Le
                              Marxiste-Léniniste

Numéro 86 - 24 mai 2013

Opposition à l'offensive antisociale en Alberta

Non à la loi 26 qui impose la convention
collective des enseignants


Opposition à l'offensive antisociale en Alberta
Non à la loi 26 qui impose la convention collective des enseignants - Kevan Hunter
Concernant la loi 22, la Loi instaurant un impôt sur la consultation autochtone – Peggy Morton
Harper paie Canadian Natural Resources Limited pour augmenter ses profits et redorer son blason - George Allen

Pour une paix permanente sur la péninsule coréenne
Le sort du peuple coréen est lié à celui de l'humanité - Philip Fernandez
Pétition pour un traité de paix: Pas de guerre dans la péninsule coréenne et en Asie du Nord-Est! - Action populaire contre la guerre et pour la paix
La vérité sur la crise nucléaire en Corée - Rodong Sinmun


Non à la loi 26 qui impose la convention
collective des enseignants

Le projet de loi 26, Loi pour le droit des étudiants, a été déposé à l'Assemblée législative le 15 mai et a été adopté en troisième lecture le 16 mai. Le projet de loi 26 impose une non-entente collective à l'ensemble des 62 sections locales de l'Association des enseignantes et enseignants de l'Alberta (ATA) et aux commissions scolaires de la province. Il a été adopté à toute vitesse en une journée.

Le projet de loi a été déposé et le bâillon imposé pour forcer l'Assemblée à en faire trois lectures en l'espace de 24 heures. Les enseignants de l'Alberta travaillent sans convention collective depuis le 1er septembre 2012. Lorsque la date d'échéance décrétée par le gouvernement progressiste conservateur pour la ratification d'une convention collective cadre a été atteinte le 13 mai, le gouvernement a aussitôt déclaré qu'il y avait urgence. Aucune explication n'a été donnée par les conservateurs pour justifier un tel empressement à violer les droits des enseignants et pour empiéter sur l'autorité des commissions scolaires élues, ce qui en dit long sur la vitesse à laquelle les anciens arrangements sont en train d'être détruits. C'est désormais la façon de procéder à l'Assemblée législative. À chaque jour qui passe en son enceinte, les progressistes-conservateurs éliminent ce qui reste des normes acceptées en ce qui concerne le fonctionnement du système parlementaire ce qui révèle clairement jusqu'à quel point le recours abusif aux pouvoirs exécutifs du gouvernement ainsi que l'abus de sa majorité en sont rendus.

En somme, ce que dit le projet de loi est que l'imposition d'une entente est justifiée puisque l'ATA et l'Association des commissions scolaires de l'Alberta s'étaient mis d'accord pour recommander l'entente à leurs membres, en dépit du fait que cette entente n'a pas été ratifiée par toutes les sections locales ni par toutes les commissions scolaires. C'est le ministre de l'Éducation Johnson ainsi que le gouvernement Redford qui ont eux-mêmes fixé les termes de la ratification de l'entente de la convention collective cadre. Ce sont eux qui ont exigé que toutes les sections locales et les commissions endossent l'entente avant le 13 mai et qui ont décrété que faute de ratification unanime, l'entente serait déclarée nulle et non avenue. Lorsque ces conditions n'ont pas été respectées, le gouvernement conservateur a simplement déclaré qu'il imposerait une entente par voie législative. La législation impose l'entente à tous les partis et affirme en surcroît que si quelque clause que ce soit de l'entente va à l'encontre du code du travail, alors c'est la nouvelle loi qui l'emporte sur le code du travail.

Le projet de loi 26, qui impose un gel de salaires de trois ans, est une attaque contre les droits des enseignants à des salaires conformes à la contribution qu'ils font à la société. Ce projet de loi ne s'adresse pas non plus à la question de la charge de travail alors que les compressions budgétaires mènent à des classes surpeuplées et à une pénurie grandissante de ressources pour les étudiants. Il met en lumière l'impossibilité pour le gouvernement Redford d'assumer ses responsabilités ainsi que le danger que ce gouvernement représente pour la classe ouvrière.

