Le
                              Marxiste-Léniniste

Numéro 35 - 7 mars 2014

La résistance aux attaques du gouvernement albertain
contre les régimes de retraite s'intensifie

Défendons les régimes de retraite que nous avons! Des régimes de retraite pour tous!


Manifestation pour défendre les pensions au Sir Winston Churchill Square à Edmonton le 2 mars 2014.

La résistance aux attaques du gouvernement albertain
contre les régimes de retraite s'intensifie

Défendons les régimes de retraite que nous avons! Des régimes de retraite pour tous!
Les soi-disant améliorations aux changements sur les pensions sont eux aussi rejetés - Peggy Askin
Déclaration sur les changements apportés aux pensions du secteur public - Marle Roberts, président du Syndicat canadien de la Fonction publique de l'Alberta

La lutte des travailleurs de l'acier pour leurs droits
US Steel met à pied des employés salariés - Section locale 1005 du Syndicat des Métallos
La Cour suprême américaine attaque les droits des travailleurs


La résistance aux attaques du gouvernement albertain contre les régimes de retraite s'intensifie

Défendons les régimes de retraite que nous avons! Des régimes de retraite pour tous!

Les travailleurs du secteur public de l'Alberta et leurs syndicats rejettent fermement les efforts maladroits du gouvernement de Redford pour dérailler l'opposition qui grandit face à ses attaques contre les régimes de retraite du secteur public. Les travailleurs et leurs collectifs n'acceptent pas l'utilisation de la force, du diktat et de la violence par ce gouvernement. Ils réclament des négociations menées de bonne foi et exigent d'avoir une voix dans la détermination de leurs salaires, conditions de travail et régimes de retraite.

Le rassemblement du 2 mars au centre-ville d'Edmonton a exprimé l'opposition militante des travailleurs au diktat unilatéral du gouvernement Redford. Environ 2 000 personnes ont participé à la manifestation, des centaines d'entre elles venues par autobus organisés par les syndicats de Calgary, de Red Deer et de Ft. McMurray, et de nombreuses autres par automobile en provenance d'autres villes et villages de l'Alberta.

La température, un froid glacial aggravé par les vents, n'aurait pu être plus mauvaise. Les organisateurs avaient bien fait les choses, avec abris pour se réchauffer, chocolat chaud, chaufferettes, tout le nécessaire pour combattre le froid. Le succès de la manifestation par un si grand froid démontre la détermination des travailleurs du secteur public à ne pas se soumettre au diktat et à l'intimidation.

Les représentants de plusieurs syndicats du secteur public étaient présents et ont pris la parole. Parmi eux, il y avait Gil McGowan, président de la Fédération des travailleurs de l'Alberta, Paul Moist, président national du Syndicat canadien de la fonction publique, Heather Smith, présidente des Infirmières unies de l'Alberta, Marle Roberts, présidente du SCFP pour l'Alberta, Elisabeth Ballermann, présidente de l'Association des sciences de la santé de l'Alberta, Guy Smith, président du Syndicat des employées et employés provinciaux de l'Alberta, et Brian Mason, chef du NPD en Alberta.

D'autres syndicats étaient présents tels le Syndicat des transports publics, l'Association du personnel non enseignant de l'Université de l'Alberta et le Syndicat du service civique no. 52. Des travailleurs d'autres secteurs étaient aussi présents, des travailleurs d'UNIFOR, de la Fraternité internationale des ouvriers de l'électricité, le Syndicat canadien des travailleuses et travailleurs des postes, et les Travailleurs et travailleuses unies de l'alimentation et du commerce.

Les travailleurs se sont à nouveau rassemblés le 3 mars à 16 h 30 à l'occasion de la session du printemps de l'Assemblée législative. Le gouvernement Redford a affirmé qu'il ferait adopter les changements rétrogrades aux régimes de retraite du secteur public au cours de la session du printemps. Malgré le froid persistant, les travailleurs ont manifesté une fois de plus pour se faire entendre et exiger que le gouvernement renonce à cette attaque contre le droit à la sécurité à la retraite.

Le droit à une sécurité à la retraite appartient à tous et à toutes. Les manifestations ont exprimé la détermination de la classe ouvrière à défendre ses régimes de retraite et à lutter pour des régimes de retraite pour tous, notamment par une bonification du Régime de pensions du Canada pour qu'il soit un véritable régime de retraite à prestations déterminées pour tous à un standard canadien.

