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Numéro 3 - 17 janvier
2013
Les nouveaux règlements de
l'assurance-emploi entrent en vigueur
Un mouvement grandissant demande le
retrait des changements antisociaux à l'assurance-emploi
Manifestation de
plus de 4 000 personnes aux Îles-de-la-Madeleine contre les
changements
à l'assurance-emploi le 13 janvier 2013
Les
nouveaux
règlements de l'assurance-emploi entrent en vigueur
• Un mouvement grandissant demande le retrait
des changements antisociaux à l'assurance-emploi
• Changements antisociaux à
l'assurance-emploi
Entrevues
• France Simard, Mouvement action chômage Lac-St-Jean
• Sylvain Bergeron, Lieu d'actions et de
services travaillant dans l'unité avec les sans-emploi (LASTUSE)
du Saguenay
• Mario Guitard, président de la section
locale 113 du Syndicat
des communications, de l'énergie et du papier (SCEP),
Nouveau-Brunswick
• Michel Richard, Union des pêcheurs des
Maritimes et Comité contre les changements à
l'assurance-emploi du sud-est du Nouveau-Brunswick
Le marché du
travail est le commerce d'esclaves d'aujourd'hui
• Combattre le chômage et
l'insécurité d'un moyen de subsistance incertain c'est
combattre le droit de monopole - K. C. Adams
Les nouveaux règlements de
l'assurance-emploi entrent en vigueur
Un mouvement grandissant demande le
retrait des changements antisociaux à l'assurance-emploi
Cap-au-Meule, Îles-de-la-Madeleine, 13 janvier 2013
Les travailleurs et les populations régionales de
plusieurs régions du pays disent un NON ! retentissant aux
changements antisociaux
effectués par le gouvernement Harper au programme de
l'assurance-emploi, lesquels sont entrés en vigueur le
6 janvier. Les gens demandent que ces
changements soient abolis et que la dictature Harper rende des comptes.
Un gouvernement qui coupe délibérément dans les
prestations déjà maigres de
l'assurance-emploi auxquelles moins de 50 % des chômeurs ont
accès et qui utilise le programme pour abaisser les conditions
de vie et de travail de tous
les travailleurs n'est pas apte à gouverner.
Les travailleurs et les organisations de défense
des chômeurs intensifient leurs actions pour faire échec
à ces changements.
Le 15 décembre dernier, des manifestants
parmi lesquels bon nombre de travailleurs forestiers ont
confronté Denis Lebel, le député du gouvernement
Harper dans Roberval-Lac-Saint-Jean, devant son bureau de comté.
Lebel est également ministre des Transports, de l'Infrastructure
et des Collectivités et ministre
de l'Agence de développement économique du Canada pour
les régions du Québec.

Moncton,
Nouveau-Brunswick, 4 janvier 2013
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Le 4 janvier, plus de 300 personnes ont
manifesté à Moncton au Nouveau-Brunswick. Elles se sont
rassemblées devant le bureau de comté du
député
conservateur de Moncton-Riverview-Dieppe Robert Goguen avec slogans et
pancartes sur lesquelles on pouvait lire : « Aux poubelles
les changements
de Harper à l'assurance-emploi ! » et «Harper
le pire premier ministre du Canada ! » C'était la
deuxième manifestation en moins d'une semaine
que tenaient ces travailleurs, en grande partie des pêcheurs de
l'Union des pêcheurs des Maritimes.
Les Madelinots ont accompli quelque chose de vraiment
remarquable le 13 janvier lorsque plus de 4000 d'entre eux, soit
le tiers de la population
des Îles-de-la-Madeleine, ont manifesté devant les bureaux
de Service Canada, scandant des slogans et arborant pancartes lisant
«Non à l'exode des
Madelinots ! ».
En dépit du fait que ces règlements sont
fermement dénoncés par les travailleurs partout au Canada
, le gouvernement Harper les a simplement imposés.
Ces changements proviennent de la loi omnibus C-38 adoptée
l'an dernier qui entre autres choses a donné de nouveaux
pouvoirs discrétionnaires à la
ministre des Ressources humaines Diane Finley. La loi a aboli les
sections de la Loi sur l'Assurance-Emploi qui
définissaient ce qui constitue un
«emploi convenable » et une «recherche d'emploi
raisonnable », pavant ainsi la voie à l'adoption des
nouveaux règlements qui peuvent être changés par la
ministre selon son bon vouloir.
