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Le 25 mars, sept jeunes des Premières Nations de la communauté crie de Whapmagoostui ont complété un voyage à pied de 1 600 kilomètres jusqu'à Ottawa, connue comme la Marche de Nishiyuu (la Marche du Peuple). La première nation de Whapmagoostui est une communauté d'environ 800 Cris, accessible par avion seulement et située juste au-dessus du 55e parallèle sur la côte de la Baie d'Hudson au Québec. La marche a débuté le 16 janvier sous un froid de -55 Celsius dans le cadre de la lutte qui venait d'éclater avec force par tout le Canada pour affirmer les droits ancestraux, issus de traités et constitutionnels des Premières Nations. Les sept marcheurs de Nishiyuu, qui ont été inspirés par la grève de la faim de la chef d'Attawapiskat, Theresa Spence, et des aînés qui s'étaient joints à elle, sont Jordon Masty, David Kawapit Jr., Stanley George Jr., Travis George, Johnny Abraham, Raymond Kawapit et Gordie Rupert. Ils ont entre 17 et 22 ans. David Kawapit a dit au Réseau de télévision des peuples autochtones (APTN) que la marche avait été inspirée par une vision qu'il avait eue pendant la grève de la faim de la chef Spence, la vision d'un loup face à un ours, le loup symbolisant les peuples des Premières Nations au Canada et l'ours symbolisant le gouvernement. « Un loup seul, a dit Kawapit, peut facilement être tué par l'ours, mais avec l'appui de ses frères et soeurs de partout, il peut facilement vaincre l'ours. » Pendant leur périple vers Ottawa, les jeunes ont visité des communautés des Premières Nations et ont constaté les graves conditions que vivent plusieurs d'entre elles. Beaucoup de gens se sont joints à eux le long du parcours. En arrivant à Ottawa, ils étaient 270 marcheurs. Une foule les attendait sur le territoire non cédé de l'île Victoria pour les accueillir. La foule les a aperçus au loin alors qu'ils traversaient le pont du Portage du côté de Gatineau vers 11 h 30. Un correspondant du LML rapporte que les gens s'étaient massés en grand nombre sur l'île Victoria et de l'autre côté du pont. L'énergie dégagée par la foule était incroyable, acclamant les marcheurs et courant vers eux.
De l'île Victoria, les marcheurs de Nishiyuu se sont rendus à la Colline du Parlement où ils ont été accueillis par près de 5000 personnes. Les marcheurs de Nishiyuu ont expliqué que ce périple audacieux visait à affirmer leurs droits ainsi que leur détermination à ne pas succomber au désespoir et à la violence imposés aux Premières Nations par les politiques racistes de l'État colonial canadien. Sur la Colline les sept marcheurs et d'autres qui s'étaient joints à la marche se sont adressés à la foule. Ils ont parlé avec émotion de leurs frères et soeurs aux prises avec le désespoir et le suicide et dit que c'est en partie pour cela qu'ils avaient entrepris le trajet et que dans le cours de leur périple ils ont constaté qu'ils n'étaient pas seuls à connaître ces peines et qu'ensemble, ils pouvaient les surmonter. Dans un discours qu'elle a lu à la foule, Abby Masty, 11 ans, qui s'était jointe aux sept marcheurs en hommage aux soeurs autochtones assassinées et disparues, a dit : « Ma mère m'a demandé pourquoi je voulais marcher. J'ai dit que je voulais aider les gens parce que tant de femmes et d'aînés souffrent à l'heure actuelle. » « Les femmes doivent guérir de leurs souffrances et en tant que nation nous pouvons le faire ensemble », a-t-elle dit. En soirée, les Marcheurs ont rencontré le ministre des Affaires autochtones, Bernard Valcourt, sur la Colline du Parlement pendant environ 20 minutes. Jordan Masty, 22 ans, a parlé au nom du groupe. Il a dit à Valcourt qu'il faut faire connaître la situation que vivent les Premières Nations et que les Premières Nations doivent être traitées avec justice et équité. Pour plus de photos et d'information au sujet de