Le projet de loi 26 a été imposé afin de mettre en oeuvre le programme d'austérité du gouvernement, en retirant d'immenses montants de l'éducation dans le but de payer les riches et de remplir les coffres des monopoles de l'énergie. Ce n'est rien de moins qu'une attaque contre le droit des enseignants de décider. Même si seulement deux sections locales ont voté non — St-Albert et l'île d'Elk — le fait est tout de même qu'il ne s'agit pas ici d'une entente négociée librement. Les enseignants ont voté avec une épée de Damoclès au-dessus de leur tête et dans un climat malsain à l'effet que si l'entente n'était pas acceptée, une non-entente encore plus inacceptable serait imposée. En dépit de ces menaces, le vote du « oui » a été somme toute très faible et en fait un grand nombre d'enseignants ont rejeté l'entente. Les enseignants ont voté en pensant que dès qu'une seule section locale rejetait l'entente, celle-ci serait rejetée à la grandeur de la province, mais par la suite il est devenu clair que le gouvernement n'avait aucune intention de respecter son propre processus de ratification. L'imposition d'une non-entente est avant tout une question de droits, le droit des enseignants à la négociation collective, y compris le droit des enseignants de St-Albert et de l'île d'Elk de dire non.

Dans un contexte où le gouvernement prive délibérément le système d'éducation du financement nécessaire en plus d'imposer d'immenses compressions aux programmes sociaux de la province, le gouvernement a l'audace de déclarer qu'il n'a d'autre choix que de mettre en oeuvre une convention collective cadre afin « d'assurer l'affirmation des meilleurs intérêts pédagogiques des étudiants ». Un gouvernement qui refuse de reconnaître la nécessité de réduire la taille des classes et d'augmenter le support aux étudiants ayant des besoins particuliers n'a pas la fibre morale lui permettant de déclarer ce qui est dans les meilleurs intérêts des étudiants. Comment le gouvernement ose-t-il passer de force de telles lois, comme si les enseignants et les travailleurs de l'éducation représentaient une menace pour la société ? De telles tactiques de choc et de stupeur devraient être un cri d'alarme pour tous les travailleurs et pour tous les Albertains.

Après deux ans de négociations, il est dit que l'ATA n'a d'autre choix que de recommander cette entente puisque « les enseignants ne veulent pas se battre ». Les enseignants, c'est vrai, veulent enseigner, mais dans des conditions qui leur permettront de le faire et qui répondent aux besoins des élèves. Mais ces conditions sont précisément ce que le gouvernement refuse de fournir. Il a même laissé tomber le faible financement qu'il avait promis avant les dernières élections provinciales. Les enseignants doivent redoubler d'efforts. Il faut organiser des groupes de discussion ne serait-ce que pour se tenir au fait des développements qui affectent l'éducation. Ensemble, les enseignants peuvent élaborer comment résister au programme antisocial et aux attaques contre leurs droits ainsi que défendre le droit à l'éducation.

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Concernant la loi 22, la Loi instaurant
un impôt sur la consultation autochtone

La loi 22, la Loi instaurant un impôt sur la consultation autochtone, a été déposée au parlement albertain le 8 mai et adoptée en troisième lecture le 15 mai. La loi prévoit l'instauration d'un impôt pour l'industrie qui sert à financer les frais de consultation des autochtones. Robin Campbell, le ministre des Relations avec les autochtones, a décrit la loi 22 comme étant « une loi innovatrice et d'avant-garde qui place l'Alberta au premier rang en fait de consultation avec les autochtones ». Il a ajouté que le projet de loi avait fait l'objet d'une consultation en profondeur avec les autochtones. Il semble que le ministre pense qu'il peut organiser un souper-causerie, y dire des platitudes, puis dire mission accomplie et cocher la case « consultation ». Cela montre que la dictature Redford agit au mépris complet de son devoir de consulter et d'accommoder les Premières Nations.

Les Premières Nations ont été choquées d'une conception aussi ouvertement coloniale, de ces prétentions au sujet de consultations ayant été tenues, de la violation ouverte des droits autochtones et de l'expansion significative des pouvoirs exécutifs et de prérogative par le biais de « règlements ». Les Premières Nations ont rempli la galerie des visiteurs au parlement pendant que le projet de loi était débattu pour y manifester leur opposition.

Au parlement, le député NPD Deron Bilous a frappé juste quand il a dit : « Deuxièmement, monsieur le président, les relations avec les autochtones sont des relations de gouvernement à gouvernement. Les Premières Nations ne sont pas subordonnées au ministre ou à quelque gouvernement que ce soit. Ils sont des partenaires égaux et doivent être traités comme tel. En manquant à son devoir de consultation avec les chefs et conseils autochtones, le ministre a enfreint le protocole d'entente et mis en péril les relations entre le gouvernement de l'Alberta et les Premières Nations. »

Les députés de l'opposition ont d'abord tenté de renvoyer le projet de loi en comité, puis proposé de lever la motion, ce qui aurait retardé l'adoption du projet de loi de six mois. Lorsque ces efforts ont échoué, ils ont présenté de multiples amendements en consultation avec les Premières Nations, mais les progressistes-conservateurs les ont rejetés du revers de la main, visiblement déterminés à faire adopter la loi à toute vapeur.