Ces changements antisociaux au programme de
l'assurance-emploi ne doivent pas passer. LML appuie
fermement la lutte pour
les faire abolir et forcer le gouvernement Harper à rendre des
comptes pour ses activités antiouvrières et antisociales.
Cap-au-Meule, Îles-de-la-Madeleine,
13 janvier 2013

Changements antisociaux à l'assurance-emploi
Thetford Mines, 27
octobre 2012
Les changements entrés en vigueur sont identiques
à ceux annoncés en mai dernier qui divisent aribrairement
les chômeurs en trois
catégories : les travailleurs de longue date, les
prestataires fréquents et les prestataires
occasionnels. La catégorie à laquelle appartient le
travailleur détermine quel genre de recherche d'emploi il doit
faire et quel niveau de baisse de salaires il doit
accepter sous peine de perdre ses prestations d'assurance-emploi.
Durant leurs six premières semaines de
prestations, les prestataires fréquents par exemple seront
obligés d'accepter un emploi semblable à un salaire
jusqu'à
20 % en dessous du salaire de leur emploi précédent.
Par la suite, ils devront accepter n'importe quel travail et une baisse
de salaire pouvant atteindre
30 %.
Les prestataires occasionnels ont six semaines pour se
trouver un emploi dans leur domaine et doivent accepter pendant cette
période une baisse de salaire
de 10 %. Après six semaines, ils doivent chercher un emploi
similaire à leur emploi précédent et accepter une
baisse de salaire de 20 % tandis
qu'après 18 semaines, ils doivent prendre n'importe quel
emploi avec une baisse de salaire pouvant atteindre 30 %.
Les travailleurs de longue date ont 18 semaines
pour trouver un emploi dans leur domaine avec une baisse de salaire
allant jusqu'à 10 % et
ils doivent ensuite chercher un emploi semblable avec une baisse de
salaire pouvant atteindre 20 %.
Tous les prestataires doivent maintenant accepter de
voyager une heure ou même plus entre la maison et le travail pour
se rendre à leur nouvel emploi sinon
leurs prestations sont coupées.
Comme on l'avait annoncé, les nouveaux
règlements, qui serviront à couper les prestations des
prestataires, imposent des conditions plus strictes pour ce
qui constitue une recherche raisonnable d'emploi. De plus, à
partir de maintenant, le salaire de référence à
partir duquel on calcule le seuil de salaire que le
prestataire doit accepter sera celui correspondant à sa plus
longue période de travail et donc pas nécessairement le
salaire le plus élevé. Également, à cause
des
dépenses telles le transport et la garde des enfants que les
prestataires auront à encourir pour travailler à des
salaires à 70-80 ou 90 % de leur salaire de
référence, il se peut très bien que les
travailleurs vont se retrouver plus pauvres en travaillant qu'ils ne
l'étaient avec des prestations d'assurance-emploi
équivalant
à 55 % de leur salaire de référence. Des
pénalités seront appliquées par l'assurance-emploi
aux travailleurs qui décideront de quitter l'emploi qu'ils se
sont trouvés (sous menace de se faire couper leurs prestations)
afin de retourner à leur emploi saisonnier.
Les nouveaux règlements introduisent des
changements qui vont appauvrir encore davantage les chômeurs et
causer un exode forcé des régions à emplois
saisonniers ou à faible taux d'emplois ce qui va causer de
grands problèmes dans leurs communautés. Ces changements
vont pousser à la baisse les conditions
de vie et de travail des travailleurs entraînant vers le bas le
niveau de vie de tous les Canadiens. La dictature Harper avoue sans
gêne que ces règlements ont
pour but de réduire les prestations des travailleurs en
chômage. Dans les notes de référence qui
accompagnent les règlements, le gouvernement dit qu'il
prévoit
que 8000 chômeurs vont être coupés
immédiatement alors que d'autres recevront des prestations
moindres ce qui lui permettra
« d'économiser »
12 millions $ par année et 33 millions $
chaque année subséquente.

Entrevues
France Simard, porte-parole du Mouvement
action chômage Lac-St-Jean
Manifestation
devant
le bureau du ministre Denis Level à Roberval le 15
décembre 2012
LML :
Peux-tu nous parler du travail que vous faites contre les changements
antisociaux du gouvernement Harper à l'assurance-emploi ?
France Simard : Nous faisons de la
défense individuelle et collective des chômeurs. Nous
travaillons avec d'autres organisations
pour la défense collective des sans-emploi par exemple pour
l'organisation de la manifestation que nous avons tenue le
15 décembre devant le bureau
du ministre Denis Lebel.
