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Numéro 63 - 18 avril
2013
L'offensive antisociale devient de
plus en plus brutale
Les actions se poursuivent pour le
retrait immédiat des changements à l'assurance-emploi
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Grande
manifestation nationale
Chez nous c'est non au saccage de
l'assurance-emploi!
Montréal,
le samedi 27 avril 2013
Deux départs, un point d’arrivée
• Départ des gens de Montréal et de la région
métropolitaine
Place du Canada, Peel et René-Lévesque
13 h 15
• Départ des gens des autres régions du Québec
Parc Lafontaine, Rachel et Papineau
13 h
• Point d’arrivée: Place des Festivals, Sainte-Catherine Ouest
et Jeanne-Mance
Tous sont priés d’arriver au point de départ vers midi
Organisée par la Coalition
québécoise contre la réforme de l'assurance-emploi
Information: nonausaccage.com |
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L'offensive
antisociale devient de plus en plus brutale
• Les actions se poursuivent pour le retrait
immédiat des changements à l'assurance- emploi
• Les manifestations se poursuivent pour exiger
le retrait des coupures à l'aide sociale - Serge
Lachapelle
• Les directeurs de santé publique
demandent qu'on renonce à l'application du nouveau
règlement
Programme des
travailleurs étrangers temporaires
• La Fédération du travail de
l'Alberta demande une enquête - Peggy Morton
L'offensive antisociale devient de plus
en plus brutale
Les actions se poursuivent pour le retrait
immédiat des changements à l'assurance-emploi
Des actions se poursuivent tous les jours pour demander
le retrait immédiat des changements antisociaux effectués
par le gouvernement Harper au programme de l'assurance-emploi et pour
mobiliser en vue de la manifestation nationale du 27 avril à
Montréal où des gens de tout le Québec sont
attendus.
Le 7 avril, la Coalition québécoise contre
la réforme de l'assurance-emploi a fait connaître son plan
d'action pour la période qui vient, menant à la
manifestation du 27 avril, qui comprend des manifestations dans le plus
grand nombre de localités possibles, dont des visites
éclair impromptues dans des édifices du gouvernement
fédéral.
Percé
Le 8 avril, environ 400 personnes ont manifesté
à Percé contre la réforme de l'assurance-emploi du
gouvernement conservateur. La manifestation s'est tenue au coeur du
village de Percé, symbole touristique de la Gaspésie.
L'industrie emploie essentiellement des travailleurs saisonniers. On
estime qu'environ 800 personnes seraient prestataires de
l'assurance-emploi à Percé, dans le secteur touristique
comme dans celui des pêches. Plusieurs manifestants ont
déclaré vivre ce qui est appelé le « trou
noir » qui désigne la période d'attente entre la
fin des prestations d'assurance-emploi et le retour au travail des
prestataires. Cette période sans revenu est une
conséquence directe du resserrement du programme
fédéral qui a mis fin à un projet-pilote mis sur
pied il y a quelques années et qui permettait aux prestataires
de l'assurance-emploi de bénéficier de cinq semaines
supplémentaires de prestation.
Selon les gens de Percé, environ 75 % des
travailleurs touristiques du village seront victimes dans les prochains
jours du « trou noir ». « On sait qu'il y a des gens
qui n'ont plus de prestations présentement et que, pour
d'autres, c'est leur dernière semaine. Alors ce sera tout
Percé qui va se retrouver victime du " trou noir" probablement
au cours des 15 prochains jours », a dit l'un des organisateurs
de la manifestation et guide en saison estivale à
l'Île-Bonaventure, Gilbert Bourget.
Le 9 avril, des travailleurs dont plusieurs sans emploi
de la région de Montréal ont manifesté dansles
bureaux de Service Canada au Complexe Guy-Favreau. Une douzaine
d'organisations syndicales et communautaires membres de la Coalition
montréalaise contre la réforme de l'assurance-emploi ont
participé à cette action-éclair, organisée
sous le même mode que les visites « impromptues »
menées par des enquêteurs de Service Canada au domicile de
certains prestataires de l'assurance-emploi.