la
marche, visiter nishiyuu.ca ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() (Avec les fichiers de APTN. Photos: TML, P. Seesequasis)
Le logement est un droit! Lancement du Rapport de la commission populaire itinérante sur le droit au logement
On se souviendra qu'à l'automne 2012, le FRAPRU a initié une Commission populaire itinérante sur le droit au logement, qui a débuté ses travaux au Nunavik et les a terminés dans la communauté anishnabe du Lac Simon, après avoir parcouru les 17 régions administratives du Québec. Plus de 360 groupes et individus ont témoigné. Cette consultation a fait ressortir l'ampleur de la crise du logement qui frappe l'ensemble du Québec. Comme l'ont souligné les commissaires qui se sont adressés aux participants, ce n'est pas un hasard si la Commission a débuté ses travaux au Nunavik et s'est terminée à Lac-Simon. « Nous avons commencé notre tournée du Québec à Kuujjuaq et nous l'avons terminée dans la communauté anishnabe de Lac-Simon. La situation du logement dans ces communautés est à un niveau que la plupart des Québécois et des Québécoises n'imaginent pas. De façon répétée, on nous a parlé de ces petites maisonnettes, prévues pour accueillir une famille, dans lesquelles s'entassait une quinzaine de personnes : s'attribuant des tours pour dormir sur le sofa et souffrant d'un manque constant d'intimité. Le Nunavik a besoin de toute urgence de 1 000 nouveaux logements, alors qu'il faudrait doubler le nombre de logements disponibles dans les communautés des Premières Nations qui, comme à Lac-Simon, ne reçoivent présentement que le financement pour construire deux ou trois maisons par année. Avec l'explosion démographique que connaissent ces communautés, la situation ne peut aller qu'en s'aggravant », lance Marcel Duhaime, commissaire et membre du conseil d'administration de la Ligue des droits et libertés. « Nous avons été
consternés par la nature de certains
témoignages que nous
avons recueillis. Dans certaines régions,
la crise du logement
est telle
que des gens se retrouvent sans domicile fixe,
passant d'un ami
à un parent, avant de finir par vivre dans
leur voiture. Souvent
ces graves pénuries sont causées
par des dynamiques économiques
régionales, ici le
tourisme, là l'extraction des
ressources : jamais on ne
semble avoir prévu de stratégies
pour contrer
les effets pervers sur le logement. Plus
préoccupant encore,
plusieurs femmes ont témoigné
qu'elles avaient
été contraintes à consentir
des faveurs sexuelles
pour éviter d'être
évincées d'un logement,
sachant très bien qu'elles ne trouveraient
pas d'autre lieu
où aller vivre. À tous ces cas
s'ajoutent plusieurs
histoires
de misère ordinaire, de racisme et de
sexisme de tous les jours
qui nous ont été rapportées
comme étant le
quotidien de nombre de gens dans leur rapport au
logement », constate la commissaire
Lucie Lamarche, experte
en droits humains et professeure de droit à
l'Université
