesse saisie à même la valeur ajoutée produite par les mineurs de Sudbury pour ensuite soumettre la région au chantage, le peuple a tous les droits de remettre en cause la légitimité de ce pouvoir et de ces rapports de production dépassés qui déterminent son existence et son épanouissement. Tous doivent s'opposer à la fermeture de l'affinerie Copper Cliff.

Restreignons le droit de monopole!
Luttons pour le bien public: Gardons l'affinerie de cuivre de Sudbury ouverte!

(À suivre: Deuxième assaut de Cutifani contre l'opinion publique)

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La fraude de faillite de Stelco
Conférence de presse du local 1005 des Métallos
- 26 mai 2005 - 

Nous reproduisons le procès-verbal de la conférence de presse du 26 mai tel que publié par le Local 1005 des métallos et traduit de l'anglais par Le Marxiste-Léniniste. Au nom du syndicat, le président Rolf Gerstenberger explique pourquoi le local 1005 ne participera pas à la médiation secrète ordonnée par le juge du tribunal de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies (LACC). Une centaine de travailleurs actifs et à la retraite étaient présents en plus des représentants des médias. La conférence de presse avait lieu juste avant la discussion hebdomadaire que tient le local 1005 les jeudis depuis deux ans. Le Marxiste-Léniniste appuie entièrement la position courageuse et la lutte du local 1005 à la défense de la dignité du travail et appelle tous les travailleurs à en faire de même.

* * *

Rolf Gerstenberger: Bon après-midi tout le monde. J'aimerais commencer en citant la déclaration du juge Farley à la cour le 19 mai. Il dit: «J'inviterais par conséquent le Local 2005 à participer volontairement à la médiation. Par contre, si sa participation n'est pas confirmée volontairement d'ici le 25 mai 2005, le contrôleur, à la demande du médiateur, pourrait demander une ordonnance de participation par la cour.»

Et pour répondre à cette question que les médias m'ont posée toute la semaine, nous n'allons pas participer à la médiation. (Applaudissements) Je vais maintenant vous expliquer pourquoi. Pour nous, la question première n'est pas de savoir si le fait d'y participer aidera les travailleurs ou leur fera du tort, si notre participation aidera nos retraités ou si elle leur fera du tort. Nous abordons tout à partir de ce point de vue et nous n'allons pas nous laisser intimider. Nous devons prendre comme point de départ que nous sommes un syndicat qui représente les travailleurs et nous devons aborder toute chose de ce point de vue. (Applaudissements)

Très brièvement, nous avons pris position concernant le processus de faillite (LACC) le jour où la compagnie a demandé la protection des tribunaux. Nous avons émis un communiqué de presse disant que nous n'étions pas d'accord, que nous pensons que le processus de faillite aux termes de la LACC est une fraude. Pourquoi? Parce que durant les neuf mois précédents, Stelco a tout fait pour essayer d'obliger le syndicat à rouvrir la convention collective. La compagnie voulait que nous acceptions une baisse de 20% des salaires et des avantages sociaux et que nous abandonnions la procédure de grief. Elle a utilisé les mises à pied. Elle a congédié un membre de l'exécutif du syndicat. Tout cela pour essayer de nous obliger à rouvrir la convention collective et nous faire accepter les concessions.

Lorsque la compagnie a demandé la protection de la loi sur les faillites, nous avons tout de suite compris que c'était une autre façon d'atteindre son objectif. Honnêtement, en seize mois, rien ne nous permet de croire autre chose. La seule chose qui ait changé en un an est que Stelco a annoncé un profit de 150 millions $ en quatre trimestres, et même battu des records de profit à deux reprises. Elle a réalisé 49 millions $ au premier trimestre de 2005 et cela ne c'était jamais vu pour un premier trimestre. Elle a réalisé 59 millions $ au troisième trimestre de l'année dernière. Également du jamais vu.

Nous avons dit dès le départ que la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies (LACC) était un vol légalisé, une fraude, et aujourd'hui le ridicule est à son comble quand une entreprise en faillite réalise des profits de 150 millions $ par année, même après avoir versé 72 millions $ en frais juridiques pour prouver qu'elle est en faillite! (Dans la salle: «Honte à Stelco!») Nous avons produit des profits d'au moins 220 millions $. Il est scandaleux que le tribunal lui permette de rester sous la protection de la loi sur les faillites.

