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Numéro 74 - 3 mai 2013
40e élection
générale en Colombie-Britannique
L'enjeu de cette élection
Les enseignants de la
Colombie-Britannique s'engagent dans la campagne électorale pour
défaire les libéraux.
Ci-dessus: lors du passage de la caravane de la première
ministre Christy Clark à Cranbrooke le 1er mai 2013.
40e
élection générale en Colombie-Britannique
• L'enjeu de cette élection
• Le rejet de la vision centrée sur le
capital des monopoles
• La santé est un droit!
• Qui decide? Il faut un contrôle public
des ressources naturelles
Frauduleux programme
d'austérité en Alberta
• Une autre manoeuvre scandaleuse pour payer
les monopoles de l'énergie - Dougal MacDonald
Opposition à
l'ordre du jour antiouvrier en Ontario
• Les travailleurs du LCBO défendent
leur droit à un moyen de subsistance
• Comment se joue l'ordre du jour antiouvrier
au parlement - Jim Nugent
40e élection
générale en Colombie-Britannique
L'enjeu de cette élection
L'élection du 14 mai arrive juste deux
semaines après les actions du Premier Mai. Les travailleurs de
la Colombie-Britannique ont exprimé leurs préoccupations
dans ces actions. La campagne électorale actuelle ne
reflète pas ces préoccupations. Cela révèle
le problème que cette élection soulève, à
savoir si elle va transformer la volonté populaire en
volonté légale sous la forme d'un nouveau parlement ou si
c'est quelque chose d'autre qui va se passer. Cette question surgit
parce que ce n'est pas le peuple qui fixe l'ordre du jour, mais les
soidisant grands partis qui parlent à travers les médias
monopolisés. Fidèles à leurs propriétaires,
les médias monopolisés mettent de l'avant les
intérêts monopolistes et le droit de monopole. Tout ce qui
les intéresse c'est de faire des campagnes de relations
publiques en faveur de ces intérêts et non de former ce
qu'on appelle l'opinion publique en informant le corps politique de ce
qui est en jeu de façon à défendre
l'intérêt public. La société civile qui
reposait sur ce qu'on définissait comme étant
l'intérêt public a été jetée
par-dessus bord. Elle a été formée au tournant du
siècle dernier par les intérêts des
possédants, les hommes blancs jouissant de
propriété. Elle a mis toutes les ressources de la
société à la disposition de ces
intérêts, en opposition à toute autre forme de
propriété ou tout autre mode de vie, tels ceux des
Premières Nations, les gens d'origine
« orientale », etc. Les individus qui avaient de
la propriété, les colons et les petits et moyens
entrepreneurs ont été amenés à croire que
pour défendre leurs intérêts, ils devaient craindre
l'usurpation de leurs droits par les Premières Nations et non
par les intérêts monopolistes, bien que ce soient ces
derniers qui les aient usurpés.
Il est clair aujourd'hui que ce sont les
intérêts monopolistes qui constituent le gouvernement et
ont usurpé le pouvoir décisionnel. La
société civile basée sur ce qu'on appelait le
droit public n'existe plus. C'est pourquoi l'histoire a chargé
la classe ouvrière de Colombie-Britannique, du Canada et du
monde de créer un corps politique à son image, une
société faite pour les travailleurs qui créent la
richesse et dépendent de la société pour leur
existence et leur bien-être. Le programme de la classe
ouvrière ne peut pas être autre chose que d'humaniser
l'environnement naturel et social et pour cela il faut que les
travailleurs deviennent un pouvoir organisé qui arrête de
payer les riches et augmente les investissements dans les programmes
sociaux.
Accomplir ce programme pendant cette élection
signifie se mobiliser pleinement pour défaire les
libéraux, y compris défaire la première ministre
Christy Clark dans son comté. C'est possible si une force
organisée est déterminée à défaire
la machine libérale, qui travaille à la faire
réélire, en mobilisant suffisamment de gens pour voter
contre elle, en agissant avec l'ampleur requise pour une
élection générale et non ce qu'on voit dans une
élection partielle. Il est important aussi de consolider le vote
de l'opposition aux libéraux dans les comtés où le
candidat libéral ou de l'opposition a gagné de justesse
lors de la dernière élection. Tout le monde doit mettre
la main à la pâte ! Nous devons former des
comités pour défaire les libéraux et continuer
à défendre l'intérêt public, y compris
après l'élection en forçant le nouveau
gouvernement quel qu'il soit à être redevable ! Votre
député ne doit pas être actif uniquement au
parlement. Il doit vous faire rapport de l'ordre du jour qui se joue au
parlement, que le parti auquel il appartient l'appuie ou non. Les
affaires politiques de la province appartiennent à tout le
monde. Elles ne sont pas le domaine privé des partis politiques
ou des députés pris individuellement.