La résistance organisée à la destruction des régimes de retraite dans le secteur public se poursuit. Des actions sont prévues dans les endroits de travail le 20 mars et les appels téléphoniques et les lettres aux députés vont se poursuivre. Si le gouvernement adopte son projet de loi contre les régimes de retraite au cours de la session du printemps, qui se tient du 3 mars au 5 juin, d'autres actions de masse sont à prévoir devant l'Assemblée législative.





Haut de page


Les soi-disant améliorations aux changements sur les pensions sont eux aussi rejetés

Le 24 février, par un barrage médiatique, le ministre des Finances de l'Alberta, Doug Horner, a annoncé certains changements aux attaques du gouvernement contre les régimes de retraite du secteur public. Horner et les médias ont faussement présenté la nouvelle version de ces attaques comme un revirement complet des changements antérieurs présentés par le gouvernement au régime de retraite des autorités locales et à celui de la fonction publique. La Coalition du travail sur les régimes de retraite et les syndicats représentant les travailleurs du secteur public albertain n'ont pas mis de temps à exposer les prétentions de Horner et en ont fait une analyse détaillée, démontrant de façon irréfutable qu'en réalité très peu était changé et que le gouvernement refusait toujours de s'engager dans des négociations de bonne foi basées sur des faits et non sur une hystérie sur la non viabilité des régimes de retraite et l'austérité.


Edmonton, le 24 février 2014. (AFL)

Clairement, le gouvernement ressent la pression venant de l'opposition ouvrière mais continue de déclarer avec arrogance qu'il va continuer de dicter tous les changements rétrogrades qu'il va décider pour les régimes de retraite du secteur public. Les dirigeants des syndicats du secteur public ont manifesté leur opposition en tenant un simulacre de négociation devant le Parlement le 24 février. Pendant ce temps, à l'intérieur, le ministre provincial des Finances était en réunion à huis-clos avec les mandataires de la régie des régimes de retraite nommés par le gouvernement pour les informer des plus récents changements que le gouvernement entend dicter aux travailleurs et à la régie.

« Ils maintiennent la voie du tout ou rien qu'ils avaient adoptée avec le projet de loi 46 et l'imposition des salaires aux travailleurs du secteur public », a dit le président de la Fédération du travail de l'Alberta, Gil McGowan. « C'est une approche qui envenime les relations de travail et n'annonce rien de bon. C'est aussi une approche qui contrevient à la loi. En définitive, ils n'ont rien appris de l'injonction de la cour contre le projet de loi 46. »

Selon la Coalition du travail sur les régimes de retraite, une coalition de syndicats comprenant plus de 150 000 travailleurs participant au régime de retraite des autorités locales, le gouvernement n'a même pas daigné répondre à une lettre que la coalition leur avait fait parvenir pour demander des négociations officielles. Au lieu de négocier, Horner répond par la bouche des médias de masse et de la désinformation pour créer un climat de crise au sujet des régimes de retraite et suggérer que le gouvernement n'a pas d'autre but que de résoudre une crise de déficit des régimes. Tout cela pour camoufler que cette nouvelle attaque contre les régimes de retraite du secteur public et contre le droit d'une retraite dans la sécurité fait partie de l'assaut néolibéral visant à baisser le niveau de vie de tous les Canadiens, plutôt que de l'élever en fournissant à tous un régime de retraite à prestations déterminées et une sécurité garantie à la retraite à un standard canadien moderne.

Dans cette attaque contre les régimes de retraite actuels et contre le mouvement grandissant qui lutte pour des régimes de retraite pour tous, le gouvernement Redford s'est allié aux harpériens afin de bloquer tout changement prosocial. Les néolibéraux, dans leur empressement à servir les riches et leurs monopoles mondiaux en opposition aux travailleurs et à l'intérêt public, refusent toute discussion sur l'établissement de régimes de retraite à prestations déterminées pour tous par la modernisation et la bonification du Régime de pensions du Canada. Ils font plutôt des vagues successives d'attaques par tout le pays contre les régimes de retraite à prestations déterminées qui existent maintenant.

L’opposition ouvrière soutient que l'objectif d'une économie moderne est de veiller à ce que les producteurs de la richesse puissent participer pleinement à tous les aspects de la vie économique et politique selon la capacité de chacun, et jouissent d'un niveau de vie canadien garanti pendant toute leur vie en échange de leur travail et de leur participation consciente aux affaires économiques et politiques.