C'est en quelques mots la raison pour laquelle Stelco a choisi d'entamer le processus de faillite et ce qui s'est produit depuis montre que son objectif initial n'a pas changé. Elle semble avoir renoncé pour l'instant à ses plans de nous adresser directement des demandes de concessions. Elle veut maintenant nous embarquer dans un bateau avec le gouvernement provincial et d'autres parties intéressées pour se soustraire à ses obligations de financement du régime de retraite. Ce semble être le nouveau plan d'attaque. Évidemment tout est censé se faire dans le plus grand secret alors nous ne connaissons pas tous les détails.

À nos yeux, le but de cette médiation est de nous imposer le diktat de la LACC par une autre ruse. Ils veulent nous entraîner dans le processus pour qu'à la fin ils puissent faire ce qu'ils veulent. Après tout, c'est leur processus, ils savent comment le faire fonctionner à leur avantage. C'est la première raison pour laquelle nous ne participerons pas.

La deuxième raison a rapport avec le processus de médiation comme tel. La médiation fait partie du système de résolution de conflits: lorsque deux parties sont en conflit, un médiateur intervient et essaie de trouver une solution qui convienne aux deux. Mais nous ne sommes pas en conflit. La semaine dernière, tous les autres (ceux qu'ils appellent les parties intéressées) ont dit qu'ils voulaient un médiateur pour régler un conflit. Pour eux, le conflit est de savoir qui va investir dans Stelco, que va-t-il advenir de la dette non garantie et un tas de détails secrets que Stelco ne veut pas rendre publics. Stelco avait sa proposition, les obligataires avaient la leur, les Métallos unis, le personnel salarié et le groupe des retraités salariés misaient sur la proposition de Brascan, alors tout cela est une affaire de marchandage sur des questions financières.

Franchement, nous n'avons pas de conflit avec ces «parties intéressées». Que nous apportera la médiation? Nous avons un contrat et nous nous attendons à ce que les gouvernements fédéral et provincial fassent respecter la loi. (Applaudissement) Pour nous, il n'y a aucune raison de participer à la médiation, ce serait une perte de temps. S'il s'agissait de la procédure normale de règlement de griefs, on pourrait songer à la médiation. Nous y avons participé dans le passé. Souvent l'arbitre dira: «Je vais vous demander de soumettre cela à la médiation avant d'aller en arbitrage.» C'est assez courant. Normalement nous n'avons pas d'objection, mais avec la LACC c'est différent parce que le but de la médiation est de réaliser par d'autres moyens les objectifs qu'ils se sont donnés en se rangeant sous la protection de la loi sur les faillites. Nous n'avons pas de conflit avec tous ces gens là. S'ils veulent se battre entre eux pour la propriété de Stelco, c'est un conflit entre eux et nous aurions tort de nous y laisser entraîner. (Applaudissements)

Mais maintenant on veut nous forcer à participer à la médiation. C'est une autre paire de manches. On nous dit qu'au Canada nous avons la liberté d'association, que nous pouvons nous associer et former des organisations. Nos organisations ont le droit de prendre leurs décisions sans ingérence, en autant que cela n'est pas contre la loi. Alors lorsque le juge Farley décide qu'il peut nous imposer la médiation alors que nous avons décidé de ne pas y participer, c'est grave parce que c'est une atteinte à la liberté d'association. Le juge dit que notre organisation, qui existe depuis 60 ans, doit ce soumettre à cette décision et que nous devons faire des choses qui, en bonne conscience, ne sont pas dans le meilleur intérêt de nos membres et de nos retraités. C'est très grave.

Nous disons que Stelco doit respecter son contrat et nous voulons que le gouvernement provincial fasse respecter la loi concernant le financement des caisses de retraite. (Applaudissements) S'ils ne le font pas, s'ils décident que la LACC passe avant les lois du travail, si le gouvernement dit qu'il ne va pas faire respecter la loi ou qu'il va la changer pour permettre à Stelco de prendre les dispositions qu'elle veut, la conséquence va être de bouleverser tout cet équilibre qui existe en ce moment. Cet équilibre est le suivant: Nous faisons notre travail; nous produisons l'acier et nous nous attendons à ce que la compagnie nous verse nos salaires. Nous avons nos avantages sociaux, nos conditions de travail, nos pensions et notre caisse de retraite. C'est l'entente qui existe entre nous. Eux disent qu'ils peuvent ne pas respecter leur part de l'entente et ils veulent se servir de la LACC pour le faire. Et pourtant ils s'attendent à ce que, pour notre part, nous respections toutes les lois et respections notre partie de l'entente. Ce n'est pas moi qui décide comment les choses vont se passer, mais une fois l'équilibre disparu, nous n'allons plus être tenus de produire l'acier pour tous ces gens qui se querellent. Si nous ne produisons pas d'acier, ils n'auront rien à se partager entre eux! (Applaudissements.)