Le rejet de la vision centrée
sur le capital des monopoles
La veille du Premier Mai, les quatre partis politiques
que les médias monopolisés considèrent comme
pouvant être élus ont été invités
à un débat télévisé et
radiodiffusé en direct. L'objectif des médias
monopolisés était de s'assurer qu'une alternative
centrée sur l'être humain visant une nouvelle direction de
l'économie serait totalement absente du discours politique
officiel et le débat a certainement été une
réussite à cet égard. Ce qui est également
ressorti, c'est l'effort de la cabale néolibérale de
Christy Clark pour la faire réélire sur la base d'un
ordre du jour et d'une pratique qui ont déjà
endetté massivement la Colombie-Britannique aux oligarques
financiers, qui ont remis les ressources et les infrastructures de la
province aux monopoles étrangers du pétrole et du gaz
naturel et ont refusé de s'attaquer aux nombreux
problèmes auxquels la province fait face.
Il faut rejeter la vision centrée sur le capital
Lors d'une entrevue
à la radio de CBC le 30 avril, Jock Finlayson, le
vice-président exécutif et responsable des politiques du
Business Council de Colombie-Britannique, a présenté la
vision centrée sur le capital des monopoles. Il a dit que
l'économie de la Colombie-Britannique est très petite,
avec un PIB de 240 milliards $ et un budget gouvernemental de
42 milliards $, une économie plus petite que celle du
Dallas métropolitain au Texas. En plus, Finlayson a dit que de
son point de vue de porte-parole des monopoles, le gouvernement a une
sphère d'action limitée parce que le sort de
l'économie de la province est déterminé de
l'extérieur. Selon lui, les facteurs cruciaux sont les
marchés financiers, les taux d'intérêts et les
marchés d'exportation, toutes des choses contrôlées
par l'oligarchie financière internationale. Il en conclut que
ça n'a pas trop d'importance qui formera le gouvernement. Le
vrai problème, a-t-il ajouté, est que la
productivité de la main-d'oeuvre est en déclin et selon
lui les travailleurs de la Colombie-Britannique sont responsables de la
pression à la baisse qui est faite sur le taux de rendement des
investisseurs de capital en Colombie-Britannique.
Tous ces préjugés et ces dogmes
intéressés au sujet du caractère décisif
des facteurs externes sur ce qui se passe dans la province sont
propagés pour créer la passivité. En plus, la
prétention que les travailleurs sont un « coût
de production trop élevé » et une force
productive qui génère trop peu de profits est non
scientifique, régressive et antisociale. Ses opinions
reflètent l'intérêt privé des
propriétaires du capital dont la mission dans la vie, dans les
conditions des crises continuelles du système capitaliste, est
de préserver le taux de rendement sur leur capital au
détriment des travailleurs et sans égard à la
destruction de l'environnement naturel et social. Finlayson articule
l'obsession d'une classe dirigeante finie, en contradiction
complète avec les besoins de la société, un frein
au progrès et au développement et à la
constitution du peuple en un pouvoir qui lui permet de contrôler
sa vie, sa politique et son économie.
Les travailleurs de Colombie-Britannique s'opposent
à la vision centrée sur le capital du Business Council de
Finlayson et d'autres organisations du même acabit. Ils peuvent
exprimer leur rejet de cette vision hostile en devenant une force qui
commande le respect dans cette élection. À chaque
progrès qu'ils font dans l'organisation de la défaite de
l'ordre du jour néolibéral dans cette élection,
ils affirment leur droit d'exercer leur contrôle sur les affaires
économiques et politiques de la province et du pays.

La santé est un droit!