On lit dans le préambule de la loi 22 : « L'Alberta a le droit constitutionnel de gérer et développer les terres provinciales de la Couronne et les ressources naturelles de la province pour le bénéfice de tous les Albertains et elle a le droit de mobiliser des terres en accord avec ces objectifs. »

Qu'est-ce que cela veut dire exactement ? Cela veut dire qu'on affirme que les Premières Nations ont renoncé à leurs territoires ancestraux alors qu'en fait elles ont signé des traités de paix et d'amitié pour partager les territoires. Deuxièmement, l'affirmation est basée sur la conception selon laquelle le « droit de gérer et de développer » signifie remettre les territoires aux intérêts monopolistes privés. Troisièmement, comme on l'a vu avec la loi 2 qui a simplement fait disparaître toute référence à l'intérêt public, l'expression « pour le bénéfice de tous les Albertains » veut dire le bénéfice des monopoles du pétrole et du gaz.

L'ironie d'une loi sur la consultation qui est faite sans consultation n'a échappé à personne sauf peut-être au gouvernement. Ce gouvernement est si captif des intérêts monopolistes privés que rien d'autre ne compte à ses yeux. Au parlement, la dirigeante de Wildrose Danielle Smith a dit que la loi était bien intentionnée mais qu'elle a déraillé un peu en chemin. En fait, la loi 22 est tout à fait conforme à l'ordre du jour du gouvernement. Les gouvernements Harper, Redford et Clark et autres du genre mettent en place de nouveaux arrangements qui renforcent le droit de monopole absolu des entreprises de l'extraction de ressources de piller les ressources naturelles et de les exporter pour en tirer un profit facile.

Les progressistes-conservateurs ont également forcé l'adoption rapide de la loi 2 pendant la session d'automne, la Loi du développement responsable de l'énergie. Cette loi a instauré un nouveau cadre réglementaire qui garantit que tout ce que les monopoles décident est immédiatement accepté. Le nouveau président du bureau de la réglementation est le président fondateur de l'Association canadienne des producteurs de pétrole et un ancien dirigeant de EnCana et de la compagnie qui l'a précédée. La loi 2 a éliminé jusqu'au dernier vestige de concept d'intérêt public et renforcé les pouvoirs arbitraires de l'exécutif d'agir dans l'intérêt des intérêts privés les plus puissants, les cartels du pétrole et du gaz.

Les travailleurs et le peuple de l'Alberta doivent s'allier aux Premières Nations pour combattre pour une nouvelle direction de l'économie et mettre fin au droit de monopole de s'attaquer aux droits de tous.

C'est le corps politique comprenant les Premières Nations qui doit décider du développement des ressources naturelles et la richesse qui en est créée doit revenir au trésor public afin de bénéficier au peuple et notamment aux Premières Nations et à l'intérêt général de la société.

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Harper paie Canadian Natural Resources Limited
pour augmenter ses profits et redorer son blason

Pendant des années, le régime Redford et les gouvernements conservateurs provinciaux précédents ont remis des milliards de dollars aux monopoles du secteur de l'énergie qui font la loi en Alberta. La dictature Harper se joint maintenant à eux. Récemment, les suppôts de Harper ont orienté leurs programmes de payer les riches non seulement vers l'augmentation des profits des monopoles énergétiques, mais vers l'amélioration de l'image ternie des sables bitumineux sur le plan environnemental. À plusieurs reprises, les militants nord-américains ont qualifié le pétrole des sables bitumineux de « sale » pour soutenir leurs campagnes contre les oléoducs. Les pays de l'Union européenne (UE) menacent d'étiqueter officiellement ce pétrole de « sale », ce qui le rendrait plus coûteux et donc plus difficile à vendre aux clients européens.

Conformément au programme de Harper de payer encore plus les monopoles de l'énergie en Alberta, Gary Goodyear, le ministre d'État fédéral pour les Sciences et la Technologie, a annoncé le 10 mai que le Conseil national de recherches va remettre plus de 9,5 millions $ en fonds publics à Canadian Natural Resources Limited (CNRL) pour construire une usine de 19 millions $ sur le site du projet des sables bitumineux de CNRL de Primrose Sud, près de Bonnyville, en Alberta. Pond Biofuels qui est basé en Ontario, s'associe à CNRL, l'un des « cinq grands » monopoles privés des sables bitumineux de l'Alberta, dans ce projet en partenariat. CNRL sera payé en dépit du fait que le président Steve Laut ait déclaré le 2 mai que la compagnie a eu « un excellent début d'année » avec « une production trimestrielle inégalée ». Au cours du premier trimestre de 2013 (janvier à mars), CNRL a généré un encaisse d'environ 1,57 milliard $ provenant de l'exploitation contre 1,28 milliards $ pour le même trimestre en 2012. Cette situation expose une fois de plus la fraude de la « bulle bitumineuse » de Redford comme un prétexte pour réclamer moins de revenus provenant des ressources naturelles.

