Le
                              Marxiste-Léniniste

Numéro 28 - 21 février 2013

Défendons notre droit d'être!

Non à la réforme de l'assurance-emploi de Harper!
Organisons-nous pour exiger une nouvelle
direction pour l'économie!


23 février: Journée d'action contre
les changements à l'assurance-emploi

 



Défendons notre droit d'être!
Non à la réforme de l'assurance-emploi de Harper! Organisons-nous pour exiger une nouvelle direction pour l'économie!

Déclarations éhontées de Postes Canada
Les travailleurs des postes ne sont pas dupes! - Louis Lang

Xstrata Nickel à Sudbury
Les travailleurs ratifient la nouvelle convention collective et repoussent les concessions - Richard Paquin, président de la section 598 des Travailleurs canadiens de l'automobile

Équateur
Le Movimiento Alianza PAIS remporte la présidence et la majorité à l'Assemblée nationale d'Équateur


Défendons notre droit d'être!

Non à la réforme de l'assurance-emploi de Harper!
Organisons-nous pour exiger une nouvelle
direction pour l'économie!

Les coupures dans l'assurance-emploi de la dictature Harper sont un autre assaut contre le droit d'être. Les plus touchés sont les travailleurs des régions et des petites villes pour qui un changement d'emploi signifie se déplacer dans une autre ville ou aller vivre loin dans des camps isolés dans les zones d'essor de l'exploitation des ressources. Le fait que les travailleurs soient forcés de défendre le peu de recours qu'ils ont avec l'assurance-emploi montre que l'économie est orientée dans le sens de servir une minorité riche et privilégiée et non le peuple et la société. Que des travailleurs soient menacés de se faire couper leurs prestations et forcés de quitter leur ville est signe que cette économie est en mal de renouveau et a besoin d'une nouvelle direction, une direction prosociale.

Le fait même qu'un régime d'assurance-emploi soit en place depuis 70 ans est un aveu de l'élite dominante que l'économie ne marche pas, qu'elle ne sert pas le peuple, les communautés et la société. Comment les êtres humains et leurs communautés peuvent-ils exister sans travail ? Le travail est la vie. Le travail est la lutte pour l'existence à son niveau le plus élémentaire. Le travail produit la valeur de laquelle tout le monde dépend. Sans le travail, quelle vie et quelle culture nous reste-t-il ?


Avant l'avènement du capitalisme monopoliste, la vie sans travail n'a jamais été la condition de l'être humain, sauf pour les riches parasites, même dans les conditions de l'esclavage, de la petite production féodale et de la vie de pionnier. Aujourd'hui les gens exigent de savoir pourquoi ce système est incapable de donner un travail à temps plein à l'année longue dans les régions du Canada où vivent des travailleurs qualifiés et où l'on trouve d'abondantes sources de poisson, de bois, de minéraux et d'eau, comme de si nombreuses régions du Québec et du Nouveau-Brunswick et partout dans les Maritimes. Il faut se rendre à l'évidence que l'élite dominante, qui contrôle les plus grands fonds d'investissements, empêche le développement rationnel, durable et global de l'économie des régions, sur la base d'un secteur manufacturier, et prive de travail ceux qui y vivent. Les travailleurs se voient nier leur droit d'être et se font dire de quitter leur ville et de laisser l'économie locale à l'abandon.

Les monopoles mondiaux et leurs représentants politiques exigent que les populations déménagent là où ils décident, pour construire des oléoducs, creuser des mines, extraire le pétrole et le gaz naturel et bâtir des infrastructures pour servir des objectifs à court terme, pour la réalisation d'un profit immédiat. Avec ces changements à l'assurance-emploi, la dictature Harper déclare les travailleurs persona non grata dans leurs propres communautés. Ils seront chassés par la faim et seront privés de la possibilité de contribuer au développement de leur communauté. C'est inacceptable ! Organisés en une même classe avec un même programme, défendre les droits de tous, les travailleurs disent non à la réforme de l'assurance-emploi et à une économie irrationnelle qui sert une minorité privilégiée et ses monopoles mondiaux. Les travailleurs et leurs communautés partout au Canada réclament leur droit fondamental d'être et de décider et de contrôler leur avenir.

