
Le 19 août 1989, le Parti communiste du
Canada (marxiste-léniniste) organisa une rencontre historique
à Chertsey, Québec, dans le cadre d'un rassemblement
social et politique d'une semaine auquel ont participé des
centaines de membres et supporteurs du PCC(M-L) ainsi que leurs
familles et amis, sous la direction du Comité central du Parti
et du camarade Hardial Bains, en tant que dirigeant national du
PCC(M-L).
La signification de la rencontre de Chertsey se révèle
dans toute sa profondeur avec chaque jour qui passe. Hardial Bains y a
fait un bilan du travail que le Parti menait à ce
moment-là pour appliquer les décisions du Ve
Congrès du Parti et créer les conditions subjectives de
la révolution. C'était aussi l'anniversaire de naissance
du camarade Bains et à ce sujet il a fait la remarque suivante :
« On m'a laissé entendre que c'était pour
célébrer la fête de quelqu'un. Ce n'est pas tout
à fait exact. Nous célébrons l'anniversaire de
naissance d'un mouvement auquel la classe ouvrière et le peuple
du Canada on donné jour, et ce mouvement a aujourd'hui plus d'un
quart de siècle. Ce n'est pas moi en tant qu'individu qui
compte, parce que les individus ne déterminent pas le cours des
choses. C'est la force sociale. Le génie de l'histoire veut que
quiconque se dresse aujourd'hui au-dessus des masses finit pas se faire
trancher la tête, au sens figuré, bien que parfois ce soit
au sens propre aussi. Nous ne sommes plus à l'époque des
chevaliers et des héros individuels. Nous sommes à
l'époque du travail collectif de la classe ouvrière et de
ses alliés. Nous sommes à l'ère du Parti,
l'époque de l'impérialisme et de la révolution
sociale du prolétariat, comme le disait le camarade
Lénine. Avec cette rencontre, nous célébrons donc
les développements, le mouvement progressiste, le renforcement,
la stabilisation et la consolidation d'un mouvement politique. Ce
mouvement politique, il est ici, c'est notre Parti, ses alliés,
ses organisations de masse, surtout la presse de masse du Parti dont
nous sommes très fiers. »
Au moment du discours de Chertsey, le monde était dans une
période de transition alors que l'essor de la révolution
faisait place à une période de repli. Dans un court lapse
de temps, le monde a été témoin de plusieurs
bouleversements, dont la chute de l'Union soviétique et la fin
de la division bipolaire du monde. Cinq ans plus tard, en parlant de la
rencontre de Chertsey en rétrospective, le camarade Bains disait
: « Les peuples s'étaient engagés dans un grand
mouvement pour exiger une profonde transformation économique et
ce mouvement se développait dans plusieurs régions du
monde, particulièrement en Europe de l'Est mais pas uniquement
en Europe de l'est. Ce mouvement s'est cependant tourné contre
lui-même, victime de la manipulation de l'impérialisme
mondial et du révisionnisme. En quelques mois après la
Conférence de Chertsey, d'une période d'essor de la
révolution nous sommes passés à une période
de repli. Pour nous, la Conférence de Chertsey a
été une déclaration de la part du PCC(M-L) que non
seulement il n'allait pas être manipulé par
l'impérialisme mondial et le révisionnisme, mais qu'il
allait poursuivre son travail. »
Les explications du camarade Bains sur la nature de cette
période ont permis de préparer les forces
révolutionnaires canadiennes à ce qui allait venir
grâce à l'analyse précise des développements
nationaux et internationaux à ce moment critique. Il a
parlé de la victoire mondiale historique sous la direction de
l'Union soviétique et de Joseph Staline contre le fascisme nazi
ainsi que des programmes sociaux mis sur pied par les
sociétés socialistes. Il a mis en garde contre les
dangers que représentaient l'impérialisme
anglo-américain et a décrit les grandes tragédies
déclenchées contre les peuples du monde par
l'impérialisme des États-Unis, les nombreuses guerres,
les invasions, les coups d'État et la violence
médiévale perpétrée contre les peuples
aspirant à l'indépendance et au progrès social. Il
a parlé des tragédies encore plus grandes qui nous
attendent.
La prédiction de Hardial Bains à l'effet que
l'hystérie anti-communiste fomentée par la
réaction mènerait à un assaut contre les peuples
de l'Europe et d'ailleurs s'est avérée exacte. On avait
proclamé dans une grande explosion d'euphorie que « le
communisme était mort » et que c'était « la
fin de l'Histoire ». Le camarade avait prédit que cette
euphorie se transformerait en vengeance et en réaction la plus
sombre. Il a dirigé le PCC(M-L) dans la préparation
contre la traîtrise de toutes ces forces qui persistaient
à agir de la vieille façon, même dans nos propres
rangs. Il a fait en sorte que le PCC(M-L) reste inébranlable et
fidèle à lui-même.
