Le Marxiste-Léniniste

Numéro 91 - 31 mai 2013

Justice pour les travailleurs accidentés

Journée annuelle des travailleurs accidentés
devant le parlement ontarien


Justice pour les travailleurs accidentés
Journée annuelle des travailleurs accidentés devant le parlement ontarien
Opposons-nous à la multiplication des attaques contre les travailleurs accidentés - Jim Nugent
Les infirmières s'opposent à devenir les dommages collatéraux de l'austérité
Les travailleurs accidentés de l'Alberta lancent une pétition

Opposition à l'offensive antisociale en Ontario
Entente conclue pour imposer l'austérité
La reddition de comptes est à l'ordre du jour - Enver Villamizar


Justice pour les travailleurs accidentés

Journée annuelle des travailleurs accidentés
devant le parlement ontarien

Le Marxiste-Léniniste appelle tous les travailleurs à appuyer la journée d'action que les travailleurs accidentés de l'Ontario tiennent chaque annnée devant l'édifice du parlement provincial à Queen's Park. Cela fait maintenant 30 ans que les travailleurs accidentés et leurs supporters se rassemblement le 1er juin à Queen`s Park pour réclamer justice. Appuyons les travailleurs accidentés dans leur lutte contre les employeurs, la Commission de la sécurité professionnelle et de l'assurance contre les accidents du travail, et le gouvernement libéral qui a recours aux fraudes de toutes sortes pour violer les droits des travailleurs accidentés et les faire sombrer dans la pauvreté.

La lutte des travailleurs accidentés pour une juste compensation, des soins médicaux et des services de réadaptation est celle de tous les travailleurs de l'Ontario et de toute la classe ouvrière canadienne. Pour les travailleurs, le principe à l'effet qu'aucun travailleur ne devrait être réduit à la pauvreté à cause d'un accident de travail a été établi il y a maintenant plus de 100 ans. Aujourd'hui, en vertu du mot d'ordre néolibéral de « garantir la compétitivité des industries » les employeurs et leurs représentants politiques tentent de renverser ce principe qui selon les travailleurs est à la base même de la relation employeur/travailleur à une époque moderne.

Employeurs et gouvernements tentent de retourner à la sombre époque où les travailleurs blessés étaient jetés à la rue et devaient subvenir à leurs propres besoins et où les familles des travailleurs tués au travail étaient sans recours. La classe ouvrière ne peut pas tolérer et ne tolérera pas une telle rétrogression. Les travailleurs s'opposent de façon catégorique au fait que des employeurs puissent manquer à leur responsabilité de rendre leurs endroits de travail sécuritaires et d'assurer une pleine compensation aux travailleurs blessés au travail. Aux yeux des travailleurs et de la vaste majorité du peuple, tout gouvernement ou parti politique qui ne presse pas les employeurs d'assumer leurs responsabilités ne sont rien de moins qu'illégitimes.

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Opposons-nous à la multiplication des attaques contre les travailleurs accidentés


Des centaines de travailleurs ont manifesté devant les bureaux du ministre du Travail de l'Ontario à Toronto le 14 décembre pour exiger que justice soit faite pour les travailleurs blessés au travail.

Au moment où les travailleurs et leurs alliés se rassemblent à Queen's Park cette année pour la Journée des travailleurs accidentés, les systèmes de compensation des travailleurs en Ontario et ailleurs au pays sont dans la mire de l'offensive globale des riches pour abaisser les conditions de vie des travailleurs. Partout où les régimes de négociations collectives sont démantelés par le gouvernement et que les mesures antiouvrières et antisyndicales se succèdent à toute vitesse, on observe aussi le démantèlement des systèmes de compensation des travailleurs et les droits à la compensation et à la réadaptation des travailleurs accidentés sont bafoués.

Le programme antiouvrier des conservateurs de Hudak contient un appel explicite aux compagnies d'assurances les invitant à participer au « marché » des compensations des travailleurs. Au cours de la présente session de l'Assemblée législative un projet de loi d'initiative parlementaire a été déposé en ce sens et il vise aussi à éliminer un grand nombre de travailleurs prestataires du régime d'assurance des accidentés du travail. Les libéraux vont exactement dans le même sens en transformant à petit bruit le programme social des travailleurs accidentés présentement financé par les employeurs en un régime d'assurances au service les intérêts privés étroits des employeurs.