Défendons les régimes de retraite que nous avons!
Luttons pour des régimes de retraite pour tous!

Haut de page


Déclaration sur les changements apportés aux pensions du secteur public

Le gouvernement Redford sape toujours notre régime de retraite, et nous devons continuer à nous opposer à ses actions.

Voici un résumé des changements qui sont proposés à l'heure actuelle :

1. Retraite anticipée : Le gouvernement Redford propose maintenant de modifier les prestations de pension de façon à ce que la retraite anticipée soit disponible aux seuls travailleurs qui ont au moins 60 ans et dont l'âge combiné aux années de service atteint 90 ans. C'est un peu mieux que la dernière proposition, puisque quelques personnes pourront prendre une retraite anticipée. Mas les travailleurs devront toujours travailler plus longtemps et risquer de recevoir une pension réduite.

Le gouvernement rend également plus difficile de prendre une retraite anticipée avec une pénalité. Actuellement, si vous preniez votre retraite avant d'atteindre un facteur 85 (l'âge plus les années de service égalant 85), il y a une pénalité de 3 % pour chaque année de retraite anticipée. En d'autres termes, si vous preniez votre retraite deux ans avant d'atteindre le facteur 85, la pension est réduite de 6 %. En vertu des réformes de Redford, la pénalité est portée à 5 % pour chaque année de retraite anticipée.

2. Indexation : En vertu des règles actuelles, les retraités sont assurés d'avoir leurs pensions indexées à 60 % de l'inflation. Le gouvernement refuse de maintenir cette garantie et considère désormais l'ajustement au coût de la vie comme une « cible » qui ne sera pas toujours atteinte. Cela signifie que les retraités verront la valeur de leur pension diminuer rapidement à mesure qu'ils vieillissent.

3. Plafonnement des cotisations : Le gouvernement Redford fait encore pression pour plafonner les cotisations aux régimes de retraite. Cela pourrait être très dangereux pour l'état de notre régime de retraite, en particulier s'il y a un autre krach boursier. Tant que cela fait partie de ses demandes de négociation, personne n'est à l'abri de futures compressions à sa pension.

4. Trois niveaux différents de régimes de retraite : Le gouvernement propose trois niveaux différents de régimes de retraite. Un pour les prestataires avant 2016, un autre pour les prestataires après 2016 et un autre pour les pompiers, les ambulanciers et les agents des services correctionnels. Ce n'est pas juste qu'un groupe de travailleurs obtienne un meilleur régime de retraite qu'un autre. Nous servons tous nos collectivités, nous avons tous contribué à nos pensions et nous devrions tous avoir des pensions qui fonctionnent selon les mêmes règles. Le gouvernement Redford essaie de pratiquer la politique du « diviser pour régner » parmi les travailleurs du secteur public.

5. Gestion conjointe : Le SCFP appuie depuis longtemps un régime de retraite où les travailleurs ont leur mot à dire avec les employeurs sur la gestion du fonds. Alberta est loin derrière les autres provinces en ne fournissant pas cette méthode de gestion des pensions du secteur public.

Le gouvernement Redford offre maintenant la gestion conjointe - c'est une bonne chose. Mais il insiste pour que les réformes mentionnées ci-dessus soient d'abord mises en oeuvre et que les fiduciaires ne puissent pas y apporter de changements. Les employés auront leur mot à dire sur la gestion de leurs pensions une fois qu'Alison Redford aura pris des mesures pour sous-financer le régime de retraite et pousser les retraités dans la pauvreté.

Si Alison Redford est sérieuse au sujet d'une gestion conjointe, elle doit la mettre en oeuvre maintenant et les employés et les employeurs pourront négocier des modifications au plan en tant que partenaires égaux.

Les modifications annoncées cette semaine ne sont pas de vrais changements et ne sont pas le résultat de discussions entre les employés et leurs représentants.

Ces modifications signifient néanmoins que nous sommes en train de rendre le gouvernement Redford nerveux. Les députés conservateurs n'aiment pas recevoir des appels et des courriels de travailleurs du secteur public en colère, et ils essaient de nous apaiser pour que nous demeurions silencieux. Nous devons maintenir la pression.

Nous avons besoin de vous voir lors du rassemblement à Churchill Square [tenu le 2 mars], et nous avons besoin de maintenir la pression sur les députés conservateurs afin d'assurer que nous allons obtenir une retraite dans la dignité pour vous et vos collègues de travail.

