Le
                              Marxiste-Léniniste

Numéro 52 - 2 mai 2012

Premier Mai 2012

Des actions partout au Québec pour
la défense commune des droits de tous!


Premier Mai 2012
Des actions partout au Québec pour la défense commune des droits de tous!
Les travailleurs d'Alma marquent le Premier Mai avec leur Marche de l'énergie

Les étudiants plus résolus que jamais
Coup de force pour interdire la grève défait par les étudiants au Cégep de l'Outaouais
La ministre de l'Éducation refuse d'entendre la proposition des fédérations étudiantes

Premier anniversaire de l'élection frauduleuse de la majorité conservatrice
Un moment déterminant pour le Canada


Premier Mai 2012

Des actions partout au Québec pour la défense commune des droits de tous!

Des manifestations et rencontres ont eu lieu dans plusieurs villes du Québec : Alma, Québec, Montréal, Gatineau, Sherbrooke, Rimouski et plusieurs autres.

Ce sont les lockoutés de Rio Tinto Alcan à Alma qui ont tenu le premier rassemblement. À 8 heures du matin, 24 travailleurs lockoutés par Rio Tinto Alcan depuis le 31 décembre ont commencé la Marche de l'énergie en direction de l'Assemblée nationale à Québec. À midi, les travailleurs d'Alma ont été les hôtes du rassemblement du Premier Mai pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean.

À Québec, la Coalition de Québec et Chaudière-Appalaches opposée à la tarification et à la privatisation des services publics a organisé une manifestation à midi contre l'offensive antisociale des libéraux de Jean Charest. Sous le thème « Défendre nos droits, célébrer nos victoires », près de mille travailleurs, retraités, étudiants et gens de tous horizons et leurs organisations ont marché à la défense de la dignité du travail et en appui à la lutte des étudiants pour le droit à l'éducation. Tout au long de la marche, des orateurs ont présenté les revendications chères au peuple du Québec : pour des retraites dans la dignité, pour le droit de s'organiser, pour un revenu décent, contre la pauvreté, pour des services publics de qualité et universels, contre la hausse des frais de scolarité. L'intimidation de l'État a aussi été dénoncée.

À l'Assomption, dans la région de Lanaudière, plus de 200 travailleurs mis à pied d'Aveos et des travailleurs syndiqués du fabricant d'appareils électroménagers Mabe qui seront mis à pied d'ici deux ans ont rejoint les travailleurs de l'usine Électrolux qui doit fermer ses portes en 2013. Ils se sont rassemblés devant les portes de cette usine pour dénoncer les fermetures. Ils ont marché dans les rues de l'Assomption pour montrer leur opposition à la destruction de l'économie socialisée au profit des monopoles.

À Montréal, ce sont plus de 2000 personnes qui se sont rassemblées en début de soirée au Parc Molson pour célébrer le Premier Mai. Les étudiants ont donné le ton à la manifestation. Prenant la parole avant le début de la marche, les porte-paroles de la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE), de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) et de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) ont réitéré que la lutte que les étudiants mènent contre la hausse est une lutte à la défense des droits de tous et toutes et fait partie de la lutte du peuple québécois pour une alternative.

D'une seule voix les représentants étudiants ont salué les grandes batailles que le peuple a menées dans son histoire qui ont forgé le Québec d'aujourd'hui. « Tous les acquis sociaux qu'on a, la santé, l'éducation, pour la nouvelle génération, sont issus des luttes passées », a dit l'un d'entre eux.

Voici ce que les autres orateurs ont dit : « J'ai été récemment en tournée, à Alma, où il y a un lockout, il y a d'autres conflits de travail au Québec, et je pense qu'on va réussir à gagner, en se serrant les coudes, tous ensemble, étudiants, travailleurs, citoyens. »

« Il y a des gens avant nous qui ont pris la rue non seulement le Premier Mai, mais tout au long de l'année pour se battre pour des choses auxquelles ils croyaient et, bien humblement cette année, la génération des jeunes a réussi à peut-être donner un peu d'espoir à un Québec qui en avait bien besoin, qu'un autre Québec était possible. »