Au mois de janvier 2013, le gouvernement libéral a créé une loi par directive ministérielle pour couper des milliards $ du régime de compensation après plusieurs années de réduction des contributions des employeurs et de manoeuvres de la part de la Commission des accidentés du travail pour supprimer les réclamations et couper dans les prestations. Ceci est fait au nom d'une fraude de comptabilité gouvernementale selon laquelle la Commission aurait un déficit actuariel de 14 milliards $. La présidente de la Commission, Elizabeth Witmer, s'est récemment vantée lors d'une conférence des monopoles de la construction à l'effet que cette fraude de déficit actuariel avait déjà servi à siphonner 500 millions $ à même les prestations destinées aux travailleurs accidentés au cours des deux dernières années. Elle a promis aux employeurs que la Commission imposerait d'autres « restrictions de prestations » pour être conforme à la loi des libéraux exigeant l'élimination du prétendu déficit actuariel de la Commission.

Au moment où les droits des travailleurs accidentés sont violés, les médias et les représentants politiques de l'élite dominante font des pieds et des mains pour que les travailleurs accidentés et leurs réclamations pour une juste compensation soient marginalisés politiquement. L'illusion est créée à l'effet que les conditions modernes de production comprennent en principe des mesures de sécurité pour protéger les travailleurs et donc que cette question n'affecte qu'un nombre infime de personnes et devrait être abandonnée. Les accidents de travail, cependant, sont en fait un phénomène qui se produit sur une vaste échelle. Ils sont une préoccupation pour tous les travailleurs et demeurent une préoccupation centrale pour tout le mouvement ouvrier.

Il y a 250 000 nouvelles réclamations de la Commission des accidentés du travail qui sont faites à chaque année, ce qui veut dire que chaque travailleur en Ontario court un risque à 100 % de faire une demande à la Commission au cours de chaque période de vingt ans de sa vie de travailleur. Les statistiques de la Commission révèlent que sur une base quotidienne en Ontario, 1 000 travailleurs sont blessés au travail, dont plus de 200 accidents impliquant des pertes de journées de travail. Un travailleur en moyenne décède chaque jour en Ontario suite à des blessures traumatiques. Ces chiffres ne tiennent pas compte des milliers de demandes que la Commission et les employeurs s'emploient en commun à nier et rejeter.

Le risque de se blesser ou de se tuer à l'ouvrage existe encore aujourd'hui pour un très grand nombre de travailleurs et la violation de leur droit à une juste compensation, à des soins médicaux et à la réadaptation est également chose courante. La lutte pour des conditions de travail sécuritaires et salubres et pour la défense des droits des travailleurs accidentés demeure aujourd'hui une bataille centrale dans la lutte entre le capital et le travail et elle est un élément essentiel du programme de la classe ouvrière de résistance à l'offensive antisociale des riches et de lutte pour une nouvelle direction pour la société sur la base de la défense des droits de tous.

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Les infirmières s'opposent à devenir les dommages collatéraux de l'austérité

Le 1er juin, Journée des travailleurs accidentés, l'attention se porte sur les accidents du travail qui sont une préoccupation majeure de tous les travailleurs et pour lesquels il faut tout faire pour protéger la santé et la sécurité des travailleurs. Un rapport récent publié par l'Association des infirmières et infirmiers de l'Ontario (AIIO) montre comment la santé physique et mentale des infirmières et d'autres travailleurs aux premières lignes des soins de santé est sacrifiée en raison des compressions dans le système de soins de santé. Le rapport se réfère à ce qu'il appelle un cycle des sacrifices qui incluent le manque de personnel, le surmenage, le stress, l'épuisement professionnel et les blessures chez les infirmières des hôpitaux ainsi que celles des secteurs de soins communautaires et des soins de santé de longue durée. Le rapport est une contribution importante à la Journée des travailleurs accidentés qui souligne quelques-unes des causes des accidents du travail et des problèmes sociaux qui doivent être résolus. Afin d'apporter des solutions, l'AIIO lance l'appel au gouvernement de l'Ontario d'investir dans l'embauche de 15 000 nouvelles infirmières et de consulter l'AIIO, d'autres organisations d'infirmières ainsi que les experts sur le terrain.


Plaque à la mémoire des infirmières qui ont perdu la vie
en soignant des personnes contaminées du SRAS.