Le projet proposé implique que l'usine de CNRL utilise les émissions de dioxyde de carbone provenant des sables bitumineux afin de transformer les algues en produits tels que le carburant, les engrais et les aliments pour le bétail. La technologie alimente des algues par des émissions de dioxyde de carbone provenant des cheminées et, à mesure qu'elles viennent à maturité, les algues se développent en graisses (huile) qui peuvent être mélangées au bitume lourd pour le faire circuler plus facilement par oléoducs ou pour être vendu aux raffineurs. Une fois l'huile extirpée, les produits excédents peuvent être utilisés comme engrais ou aliments pour le bétail. Goodyear affirme que le projet peut être vendu partout dans le monde et prouver que le Canada est un chef de file dans la réduction des émissions. L'objectif principal de ce projet financé par le CNR est de mettre à l'essai sur une grande échelle la technologie des algues, ce qui l'expose comme un cas classique du secteur public prenant les risques pendant que le secteur privé en tire les bénéfices.

Le versement de fonds publics à CNRL est le premier projet à recevoir du financement en vertu de la restructuration du Conseil national de recherches (CNR), qui a annoncé le 7 mai qu'il devrait désormais se concentrer exclusivement sur les technologies qui servent directement les monopoles, plutôt que sur les efforts scientifiques plus généraux. John McDougall, président du CNR a déclaré le 7 mai : « Nous voulons de la recherche et développement axés sur les besoins de l'industrie. » Le 10 mai, lors de l'annonce du versement d'argent à CNRL, McDougall, qui est un ancien directeur général du Conseil de la recherche de l'Alberta qui est axé sur l'énergie a dit : « Je peux affirmer en toute confiance que de tels projets n'auraient que rarement, sinon jamais, vu le jour sous le précédent modèle d'opération du CNR. »

Les Albertains exigent de savoir pourquoi le financement public est utilisé pour améliorer les bénéfices privés et les réclamations des monopoles énergétiques. N'est-ce pas là la corruption des finances publiques au profit d'une minorité de privilégiés ? L'argument pitoyable selon lequel la population reçoit les bénéfices collatéraux des bénéfices directs reçus par les monopoles et leurs propriétaires est la théorie néolibérale des « retombées », le coeur de la reaganomique discréditée depuis longtemps par le fait qu'entre 1979 et 2005, le revenu des ménages des États-Unis après impôts n'a augmenté que de 6 % pour le quintile le plus faible des ménages du point de vue revenus et 13 fois plus, soit 80 % pour le quintile le plus élevé. La théorie des retombées est à la base de l'argument que puisque les monopoles fournissent des emplois, le trésor public doit être pillé pour financer leurs projets. Les monopoles s'approprient alors ces projets et développements financés par l'État comme leur propriété privée et les utilisent pour gonfler leurs fortunes privées. Mais si des millions de dollars d'argent public vont être investis dans les projets tels que l'usine de Primrose Lake de CNRL, alors c'est le public qui doit bénéficier directement de l'investissement et des résultats, et non les propriétaires privés. Ces manigances pour payer les riches et renforcer leurs empires privés et leur privilège de classe doivent cesser. Ils détruisent la société.

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Pour une paix permanente sur la péninsule coréenne

Le sort du peuple coréen est lié à
celui de l'humanité


Manifestation à Séoul le 6 mai 2013 pour demander un traité de paix et la dénucléarisation de la péninsule coréenne. Les pancartes dénoncent l'Accord de mesures spéciales, l'arrangement colonial humiliant qui fait payer aux Sud-Coréens une partie des coûts du stationnement des troupes américaines dans leur pays, et l'implication de la Corée du sud dans les missiles de défense.