À ce sujet, le camarade Bains a établi la marche à
suivre pour que les communistes puissent continuer de bâtir le
PCC(M-L) en tant que parti politique de la classe ouvrière afin
que se concrétise l'unité politique du peuple. Il a
prédit que la jeunesse, en dépit de tout
l'anti-communisme répandu par la réaction,
répondrait à coup sûr à l'appel des
communistes de prendre position pour une cause juste. Il a
déclaré : « Nous déclarons ouvertement que
nous voulons le pouvoir de la classe ouvrière et de personne
d'autre... parce que la classe ouvrière est la classe
productive, c'est la classe la plus complètement
révolutionnaire dont les buts ne peuvent être
réalisés sans le renversement du capitalisme par la
révolution. [...] Aujourd'hui, sur quelque problème que
ce soit, la bourgeoisie est incapable de trouver une solution. Seule la
classe ouvrière peut en trouver. C'est la classe ouvrière
qui est au centre, et nos points de vue sont ceux de la classe
ouvrière. »
Il a dit : « Le problème le plus pressant en termes de
travail spécifique est celui de gagner les masses des
travailleurs au Parti. [...] Nous devons aller de l'avant, avec toute
la passion du mouvement, comme on va vers une personne qu'on aime,
puisque cet être qui nous est cher, la classe ouvrière,
est la seule force sociale en mesure de sauver le monde, de sauver
l'humanité. À l'ombre du grave danger posé par
l'impérialisme anglo-américain et russe et la
réaction mondiale, il n'existe aucune autre façon de
sauver le monde de la crise qui nous menace. [...] La classe
ouvrière peut perdre certaines batailles, mais non la guerre.
»
« Un nouveau genre de communiste a vu le jour en sol canadien, un
communiste éduqué dans l'esprit marxiste-léniniste
de notre Parti. Avec cette personnalité nouvelle, croyez-vous
qu'ils pourront nous écraser, nous détruire ? ! Je vous
le dis : nous serons un jour des millions, surveillez-vous bien ! [...]
parce que nous représentons ce que veut la classe
ouvrière, nous représentons ce que veulent les masses
opprimées et les peuples partout dans le monde. Nous sommes des
gens sans préjugé aucun. Nous ne nous divisons pas en
fonction de la race, de la religion, de l'origine nationale, du sexe ou
du style de vie. Nous nous unissons sur la base du
marxisme-léninisme, une idéologie commune à la
classe ouvrière de tous les pays. Nous nous unissons sur la base
de l'internationalisme prolétarien aux travailleurs du monde
entier. »
Cette personnalité nouvelle ne fut pas laissée au
gré du hasard. Un plan fut établi puis appliqué
pour l'entretenir et la tâche fut prise en mains de tout
accomplir sur une base consciente et planifiée.
Cinq ans après la rencontre de Chertsey, parlant de l'acte du
Parti le camarade Bains a souligné : « Le 19 août
1989, je déclarais au nom du PCC(M-L) que des femmes et des
hommes nouveaux avaient vu le jour au Canada. Qui sont ces êtres
nouveaux ? Ceux qui ont des idéaux élevés, sont
honnêtes et sincères, ont la conscience claire, et qui ont
tout sacrifié, qui ont inauguré une nouvelle façon
de vivre dans les conditions du capitalisme décadent. Ces
conquêtes sont maintenant sous le tir croisé de ceux qui
veulent une vie révolutionnaire à temps partiel. Ils nous
disent que c'est de l'extrémisme que d'exiger que l'on soit
responsable de ses paroles et de ses actes, que le PCC(M-L) refuse
toute conciliation avec la putréfaction. Ils proposent que les
communistes aient dans la vie deux attitudes différentes, qu'ils
agissent d'une certaine manière lorsqu'ils font de la politique
et d'une autre le reste du temps. Si nous
dégénérons au niveau de ce type de «
communistes », nous deviendrons des hypocrites, une force
décadente bourgeoise incapable de réaliser quoi que ce
soit, quelles que soient les circonstances. Nous ne sommes pas une
force de ce genre et nous ne le deviendrons pas. Nous n'avons jamais
admis l'imbécillité ou l'impuissance, et nous n'acceptons
pas l'impuissance face à la situation actuelle. [...] Notre
Parti s'exprime avec conviction sur tous les fronts. Aucun océan
n'est plus profond que ses convictions. Ses idéaux sont plus
élevés que les sommets de l'Himalaya et sa
détermination est telle que nul ne peut la définir.
»
Dans la période suivant la contre-révolution de 1989-91,
plusieurs partis se sont effondrés, incapables de s'orienter
dans ces conditions nouvelles et complexes. La rencontre de Chertsey
est un événement dont la signification s'approfondit de
jour en jour. Chertsey représentait et représente encore
plus aujourd'hui la force, la maturité et la vitalité du
Parti communiste du Canada (marxiste-léniniste). Le discours
livré par le camarade Bains offre des points de repère
essentiels pour que les être humains modernes puissent prendre le
contrôle de leur vie. Il a établi les directives qui ont
mené à l'Initiative historique et ses plans quinquennaux
lancés en 1995, 2000 et 2005. Il a mené à
l'adoption du programme « Arrêtez de payer les riches —
Investissez dans les programmes sociaux ! » en 1997 et, en
dépit de la perte monumentale que représente le
décès du camarade Bains le 24 août 1997, cela a
mené au succès du VIIe Congrès tenu en 1998 et
dont le thème était « Le Canadien pensant, le
défi que le PCC(M-L) accepte » ainsi que le VIIIe
Congrès qui avait pour thème: « Jeter les
fondements du Parti communiste de masse ».
Le camarade Bains a conclu la rencontre historique de Chertsey en
s'exclamant : « Nous vous avons invités ici pour
célébrer notre glorieux Parti, son travail, les
progrès que nous avons accomplis [...] nous avancerons ensemble
et réaliserons les tâches que nous nous sommes
fixées. Surveillez-nous bien, la victoire nous appartient !
»