« Nous venons nous assurer que personne ne sera
victime de l'odieuse réforme pilotée par la ministre
Diane Finley », a dit Hans Marotte, porte-parole du Mouvement
Action-Chômage de Montréal. « En vertu d'un projet
spécial actuellement en cours, la ministre envoie ses
représentants au domicile de certains prestataires, sans
s'annoncer, pour vérifier si ceux-ci respectent les nouvelles
obligations imposées par la réforme; nous venons
vérifier, quant à nous, si les prestataires sont
traités équitablement par Service Canada et
reçoivent les prestations auxquelles ils ont droit sans se faire
harceler. » Les groupes de défense des chômeurs
rapportent déjà des cas où des prestataires se
sont vus couper leurs prestations, pour des raisons aussi inacceptables
que le simple fait de ne pas avoir été à la maison
pour répondre à un appel téléphonique non
annoncé d'un enquêteur de Service Canada.
Les manifestants ont rappelé que la
réforme de l'assurance-emploi aura des impacts négatifs
certains non seulement dans les régions rurales, mais dans les
grands centres comme Montréal. Manon Perron,
trésorière du Conseil central du Montréal
métropolitain de la CSN, a dit dans un bref discours que
Montréal compte bon nombre d'industries saisonnières,
qu'il s'agisse du tourisme ou de l'hôtellerie, du transport
scolaire, de la construction et de l'enseignement : « Une des
particularités de Montréal, c'est qu'on y trouve un fort
contingent de travailleurs et travailleuses à statut
précaire, employés notamment par des agences de placement
temporaire. La réforme Finley placera ces salariés dans
une position encore plus vulnérable. »
Lac-Mégantic
Plusieurs manifestations ont eu lieu le 11 avril.
Une centaine de personnes ont manifesté devant les bureaux du
député et ministre Christian Paradis à
Lac-Mégantic pour dénoncer la réforme de
l'assurance-emploi.
Boucherville
Une centaine de manifestants, comprenant des
porte-paroles d'organisations syndicales et communautaires ainsi que
des travailleurs à statut précaire de la
Montérégie, se sont rassemblés devant les bureaux
de Service Canada à Boucherville. « Ici, ce sont des
employés qui sont placés dans un bunker, où seuls
les fax se rendent. Personne dans la population ne connaît cet
édifice. Ces employés vont être attaqués
aussi et deviendront des chômeurs », a dit Fernande
Lévesque, vice-présidente du Conseil central de la
Montérégie-CSN. « C'est un vrai saccage, il n'y a
plus d'emplois convenables. Là, on doit prendre un emploi
à moins cher que son salaire, accepter moins d'heures et se
rendre à 100 km de chez soi », a affirmé France
Turcotte, du Comité des chômeurs de la
Montérégie-CSN.
Mont-Laurier
Plus d'une centaine de personnes ont également
manifesté leur mécontentement à Mont-Laurier,
jeudi midi. La manifestation comprenait une station devant les bureaux
de l'assurance-emploi où des manifestants ont symboliquement
mangé quelques croûtes pour illustrer la pauvreté
qui les attend au détour de cette réforme. Ouvrier
sylvicole à la Coopérative forestière des
Hautes-Laurentides, Sébastien Brault, porte-parole de la
Coalition régionale contre la réforme de
l'assurance-emploi, a déclaré son inquiétude face
aux effets qu'aura la réforme Harper. « La forêt,
c'est mon domaine, a-t-il dit. Mais compte tenu de l'instabilité
et de la pauvreté encore plus grande qui attendent les
travailleurs saisonniers avec cette réforme, je pense à
me réorienter vers un travail de bureau. Travailler à 10
$ de l'heure et dépenser 20 $ d'essence par jour pour un emploi
« convenable » au sens de la nouvelle loi, ça ne me
tente pas du tout. » Une manifestation d'environ 50 personnes
s'est aussi tenue à Mont-Tremblant le même jour.