d'Ottawa. ![]() ![]() La Commission populaire itinérante sur le droit au logement à Gaspé le 17 novembre 2012. (FRAPRU) Pour les commissaires, les droits sont interreliés et si l'un d'entre eux, le droit au logement en l'occurrence, est nié, cela touche tous les autres droits. C'est pour cette raison qu'à l'instar de plusieurs organismes oeuvrant pour la reconnaissance des droits, ils insistent pour que le droit au logement soit inclus dans la Charte des droits et libertés. Ils ont d'ailleurs souligné qu'en 1976, le Canada et le Québec ont adhéré au Pacte international sur les droits économiques, sociaux et culturels (PIDESC) qui mettait en oeuvre une série de droits, dont celui « de toute personne à un niveau de vie suffisant pour elle-même et sa famille, y compris une nourriture, un vêtement et un logement suffisants. » Force est de constater que ces droits sont violés. Pour les commissaires, le Québec est un pays riche qui a toutes les ressources pour résoudre cette crise. Ils ne croient pas que celle-ci puisse être résolue par le marché privé pour qui le logement social n'est pas une affaire lucrative. Il faut une politique nationale du logement pour rendre cohérent tout cela, ont-ils ajouté. Le maire de Kujjuaq, Tunu Napartuk, a souligné que le Nunavik possède le plus haut de surpopulation par maison de tout le Canada. Il n'est pas rare de voir trois familles vivre dans la même maison. La crise du logement est la base de nos programmes sociaux, a-t-il ajouté. On a même, en 2012, répertorié 89 cas de tuberculose. Il y a urgence d'agir, souligne-t-il. Puis les participants ont eu droit à la projection du film Au pied du mur réalisé à partir des audiences de la Commission par les cinéastes Aude Leroux-Lévesque et Sébastien Rist. Pour le coordonateur du FRAPRU, François Saillant, « le rapport de la Commission populaire itinérante sur le droit au logement contient suffisamment de constats alarmants et de recommandations qui invitent à la réflexion pour que nous fassions tout pour qu'il ne reste pas lettre morte ». Il a annoncé sous les longs applaudissements qu'une nouvelle tournée parcourra à nouveau le Québec d'avril à novembre, cette fois pour présenter le rapport et en débattre largement avec la population. Comme le souligne en introduction le rapport de la Commission, « l'importance d'avoir un lieu où habiter doit être réaffirmée. Là se trouvent nos repères et nos références, la sécurité, l'intimité et le refuge. Et c'est aussi une partie de notre identité qui s'y joue : pouvoir se loger est donc une question de dignité. » Le logement est un droit ! Pour le droit à l'éducation en Alberta Les actions se poursuivent contre les coupures à l'enseignement postsecondaireLe 21 mars, les étudiants, le personnel et leurs alliés à l'Université de l'Alberta et d'autres établissements d'enseignement postsecondaire de la province ont tenu un deuxième rassemblement militant contre les compressions budgétaires imposées par le gouvernement Redford, dans son budget du 7 mars. Le but du rassemblement d'Edmonton était de continuer la lutte pour le droit à l'éducation et pour l'augmentation des investissements en éducation et en particulier pour informer les gens des conséquences des coupures et discuter comment les combattre. Comme le précédent, le rassemblement du 21 mars était organisé par la Coalition for Action on Post-Secondary Education Alberta (CAPSE - Coalition pour une action en faveur de l'éducation postsecondaire en Alberta ) qui vient d'être formée et qui rassemble des groupes qui s'unissent dans l'action pour faire avancer la lutte pour le droit à l'éducation. Le rassemblement a commencé dans le
quadrilatère ouvert de l'université
et les participants
ont commencé à faire un tintamarre
avec les casseroles,
une
tactique utilisée par les étudiants
du Québec.