Le rapport intitulé Le cycle du sacrifice : la santé des infirmières et le système de santé de l'Ontario, met en lumière que la santé des infirmières est sacrifiée pour le système de soins de santé et que cela représente de sérieuses contradictions pour la sécurité des travailleurs dans les hôpitaux. Utilisant les dernières statistiques et des études de cas, le rapport souligne que « la santé des infirmières autorisées (IA) de première ligne est sacrifiée au sein du système de santé de l'Ontario, bien que les infirmières de première ligne soient les professionnels de la santé auxquels on fait le plus constamment appel pour fournir des soins spécialisés dans tous les domaines du système de santé, les hôpitaux, les établissements de soins à long durée et les services de santé communautaire ». Le rapport se réfère à l'épidémie du SRAS il y a près de dix ans lorsque les infirmières ont été sacrifiées, deux ont même perdu la vie, tandis que les gouvernements à différents niveaux ont affirmé que l'épidémie était sous contrôle afin de protéger l'économie locale et provinciale. Le rapport révèle que les leçons tirées de cette période n'ont pas été prises au sérieux. Comme le souligne le rapport : « Cet acte de sacrifier les infirmières pour des intérêts plus importants est perçu comme un exemple flagrant d'une pratique régulière mais sous-estimée en Ontario. Plus que toute autre profession de la santé, en tant que société, nous comptons sur les soins constants des infirmières pour maintenir la santé de l'ensemble de la société et pourtant la santé des infirmières est dans un état grave et des cures systémiques ne sont pas à l'ordre du jour. »

Le rapport indique que les compressions dans les soins de santé et le cycle de sacrifice qui en résulte sont un problème chronique qui remonte à plusieurs années et que le gouvernement actuel continue d'essayer de rejeter le fardeau des soins de santé sur les infirmières. Il souligne : « Comme le ministère de la Santé et de soins de longue durée de l'Ontario (MSSLD) tente d'augmenter les programmes de prévention et de promotion de la santé sans allouer de fonds pour le nouveau travail, ... l'essentiel des coûts est supporté par les infirmières de la santé publique sous la forme d'augmentation de la charge de travail et des heures supplémentaires non rémunérées. Compte tenu de cette réalité, entre 1997 et 2008, les heures supplémentaires non rémunérées pour les infirmières dans tous les secteurs de l'Ontario, ont doublé, passant de 7142 jours à 14 284 jours au cours de cette période de 10 ans seulement ». Le résultat est que les infirmières sont confrontées à des problèmes de santé physique et mentale. Selon le rapport, « Les infirmières sont les travailleurs les plus blessés en Ontario. » En réponse à cette situation, l'AIIO exige un plan à moyen terme pour créer et combler 15 500 nouveaux postes d'infirmières dans différents secteurs du système de santé. Ce plan doit être mis en ouvre, en consultation avec l'AIIO et d'autres organisations en soins infirmiers qui sont les experts sur le terrain.

Dans son plus récent budget, le gouvernement libéral a déclaré quatre années d'austérité. Cela signifie que les infirmières et les autres travailleurs de la santé vont continuer à assumer le fardeau de la détérioration des soins de santé par des heures de travail plus longues et des charges de travail plus lourdes. C'est une préoccupation pour les autres travailleurs de l'Ontario qui sont confrontés aux mêmes conditions. Ces préoccupations seront présentées le 1er juin pour exiger une solution juste aux problèmes entourant les accidents du travail. Le rapport de l'AIIO dans sa version originale en anglais, peut être consulté en cliquant ici.

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Les travailleurs accidentés de l'Alberta
lancent une pétition

L'Association canadienne des travailleurs accidentés de l'Alberta (CIWAA) a lancé une campagne de pétition pour exiger une enquête judiciaire sur le régime d'indemnisation des travailleurs. La pétition propose de nombreux changements au régime afin de faire respecter les droits des travailleurs blessés.

La campagne de pétition a été officiellement inaugurée lors d'une réunion publique de levée de fonds tenue le 16 mai. Lors de la réunion, des orateurs ont parlé et le film « Leur seul pouvoir est moral », une histoire de la lutte des travailleurs  accidentés de l'Ontario pour la justice, a été projeté.