J'ai parlé à un journaliste hier qui m'a demandé ce que nous allions faire si l'on nous ordonne de participer à la médiation. J'ai répondu qu'ils ne vont pas nous l'ordonner et que je ne sais vraiment pas ce qui va se produirait s'ils le faisaient. C'est très risqué ce qu'ils veulent faire. Lorsque j'ai rencontré Courtney Pratt (PDG de Stelco) l'année dernière, il répétait sans cesse que nous avons de mauvaises relations de travail. Nous lui avons répondu: «Pourquoi dites-vous cela? Nous venons à l'usine à tous les jours, nous produisons l'acier, vous avez une quantité record d'acier avec une main-d'oeuvre réduite. Pourquoi vous plaignez-vous de mauvaises relations de travail? Est-ce parce que nous ne sommes pas d'accord avec la LACC? Dans ce cas là, c'est une autre histoire.»

Pratt veut risquer l'équilibre, il voudrait précipiter les choses et ensuite dire qu'il veut de bonne relations de travail. Je ne suis pas sûr que ça va marcher.

L'autre chose dans la déclaration du juge Farley est la partie qui concerne les ententes de confidentialité. Ils savent ce que nous disons depuis le début, que nous ne signerons pas d'entente de confidentialité, alors voici ce qu'il dit: «La confidentialité des pourparlers dans un cadre de médiation relève de la plus grande importante. Je comprends que dans une optique démocratique le syndicat veuille informer ses membres de certaines choses. Mais ce ne serait pas contraire au principe démocratique que ces discussions aient lieu avec des membres de l'exécutif du syndicat sans impliquer les membres avant qu'une entente de principe ne soit soumise à un vote informé (et ici «informé» veut dire une discussion pleine et entière des pour et des contre); ce serait en fait dans la tradition du mouvement d'agir ainsi.»

Notre réponse est que depuis deux ans nous mettons beaucoup d'effort à organiser ces rencontres du jeudi. Pourquoi? Parce que pour nous il n'y a pas de différence entre le président, l'exécutif et les membres. J'ai eu le malheur d'être élu président. (Rires. Applaudissements.) Nous avons réussi à créer une situation où les membres sont informés. Ceux qui viennent savent ce que nous savons. Nous ne leur cachons rien. Le but est d'avoir une discussion continuelle et informée de ce qui se passe et ce que nous devons faire. Pour nous ce n'est pas une simple formalité. Nous ne le faisons pas pour les apparences. Alors c'est très grave quand un juge vient nous dire comment gérer nos affaires, nous ordonner de participer à des réunions secrètes et nous interdire d'en parler pour qu'à la fin la compagnie puisse dire: «Voilà l'entente. Prenez-là!» (Cris: «Non, jamais!»)

D'abord, il n'a pas le droit de nous l'ordonner. C'est une insulte. Ils nous dit: «Les gars, les membres ne sont pas importants. Nous avons beaucoup de directeurs ici qui savent ce qui est bon pour vous et vous n'avez qu'à faire ce qu'ils disent.» Ce sont pourtant des choses qui arrivent. Certains syndicats choisissent d'agir ainsi et c'est leur affaire, mais ici ça ne marcherait pas. Ce n'est même pas possible. Ce n'est pas ainsi que nous avons fait les choses et nous ne sommes pas à veille de commencer. (Applaudissements)

Pour les raisons citées, nous n'allons pas participer à la médiation. Nous croyons que c'est un piège. D'ailleurs, qui écoute les travailleurs? Nous n'allons pas nous enfermer dans une chambre avec dix avocats. Quand le médiateur sort de la pièce, vous ne savez pas ce qu'il fait. Il revient et vous dit ce qu'il veut et garde le reste secret. Ils prennent la décision et quand tout est fini ils disent à tout le monde que «cela s'est fait en consultation avec le syndicat».

Pour vous donner un exemple, on nous a dit il y a quelques mois que le syndicat, les Métallos Unis, a beaucoup de pouvoir, qu'il a le pouvoir de choisir qui achètera Stelco. Le syndicat a annoncé qu'il favorisait Severstal comme acheteur. Il y en avait plusieurs autres. Après quelques jours Stelco annonçait qu'elle rejetait toutes les offres. Qu'est-il advenu de ce pouvoir du syndicat de décider?

