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Numéro 54 - 21 avril
2014
Pour trouver une voie vers l'avant
dans
l'industrie forestière en Colombie-Britannique
Des forums affirment la
nécessité d'investir le peuple du pouvoir de
défendre l'intérêt public
Prince George, 12 avril
2014
Pour
trouver
une voie vers l'avant dans l'industrie forestière en
Colombie-Britannique
• Des forums affirment la
nécessité d'investir le peuple du pouvoir de
défendre l'intérêt public
« Renouveler
nos forêts, les garder publiques et durables »
• Il nous faut un mouvement à
l'échelle de la province pour gouverner nos forêts et les
garder publiques et durables - Remarques d'ouverture de
Peter Ewart du
comité Stand Up for the North
• Forums très réussis à
Prince George, MacKenzie et Williams Lake - Charles Boylan
Pour trouver une voie vers l'avant
dans
l'industrie forestière en Colombie-Britannique
Des forums affirment la nécessité
d'investir le peuple du pouvoir de défendre
l'intérêt public
Des forums très réussis sur la forêt
se sont tenus à Prince-George (le 12 avril), à Mackenzie
(le 13 avril) et Williams Lake (le 14 avril). Le
Marxiste-léniniste félicite les
organisateurs et les participants d'avoir pris en main la
responsabilité sociale de trouver une nouvelle direction pour
l'industrie forestière dont
dépendent tant de gens et de communautés. Le comité
Debout
pour le Nord en particulier a travaillé sans
relâche pour que la lutte pour le nouveau et pour
investir le peuple du pouvoir soit un succès. Tout le monde sait
que ce n'est pas facile à réaliser dans
cette période de repli de la révolution.
L'ordre du jour et le contenu des discours et des
discussions en disent long sur le sérieux des forums et sur la
détermination à cerner ce qui ne va pas dans la direction
actuelle et ce qui est nécessaire pour travailler
à une nouvelle direction.
Peter Ewart a fait une présentation sur «
La foresterie et la nécessité d'investir du pouvoir le
peuple et les communautés »; Bobby Deepak, sur «
Certains concepts et la terminologie de base en foresterie »;
Anthony Britneff sur « Mode d'occupation, durabilité et
gouvernance: reconquérir le contrôle de vos forêts
»; Vicky Husband sur « Des
écosystèmes de forêts publiques et non des
concessions forestières privées ». Leonard Thomas
et Keith Atkinson ont parlé des « Perspectives des
Premières nations sur la tenure et la durabilité des
forêts et sur le Conseil forestier des Premières Nations
» et les militants syndicaux Arnold Bercov, Frank Everitt, Scott
Doherty et Megan Scott ont parlé
des « points de vue des travailleurs sur la tenure et la
durabilité des forêts ».

« Renouveler nos forêts, les
garder publiques et durables »
Il nous faut un mouvement à l'échelle
de la province pour gouverner nos forêts et
les garder publiques et durables
- Remarques d'ouverture de Peter Ewart du
comité Stand Up for the North -
Au nom du comité Stand Up for the North, je vous
souhaite la bienvenue à ce forum.
Amis, collègues, membres de la communauté,
nous sommes réunis ici parce que nous sommes
préoccupés. Nous sommes préoccupés par la
santé et la durabilité de nos forêts.
Préoccupés par les emplois et l'état de
l'industrie
forestière. Préoccupés par l'avenir des
communautés forestières, que ce soit dans le nord ou
ailleurs dans la
province.
La raison en est, comme vous le communiqueront les
orateurs pendant la journée, la multitude de problèmes
auxquels nos forêts et l'industrie forestière font face.
Des problèmes qui à notre avis ne sont pas pris en main
par les pouvoirs en place. Pourtant, il faut s'y attaquer.
On ne peut pas sous-estimer la gravité de ces
problèmes, qu'on parle de la diminution de l'allocation de coupe
annuelle, des fermetures d'usines, de l'infestation du dentroctone du
pin, des excès de coupe, des questions environnementales, du
manque
de reforestation et de sylviculture et plusieurs autres aspects. Nous
avons
besoin d'un examen sobre et
approfondi de ces problèmes et c'est ce que nous allons faire
aujourd'hui je pense.
Les communautés forestières viennent tout
juste de sortir d'une période très difficile qui a
commencé en 2007-2008 et il semble qu'on va vivre une
période encore plus pénible pour plusieurs
communautés qui vont vivre le plein effet de la chute de la
récolte.