Stephen Harper, qui représente l'élite privilégiée qui contrôle l'économie, veut punir les travailleurs qui ne travaillent pas à cause de l'absence d'investissement et de développement dans leur communauté. Imaginez ! L'élite dominante qui reproche aux travailleurs de n'avoir qu'un travail saisonnier, à temps partiel ou temporaire. Si les autorités en place sont incapables de développer une économie diversifiée et durable qui donne de l'emploi et une vie à tout le monde dans les régions, cela prouve qu'elles ne sont pas aptes à gouverner, à décider et à contrôler les affaires de la société : elles doivent se tasser et laisser les véritables producteurs tracer une nouvelle direction pour l'économie.

La classe ouvrière n'accepte pas la conception étroite de l'élite dominante d'une existence constamment balancée entre l'essor et la récession. Le peuple a le droit de contrôler l'économie et de voir à son développement global et durable en y réinvestissant la valeur produite. La classe ouvrière est une seule classe d'un océan à l'autre, avec un seul programme. Ce programme veut la distribution rationnelle du travail et le développement de toutes les régions du Canada, pas seulement celles que les monopoles mondiaux convoitent pour un profit rapide et sans lendemain.

Les monopoles mondiaux ne sont pas intéressés à bâtir une économie durable, avec une base manufacturière, quand ils s'amènent dans une région. Le Canada possède un régime d'assurance-emploi depuis 70 ans et la situation ne s'est toujours pas améliorée, le manque de travail persiste, le développement inégal et les cycles d'essor et de récession continuent d'être le sort des régions. La réforme de l'assurance-emploi de Harper ne résout aucun problème, elle ne fait que tourner le fer dans la plaie pour ceux qui connaissent le sous-développement et le chômage et le sous-emploi chroniques.

Pendant plus de 70 ans, l'assurance-emploi a servi l'élite au pouvoir en lui permettant de masquer la plaie profonde du chômage et du sous-emploi et de garder une main-d'oeuvre formée à sa disposition lorsqu'elle en a besoin. Dans son arrogance, cette élite déchire maintenant ce masque parce qu'elle a d'autres plans pour les chômeurs, notamment de les forcer à l'exil. Elle croit également avoir trouvé d'autres façons de remplir les emplois saisonniers et occasionnels, soit en puisant dans la vaste armée de chômeurs dans les centres industriels et de par le monde, ou avec le programme de travailleurs étrangers temporaires créé par Stephen Harper et d'autres programmes antisociaux. L'Opposition ouvrière dit NON ! Les travailleurs ne se laisseront pas traiter comme des machines qu'on transporte d'une place à l'autre selon le bon vouloir des monopoles. Ils veulent demeurer dans leur communauté et se bâtir une vie et une économie pour eux-mêmes et leur communauté. Ils refusent de se faire affamer puis déporter, comme l'ont été les Acadiens aux mains des colonialistes britanniques avec toutes les souffrances que cela leur a values.

Les travailleurs voient ces changements à l'assurance-emploi comme un plan néolibéral pour disloquer encore plus leurs communautés et leurs économies et les forcer à l'exil afin de servir les monopoles mondiaux. Fini les déportations ! Assez de cette économie qui perpétue délibérément des inégalités béantes, avec de soi-disant pénuries de travailleurs et des booms d'extraction de ressources d'un côté et du sous-emploi, la destruction de la base manufacturière et le sous-développement de l'autre, pour mettre une armée de chômeurs à la disposition des monopoles mondiaux.

L'Opposition ouvrière exige des investissements et un développement manufacturier dans toutes les régions du Canada pour que nous puissions nous bâtir une vie et affirmer notre droit d'être. L'Opposition ouvrière demande une nouvelle direction pour l'économie.

Non à l'offensive de la dictature Harper contre l'assurance-emploi et les régions ! Oui à la base manufacturière ! Non à la destruction nationale ! Joignons-nous à tous ceux dans les régions, villages et villes qui s'organisent pour priver l'élite au pouvoir de son pouvoir de priver le peuple de ses droits !

