Le Marxiste-Léniniste

Numéro 62 - 24 mai 2012

Les partisans de la hausse des frais de scolarité et de la loi 78 continuent de s'enliser dans la crise


Des milliers d'étudiants et supporteurs manifestent chaque soir dans les rues de Montréal à la défense de leurs droits
et pour défier la loi spéciale et l'intimidation policière. (McGill Daily)

Les partisans de la hausse des frais de scolarité et de la loi 78 continuent de s'enliser dans la crise - Serge Lachapelle
La ministre de l'Éducation invite les étudiants à négocier à condition qu'ils renoncent à leurs revendications
23 mai: des arrestations de masse pour tester la loi spéciale
Montréal répond à la loi spéciale: des manifestations partout sur l'île
Les chauffeurs d'autobus ont le droit de dire non, dit le syndicat

Au Canada et à l'étranger
Les expressions d'appui aux étudiants du Québec fusent de toute part


Les partisans de la hausse des frais de scolarité et de la loi 78 continuent de s'enliser dans la crise

Le courage et la détermination des étudiants et l'appui massif qu'ils reçoivent continuent de plonger dans la crise les partisans de la hausse des frais de scolarité et de la loi 78 qui suspend les libertés civiles.

Les médias font état du grand désarroi du gouvernement libéral ainsi que de la Coalition avenir Québec (CAQ) qui a vu son membership fondre comme neige au soleil. La Coalition a perdu plusieurs membres à cause son appui à la loi 78.


(André-Philippe Côté, Le Soleil)

« J'ai l'impression que la CAQ a toujours été gouvernée par les sondages et qu'on a oublié les intérêts supérieurs du Québec », souligne Alexis Goudreau qui était du groupe des « 40 jeunes de moins de 40 ans ». « Les sondages favorisaient la ligne dure et la CAQ s'est tirée là-dedans. Je ne suis pas capable de vivre avec ça. » Selon lui, il y a un « profond malaise » chez plusieurs caquistes sur cette question.

Pour apaiser les tensions, la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, s'est dite prête à rencontrer les fédérations étudiantes, y compris la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE). « Je suis prête à reprendre les négociations dès maintenant », a-t-elle dit.

« C'est quand même assez difficile, ce qu'on vit », a laissé tomber le ministre des Ressources naturelles Clément Gignac en évoquant le « désordre social ».

« Les gens ne veulent pas qu'on recule. Mais, en même temps, ils nous demandent de trouver une solution. » Or, la « seule façon d'en trouver, a poursuivi M. Gignac, ce serait de reculer sur les droits de scolarité. C'est pas évident... »

Quant au ministre de la Justice, Jean-Marc Fournier, il affirme que « normalement, dans une société démocratique, on accepte que la loi soit appliquée, soit respectée ».

« On ne peut pas demander à l'État de s'effacer complètement au profit de la rue, au profit du vacarme et du vandalisme. Sinon, quelle est la suite de ça ? »

« La loi a été votée par un Parlement démocratiquement élu », d'ajouter Jean Charest. Pour l'heure, la suite va à la défense de la loi spéciale devant l'opinion publique. Le ministre de la Sécurité publique, Robert Dutil, a convoqué les médias pour faire valoir que la loi « n'empêche pas les manifestations », elle les « encadre ».

« La désobéissance civile, c'est un beau mot pour dire vandalisme », a déclaré le ministre Jean-Marc Fournier. À l'instar de sa collègue Michelle Courchesne, il déplore qu'on parle trop peu du « droit à l'éducation ».

Le 22 mai, cela faisait 100 jours que les étudiants et leurs alliés multiplient les actions contre la hausse des frais de scolarité et tout ce que ces partisans du programme antisocial et antinational trouvent à faire c'est continuer les provocations.