Cette année est le 60e anniversaire de la signature de l'Accord d'Armistice qui a mis fin aux combats dans la Guerre de Corée. Le peuple coréen n'a cessé depuis de demander que les États-Unis signent un traité de paix permanent avec la République populaire démocratique de Corée (RPDC) pour que la guerre soit officiellement conclue et que la paix soit établie. Il continue de demander la signature d'un traité de paix dans le contexte des violations constantes de l'Accord d'Armistice par les États-Unis, de l'introduction d'armes nucléaires sur la péninsule coréenne et de la présence de troupes et de bases militaires des États-Unis, lesquelles devaient être retirées comme condition à la conclusion d'une paix permanente. Les États-Unis ont multiplié les menaces de frappe nucléaire et se livrent à chaque année à de grands exercices militaires en collaboration avec la Corée du sud où tous les canons sont braqués contre la RPDC. Ces exercices comportent souvent des invasions simulées et des frappes nucléaires. Cette année, les Coréens ont mené plusieurs actions de protestation en appui à la demande d'un traité de paix permanent, demande que les Canadiens devraient aussi appuyer. Le Canada était un pays belligérant dans la Guerre de Corée et les Canadiens ont un devoir de réparation à cause de cela. Aujourd'hui cela veut dire aider le peuple coréen à forcer les États-Unis à signer un traité de paix.

Les Coréens ont fait une grande contribution à la lutte anticoloniale et antifasciste des peuples du monde pour l'affirmation des droits collectifs, y compris le droit de tous les peuples et de toutes les nations à l'autodétermination, à l'indépendance et à la paix. Ils ont d'abord vaincu les militaristes japonais qui ont occupé leur pays 1910 à 1945. Puis ils sont retournés sur le champ de bataille pour repousser les impérialistes américains qui, par la force des armes, ont instigué la Guerre de Corée qui a duré de 1950 à 1953. La Guerre de Corée fut une guerre d'agression contre un peuple pacifique pour s'emparer de toute la Corée. Lorsque cela a échoué, les impérialistes américains ont gardé la nation divisée et maintenu une présence militaire illégale dans le sud du pays. Ils utilisent les Coréens comme chair à canon et du territoire coréen comme tremplin pour pouvoir lancer des agressions contre la Chine, la Russie et les autres pays de la région.

La tradition de résistance des Coréens s'exprime aujourd'hui dans la demande d'un traité de paix permanent et d'une réunification pacifique de la nation coréenne sans ingérence extérieure. Le droit du peuple à la réunification nationale, à l'indépendance, à l'autodétermination et à la paix est un droit qui appartient à tous les peuples et nations du monde. Il est dans l'intérêt des peuples du monde d'appuyer l'effort pour isoler les maîtres-chanteurs nucléaires que sont les États-Unis, qui menacent d'agression non seulement la péninsule coréenne, mais des régions entières de la planète. Le peuple coréen a lié sa lutte pour la réunification, l'indépendance, l'autodétermination et la paix à la lutte de l'humanité contre le fléau et les ravages de l'impérialisme anglo-américain. C'est la seule façon de garantir la sécurité des Coréens et des peuples partout. La demande que les États-Unis signent un traité de paix avec le RPDC, retirent leurs armes nucléaires et leur arsenal conventionnel de la Corée du sud et des eaux territoriales contribue à préparer les conditions pour la réunification pacifique et indépendante de la Corée par l'effort des Coréens. La lutte de l'humanité pour un nouvel ordre mondial défend le principe que toutes les nations, grandes et petites, ont des droits égaux et doivent être libres d'exercer leur droit à l'autodétermination et à l'indépendance. L'usage de la force pour régler les conflits entre les peuples et nations doit être rejeté.

Appuyons la juste lutte du peuple coréen pour la paix, l'indépendance, l'autodétermination et la réunification nationale! Les États-Unis doivent signer un traité de paix avec la RPDC maintenant! Troupes américaines, hors de Corée!

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Pétition pour un Traité de paix

Pas de guerre dans la péninsule coréenne
et en Asie du Nord-Est!


Manifestation anti-guerre devant l'ambassade des États-Unis à Séoul. La bannière se lit: « Arrêtez les exercices de guerre de porte-avions États-Unis/Corée du sud! » et « Non à l'escalade des tensions sur la péninsule coréenne par les États-Unis/Corée du Sud!  » Les manifestants ont livré une pétition signée par 76 888 personnes demandant des négociations de paix avec la RPDC, amassées en seulement 2 semaines. 

Le 27 juillet 1953, un fragile armistice était signé entre la République populaire démocratique de Corée (connue comme la « Corée du Nord »), la Chine et les États-Unis/Nations unies, mettant fin sur une base temporaire aux hostilités de la Guerre de Corée. Cette « cessation temporaire » d'un conflit militaire meurtrier n'a pas mis fin à toutes les hostilités comme elle était censée le faire et comme le demande d'ailleurs le document de 1953. Au contraire, depuis novembre 1950 les États-Unis ont tout fait pour empêcher la réunification pacifique dans la péninsule coréenne et ont constamment menacé la RPDC d'annihilation nucléaire.