Mont-Tremblant
Chandler
16 avril 2013
Gatineau
Fredericton

Il y a eu des manifestations contre l'élimination
du Conseil arbitral au Nouveau-Brunswick le 5 avril, notamment à
Moncton, Fredericton, Sussex, Saint-Jean et Miramichi. À
Fredericton, on a organisé une procession funéraire de
style louisianais pour marquer la mort du Conseil arbitral. La
procession a déambulé dans les rues du centre-ville
jusqu'aux bureaux de Service Canada où les manifestants ont tenu
une vigile. Le comité contre l'annulation des conseils arbitraux
a distribué une déclaration dans laquelle il dit que
« le 1er avril, le Conseil arbitral de l'assurance-emploi a
cessé d'exister. Après 65 ans d'existence, une des
instances d'appel les plus efficaces et les plus démocratiques
est tombée sous la hache du gouvernement fédéral.
Nos huit députés avaient leurs mains sur cette hache et
devraient avoir honte de ce qu'ils ont fait. [ ]
« Le Conseil arbitral a été
remplacé par le Tribunal de la sécurité sociale.
Ce tribunal s'occupera de l'assurance-emploi, du Régime de
pensions du Canada et de la Sécurité de la vieillesse. Il
sera composé de 74 membres à temps plein, dont la
moitié s'occupera de l'assurance-emploi, payés entre
90 800 $ et 107 900 $ par année.
« Un des principaux problèmes est que deux
des partenaires, les travailleurs et les employeurs, ont
été complètement éliminés du nouveau
tribunal. On nous laisse avec des bureaucrates qui prendront des
décisions touchant le moyen de subsistance de milliers de
travailleurs et leurs familles sans même entendre le travailleur
qui fait appel. [ ] »
Hamilton
Les syndiqués de la section locale 1005 du
Syndicat des métallos à Hamilton ont pris la
décision de se joindre aux travailleurs de tout le Québec
qui se rendent à Montréal le 27 avril pour protester
contre les coupures brutales du gouvernement Harper au programme de
l'assurance-emploi. Le local 1005 se joint régulièrement
aux lignes de piquetage organisées par les conseils syndicaux
à Simcoe, en Ontario, où se trouvent les bureaux de la
ministre du Chômage et des Ressources inhumaines Diane Finley.
Le métallo qui a présenté la
résolution à l'effet d'aller à Montréal a
fait remarquer que plusieurs syndiqués du local 1005 travaillent
à l'emploi de Max Aicher North America et ont une
expérience directe des conséquences des modifications
apportées à l'assurance-emploi par le gouvernement
Harper. Il a dit : « L'assurance-emploi pour laquelle les
travailleurs ont des déductions sur leur chèque de paye
est là pour les protéger quand ils perdent leur emploi;
cet argent n'appartient pas au gouvernement. J'ai été
témoin de coupures drastiques dans notre système depuis
23 ans. La plupart d'entre nous qui travaillons chez US Steel avons
tiré de l'assurance-emploi durant le lockout de novembre 2010.
C'est crucial que nous soutenions nos confrères et consoeurs qui
protestent contre cette réforme brutale. »

Opposition à l'offensive
antisociale du gouvernement du Québec
Les manifestations se poursuivent pour exiger le
retrait des coupures à l'aide sociale
- Serge Lachapelle -

Montréal le 11
avril 2013
À moins d'un mois de la 40e Semaine de la
dignité des personnes assistées sociales, des centaines
d'entre elles ont manifesté à travers le Québec le
11 avril pour exiger le retrait des coupures à l'aide
sociale. Des actions se sont tenues à Montréal,
Québec, Sherbrooke, Chicoutimi et Rimouski. À
Québec, plusieurs manifestants ont également
témoigné de l'urgence de mettre fin à ces coupures
en tenant une vigile de 24 heures de résistance devant le
ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale. Ces
actions se tiennent au moment où la ministre de l'Emploi et de
la Solidarité sociale a annoncé le 9 avril qu'elle
augmenterait le montant des prestations des personnes seules. On ne
connaît pas le montant de cette hausse ni
l'échéancier de cette promesse. Ce que l'on sait et c'est
ce que tous dénoncent d'une seule voie: les coupures
annoncées seront maintenues.