Ce n'est pas pour rien que plusieurs d'entre eux soulignent que si les étudiants ne sont pas contents, ils n'ont qu'à attendre les prochaines élections. Ce que les libéraux ne pardonnent pas aux étudiants et leurs alliés c'est justement leur refus de se confiner dans l'extrême marginalité dans laquelle les maintient le respect des institutions « démocratiques ».

Mentionnons que tous ces grands « démocrates » envisagent de faire appel à la GRC pour venir à la rescousse de ces policiers épuisés.

Les étudiants refusent de capituler


Il n'est pas question pour la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) de retourner à la table de négociation sans la suspension de l'application de la loi 78, a dit la présidente de la fédération, Martine Desjardins.

Le président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) Léo Bureau-Blouin dit que s'il y avait une « prochaine fois », ce devait être un « véritable dialogue ».

Pour la CLASSE, la ministre a d'abord eu ces mots : « Si la CLASSE veut être là, je n'ai pas d'objection. » Puis, elle a précisé qu'une association qui prône la désobéissance civile n'aura pas envie de « venir autour de la table ».

La CLASSE a répliqué en disant que « le lien de confiance n'est pas au mieux avec le gouvernement ». Le porte-parole Gabriel Nadeau-Dubois a toutefois fait savoir qu'il se présenterait à une éventuelle rencontre avec la ministre, mais qu'il n'irait « pas le sourire aux lèvres ».

(Photos : McGill Daily, N. Lachance)

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La ministre de l'Éducation invite les étudiants
à négocier à condition qu'ils renoncent
à leurs revendications

La ministre de l'Éducation Michelle Courchesne a renouvelé son invitation à négocier aux associations étudiantes en autant qu'elles abandonnent la demande d'un gel des frais de scolarité ou d'un moratoire et la suspension de la loi spéciale. Pendant ce temps, le Service de police de la Ville de Montréal procède à des arrestations de masse en vertu de cette loi.

Sur la question du moratoire, la présidente de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), Martine Desjardins, a dit qu'elle apportera s'il le faut « un dictionnaire des synonymes » à la table des négociations pour s'assurer « qu'on trouve d'autres mots ».

« C'est beau de dire que les canaux sont ouverts, mais s'il n'y a pas de moyens d'action mis de l'avant, on ne s'en sortira pas de cette crise-là », a-t-elle ajouté, rappelant par ailleurs que la FEUQ attend toujours une « proposition de rencontre » de la ministre.

Le président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), Léo Bureau-Blouin, souhaite quant à lui que la reprise attendue des pourparlers soit assortie d'une « obligation de résultats ». « Ça fait trois, quatre fois qu'on se rend à Québec pour entamer des négociations et ça ne donne pas toujours les résultats escomptés pour des raisons multiples. L'idée, c'est qu'on trouve une manière pour qu'il y ait une certaine obligation de résultats et que ce ne soit pas juste parler pour parler. »

La Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) attendait toujours en date du 23 mai un appel du bureau de la ministre, selon l'attaché de presse de l'organisation, Renaud Poirier-St-Pierre.

La ministre de l'Éducation ainsi que le premier ministre ont répété leur cassette habituelle : « Le gouvernement a bougé sur les prêts, a bougé sur les bourses, a bougé sur le remboursement proportionnel au revenu, a bougé sur l'étalement de la hausse [mais n'a pas bougé d'un pouce sur la hausse des frais de scolarité, la revendication centrale du mouvement de grève — ndlr]. Le gouvernement a fait plusieurs gestes, mais à chaque fois que nous avons tendu la main, cette main-là a été refusée. Malgré cela, la porte reste ouverte. »

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23 mai: des arrestations de masse
pour tester la loi spéciale


Pendant que la ministre de l'Éducation lançait son invitation aux associations étudiantes le 23 mai, le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a procédé à la plus vaste arrestation de masse depuis le début du conflit, soit 518 personnes lors de la 30e manifestation nocturne qui a regroupé près de 5000 personnes.