Pour clarifier les «clarifications» de la ministre Finley

Le 19 février, la ministre des Ressources humaines et Développement des compétences Canada Diane Finley a émis un communiqué suivi de notes de référence qui affirment que ces changements à l'assurance-emploi ne sont que des clarifications à des règles qui existaient déjà et que les opposants répandent des mythes à leur sujet. Mais les faits sont têtus. C'est un fait que ces changements spécifient les baisses de salaires que les chômeurs doivent maintenant accepter et les périodes de temps de prestations après lesquelles ils doivent accepter des emplois moins rémunérés sous peine de se voir couper, ce qui n'était pas le cas auparavant. En spécifiant les baisses de salaires et les périodes de temps, la ministre enlève une grande partie de sa discrétion au personnel de l'assurance-emploi qui applique le programme dans les régions. Non seulement la loi retire-t-elle la capacité du personnel d'utiliser sa discrétion, mais les coupures de personnel rendent improbable qu'on tiendra compte des conditions concrètes dans lesquelles vivent les chômeurs. De plus, ces changements font partie des règlements à l'assurance-emploi et la ministre a le pouvoir de changer les règlements sans même que le parlement en soit saisi, C'est très improbable que les changements soient introduits pour tenir en compte les problèmes concrets des chômeurs dans leur région malgré ce qu'en dit la ministre et qu'il y aura des arrangements pour aider les chômeurs.

Les nouveaux règlements ont été publiés dans la Gazette du Canada du 19 décembre. On peut les lire en cliquant ici.

Défendons notre droit d'être !
Participons à la lutte organisée pour une nouvelle direction de l'économie
qui est source de vie et de travail pour tous !
Qui décide ? C'est nous ! Qui a le contrôle ? C'est nous !

Haut de page


Déclarations éhontées de Postes Canada

Les travailleurs des postes ne sont pas dupes!

Postes Canada a récemment annoncé un déficit de 327 millions $ dans ses coûts d'opération et qu'elle envisage des coupures de services qui pourraient inclure une réduction des livraisons de courrier à domicile de 5 à 4 et peut-être même à 3 jours par semaine. Selon le porte-parole de la société, « toutes les options sont sur la table » y compris la fermeture d'une partie des 6500 comptoirs de ventes au détail et la centralisation de ses 21 centres de tri « dans les grandes villes ».

Postes Canada dit que cette supposée crise est causée par une réduction drastique des volumes de courrier à cause de l'utilisation croissante du courrier électronique et de l'Internet. Ce n'est pas la première fois que la société fait des prédictions aussi sombres sur la viabilité du service postal. Elle a utilisé le même argument lors de la dernière ronde de « négociations » avec le Syndicat des travailleurs et des travailleurs des postes en 2011 et 2012 pour justifier ses attaques contre les salaires, les avantages sociaux et les conditions de travail des postiers et l'imposition de reculs sévères par le biais de la loi spéciale du gouvernement fédéral.

Postes Canada parle d'une baisse de courrier d'entre 17 et 25 %, des chiffres que le syndicat considère comme étant nettement exagérés. La société des postes n'a jamais présenté de faits pour étayer ses dires et c'est encore le cas maintenant.

En fait, même les rapports financiers de la société montrent que les volumes de courrier fluctuent légèrement selon le niveau de l'activité économique et la comparaison des volumes de courrier entre les mêmes semestres de 2011 et 2012 montre une diminution d'environ 4 %.

La chose la plus importante dans ces affirmations exagérées de Postes Canada sur la chute du volume de courrier et ses déficits financiers est qu'elles sont une diversion servant à cacher aux postiers et à tous les Canadiens la situation réelle dans laquelle se trouve Postes Canada au sein de l'économie et à empêcher les gens d'avoir leur mot à dire sur la direction que prennent Postes Canada et le gouvernement Harper.

En même temps qu'elle prétend être préoccupée de ses pertes de revenus, Postes Canada continue de faire des coupures dans les services ce qui décourage les usagers d'utiliser le courrier de première classe. Ces dernières années, les services d'annuaires ont été virtuellement éliminés ; les boîtes aux lettres rouges sur les rues ne se retrouvent que dans les grands centres urbains ; dans les nouveaux développements domiciliaires, la livraison de courrier de porte à porte est remplacée par la livraison à des boîtes aux lettres communautaires et les heures d'affaires des comptoirs de détail ont été réduites ce qui a poussé les gens vers les franchises dans les pharmacies et épiceries. De plus, Postes Canada n'a jamais produit de rapport sur les pertes de volume et de revenus qui ont été causées par la loi du gouvernement Harper qui a déréglementé le courrier international en le retirant de ce qui relève du privilège exclusif de Postes Canada et en le remettant aux grandes entreprises de livraison de courrier international.

C'est évident que les volumes de courrier et les pertes de revenus ne sont pas à la source des coupures qui sont maintenant envisagées. En fait, ces plans ont été mis en place dès que Moya Greene a été nommée PDG de Postes Canada en 2005 par le gouvernement libéral.