Comment allons-nous passer à travers cette
période? Comment allons-nous nous assurer que les travailleurs
forestiers et leurs communautés et tous ceux qui se soucient de
la forêt ne seront pas laissés en marge? Comment nous
assurer que les forêts reviennent à la santé et
à la durabilité?
Avant de m'engager plus avant sur ces sujets, je veux
discuter de deux mots et de deux définitions. La premier mot est
la « force ». Selon le dictionnaire cela
réfère à la puissance qui se dégage de
quelque chose. Le deuxième mot est lié au premier. Il
s'agit du « potentiel ». Selon le dictionnaire, il s'agit
de ce qui a la capacité de se
produire.
Voyons comment ces deux mots s'appliquent à nos
forêts.
Comme nous le savons tous,
la Colombie-Britannique est très riche en forêts. En fait,
notre province possède une des concentrations les plus riches et
les plus diversifiées de forêts de la planète. On
entend
souvent parler de la diversité des produits qui sont
dérivés du pétrole et d'autres produits
pétrochimiques. En fait, le bois est une matìère
organique complexe qui est à la base de nombreux produits et
usages, les maisons et édifices, les produits
d'ingénierie, la bioénergie, les produits
pharmaceutiques, les tissus, les produits chimiques et beaucoup
d'autres produits.
Nos forèts ont aussi plusieurs autres usages et
fonctions, la récréation et le tourisme, la
spiritualité, et elles sont source de vie pour les plantes et
les animaux. En cette période de changement climatique, elles
jouent un rôle clé dans la captation et la
séquestration du carbone et elles sont le poumon de la
planète. Mais chose encore plus
importante, à la différence du pétrole et des
autres produits pétrochimiques, nos forêts constituent une
ressource renouvelable.
Il existe cependant un autre facteur en ce qui concerne
la force et le potentiel.
Il s'agit du facteur humain. La Colombie-Britannique
possède une grande ressource humaine sur tout son territoire,
les travailleurs de la forêt et les bûcherons, les
techniciens et les professionnels de la foresterie, les scientifiques,
les gens d'affaires, les environnementalistes et la liste ne
s'arrête pas là. Cette ressource humaine est autochtone et
non autochtone et elle est riche en qualifications, expertise et en
expérience, et, dans le cas des autochtones, on parle d'une
ressource humaine qui remonte à des milliers d'années.
On dit que la source de toute nouvelle valeur et
richesse est le travail appliqué à la nature. Compte tenu
d'une telle richesse forestière et de notre ressource humaine
talentueuse et dure à l'ouvrage, saurait-on douter qu'on est
capable de surmonter les problèmes, de ramener nos forêts
à la santé et de libérer une nouvelle valeur?
Peut-on douter qu'on ait ici-même en Colombie- Britannique et la
force et le potentiel? Peut-on douter qu'une fois cette période
très difficile derrière nous, nos forêts et notre
industrie forestière
connaîtront un grand avenir?
Ceci étant dit, si on veut faire jouer cette
force et ce potentiel, il nous faut nous attaquer aux problèmes
sérieux auxquels nous faisons face et qui nous bloquent la voie.
À notre avis, les pouvoirs en place, et cela
comprend l'actuel gouvernement provincial, ne s'attaquent pas à
ces problèmes. En fait, ce sont les politiques et le programme
de ces pouvoirs en place, en ce qui concerne la politique et la gestion
forestière, qui nous ont mis dans les sérieuses
difficultés dans lesquelles nous nous trouvons aujourd'hui.
Malheureusement, les politiques qu'ils proposent ne feront qu'aggraver
ces problèmes dans les années qui viennent.
Bien sûr, ils ont leurs solutions aux
problèmes:
- exporter plus de billots bruts; troquer le bois,
consolider les opérations et fermer les usines; couper la
ressource à l'excès; déplacer les installations
manufacturières aux États-Unis et en Chine; convertir les
permis de bois en vastes concessions de terres forestières
contrôlées par une poignée d'entreprises.
La liste continue.
Mais ce ne sont pas des solutions; elles font partie du
problème.
Quelles sont donc certaines
des solutions qui sont dans l'intérêt des
communautés et vont nous permettre de traverser la
période qui vient? L'une d'entre elles, à mon avis, c'est
ce que nous faisons ici aujourd'hui. Nous devons nous doter de pouvoir,
travailler ensemble dans nos communautés, générer
de la discussion et des actions, que nous
soyons travailleurs, techniciens ou professionnels forestiers,
Premières Nations, environnementalistes, gens d'affaires ou
activistes communautaires.