« La lutte aujourd'hui des étudiants, c'est en solidarité également avec celle des travailleurs, pour permettre aux fils et aux filles des travailleurs d'avoir une accessibilité aux études qui leur est promise. C'est pour permettre à tout le monde, partout à travers la province du Québec, de rêver encore toujours plus. Le gouvernement du Québec essaie de taire ce rêve-là d'avoir un Québec plus juste et plus équitable. Nous ne sommes pas dupes monsieur Charest, nous savons que cette attaque à l'éducation n'est qu'un pas de plus pour transformer la société. Ce que vous nous promettez c'est un pillage collectif de notre éducation, de nos ressources naturelles, de notre société. »

« Cette société est la nôtre et nous lutterons et résisterons car nous sommes les maîtres du Québec. Nous sommes dans cette mobilisation la démocratie vivante, nous sommes les porteurs de l'égalité, de la justice sociale et des projets de société. Nous sommes la société, notre résistance est notre force. »

Puis la bannière de tête « NOUS » a ouvert la marche, suivie des contingents d'étudiants, de travailleurs, d'enseignants, des familles et d'organisations de défense des droits. Il y avait des contingents de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), des syndicats d'enseignants de plusieurs institutions collégiales et universitaires, des travailleurs de métiers, de Québec solidaire et du Parti marxiste-léniniste (Voir la déclaration du PMLQ pour le Premier Mai). Les manifestants ont marché sur les rues Beaubien et Iberville jusqu'à la rue Rosemont, salués par les gens sur les balcons et les commerçants et klaxonnés par les automobilistes.

Il y avait aussi un militant contingent de travailleurs venus dénoncer le projet de loi 60 du gouvernement Charest qui est une attaque en règle contre la santé et la sécurité au travail.

À la fin de la marche, des orateurs ont dénoncé l'attaque contre le bien commun qu'est l'offensive antisociale brutale du gouvernement Charest et réitéré que l'économie doit servir l'ensemble de la société.

Plus tôt dans l'après-midi, à 16 h 30, plus de 1000 personnes, en grande majorité des jeunes, se sont rassemblées au métro Champ de Mars pour une manifestation anti-capitaliste. On avait l'impression qu'il y avait pratiquement plus de policiers avec chiens, chevaux et bicyclettes que de manifestants. La manifestation a été déclarée illégale moins d'une heure après son départ, ce qui a été le feu vert pour le déclenchement d'une attaque brutale contre les manifestants. Environ 100 personnes ont été arrêtées.

Le peuple exige une nouvelle direction pour le Québec et dans ses actions et manifestations il réagit et élève la voix. Notre avenir est dans notre défense commune des droits de tous !

À Québec


À Montréal









Sept-Iles; Sherbrooke



St-Jérôme; Shawinigan

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Les travailleurs d'Alma marquent le Premier Mai
avec leur Marche de l'énergie


Les travailleurs en lockout de Rio Tinto à Alma ont été les hôtes cette année de l'activité du Premier Mai au Saguenay-Lac-Saint-Jean et ils ont commencé la journée en donnant le départ de leur « Marche de l'énergie » qui va les mener à l'Assemblée nationale jeudi le 3 mai.

À 8 heures du matin le Premier Mai, plus de 200 travailleurs ont salué les 24 marcheurs, 22 hommes et 2 femmes, au départ de leur marche vers l'Assemblée nationale où sera déposée leur pétition demandant au gouvernement du Québec d'arrêter immédiatement l'achat par Hydro-Québec de l'hydro-électricité produite par RTA pendant le lockout. Les travailleurs dénoncent Charest pour avoir signé une entente secrète avec Rio Tinto quand celui-ci a acheté Alcan en 2007. Entre autres choses, l'entente considère un lockout comme étant un cas de force majeure qui permet à RTA de se soustraire aux obligations contractuelles qu'il a signées au moment de l'achat et il force Hydro-Québec à acheter toute l'hydro-électricité produite par RTA et non utilisée pendant un lockout, ce qui a permis d'utiliser les ressources hydro-électriques du peuple pour financer le lockout actuel. Les travailleurs vont marcher environ 210 kilomètres.

« C'est un marathon de marche pour nous et nous avons rendez-vous à 8 heures devant l'Assemblée nationale le jeudi 3 mai, a dit au Marxiste-Léniniste Marc Maltais, le président du syndicat qui représente les lockoutés. Nous serons nombreux à les accueillir à leur arrivée. Nous remettrons alors au député du Lac-St-Jean Alexandre Cloutier notre pétition signée. Le député va lire et déposer la pétition pendant la période de questions et nous aurons à ce moment une délégation de travailleurs dans la galerie qui est ouverte au public. Nous avons organisé des activités de mobilisation ce jour-là pour nous assurer que les parlementaires et le maximum de gens vont entendre parler de nous. »

Les travailleurs ont voulu placer leur action dans le fil de l'histoire en la faisant débuter dans le village d'Hébertville, qui est la première municipalité à avoir été fondée au Lac-Saint-Jean et que les gens appellent le berceau de la région.