La vaste majorité des Britanno-Colombiens sont
d'opinion que les services de santé pour tous sont un droit et
que le gouvernement a le devoir de l'affirmer. Le gouvernement de
Christy Clark n'est évidemment pas du même avis. On le
voit entre autres par le manque de financement dans ce secteur. Les
dépenses en santé sont limitées à une
certaine hausse annuelle peu importe les besoins de la population.
Dans son budget de février 2013, le gouvernement
libéral a réduit les dépenses en santé de
234 millions $ alors que le budget de la santé
était déjà très loin de répondre aux
besoins. Le gouvernement a également haussé les
cotisations au régime d'assurance-maladie de la province, le
Medical Services Plan. C'est la sixième fois que ces cotisations
sont augmentées en cinq ans et elles sont maintenant 90 %
plus élevées que lorsque les libéraux ont pris le
pouvoir en 2011.
Le terrain avait déjà été
préparé par le gouvernement Harper avec la limite qu'il a
imposée aux paiements de transfert aux provinces en
matière de santé. Lors d'une rencontre avec les premiers
ministres provinciaux à Calgary en décembre 2011, le
ministre des Finances du Canada Jim Flaherty a annoncé une
nouvelle formule de transferts fédéraux, ajoutant que
c'était à prendre ou à laisser. Selon le Service
du budget, la nouvelle formule signifiera 30 milliards $ de moins
pour les provinces entre 2014 et 2024. Les transferts seront
limités à une hausse de 6 % jusqu'à mars
2017 et à une indexation aux coûts de la vie plus le
taux de croissance du PIB jusqu'en 2024, sans considération pour
les coûts encourus par les provinces et le Québec.
La formule imposée par Flaherty comprend aussi
des mesures pour calculer le transfert strictement sur la base de la
croissance démographique. Les premiers ministres des provinces
atlantiques, où la croissance des dépenses en
santé per capita est relativement élevée à
cause de la taille de la population et l'exil des jeunes travailleurs,
ont réagi vivement.
Les services de santé pour tous sont un droit et
le gouvernement de la Colombie-Britannique a le devoir de le garantir.
Garantir des investissements adéquats pour les soins de
santé ne peut pas être ramené à un
énoncé de politique ou soumis à des
définitions intéressées de ce qui est
nécessaire médicalement. Les services de santé ne
peuvent pas être sacrifiés à ce que le gouvernement
estime être un objectif supérieur, comme satisfaire la
demande de l'oligarchie financière internationale qui
réclame une réduction du déficit. Les
Britanno-Colombiens rejettent cette approche antisociale. Ils exigent
que la satisfaction du droit de tous aux meilleurs services de
santé possible soit la considération première et
que le prochain gouvernement garantisse ce droit en pratique.

Qui décide? Il faut un contrôle public
des ressources naturelles
Le Parti libéral de Christy Clark en
Colombie-Britannique prétend que la province recevra une
abondance de richesse en redevances minières si l'on permet la
construction d'usines de gaz naturel liquéfié pour
l'exportation vers l'Asie. Les redevances sont présentées
comme une forme de taxe sur les ressources ou de loyer.
Selon le gouvernement, cette part des revenus de la
vente des ressources de gaz naturel est une compensation suffisante
pour les résidents de la Colombie-Britannique et les
Premières Nations quand ils doivent remettre le contrôle
de ces ressources à des intérêts privés,
principalement les grands cartels étrangers du pétrole et
du gaz naturel. S'il parle ainsi de « juste
compensation », c'est pour détourner l'attention de
la braderie des ressources naturelles publiques et cacher le fait que
l'État verse de grandes quantités de fonds publics aux
intérêts privés engagés dans la construction
et la gestion de ces projets.
Le développement des ressources naturelles doit
être une décision du corps politique, y compris les
Premières Nations, et la richesse que cela génère
doit aller directement dans le trésor public au profit de
l'ensemble de la population, y compris les Premières Nations, et
dans l'intérêt général de la
société. Les ressources naturelles sont un bien public et
rien ne justifie qu'elles se retrouvent dans les mains ou sous le
contrôle d'intérêts privés. Ce principe
inclut le contrôle public de tous les aspects de l'extraction des
ressources, de leur transformation en produits utilisables, de la
détermination des prix de production et de leur distribution et
vente au pays et à l'étranger.