Ils ont tous été arrêtés en vertu du règlement municipal sur les attroupements illégaux. Douze personnes ont été arrêtées pour des actes criminels précis. Comme de vulgaires criminels, on les a regroupés dans 17 autobus et ils ont été transportés au centre de détention où on a procédé à leur identification. Des constats d'infractions de 630 $ ont été remis. Inutile de dire que la plupart des manifestants prévoient les contester.

Des centaines de Montréalais qui manifestaient de leur côté en participant au grand tintamarre qui a lieu chaque soir à compter de 20 heures depuis l'adoption de la loi spéciale dans plusieurs quartiers de Montréal se sont joints à la manifestation nocturne. Le tintamarre est une tradition acadienne qui consiste à marcher dans les rues avec des instruments improvisés. Il y avait des gens du quartier Rosemont, Villeray, du Plateau Mont-Royal, de Hochelaga-Maisonneuve et de la Petite-Italie.

« On ne le prend pas, ce n'est pas compliqué ! », a déclaré Linda Jolicoeur au coeur d'un attroupement de plus de 250 manifestants du Plateau Mont-Royal.

Elle n'hésite pas à comparer la loi 78 à la Loi des mesures de guerre. Elle juge la législation « trop sévère », « inutile » et « contribuant à amplifier la rage des gens ». « Je suis sans mot devant l'attitude du gouvernement. »

La manifestation a été déclarée illégale avant même qu'elle ne débute soit 20 h 30 puisque aucun itinéraire n'avait été fourni au SPVM. Malgré l'avis de dispersions les forces policières ont toléré la manifestation pendant quelques heures.

Selon le porte-parole du SPVM les choses se sont envenimées après minuit. « Des objets [roches, pièces pyrotechniques] ont été lancés vers les policiers. Nous avons lancé un nouvel appel à la dispersion, après quoi nous avons procédé à une arrestation de groupe. » Ce qu'il a oublié de dire, c'est que le calme a été rompu quand les policiers ont encerclé les manifestants. Les manifestants disent avoir été pris en souricière sans possibilité de se disperser. La plupart affirment que la manifestation était pacifique. Ceux qui ont été témoins des événements à la télévision ont constaté la même chose.

Québec


La police de Québec a nolisé six autobus pour détenir les manifestants le 23 mai 2012.

À Québec, ils était près de 500. Les organisateurs ont refusé de dévoiler leur itinéraire et ont manifesté jusqu'à minuit avant que les policiers ne procèdent à l'arrestation de 170 personnes en vertu la Loi 78.

« Tout au long de la marche, des gens se sont ajoutés à la manif et ils ne devaient même pas savoir qu'ils étaient dans une manifestation illégale », raconte une participante. « Il y a probablement des gens qui vont être arrêtés, qui ne savaient pas que la manifestation avait été déclarée illégale par la police. »

De nombreux partisans des manifestants se sont massés le long du périmètre de sécurité qui avait été délimité par les policiers. Un après l'autre, ils ont applaudi les personnes arrêtées. Les policiers ont été vivement dénoncés.

Les manifestants interpellés ont été libérés à différents endroits de la ville, afin d'éviter qu'ils ne se regroupent. Ils recevront par la poste un constat d'infraction au code de la sécurité routière ou une amende en vertu de la loi 78.

(Photos : McGill Daily, N. Lachance)

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Montréal répond à la loi spéciale:
des manifestations partout sur l'île




Des milliers de personnes participent aux « manifs de casseroles » ou « tintamarre » partout sur l'île de Montréal pour
protester contre le gouvernement Charest et sa loi spéciale contre la jeunesse québécoise. Sur les cartes, on voit l'ampleur
de ces actions. (Cliquez ici pour la carte Google). (A. Guedon)

À 20 heures, le mercredi 23 mai, toute la ville a résonné au son des casseroles, une nouvelle façon de manifester l'appui aux étudiants et l'opposition à la loi spéciale. C'est une tradition commencée sous la dictature Pinochet au Chili qui revit maintenant dans les rues de Montréal tous les soirs entre 20 h et 20 h 15 en violation de la loi spéciale. Le mouvement a pris un tel ampleur que le mot « casserole » était le plus utilisé dans tout le Canada sur Twitter.

