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Numéro 51 - 14
avril
2014
La santé est un droit
Actions pancanadiennes à
la
défense
du système de santé public
Manifestation
lors de
l'Assemblée annuelle des libéraux
ontariens à
Toronto le 22 mars 2014.
La
santé est un droit
• Actions pancanadiennes
à la
défense du système de santé
public
Ontario
• Un nouveau coup
porté à la
version de l'austérité des
libéraux de l'Ontario
• Plus de 56 000
Ontariens votent pour
arrêter le démantèlement des
hôpitaux
communautaires
La santé est un droit
Actions pancanadiennes à la
défense
du système de santé public
Sur la colline
du
Parlement à Ottawa
Le 31 mars dernier, des gens de tous milieux
ont
pris part à une journée d'action
pancanadienne à
la défense du système public de
santé. La
journée était organisée par
la Coalition
canadienne de la santé pour marquer la fin
de l'Accord sur la
santé fédéral-provincial. Le
gouvernement Harper a annoncé en
décembre 2011 qu'il ne renouvellera
pas l'Accord.
La Coalition déclare entre autres choses
que la
fin de l'Accord va représenter des coupures
de
36 milliards $ sur 10 ans dans les
paiements de transfert et
que cela va s'ajouter à la coupure de
16,5 milliards $
dans les paiements de péréquation en
matière de
santé. L'Accord sur la santé, selon
la Coalition ,
établit
également des standards nationaux. En plus,
à partir de
2017, les paiements de transfert
fédéraux en
matière de santé vont
dépendre de la croissance
économique. « C'est donc dire,
écrit la
Coalition, qu'en temps de décroissance
économique, alors
que les besoins de la population en santé
s'accroissent, le
financement va être
réduit. » La
Coalition écrit également que
« en l'absence
de standards nationaux, les services de
santé vont être
fournis de façon inégale dans les
provinces et
territoires et le type de soins que vous allez
recevoir va
dépendre d'où vous demeurez et de
votre capacité
de payer ».
Une des bases du
fédéralisme canadien était le
principe de
l'universalité, selon lequel d'un
océan à l'autre
tous les Canadiens devaient jouir du même
niveau de vie et du
même accès aux programmes sociaux et
à la
qualité de vie sans égard aux moyens
financiers de la
province ou des individus. Le gouvernement Harper
utilise la fin de
l'Accord sur la santé pour aller plus avant
dans la destruction
nationale. Il n'y a pas un seul gouvernement au
service des riches qui
a quelque intention de reconnaître les
droits des gens en tant
qu'êtres humains bien que le droit à
la santé soit
précisément un droit dont tous les
êtres humains et
leurs sociétés ont besoin afin de
s'épanouir.
Les
coupures aux soins de
santé font partie du modus
operandi de la privatisation, où le
sous-financement sert
à créer une crise dans le
système et à
mousser la désinformation à l'effet
que le système
public de santé ne fonctionne pas, est trop
cher et que la seule
solution c'est encore plus de privatisation.
S'ensuivent une
privatisation toujours plus forte et un recours de
plus en plus grand
à la sous-traitance des services dans les
hôpitaux et
autres institutions de santé qui
endommagent le système
encore plus et sa capacité à veiller
sur le
bien-être du peuple.
Les actions du 31 mars se sont tenues d'un
bout
à l'autre du pays dans au moins
46 villes, de Saint-Jean
à Terre-Neuve à Campbell River/Comox
Valley dans l'ouest
de l'Île de Vancouver, à Yellowknife
dans les Territoires
du Nord-Ouest à Iqaluit au Nunavut. Tous
les orateurs y ont fait
valoir la nécessité d'un
système de santé
universel et à financement public.
À Ottawa, la Coalition canadienne de la
santé a tenu un simulacre de
funérailles de l'Accord sur
la santé sur la colline du Parlement. Les
participants y ont dit
que le système de santé est
déjà
sous-financé et que les hôpitaux
d'Ottawa souffrent
déjà de fermetures de lits, de
coupures de postes
d'infirmières et de services et de
sous-traitance.
Alors que le simulacre de funérailles se
dirigeait vers
l'édifice du Parlement, il a
été stoppé par
la police qui a dit que les protestataires
n'avaient pas le droit de
gravir les marches du Parlement ni de s'approcher
plus près du
Parlement avec leur faux cercueil marquant la mort
de l'Accord sur la
santé.
Lors de l'action à Campbell, une
représentante du Syndicat des
employés d'hôpitaux a
dit que depuis les années 1980 les
gouvernements
fédéraux successifs ont