C'est surtout depuis juin que nous sommes entrés
en action contre ces changements faits par le gouvernement Harper, en
tant que membres de notre
organisation nationale le Mouvement autonome et solidaire des
sans-emploi (MASSE). Ce travail a mené à la grande
manifestation du 27 octobre à
Thetford Mines devant les bureaux de Christian Paradis le lieutenant
québécois de Harper. Pendant l'automne, de concert avec
les syndicats, nous avons organisé
des tournées, des sessions d'information et de mobilisation dans
toute la région, près de 20 en tout. Nous avons eu une
rencontre en novembre dernier avec
d'autres organisations et nous sommes en train de planifier d'autres
actions dans la période qui vient. Nous voulons que cette
question soit discutée publiquement,
que les médias notamment en parlent le plus possible. La grogne
monte parmi la population. Nous voulons forcer le gouvernement à
reculer. Cela n'a aucun
sens ce qu'ils viennent de faire. Il faut qu'ils sentent la pression.
Quand nous avons rencontré le ministre Lebel, qui
est de la région, nous lui avons clairement dit de
considérer ce qui se passe réellement dans la
région,
nous lui avons dit d'écouter ses travailleurs, d'enlever son
chapeau de ministre et d'oublier la ligne de parti pour un moment. Il y
avait plusieurs travailleurs
forestiers parmi nous qui voulaient lui parler. Il n'a pas voulu leur
parler, il voulait parler seulement aux organisateurs. Il nous a dit
qu'en ce qui nous concerne,
tout ce que nous voulons c'est que nos travailleurs reçoivent
des prestations tandis que lui, ce qu'il veut, c'est que les gens aient
des emplois. Il nous a parlé
comme si nous autres c'est ça que nous voulons que les
travailleurs chôment à l'année et touchent des
prestations d'assurance-emploi, comme si on ne veut pas
qu'ils aient des emplois !
LML : Quel va être
l'impact de ces changements dans la région ?
FS : L'impact va être
énorme. Ce qu'il faut comprendre c'est que ce n'est pas le
travailleur qui est saisonnier, c'est le travail qui
est saisonnier. Il n'y a pas de travail de disponible 12 mois par
année dans les secteurs saisonniers. Malgré tout c'est un
travail qui est très nécessaire.
Ottawa ne regarde pas la réalité de ce qui se passe sur
le terrain. Notre région est une région-
ressources et le Québec a d'autres
régions-ressources également. C'est vrai qu'une grande
partie du travail dans notre région est saisonnier mais si ce
travail
n'est pas fait c'est tout le Québec qui en souffre. Si le bois
n'est pas coupé, cela affecte le secteur manufacturier, tout est
inter-relié.
Les travailleurs sont très inquiets de ce qui va
se passer. Les travailleurs forestiers voudraient bien avoir du travail
12 mois par année mais ils ne
peuvent pas travailler en forêt 12 mois par année.
Ces travailleurs se font dire maintenant qu'ils doivent se trouver un
emploi pendant la saison morte.
Plusieurs ont demandé d'avoir des programmes de formation ce qui
leur permettrait de demeurer dans le secteur pendant toute
l'année mais cela leur a été refusé.
Cette formation aurait été quelque chose de très
positif parce que le secteur a été très
sérieusement affecté et il commence juste à se
tirer le museau hors de
l'eau et voilà qu'on vient le frapper à nouveau. Il va y
avoir plusieurs travailleurs qui vont quitter le secteur forestier et
ça va aggraver la crise forestière. À
part ça, est-ce que le gouvernement croit que les travailleurs
forestiers veulent aller travailler dans des restaurants au salaire
minimum et avec pas de conditions.
Peut-être que le gouvernement pourrait réfléchir
à comment il se fait que les MacDonald et les Tim Horton ont de
la misère à garder leurs
travailleurs ?
On ne parle pas uniquement du secteur forestier quand on
parle de secteur saisonnier. Il y a le tourisme, l'agriculture, la
construction, l'administration
publique etc. En plus des travailleurs des secteurs saisonniers il va y
avoir ceux qui travaillent dans les emplois précaires qui vont
être affectés. Il y a eu une
véritable explosion de ce type d'emplois depuis les
dernières années, des emplois sans aucune
sécurité d'emploi. Ici, ce sont surtout les femmes et les
jeunes
qui sont affectés.