Nous devons approfondir nos liens avec d'autres
communautés.
Un sentiment qui grandit à l'échelle de la
province c'est que nous voulons plus de contrôle au niveau local
et communautaire sur ce qui advient de notre ressource
forestière. En fait, cette question est un train de devenir un
point focal de l'unité parmi les gens de tous milieux.
Nous ne voulons pas que les décisions importantes
qui concernent notre ressource forestière soient prises par des
financiers siégeant sur des conseils d'administration Dieu sait
où ou par des politiciens de quelque bureau gouvernemental loin
de nous. Nous ne voulons pas que nos forêts soient
tournées en jetons de casino qu'on échange et sur
lesquels on spécule sur les marchés internationaux.
Nous ne voulons pas que l'autorité publique et la
surveillance publique soient détruites comme c'est
déjà le cas depuis quelques années.
Les droits de quelques entreprises mondialisées
ne doivent pas supplanter les droits des Premières Nations et
des populations non autochtones, les droits des travailleurs, des
petits hommes d'affaires et contracteurs ou des techniciens,
professionnels et scientifiques de la forêt ou des gens des
communautés forestières.
Ce que nous voulons, c'est un nouvel équilibre
dans cette province qui favorise tous les secteurs de l'industrie
forestière et tous les habitants de la Colombie-Britannique et
qui donne plus de pouvoir au peuple au niveau local et communautaire.
L'élément clé de ce nouvel
équilibre c'est le travail pour investir le peuple du pouvoir,
pour créer de nouveaux mécanismes et de nouvelles
façons de faire qui permettent aux gens d'avoir leur mot
à dire et d'avoir le contrôle sur ce qui advient de notre
ressource forestière que ce soit en matière de tenure, de
durabilité ou d'autres questions.
C'est de cette manière que nous pouvons
contribuer à nos communautés et à notre province.
Ensemble, nous avons la force. Ensemble, nous avons le
potentiel. Ensemble, nous pouvons assumer la responsabilité et
renouveler nos forêts.
Notre comité est à discuter de la tenue
d'autres rencontres dans les prochains mois à Prince-George et
dans d'autres communautés à travers la province. Nous
demandons à tout le monde de se joindre à ce travail.
Nous allons travailler avec tous les autres groupes et
organisations ici-même et à l'échelle de la
province qui travaillent fort à garder nos forêts
publiques et durables,.
Un dernier mot. L'an dernier, le projet de loi 8 du
gouvernement provincial sur les concessions de terres
forestières est mort de sa belle mort et a été
retiré à cause de la vaste opposition populaire.
Quelle leçon en tirons-nous? Que le pouvoir du
peuple est réel.
Nous devons développer ce pouvoir et bâtir
un mouvement à l'échelle de la province qui va changer la
façon dont sont gouvernées les forêts et garantir
qu'elles resteront publiques et durables.
Merci beaucoup.

Forums très réussis à Prince
George,
MacKenzie et Williams Lake
- Charles Boylan -
Prince George
Le samedi 12 avril, deux cent personnes ont
participé au forum organisé par le comité Debout
pour le Nord au collège de New Caledonia, à
Prince-George, sous le thème : « Renouveler nos
forêts, les
garder publiques et durables ». Parmi les orateurs et les
participants on comptait des travailleurs de scieries et d'usines de
pâtes et papier, des
syndicalistes, des travailleurs en forêt, des éleveurs, un
trappeur, des environnementalistes, des éducateurs, des
forestiers et des membres des Premières Nations. Ils ont fait
des présentations, discuté des problèmes qui
affectent l'industrie forestière et fait valoir la
nécessité d'une nouvelle direction, laquelle demande
qu'on investisse le peuple du
pouvoir de décider.
La présidente de la conférence, la
professeure Dawn Hemingway de l'Université de Northern BC, a
ouvert le forum en reconnaissant le territoire de la nation des Lheidli
T'enneh. Elle a expliqué que l'objectif de la réunion
était de « réféchir collectivement »
afin de se préparer aux « temps difficiles » qui
sont devant nous, pour qu'on puisse «
répondre aux besoins des communautés sur la base de
solutions mises de l'avant par le peuple».