La CIWAA explique dans le texte qui accompagne la pétition que « la Commission des accidents du travail de l'Alberta (CAT) a la responsabilité de protéger la santé et le bien-être des travailleurs accidentés et de faire respecter leurs droits. Ces droits comprennent le maintien de niveau de vie que les travailleurs avaient avant leur lésion, une formation adaptée pour ceux qui ne peuvent plus travailler à leur ancien métier, l'obligation pour les employeurs de réintégrer les travailleurs accidentés et une couverture complète pour tous les besoins de santé de ces travailleurs.

« Ces droits sont quotidiennement bafoués. La CAT évalue son succès par la rapidité avec laquelle elle peut déclarer un travailleur blessé apte à retourner au travail et ainsi mettre fin aux indemnités, et non par le bien-être du travailleur blessé. »

Pétition

À l'Assemblée législative de l'Alberta

Nous, soussignés, résidants de l'Alberta, pétitionnons l'Assemblée législative pour exhorter le gouvernement de l'Alberta de protéger les droits des travailleurs  accidentés en modifiant la Loi sur l'indemnisation des travailleurs afin d'atteindre les objectifs suivants:

1. Veiller à ce que toutes les décisions prises en ce qui concerne les travailleurs  accidentés soient fondées sur des preuves médicales provenant de médecins traitants ou de professionnels de la santé et non pas sur l'avis d'administrateurs ou de médecins rémunérés par la CAT.

2. Rouvrir toutes les demandes rejetées des travailleurs blessés lorsque la décision a été fondée sur la différence d'opinion de médecins rémunérés par la CAT et d'un jury médical de la CAT, qui contredisent l'observation et les résultats cliniques, les examens directs permanents et les preuves médicales à l'appui du médecin traitant et/ou des professionnels de la santé.

3. Fournir au CAT un mandat clair que les décisions doivent être fondées sur des preuves médicales de médecins traitants et/ou de praticiens cliniques. Rétablir l'objectivité médicale en remplaçant le commissaire du Collège médical et les comités d'expertise médicale par des médecins légistes véritablement indépendants choisis sur une liste établie par un organisme professionnel des médecins possédant les qualifications appropriées, telles que la Canadian Medical Evaluators Society.

4. Garantir le droit des requérants à se faire entendre, y compris: le droit de contre-interroger les médecins et le personnel sous serment, le droit de présenter des preuves, le droit à des audiences personnelles équitables devant une commission d'appel, ouvertes aux médias et au public à la demande du requérant, le droit d'accès à tous les documents du dossier d'un requérant, suite à une demande, sans protection accordée aux déclarations faites ou fournies par quiconque, y compris les médecins.

5. Éliminer tous les programmes d'incitation qui donnent des primes ou toute autre forme de paiements, que ce soit aux gestionnaires des dossiers, aux autres employés de la CAT ou aux fournisseurs de soins de santé, en ce qui a trait aux décisions sur l'opportunité ou non pour un travailleur d'être apte à retourner au travail ou si sa réclamation doit être acceptée ou refusée.

6. Interdire la pratique de la « présomption » qu'un travailleur est apte à travailler ou capable de gagner un revenu à un niveau particulier, même si le travailleur n'est pas en mesure d'obtenir ou d'effectuer un tel travail et/ou le travail n'existe pas.

7. Accroître les prestations dans le cas d'une invalidité permanente et d'un décès  ( pour compenser pour des pertes autres qu’économiques) afin de refléter l'impact réel de l'invalidité sur la vie d'un travailleur.

8. À la section 38 (4) de la Loi sur la CAT, qui stipule que « Si un examen médical est effectué en vertu du paragraphe (3), la Commission peut verser une indemnité au travailleur malgré le fait que le droit du travailleur à telle indemnité n'a pas encore été déterminée. », changer « peut » par « doit », afin de s'assurer que l'aide médicale ne soit pas retardée.

9. Fournir aux travailleurs agricoles une couverture de la CAT.

10. Mener une enquête judiciaire sur le traitement des travailleurs par la CAT. Cela garantirait qu'aucune personne impliquée dans la conduite de l'enquête a des affiliations passées ou de l'expérience de travail auprès de la CAT.