L'éducation est un droit ! Appuyons la juste lutte des étudiants !

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Les chauffeurs d'autobus ont le droit
de dire non, dit le syndicat

Le syndicat des chauffeurs d'autobus de la Société de transport de Montréal a émis une note à l'attention de ses membres les encourageant à refuser de transporter des policiers ou des détenus durant les manifestations nocturnes, comme cela se fait couramment.

La semaine dernière, un chauffeur s'est retrouvé dans une situation où il transportait des membres de l'escouade tactique et on lui a dit de passer à travers la manifestation, selon le porte-parole du syndicat Tom Moutheros. Les chauffeurs devraient avoir le droit de refuser d'être impliqué dans une situation dangereuse, explique-t-il.

Le représentant syndicat a dit que la loi 78 est digne d'un régime totalitaire.

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Au Canada et à l'étranger

Les expressions d'appui aux étudiants
du Québec fusent de toute part

Il y a des expressions d'appui aux étudiants du Québec partout au Canada et même dans plusieurs pays du monde. On dénonce en particulier la loi spéciale du gouvernement Charest qui criminalise le droit des étudiants de résister et de s'organiser et quiconque s'oppose au diktat du gouvernement. La présidente de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) Martine Desjardins a parlé de l'ampleur de l'appui mondial à la lutte des étudiants du Québec : « Il y a des manifestations à New York, Vancouver et Paris. Je vais parler à des gens en Russie et j'ai parlé avec des gens en Suisse. La popularité du mouvement est devenue internationale et indéniable. »

Vancouver






Le 22 mai, pendant qu'un demi million de personnes manifestaient dans les rues de Montréal, environ 400 étudiants, enseignants et activistes de Vancouver répondaient à l'appel du Comité de justice sociale de l'Université de la Colombie-Britannique de manifester en appui aux étudiants du Québec. Plusieurs représentants étudiants ont insisté sur la nécessité de condamner la loi spéciale du gouvernement Charest, la Loi 78, et d'appuyer la demande d'un gel des frais de scolarité. Ils ont parlé de la situation des étudiants du postsecondaire en Colombie-Britannique qui doivent payer des frais de scolarité exorbitants. Aujourd'hui les frais de scolarité comptent pour une plus grande part du financement de l'enseignement post-secondaire que les subventions du gouvernement provincial, ont-ils expliqué. Charles Boylan, vice-président de la Fédération des éducateurs du post-secondaire (FPSE, local 21) a parlé des résolutions adoptées à la 32e assemblée générale annuelle du syndicat le 18 mai en appui aux étudiants du Québec et condamnant le gouvernement Charest et sa loi spéciale. Après le rassemblement, les participants ont marché dans les rues du centre-ville de Vancouver.

Calgary



Le 22 mai, il y a eu deux lignes de piquetage et une distribution de tracts en appui aux étudiants du Québec et pour dénoncer la suspension des libertés civiles au Québec. La première ligne de piquetage a eu lieu au centre-ville sur l'heure du midi et la deuxième près de l'Hôtel de Ville durant l'heure de pointe de soirée. Des centaines de tracts ont été distribués et les gens qui les recevaient exprimaient leur opposition et même leur colère face à l'abus de pouvoir du gouvernement Charest.

Hamilton


Le mardi 22 mai, des étudiants, travailleurs, parents et activistes ont distribué de l'information au centre-ville de Hamilton sur la suspension des libertés civiles au Québec. Ils se joignaient à la distribution hebdomadaire du Syndicat des Métallos, section locale 1005 des travailleurs de US Steel qui savent c'est quoi un gouvernement et une compagnie qui refusent de négocier. Les travailleurs ont immédiatement vu la signification de la loi 78 et l'urgence de s'y opposer. Les tracts qu'ils ont distribués ont été bien accueillis et ont donné lieu à des discussions animées sur les trottoirs. Les participants ont également distribué des carrés rouges.