La marche a été préparée méticuleusement du point de vue santé, sécurité, nourriture et repos des marcheurs. Chaque travailleur va marcher 54 kilomètres et les marcheurs sont divisés en équipes qui se relaient à tour de rôle pour permettre à chacun de se reposer. Trois véhicules les escorteront en tout temps, dont une roulotte pour le repos. Un travailleur à qui un journaliste a demandé comment il allait être capable de faire cette longue marche a fièrement répondu : « C'est le groupe qui va me porter. » Le Marxiste-Léniniste salue les marcheurs de la Marche de l'énergie qui énergisent tout le monde par leur action audacieuse.

Sur l'heure du midi, les travailleurs d'Alma ont été les hôtes du rassemblement du Premier Mai auquel ont participé plus de 400 personnes venues de toute la région. Il y avait là des travailleurs du secteur privé et public membres du Syndicat des Métallos, du Syndicat des communications, de l'énergie et du papier (SCEP), des Travailleurs canadiens de l'automobile (TCA), de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), de syndicats d'enseignants et d'autres syndicats. Les participants comptaient aussi des membres de plusieurs groupes communautaires, bon nombre d'étudiants et même des représentants du diocèse. Les orateurs pour l'occasion ont été Marc Maltais, Jean-Marc Crevier, le directeur régional de la FTQ, et Engelbert Cottenoir, le président du Conseil central de la CSN pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Marc Maltais a expliqué au LML qu'un des points principaux de son allocution était un appel à faire de la lutte d'Alma et des ressources naturelles un enjeu dans les prochaines élections provinciales.

« Il n'y a pas de doute que cette question sera un enjeu ici à Alma lors des prochaines élections, mais cette question dépasse le cadre de la région et pourrait bien devenir un enjeu électoral dans tout le Québec. Les ententes secrètes sont inacceptables et celle que le gouvernement Charest a signée avec Hydro-Québec et Rio Tinto Alcan sur l'achat de l'hydro-électricité produite par RTA est ce qui fait perdurer le conflit actuel à Alma. Ça ne permet pas d'en arriver à une solution du conflit. Nous disons que les gouvernements doivent faire partie de la solution des problèmes. Nous n'avons rien contre recevoir des tapes amicales dans le dos, mais ce qui est le plus nécessaire c'est d'en arriver à une solution. Nous n'acceptons pas que le gouvernement Charest plaide la neutralité alors qu'il est complice du lockout. »


Marc a aussi remercié les travailleurs qui se sont présentés en grand nombre lors de cette journée internationale de la classe ouvrière sans égard à leurs affiliations syndicales, et il a dit que cette unité par delà les bannières de chacun est un des accomplissements de la lutte à Alma. Il a salué la lutte des étudiants et dit que la question se pose ici encore : le gouvernement a la responsabilité de contribuer à la solution du conflit au lieu d'attaquer les étudiants.

Jean-Marc Crevier et Engelbert Cottenoir ont dit que le choix d'Alma pour le rassemblement du Premier Mai est très approprié parce que la lutte des travailleurs d'Alma est la lutte de tous. Ils ont aussi salué les étudiants et Crevier a dit que les étudiants qui se battent sont les travailleurs de demain et que les travailleurs en sont extrêmement fiers.

Les travailleurs d'Alma ont été très contents de recevoir cet appui à leur combat à l'occasion du Premier Mai. L'un d'entre eux a dit à un journaliste que cet appui qui vient du milieu est un grand encouragement à poursuivre leur combat, d'autant plus que c'est pour le milieu que les travailleurs d'Alma se battent.

À titre d'information
Hébertville - le berceau du Lac-Saint-Jean


« La naissance d'Hébertville, c'est la naissance du Lac-Saint-Jean, et le Lac-Saint-Jean,
c'est mon pays ». Mgr. Victor Tremblay, historien, fondateur de la Société historique du Saguenay
.

