|
Numéro 23 - 14
février 2013
La tentative de relancer l'ordre du
jour illégitime
sous un nouveau chef en Ontario
Bâtissons le mouvement politique
indépendant de la classe ouvrière!

«Mesures d'austérité,
'contrats',
gouvernement - illégitimes»
La
tentative de relancer l'ordre du jour illégitime sous un nouveau
chef en Ontario
• Bâtissons le mouvement politique
indépendant de la classe ouvrière! - Enver
Villamizar and Dan Cerri
• Des ministres quittent le navire
Retirez les mesures
d'austérité du projet de loi 115! Non à
l'utilisation de fausses conventions collectives pour criminaliser la
résistance!
• Opposons-nous au chantage exercé
contre les enseignants et les travailleurs de l'éducation -
Mira
Katz
• Les plaidoyers sur la question du
«droit de travailler» se poursuivent à l'audience de
la Commission du travail
• Les enseignants des écoles catholiques
s'opposent aux non-ententes
Résistance au
programme d'austérité des riches en Alberta
• L'hypocrisie du discours qui prétend
que les revenus du pétrole ne peuvent servir à financer
les programmes sociaux - Peggy Morton
La tentative de relancer l'ordre du jour
illégitime
sous un nouveau chef en Ontario
Bâtissons le mouvement politique
indépendant de la classe ouvrière!
- Enver Villamizar and Dan Cerri -

«Notre avenir est dans
la lutte pour les droits de tous»
Le 11 février, Kathleen Wynne a
été officiellement assermentée et a
présenté son cabinet. La publicité tapageuse
entourant la prestation de serment de Wynne et le dévoilement du
nouveau cabinet sont la continuation des tentatives de
« relancer » l'ordre du jour
d'austérité. C'est une tentative de bâtir un
consensus au sein du
corps politique sur la façon d'appliquer des coupures de
milliards de dollars dans les programmes sociaux pour payer les riches,
cela face à l'opposition grandissante et au rejet par les
travailleurs de l'ordre du jour d'austérité et de la
négation des droits que cela implique.
La prétention de Wynne à une
« société juste » vise à
présenter sous un masque nouveau une « approche
équilibrée » de l'austérité
où les droits du peuple doivent être restreints afin de
garantir de « manière équitable »
les droits des monopoles. Par « manière
équitable », Wynne entend
vraisemblablement que ce ne sont pas seulement les enseignants et les
travailleurs de l'éducation qui doivent supporter le poids de
l'offensive contre les droits et le vol de fonds, mais également
les travailleurs de la santé et du secteur public et que ceux-ci
devraient aussi « céder » afin de payer
« équitablement » les
bailleurs de fonds et les monopoles.
Au cours des prochaines semaines, nous assisterons
à la multiplication des tentatives du nouveau gouvernement pour
faire progresser son ordre du jour, déjà
discrédité aux yeux de la majorité de la
population. Ce ne fera qu'approfondir la crise de
crédibilité du système politique et des
institutions dépassées. La nécessité d'une
direction nouvelle
pour l'économie et la société approfondit la crise
de cette fausse « relance » qui emprunte la
même voie que celle suivie par les gouvernements Rae et Harris,
dans les années 1990, et McGuinty depuis. Au lieu du renouveau,
ce sont les anciens comportements et les problèmes
inhérents au système de la démocratie
représentative qui
restent en place. De nouveaux ministres libéraux ont
été nommés qui vont poursuivre dans la voie que
suivent de plus en plus les cercles internes du parti au pouvoir
à savoir de prendre toutes les décisions tandis les gens
doivent rester passifs, en espérant que les décisions
prises serviront leurs intérêts. Même le reste de
l'Assemblée législative est
marginalisée. L'équipe de transition choisie par Wynne
pour orienter les décisions du cabinet, et sans aucun doute
d'autres décisions également, est constituée
presque entièrement de personnes non élues, et beaucoup
d'entre elles représentent des intérêts
privés particuliers.