Le lendemain, il y a eu une assemblée publique pour discuter du mouvement de grève, de la loi spéciale et de l'opposition à l'offensive antisociale des gouvernements partout au Canada, ces gouvernements qui agissent pour le compte des monopoles et ne défendent pas le droit public.

Windsor


Le 23 mai, la Coalition pour la paix de Windsor tenait son assemblée mensuelle sous le thème de la loi spéciale adoptée par le gouvernement du Québec le 18 mai contre les étudiants. Les participants ont dénoncé la loi spéciale et exprimé un vigoureux appui aux étudiants du Québec dans leur lutte pour le droit à l'éducation.

New York


Il y a eu une manifestation à New York dans l'après-midi du 22 mai, pendant que des centaines de milliers de personnes envahissaient les rues de Montréal. Un groupe de personnes s'est réuni devant le bureau du gouvernement du Québec à New York et a marché sur la 48e Rue. La marche était organisée par le mouvement Occupons et des associations étudiantes newyorkaises, dont celle de l'Université de la Ville de New York (CUNY). Il y a eu d'autres actions en soirée en appui aux étudiants du Québec.

Paris




Environ 500 personnes ont manifesté à Paris le 22 mai. « Nous sommes admiratifs du combat des étudiants québécois », a dit le généticien Axel Khan et qui fut aussi recteur de l'Université Descartes (médecine), à Paris. « Le fait que ces étudiants refusent cette vision marchande de l'éducation, c'est très important pour nous. Je ne sais pas s'ils gagneront, mais les choses ne seront plus jamais les mêmes après. »

(Photos : LML, G. Depalo, M. Bush/Media Coop, Nikos_NET, C. Patterson)

L'Association canadienne des professeures et professeurs
d'université condamne la loi 78
- 18 mai 2012 -

Le projet de loi spéciale du Québec viole les droits et les libertés civiles des étudiants

L'Association canadienne des professeures et professeurs d'université (ACPPU) condamne vigoureusement le projet de loi 78 déposé par le gouvernement du Québec pour mettre fin à la grève étudiante qui dure depuis 14 semaines, car il viole les libertés fondamentales d'association, d'assemblée et d'expression.

« Ce projet de loi spéciale constitue un acte abominable de répression de masse », a déclaré James L. Turk, directeur général de l'ACPPU. « Le gouvernement du Québec a choisi de se servir de la puissance du droit comme d'un instrument pour bâillonner la dissidence. »

Le projet de loi 78 rend illégale la participation à une manifestation pacifique, une liberté fondamentale garantie par la Charte canadienne des droits et libertés. La loi spéciale impose des limites aux manifestations de 50 personnes ou plus, autorise le gouvernement à arrêter le financement d'associations d'étudiants, inflige de lourdes amendes aux manifestants étudiants, et force les employés à retourner au travail. La loi cible plus particulièrement les dirigeants des associations d'étudiants passibles, à titre individuel, d'une amende pouvant atteindre 35 000 $ pour avoir enfreint la loi en continuant de manifester. La participation à une deuxième manifestation double le montant de l'amende. Si une association d'étudiants soutient une manifestation, l'amende initiale peut atteindre 125 000 $ et passe à 250 000 $, soit le double, en cas de deuxième infraction.

Le projet de loi modifie la loi en ce qui concerne les recours collectifs, de sorte que les associations d'étudiants et toute autre association de soutien puissent être plus facilement poursuivies en justice. Ce projet renverse le fardeau de la preuve, ainsi, les associations d'étudiants, les associations de professeurs et les syndicats seront tenus responsables de tout dommage causé par une tierce partie au cours d'une manifestation, à moins d'être en mesure de prouver que le dommage n'est pas lié à la manifestation.