Protestation contre la fermeture du centre de tri de Québec
le 2 octobre 2005

Quelques mois à peine après son entrée en fonction, le syndicat a reçu une note écrite de l'employeur à l'effet qu'il allait réexaminer tout le réseau national y compris les centres de tri mécanisés en commençant par la station de tri de Québec. La fermeture de la station postale de Québec, qui a causé la perte de 302 emplois et de centaines de millions de dollars dans l'économie locale, faisait partie du plan d'ensemble de Postes Canada de réduire le nombre de travailleurs en centralisant le tri du courrier. On a construit de nouvelles stations de tri à Vancouver et à Winnipeg et, avec l'installation de nouveaux lecteurs optiques de caractères multilignes dans ces stations de même qu'à Montréal et à Toronto et l'investissement de plus de 2 milliards $ dans la Transformation postale, Postes Canada a pu mettre en oeuvre son plan de fermer plus de stations et de concentrer le tri du courrier dans quatre grandes stations du pays. Les exemples les plus récents sont ceux de Windsor et de North Bay où le courrier va être expédié respectivement à London et à Toronto pour y être trié. La station de tri d'Ottawa est elle aussi menacée. Une partie du courrier qui était triée à Ottawa a déjà été acheminé à Toronto et tout le courrier qui est habituellement trié la fin de semaine est envoyé à Montréal.

Moya Greene, qui était adjointe parlementaire du ministre des Transports au moment où le Canadien National a été privatisé, a présenté ce plan très clairement au nom de Postes Canada dans son discours au Empire Club de Toronto en octobre 2007. Elle y a expliqué l'importance « de moderniser et de revitaliser » Postes Canada pour l'orienter vers le service à la grande entreprise. « Dans le passé, a-t-elle dit, le service postal assurait un lien de personne à personne, mais maintenant il joue un rôle important dans les communications d'affaires... 90 % de nos revenus viennent du monde des affaires. Nous allons nous réorganiser pour mettre l'accent sur le service aux entreprises. »

Elle a ajouté : « Nous entreprenons le programme de modernisation avec un investissement de 1,9 milliard $ pour les cinq prochaines années. Un tiers des employés vont prendre leur retraite dans un avenir rapproché. Voila l'occasion de synchroniser la modernisation des installations avec le rythme des mises à la retraite. »

Elle a dit on ne peut plus clairement dans son discours que le privilège exclusif et l'obligation d'assurer un service universel sont des « restrictions qui nous viennent du passé » qui doivent être éliminées par la déréglementation. « Pour que la déréglementation fonctionne, il faut qu'elle soit faite graduellement. Dans les pays où la déréglementation a été une réussite, elle a donné aux administrations postales plus de latitude pour devenir concurrentiel et s'ajuster à l'environnement économique. »

C'est cette « nouvelle orientation » et non les pertes de volumes de courrier et l'Internet qui explique la Transformation postale, les attaques contre les postiers et les coupures continuelles dans les services postaux.

Si Postes Canada connaît une situation si désastreuse et est menacée de disparition, comme les médias monopolisés le clament à chaque jour, pourquoi alors les grandes entreprises réclament-elles à grand cri l'élimination du privilège exclusif et une nouvelle déréglementation gouvernementale dans d'autres secteurs de la livraison du courrier. Si elles le font c'est qu'elles veulent mettre la main sur les secteurs les plus profitables des activités de Postes Canada.

C'est d'ailleurs pour démanteler le service postal universel qu'on a nommé Moya Greene et maintenant Deepak Chopra, qui était président de Pitney Bowes Canada, au poste de PDG de Postes Canada. C'est sur cette nouvelle direction que prend Postes Canada que la société des postes et le gouvernement Harper veulent étouffer la discussion.

Par le passé, dans le cadre de l'édification nationale, on avait besoin de Postes Canada pour faire circuler l'information d'affaires. Un monopole postal public sous la propriété du gouvernement était la meilleure façon d'amasser assez de capital pour créer un système de communications qui soit assez vaste pour relier entre elles toutes les adresses d'affaires partout au pays. Un système postal universel a été essentiel au développement du Canada dès le tout début. Il semble maintenant que les partis politiques et les grandes entreprises qu'ils représentent ne sont plus intéressés à l'édification nationale. Les accords de libre-échange et d'autres accords internationaux ont amené le Canada à abandonner son droit de prendre lui-même les décisions en ce qui concerne son économie.

Le gouvernement Harper, comme les gouvernements libéraux du passé, qui ont adopté la mondialisation néolibérale, vendent des institutions publiques comme le service des postes au plus offrant et tentent de cacher ce fait aux travailleurs des postes et à tous les Canadiens.