La nomination par Wynne d'un nouveau cabinet ne change
pas la nécessité pour la classe ouvrière d'adopter
une politique indépendante pour garantir ses
intérêts et l'affirmation des droits. La classe
ouvrière exige l'annulation des mesures
d'austérité contenues dans la loi 115 et que cesse
la violation des droits des travailleurs. Elle
poursuit ses efforts pour obliger les gouvernements à rendre des
comptes pour leurs attaques contre les droits, malgré les
tentatives visant à rallier les travailleurs derrière les
différentes sections des cercles dirigeants. Cette position pour
la défense des droits de tous montre que peu importe ce que ce
nouveau gouvernement inventera, il ne sera pas
en mesure de masquer ses attaques contre les droits en les attaquant
« avec un ton nouveau et un processus nouveau ».

Des ministres quittent le navire
Même si cela fait à peine un an et quatre
mois qu'ils ont été élus, trois ministres du
cabinet McGuinty quittent le navire soit en démissionnant en
tant que
députés, soit en annonçant qu'ils ne se
représenteront pas à la prochaine élection
provinciale. C'est possible que certains d'entre eux se
préparent à faire le saut
en politique fédérale derrière tel ou tel candidat
à la chefferie libérale maintenant qu'ils n'ont plus la
faveur du parti libéral provincial. Il se peut également
qu'à
la lumière de l'élection partielle de Kitchener-Waterloo
(qui a surpris tant les libéraux que les conservateurs) ils
pensent être défaits s'ils se représentent en
Ontario.
Le premier gros nom à annoncer sa
démission a été le député de
Windsor-Tecumseh et ministre des Finances Dwight Duncan. Il a
annoncé le 6 février
que non seulement il démissionne en tant que ministre des
Finances, mais va renoncer à son siège de
député dès le 13 février. Lorsque
Sandra Pupatello
était candidate à la chefferie libérale en
Ontario, Duncan avait offert de démissionner afin qu'elle puisse
se présenter dans une élection partielle dans son
comté.
Duncan avait ceci à dire en entrevue au Windsor
Star :
« Je ne ferme pas la porte à un
saut en politique fédérale ; je ne
dis pas que je vais franchir cette porte mais je ne la ferme
pas. » Il a utilisé l'occasion pour dire qu'il mise
sur l'élection de Justin Trudeau à la tête du
parti libéral fédéral : « Je vais
continuer à aider un jeune homme qui s'appelle Justin Trudeau
dans sa course au leadership [...] J'ai très confiance
en lui en matière de politique nationale. Je vais poursuivre mon
engagement envers le Parti libéral et notre
communauté. »
Le ministre de l'Énergie Chris Bentley a
été le deuxième à annoncer son
départ. Il a dit qu'il va démissionner en tant que
député le 14 février. Dans
une lettre à ses électeurs, Bentley écrit que la
décision a été difficile à prendre, mais
qu'il est temps pour lui « d'écrire un nouveau
chapitre » de
sa vie qui fera plus de place à sa femme et ses deux filles.
Selon Élections Ontario, la première
ministre Kathleen Wynne a six mois après la date de leur
démission comme député pour tenir une
élection partielle
dans leur comté laissé vacant.
Le député de Sudbury et ministre du
Développement du Nord et des Mines Rick Bartolucci a aussi
annoncé qu'il ne se présentera pas lors de la prochaine
élection provinciale.

Retirez les mesures
d'austérité du projet de loi 115! Non à
l'utilisation
de fausses conventions collectives pour criminaliser la
résistance!
Opposons-nous au chantage exercé contre les
enseignants et les travailleurs de l'éducation
- Mira Katz -
Il existe présentement un effort concerté
pour utiliser le chantage contre les enseignants et les travailleurs de
l'éducation afin de leur faire abandonner leur
droit de dire Non ! au diktat et au vol de milliards de dollars de
l'éducation. Cet effort de la part de divers porte-parole de
l'État canadien liés à tous les
partis de l'Assemblée législative est partie
intégrante de l'effort pour réduire au silence
l'Opposition ouvrière en Ontario qui se fait sous le signe du
« recentrage » du gouvernement.