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Opposition à l'offensive antisociale en Ontario

Entente conclue pour imposer l'austérité

Le 21 mai, le NPD a annoncé qu'il votera en faveur du budget du gouvernement libéral de Kathleen Wynne en échange des concessions. Or, entre autres mesures le budget impose quatre années d'austérité aux Ontariens alors que rien n'est fait pour résoudre les problèmes de l'économie. Au lieu de cela, la situation du peuple ne fait qu'empirer avec toutes les mesures prises pour garantir les paiements aux prêteurs qui détiennent la dette et le déficit de l'Ontario. Pendant ce temps, la création du poste de vérificateur du budget, une des concessions demandées par le NPD, permettra de détourner l'attention des scandales de corruption qui ont frappé le gouvernement libéral de Dalton McGuinty. Cela laisse entendre que le gouvernement Wynne ne sera pas corrompu, ce qui est en fait un voeu pieux.

S'exprimant lors d'une conférence de presse, la chef du NPD, Andrea Horwath, a déclaré : « Nous sommes prêts à appuyer ce budget dans le cadre d'un processus qui garantit que le projet de loi pour la création du bureau de l'imputabilité financière soit adopté en tant que législation dès le début de l'automne. Nous allons adopter ce budget sur la base des engagements que le gouvernement a faits et nous demeurons vigilants pour nous assurer qu'il tienne ses promesses. » On rapporte que le poste de directeur de l'imputabilité financière sera calqué sur celui du directeur parlementaire du budget fédéral.

Le 8 mai, Horwath a été la première à soulever à l'assemblée législative la question d'un directeur de l'imputabilité financière dans le cadre des scandales à propos des centrales électriques au gaz, des services ambulanciers aériens de l'Ontario (Ornge) et E-santé ainsi que la nécessité de ce qu'elle appelle « une approche équilibrée pour équilibrer le budget ». Elle a dit : « Les gens se font dire qu'ils doivent faire des sacrifices durant les moments difficiles, qu'il n'y a pas assez d'argent pour tout le monde alors que nous essayons d'équilibrer les livres. Ils voient des centaines de millions de dollars gaspillés pour Ornge, E-santé et les centrales au gaz, alors que leur gouvernement prétend qu'il doit faire des compressions dans les hôpitaux afin d'investir dans les soins à domicile. Est-ce que le ministre est prêt à admettre que c'est un problème et à prendre des mesures concrètes pour y faire face ? »

Le 17 mai, le gouvernement libéral a publié une déclaration de la première ministre sur son acceptation de la proposition du NPD : « Le gouvernement améliorerait l'imputabilité et la transparence des finances de l'Ontario en donnant suite à l'entrée en fonction d'une personne responsable de l'imputabilité financière. Ce nouveau responsable serait indépendant du gouvernement. Le gouvernement présentera un projet de loi à l'automne 2013 pour créer cette fonction et en définir le mandat. Le responsable aurait pour tâche de fournir de l'analyse et des conseils aux députés de l'Assemblée législative de l'Ontario et des comités législatifs sur les finances de l'Ontario et les coûts des initiatives proposées sur une base prospective », a indiqué le communiqué.

Dans leur déclaration contre l'entente entre les libéraux et le NPD, les conservateurs ont saisi l'occasion pour appeler à une intensification des attaques contre les travailleurs de l'Ontario et l'adoption de lois anti-ouvrières. « Nous avons perdu des semaines à regarder deux partis qui ont coupé-collé un budget qui augmente les dépenses, empile encore plus les dettes et nous coûte des emplois - tout cela pour protéger leurs propres emplois à la charge de tout le monde », a déclaré M. Hudak, chef du Parti conservateur de l'Ontario. « Je reste déterminé à mettre sur pied un gouvernement que nous pouvons nous payer, qui protège les choses que nous chérissons le plus. Nous allons nous battre pour moins de dépenses, un gel des salaires des employés de la fonction publique, moins d'impôts, de l'énergie abordable, des lois modernes du travail et moins de réglementation », a-t-il ajouté.