Le résultat a été que des ressources cruciales et peu abondantes dans les deux Corée ont été détournées du développement vers le secteur militaire et la défense. Cette situation dangereuse, instable et dommageable pour le développement a été maintenue de force contre la volonté de la vaste majorité des 80 millions de Coréens du nord, du sud et d'outremer.

Les hostilités passées, présentes et qui vont vraisemblablement se poursuivre dans la péninsule coréenne ont été maintenues de façon délibérée pour les diverses raisons suivantes : pour les intérêts du complexe militaro-industriel des États-Unis et de leurs alliés ; pour éviter la réunification pacifique souveraine de la Corée selon des termes et conditions qui ne sont pas dictés par les États-Unis ; pour utiliser la péninsule coréenne comme site de bases militaires et rampe de lancement d'aventures impériales contre des cibles comme la Chine, la Russie, etc ; pour mettre en garde toute nation contre tout projet d'indépendance et d'autodétermination face à l'ordre du jour impérial américain, etc.

Voilà pourquoi, depuis 60 ans, crise après crise ont été fabriquées pour maintenir un statut de quasi-guerre constante entre la RPDC et les États-Unis. Pendant les 60 dernières années, les crises fabriquées par les États-Unis ont défini, perpétué et façonné une péninsule coréenne divisée par la force. Ces crises ont été imposées unilatéralement à un adversaire plus faible sous tous aspects par la puissance la plus forte de toutes, qu'on appelle parfois « la seule superpuissance mondiale » en existence depuis les années 1990.

C'est un fait que des confrontations militaires imposées unilatéralement se sont poursuivies entre les deux parties les plus incomparables : la RPDC et les États-Unis. Un des adversaires surpasse l'autre complètement dans tous les aspects (en nombre, qualité, quantité, et en dimension) : richesse, territoire et population et surtout en quantité d'armes de destruction massive dont des dizaines de milliers de têtes nucléaires parmi les plus sophistiquées et destructrices.

La « plus grande puissance du monde » a aussi utilisé unilatéralement pendant des décennies une campagne de démonisation constante à l'échelle planétaire, une campagne de « propagande de guerre » et de « guerre psychologique » contre un adversaire beaucoup plus faible.

On ne peut pas aisément mesurer ou décrire les souffrances humaines qui ont été causées par la division forcée du peuple coréen en général et par le blocus économique continuel, les menaces de guerre, l'isolement politique, les sanctions économiques et le siège contre la RPDC en particulier.

Cela défie toute description et dépasse l'entendement !

On ne peut pas non plus décrire ou mesurer aisément le coût astronomique en ressources humaines et matérielles, en destruction environnementale et en richesse nationale pour la Corée dans son ensemble qu'ont occasionnés la division forcée de la nation depuis 60 ans et la présence militaire américaine continuelle avec un nombre non connu de bases militaires, de soi-disant « exercices militaires » et « exercices de guerre nucléaire » dirigés par les États-Unis.

Les crises fabriquées à répétition, qui aujourd'hui s'expriment dans une déclaration de « guerre totale » et des avertissements de « frappes nucléaires préventives » des deux côtés, et la continuation des souffrances incommensurables semblent avoir maintenant scellé le sort de l'Armistice fragile non respecté, mis au rancart et donc déjà démantelé.

Depuis quatre mois, il semble que la péninsule coréenne, l'Asie du Nord-Est et le monde entier à leur suite sont confrontés à une nouvelle réalité — la possibilité qu'éclate la toute première guerre nucléaire.

Une telle guerre apparaît certainement comme une possibilité réelle à tous les Coréens du nord, du sud et d'outremer (du moins presque tous), aussi réelle que la guerre de Corée de 1950-1953. Il doit probablement en être de même pour un grand nombre de troupes japonaises et américaines stationnées en Corée, au Japon, à Guam, Hawaï et dans les autres bases des États-Unis en Asie-Pacifique.

C'est pourquoi des dizaines de millions de Coréens du nord, du sud et du monde de même que des dizaines de millions de personnes éprises de paix à l'échelle mondiale unissent leur voix en solidarité pour en appeler à la paix, contre la guerre, dans la péninsule coréenne et la région et dans le monde entier.