Ce chantage vise à
amener les enseignants et les travailleurs de l'éducation, par
le biais de pressions exercées sur leurs syndicats, à
abandonner leur moyen
de pression consistant à se retirer des activités
parascolaires et autres activités de nature
bénévole, un moyen qu'ils ont adopté pour
contester le diktat
gouvernemental et la violation de leurs droits. Ce chantage cible la
conscience des enseignants et des travailleurs de l'éducation
qui, c'est bien connu, agissent
avec professionnalisme lorsqu'il est question d'accomplir leurs
tâches et d'aider les étudiants. Tout comme les
libéraux et les conservateurs prétendaient que le
projet de loi 115, qui enfreint de façon flagrante les droits
des travailleurs de l'Ontario, « donnait la priorité
aux étudiants », les maîtres-chanteurs
prétendent maintenant que, pour éviter de
pénaliser les étudiants, les enseignants et les
travailleurs de l'éducation doivent cesser de refuser de
participer aux
activités parascolaires et au bénévolat. Certains
prétendent que la tactique n'a pas d'impact, d'autres que ces
moyens de pression des enseignants finiront par
leur mettre les parents à dos. D'autres sont plus inventifs et
créent le spectre d'un exode massif d'étudiants des
écoles publiques vers les écoles catholiques et
de pertes d'emplois dans un effort pour inciter des divisions entre les
enseignants et les travailleurs de l'éducation des deux
systèmes.
Les enseignants et
travailleurs de l'éducation de Wheatley le 2 février et
de Kingston (ci-dessus) le 6 février,
manifestant contre l'imposition des non-ententes
Les maîtres-chanteurs utilisent également
la Commission des relations
de travail de l'Ontario et la perspective d'un Hudak majoritaire comme
une épée de
Damoclès pour effrayer les enseignants et les travailleurs de
l'éducation à l'effet qu'ils sont mieux de capituler
sinon le plein
poids de l'État canadien et de sa
police va s'abattre sur eux, rendre toute protestation illégale
et leur
faire subir une offensive antisociale encore plus féroce du type
Mike
Harris ou Parti
républicain aux États-Unis.
Le point commun entre tous ces maîtres-chanteurs
c'est qu'ils disent tous que le problème provient des
travailleurs et de leur opposition au diktat et que
les gouvernements ne devraient pas rendre des comptes de leurs attaques
contre les droits du peuple et des milliards de dollars en fonds
publics qu'ils donnent
aux riches. Ils ne demandent pas aux gouvernements de cesser leurs
attaques contre les droits, mais aux enseignants et aux travailleurs de
l'éducation, en d'autres
mots les victimes, d'abandonner leur résistance.
Ce chantage est frauduleux, intéressé et
antisocial. Les enseignants et les travailleurs de l'éducation
se sont mérités une place d'honneur au sein du peuple
parce que, entre autres choses, ils se tiennent debout face à
l'intimidateur et refusent de se soumettre. Ils ont
démontré aux gouvernements que ceux-ci ne peuvent
pas impunément violer les droits du peuple. Loin de s'être
« mis le public à dos », la prise de
position des enseignants et des travailleurs de
l'éducation de ne pas se plier à l'intimidation a
révélé au grand jour la violation des droits
contenue dans le projet de loi 115. Le gouvernement s'est plutôt
mis
le public à dos et tente maintenant de trouver sa
rédemption dans sa frauduleuse « relance ».
Le dilemme qui se pose aux maîtres-chanteurs est
que les rangs des enseignants et des travailleurs de l'éducation
se resserrent alors que de grandes sections
de la classe ouvrière se joignent à eux pour
déclarer Non ! C'en est assez de jeter les fonds publics
dans les coffres des banques et des monopoles !
