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Opposition
à
l'offensive
antisociale
Les métallos de Hamilton s'opposent à la
destruction de l'industrie canadienne de l'acier
L'annonce du président Obama d'une autre loi sur
les emplois américains (American Jobs Act) a suscité des
inquiétudes au Canada. Les Canadiens ont raison de
s'inquiéter puisque le contenu de la loi a de sérieuses
répercussions sur les monopoles aux États-Unis qui sont
propriétaires d'installations au Canada telles que US Steel.
Le pire des scénarios est confirmé pour
plusieurs qui pensaient que US Steel avait acheté Stelco dans le
but de pouvoir mieux contrôler la production d'acier dans tout
l'Amérique du Nord et de favoriser ses usines aux
États-Unis aux dépens des usines canadiennes. La preuve
parle d'elle-même puisque les deux usines de Stelco sont
presqu'inactives depuis l'acquisition de US Steel en 2007, en
particulier Hamilton Works, qui est toujours fermée suite
à un faux lock-out imposé par US Steel en novembre 2010
sous prétexte de « conditions économiques
défavorables ». En dépit de ces « conditions
économiques défavorables », US Steel continue de
vendre des millions de tonnes d'acier au Canada, dont la plus grande
part arrive d'usines étasuniennes.
Les travailleurs de l'acier sont très conscients
que le PDG de US Steel, John Surma, est un membre du gouvernement Obama
ainsi qu'un vigoureux défenseur de la Loi sur les emplois,
section 4, portant le titre « Buy American », et qui se
réfère ouvertement à l'acier. Les Canadiens n'ont
pas beaucoup à dire sur comment l'élite dominante aux
États-Unis organise son économie dans le but de servir
ses intérêts étroits. Par contre, nous en avons
long à dire sur le conflit d'intérêt qui surgit
lorsque leur statut de propriétaire et leur contrôle
d'entreprises importantes au Canada nous affectent de façon
aussi significative.
La Loi sur les emplois offre à US Steel une autre
occasion de sous-estimer l'importance de Stelco dans ses
opérations et possiblement de préparer l'opinion publique
pour placer US Steel Canada sous la protection de la faillite et, sur
la base de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des
compagnies (LACC), attaquer les régimes de pension de Stelco. Un
de ces régimes protège aujourd'hui 9000 métallos
de Hamilton et en protégera davantage dans les années
à venir. US Steel aimerait que les prestations de retraite se
retrouvent dans les coffres de ses recettes générales.
Pour les propriétaires de capital, les obligations envers les
régimes de retraite et même les salaires sont des «
coûts », comme peut l'être, à toutes fins
pratiques, le coût d'entretenir des esclaves. De cette
façon, ils incluent la réduction du « coût
» des travailleurs dans leur objectif de rendre leurs entreprises
privées plus profitables ou, de préférence, plus
« compétitives ».
Les métallos de Stelco de Hamilton, section
locale 1005, résistent courageusement à cet assaut
flagrant contre leur mode de vie de standard canadien. Mais la menace
de placer US Steel Canada sous la protection de la LACC, de fermer
Hamilton Works et d'agir à la « Nortel » en
attaquant leurs fonds de pension ajoute une nouvelle dimension à
leur lutte et doit, en effet, être envisagée de la
façon la plus sérieuse par tous les travailleurs et
employés de Stelco, actifs ou à la retraite.
Le 15 septembre, des entreprises d'investissement de New
York citaient Surma : « La compagnie explore un ensemble
d'options pour son installation de Hamilton, y compris un vote
obligatoire sur les offres contractuelles les plus récentes ou
même la fermeture permanente de l'usine. Le lockout continu
à Hamilton nous coûte 40 million $ par semestre. »
Cette menace va de pair avec le rejet pur et simple de
US Steel de la proposition de la section locale 1005 de se
présenter ensemble auprès du surintendant des Services
financiers de l'Ontario dans le but de prolonger jusqu'à l'an
2020 l'échéancier de la solvabilité du
régime de pensions de Stelco Hamilton. Cette mesure
épargnerait des millions de dollars à US Steel à
court terme et même davantage si l'investissement des pensions
venait à s'améliorer. Autrement, les exigences
financières pour renflouer le fonds en 2015, lorsque l'entente
actuelle sera expirée, seront énormes. Cela rend encore
plus réelles les inquiétudes à l'effet que US
Steel compte placer ses opérations canadiennes sous la
protection de la LACC au moment de l'expiration de l'entente sur les
pensions ou même avant, sous prétexte de la hausse des
fonds de pension.