Histoire et fondation: Contexte du développement
- Hélène Girard, mars 2012 -

Revenons avant 1849, les garçons du Québec s'exilent en grand nombre aux États-Unis pour gagner leur vie, étant donné que les familles sont nombreuses et que la terre à cultiver fait cruellement défaut, on manque d'espace à leur offrir. Les prêtres québécois voient partir leurs jeunes avec tristesse et décident de prêcher et d'oeuvrer en faveur d'un retour à la terre et pour cela, une seule façon de sortir de l'impasse, c'est d'ouvrir de nouveaux territoires à la colonisation.

C'est ainsi que Nicolas-Tolentin Hébert, alors curé de Kamouraska, participe avec ses confrères du collège de La Pocatière à la fondation d'une association de colonisation qui se nomme « ACIK », soit l'Association des comtés de L'Islet-Kamouraska. M. Hébert devient l'âme et l'agent principal de l'association et s'embarque sur le grand fleuve à l'été de 1849 avec 44 hommes afin de procéder à l'exploration des cantons que le gouvernement lui a concédés.

Fondation

Cette première expédition oeuvre pendant trois mois à faire des abattis afin d'ouvrir un sentier entre Laterrière et la chute des Aulnaies. Ce sont les débuts du Chemin Kénogami qui deviendra le premier lien routier reliant le Saguenay et le Lac-Saint-Jean.


Le lettre «H» stylisée suggère subtilement
la forme d'un berceau. Le berceau est
là pour rappeler qu'Hébertville est la
première municipalité jeannoise à avoir
vu le jour. C'est donc le berceau
du Lac-Saint-Jean.

Toutes ces personnes retournent passer l'hiver dans leur famille sur la côte sud et au printemps de 1850, M. le curé Hébert revient cette fois, avec 75 hommes recrutés dans sa paroisse et celles avoisinantes comme à L'Islet et à Rivière-Ouelle. Cette main-d'oeuvre travaille sans relâche jusqu'en novembre à abattre des arbres pour bâtir des camps et des entrepôts, on continue à défricher un chemin le long des lacs Kénogami et Kénogamichiche, on veut arriver bientôt au dessus de la chute, là où M. Hébert a vu le potentiel d'un établissement permanent.

On vit sous la tente, c'est le festival des mouches noires, on oublie le sens du mot confort et, comble de courage, 14 de ces hommes décident de passer l'hiver 1850-51. Ils préparent les billots qui serviront au printemps de 1851 pour construire deux moulins absolument nécessaires à la survie de la colonie, soit: un moulin à scie pour préparer le bois et construire des maisons et un moulin dit à «farine» pour moudre le grain et fabriquer le pain. Une petite chapelle est aussi établie cette année-là au dessus de la chute. Un nouveau pays est né (...)

C'est également en 1851 que les premières familles sont arrivées. Les jeunes hommes ayant pris épouses décident maintenant de s'installer de façon permanente dans le nouveau pays. (...)

Hébertville, telle une maman généreuse, a favorisé la formation de six paroisses-filles en partageant son territoire: Métabetchouan, St-Gédéon, Alma, St-Bruno, Hébertville-Station et Lac-à-la-Croix.

(www.hebertville.qc.ca)

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Les étudiants plus résolus que jamais

Coup de force pour interdire la grève défait
par les étudiants au Cégep de l'Outaouais


Le 1er mai, la Cour supérieure à Gatineau a déclaré : « Les étudiants n'ont aucun droit à la grève. » Elle a ordonné la reprise des cours au Cégep de l'Outaouais pour le lendemain. Elle a également interdit tout piquetage autour des pavillons et tout blocage des portes.

Le 2 mai, près de 500 étudiants ont renforcé leurs piquets de grève aux deux entrées du cégep et à toutes les portes. Vers 8 heures, la direction du cégep a été obligée d'annoncer la levée des cours pour la journée.

Le coup de force pour interdire la grève des étudiants et la reprise des cours n'a pas duré deux heures. Les étudiants entendent reprendre leur piquet de grève jeudi.