Assez des frauduleuses demandes pour l'austérité et la
restriction ! Assez c'est assez ! Et tout ça se passe
au moment où l'élite dominante se prépare
à reprendre une nouvelle ronde de soi-disant mesures de
« restriction » afin de continuer de payer les
riches.

Les plaidoyers sur la question
du «droit de travailler» se poursuivent à
l'audience de la Commission du travail
L'audience traitant de la plainte pour incitation
à une grève
illégale déposée par deux commissions scolaires de
l'Ontario à la
Commission des relations de travail contre la Fédération
des
enseignants de l'élémentaire de l'Ontario (FEEO) se
poursuit. Les
commissions scolaires demandent qu'une ordonnance de
« cessation et
d'abstention » soit prise contre le syndicat. Lors des
sixième et
septième jours de l'audience tenus les 6 et
8 février, les avocats des
deux camps ont présenté leur plaidoyer sur la
définition d'un
« enseignant » et d'une
« grève » selon la Loi sur
l'éducation et sur la pertinence ou non
d'invoquer dans cette cause les droits des enseignants en vertu de la Charte
des
droits
et libertés.
L'audience a lieu au moment où le gouvernement
tend des « branches
d'olivier » pour tenter de convaincre les enseignants et
travailleurs
de l'éducation de laisser tomber leur opposition à la
violation de
leurs droits et libertés par le gouvernement. Les plaidoyers des
avocats des commissions scolaires utilisent les arguments des
projets de lois du « droit de travailler »
prônés par les dirigeants
conservateurs et Tim Hudak selon lesquels les travailleurs ont le droit
individuel de dire Non !au diktat, en autant que ce
Non ! reste
individuel et sans effet. C'est une toute autre histoire cependant
lorsque les travailleurs entreprennent des actions collectives
eux-mêmes ou à travers leur syndicat pour défendre
leurs droits en
retirant leurs services que ce soit dans leur emploi payé ou du
travail
bénévole.
Les deux commissions scolaires tentent d'établir
un dangereux
précédent à l'effet que les activités
bénévoles des enseignants
devraient faire l'objet d'une ordonnance du tribunal et que tout refus
de s'y conformer devrait mener à de graves sanctions, y compris
des
amendes et des peines de prison. Il faut fermement s'opposer à
cela.
À titre d'information, voici un
résumé des délibérations tel que
rapportées par un membre du personnel de la FEEO participant
à
l'audience.[1]
Répondant au plaidoyer de la FEEO à
l'effet que le retrait de la référence aux
activités d'enseignement mixte de la Loi sur
l'Éducation
de 2009 protégeait les enseignants de toute accusation
d'activité
illégale s'ils se retiraient des activités
bénévoles, l'avocat des
commissions scolaires a fait valoir que la définition d'une
« grève » selon la Loi sur
l'éducation comprend non seulement
le fait de se soustraire à des tâches d'enseignement, mais
également à
d'autres « activités normales », y compris
des activités bénévoles de
tous genres. Il a fait valoir qu' « enseigner »
ne peut être défini de
façon si restreinte qu'il
exclut le retrait d'autres activités, même si elles sont
de nature
strictement volontaire. Par conséquent, selon les commissions
scolaires, le fait de conseiller ou d'encourager les enseignants
à se
soustraire aux activités parascolaires répond à la
définition d'une
grève et constitue une raison suffisante pour émettre une
ordonnance de
« cessation
et d'abstention ».
Même si l'avocat des commissions scolaires a admis
que le fait que
des enseignants individuels se retirent des activités
parascolaires et
d'autres activités ne contrevient pas à la loi, il a
présenté
l'argument avancé par les tenants du « droit de
travailler » à l'effet
qu'une action collective des travailleurs pour se retirer de ces
activités
constitue une grève illégale selon la Loi sur
l'éducation.