Le gaz naturel en Colombie-Britannique
Non seulement les ressources naturelles sont-elles
remises à des monopoles mondiaux en échange de
très peu, mais la classe ouvrière et le peuple sont
forcés de verser aux cartels de l'énergie, principalement
étrangers, l'argent nécessaire en infrastructures,
investissement ou co-entreprise.
Par exemple, les entreprises qui exploitent le gaz de
schiste par fracturation dans la région de Montney, dans le
nord-est de la province, paient moins de la moitié du coût
de production de l'électricité que leur fournit BC Hydro.
Il s'agit d'une subvention de 150 millions $ par année
versée aux monopoles gaziers. Les pertes qu'encourt ainsi BC
Hydro sont compensées en haussant les tarifs pour les foyers et
certains usagers commerciaux, soit la plupart des petites entreprises.
D'autre part, BC Hydro fait construire des lignes de haute tension dans
la région des gaz de schiste au coût de
255 millions $, une autre forme de subvention.
Pour l'année budgétaire 2012-2013, le
gouvernement prévoit obtenir seulement 144 millions $
en redevances sur l'exploitation de 1,2 milliards de pieds
carrés de gaz naturel.
Parmi les autres stratagèmes pour payer les
riches, il y a le Crédit en redevances pour infrastructure pour
les investissements dans les routes et gazoducs. En février
2013, la première ministre a annoncé que 120
millions $ seront versés aux entreprises aux termes de ce
programme pour l'année.
Puis avec le Programme d'amélioration des routes
rurales, le gouvernement investit dans la construction de routes et de
ponts utilisés ou requis par l'industrie du pétrole et du
gaz naturel. Le projet routier Sierra Yoyo Desan est une entreprise en
partenariat public-privé (P3) pour l'amélioration de la
route qui mène à la rivière Horn et aux bassins de
Cordova. Tout cela profite surtout, et parfois exclusivement, aux
monopoles du forage dans la région de Montney.
À qui les ressources ? Au peuple !
Les ressources naturelles appartiennent au peuple.
L'exploitation et l'utilisation des ressources naturelles doivent se
faire sous le contrôle du peuple et servir ses
intérêts et l'intérêt général
de la société. Le peuple doit profiter entièrement
de l'exploitation, de la transformation et de la distribution des
ressources naturelles. De pair avec le facteur humain, les ressources
naturelles sont le fondement de la vie moderne et de la
société d'aujourd'hui. L'idée de
propriété privée des ressources ou de
contrôle privé du sol où elles se trouvent est
toute aussi dépassée et révoltante que la
propriété privée d'êtres humains.
Le contrôle privé de la terre et des
ressources crée des monopoles et une classe
privilégiée, lesquels exigent ensuite le droit
d'interdire leur utilisation par la vaste majorité de la
population et de priver le peuple et la société des
bienfaits de leur exploitation socialement responsable. Ce
contrôle monopoliste a des conséquences négatives
sur la société et l'environnement. Pour imposer le droit
de monopole, le gouvernement libéral de la Colombie-Britannique,
de concert avec la dictature Harper, a politisé les
intérêts privés des monopoles et
dépolitisé l'intérêt public.
Une des grandes contradictions de la
propriété privée des ressources naturelles est que
leur exploitation nécessite de vastes infrastructures publiques
et autres investissements publics. Sans les fonds publics et l'aide de
l'État sous d'autres formes, les propriétaires
privés ne pourraient pas exploiter les ressources naturelles et
pourtant ils persistent à vouloir exercer un contrôle sur
leur exploitation et sur la valeur qui en ressort.
D'autre part, personne ne s'occupe, du moins pas de
façon socialement responsable, des conséquences sociales
et naturelles de cette exploitation puisque l'objectif est le gain
privé. L'assaut de la dictature Harper contre la
réglementation environnementale et la politique du régime
libéral de Christy Clark favorable à l'exploitation
minière et aux gaz de schiste pour le compte des monopoles sont
en contradiction avec la notion de responsabilité sociale dans
l'exploitation des ressources. La responsabilité sociale
comprend la nécessité d'enquêter, de prédire
et de résoudre tous les impacts sociaux et naturels
négatifs avant qu'ils ne se produisent.