Plusieurs manifestants tenaient des pancartes aux
slogans imaginatifs
en appui au droit à l'éducation et
des carrés
rouges en appui aux étudiants du
Québec. Le
président de l'Association des enseignants
de
l'Université de l'Alberta (AASUA) s'est
adressé aux
participants
comme il l'avait fait lors de l'action du
15 mars. Les
manifestants ont ensuite traversé le
campus, avec
l'impressionnante bannière rouge de CAPSE
en
tête, passant par différents
pavillons et s'arrêtant
aux endroits achalandés pour
présenter leurs points de
vue et discuter avec les étudiants, les
enseignants et les
employés. Un représentant de CAPSE a
parlé au
pavillon de l'association étudiante et un
autre
représentant a parlé dans l'atrium
du pavillon Tory. Tous
les
orateurs ont dénoncé les coupures et
exigé une
augmentation des investissements dans
l'éducation. D'autres
actions sont prévues. Étudiants, enseignants et membres du personnel de l'Université d'Alberta le 25 mars 2013
Pour faire avancer la lutte pour le droit à l'éducation
Dans la lutte actuelle, il est essentiel de continuer à se concentrer d'abord et avant tout sur les alternatives et les solutions. La lutte contre les compressions est bien sûr importante, mais elle est encore essentiellement une réaction à ce que le gouvernement a fait. En outre, si les compressions sont éliminées, est-ce que ceux qui défendent le droit à l'éducation vont être satisfaits et rentrer à la maison ? C'est très peu probable. Cette lutte se développe depuis un certain temps, par exemple, par la résistance organisée récemment contre les compressions à la faculté des Arts de l'Université de l'Alberta, par la lutte contre les compressions drastiques de Klein et le combat contre les hausses de frais de scolarité dans les années 60. L'investissement dans l'éducation doit constamment augmenter et ne pas uniquement satisfaire à des conditions minimales dans un contexte donné. Il est important de continuer de lancer l'appel à une augmentation des investissements dans l'éducation. C'est un appel que la grande majorité des Albertains appuient et acceptent. Le gouvernement Redford et ses apologistes dans les médias monopolisés continuent de suggérer que c'est impossible d'augmenter les investissements dans l'éducation sans infliger un lourd fardeau aux travailleurs. Ils suggèrent que l'augmentation des investissements ne peut se faire qu'aux dépens des investissements dans d'autres programmes sociaux, ou par l'instauration d'une taxe de vente ou quelque autre mesure rétrograde. La grande majorité des Albertains appuie la suggestion logique qui dit que la façon d'augmenter les investissements dans l'éducation c'est d'aller chercher plus de revenus chez les entreprises pétrolières et de les affecter à l'éducation et aux autres programmes sociaux. Les grandes pétrolières continuent d'empocher de grands profits en dépit de la « bulle du bitume » parce que leurs raffineries reçoivent maintenant du pétrole brut à plus bas prix. L'austérité fiscale, ça n'existe pas pour les pétrolières. En fait, elles continuent de recevoir des subventions gouvernementales de toutes sortes comme les autres monopoles. C'est très important également de mettre de l'avant qu'une société moderne doit garantir le droit à l'éducation. Tous sauf les monopoles et leurs agents appuient que l'éducation est un droit. C'est un des mots d'ordre les plus en vue sur les pancartes des actions à la défense de l'éducation. Lors d'une manifestation récente, ce sont de tous jeunes enfants qui ont pris ces pancartes et se sont mis à scander que l'éducation est un droit et qu'on ne va pas lâcher. Même les enfants le comprennent ! Il faut aussi clarifier que l'éducation étant un droit, on ne peut pas le nier sous prétexte de la soi-disant austérité fiscale, ou de la sécurité nationale ou sous tout autre prétexte. Les droits doivent être garantis en toutes circonstances. En fait, le droit à l'éducation devrait être inscrit dans les lois de la province et même dans la constitution. On devrait demander qu'une loi soit adoptée qui garantit le droit à l'éducation et les investissements qui permettent de le réaliser en pratique. Un parti politique qui présentera une telle demande au parlement et sur les tribunes publiques fera une contribution à la société. Ce qui est en jeu ici c'est le genre de système d'éducation qu'il nous faut et le rôle qu'il va jouer dans la société. Toute société doit répondre à cette question. Ça n'est pas acceptable que l'éducation soit au service des monopoles comme le veut le gouvernement Redford. Ce qui est garanti dans le domaine de l'éducation à l'heure actuelle c'est le droit de monopole et non le droit de tous à une éducation à tous les niveaux, y compris le niveau postsecondaire afin qu'on puisse humaniser la vie dans tous ses aspects. La lutte pour un système d'éducation moderne fait partie de la lutte pour la construction d'une société nouvelle qui reconnaît les droits de tous.
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