Devant l'argument de la FEEO à l'effet
que les droits des
enseignants à la liberté d'expression et à la
liberté d'association en
vertu de la Charte doivent être pris en considération par
le président
avant qu'il en arrive à une décision sur la requête
des commissions
scolaires, l'avocat des commissions scolaires a dit que les valeurs de
la
Charte entrent en jeu uniquement si le langage dans la loi est ambigu.
Ça n'est pas le cas a-t-il dit avec la Loi sur
l'éducation qui
définit clairement la grève comme « toute
action ou activité faite par
les enseignants de façon combinée, de concert ou
conformément à une
interprétation commune qui vise à ou qui peut de toute
évidence avoir l'effet de freiner, restreindre, limiter ou faire
obstacle aux activités normales d'une commission et de ses
employés. »[2]
L'audience s'est poursuivie le 12 février
alors que les avocats des
deux camps ont présenté leurs plaidoyers sur la
signification des
clauses traitant de la grève dans la Loi sur
l'éducation et
sur la question à savoir si les droits des enseignants en vertu
de la
Charte invalident la requête des commissions scolaires demandant
que
les actions des enseignants soient déclarées grève
illégale. L'avocat
des commissions scolaires a dit que faire intervenir la Charte au
détriment de la requête des commissions
équivaudrait à « récompenser
les enseignants » pour « avoir tourné le
dos à leurs élèves. »
Les deux parties doivent maintenant soumettre des
plaidoiries écrites au juge d'ici le 15 février.
Notes
1. Voir à ce sujet le LML
du 6 février 2013
2. Voir le LML du 6 février
2013

Les enseignants des écoles catholiques
s'opposent aux non-ententes
Le 5 février, la Commission des relations de
travail a tenu
des audiences sur la plainte de quatre unités locales de
l'Association des
enseignants des écoles élémentaires catholiques
(OECTA) et d'un groupe
d'enseignants d'une autre unité contre l'exécutif
provincial du syndicat pour
avoir échoué à son devoir de représentation
équitable. La plainte est entendue
par
Bernard Fishbein, le président de la Commission qui va aussi
statuer sur la
plainte de deux commissions scolaires contre la
Fédération des enseignants de
l'élémentaire de l'Ontario.
En novembre, lors des
premières audiences, des arguments pour et contre ont
été présentés à savoir si les
dispositions de la Loi des relations de travail
de l'Ontario s'appliquent au cas concerné et si la
Commission des relations de travail a juridiction dans cette affaire.
Les unités d'enseignants catholiques
soutiennent que l'exécutif provincial du syndicat n'a pas
consulté ses membres, n'a pas obtenu l'autorisation de ses
membres et n'a pas permis le vote sur l'entente
de principe qu'il avait conclue avec le gouvernement en juillet et que
l'exécutif a trompé les membres et le conseil des
présidents au sujet du processus de
ratification.
L'avocat du syndicat a invoqué la loi 115 et
dit que cette plainte contre l'exécutif ne peut pas être
entendue par une commission des relations de travail.
Le 5 février, les syndiqués ont encore une fois
soutenu qu'aux termes de la loi sur les relations de travail les
membres doivent avoir la possibilité de ratifier
ou de rejeter toute entente négociée en leur nom par une
équipe de négociation. L'exécutif provincial
aurait donc violé ce principe démocratique, disent-ils.
De
plus, la loi 115 ayant été abrogée, rien
n'empêche la Commission des relations de travail d'entendre une
plainte de cette nature.
Cette fois, l'exécutif provincial est revenu
à la charge avec l'argument que le processus qui a amené
à la conclusion de l'entente de principe avec le
gouvernement n'était pas la négociation collective telle
que définie par la loi, mais bien un processus politique
engageant l'exécutif et le gouvernement. L'entente
de principe qu'il a signée au nom des membres n'était pas
une convention collective. Donc les règles habituelles ne
s'appliquent pas et la ratification n'est pas
nécessaire.