Ce que le gouvernement veut faire c'est couper les
prestations. Déja nous avons eu nos premières victimes
avant même que les nouveaux règlements n'entrent
en vigueur. Des gens ont déjà été
coupés parce que supposément ils n'ont pas fait la bonne
recherche d'emploi, ils n'ont pas rapporté leur recherche comme
il
faut etc.
Ils veulent décourager les gens de
réclamer leurs prestations. C'est pour ça qu'ils ont
éliminé le Conseil arbitral qui entend les prestataires
qui vont en appel
contre des décisions défavorables à leur
égard et qu'ils l'ont remplacé par le Tribunal de la
sécurité sociale. On sait déjà que les
délais vont être plus longs avant
que le tribunal ne prenne sa décision . Le gouvernement escompte
que les prestataires qui se sont faits couper vont se
décourager, qu'ils vont laisser aller leur
appel et ne pas se défendre. Tout est pensé pour ne pas
payer de prestations d'assurance-emploi. Et c'est ce gouvernement qui
ne met pas un sou dans le
programme de l'assurance-emploi qui a le front de faire ce qu'il fait
sans même consulter les sans-emploi, les employeurs et les
organisations comme la nôtre
qui défendent les chômeurs.
On ne va pas laisser passer ces choses là. Nous
sommes très mobilisés dans notre région.

Sylvain Bergeron, porte-parole du Lieu d'actions
et de services travaillant dans l'unité avec
les sans-emploi (LASTUSE) du Saguenay
LML :
Quel va être l'impact de ces changements à
l'assurance-chômage ?
Sylvain Bergeron : Tout ce qui est
travail saisonnier et précaire va être affecté. Ca
veut dire non seulement le secteur forestier,
l'agriculture et le tourisme mais la construction, l'enseignement,
l'administration publique ( les gens qui sont engagés pendant la
période des rapports d'impôt
par exemple), tous les travailleurs qui n'ont pas un emploi qui dure
toute l'année en plus de ceux qui travaillent dans les emplois
précaires. Nous avons fait un
calcul rapide et selon nous ces changements vont occasionner une perte
d'environ 233 millions $ par année dans le PIB de la
région juste sur la
base de ce qui va arriver aux secteurs saisonniers. Les travailleurs
vont se faire couper leurs prestations, ils vont trouver des emplois
qui paient moins bien,
ça va augmenter les coûts de formation des employeurs pour
former de nouveaux travailleurs saisonniers parce que les autres ne
reviendront plus, etc. Former
un débroussailleur à utiliser la machinerie en
forêt ça coûte de l'argent. Cela va aggraver la
crise forestière. On va vivre une situation similaire avec le
Zoo de
Saint-Félicien. C'est bien possible qu'ils ne vont pas pouvoir
le garder ouvert pendant l'hiver parce que leur monde va devoir se
trouver un emploi ailleurs. Ça
va être une lourde perte pour l'activité économique
de la région. Dans le secteur de la construction, les
travailleurs travaillent 4-5-6 mois par année. Ils
vont devoir se trouver quelque chose ailleurs dans la saison morte.
Cela veut dire une perte d'expertise, en soudure et dans d'autres
métiers.
Le coeur de l'économie de la région est
dans les ressources. Est-ce que le gouvernement conservateur est en
train de tenter de tuer les
régions-ressources ?
Les seuls employeurs de la région qui se sont
prononcés en faveur des changements ce sont les entreprises
comme Walmart qui essaient de payer les salaires
les plus bas possible. La majorité des petits employeurs de la
région sont avec nous dans cette bataille.
Il va y avoir aussi un impact dans le secteur
communautaire. Plusieurs d'entre nous qui travaillent à la
défense des droits dans des organisations
communautaires nous sommes sur l'assurance-emploi pour une partie de
l'année. Ça se peut qu'on va devoir se trouver un emploi
ailleurs et quitter l'organisation.
Les organisations communautaires vont peut-être perdre leur
personnel et l'expertise que nous avons bâtie dans la
défense des droits des gens au fil des
années.
Cette réforme est idéologique et
dictatoriale. Ils veulent couper les prestations du plus grand nombre
de personnes possible. C'est même écrit dans la Gazette
du Canada qu'ils vont couper les prestations de 8000 personnes
dès le début et sauver 12 millions $ la
première année et 33 millions $
par année les années suivantes. C'est encore plus
outrageant quand on pense que les gouvernements non seulement n'ont pas
mis un sou dans le programme
d'assurance-emploi depuis 1990 mais ont volé
57 milliards $ dans la caisse de l'assurance-emploi.