À partir de ces faits — le ralentissement continu
de la production, les commandes canadiennes d'acier provenant des
États-Unis, le lien politique plus qu'intime de Surma à
la clause « Buy American » du projet de loi d'Obama
touchant à l'acier, la menace de fermer une fois pour toutes
l'aciérie Stelco de Hamilton, le refus de prolonger l'entente
ontarienne sur les pensions ainsi que les attaques contre les pensions
de Stelco tant à l'aciérie de Lake Erie qu'à celle
de Hamilton — toute personne ayant la faculté de penser pourrait
conclure que US Steel se prépare à agir à la
« Nortel », c'est-à-dire qu'il cherchera à se
débarrasser des fonds de pension sauf les actifs à court
terme qu'il laisserait intacts, avec comme résultat une perte
dramatique de prestations de retraite pour tous les retraités de
Stelco et une fermeture de l'aciérie de Hamilton.
Il serait aussi possible que toute personne ayant la
faculté de penser puisse se demander pourquoi le gouvernement
fédéral et le gouvernement de l'Ontario ne disent rien
pendant qu'une entreprise étrangère agit d'une
manière aussi ouvertement impérialiste, de façon
à détruire des emplois, l'économie et les
régimes de pension, en particulier en temps de crise
économique. Les gouvernements ont le devoir de défendre
l'économie, les intérêts et la
sécurité du peuple. US Steel attaque
précisément l'économie, les intérêts
et la sécurité des Canadiens et cela doit cesser.
Ensemble, exigeons que les gouvernements rendent des comptes et qu'ils
agissent pour empêcher US Steel de détruire notre
économie ainsi que le bien-être et la
sécurité des Canadiens.

Air Canada
Rassemblement de solidarité
avec les agents de bord

.

Air Canada
Les agents de bord dissent d'une seule voix:
«Nous luttons pour notre
dignité!»
- Nouveaux Horizons –
Après avoir rejeté l'entente de principe
recommandée par le
comité de négociation du SCFP par un impressionnant
87,8 %,
le personnel de cabine d'Air Canada montre que ce n'était pas
des
paroles en l'air. Il a renvoyé le comité de
négociation à la
table et a voté à l'écrasante majorité
(98 % des 78 %
qui ont voté) d'appuyer la grève comme dernier recours.
L'offensive concertée de la compagnie, des
médias monopolisés
et du gouvernement prend maintenant un ton frénétique.
Eux aussi
parlent d'une seule voix et sont en parfaite harmonie quand il
s'agit de leurs efforts pour donner préséance au droit de
monopole sur le droit public.
Air Canada dit qu'elle a été très
généreuse et que nous sommes
chanceux comparés à d'autres. C'est la
désinformation qu'elle
fait circuler et la presse s'en donne à coeur joie, tandis que
les « observateurs de l'industrie », de concert
avec la
compagnie, pressent le gouvernement de nous enlever notre droit
de défendre nos intérêts et de passer un loi de
« retour au
travail ».
On nous dit que le gouvernement Harper est prêt
à appliquer sa
loi de retour au travail. Il a déjà menacé de
recourir à cette
loi contre les agents de vente et du service aux passagers
représentés par les TCA et il l'a fait contre les
travailleurs
des postes. Il prétend que les perturbations dans les relations
de travail menacent l'économie et invoque les prédictions
d'une
nouvelle récession pour élever le ton.
Quelle
économie ? Notre économie !
Ne
laissons pas passer cet argument intéressé et
antiscientifique.
L'économie de qui, M. Harper ? Quand il parle de
perturbation de l'économie canadienne, il fait
référence au droit
des monopoles de prendre toutes les décisions et de continuer de
piller la richesse produite par les travailleurs de ce pays, en
abandonnant toute responsabilité sociale quand ils croient
qu'ils
peuvent s'en sauver.