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La ministre de l'Éducation refuse d'entendre la proposition des fédérations étudiantes

Mardi le 1er mai, la ministre de l'Éducation Line Beauchamp a rejeté du revers de la main les propositions des fédérations étudiantes. Elle l’a fait avec une déclaration qui donne l’impression que ce n’est pas le gouvernement qui est accusé d’intransigeance par son refus de même parler aux étudiants pendant douze semaines. « Je suis déçue de voir que les leaders étudiants n'ont pas bougé, de voir que, dans ce qu'ils appellent une contre-proposition, qui ressemble plus à une justification de leur position, ils continuent de revendiquer le gel », a déclaré la ministre. Que dire de l'« offre globale » présentée par elle et le premier ministre la semaine précédente, qui était en réalité une hausse dans la hausse et que Jean Charest lui-même avait qualifiée de « maintien ferme de notre position »? C'est comme si Line Beauchamp ne savait pas que le mouvement historique de grève et de manifestations qui en est à sa douzième semaine n'avait pas comme revendication principale l'annulation de la hausse de 1625 $ des droits de scolarité! Autrement dit, ce que dit la ministre de l'Éducation, c'est que le gouvernement a le pouvoir d'imposer ses politiques antisociales, un point c'est tout. Or, elles ne sont acceptées ni par le mouvement étudiant, ni par la population.

Dans la soirée du mardi 1er mai, les étudiants à Montréal ont poursuivi leur manifestation quotidienne. Ils étaient présents en grand nombre et se sont faits très bruyants, et ce malgré le fait que beaucoup d'entre eux avaient participé aux manifestations du Premier Mai plus tôt dans la journée. Ils continent de déjouer les tactiques policières qui consistent à déclarer la marche « illégale » pour ensuite justifier les arrestations ou à tenter de coincer les manifestants pour les forcer à se disperser. Les étudiants ne se sont pas laissés prendre une seule fois et les manifestations quotidiennes se poursuivent jusque dans la nuit.

Dimanche soir, ils étaient près de 10 000 à manifester dans les rues de Montréal et lundi soir ils étaient aussi nombreux. Il y a également des manifestations importantes à Sherbrooke et devant l'Assemblée nationale à Québec.

La proposition des étudiants

L'alternative à la hausse proposée par la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) et la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) se résume en ces points :

1. établir un organisme de surveillance indépendant, la CÉUQ, qui aura pour mandat d'assurer la cohérence du réseau universitaire ainsi que l'évaluation des besoins;

2. indexer à 3 % les enveloppes périphériques à la mission des universités afin de dégager 189 M$ pour financer les activités d'enseignement et de recherche des universités;

3. analyser les relations entre les entreprises et le monde universitaire, notamment en ce qui a trait aux échanges de brevets et aux ententes de partenariats;

4. imposer un moratoire de deux ans sur le plan de financement des universités afin de compléter l'évaluation réelle des besoins des universités et que, conséquemment, soit suspendue l'injection des nouveaux fonds prévus tant de la part étudiante que de la part des contribuables;

5. imposer un moratoire de cinq ans sur la création de campus délocalisés dans le but d'évaluer les besoins réels du réseau, sa cohérence et de voir en quoi ces campus répondent de manière pertinente à ces besoins;

6. tenir des états généraux sur l'éducation universitaire durant cette période pour y tenir une réelle consultation sur les objectifs des universités, leurs missions, ainsi que le développement et la qualité du réseau;

7. geler les frais de scolarité au niveau de 2012 pour maintenir l'accessibilité aux études.

« En voulant injecter plus de 850 millions $ dans les universités, le gouvernement libéral de Jean Charest est en train de remplir une piscine dont la toile est percée. Et il le fait en endettant les étudiants et leur famille. Prenons un grand respire, et pour une fois, faisons les choses dans l'ordre », explique Martine Desjardins, présidente de la FEUQ.

« Ce sont des mesures simples et précises que tout gouvernement qui se dit responsable devrait appliquer afin de s'assurer d'un réseau universitaire sain et de qualité. Et ce faisant, nous permettrons aux étudiants et à leur famille de souffler un peu, eux qui ont déjà eu une augmentation de 30 % des frais de scolarité dans les cinq dernières années. Investissons dans l'avenir de manière intelligente », rajoute Léo Bureau-Blouin, président de la FECQ.

À Québec

À Québec dimanche, près d'un millier d'étudiants ont manifesté devant l'Assemblée nationale. Anne-Marie Desmeules, une des organisatrices de la manifestation, a dit : « Je suis mère de deux enfants, monoparentale, travailleuse à temps plein, donc j'ai pas le temps de me déplacer à Montréal pour manifester. J'ai amené la manif ici en me disant qu'il y a plein de gens qui sont contre la hausse, mais qui sont un peu disséminés à travers la ville », explique-t-elle.