En conséquence, nous, soussignés, provenant non seulement de la péninsule coréenne et de l'Asie du Nord-Est mais de partout dans le monde, joignons les dizaines de millions de Coréens du nord, du sud et du monde pour mettre de l'avant les demandes suivantes :

Que l'Armistice soit remplacé par un Traité de paix permanent signé par les parties concernées soit la RPDC, la Chine, les États-Unis/Nations Unies/Corée du Sud ;

Qu'une fois le traité de paix signé les troupes des États-Unis quittent immédiatement et pour toujours le sol coréen afin que les Coréens du nord, du sud et du monde puissent commencer leur travail pour la Réunification souveraine et pacifique sans ingérence aucune de la part de puissances étrangères ;

Que la région de l'Asie-Pacifique soit appuyée dans ses efforts pour bâtir un avenir nouveau de coexistence pacifique et de prospérité régionale pour tous ;

Que la péninsule coréenne, la région Asie-Pacifique et le monde entier ne soient plus l'objet de manipulations de la part des fauteurs de guerre internationaux, des complexes militaro-industriels et des puissances hégémoniques brandissant la force qui font tout pour accroître les tensions militaires dans la région et dans le monde au détriment de la paix, de la sécurité et de la prospérité de l'humanité toute entière.

Victoire à la paix et non à la guerre !
Remplaçons l'Armistice déjà démantelé par un Traité de paix permanent !

Écrit au nom des dizaines de millions de Coréens épris de paix du nord, du sud et d'outremer, une des plus grandes coalitions jamais formées en Corée du sud, « l'Action populaire contre la guerre et pour la paix (AWPAPA) », une coalition dirigée collectivement par M. Han Choong Mok ( président de la Solidarité coréenne progressiste), Madame Sohn Mee Hi ( présidente de Solidarité nationale des femmes), M. Yang Sung Yoon (président du Comité d'urgence des syndicats démocratiques) et le Révérend Jo Hun Jung. 4th Media présente ce document à nos supporters et amis dans le monde en ce jour du 18 mai.

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La vérité sur la crise nucléaire en Corée

La première guerre nucléaire de l'histoire est une possibilité réelle sur la péninsule coréenne.

Des missiles portant des têtes nucléaires sont sur leurs rampes de lancement, prêtes à être tirées à tout moment contre les bases ennemies. Pour la première fois dans l'histoire, deux adversaires dotés d'armes nucléaires sont prêts à aller en guerre.

L'attention du monde entier se porte sur la péninsule coréenne.

Les points essentiels du débat dans l'arène politique internationale sont les suivants : si une guerre nucléaire va éclater, aujourd'hui ou demain ; comment évaluer cette situation critique ; qui en est la cause et qui doit en rendre des comptes.

Les experts sont divisés sur cette question très sérieuse.

Certains attribuent les mobiles et l'origine de la crise à notre république. On ne peut pas se permettre de traiter cette affirmation à la légère.

Leur explication est la suivante ; Qu'ayant enfreint l'ordre mondial, nous sommes dans une situation de résistance à la pression des États-Unis, ce qui a mené à l'aggravation extrême de la tension sur la péninsule. On ne peut qualifier cette assertion autrement que de sophisme pour faire passer le noir pour le blanc.

Du point de vue géographique, la péninsule coréenne est située à un point stratégique où les intérêts de certaines des plus grandes puissances s'entrecroisent et où de nombreux problèmes historiques n'ont toujours pas été résolus.

La crise nucléaire actuelle sur la péninsule est devenue une question d'envergure mondiale parce qu'elle renferme des problèmes très complexes. La question coréenne n'est pas un problème de relations intercoréennes ou une dispute régionale au sein d'un pays. La question coréenne origine de l'occupation de la Corée du sud par les États-Unis, une question vieille de 60 ans qui n'est toujours pas résolue et un problème international auquel on doit apporter solution. Les États-Unis sont l'agresseur et la Corée du sud est la colonie sous occupation américaine. La question coréenne est donc essentiellement un face-à-face entre notre République, l'État non agresseur, et les États-Unis, l'État agresseur.

L'objectif stratégique des décideurs politiques des États-Unis est d'envahir notre république, de pousser la Ligne de démarcation militaire jusqu'aux fleuves Amnok et Tuman [1] et de bâtir une tête de pont pour cerner la Chine, la Russie et s'emparer du continent eurasien. Aux yeux des stratèges des États-Unis, notre république et la Corée du sud ne sont rien de plus qu'une tête de pont pour leur invasion du continent eurasien.

Les États-Unis sont les ennemis de notre nation et les autorités de la Corée du sud ne sont que l'exécuteur de la politique coloniale américaine et de la chair à canon bon marché.