Haut de page


La lutte des travailleurs de l'acier pour leurs droits

US Steel met à pied des employés salariés

Le 3 février, US Steel a fait parvenir une lettre à ses employés (voir texte ci-dessous) annonçant qu'il doit faire des mises à pied pour des questions de rentabilité. Les emplois éliminés sont des postes d'employés salariés à tous les niveaux, y compris des postes de contremaîtres, de superviseurs, de secrétaires ainsi que certains postes de haute direction à Hamilton Works et à Lake Erie Works.

Le salaire des employés salariés est deux fois plus élevé que celui des travailleurs de production. La section locale 1005 est déjà intervenue à ce sujet, faisant valoir qu'un tel écart serait difficile à maintenir puisque qu'il fallait deux travailleurs de production pour soutenir un employé salarié. Nous avons posé la question : qu'est-ce que ces employés salariés font exactement ? Nous attendons toujours une réponse. Une chose est claire, par contre, il y a définitivement un lien entre cette annonce et la fin de la production d'acier à Hamilton. Si cette production devait reprendre, la compagnie devrait du jour au lendemain engager de 400 à 500 travailleurs et elle aurait sans doute recours aux employés salariés pour combler des postes. Environ 50 employés salariés ont été mis à pied suite à l'annonce en octobre 2013 de cesser la production sidérurgique, et c'est ainsi que US Steel compte s'y prendre pour la prochaine ronde.

Avant l'annonce, il y avait environ 800 employés salariés aux usines de Hamilton et de Lake Erie. Il y avait 600 travailleurs, membres de la section locale 1005, et environ 900 travailleurs appartenant à la section locale 8782. Lorsque le lockout a pris fin à Lake Erie, US Steel a perdu environ 250 travailleurs qui sont partis à la retraite ou qui ont démissionné. Les fours à coke n'ont toujours pas été mis en marche à Lake Erie et il faudra 100 nouveaux travailleurs pour les remettre en marche.

La lettre de US Steel

Chers employés,

Comme vous le savez, notre compagnie participe au Projet Carnegie, un programme mondial visant à perfectionner notre gestion d'entreprise afin de constamment veiller à sa viabilité financière.

Suite à une évaluation méticuleuse de nos opérations pour les rendre toujours plus rentables et pour améliorer les structures de coûts, nous avons pris la décision difficile de réduire le nombre d'employés non syndiqués à US Steel Canada en nous départissant de 175 employés salariés. Nous nous engageons à en informer tous les employés touchés avant la fin de la journée du mercredi 12 février 2014.

Cette réduction est partie intégrante d'un programme de réduction généralisée qui touche l'ensemble de la compagnie et vise à réduire les coûts administratifs élevés. Cette décision n'a pas été facile à prendre mais elle est nécessaire si nous voulons contrôler nos coûts et assurer une profitabilité soutenue à notre compagnie.

Des services de reclassement du gouvernement fédéral, du gouvernement provincial et de la compagnie seront disponibles pour les employés affectés.

Je profite de cette occasion pour remercier tous nos employés pour leur dévouement et leur engagement envers la compagnie ainsi que pour votre dévouement à réaliser des produits sidérurgiques à forte valeur ajoutée de la plus haute qualité pour nos clients.

Dans cette période de transition, je vous invite à ne pas perdre de vue nos valeurs essentielles, en particulier la sécurité au travail.

Mike McQuade, président et directeur général de US Steel Canada

(Information Update #4, le 6 février 2014 - Traduction: LML)

Haut de page


La Cour suprême américaine attaque
les droits des travailleurs

Le 27 janvier, la Cour suprême des États-Unis a rendu une décision outrageante selon laquelle les travailleurs ne seront pas payés pour le temps qu'il leur faut pour mettre leurs vêtements de travail et leurs équipements de sécurité. Cette décision va non seulement priver les métallos de leurs droits mais elle nie l'existence d'une loi économique fondamentale. Les neuf juges ont statué que le temps de travail que les métallos passent à mettre et enlever l'équipement de protection nécessaire dans une aciérie appartenant à la US Steel à Gary, Indiana, ne fait pas partie de la journée de travail et ne produit donc pas de valeur.

L'équipement de protection individuelle (EPI) que les métallos doivent enfiler et ôter comprend, conformément à la décision, « une veste ignifuge ; un pantalon et une cagoule, un casque de sécurité, un filet à cheveux ; des attache-poignets, des gants de travail ; des collants sans pieds ; des bottes et protecteurs métatarsiens, des lunettes de sécurité, des bouche-oreilles et un masque de protection ».