À Montréal, plus de 500 manifestants se
sont donné rendez-vous à 11 heures au Parc
Émilie Gamelin. Quelques personnes assistées sociales ont
pris la parole pour souligner que les prestations actuelles
mènent à de graves violations de leurs droits que ce soit
les droits à la santé, à l'éducation, au
logement. Ce qui est également ressorti c'est que la seule
façon d'affirmer sa dignité, c'est de lutter pour la
reconnaissance de ses droits. Le plus récent numéro de Forum
ouvrier qui fait une large place au mouvement contre la
réforme de l'assurance-emploi a été très
apprécié par les organisateurs et les manifestants.
Plusieurs ont souligné qu'il s'agissait d'une même attaque
contre les plus vulnérables.
Outré par la déclaration méprisante
de la ministre Maltais qui a accusé le 9 avril le Front
commun des personnes assistées sociales du Québec
(FCPASQ) de « faire des boutons » à cause
de sa « position idéologique », la
porte-parole du FCPASQ a dit : « On refuse
l'appauvrissement des gens exclus du marché du travail...La
ministre peut offrir des programmes d'aide à l'emploi aux
personnes sans couper leur prestation d'aide sociale, c'est d'ailleurs
ce qui se fait déjà et il y a même des listes
d'attente dans certaines régions », a-t-elle
ajoutée.

Rimouski
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Elle a également commenté un autre aspect
de la réforme qui limite l'accès aux soins pour les
personnes toxicomanes. « La jurisprudence a confirmé
que la dépendance devant mener à des traitements de
toxicomanie est une maladie associable à un handicap au sens de
la Charte. Ce que la ministre veut faire c'est limiter l'accès
à des traitements pour un handicap, mais seulement pour les
personnes appauvries pour se payer des traitements. Si ça ce
n'est pas de la discrimination, je me demande bien ce que
c'est. »
Puis le cortège a emprunté la rue
Sainte-Catherine pour se rendre devant les bureaux du Parti
Québécois où l'on a fait entendre haut et fort les
revendications. Comme l'ont souligné les organisateurs, les
actions se tiendront tant que les coupures ne seront pas
retirées.
La veille, le Collectif pour un Québec sans
pauvreté a tenu un point de presse à Montréal avec
ses alliés. « Cette réforme va appauvrir les
plus pauvres, assure la présidente du Collectif, Joan Tremblay.
Ce seul argument devrait convaincre la ministre Maltais de retirer son
projet de réforme. »
Gaétan Châteauneuf, président du
Conseil central du Montréal métropolitain-CSN, regrette
quant à lui que l'ensemble de la réforme soit basé
sur des mesures contraignantes. « Historiquement, adopter
des mesures coercitives n'a jamais fonctionné. Ces personnes ont
besoin d'aide pas, de se faire couper le peu qu'elles ont. »
La vice-présidente du Syndicat de la fonction
publique et parapublique du Québec (SFPQ), Denise Boileau
s'interroge sur la volonté de la ministre Maltais qui a
assuré que chacune des personnes touchées par la perte
des allocations spéciales de l'aide sociale aura droit à
une rencontre avec un intervenant. « C'est beau de vouloir
faire des miracles, mais déjà, les agents dans les
bureaux d'employabilité sont surchargés. En 10 ans, le
réseau a subi 25 % de coupures. »

Saguenay
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Elle ajoute que, dans certains CLE (Centre local
d'emploi), il y a déjà trois semaines d'attente pour un
assisté social qui veut obtenir une entrevue en
employabilité.
« Il ne faut pas oublier que ce n'est pas une
nouvelle mesure, ce que la ministre Maltais promet,
précise-t-elle. Ce sont donc des gens qui vont s'ajouter
à ceux qui sont déjà en démarche
d'employabilité. »
« Oui, on veut offrir des services, mais ces
services-là doivent avoir une qualité humaine,
insiste-t-elle. On travaille avec des personnes qui ont des
cheminements difficiles, alors il faut donner à nos agents les
moyens de les accompagner correctement. »
La ministre Agnès Maltais a également
promis que les programmes d'employabilité pourront se
poursuivre, au besoin, en précisant qu'Emploi Québec
« n'abandonnerait personne ».