Mario Guitard, président de la section locale
113
du Syndicat des communications, de l'énergie et du papier (SCEP)
à Kedgwick, Nouveau-Brunswick
LML :
Peux-tu nous parler de l'impact de ces changements à
l'assurance-emplois dans les petites communautés
forestières comme la
vôtre ?
Mario Guitard : Nous avons
plusieurs travailleurs dans notre section locale qui travaillent en
forêt.Les autres travaillent dans
des scieries qui appartiennent à J.D. Irving et à Groupe
Savoie. Les travailleurs en forêt fournissent le bois aux
scieries. Ils arrêtent de travailler en novembre
à cause de la neige. C'est eux surtout qui à cause des
nouveaux règlements vont devoir se trouver un autre emploi dans
la saison morte. Après un certain nombre
de semaines de prestations l'emploi qu'ils sont supposés trouver
peut être n'importe quel emploi. Cet emploi n'a pas besoin
d'être dans leur secteur. Ces
travailleurs là ont travaillé toute leur vie en
forêt et ils ne sont pas intéressés à aller
travailler dans des restaurants ou dans n'importe quel autre emploi. Le
travail
en forêt est le travail qu'ils font à chaque année
, ce sont des travailleurs avec 30 ans de services et c'est ça
qu'ils ont fait toute leur vie pour gagner leur vie.
Ils n'ont pas d'autre instruction. Leur vie est en forêt. Nous
sommes environ 2500 personnes dans le village. C'est comme ça
que le village est né, à partir de
la forêt.
La saison de travail pour eux est de mai à
novembre. Il y a quelques milliers de travailleurs comme ça qui
travaillent en forêt au Nouveau-Brunswick. À
partir de maintenant, à chaque semaine ils vont devoir chercher
un emploi dans trois places différentes. Dans notre village, il
n'y en pas d'autres emplois sauf
peut-être dans un restaurant ou une épicerie. Nous sommes
une communauté forestière. Tout le monde vit par rapport
à la forêt. La ville la plua proche d'ici
est à 80 kilomètres. Déjà les prestations
d'assurance-emploi ne sont pas très élevées. Si en
plus il faut maintenir encourir des dépenses pour chercher un
emploi
alors ça n'a pas de sens.
Peut-être que ces changements là vont vider
les petites communautés. Si un travailleur du village trouve un
emploi, un emploi qui le fait travailler
12 mois par année, il ne reviendra pas. Ça va
augmenter l'exode hors de la région. On dirait que le
gouvernement Harper veut tuer les petites
communautés. Il dit qu'il est en faveur des petites
communautés rurales mais enter ce qu'il dit et ce qu'il fait il
y a toute une différence.
On a eu des manifestations contre ces changements
à l'assurance emploi et ça va continuer. Nous allons nous
joindre aux Premières Nations. Elles se tiennent
vraiment debout. C'est certain que les choses vont changer parce que
les gens sont très affectés par ce genre de changements.

Michel Richard, organisateur pour l'Union des
pêcheurs des Maritimes et porte-parole du Comité contre
les changements à l'assurance-emploi du sud-est du
Nouveau-Brunswick
Campbellton,
Nouveau-Brunswick, 27 octobre 2012
Michel
Richard : Nous venons juste de participer à une
manifestation contre ces changements et nous en avons tenu une autre
vendredi
dernier soit deux jours avant que les changements n'entrent en vigueur.
Nous avons manifesté deux jours avant la date du 6 janvier
pour lancer un message
à Stephen Harper et Diane Finley qu'ils devraient
considérer deux choses : premièrement qu'ils brisent
le processus démocratique dans l'Est du Canada
et deuxièmement qu'ils affectent les communautés et les
économies rurales. C'est un coup majeur contre le processus
démocratique et cela nous montre qu'ils
ne se soucient pas du tout du Canada atlantique. C'est le cas
d'ailleurs depuis très longtemps.
Nous avons vu avec le mouvement Idle No More que nous
faisons face à ces deux obus majeurs du gouvernement
Harper : les lois omnibus C-38 et C-45. C'est important que
le peuple se réveille, que notre société se
réveille : les Acadiens, les travailleurs qui travaillent
dans les secteurs
saisonniers, les Premières Nations, tous nous disons qu'assez
c'est assez !