Des choses comme celles-là se produisent parce que c'est la LACC. Nous l'avons dit depuis le début, la LACC, c'est la loi du Farwest, il n'y a pas de règle. Rien n'a changé depuis. Ils décident ce qu'ils veulent. Croire qu'en allant là nous allons avoir une influence, que nous allons pouvoir faire pencher la décision de tel ou tel côté, c'est se faire des illusions. Le juge Farley a dit que nous vivons dans les nuages et que nous devrions revenir dans le monde réel. Franchement, la LACC telle qu'ils l'a présentent n'est pas le monde réel. La version que je vous donne est le monde réel, celle du Farwest. (Applaudissements)

Une dernière chose. Ce matin j'ai reçu une lettre de George Adams à notre avocate. C'est ça le monde mystérieux de la LACC: tout est censé se faire «dans le secret». Je l'ai reçu à environ 9 heures et à 10 heures un journaliste me téléphonait pour me demander si je l'avais reçue. Notre avocate ne l'a envoyée à personne. C'est ça le secret dans ce monde du Farwest de la LACC. C'est ridicule.

La lettre se lit comme suit: «Madame White, obj: Stelco. Suite à ma lettre du 20 mai 2005, j'ai eu des entretiens préliminaires avec des parties intéressées. Ce soir, mercredi le 25 mai 2005, j'ai rencontré des représentants de la section internationale des Métallos unis et des syndicats concernés autres que votre client et on m'a demandé si j'allais exiger la présence de votre client à la médiation. Je crois comprendre que le juge Farley a fortement incité votre client à participer à la médiation et qu'il veut une réponse au plus tard le 25 mai 2005. J'ai répondu en disant que je n'allais pas exiger la présence de votre client ou de quiconque d'ailleurs. Cette médiation va être volontaire et vos clients ne se verront pas ordonner d'y participer. Je vous écris à cette heure tardive parce que je voulais que vous soyez au courant des échanges spontanés que j'ai eus avec des membres de votre communauté. Je crois également comprendre, suite à votre lettre du 25 mai 2005, que le conseiller du contrôleur veut arranger une brève rencontre entre nous demain en soirée. J'aurai donc le plaisir de vous rencontrer.»

Nous rencontrons M. Adams ce soir pour lui dire que nous n'allons pas participer.

C'est tout. Alors le micro est ouvert pour les journalistes qui ont des questions et quand ce sera terminé nous allons commencer notre réunion hebdomadaire.

Channel 11: J'ai compris ce que vous avez dit quant aux raisons pour lesquelles vous n'allez pas participer à la médiation, mais ne risquez-vous pas qu'on vous impose une entente si vous êtes absents? Si vous étiez présents, vous seriez au moins au fait de ce qui se brasse, sinon on va vous réserver des surprises.

RG: Vous avez raison. Ils vont sûrement tenter de nous imposer quelque chose. C'est comme ça que fonctionne la LACC depuis le début. Si le juge peut ordonner qu'on enfreigne la liberté d'association et les droits que nous avons, il est évident qu'il peut faire n'importe quoi. Mais il faut savoir que si l'on nous impose quelque chose, il va y avoir une rupture de l'équilibre. Une fois l'équilibre rompu, qui sait comment les choses vont tourner. C'est ça le danger. Puis il y a cette autre question importante: La LACC a-t-elle préséance sur les lois du travail? S'ils veulent nous imposer quelque chose, il faudra savoir si cela va à l'encontre des lois du travail. Farley s'est fait taper sur les doigts lorsqu'il a dit que la LACC a préséance sur la Loi sur les sociétés et les affaires. Il avait destitué deux directeurs. L'affaire est allée en appel et le tribunal a dit que le juge Farley n'était pas habilité à faire ce qu'il a fait. Les deux directeurs ont été rétablis dans leurs fonctions. C'était un signe que le juge ne pouvait pas outrepasser la loi. Nous croyons que c'est la même chose dans notre cas: il ne peut pas ordonner quelque chose qui enfreint la loi. Mais avec la LACC, on ne sait jamais. Ils pourraient tenter quelque chose et nous serions forcés de réagir.

Hamilton Spectator: Votre convention échoue le 31 juillet de l'année prochaine et le prix de l'acier va commencer à baisser. Ne craignez-vous pas de vous retrouver l'année prochaine sans convention quand que le prix de l'acier sera plus faible? Ne serait-il pas préférable pour vous d'ouvrir les négociations maintenant que les prix sont encore forts et que vous êtes en position de force?