« J'ai un enfant, je suis allée à plusieurs manifestations, j'ai vu la répression policière, mais ça ne m'empêchera pas d'aller manifester. Parce qu'il ne faut pas non plus entrer dans le jeu de la peur », a souligné pour sa part Marilou André. « L'offre de Charest n'est vraiment pas satisfaisante. Il y a plusieurs étudiants qui n'ont plus rien à perdre, dans le sens qu'ils ont déjà perdu leur session. Mais ce sacrifice-là n'aura pas servi à rien », a-t-elle poursuivi. Elle dit croire que l'unité du mouvement étudiant lui permettra de remporter la lutte. « Maintenant, il reste à Charest à faire un pas. On n'a rien à perdre, on l'attend. »

Déclaration d’artistes, médecins, avocats et économistes

Mardi, plus de 200 artistes, médecins, avocats et économistes ont signé la déclaration « Nous sommes avec les étudiants. Nous sommes ensemble ». « Ce conflit entre le gouvernement et le mouvement étudiant se projette en effet bien au-delà des chiffres et des tarifs: c'est d'abord un conflit de valeurs et de visions, donc de société. D'un côté, on s'entête à imposer des politiques sociales, économiques et environnementales régressives; de l'autre, une jeunesse nouvelle se lève, se rassemble et marche au nom de ses idéaux : la justice sociale, la solidarité et le respect. Ce cri de la jeunesse, qui nous pousse à rompre avec l'immobilisme, à recouvrer notre capacité collective d'agir et à travailler pour le bien commun, nous l'entendons », lit-on dans la déclaration.

Profs contre la hausse

Des profs opposés à la hausse des droits de scolarité se sont réunis pour une septième rencontre du réseau affinitaire Profs contre la hausse, le 26 avril. L'assemblée a alors décidé de diffuser ce communiqué.

« Par l'astuce de la trêve, expressément exigée par la ministre Line Beauchamp le 23 avril dernier, nous comprenions clairement le jeu qu'elle jouait : vider la table de négociation de façon frauduleuse, mensongère et violente, en associant la CLASSE à la manifestation d'hier soir déclarée illégale. C'est fait. Nous, la septième assemblée des Profs contre la hausse, condamnons cette manipulation de l'opinion publique en période pré-électorale orchestrée par le gouvernement.

« Nous accusons le gouvernement de Jean Charest de mentir délibérément à la population en travestissant la vérité dans un objectif pré-électoral en affirmant qu'il attendait les étudiantEs alors qu'il leur gardait la porte fermée.

« Nous tenons le gouvernement de Jean Charest responsable du gâchis actuel. Depuis quelques années déjà, Jean Charest refuse d'écouter les étudiantEs et, tout en affirmant le contraire, tente de tourner la population contre les jeunes et leurs alliéEs. Il s'agit d'un jeu dangereux.

« Depuis quelques jours, une pluie d'injonctions tombe sur les institutions d'enseignement, créant de la division entre les étudiants, les professeurEs et les administrations. L'harmonie qui existait dans ces institutions est aujourd'hui rompue. Après le judiciaire, voici que l'anti-émeute entre dans nos écoles. Par ces mesures, le gouvernement se déresponsabilise.

« Nous, Profs contre la hausse, refusons catégoriquement d'abandonner nos institutions et nos étudiants qui les fréquentent aux mains du gouvernement de Jean Charest qui dilapide le bien collectif tout en instrumentalisant ce conflit qu'il a lui-même envenimé.

« Nous, Profs contre la hausse, ordonnons et exigeons de Jean Charest de cesser la violence actuelle et de mettre immédiatement fin à l'intimidation.

« L'heure n'est plus à la négociation. Il vous faut reculer et retirer cette hausse massivement contestée.»

Communiqué du Cégep de l’Outaouais

Réunis en assemblée générale le 19 avril dernier, c'est à l'unanimité que les enseignantes et enseignants du Cégep de l'Outaouais ont salué les trois principes qui ont guidé la direction générale et ses proches collaborateurs depuis le début de la grève étudiante, principes qui ont été officiellement endossés par l’ensemble du conseil d'administration et qui ont été repris d'une même voix par les représentants de toutes les parties impliquées lors du point de presse du 20 avril.

La volonté expresse du conseil d'administration et de la direction du Cégep de l'Outaouais d'éviter la judiciarisation du conflit, avec les tensions insoutenables qu'elle a suscitées ailleurs, et le fait de l'affirmer publiquement constituent pour les enseignantes et les enseignants des gestes courageux.