Le 9 janvier, notre syndicat a participé
dans une manifestation pour défendre les droits des
Premières Nations. La loi C-45 est une attaque contre
l'environnement, parce que la responsabilité du gouvernement
pour la protection des cours d'eau et surtout des eaux riveraines vient
d'être démantelée. Nous
avons une cause commune avec Idle No More ! Et nous ne devons pas
oublier non plus que les membres des Premières Nations vont eux
aussi être
affectés par les changements au programme de l'assurance-emploi
parce que plusieurs d'entre eux sont dépendants du travail
saisonnier.
Nous devons démystifier le mythe qui dit que ce
sont les travailleurs qui sont saisonniers. C'est une façon
négative de parler parce que ces travailleurs
dépendent du travail saisonnier parce qu'un grand nombre des
activités dans les régions rurales de l'Atlantique comme
les pêcheries, l'agriculture etc sont
saisonnières. C'est le travail qui est saisonnier. Le
gouvernement n'a jamais démontré d'intérêt
à construire l'infrastructure dans les régions rurales et
côtières
pour qu'il y ait du travail à l'année longue. En
même temps, ces secteurs saisonniers sont des moteurs
économiques dans nos régions rurales.
Le gouvernement peut bien imposer ses mesures absurdes,
comme de dire que si tu n'as pas postulé tant de fois pour un
emploi tu vas être pénalisé dans
tes prestations, le fait c'est qu'il n'y en a pas d'autres emplois dans
nos régions rurales. Au Nouveau-Brunswick il y a 40 000
personnes qui selon le gouvernement
doivent être dénoncées parce qu'elles sont sur le
programme d'assurance-emploi et maintenant le gouvernement va les
jumeler avec les emplois mais il y a
seulement 3000 emplois de disponibles. Pas trop fort leur
arithmétique !
En ce qui concerne les pêcheurs il y a aussi le
problème de l'épuisement des stocks qui réduit la
période de pêche. Un pêcheur dans notre
région n'a rien
sur quoi travailler pendant l'hiver, sa vie est en immersion
complète dans le travail saisonnier. Ces gens-là sont
forts et durs à l'ouvrage mais le travail n'est
pas là. Ils ont travaillé toute leur vie dans les
pêcheries et ils y ont investi tout ce qu'ils ont. Ils ont de
grosses dépenses, ils doivent payer leur homme de pont
et d'autres dépenses. Tu penses que ces gens-là vont
aller postuler pour un emploi chez Tim Hortons maintenant ? Selon
les nouveaux règlements, les
travailleurs vont devoir voyager une heure pour se rendre à leur
nouvel emploi. Pour nous, voyager pendant une heure ça veut dire
conduire 100 kilomètres.
Qu'est-ce qui va arriver à une famille monoparentale qui doit
payer une gardienne pour aller travailler dans un emploi au salaire
minimum ? C'est ça
l'absurdité du gouvernement Harper de penser que tout le monde
va aller chercher ce genre d'emplois pour ne pas perdre ses
prestations. Dans sa tour d'ivoire,
le gouvernement Harper n'a aucune idée de ce que c'est la
réalité des pêcheries.
Aussi, avec la loi C-45, la réputation du Canada
comme un des meilleurs pays du monde en matière de protection de
ses eaux riveraines vient de prendre
le bord. C'est une brisure complète de la démocratie,
faite sans aucune consultation avec qui que ce soit et en plus de cela
ils vont maintenant harceler les
pêcheurs et les travailleurs qui travaillent dans les usines de
transformation du poisson !
Dans cette situation, on voit également à
l'oeuvre le grand aspirateur qu'est Fort MacMurray et les sables
bitumineux. Dans un récent meeting nous avons
été chanceux d'avoir 300 pêcheurs parce qu'il y en
a probablement 100 qui sont déjà partis travailler dans
l'ouest dans les sables bitumineux.
Notre combat ne va pas s'arrêter. Il faut qu'on
bloque ces lois omnibus. Même si les règlements sont
maintenant en vigueur cela ne veut pas dire que Diane
Finley n'a pas la responsabilité de venir parler à nos
gens qui vivent la réalité du travail en zones rurales.
Nous ne voulons pas que nos villages deviennent des
villages fantômes. Tu peux te promener dans nos villages tu n'en
verras pas de Walmart, de Tim Hortons ou de bureau gouvernemental. Nous
allons organiser
d'autres actions dans la période qui vient. Nous allons
organiser des assemblées d'information pour expliquer en
détail la nature de ces changements. Notre unité
est en train de grandir. Les petits employeurs aussi ont des plaintes
contre ces changements et eux aussi appuient les manifestants.