On attend toujours la décision de la Commission.

Résistance au programme
d'austérité des riches en Alberta
L'hypocrisie du discours qui prétend
que les revenus du pétrole ne peuvent servir
à financer les programmes sociaux
- Peggy Morton -
Les médias monopolisés, les
économistes et autres experts au service des riches, les
politologues et politiciens en Alberta sont tous engagés dans un
effort
pour détourner l'attention de la nécessité
d'arrêter de payer les riches, d'augmenter les investissements
dans les programmes sociaux et d'affirmer et de garantir
les droits de tous.
Pour justifier d'utiliser les revenus de l'exploitation
des ressources pour financer nos programmes sociaux, on nous parle de
la nécessité d'« épargner
pour les mauvais jours ». La province compte sur les revenus
des ressources non renouvelables (redevances), mais ils sont trop
imprévisibles et le
gouvernement ne peut plus déprendre d'eux pour boucler son
budget.
L'argument avancé par les riches est que
l'utilisation des redevances pour financer les programmes sociaux ne
fait que « dilapider notre héritage »
alors que la placer dans le Fonds du patrimoine signifie
« s'occuper des générations
futures ». C'est nier que l'investissement dans les
programmes
sociaux renforce l'économie; ils sont un investissement dans les
êtres humains, l'économie et la société.
Dans la vision étriquée de ceux qui veulent continuer
de payer les riches, les programmes sociaux sont un
« coût » et la société s'en
sort mieux quand elle parvient à réduire ces
« coûts ».
Prétendre que les revenus des ressources ne doivent pas
être utilisés pour les programmes sociaux est une
façon déguisée de dire que les revenus doivent
être
disponibles pour payer les riches. Prétendre que les revenus
tirés des ressources ne doivent pas être utilisés
pour les programmes sociaux, c'est déclarer que
le gouvernement ne doit pas garantir les droits du peuple.
La période où Peter Lougheed a
été premier ministre de l'Alberta est souvent
citée pour faire valoir que le Fonds doit être
utilisé pour la diversification
économique. L'ère Lougheed et le régime Getty qui
a suivi ont été les beaux jours des programmes pour payer
les riches au nom de la diversification
économique.

Grève des
travailleurs de la fonction publique à l'époque de
Lougheed (Provincial Archives of
Alberta)
|
Le Conseil du premier ministre pour la stratégie
économique a réuni des représentants de
l'oligarchie financière pour expliquer comment la province doit
utiliser les revenus provenant des redevances et de la vente des
terres. Le Conseil a rendu son rapport en 2011. Le rapport appelle
à une grande expansion des
programmes où l'État paie les riches :
« Nous croyons que cette pratique [d'utiliser
les revenus des ressources non renouvelables pour les programmes
sociaux] est un risque pour la
prospérité future de la province. Les recettes provenant
des ressources non renouvelables ne sont pas une source
récurrente de revenus comme un salaire pour
un individu ou les taxes et les frais d'usagers le sont pour un
gouvernement Il s'agit plutôt d'une conversion ponctuelle d'une
immobilisation dans des fonds de
capitaux, un peu comme la vente d'un terrain ou d'un bâtiment.
« Nous ne préconisons pas que l'argent
provenant de la vente d'énergie soit perçu comme une
tirelire placée à la banque ou d'un portefeuille de
placements à long terme, la rendant ainsi hors de la
portée de la génération actuelle d'Albertains Au
contraire, nous suggérons de l'utiliser différemment.
Tout
au long de ce rapport, nous avons défini des possibilités
intéressantes pour l'investissement dans l'avenir de l'Alberta.