Aujourd'hui, sur la péninsule coréenne, une confrontation est en cours entre notre république, qui défend une cause juste, et les États-Unis qui défendent une cause injuste.

L'humanité ne possède qu'un seul critère pour distinguer la justice de l'injustice et cela ne changera jamais.

Il n'y a eu aucun changement en ce qui concerne la position révolutionnaire du Parti des travailleurs de Corée et du peuple coréen de demeurer fidèles à leurs obligations internationales alors qu'ils avancent sur la voie de l'indépendance, du Songun[2] et du socialisme. Et rien n'a changé non plus en ce qui concerne la politique américaine d'invasion de notre république qui vise à étendre la sphère de domination des États-Unis.

Pendant la Guerre de Corée, les États-Unis ont essayé d'utiliser la bombe atomique contre le peuple coréen, mais ils ont échoué. Dans la période de l'après-guerre, les États-Unis ont commencé à expédier des armes nucléaires en Corée du sud sur une vaste échelle.

Le gouvernement de notre république a considéré la dénucléarisation de la péninsule coréenne comme une question vitale pour l'avenir de la nation et pour satisfaire au besoin urgent de la paix et de la sécurité mondiale, et elle a fait tout en son pouvoir pour prévenir l'expédition par les États-Unis d'armes nucléaires en Corée du sud.

L'approche des États-Unis a été diamétralement opposée. Très tôt la Corée du sud est devenue le plus grand arsenal nucléaire de l'Extrême-Orient et une tête de pont des États-Unis pour l'agression en Asie.

Si, dans un conflit entre deux pays engagés dans des relations d'hostilité entre eux, une des deux parties possède des armes nucléaires et l'autre non, le danger de guerre nucléaire est certainement plus grand.

Afin de faire échec aux machinations des États-Unis pour la guerre nucléaire et de défendre la paix en Corée et en Asie, nous avons dû prendre une décision - celle de nous doter d'armes nucléaires.

Rappelons-nous les années 1960 et le tollé qu'il y a eu parmi les cercles dirigeants des États-Unis quand la nouvelle a éclaté à l'effet que des missiles étaient en train d'être déployés à Cuba.

Les gens raisonnables ne devraient pas oublier les expériences malheureuses qu'ils ont vécues et ne devraient pas en imposer de semblables à d'autres. La conclusion que nous avons finalement tirée est qu'il n'y a d'autre choix que d'opposer les armes nucléaires aux armes nucléaires.

Puisque les États-Unis s'affairent à nous priver de nos armes nucléaires et à renverser notre système, notre Parti a dû mettre de l'avant une ligne nouvelle de développement en parallèle de la croissance économique et de la construction d'armes nucléaires et cette ligne a été codifiée dans la loi.

Certains disent que nous utilisons notre possession d'armes nucléaires pour nous donner un avantage dans les négociations. Cela est faux. Quiconque le prétend est un menteur.

Notre confrontation totale avec les États-Unis vise à mettre fin à un demi-siècle de politique marquée par l'hostilité envers notre république et de mettre fin au chantage nucléaire des États-Unis et de réussir la réunification nationale de la Corée.

La conclusion est claire.

Ce sont les États-Unis qui portent le blâme de la crise pouvant aller jusqu'à la guerre nucléaire qui s'est maintenant emparée de toute la péninsule coréenne.

Notre position est de répondre aux armes nucléaires avec nos propres armes nucléaires — arme nucléaire pour arme nucléaire — et c'est une juste position.

Les États-Unis doivent agir à tête froide, considérer la situation sobrement et prendre la décision hardie de mettre fin à la crise nucléaire actuelle sur la péninsule coréenne.

* Rodong Sinmum est l'organe du Comité central du Parti des travailleurs de Corée.

Notes

1. Le fleuve Amnok (connu en Chine comme le fleuve Yalu) et le fleuve Tuman forment la frontière nord entre la République populaire de Corée et la Chine et la Russie.

2. Le Songun ou politique donnant la priorité aux questions militaires a été établi par le président Kim Il Sung en 1930 dans le contexte du bilan de l'expérience révolutionnaire du peuple coréen jusqu'à ce jour. Selon la politique Songun d'auto-défense nationale, la révolution est propulsée, va de l'avant et remporte la victoire sur la base de la force des armes. C'est en application de cette politique que la RPDC fait tout en son pouvoir pour assurer l'indépendance et la sécurité de la nation et du peuple contre les menaces militaires et le chantage nucléaire de l'impérialisme américain et de ses alliés, ce qui comprend le développement des armes nucléaires.

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