Le communiqué conjoint des étudiants, des professeurs et membres du personnel et de la direction du cégep se lit comme suit:

«Voilà maintenant plusieurs semaines que le conflit étudiant divise, oppose, s'enlise. Suite à la récente judiciarisation du conflit, le Cégep de l'Outaouais, dans une action de discussion concertée des étudiants, du conseil de grève, des professeurs ainsi que de la direction, émet la position suivante, considérant que :

« La démocratie et la délibération en assemblée populaire est un principe fondamental et reconnu par l'institution ;

« La sécurité et l'intégrité physique et psychologique des étudiants, des enseignants et des membres du personnel sont une préoccupation centrale et que chaque décision s'est toujours et se doit encore de la respecter ;

« Le Cégep se soucie de l'après-grève afin d'assurer la qualité de l'éducation, de briser la polarisation des camps et de favoriser le retour d'un climat propice à l'enseignement ;

« Les récents événements démontrent que les injonctions déposées à l'endroit des universités et cégeps du Québec ne représentent pas une solution efficace au conflit, celles-ci augmentant plutôt les tensions entre les camps et contribuant à l'instauration d'un climat difficile ;

« Le Cégep de l'Outaouais affirme que :

« Afin de promouvoir le respect de la démocratie et l'importance du dialogue ;

«Afin d'assurer un climat sécuritaire et respectueux, malgré la grève ;

« Afin d'ouvrir une porte aux négociations et de trouver un retour en classe le plus rapidement possible en réduisant les tensions ;

« Le Cégep de l'Outaouais postule que le recours à une injonction n'est pas la solution souhaitée afin de mettre un terme à ce conflit dans les plus brefs délais et espère des négociations et un recours au dialogue dès que faire se peut. »

Rappel

Vendredi dernier, le 27 avril, le premier ministre Jean Charest a fait une « offre globale » aux étudiants qui était en réalité une hausse dans la hausse. Il a refusé d'annuler la hausse des frais de scolarité de 1625$. Les étudiants ont répondu le jour même par une manifestation de 20 000 personnes pour déclarer leur rejet catégorique de manque de bonne foi et de cette imposition du diktat Charest. La Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) a rejeté l'offre à l'unanimité le samedi 28 avril. Les associations membres de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) et de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) tiennent des assemblées et cette semaine, les deux fédérations ont fait une contre-proposition au gouvernement qui indique concrètement où l'argent peut être trouvé pour que la hausse soit annulée.

L'éducation est un droit ! Appuyons la juste lutte des étudiants !

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Premier anniversaire de l'élection frauduleuse de la majorité conservatrice

Un moment déterminant pour le Canada

Cela fait un an aujourd'hui que Stephen Harper a obtenu sa majorité frauduleuse. Depuis l'élection, il s'est servi de sa majorité, obtenue avec le vote de seulement 23,4 % des électeurs inscrits, pour accélérer la destruction nationale sur tous les fronts. Une chose est claire cependant : ce n'est pas le pays que le peuple veut.

Le peuple se bat pour un Canada qui correspond à ses aspirations, pour l'avenir qu'il veut pour lui et les générations à venir, et pour un monde où l'humanité vit dans la paix et la prospérité.

Les travailleurs du secteur manufacturier et des mines résistent aux tentatives des monopoles de leur extorquer des concessions et de détruire leur niveau de vie, leurs conditions de travail, leurs pensions, leurs communautés et leur mode de vie. Les travailleurs du secteur public combattent pour leur dignité et leur sécurité et pour défendre les services publics. Les étudiants du Québec se rebellent contre l'offensive du gouvernement contre le droit à l'éducation. Tous ensemble nous luttons contre l'affirmation du droit de monopole au détriment du droit public et contre la destruction du pouvoir décisionnel souverain du peuple.

Les propriétaires du capital ont le gouvernement Harper et les gouvernements provinciaux à leurs ordres. Ils ont intensifié leur lutte de classe contre la classe ouvrière sans se soucier du déséquilibre, de l'insécurité et de la dislocation que cela cause. Les Canadiens et les Québécois montrent en pratique par leur résistance déterminée pour défendre leur dignité qu'ils sont à la hauteur du combat qui les attend. Si les propriétaires du capital et leurs représentants politiques refusent tout équilibre dans les rapports de production et persistent à utiliser l'État pour financer et servir les intérêts privés contre l'intérêt public, la classe ouvrière et ses alliés vont faire encore une fois ce qu'ils ont fait par le passé en temps de crise : ouvrir une voie nouvelle en élevant la lutte de classe au niveau requis pour défendre leurs droits et engager l'économie et la société dans une nouvelle direction.