Mais comme l'a mentionné la présidente de
la Fédération des femmes du Québec, Alexa Conradi,
en marge du point de presse. « Les parents qui n'ont pas les
moyens de payer une garderie — puisque les nouvelles places promises en
service de garde tardent à arriver — et les proches aidants,
notamment, ne pourront pas se libérer pour suivre ce
parcours. »
Elle a ajouté que les femmes seront celles qui se
retrouveront le plus souvent dans ces situations.
« Ces mesures vont-elles déboucher sur
des emplois décents ? » se demande quant
à lui le vice-président de la Centrale syndicale du
Québec (CSQ), Pierre Jobin. « C'est certain qu'avec
une formation de qualité, on peut arriver à sortir de
façon définitive les personnes de l'aide sociale. Mais si
c'est pour un contrat de six mois, et que le cycle doit être
constamment refait, ce n'est pas une façon positive de combattre
la pauvreté. »
Un
revenu décent pour tous et toutes !
(Photos:
LML,
Courrier
du Saguenay, Thérèse Martin)

Les directeurs de santé publique demandent qu'on
renonce à l'application du nouveau règlement
Dans un mémoire commun intitulé «
Modifications à l'aide sociale : Éviter
l'irréparable en évaluant les impacts sur la santé
» et publié le 11 avril, les
directeurs de la santé publique du Québec demandent au
ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale (MESS),
de renoncer à appliquer les modifications à l'aide
sociale proposées en février dernier.
« Malgré les aménagements possibles
évoqués cette semaine par madame Maltais, nous demeurons
unanimes : il est essentiel de procéder d'abord à
une évaluation des impacts sur la santé des personnes
visées par les changements, conformément à la
Loi sur la santé publique », affirme le Dr
Richard Massé, directeur de santé publique de
Montréal.
On estime que plus de 25 000 ménages
québécois seront visés par le nouveau
règlement. Selon les directeurs de santé publique, ces
changements à l'aide sociale pourraient entraîner des
effets négatifs sur la santé de milliers de familles,
d'adultes et d'enfants en les appauvrissant davantage. « Il
faut éviter à tout prix de fragiliser des gens qui vivent
déjà sous le seuil de faible revenu »,
précise le Dr Gilles W. Grenier, directeur de santé
publique de la Mauricie et du Centre-du-Québec. La
pauvreté est en effet associée au développement de
nombreuses maladies chroniques, ainsi qu'à des problèmes
de santé mentale et à des retards dans le
développement des enfants. Par ailleurs, la pauvreté chez
les jeunes peut avoir des effets sur leur santé qui se
prolongent tout au long de leur vie.
Comme le souligne le communiqué :
« Actuellement, les prestations d'aide sociale ne couvrent
en général qu'environ 50 % des besoins de base d'une
personne vivant seule et apte au travail, et environ 76 % des
besoins de base d'une jeune famille. Le nouveau règlement
prévoit abolir le versement de l'allocation pour contrainte
temporaire à l'emploi de 129 $ par mois aux couples ayant
un enfant de moins de 5 ans et aux personnes de 55 à
57 ans considérées aptes au travail. De plus, le
versement des prestations spéciales pour couvrir les frais
d'hébergement des personnes en démarche de
désintoxication serait limité à une durée
de 90 jours annuellement. »
Les directeurs demandent également que soient
explicitées les mesures favorisant le retour à l'emploi
proposées dans le projet de règlement, notamment la
durée des prestations d'allocations, les critères
d'admissibilité et les modalités d'accompagnement
individuel. Les directeurs précisent que l'insertion au
marché du travail pour certaines personnes peut s'avérer
difficile en raison de conditions particulières observées
chez plusieurs prestataires considérés aptes à
l'emploi. « Le faible niveau de scolarité, l'absence
prolongée du marché du travail, les difficultés
d'intégration pour les immigrants et les réalités
du marché de l'emploi dans certaines régions du
Québec constituent des obstacles importants au retour au travail
de plusieurs personnes. À ces obstacles s'ajoutent les
préjugés dont sont victimes les personnes
assistées sociales et qui peuvent les empêcher de trouver
un emploi », explique la Dre Ariane Courville, directrice de
santé publique par intérim de la région
Gaspésie-Iles-de-la-Madeleine.