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La reddition de comptes est à l'ordre du jour

L'entente conclue entre les libéraux et le NPD pour l'adoption du budget repose sur une nouveauté, un Directeur de responsabilité comptable pour l'Ontario, dont le rôle serait de tenir le gouvernement redevable. La reddition de comptes est à l'ordre du jour. Les Ontariens travaillent déjà d'arrache-pied pour forcer le gouvernement à rendre des comptes pour ses violations des droits des travailleurs, en particulier pour son projet de loi 115 visant à imposer des contrats de travail aux enseignants et aux travailleurs de l'éducation. Qui plus est, les révélations à l'effet que les centaines de millions qu'on s'appropriera au détriment des Ontariens pour payer les intérêts privés des monopoles de l'énergie comme compensation pour l'annulation des usines à gaz soulève l'ire du peuple, d'autant plus que les travailleurs se font dire qu'ils doivent accepter l'austérité pour permettre aux bailleurs de fonds d'être payés. Ainsi la question de rendre des comptes est au centre des préoccupations du peuple en Ontario, comme au Canada et dans le monde. Comment avoir des gouvernements qui rendent des comptes à la volonté populaire et qui oeuvrent à transformer la volonté publique en volonté légale est en effet à l'ordre du jour. La création des moyens d'exercer un contrôle sur le gouvernement au nom du peuple contribuerait à maintenir le gouvernement sur la bonne voie. C'est ce que la classe ouvrière a réussi à faire lorsqu'elle a défait les libéraux dans Kitchener-Waterloo. Elle a tenu le gouvernement responsable pour ses attaques contre les droits et lui a passé un message qu'il n'a pu ignorer.

Le fait que les libéraux aient proposé un Directeur de responsabilité comptable qui est une copie conforme du Directeur parlementaire du budget au fédéral, doit-on le dire, n'inspire aucunement confiance. Malgré l'existence de cette fonction au fédéral, le gouvernement Harper continue d'être le gouvernement le plus secret, le plus trompeur et le moins enclin à rendre des comptes dans toute l'histoire du Canada. Ce directeur du budget ne peut même pas obtenir l'information dont il a besoin pour accomplir la tâche qu'on lui a confiée. L'agent responsable des budgets, Kevin Page, a dû traîner le gouvernement devant les tribunaux pour obtenir les informations voulues. Dans un tel contexte, comment le gouvernement a-t-il été tenu de rendre quelques comptes que ce soit au peuple ? Aucunement. Au contraire, ce qui en est ressorti est que les institutions du gouvernement sont impuissantes à exercer un quelconque contrôle sur l'exécutif qui lui-même s'accorde des pouvoirs arbitraires de plus en plus étendus.

Ce n'est pas tout. Le gouvernement lui-même n'est que le produit d'une décision des délégués du Parti libéral lors du congrès libéral suite à la démission de McGuinty. Il n'est pas l'expression légitime de la volonté populaire. Cette état de fait soulève une question importante : envers qui et selon quelles normes le gouvernement serait-il tenu de rendre des comptes ?

Le peuple ne joue aucun rôle dans la sélection ni dans l'élection de ce gouvernement, ni a-t-il joué un rôle dans la formulation du programme que le gouvernement lui impose présentement pour payer les riches. L'ordre du jour que le gouvernement impose sert les intérêts privés, lesquels veulent s'approprier tout le produit social possible afin de maintenir leurs profits élevés face à l'incertitude mondiale affectant les marchés financiers. Au peuple, par contre, on répète qu'il n'y a pas d'alternative. En ce sens, si l'agence de responsabilité comptable ne fait que veiller à ce que le gouvernement mette en oeuvre ce à quoi il s'était engagé, alors le gouvernement ne sera tenu responsable que devant les intérêts privés, ceux-là mêmes qui imposent leur programme à toute la société. Seulement de démontrer à quel point le gouvernement réussit à mettre en oeuvre son faux programme d'austérité ne mènera nulle part. Cela ne fait que répandre la confusion et inciter le peuple à se mobiliser pour exiger l'application d'un programme qui est contre ses intérêts.

Un prérequis fondamental pour la reddition de comptes est que le peuple participe d'abord à la sélection et à l'élection du gouvernement sur la base d'un programme que lui-même a fixé. Tenir le gouvernement responsable deviendrait désormais une question de veiller à ce que les représentants gouvernementaux mettent en pratique le programme fixé d'un commun accord. Les intérêts partisans des élus seraient de défendre les intérêts du peuple en paroles et dans les faits. En bâtissant les organisations nécessaires pour choisir et pour élire des politiciens ouvriers, le peuple pourrait plus facilement tenir ces politiciens responsables envers un programme qui le sert puisqu'ils seraient issus de ses propres rangs. L'expérience qu'il en retirerait lui permettrait d'éventuellement élire ses propres représentants et, ce faisant, établir une conception moderne de ce qu'est la reddition de comptes. Cela peut se faire !

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