RG: Premièrement, avec Stelco sous la protection de la loi sur les faillites, nous ne croyons pas que nous sommes en position de force. Avec la LACC ils peuvent changer les lois comme ils veulent. C'est pourquoi nous prenons la position que nous avons une convention collective présentement qui a préséance et là-dessus nous pouvons gagner. Nous ne sommes pas convaincus que ce serait avantageux de rouvrir la convention maintenant à cause des prix de l'acier. Lorsque Stelco ne sera plus sous la protection de la loi sur les faillites, alors nous déciderons si nous voulons commencer les négociations avant l'échéance de la convention, mais pour l'instant nous ne voyons pas d'avantage à le faire.

Pour ce qui est du prix de l'acier qui va baisser, vous savez que les opinions sont partagées là-dessus. À écouter les analystes de Stelco, on croirait que les prix vont être en chute libre l'année prochaine, mais rappelons-nous que Stelco prétend toujours être en danger de faillite et qu'elle veut tirer le maximum de la LACC. Par contre, si vous écoutez les analystes de Dofasco, ils disent que les marchés de l'acier seront très forts. C'est parce qu'ils ont besoin de quelques centaines de millions de dollars et veulent attirer les investisseurs. En 2003, pas un seul de ces analystes ne prévoyait une montée aussi fulgurante du prix de l'acier.

Nous lisons toutes ces analyses. Mais pour nous le principal pour défendre nos intérêts est que nos membres soient informés et éduqués et que les travailleurs discutent de ce qu'ils doivent faire, de comment défendre leurs intérêts, et ne pas se baser sur les aléas du marché de l'acier. (Applaudissements)

Channel 11: Alors comment pensez-vous que les choses peuvent s'arranger? Que doit-il se produire pour que les choses changent en votre faveur, en faveur de Stelco?

RG: Le tribunal doit se servir de son pouvoir pour dire que Stelco n'est pas en danger de faillites et qu'elle doit prendre des arrangements avec ses obligataires et ses partenaires commerciaux. Est-ce vraiment si difficile? Stelco voudrait continuer parce que son objectif depuis le début est de se soustraire à ses obligations concernant le financement des caisses de retraite. C'est pourquoi il n'y a rien qui bouge. Et pour tout vous dire, il n'y a personne dans cette salle qui veut aider Stelco à se soustraire à ses obligations sur les pensions. (Applaudissements)

Forum ouvrier: Pourquoi croyez-vous qu'il n'y a rien à gagner à participer à la médiation?

RG: Nous avons commencé ces réunions (avec les travailleurs) en juin 2003 et à ce moment-là il y avait plusieurs grosses faillites dans l'industrie. Air Canada était en faillite, Slater et Ivaco étaient en faillite. Nous avons suivi de près ce qui se passait. Pour ce qui est d'Air Canada, la panique s'est emparée de tout le monde et les syndicats ont accepté de faire des concessions d'un milliard de dollars. Puis l'affaire a duré parce que Air Canada voulait un autre 200 millions $. La même chose s'est produite chez Slater. Les travailleurs avaient voté en faveur de l'entente et à la dernière minute la compagnie a dit que la situation financière était pire que prévue et qu'elle avait besoin d'une baisse de 10% des salaires. Elle a fait du chantage pour l'arracher aux travailleurs. La situation se présente différemment dans chaque cas, mais quand les compagnies invoquent la LACC, c'est toujours obtenir quelque chose des travailleurs par la fraude. Comme je le disais tantôt, rien n'a changé pour ce qui est des objectifs de la compagnie. Courtney Pratt a commencé à dire il y a un an qu'il faut absolument que les travailleurs fassent des concessions, que tout le monde va devoir faire sa part. Mais maintenant il ne peut plus faire croire cela parce que la compagnie a réalisé des profits de 150 millions en un an. Il veut maintenant un compromis. Le message est le même mais la présentation est différente. Nous avons examiné tous les autres cas de LACC et du Chapitre 11 (aux États- Unis).

Rappelons que cette affaire a commencé en 2003. Stelco nous a dit que les métallos aux États-Unis ont fait des concessions pour aider les aciéries américaines à diminuer leurs coûts de patrimoine (comme le financement des pensions). Maintenant ces aciéries produisent de l'acier à 50$ la tonne de moins que Stelco et elles s'attaquent au marché ontarien, alors Stelco nous a demandé de faire les mêmes concessions. C'est ce qu'ils ont dit: Pouvez-vous nous aider à devenir concurrentiels? Puis lorsque les résultats du troisième trimestre de 2003 ont été rendus publics, ils ont dit: Comment voulez-vous que Stelco soit concurrentielle face à ces aciéries américaines qui ont abandonné leurs retraités, leurs coûts de patrimoine?