Il faut faire échec à la dilapidation du service postal et à la voie dangereuse de privatisation que suit Postes Canada sous la direction du gouvernement Harper. Les travailleurs des postes doivent continuer à dire haut et fort que l'économie mondiale n'est pas faite uniquement de grandes entreprises monopolistes qui se sont donné le droit d'aller de par le monde subjuguer les économies de toutes les nations. Les travailleurs des postes et les Canadiens font eux aussi partie de l'économie et nous n'allons pas garder les bras croisés pendant que nos droits sont niés au profit des profits faramineux des monopoles.

Haut de page


Xstrata Nickel à Sudbury

Les travailleurs ratifient la nouvelle convention collective et repoussent les concessions


Les syndiqués de Mine Mil Local 598 à l'assemblée de ratification le 1er février 2013

Le 1er février, nos travailleurs de Xstrata Nickel ont ratifié à 92 % l'entente de principe que le syndicat avait signée avec l'employeur. Plus du deux tiers des membres ont participé à l'assemblée de ratification. La négociation concernait 865 travailleurs, soit tous les travailleurs de production et d'entretien de la mine, du convertisseur et de la fonderie.

Cette négociation a été plus difficile que les précédentes à Xstrata.

Il y a un certain nombre de problèmes qui l'ont rendue plus difficile, plus de demandes de la part de l'employeur que les fois précédentes. La compagnie voulait un contrat de cinq ans, quelque chose que nous n'avons jamais eu chez Xstrata. Nous voulions absolument garder un contrat de trois ans et nos membres étaient prêts à faire la grève sur cette question. Nous avons été capables d'en arriver à une entente avec l'employeur quelques heures après la date d'expiration de la convention collective, aux petites heures du matin, et nous nous sommes entendus pour un contrat de quatre ans.

En plus de la durée de la convention, il y avait d'autres questions sur lesquelles on ne s'entendait pas.

La compagnie par exemple voulait éliminer les ajustements au coût de la vie pour nos pensionnés, un ajustement qu'ils reçoivent sur une base annuelle selon l'augmentation du coût de la vie. La compagnie voulait l'éliminer, mais nous avons réussi à le conserver. Nous avons également amélioré nos clauses sur les pensions ce qui va permettre aux travailleurs qui veulent prendre leur retraite d'ici la fin du contrat d'obtenir une bonne augmentation de leurs prestations. Tout travailleur, sans égard à l'âge, qui a 30 ans de service pourra prendre sa retraite et toucher une pension de 3600 $ par mois. Nous avons aussi amélioré notre pension de base, la pension qui est basée sur les années de service. Elle passe de 56 $ à 59 $ par année par mois de service d'ici la fin de la convention.

Les salaires étaient aussi une grosse question pour nous. Cela fait 10-12 ans que nos membres n'avaient pas eu de véritables augmentations de salaire. Cette fois-ci, ils ont déclaré de façon très ferme que Xstrata a fait beaucoup d'argent dans les 6-7 dernières années, que c'est une compagnie financièrement très en santé. Nous avons négocié une hausse de salaire d'un peu plus de 3,20 $ de l'heure pour les quatre prochaines années. Dans le passé nous avons surtout mis l'accent sur les primes et les pensions. Les primes n'ont pas été trop bonnes ces dernières années alors nos membres ont dit que mieux valait se concentrer sur les salaires plutôt que sur les primes.

Nous avons également amélioré nos avantages sociaux, notre assurance-vie et les prestations d'invalidité à court et à long terme.

Xstrata voulait également introduire un régime de pension à cotisations déterminées pour les nouveaux engagés. Ils en avaient beaucoup parlé, mais nous avons été capables à la table de négociation de gagner que les nouveaux engagés vont avoir le choix, ou bien de joindre notre fonds de pension à prestations déterminées ou se mettre sur un fonds de pension à cotisations déterminées. S'ils choisissent le fonds de pension à prestations déterminées, ils auront exactement les mêmes conditions que nous les plus anciens. Nous sommes très fiers de cela. Ça ouvre les portes à d'autres entreprises et d'autres syndicats pour faire la même chose. Ça veut dire qu'on peut éviter de se voir imposer un fonds de pension à cotisations déterminées. C'est possible de le faire.