Dans son introduction, le porte-parole du comité
Debout pour le Nord, Peter Ewart, a souligné les mots «
possibilité» et « force » comme étant
les mots clé pour contrecarrer les politiques destructrices des
« gens au pouvoir». Le discours de Peter fut très
bien reçu. (Voir ci-haut)
Anthony Britneff, un forestier en chef à la
retraite avec 40 ans d'expérience au ministère des
Opérations en forêts, terres et ressources naturelles de
la Colombie-Britannique a présenté une analyse
détaillée de l'échec des politiques
gouvernementales dans une présentation intitulée: «
Tenure forestière, durabilité et gouvernance :
reconquérir le
contrôle de nos forêts». Selon Britneff, la Loi
sur les forêts et les terres adoptée en 2001 par le
gouvernement libéral a créé une «
tempête parfaite », la mauvaise gestion menant à une
stratégie de privatisation des forêts combinée
à l'arrivée de l'épidémie de dentroctone du
pin.
Britneff a dit que les syndicats, les conservationnistes
et les Premières Nations n'avaient pas été
consultés sur la direction de l'industrie. On a assisté
alors à la mise en place d'une nouvelle terminologie, la
supposée « fiabilité professionnelle», par
laquelle on essaie de cacher que les compagnies forestières
dorénavant ne rendent plus de comptes
à personne. Par conséquent, les excès de coupe de
West Fraser et de Canfor dans la région de l'approvisionnement
de bois Morice (TSA), située dans le plateau central
intérieur de la Colombie-Britannique, n'étaient «
pas
illégaux» puisque les faits et gestes de ces compagnies ne
sont contrôlés par aucune loi. Les excès de coupe
deviennent alors une
question de « fiabilité professionnelle», un mot
fourre-tout qui dissimule l'auto-régulation des monopoles et la
destruction de l'autorité publique. Britneff a dit que ces
compagnies sont toujours à l'oeuvre dans la région de
Morice et qu'elles ne rendent compte à personne de leurs
activités.
« En 2012, 185% d'une zone de la région
Morice a été récoltée — l'épinette,
le sapin baumier .. Votre approvisionnement en bois à moyen
terme. Comment les professionnels de la forêt peuvent-ils tenir
les compagnies responsables alors que ces coupes sont
légales?», a demandé Britneff. « Le mandat du
Bureau des pratiques forestières se
limite à contrôler la situation en vertu de la loi
provinciale. Je peux vous l'affirmer, ces forêts ne sont pas
gérées de façon viable, puisque la loi n'autorise
pas qu'une gestion viable soit faite. »
Britneff a aussi parlé des problèmes qu'on
voit au ministère sur les questions touchant l'industrie.
« En 2008, le forestier en chef a commandé un rapport sur
les changements climatiques, ce qui a été fait en mars
2009 », a-t-il dit. Nos hivers ne sont plus été
assez froids pour tuer le dendoctrone et empêcher qu'il ne se
répande dans l'intérieur
de la Colombie-Britannique.
Britneff a dit que le rapport avait conclu que
l'approvisionnement en bois serait affecté de façon
importante par des maladies affectant les arbres suite aux
épidémies, par la compétition due à
l'arrivée d'espèces étrangères et par des
facteurs climatiques. Ce rapport n'a à peu près pas
été diffusé et peu de mesures ont
été prises suite à sa parution,
a-t-il dit, ajoutant que « Pour le ministère des
Forêts, la nouvelle science à la mode maintenant est celle
du pratico-pratique.»
Il a expliqué comment le ministère
mène de soi-disant consultations, comme celle sur une
proposition d'augmenter la tenure basée sur les régions
et d'accroître la concession de terres forestières, une
consultation qui a commencé le 1 avril et qui doit prendre fin
le 30 mai. « Cette démarche n'a rien à voir avec
une consultation publique. Le
gouvernement essaie simplement d'avoir une réponse à ce
que lui-même a l'intention de faire », a-t-il dit.
Citant un article d'Arthur Williams dans le Prince
George Citizen, Britneff a dit : « Le but de passer à
un système basé sur les zones ou système de
concessions forestières est de faire en sorte que les compagnies
soient encore plus motivées à investir dans la
sylviculture et dans la gestion de zones pour lesquelles elles auront
des
droits de coupe exclusifs. En vertu du système actuel, la
majorité des ententes de propriété sont
basées sur le volume, ce qui veut dire que les compagnies ont le
droit de couper un certain montant d'arbres dans une zone
d'approvisionnement de bois désignée. »
Britneff a expliqué que les concessions
forestières ont le taux de gaspillage le plus
élevé , toutes catégories de gestion confondues.