Ils voulaient notre aide mais ils ne voulaient pas parler de ce qui est arrivé aux retraités. Les monopoles américains ont dit: Ce sont des dommages collatéraux. L'important c'est que nous avons sauvé nos aciéries. Leur seul objectif est d'accroître le rendement sur l'investissement. Ici ils ont voulu changer la loi sur les faillites, la LACC, pour leur faciliter la tâche. Aux États-Unis, le juge leur a carrément dit, dans le cas de la United Airlines, que les pensions étaient un fardeau et que les monopoles pouvaient s'en débarrasser s'il le faut. Les agents de bord et les machinistes se sont tout à coup réveillés et ont commencé des débrayages spontanés. Mais le juge a ordonné la liquidation des coûts de patrimoine. Stelco nous a dit que c'était injuste pour elle, parce que la loi sur les faillites aux États-Unis, le Chapitre 11, permet aux entreprises d'annuler les conventions collectives.

Alors nous avons dit que nous n'embarquerons pas dans ce processus parce que ça va être une concession après l'autre.

Channel 11: Votre syndicat connaît-il un précédent, une situation où le syndicat a refusé de participer à la médiation?

RG: La toute première semaine de la LACC, lorsque nous avions tous les avocats du syndicat international, c'est ce que nous avons posé comme question. Nous leur avons demandé ce qui se passerait si nous disons non. Les avocats n'avaient pas de réponse, parce qu'il n'y avait pas de précédent. Seize mois plus tard, nous savons maintenant que le juge, dans le cas de la LACC, a beaucoup de pouvoir et qu'il peut forcer les gens à faire ce qu'il veut.

Jack Miller (retraité): Laissez-vous vous dire, nous sommes un État de droit. Nous avons des contrats. Nous respectons le contrat que nous avons signé. Mais les médias ne disent pas: le syndicat du local 1005 a un contrat qui est encore valide jusqu'en 2006. Nous respectons notre contrat mais vous, les journalistes, n'en parlez pas. Vous acceptez que Stelco enfreigne la loi et se serve de la fraude de la faillite pour atteindre ses objectif. Nous avons une convention collective qui est valable jusqu'en 2006, nous le respectons et nous nous faisons critiquer. Les médias devraient dire au public que nous sommes des citoyens respectueux de la loi. (Applaudissement) Ce n'est pas nous qui faisons des problèmes. Nous avons notre président, nous avons notre exécutif, nous avons nos réunions hebdomadaires. Nous parlons, nous réfléchissons. Nous sommes des citoyens respectueux de la loi et nous respectons notre contrat. (Applaudissements)

RG: En plus, ce qui est vraiment inacceptable, c'est que le juge Farley menace maintenant de nous traiter comme des criminels. Il veut émettre une ordonnance pour nous forcer à participer à la médiation et si nous refusons, c'est nous qui serons les méchants. Mais s'ils veulent pousser les choses jusque là et nous traiter en criminels, ils vont se retrouver avec un gros problème sur les bras.

Les journalistes ont-ils d'autres questions? Tout va bien? Bon, alors un dernier mot pour terminer. Un entrepreneur m'a téléphoné aujourd'hui. Il voulait savoir ce que nous allons faire. Il a dit que les marchés boursiers vont être nerveux si nous ne participons pas à la médiation. Je lui ai demandé pourquoi ils se feraient tant de souci? Nous produisons l'acier, nous créons toute cette valeur, toute cette richesse pour Stelco. Ils obtiennent leurs paiements d'intérêts, pourquoi seraient-ils inquiets? Je crois qu'ils auraient de quoi être inquiets si le tribunal nous ordonne de faire quelque chose qui enfreint notre contrat et provoque une rupture du déséquilibre. Les marchés de capitaux auraient intérêt à convaincre le tribunal de la LACC à respecter la loi.

Là-dessus nous allons terminer cette conférence de presse et commencer notre réunion hebdomadaire. Je voudrais remercier les journalistes qui sont venus. Les médias de Toronto ne sont pas venus et ensuite ils vont vouloir que je passe 15-20 minutes à leur expliquer ce qui s'est dit. Merci encore une fois. Nous allons maintenant commencer notre réunion du jeudi.

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