adopté l'ordre du jour
néolibéral de coupures des services
sociaux dont la
santé. Elle a dit que le refus du
gouvernement
fédéral de négocier un nouvel
Accord sur la
santé avec les
provinces et son imposition d'un programme
« à
prendre ou à laisser » de vastes
coupures de
financement représente une abdication de
ses
responsabilités envers les Canadiens. Pour
les Canadiens,
a-t-elle ajouté, la santé est un
droit et non un
privilège accordé uniquement
à ceux qui en ont les
moyens et les gouvernements fédéraux
et
provinciaux ont trahi leur responsabilité
de garantir ce droit.
Des travailleurs actifs et à la retraite
de la
section locale 1005 du Syndicat des
Métallos ont
participé à l'action de Hamilton
portant une grande
bannière disant que « La
santé est un
droit ! ». On pouvait lire dans
leur bulletin
hebdomadaire Information Update :
« On entend dire que si le financement
est
rétabli alors il n'y aura pas de
problème. C'est certain
que le système de santé est
sérieusement
sous-financé, mais le rétablissement
du financement ne va
pas de lui-même résoudre le
problème du refus des
gouvernements fédéral et provinciaux
de reconnaître
le droit du peuple à des soins de
santé
au niveau que la société est capable
de fournir. S'il est
vrai que les coupures constituent un
problème sérieux, en
fait, c'est la privatisation qui est la question
et le fait que les
fonds publics sont utilisés pour payer les
riches.
« Utiliser les fonds publics pour
financer la
dispensation privée des services de
santé c'est infliger
un rude recul à la société.
Non seulement est-ce
plus dispendieux parce que les monopoles
impliqués demandent
leur part, mais cela mène à la
détérioration
des services et non à leur
amélioration.
« On nous dit aussi que la
privatisation ne
peut pas être renversée, que les
ententes (secrètes pour la plupart) sont
coulées dans le ciment
quand il s'agit de payer les riches. Pourtant, les
monopoles, eux, ne
cessent de changer les choses quand ils disent que
le climat d'affaires
ne leur permet plus de poursuivre leur production
au Canada
ou de payer les salaires, les pensions et les
avantages sociaux qui
correspondent au travail que les gens font. Dans
le système de
santé, la privatisation des services sert
à abaisser les
salaires, à dévaluer les
qualifications par la
sous-traitance, etc.
« On dit aussi que la santé
n'est pas
un droit mais un privilège dont nous
devrions être
reconnaissants. Quand nous distribuions nos
pamphlets à la
manifestation pour la santé, quelqu'un
s'est arrêté
devant notre bannière, a dit que la
santé n'est pas un
droit mais un privilège et a poursuivi son
chemin. C'est sur la
base de cette conception
erronée que la table est mise
idéologiquement pour des
attaques à la santé. Cela va de pair
avec l'idée
que le droit à la santé ne doit pas
être garanti,
mais remplacé par des énoncés
de principe, quelque
chose qui serait souhaitable mais n'est pas
réalisable. On nous
dit qu'on ne peut avoir que les soins de
santé qu'on a les
moyens de se payer. Dès le
départ, on présente que quelqu'un
au-dessus de nous va
décider où on va mettre l'argent, ce
que nous sommes
soi-disant capables de nous payer et qui va jouir
du
« privilège » des
soins de santé.
« En fait, la santé est un
droit parce
que les êtres humains qui s'impliquent dans
la production et la
reproduction de la vie ne subviennent pas à
leurs propres
besoins. Ils appartiennent à une
société
organisée qui se doit de leur fournir tout
ce dont ils ont
besoin pour s'épanouir et pour que la
société
elle-même s'épanouisse. Retourner au
temps des épidémies et du manque
d'hygiène
publique ou refuser d'utiliser les
découvertes et les
innovations provenant des progrès
techniques et scientifiques
pour hausser le niveau de vie de tous c'est
revenir au moyen-âge.
La notion elle-même de privilèges au
lieu de droits est
médiévale. »
Plusieurs des actions du 31 mars ont
été tenues devant les bureaux de
circonscription des
députés conservateurs en signe de
message que le
gouvernement fédéral doit financer
la santé
adéquatement, retourner à la table
et négocier un
nouvel Accord sur la santé. Les
participants ont aussi dit que
le gouvernement Harper n'est pas apte à
gouverner et doit être défait
à la prochaine
élection.
Saint-Jean, Terre-Neuve; Fredericton,
Nouveau-Brunswick  
Halifax, Bridgewater, Nouvelle-Écosse
 