« Les concessions de terres forestières sont loin
d'être un modèle. Le passage à ces concessions
n'est qu'une mesure pour privatiser les profits tout en socialisant les
coûts», a-t-il dit. Selon lui, la province assume
entre autres choses les coûts de la gestion des feux encourus par
les opérateurs de terres forestières — lorsqu'un feu se
déclare dans des forêts publiques adjacentes — de
même que le coût de la construction de chemins.
Britneff a aussi dit que plus de 1 000 emplois avaient
été éliminés au ministère, ce qui a
du même coup rendu impossible tout contrôle public. Ces
coupures et d'autres du genre ont contribué à l'anarchie
dans les forêts, permettant aux compagnies de faire des
excès de coupes et de ne pas assumer leurs obligations en termes
de replantation ni
leurs responsabilités envers les terres forestières sous
leur contrôle. « Où était-elle la
planification lorsque les usines de Houston et de Quesnel ont
fermé leurs portes? » a-t-il demandé. Selon
Britneff, il faut une forme de gouvernance entièrement nouvelle
qui permettra de revitaliser les forêts et d'assurer la
durabilité de l'industrie forestière, et il a
fait des suggestions quant à une direction de l'industrie qui
favoriserait le peuple.
Vicky Husband, une environnementaliste aguerrie
originaire de la Colombie-Britannique, a dit que les forêts de la
Colombie- Britannique devaient au départ être des
écosystèmes forestiers publics et non des concessions
forestières privées exploitées par des monopoles
privés. Faisant la comparaison entre le manque de contrôle
sur les forêts de la
province et la destruction de la pêche à la morue des
Grands Bancs, elle a expliqué qu'un nouveau modèle de
gouvernance pour les forêts de la Colombie-Britannique
était nécessaire, disant qu'il faut aller au-delà
de la simple valeur monétaire des arbres coupés et tenir
compte d'un ensemble de facteurs tels l'environnement, le maintien de
l'écosystème, l'eau, la faune et le tourisme. Tout comme
Ewart et Britneff, elle a souligné l'irrationalité qui
anime les excès de coupe dans l'approvisionnement à moyen
terme de matière ligneuse, expliquant qu'il s'agit d'arbres
« verts» immatures qui doivent soutenir l'industrie avant
que les arbres infestés par le dendoctrone du pin ne soient
récoltés dans un avenir rapproché. Tous les
orateurs ont sonné l'alarme à l'effet qu'une
sérieuse « pénurie » se pointait à
l'horizon, et qu'il fallait s'attendre à une réduction
abrupte de l'approvisionnement en matière ligneuse dans la
période qui vient due à la coupe excessive et à la
faible replantation.
« Nous n'avons vraiment pas bien
géré nos écosystèmes publics. J'ai
étudié jusqu'à un certain point la pêche
à la morue en Atlantique, qui était la pêche la
plus productive au monde, et nous l'avons tuée», a-t-elle
dit. « Ma crainte est que nous fassions exactement la même
chose à nos forêts.»
Bien que les concessions de terres forestières
soient sensées permettre l'accès aux activités de
loisir, il y a tout de même de nombreuses barrières et une
impossibilité d'accès là où ces concessions
sont accordées, a dit Husband. « Nous avons beaucoup
d'expérience en matière de terres forestières sur
la côte, et malheureusement elle est
négative», a-t-elle dit. « Le bois passe avant toute
autre considération.»
Husband a souligné qu'il fallait commencer par la
préservation du caractère public de nos forêts
publiques, pour ensuite améliorer et consolider les
règlements actuels jusqu'à ce que des règlements
plus rigoureux puissent être mis en place. « Notre Loi sur
les forêts n'a pas de dents...et aucune valeur écologique
n'est protégée», a-t-elle dit. «
Personne ne défend l'intérêt public.»
Husband a corroboré le point fait par Britneff au
sujet des mises à pied au ministère et comment elles ont
éliminé tout contrôle public. Elle a fait valoir
que le nombre d'inspections sur place menées par le personnel
forestier étaient de 25 000 en 2002 et de 8 000 en 2012. Un
rapport spécial du Bureau des pratiques forestières
l'année dernière
confirme que les inspections sur le terrain n'ont pas cessé de
diminuer depuis, a-t-elle ajouté.
Tous les orateurs ont accusé le gouvernement en
place de la Colombie-Britannique et son intention de transformer les
permis basés sur le volume en propriétés
privées. Pour remplacer cette proposition, qui mènera
inévitablement à la privatisation des forêts et une
plus grande concentration du pouvoir entre les mains des monopoles
forestiers, les
orateurs ont prôné de nouveaux arrangements de gouvernance
des forêts basés sur la dotation de pouvoir aux
travailleurs, aux communautés, aux Premières Nations aux
petites entreprises et à d'autres acteurs de la forêt.