L'équilibre axé sur la reconnaissance des droits des travailleurs offre une solution aux crises dans l'économie et les rapports de production. La classe ouvrière moderne refuse d'être une main-d'oeuvre esclave qui regarde passivement les prédateurs monopolistes internationaux détruire le pays qu'elle a construit à la sueur de son front. Les propriétaires du capital et leurs gouvernements refusent de reconnaître cette réalité. C'est pourquoi ils doivent faire face aux conséquences d'avoir un mouvement de la classe ouvrière qui s'organise pour donner une nouvelle direction au Canada, pour établir un équilibre par la résolution de la contradiction antagoniste entre la classe ouvrière et les propriétaires du capital, au profit des producteurs véritables de la richesse. Les travailleurs sont tout à fait capables de prendre contrôle de leurs affaires et des affaires économiques et politiques du pays. Aujourd'hui, nous assistons au début d'un processus de résolution des problèmes politiques, économiques et sociaux de l'époque moderne, sans l'ingérence intéressée des propriétaires du capital.

Il y a un an

Il y a un an une majorité des Canadiens ne voulaient pas d'une majorité conservatrice à l'élection fédérale du 2 mai 2011. C'est pourquoi 60 % des électeurs qui se sont prévalus de leur droit n'ont pas voté pour Harper et que 39 % des électeurs inscrits ont refusé de voter. Mais à cause du système politique anachronique que nous avons, à cause de l'utilisation de différentes méthodes de manipulation électorale par les conservateurs, de la désinformation qui a favorisé la majorité conservatrice et de l'échec du mouvement syndical à s'unir autour des revendications indépendantes que la classe ouvrière, Harper a pu s'emparer du contrôle de l'État pour le compte des monopoles avec le vote de seulement 23,4 % des électeurs inscrits. C'est une majorité obtenue par la fraude, mais le gouvernement Harper l'invoque pour justifier toutes ses politiques. Les gens sont indignés par les révélations sur la manipulation électorale avec appels automatisés et le microciblable et, pendant ce temps, Stephen Harper se promène dans le monde pour dire aux autres qu'ils doivent être « démocratiques ». Il y a maintenant presqu'à tous les jours des révélations scandaleuses au sujet de la corruption dans le gouvernement, mais cela rend Harper plus arrogant, pas moins.

Avec l'élection du gouvernement majoritaire frauduleux de Stephen Harper, le projet d'établir les États-Unis des monopoles d'Amérique du Nord a maintenant le vent dans les voiles. Aujourd'hui, la classe ouvrière se trouve en face d'une alliance consolidée des monopoles et des institutions gouvernementales du Canada et des États-Unis. La présence du personnel militaire américain en sol canadien est devenue la norme et la souveraineté réalisée avec la guerre de 1812 s'est depuis longtemps envolée en fumée.

Depuis qu'il est majoritaire, le gouvernement Harper révise toute la réglementation de l'économie canadienne pour mieux servir les intérêts monopolistes privés et éliminer l'intérêt public. Ce que son gouvernement avait de la difficulté à accomplir quand il était minoritaire se fait maintenant en vitesse accélérée. Cela comprend l'abolition de la Commission nationale du blé et du contrôle des agriculteurs sur leur production, les lois de retour au travail pour criminaliser la résistance des travailleurs et la destruction ouverte des institutions de ce qu'on a jadis appelé le gouvernement responsable.

La dictature des monopoles sur la direction de l'économie et les affaires politiques au service de la quête de domination mondiale de l'impérialisme américain signifie que le Canada est devenu une base du Homeland Security des États-Unis militairement, économiquement et politiquement. La nouvelle raison d'État du gouvernement Harper est de tout justifier au nom de l'intérêt national du Canada qui est devenu synonyme de la sécurité intérieure des États-Unis.

C'est décidément un moment déterminant pour le Canada et c'est aux Canadiens, pas au gouvernement Harper, de définir le genre de Canada qu'ils veulent.

Lisez Le Marxiste-Léniniste du mai qui contiendra d'autres articles sur cette majorité frauduleuse du gouvernement Harper.

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