Le marché du travail est le
commerce d'esclaves d'aujourd'hui
Combattre le chômage et
l'insécurité d'un moyen
de subsistance incertain c'est combattre
le droit de monopole
- K. C. Adams -
[...] Les dirigeants du système économique
et politique refusent de
s'attaquer au chômage de masse permanent qui est le produit non
pas
d'une quelconque
nature humaine mais bien des contradictions internes du système
économique et politique lui-même.
L'économie maintient une section de la population
dans le chômage ou
le sous-emploi permanents et une autre dans l'insécurité
constante et
il fait subir
à toutes deux la pauvreté, le manque de respect et des
abus à leur
dignité et leur bien-être. Les monopoles dominent les
secteurs les plus
importants de
l'économie et les opèrent comme s'ils étaient
leurs fiefs privés. Ils
demandent à avoir un marché du travail qui a un bassin
permanent de
chômeurs qui sont
disponibles à une minute d'avis et servent à faire
pression à la baisse
sur les réclamations de la classe ouvrière. Les monopoles
investissent
et prennent d'autres
décisions économiques importantes pour le bien-être
de leurs empires
privés en faisant fi essentiellement des problèmes
sociaux et
environnementaux que causent
leurs actions et leur système. Selon eux, les problèmes
permanents
comme l'insécurité de l'emploi et du moyen de subsistance
sont
essentiels au fonctionnement
de leur système économique. Ils refusent d'utiliser leur
autorité pour
confronter et changer les conditions qui sont la base et la cause
fondamentale de tous les
problèmes sociaux et environnementaux.
Il faut considérer comme un État
échoué une autorité qui montre un
tel désintérêt pour les problèmes qui
proviennent du système
économique, qui permet
au droit de monopole de faire la loi, de tourner le dos aux
problèmes
sociaux et autres et de fouler sans cesse au pied la dignité du
peuple.
Tout État ou
institution moderne qui refuse de prendre en main de résoudre le
problème du chômage de masse permanent et de
l'insécurité des moyens de
subsistance et
qui affirme plutôt que cet état de choses est
nécessaire au
fonctionnement du système économique etnie les
préjugés raciaux, de
genre, régionaux et autres à
l'oeuvre dans l'emploi ne mérite pas le respect et
l'autorité dont il
jouit aujourd'hui. L'autorité doit confronter et changer les
conditions
qui produisent le chômage
de masse permanent et l'insécurité des moyens de
subsistance sinon
c'est au peuple en tant que représentant de la demande populaire
d'un
changement des
conditions à s'organiser pour remplacer cette autorité
qui aujourd'hui
est entre les mains des monopoles et de leur État.
Le système économique et l'élite
dirigeante du Canada font face à un
dilemme : ou bien reconnaître que la production moderne de
masse est
incapable
d'absorber toute la masse de travailleurs disponibles et donc que
l'État a l'obligation de fournir sans se plaindre un moyen de
subsistance à un niveau canadien
à tous les chômeurs en rejetant l'absurde dogme antisocial
selon lequel
un programme social comme celui-là va tuer l'initiative,
détruire le
désir de travailler
et ruiner l'économie ; ou bien refuser de faire face au
phénomène des
conditions et de la plaie du chômage de masse permanent et en
conséquence perdre
leur autorité et être remplacés par le pouvoir
politique du peuple,
déterminé à changer les conditions en changeant
les rapports de
production, en abolissant le
marché du travail et en fournissant du travail à tous
selon la capacité
et le désir de chaque individu et en garantissant le
bien-être de tous
de la naissance à la
mort.
Qu'un système économique dominé par
les monopoles qui contrôlent les
secteurs de base importe des travailleurs comme c'est le cas du Canada
ou n'en
importe pas comme c'est le cas du Japon, il va y avoir du chômage
de
masse permanent. Le taux de chômage est déterminé
par les
contradictions du système
capitaliste monopoliste à l'oeuvre dans un pays donné et
non par
l'augmentation ou la diminution de la population. La population totale
d'un pays joue un rôle
dans le nombre des chômeurs en termes absolus mais elle n'affecte
pas
directement le taux de chômage.