Par ailleurs, le projet de loi érige en infraction toute expression de soutien à l'égard de manifestations qui vont à l'encontre du projet de loi. Ainsi, tout Canadien reconnu coupable d'une telle infraction est passible d'amendes pouvant atteindre 5 000 $, lesquelles s'élèvent à 35 000 $ pour les représentants d'organisme et à 125 000 $ pour leur organisme.

Le projet de loi a déjà fait l'objet de virulentes critiques de la part de l'Association du Barreau du Québec, de groupes étudiants, d'organisations syndicales et de groupes de libertés civiles.

« Maintenant plus que jamais, les Canadiens des autres provinces doivent porter un carré rouge en témoignage de leur soutien à l'égard des étudiants du Québec et de la protection des libertés civiles », a déclaré M. Turk. « Le projet de loi 78 doit être défait au nom de la démocratie et les Canadiens des autres provinces devraient se joindre aux étudiants dans les rues. »

L'ACPPU est le porte-parole national de plus de 68 000 professeures et professeurs et employés en poste dans plus de 120 universités et collèges établis d'un océan à l'autre.

Lettre de la Fédération des éducateurs postsecondaires de la Colombie-Britannique aux Associations étudiantes québécoises - le 22 mai 2012 -

L'Association de solidarité syndicale étudiante (ASSÉ)

La Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ)

La Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ)

Au nom des 10 000 membres du corps professoral et du personnel qui travaillent et enseignent dans les institutions postsecondaires de la Colombie-Britannique, je vous écris pour exprimer notre solidarité avec vos organisations et notre opposition aux mesures législatives draconiennes prises par le gouvernement Charest. La loi 78 est une attaque punitive et rétrograde contre les étudiants du post-secondaire au Québec, une attaque qui exprime un mépris total envers vos droits en tant que citoyens et en tant qu'étudiants.

La loi rend le processus de dissension publique à peu près impossible. En surcroît, la loi 78 prévoit des amendes et des mesures punitives importantes, non seulement pour les personnes qui manifestent publiquement, mais aussi pour toutes organisations qu'on présume en appui à la contestation publique. Les deux mesures contreviennent aux protections fondamentales auxquelles tous les Canadiens ont droit selon la Charte canadienne des droits et des libertés.

Avec les syndicats, les organisations de libertés civiles et les alliés progressistes partout au Canada, la FÉPS élève aussi sa voix et exprime son appui à votre droit de librement exprimer votre opposition. Ensemble, au moyen d'une alliance grandissante qui s'oppose à la loi 78, nous pouvons forcer le premier ministre Charest à retirer cette loi et la remplacer par une volonté ouverte et sincère de s'adresser aux questions soulevées par vos organisations.

Solidairement,
Cindy Oliver
Présidente de la FÉPS

Appui des étudiants en Nouvelle-Écosse

Des étudiants de l'Unviersité King's College de Halifax ont écrit aux associations étudiantes du Québec pour leur exprimer leur appui à leur cause.

« Bien que les étudiants du Québec et ceux de la Nouvelle-Écosse soient dans des circonstances différentes, nous partageons la même lutte contre les coupures dans nos services sociaux et le sous-financement du système d'éducation », écrit l'association des étudiants de King's College. « Votre mouvement étudiant est une source d'inspiration pour nous ici en Nouvelle-Écosse et nous respectons la décision de vos membres de rester en grève comme moyen nécessaire de combattre l'augmentation continuellement du coût de l'éducation. »

L'association étudiante dit avoir envoyé des boîtes de carrés de feutre rouge aux étudiants du Québec à cause de la pénurie dans les magasins de Montréal.