Sans enfiler l'EPI, les métallos ne peuvent pas s'acquitter de leurs tâches. Cela signifie que l'équipement lui-même fait partie de la valeur du travail qu'ils font d'une manière similaire à des outils et de la machinerie. La valeur de l'EPI et le temps de travail dépensé à le mettre et l'enlever sont transférés dans l'acier que les travailleurs produisent. Sans l'EPI et le temps de travail impliqué à l'enfiler et l'enlever, les métallos ne produiraient aucun acier et sa valeur correspondante.

US Steel s'empare de l'acier et de la valeur que produisent les métallos comme propriété privée des propriétaires de la compagnie. Cela comprend la valeur de l'EPI transmise à l'acier au cours du processus de production, qui est la dépréciation de l'EPI par l'usure et le temps de travail requis à l'enfiler et l'enlever.

La décision de la Cour suprême prive les métallos de leur réclamation légitime à la valeur qu'ils produisent et reproduisent grâce à leur temps de travail. Le jugement antiouvrier pourrait devenir un précédent pour priver les travailleurs de leur réclamation légitime à une partie de la journée de travail comme les périodes de repos ou des repas, les temps d'arrêt, le fait de marcher vers d'autres postes de travail ou le temps de travail dévoué à des tâches non liées au travail prévu régulièrement.

La décision contredit une explication de la Cour suprême rendue en 1946 en rapport avec le Fair Labor Standards Act de 1938 qui stipule que « la semaine de travail légale comprend toute période pendant laquelle un employé est nécessairement requis au site de l'employeur, en service ou à un endroit de travail prescrit ... [Les travailleurs doivent être payés même pour des activités telles que], mettre des tabliers et salopettes [et] enlever des blouses... Ces activités font évidemment partie du travail ». En raison en partie de la taille immense de nombreux lieux de travail modernes, ces jugements sur le temps de travail ont été clarifiés dans la loi fédérale Portal-to-Portal Act de 1947. Cette loi exige que les entreprises « paient les salaires pour tout le temps que passe un travailleur du moment qu'il entre par les portes [de l'entreprise] au moment où le travailleur quitte par les portes ».

La récente décision néolibérale n'est pas sans conséquences financières pour les 800 métallos actifs et à la retraite de l'aciérie de US Steel à Gary. Antonin Scalia qui a émis l'avis, a écrit : « Dans l'ensemble, la quantité de temps, et donc d'argent, en cause est susceptible d'être assez importante ».

Dans son bulletin hebdomadaire, Information Update, la section locale 1005 du syndicat des Métallos a écrit : « Les travailleurs devraient prendre note qu'il s'agissait d'une attaque concertée de l'État contre leurs droits. Non seulement la Cour suprême est-elle une institution de l'État, mais l'administration Obama a appuyé la cause judiciaire de US Steel avec de l'argent et des avocats. Aussi, des groupes d'employeurs, principalement dans l'industrie alimentaire ont exercé des pressions et sont intervenus pour priver les travailleurs de leurs droits. L'Association de l'industrie alimentaire (Grocery Manufacturers Association) a présenté un mémoire disant qu'une décision favorisant les métallos serait ' dévastatrice pour plusieurs employeurs '.

« Les conditions aux États-Unis et au Canada ont dégénéré au point où les propriétaires du capital et leurs représentants politiques jugent « dévastateur » le fait de reconnaître et respecter les droits des travailleurs, même en rendant illégales les réclamations des travailleurs à la valeur qu'ils produisent par leur temps de travail et en criminalisant leurs actions collectives pour avoir leur mot à dire et le contrôle sur leurs conditions d'emploi.

« Information Update estime que c'est très grave. On peut voir qu'il n'y a pas de limite à ce que des entreprises comme US Steel sont prêtes à faire et à ce que les gouvernements et les tribunaux à leur service sont prêts à faire. C'est absolument pervers. La société ne peut pas se permettre d'avoir des gens en position d'autorité économique et politique qui sont si égoïstes. »

(La cause devant la Cour suprême des États-Unis est Sandifer versus United States Steel Corporation, no 12-417).

(Information Update #4, le 6 février 2014 - Traduction: LML)

Haut de page


Lisez Le Marxiste-Léniniste
Site web:  www.pccml.ca   Courriel: redaction@cpcml.ca