Ottawa, Ontario
   
Cornwall,
Toronto,
Ontario
 
Scarborough, Brampton,
Ontario
 
Hamilton, Ontario
Thunder Bay, Sault Ste-Marie, Ontario
 
Prince Albert, Saskatoon, Saskatchewan  
Edmonton, Alberta; Nelson, Colombie-Britannique 
Thompson-Nicola, Richmond, Colombie-Britannique
 
Vancouver, Cowichan Valley, Colombie-Britannique
 
(Photos: LML,
OHC,
CHC, OPSEU, Debbie Forward, T. Tracy, Big JMcC,
M. Quinn, M. Lewis, E.
Fleming, N. Monckton, P.Faoro, Pat Mcg, K. Kwok,
A. Degraaf)
Ontario
Un nouveau coup porté à la version
de l'austérité des libéraux
de l'Ontario
La Coalition ontarienne de la santé
mérite d'être
félicitée pour le travail
sérieux qu' elle a fait
en organisant un référendum
où les Ontariens ont
voté contre les coupures dans les
hôpitaux locaux et les
manoeuvres du gouvernement pour privatiser la
santé en donnant
les services de santé en sous-traitance.
Les gens ont
voté dans des
centres d'achats, dans des marchés
agricoles et d'autres places
publiques dans les communautés à
travers la province.
Cinquante-six mille Ontariens se sont
prononcés par
référendum et la vaste
majorité d'entre eux ont
voté contre la privatisation du
système de santé
et les coupures de services.
En deux semaines, des centaines de volontaires se
sont
assurés de donner aux Ontariens l'occasion
d'exprimer leur
opposition aux coupures dans les hôpitaux
locaux et à la
privatisation de la livraison des services de
santé qui sont
faites par le gouvernement Wynne.
Ils ont ainsi mis à nu un autre aspect du
programme d'austérité des
libéraux soit
l'utilisation des fonds publics pour permettre la
dispensation des
services publics par des intérêts
privés par le
biais de la sous-traitance, qu'on parle de
santé,
d'éducation ou de services fournis
directement par les
gouvernements.
Ce référendum a fait suite à
des
initiatives semblables à Niagara et
à Kingston où
des activistes locaux ont aussi donné la
chance aux
résidents de s'exprimer par voie de
référendum et
de laisser savoir clairement aux gouvernements et
aux partis qu'ils
rejettent la privatisation du système de
santé et les
coupures dans les hôpitaux qui sont faites
au nom d'une « meilleure
gestion ».
Le référendum
est un autre coup
cinglant qui est porté à l'ordre du
jour
illégitime d'austérité suivi
par les
libéraux et les conservateurs provinciaux.
Il montre que les
travailleurs ont des demandes et un ordre du jour
qui leur sont
propres, dans ce cas-ci dans le domaine de la
santé, et qu'ils
n'acceptent pas de se faire dire par les
libéraux
d'abandonner leur lutte pour leurs droits par
crainte de faire
élire les conservateurs. C'est important
parce que tant les
libéraux que les conservateurs
espèrent placer le peuple
dans une position de passivité pour pouvoir
faire un coup
électoral à la prochaine
élection
générale.
L'opposition à l'austérité
grandit
parce que le programme des libéraux de
remettre les services
publics dans les mains des intérêts
privés est
frauduleux en ce qu'il transfère
d'énormes
quantités de fonds publics dans les coffres
des riches. Les
libéraux disent que c'est juste un essai
qu'ils vont tenter dans
certains endroits et pour certaines
procédures seulement et ce qu'ils cherchent
à faire avec
cela c'est d'émousser l'opposition à
la privatisation du
système de santé.
Alors que le gouvernement Harper a tout
simplement
détruit l'Accord sur la santé pour
se donner encore plus
de pouvoirs arbitraires sur la livraison et le
financement des services
de santé dans le but probable de les
privatiser à
l'échelle nationale, les gouvernements
provinciaux tels le
gouvernement libéral de l'Ontario refusent
de déclarer
que
la santé est un droit que la
société doit
garantir. Ils utilisent plutôt la crise qui
a été
créée par les coupures à la
santé pour
payer les riches pour donner les services en
sous-traitance et ainsi
payer les riches d'autres façons.
La dispensation privée des services
publics de
santé retire d'énormes
quantité de valeur
ajoutée de l'économie sous forme de
profit et de pertes
de salaires et de conditions de travail des
travailleurs de la
santé. La prétention à
l'effet que la
privatisation « réduit les
coûts »
est frauduleuse parce que tout ce qu'elle fait
c'est de
transférer les coûts au peuple par le
biais des cliniques
publiques qui font payer toutes sortes de frais
aux patients et
abaissent les standards autant qu'ils le peuvent
afin de maximiser les
rendements sur leurs investissements.
Le discours de la première ministre
Kathleen
Wynne au sujet de la responsabilité et de
la transparence est un
leurre pour masquer que ce gouvernement est en
train de se donner
toujours plus de pouvoirs arbitraires pour
attaquer les services
publics et ceux qui les fournissent et aller
à fond de train
dans son programme illégitime
d'austérité que
le peuple rejette. Le référendum a
porté un
nouveau coup aux efforts des libéraux de
présenter leur
version de l'austérité comme quelque
chose
« d'équitable » et de
« progressiste ».