Le peuple réclame une nouvelle direction pour
l'économie, une direction prosociale, et cela comprend un
contrôle public de l'exploitation des ressources naturelles. Un
pas dans cette direction vers l'harmonisation de l'environnement
naturel et de l'environnement social est de dire Non ! à la
braderie et aux stratagèmes pour payer les riches du
gouvernement libéral de Christy Clark en Colombie-Britannique
à l'élection du 14 mai.

Frauduleux programme
d'austérité en Alberta
Une autre manoeuvre scandaleuse pour
payer les monopoles de l'énergie
- Dougal MacDonald -
Le gouvernement Redford et
ses prédécesseurs conservateurs ont une longue tradition
de payer les riches. Des milliards de dollars ont été
versés aux monopoles de l'Alberta au cours des ans, en
particulier aux monopoles de l'énergie. La quantité de
revenu que les monopoles sont tenus de verser au trésor
provincial continue de baisser, ce qui affecte à la baisse et de
façon draconienne les investissements dans les programmes
sociaux, les services publics et l'entreprise publique. Le budget du
7 mars a réduit les revenus que touche le gouvernement
« des ressources non renouvelables » d'un bon
34 %. Les monopoles bénéficient en surcroît de
milliards additionnels par le biais de subventions, d'incitatifs, de
construction d'infrastructure nécessaire à leurs projets
et d'autres manoeuvres qui n'ont pas de fin. Le montant réel des
sommes qui sont systématiquement remises entre les mains des
monopoles (il faut exiger qu'ils soient rendus publics) est
gardé secret par les élites dirigeantes, mais nul doute
qu'il se chiffre en milliards de dollars.
Le gouvernement albertain continue également
d'inventer de nouveaux « programmes
spéciaux » qui sont en fait de nouvelles manoeuvres
pour payer les riches en remettant des milliards additionnels aux
monopoles. Un de ces programmes, le « Programme d'innovation
des technologies de l'énergie » (PITE), remet de
l'argent aux monopoles pour qu'ils développent de nouvelles
technologies, dans le but avoué de détourner les
critiques qui sont faites des niveaux croissants d'émissions de
carbone. La semaine dernière, Imperial Oil, une filiale d'Exxon
et l'un des propriétaires du monopole des sables bitumineux
Syncrude, a bénéficié d'une
« indemnité » (une subvention) de
redevances de 10 millions $ pour son projet de processus
d'injection cyclique de solvant (PICS) de Cold Lake. On prétend
que le PICS réduira la quantité d'eau servant à
produire le bitume à partir des sables bitumineux. Un autre
monopole à avoir été choyé avec une
indemnité de redevances de 2,5 millions $ pour sa
technologie de traitement de l'eau est le Canadian Natural Resources
Limited (CNRL), un autre monopole exploitant les sables bitumineux. Un
troisième monopole, Cenovus, a reçu une subvention de 10
millions $ pour son générateur à vapeur
à boucle chimique servant à isoler le dioxyde de carbone
des autres gaz. Cenovus a aussi reçu un financement provincial
additionnel pour un autre projet technologique visant à
améliorer la récupération du pétrole dans
les champs conventionnels.
Quelque temps avant ces versements d'argent, au nom de
l' « austérité fiscale », le budget
provincial du 7 mars a annoncé une coupure de 7,2 %
à l'éducation postsecondaire, une réduction de
près de 147 millions $. Tout en poursuivant ses
réductions dans l'éducation postsecondaire et dans
d'autres programmes sociaux, le gouvernement Redford, par ses faits et
gestes, ne laisse planer aucun doute sur le fait que malgré les
conditions d' « austérité
fiscale », les monopoles de l'énergie vont toujours
être payés. Lorsque questionné au sujet des effets
de l' « austérité fiscale » sur le
programme d'entreposage de carbone du gouvernement Redford
destiné à payer les riches, l'attaché de presse du
ministre albertain de l'Énergie a déclaré :
« Ce sont des engagements que nous avons pris il y a quelque
temps et, bien sûr, il est important que nous respections nos
engagements. » En d'autres mots, l'austérité
fiscale imposée au peuple ne peut pas être remise en
question, mais pour ce qui est des monopoles, les
généreuses subventions vont se poursuivre. Peu importe
les montants promis aux monopoles, ils seront payés sans faute,
tandis que les montants devant être consacrés aux
programmes sociaux peuvent être retirés à tout
moment. Les engagements envers les monopoles de l'énergie seront
respectés, mais les engagements envers le peuple seront rompus
à volonté.