À gauche: Leonard Thomas, officier de
développement économique des Nak'asdli de Fort St-James;
à droite:
Keith Akinson, premier dirigeant du conseil forestier des
Premières Nations.
Après le dîner, deux porte-parole
forestiers des Premières Nations ont pris la parole : Leonard
Thomas, officier de développement économique des
Nak'asdli de Fort St-James, une grande communauté du peuple
Carrier, et Keith Akinson, premier dirigeant du conseil forestier des
Premières Nations.
Akinson a décrit le gouffre qui sépare les
promesses gouvernementales proclamant une « nouvelle relation
» avec les Premières Nations et la réalité
d'aujourd'hui qui en est une de pauvreté perpétuelle des
communautés autochtones. Il a parlé du peu d'accès
des autochtones aux ressources naturelles sur leurs propres terres et
aux bénéfices qui
en découlent.
Quatre dirigeants syndicaux — Frank Everitt,
président de la section locale 1-424 du Syndicat des
Métallos, Arnord Bercov, président du Syndicat des
travailleurs canadiens des pâtes et papiers et du bois, Scott
Doherty, représentant d'Unifor et Megan Scott,
représentante du Syndicat des employés du secteur public
et des agences
gouvernementales de la Colombie-Britannique, ont lancé l'appel
à continuer à travailler ensemble et poursuivre la
discussion visant à investir le peuple du pouvoir pour qu'il
puisse assumer le contrôle des forêts de la
Colombie-Britannique et pour que ce soit le peuple et non les monopoles
qui décide comment elles doivent être utilisées de
façon
durable.

Participants au
forum et organisations qui l'ont endossé
Mackenzie
Le dimanche 13 avril le porte-parole du comité
Debout pour le Nord, Peter Ewart, ainsi que les orateurs invités
Anthony Britneff et Vicky Husband ont visité Mackenzie, une
municipalité forestière à 185 km.au nord-est de
Prince George, d'une population d'environ 3 000 habitants. Mackenzie a
vu le jour en 1966 sur
les rives du lac Williston.
Environ 40 personnes se sont déplacées
pour écouter et discuter, dont plusieurs travailleurs de l'usine
locale de pâtes et papier. Suite aux présentations, les
participants ont poursuivi la discussion avec les orateurs.
Williams Lake
Le forum de Williams Lake a eu lieu le lundi 14 avril
à la Société du Centre des arts Caribou avec la
participation de 75 résidents locaux.
Un compte-rendu du Williams Lake Tribune
souligne :
« Anthony Britneff a expliqué aux
participants qu'en Colombie- Britannique les forêts ont un
potentiel formidable. Le problème, c'est que nous n'en tenons
pas compte. Le gouvernement a créé une ‘tempête
parfaite', un mariage entre une mauvaise gestion des forêts
publics en 2001 et le début de l'épidémie de
dendoctrone du pin. Britneff a
laissé entendre que la Loi sur les pratiques en
forêts et en terres avait laissé le contrôle
des forêts au secteur privé et que les règlements
gérant ces pratiques avaient été remplacés
par un concept de fiabilité professionnelle. Par la suite, la
réduction des effectifs, les compressions budgétaires, la
réorganisation et la fermeture de bureaux et
de départements au ministère des Forêts ont
aggravé le problème.
« En 2002, alors qu'il était responsable du
programme provincial en sylviculture, Britneff a observé un
nombre ‘grandissant' de terres mal reboisées.
« Selon lui, le budget consacré à la
sylviculture a été coupé de 90%, passant de 100
millions $ à environ 8 millions $. Il est maintenant à 40
millions$.
« Entre 2001 et 2012, le budget provincial total a
augmenté de 56%, tandis que tous les budgets combinés
touchant aux ministères de ressources renouvelables comme les
parcs, l'environnement et la foresterie ont chuté de 52%, selon
Britneff.
« Vicky Husband a expliqué qu'un droit de
coupe à 25 cents le mètre cube est en train de ‘vendre
nos forêts à rabais ' et ne contribue que très peu
de revenu au service du peuple de la Colombie-Britannique.
« ‘Il y a très peu d'avantages
économiques mais le coût écologique est
énorme ', a-t-elle dit. »

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