Les statistiques révèlent que
l'espérance de vie est réduite chez les personnes les
plus défavorisées : au Québec, huit
années séparent l'espérance de vie des hommes les
plus défavorisés des plus favorisés ; chez
les femmes, cet écart est de quatre années. Au Canada,
par exemple, les taux de diabète et de maladies cardiaques sont
deux fois plus importants parmi le groupe de la population le plus
pauvre que parmi le groupe de la population le plus riche. Une position
socioéconomique désavantageuse est aussi associée
à moins d'années vécues en bonne santé. De
plus, les personnes appartenant aux ménages les plus pauvres
sont davantage susceptibles d'avoir un indice élevé de
détresse psychologique et d'avoir des pensées suicidaires
sérieuses.
À l'instar de nombreux activistes oeuvrant pour
la reconnaissance des droits, les directeurs de santé publique
constatent que la pauvreté engendre des coûts importants
pour le système de santé.
Selon une étude du MESS publiée en 2009,
l'amélioration du revenu des plus pauvres permettrait de
réduire les dépenses en santé du Québec de
1,7 milliard de dollars chaque année. Des études ont
également démontré que les hospitalisations sont
plus nombreuses chez les personnes à faible revenu, et que la
durée d'hospitalisation augmente avec la diminution du revenu,
ce qui entraîne des coûts importants pour le système
de santé.
On se souviendra que les directeurs régionaux de
la santé publique du Québec ont la responsabilité
de prévenir la maladie, de surveiller, protéger et
promouvoir la santé de l'ensemble de la population. Plus
précisément et tel qu'établi dans la Loi sur
la santé publique, les directeurs régionaux de
santé publique ont le mandat légal de
« promouvoir la santé et l'adoption de politiques
sociales et publiques aptes à favoriser une amélioration
de l'état de santé et de bien-être de la population
auprès des divers intervenants dont les décisions ou
actions sont susceptibles d'avoir un impact sur la santé de la
population ».
Pour consulter le
mémoire : www.dsp.santemontreal.qc.ca

Programme des travailleurs
étrangers temporaires
La Fédération du travail de l'Alberta
demande une enquête
- Peggy Morton -
Les travailleurs de la Banque Royale (RBC) ont
révélé comment la RBC a recours au programme de
travailleurs étrangers temporaires (TET) pour faire venir des
travailleurs au Canada pour qu'ils soient formés par les
travailleurs qu'ils vont remplacer, lesquels sont mis à pied
à mesure que les emplois sont refilés à la
sous-traitance. Les médias parlent d'un abus du programme ou
d'une erreur de la part de RBC. L'information obtenue par la
Fédération du travail de l'Alberta (AFL)
révèle que loin d'être un exemple de
dérapage, il s'agit du but visé par ce programme.
Celui-ci fait partie d'une stratégie de main-d'oeuvre bon
marché visant à attaquer les salaires et les conditions
de travail des Canadiens, restreindre de façon draconienne les
droits des travailleurs entrant au Canada et enrichir les
détenteurs du capital.
Plus de 300 000 personnes travaillent
sous l'égide du programme des travailleurs étrangers
temporaires. C'est une forme de travail en servitude et d'esclavage
moderne dans lequel aucun droit n'est reconnu. Les travailleurs peuvent
être engagés à des salaires inférieurs au
salaire moyen de l'industrie. Les changements faits à
l'assurance-emploi par la dictature Harper vont dans le même
sens, les travailleurs qui touchent l'assurance-emploi pouvant
être forcés de travailler pour des salaires jusqu'à
30% inférieurs à leur emploi antérieur, voyager
loin de leur domicile pour de l'emploi ou perdre leurs prestations.