On peut voir avec le programme du PITS que le
gouvernement Redford continuera de payer les riches peu importe ce qui
adviendra. Cela montre une fois de plus que le gouvernement Redford est
le champion des monopoles et non du peuple de l'Alberta et que payer
les riches est au coeur de ses activités. Cela démontre
aussi que les problèmes confrontant la société ne
seront jamais résolus par le gouvernement Redford et que les
Albertains devront eux-mêmes prendre les choses en main. Les
travailleurs, qui sont les producteurs véritables de la richesse
au sein de l'économie socialisée, doivent s'unir pour
défendre leurs droits et assurer la sécurité et la
reproduction de l'économie dont les travailleurs et la
société dépendent. C'est possible de le faire en
privant les monopoles énergétiques et leur
autorité politique du pouvoir de priver le peuple de ses droits.
Le premier pas vers une société moderne planifiée
reposant sur une économie qui subvient à ses besoins et
sert le peuple, c'est un programme économique et politique qui
arrête de payer les riches et augmente les investissements dans
les programmes sociaux.

Opposition à l'ordre du jour
antiouvrier en Ontario
Les travailleurs de la LCBO défendent leur droit
à un moyen de subsistance

Manifestation en
appui aux travailleurs de LCBO pendant le congrès annuel du
Syndicat des employés
de la fonction publique de l'Ontario à Toronto le 25 avril 2013
Les travailleurs de la Régie des alcools de
l'Ontario (LCBO) continuent de gagner de l'appui à leurs justes
demandes. Le 25 avril, pendant le congrès annuel du
Syndicat des employés de la fonction publique de l'Ontario
(SEFPO), plus de 300 personnes ont marché dans les rues de
Toronto jusqu'au bureau central de la Régie pour les appuyer
dans leurs négociations. Ces travailleurs, qui sont membres de
la Division des employés de la Régie des alcools (DERA)
du SEFPO, ont fixé la date de déclenchement de la
grève au 19 mai.
Les travailleurs de la LCBO demandent que l'Ontario soit
une province qui garantit des emplois à temps plein dans des
milieux de travail sécuritaires, avec des avantages sociaux et
des régimes de retraite qui leur permettent de vivre dans la
dignité à la retraite. Ils ne veulent plus du travail
précaire à temps partiel et de conditions de travail
dangereuses. Ils font leur réclamation à l'immense valeur
qu'ils produisent dans ce secteur pour la province de l'Ontario.
Soixante pour cent des travailleurs de la LCBO sont des
employés occasionnels. Ils gagnent en moyenne 26 000 $
par année avant impôts, un montant en deçà
du seuil de pauvreté établi par Statistique Canada. Leur
demande pour un avenir digne de ce nom est juste et
bénéficie à toute la classe ouvrière.
Voilà pourquoi elle se gagne de plus en plus d'appui.
À la manifestation, le président du SEFPO
Warren (Smokey) Thomas a dit que la lutte de la DERA à la table
de négociations est celle de milliers de familles
ouvrières en Ontario. « La question centrale dans ces
négociations est : 'Quelle sorte d'Ontario voulons-
nous ?' Voulons-nous d'un Ontario qui offre de bons emplois
permanents avec des salaires et des avantages sociaux décents,
ou accepterons-nous des emplois à temps partiel, sans
sécurité, qui ne permettent pas à nos familles de
vivre de façon décente ni à nos enfants d'avoir
des possibilités d'emploi ni à nos membres de prendre une
retraite dans la dignité et avec un revenu
adéquat ? », a-t-il demandé.