Le chômage de masse est un phénomène
chronique de la production de
masse moderne exacerbé par le contrôle monopoliste
centralisé des
principaux
secteurs économiques. On ne peut pas atteindre le plein emploi
sans
abolir le marché du travail et le concept archaïque de la
servitude
volontaire comme un
facteur économique à vendre et à acheter et sans
instaurer une
politique sociale visant à fournir du travail pour tous selon la
capacité et le désir de chacun par
l'éducation et la formation. Dans les conditions actuelles,
lutter pour
le plein emploi veut dire combattre le droit de monopole.
Si les monopoles refusent d'abolir le marché du
travail et insistent
pour avoir à leur disposition un bassin constant de travailleurs
sans
emploi, s'ils empêchent
l'économie de fournir du travail à chacun selon sa
capacité et son
désir, ils se doivent alors de fournir à tous ceux qui
subissent les
affres constantes du chômage
et du sous-emploi, en tant que droit et principe de justice sociale, un
standard canadien de moyen de subsistance permettant à chacun de
se
nourrir, se loger,
se vêtir et d'avoir accès à l'éducation, la
santé et la culture selon
les standards modernes.
Cela doit devenir un champ de bataille pour la
défense du droit à un
moyen de subsistance pour tous sans égard aux capacités,
à l'âge, au
sexe ou à tout
autre critère.
Si le chômage est un trait permanent du
capitalisme monopoliste et
de la grande production moderne, comme le montre la
réalité, alors le
défi qui se pose
est de changer les rapports de production et les structures
économiques
qui produisent continuellement le chômage ; d'ici là,
il faut forcer
l'autorité à
procurer à tous ceux qui font partie de cette main-d'oeuvre en
réserve,
comme à tout le monde, jeunes et vieux, un moyen de subsistance
de
standard canadien
avec pleine sécurité au point de vue de l'alimentation,
du logement, du
vêtement, de l'éducation, de la santé et de la
culture.
Si les monopoles insistent pour maintenir un
marché du travail avec
un réserve de chômeurs et de sous-employés pour
maintenir leur système
qui entretient
le développement inégal et interrompu dans des centres de
production et
de distribution de plus en plus concentrés et
centralisés, et s'ils
empêchent de faire
progresser la société vers quelque chose de nouveau,
alors ils doivent
être forcés de soutenir les chômeurs et les
sous-employés avec
suffisamment de produit
social pour garantir à tous un moyen de subsistance de standard
canadien.
La vie et l'expérience directe de la classe
ouvrière canadienne
prouvent que le chômage et le sous-emploi sont des traits
permanents de
l'économie et une
source de grande tension sociale et de chaos, surtout dans les grandes
villes et dans certaines régions délaissées. Si
toutes les ressources
de la nation étaient
mises à contribution pour éradiquer le chômage, ou
pour soutenir les
chômeurs, une grande injustice sociale serait corrigée et
la société
canadienne et l'humanité
entière s'en porteraient mieux. Cette édification
nationale est bloquée
aujourd'hui par les monopoles pour des raisons qui leur sont propres.
On a pu réduire les conséquences de la
catastrophe du chômage que
nous avons connue lors de la grande dépression des années
trente en
mobilisant les
ressources de la nation durant la Deuxième Guerre mondiale,
surtout
avec l'enthousiasme de la classe ouvrière à combattre
l'axe du fascisme
et du militarisme
après l'invasion de l'Union soviétique par l'Allemagne
nazie en 1941. À
ce moment beaucoup de travailleurs, dont beaucoup de chômeurs,
ont
joint les forces
armées, ce qui a fait chuter le taux de chômage, au point
où les femmes
ont dû prendre leur place au sein des forces productives.
L'expérience
imprévue de
la guerre a prouvé qu'avec la pleine mobilisation des ressources
de la
nation, on peut faire baisser le taux de chômage. Or, les
monopoles
n'identifient un
problème que lorsque leurs propres intérêts sont
menacés, comme ils
l'étaient par les monopoles de l'axe fasciste qui leur livraient
une
concurrence frénétique
pour les marchés mondiaux et les matières
premières.
Le problème posé et à
résoudre pour la classe ouvrière et les forces
progressistes est de combattre pour que soit mobilisées les
ressources
du pays en temps
de paix pour que la société s'acquitte de sa
responsabilité d'activer
le facteur humain\conscience sociale pour procurer à tous un
travail et
un moyen de
subsistance. Cela signifie confronter et restreindre le droit de
monopole parce que le chômage est continuellement engendré
par le
système capitaliste monopoliste
et la grande production moderne.

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