Plus de 56 000 Ontariens votent pour
arrêter
le démantèlement des hôpitaux
communautaires
Les
Ontariens
votent avec passion pour mettre fin à la
sous-traitance de leurs
services hospitaliers publics locaux en faveur
des cliniques
privées
Au
cours des
dernières deux semaines et demie, des
centaines de
bénévoles de la Coalition ontarienne
de la santé
ont installé des bureaux de vote ouverts au
public pour
recueillir son avis sur le plan du gouvernement de
couper dans les
services des hôpitaux communautaires locaux
et transférer
ces services à des super-cliniques
privées. Les
résidents de l'Ontario ont
été invités
à voter en faveur de l'une des deux
déclarations
suivantes :
- J'appuie nos hôpitaux publics locaux. Je
ne veux
pas que le gouvernement réduise nos
services ou les donne en
sous-traitance à des cliniques
privées.
- J'appuie les compressions aux services offerts
par nos
hôpitaux publics locaux et leur transfert en
sous-traitance
à des cliniques privées.
Le samedi 5 avril, des
bénévoles ont
travaillé à plus de 100 bureaux de
vote répartis
dans des magasins et entreprises locales dans
plusieurs villes de
l'Ontario. Des urnes ont été
installées dans des
églises et institutions religieuses, des
édifices
d'anciens combattants et d'organisations
communautaires. Dans les deux
semaines qui ont
précédé le scrutin du
5 avril, plus de 200
bureaux de scrutin ont été
installés dans des
milieux de travail, usines d'automobiles,
entreprises du secteur
manufacturier, hôpitaux, pharmacies,
écoles et plus
encore. Au cours du dernier mois, des milliers de
bénévoles ont distribué des
dépliants de
porte en porte dans les villes de toutes les
régions
de l'Ontario.
Les résultats du référendum
organisé par des bénévoles
- Un total de 56 005 bulletins de votes
ont
été déposés.
- 55 767 personnes ont voté en
appui aux
hôpitaux publics locaux et contre les
cliniques privées.
- 107 personnes ont voté en faveur de
cliniques
privées.
- 131 bulletins de vote ont été
annulés.
- Au cours des quatre dernières semaines,
plus de 400 000
dépliants ont été
distribués dans le
porte-à-porte et à des tables
d'information tenues dans
des centres commerciaux, dans des marchés
publics et des
endroits de travail partout en Ontario.
- Plus de 200 bureaux de scrutin ont
été installés
en milieux de travail.
- Plus de 100 bureaux de scrutin ont
été ouverts, de
Thunder Bay à Windsor à Peterborough
et à bien
d'autres endroits pour permettre aux gens de voter
sur la rue le samedi.
« Je ne vois pas comment le
gouvernement peut
ignorer plus de 56 000 Ontariens qui, en
à peine deux
semaines, ont voté pour mettre fin aux
cliniques
privées », a
déclaré Natalie Mehra,
directrice de la Coalition ontarienne de la
santé.
« Nous avons essayé de
créer un forum
démocratique pour que les gens puissent
choisir si oui ou non ils veulent des cliniques
privées et
puissent s'exprimer. Nous avons été
étonnés
de la réponse. Les gens ont envoyé
des courriels et nous
ont appelés toute la fin de semaine
exigeant d'avoir une chance
de voter pour protéger leurs hôpitaux
locaux. Presque
personne n'est en faveur des cliniques
privées. »
« Nous sommes allés dans les
centres
commerciaux et tous les jours nous avons
reçu des centaines de
votes », a déclaré
Felicia Fahey,
co-présidente de la Coalition de la
santé de Sudbury.
« Des 800 votes obtenus à un
bureau de scrutin,
seulement deux ont voté en faveur des
cliniques privées.
Il y avait une queue
interminable de gens qui voulaient voter pour
sauver nos hôpitaux
publics locaux. C'est une question que tout le
monde prend en
main. »
« Je suis allée à une
clinique
privée et ils ont essayé de me faire
payer pour les
services », a déclaré
Trish McAuliffe,
co-présidente de la Coalition de la
santé de Durham.
« Le plan du gouvernement pour
réduire nos services
hospitaliers publics locaux et les donner en
sous-traitance à
des cliniques privées est une menace au
système de soins de santé public
à un seul palier.
Les gens sont profondément opposés
aux plans du
gouvernement. »

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