La LCBO a refusé de répondre avec
sérieux aux demandes des travailleurs même si elle a
déclaré publiquement la semaine dernière qu'elle
avait hâte de retourner à la table de négociations
pour négocier un contrat équitable. Bien que les
négociations se poursuivent, le comité syndical de
négociations constate que l'employeur est
déterminé à leur refuser le droit à des
emplois décents et à leur soutirer des concessions. Le
vote de grève à 95 % témoigne amplement de
l'esprit des travailleurs à vouloir défendre leurs droits.
Piquetages d'informations dans toute la province
Les employés de la LCBO ont organisé des
piquetages d'information le 19 avril devant les succursales de la
LCBO de Sudbury, Ottawa, Thunder Bay, Peterborough, Toronto, Hamilton
et London. Le but était de briser la désinformation
véhiculée au sujet de leurs demandes et de s'adresser
directement au public pour expliquer le pourquoi de leur lutte.

Comment se joue l'ordre du jour
antiouvrier au parlement
- Jim Nugent -
Les travailleurs de l'Ontario sont outrés que les
conservateurs dans l'opposition se servent de Queen's Park comme lieu
d'intimidation pour constamment attaquer les travailleurs ainsi que
leurs droits. Depuis la reprise des travaux à l'Assemblée
législative en février, on a vu un projet de loi
antiouvrier après l'autre être présenté par
les conservateurs sous forme de projets de loi d'initiative
parlementaire. L'opposition ouvrière à cette campagne
s'est exprimée dans des manifestations à
répétition devant le bureau de comté du chef
conservateur Tim Hudak à Beamsville.
Alors que les politiques
antiouvrières des conservateurs ont soulevé la
colère des travailleurs, les libéraux au pouvoir tentent
d'exploiter cette situation à leur avantage en prétendant
avoir une approche plus
« équilibrée » que les
conservateurs. Le gouvernement libéral est bien heureux de
laisser les conservateurs se faire attaquer pour leur rhétorique
antiouvrière tandis que lui, mine de rien, prépare ses
propres mesures contre tout le secteur public. Il invoque les
politiques ouvertement antiouvrières et antisyndicales des
conservateurs comme menace pour dire aux travailleurs qu'ils feraient
mieux d'« accepter volontairement » le plan
d'austérité.
L'ordre du jour législatif antiouvrier de Hudak
et ses tirades contre les travailleurs assistent les libéraux
à se sortir du labyrinthe politique : comment surmonter
leur crise de légitimité auprès de
l'électorat tout en continuant de mettre en oeuvre l'ordre du
jour d'austérité exigé par les riches ? La
crise de légitimité des libéraux a connu de
nouveaux soubresauts lorsque l'ordre du jour d'austérité
des libéraux et des conservateurs a été
défait à l'élection partielle de
Kitchener-Waterloo et avec l'opposition massive au projet de loi 115.
En dépeignant Hudak en extrémiste, ce qui n'est pas trop
difficile à faire, les libéraux espèrent
rétablir la fraude de l'
« équilibre » libéral qui a
été réduite en miettes par l'opposition aux plans
d'austérité.
Les libéraux exploitent l'agressivité que
Hudak exprime envers les travailleurs comme d'une arme pour faire en
sorte que les travailleurs acceptent
« volontairement » l'ordre du jour
d'austérité. Les libéraux brandissent le
« spectre de Hudak » comme un fusil à la
tête des travailleurs du secteur public lors des
négociations, tout comme ils se sont servis du projet de loi
115 et du projet de loi draconien de l'ancien ministre des
Finances Dwight Duncan, la Loi visant à protéger les
services publics, 2012.
La méthode de prédilection des
libéraux dans toute leur campagne d'austérité a
été de feindre de prôner les
« négociations et les partenariats » dans
le secteur public tout en menaçant les travailleurs de
législations visant à priver les travailleurs de leurs
droits s'ils résistent à « l'acceptation
volontaire ». Les stratégistes libéraux
semblent maintenant avoir décidé de laisser les
conservateurs faire le sale boulot de menacer les travailleurs tandis
qu'eux restent les mains propres tout en brandissant les menaces de
Hudak pour imposer leur chantage aux travailleurs.
En affirmant les droits de tous dans la
société et en mobilisant tout le monde derrière
son programme prosocial, l'Opposition ouvrière réussira
à défaire ces tentatives de division dans ses rangs en
fonction des politiques fractionnelles des cercles dominants de
l'Ontario.

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