Nous avons été aidés par certains facteurs pendant cette ronde de négociations. Tout d'abord, nos membres étaient solidement derrière nous et ils nous ont d'ailleurs donné un mandat de grève de 96 % qui nous a permis de dire à l'employeur qu'à défaut d'accepter nos demandes ou à tout le moins d'être raisonnable nous étions prêts à faire la grève. Deuxièmement Xstrata sait très bien que nous savons qu'ils ont fait des tas de profits. C'était très difficile pour la compagnie de nier cela.

Nous savons également que Sudbury est une ville fortement syndiquée et les autres syndicats nous envoyaient des courriels et des lettres d'appui nous disant que « si vous vous engagez dans un conflit de travail nous allons vous appuyer de toutes les façons possibles ». Les entreprises nous envoyaient elles aussi des lettres nous exprimant leur appui parce que bien sûr personne ne souhaite qu'il y ait un conflit de travail. Même après que nous ayons ratifié le contrat, j'ai reçu un grand nombre de courriels, de commentaires et de coups de téléphone de plusieurs entreprises pour nous remercier d'avoir évité un conflit de travail parce que cela les inquiétait beaucoup.

Haut de page


Équateur

Le Movimiento Alianza PAIS remporte la présidence et la majorité à l'Assemblée nationale de l'Équateur


Le président Correa salue ses supporteurs rassemblés devant le palais présidentiel à Quito, Équateur, le 17 février 2013.

C'est avec une nette majorité que le peuple équatorien a réélu, dès le premier tour de scrutin, Rafael Correa du Movimiento Alianza PAIS (patrie fière et souveraine), à la présidence du pays le 17 février dernier. Selon les résultats rendus publics par le Conseil électoral national d'Équateur (CNE), le président sortant Rafael Correa obtiendrait 56,7 % des votes après 100 % du décompte rapide des actes de scrutin. Des sept autres candidats à la présidence, son plus proche rival fut Guillermo Lasso du Parti Creando Oportunidades, défenseur d'un programme politique néolibéral et qui a obtenu 23,3 % des votes.

S'adressant aux milliers de sympathisants venus célébrer la victoire à ses côtés, le président Correa a lancé du balcon du Palais présidentiel : « Cette révolution, rien ni personne ne l'arrête, nous faisons l'histoire, nous construisons la petite patrie de l'Équateur et la grande patrie d'Amérique latine. » Et puis il s'est exclamé : « Rien pour nous, tout pour vous. Pour ce peuple qui s'est fait digne et qui travaille pour une Patrie juste et honnête. Ceci est une victoire pour chacun de vous compagnons. » « Je profite également de cette occasion pour dédier cette victoire à ce grand leader latino-américain qui a transformé le Venezuela, à ce grand ami Hugo (Chavez). »

D'autre part, suivant les données du CNE, le parti Movimiento PAIS obtiendrait plus de 51,9 % des votes, ce qui une fois terminé le décompte entier, devrait lui donner la majorité à l'Assemblée nationale avec plus de 69 députés. Les dernières analyses des votes dépouillés jusqu'à maintenant laisseraient même entrevoir la possibilité que le parti du président Correa obtienne 91 députés à l'Assemblée nationale, ce qui lui donnerait les 2/3 des voix à cette assemblée. Si une telle chose se produit, le gouvernement Correa sera en position de faire adopter non seulement les lois qui se trouvent bloquées depuis quatre années par l'opposition, comme celles sur l'eau, les terres, les communications et la réforme du code pénal ; mais en plus, il pourra apporter les ajustements à la Constitution de 2008, nécessaires à l'approfondissement de la révolution citoyenne.

Interrogé sur la signification de ces résultats électoraux par Prensa Latina, le président Correa a déclaré : « Le grand défi maintenant est de faire que ce changement de pouvoir en fonction des êtres humains, de la grande majorité et non des groupes d'intérêts, avec lesquels les changements à la Constitution permettront d'en finir, soit irréversible. »

Il est également rapporté par le CNE ainsi que par la délégation de l'UNASUR, que la journée de vote s'est déroulée dans le calme et sans incidents graves.

Dans les minutes qui ont suivi l'annonce de la victoire du président Correa, plusieurs présidents latino-américains ont fait parvenir des messages de salutations telles que ceux de Cuba, Venezuela, Haïti et Salvador. Les leaders des partis d'opposition ont également fait connaître qu'ils reconnaissaient la victoire à Rafael Correa et qu'ils respectaient la décision du peuple équatorien.

Haut de page


Lisez Le Marxiste-Léniniste
Site web:  www.pccml.ca   Courriel:  redaction@cpcml.ca