Le Conseil syndical régional d'Edmonton adopte une
résolution en appui aux étudiants du Québec

Le 22 mai, les travailleurs participant à l'assemblé mensuelle des membres du Conseil du Travail de la région d'Edmonton ont discuté de la question et ont adopté une résolution en appui à la juste lutte des étudiants québécois :

Attendu que les étudiants du Québec en sont à leur 100ème journée de grève contre la hausse des frais de scolarité et pour le fait de garantir le droit à l'éducation ;

Attendu que le gouvernement Charest a refusé de négocier avec les étudiants mais a plutôt adopté le 18 mai une loi draconienne visant à suspendre les libertés civiles au Québec et à criminaliser les étudiants et tous ceux qui les assistent ;

Attendu que les Québécois s'opposent à la loi 78, une loi spéciale, de façon massive sans précédent, y compris les Québécois de tous les milieux ainsi que les syndicats qui dénoncent la loi et se joignent au mouvement de protestation ;

Attendu que les étudiants ont adopté la position à l'effet que le peuple québécois ne peut se soumettre à cette loi.

Il est résolu que le Conseil régional du Travail d'Edmonton appuie fermement les étudiants dans leur lutte contre les hausses de frais de scolarité, la suspension des libertés civiles et les attaques contre les droits des étudiants et de la société québécoise dans son ensemble et nous invitons nos organisations affiliées à faire de même ;

Que le CRTE appuie fermement la Confédération des syndicats nationaux (CSN), la Centrale québécoise des syndicats (CSQ) ainsi que la Fédération du Travail du Québec (FTQ) dans leur demande que le gouvernement retire sa loi et négocie de bonne foi avec les étudiants pour mettre fin à la crise.

Assemblée publique à Edmonton contre la loi spéciale
draconienne du gouvernement du Québec

Une assemblée publique a été convoquée pour le dimanche 27 mai à Edmonton pour prendre position contre la loi spéciale qu'a adoptée le gouvernement de Jean Charest pour criminaliser la lutte des étudiants du Québec. Dans leur appel, les organisateurs de l'assemblée publique écrivent:

« Le 23 mai, il y a eu des arrestations massives des étudiants et alliés à Montréal et Québec sous la nouvelle loi spéciale adoptée qui suspend les libertés civiles. Plus de 400 personnes à Montréal et 170 personnes à Québec ont écopé d'amendes de 650 $ pour avoir exercé pacifiquement leur droit de manifester. Cela porte à 2 000 le nombre total d'étudiants arrêtés depuis le début de la grève.

« La majorité des Québécois et Québécoises sont du côté des étudiants. Suite à la manifestation d'un demi-million de personnes à Montréal le 22 mai, il y a eu des dizaines de manifestations "casseroles" partout dans la ville pour exprimer l'appui aux étudiants et dénoncer la loi spéciale, enplus des deux grandes manifestations auxquelles des milliers de personnes ont participées. Les manifs des casseroles sont une occasion pour les gens de manifester dans les quartiers. Le bruit des casseroles commence à 20 heures et ces manifestations-là sont également considéries comme illégales selon la nouvelle loi.

« Les étudiants luttent contre la hausse des frais de scolarité qui privera des milliers de jeunes de leur droit à l'éducation parce qu'ils ne seront pas admissibles aux prêts et bourses et à cause de l'énorme endettement durant les études. Jean Charest dit que le refus des étudiants de payer un petit 50 sous par jour de plus montre qu'ils sont des enfants gâtés qui se foutent de l'éducation puisqu'ils privent les autres du droit d'aller à leurs cours. Il dit que sa décision d'imposer une hausse des frais de scolarité et de suspendre les libertés civiles est démocratique parce qu'il est un gouvernement élu et qu'il représente le peuple, tandis que les étudiants, qui prennent toutes leurs décisions en assemblées générales et élisent leurs représentants, seraient anti-démocratiques et méritent de se voir retirer leur droit de résister. Pendant ce temps, les banques font des millions de dollars sur le dos des étudiants endettés et l'argent alloué à l'éducation sert à payer des compagnies de construction et d'autres pour des infrastructures de "partenariats publics-privés". »

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