Tous les fleurons exigent des
investissements importants. Tous ont le potentiel de
générer des rendements encore plus importants dans la
province sous la forme d'emplois bien rémunérés,
d'entreprises rentables et de recettes fiscales accrues pour financer
les services publics. Nous croyons que les avoirs naturels de l'Alberta
doivent être investis
dans l'édification d'un avenir prospère. »
Les représentants de l'oligarchie
financière exigent la création d'un fonds
d'investissement énorme pour servir les intérêts
privés. Qui sont ces intérêts privés
qui ont le culot d'exiger qu'on leur paie un tribut encore plus
lourd ? En voici deux exemples. David Emerson est l'ancien
président des produits forestiers
Canfor. En tant que ministre du Commerce international en 2006, Emerson
a salué l'accord sur le bois d'oeuvre résineux en
disant : « Cet accord
à long terme avec les États-Unis apporte de la
stabilité et de la certitude à notre industrie du bois
d'oeuvre et à de nombreuses familles et communautés
canadiennes qui en dépendent. »
Les travailleurs forestiers qui luttent pour leurs
communautés dévastées par la braderie des
ressources naturelles ont fait mentir cette déclaration. Depuis
l'accord sur le bois d'oeuvre, l'industrie forestière a connu
à l'échelle nationale une crise après l'autre
alors que les travailleurs forestiers subissent le chantage
constant des monopoles qui exigent des concessions sur leurs salaires,
leurs avantages sociaux, leurs pensions et leurs conditions de travail.
Un autre membre du Conseil, Courtney Pratt, en tant que
p.d.-g. de Stelco, a aidé à mettre en place la Loi
sur les arrangements avec les créanciers
des compagnies (LACC), la loi qui permet à de grandes
entreprises de demander une protection de faillite comme moyen de
frauder les actionnaires et
les travailleurs, surtout pour ce qui est des pensions. La section
locale 1005 du Syndicat des métallos de Stelco a
mené une lutte résolue pour exposer
la LACC comme un vol légalisé organisé par
l'État des pensions, des salaires et des avantages sociaux et
une atteinte à tous les créanciers qui ne sont pas
ligués
aux plus puissants qui contrôlent le processus de faillite et se
considèrent comme étant les créanciers garantis.
Payer les riches n'a résolu aucun des
problèmes de l'économie dans le passé et il ne le
fera pas à l'avenir. Les investissements dans les entreprises
publiques,
les services publics et les programmes sociaux pour développer
une économie auto-suffisante basée sur la satisfaction
des besoins des gens où le commerce
international s'effectue sur la base de l'avantage réciproque
sont des façons d'éliminer les cycles d'expansion et de
récession ou « les mauvais jours ».
Une partie des revenus des ressources peut être utilisée
pour développer des entreprises publiques, y compris les
sociétés d'énergie détenues et
contrôlées
publiquement. Le fait que le développement des ressources se
déroule sur les terres ancestrales des Premières Nations
doit également refléter la façon dont ces
revenus sont répartis. Les Premières Nations ont un droit
à une partie des revenus des ressources naturelles pour le
développement de leur base économique.
La classe ouvrière dont les membres sont dans les
faits les producteurs de la richesse et les fournisseurs de services,
est entièrement capable d'organiser
une économie moderne sans les Emerson et Pratt de ce monde. Les
travailleurs dont les employés salariés tels que les
ingénieurs et d'autres ont une riche
expérience pour faire valoir des solutions rationnelles et
scientifiques aux problèmes de production et de distribution.
La classe ouvrière de l'Alberta peut et doit
organiser et diriger la résistance au programme
d'austérité des riches et affirmer les droits de tous.
PHOTOS---------
Les travailleurs du Syndicat des employés
provinciaux de l'Alberta (AUPE) en grève à
l'époque Lougheed.(Archives provinciales de l'Alberta)
Les métallos de Hamilton manifestant contre la
frauduleuse faillite de la LACC ; les travailleurs forestiers de
la Colombie-Britannique luttant contre
la braderie de leurs ressources

Lisez Le
Marxiste-Léniniste
Site web: www.pccml.ca
Courriel: redaction@cpcml.ca
|