Le 25 avril 2012 l'avis relatif au marché du
travail accéléré du gouvernement
fédéral (AMTA) a été créé. On
lit sur le site web de Ressources humaines et Développement des
compétences Canada : « En vertu du Volet des professions
spécialisées, les employeurs peuvent embaucher des TET
dans des professions spécialisées : en gestion,
libérale, ou encore dans les domaines scientifique, technique ou
des métiers.» Un employeur peut recevoir un AMTA dans dix
jours, simplement en « confirmant » que l'emploi
répond aux critères.
L'AFL a réussi à obtenir une liste de
toutes les demandes de TET qui ont été approuvées
en faisant une demande d'accès à l'information pour la
période couvrant les huit premiers mois de l'AMTA. Plus de 54 %
(2640) des demandes approuvées au pays provenaient d'employeurs
de l'Alberta. Selon l'AFL, plus de 58 % (1542) de ces autorisations
sont douteuses. Entre le 25 avril et le 18 décembre 2012, plus
de 2400 autorisations d'embauche de travailleurs étrangers (qui
sont sensées être réservées à des
emplois hautement qualifiés) ont été
données à des restaurants d'alimentation rapide, des
dépanneurs et des stations d'essence. On peut utiliser un avis
relatif au marché du travail pour demander une autorisation pour
plusieurs positions, ce qui fait que le nombre total de demandes
approuvées peut représenter plusieurs milliers de
travailleurs.
En plus de créer le AMTA, la dictature Harper a
fait des changements qui permettent aux entreprises de payer ces
travailleurs 15 % de moins que le taux industriel moyen à
condition que les travailleurs canadiens touchent aussi ce salaire
moindre. Au même moment, le gouvernement Harper lançait
son assaut contre les chômeurs avec ses changements à
l'assurance-emploi qui soumettent les travailleurs en chômage au
travail forcé.
Lorsqu'un employeur postule pour un avis relatif au
marché du travail ou un avis accéléré, il
doit indiquer qu'il a fait tous les efforts possibles pour engager un
travailleur canadien. Dans le passé, cette exigence était
une simple formalité qui pouvait se résumer à
publier une annonce d'emploi. Le gouvernement va maintenant acheminer
la demande d'un avis aux prestataires de l'assurance-emploi. Autrement
dit, les employeurs peuvent afficher une offre d'emploi payé 15
% de moins que le standard de l'industrie et les prestataires vont
devoir postuler pour l'emploi ou bien perdre leur prestation même
si le salaire est de 30 % plus bas que ce qu'ils gagnaient avant
d'être mis à pied.
La Fédération des travailleurs demande au
Vérificateur général du Canada de faire une
vérification complète du processus d'autorisation de
l'AMTA. « Dans l'intervalle, écrit Gil McGowan, le
président de la fédération, le programme doit
être annulé et le gouvernement fédéral doit
faire enquête sur chaque employeur pour évaluer s'il y a
infraction. » McGowan a dit que le programme des travailleurs
étrangers temporaires doit être remplacé par un
programme d'immigration. « Les travailleurs qui veulent venir au
Canada devraient jouir des mêmes droits et privilèges que
les autres résidents du Canada. Ils ne devraient pas être
payés 15 % de moins que les Canadiens et le gouvernement ne
devrait pas les entraîner dans un processus
accéléré et douteux. »
Le programme des travailleurs étrangers
temporaires est une attaque contre tous les Canadiens et ne devrait pas
être une simple routine pour les monopoles. Il faut
répondre à ce programme par de nouvelles façons de
penser et d'organiser par lesquelles les Canadiens s'unissent à
la défense des droits de tous contre le travail de servitude,
contre le trafic des êtres humains, l'esclavage moderne et un
système qui considère le chômage et les attaques
contre les chômeurs comme quelque chose d'acceptable.
Il faut abolir le programme des travailleurs
étrangers temporaires et limiter tout nouveau programme de
travail temporaire à des permis de travail pour de l'emploi qui
est réellement à court terme comme les échanges
académiques. Tous les travailleurs sans papier actuels doivent
recevoir le statut de résidents permanents avec pleins droits et
il en va de même pour les travailleurs étrangers
temporaires qui viennent travailler au Canada. Il faut faire respecter
le principe moderne d'un statut pour tous et que les gens ont des
droits en vertu de leur humanité.

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Marxiste-Léniniste
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