Mais nous, nous continuons de nous acquitter de notre
responsabilité sociale en faisant notre travail, comme nous
l'avons toujours fait. En quoi notre demande de gagner
suffisamment pour payer nos factures et nourrir nos familles est-
elle une menace pour l'économie ?
L'économie canadienne
appartient aux Canadiens. Ce sont les travailleurs qui produisent
la richesse. Ce sont les agents de bord et les autres
travailleurs d'Air Canada qui font que ces avions continuent de
voler, pas les directeurs qui reçoivent des
rémunérations
indécentes et des primes de toutes sortes et qui nous plongent
dans une crise après l'autre, exigeant toujours plus de nous
sous
prétexte que nos sacrifices seraient nécessaires pour la
survie
de la compagnie, et donc la nôtre.
L'expérience des travailleurs au Canada a
montré que les
concessions ne sont pas une solution. En fait, la crise
s'approfondit lorsque les travailleurs ont moins dans leurs
poches et que l'argent s'accumule dans les coffres de ceux qui
contrôlent la richesse et qui s'en servent à leur avantage.
Puisque c'est nous qui produisons cette richesse, nous
avons
voix au chapitre sur la façon de la partager et nous avons le
droit de continuer de jouir d'un niveau de vie de standard
canadien. Et tout le monde a droit à une retraite dans la
dignité. Or, les monopoles comme Air Canada font tout pour nous
rabaisser au plus petit dénominateur commun.
Nos discussions
Nous avons vu que nos discussions
jouent un rôle important. Ce n'est pas que du placotage. Nous
regardons les problèmes qui se posent et ensemble nous cherchons
des solutions. Elles nous ont permis de réaliser notre propre
valeur et d'agir de manière à défendre nos
intérêts.
Nous avons fait un important pas en avant dans nos
discussions
sur l'entente de principe qui nous était proposée. Nous
nous
sommes rendus compte qu'elle n'était pas dans notre
intérêt, ni
dans l'intérêt de ceux qui nous suivront. Nous avons vu
qu'elle
n'était pas dans l'intérêt du secteur du transport
aérien non
plus. Ces discussions nous ont amenés à rejeter l'entente
massivement et nous ont permis d'en arriver à une vision de ce
que nous devons faire pour avancer. Il y a encore beaucoup de
problèmes à résoudre pour mettre fin à
notre marginalisation par
rapport au processus de négociation, mais il est clair que nous
devons encore une fois montrer notre détermination en passant
à
la prochaine étape, confrontés que nous sommes à
un employeur
arrogant et enhardi par la défense résolue du droit de
monopole
par le gouvernement Harper.
Personne ne veut les perturbations d'une grève,
pour nous et
pour les passagers, mais nous avons déclaré presque
à l'unanimité
que nous sommes prêts à la faire si l'employeur continue
de
refuser de reconnaître que nos revendications sur les salaires et
les conditions de travail doivent être respectées si nous
voulons
que le transporteur aérien soit en mesure de répondre aux
besoins
de la population.
Et maintenant ?
Le SCFP a lancé l'appel à des
rassemblements de solidarité pour mardi matin. Cela nous
permettra de nous réunir en grand nombre pour expliquer à
nos
collègues des autres départements et au public voyageur
pourquoi
nous n'avions pas le choix que de voter pour la grève.
Cela nous donnera aussi la chance de poursuivre les
discussions sur ce qu'il faut faire maintenant. Les membres de
notre collectif sont clairs sur une chose : nous voulons
faire partie du processus, en tant que participants actifs, et
non pas en tant que spectateurs appelés à voter et
à faire des
pancartes de temps à autre.
Si nous plaçons l'intérêt du
collectif et de ses membres au
centre, il n'y a absolument rien qui puisse justifier le secret
dans les négociations. Nous devons voir quels mécanismes
nous
permettraient de participer. Nous avons agi d'un commun accord
sur l'entente de principe et nous avons déclaré que nous
étions
prêts à aller en grève s'il le faut, et maintenant
nous devons
participer aux décisions sur le déclenchement de la
grève.
Les discussions au rassemblement de demain, et sur les
lignes
de piquetage si les choses en viennent là, sont une excellente
occasion de partager les expériences et d'échanger les
idées pour
que nous puissions mettre au point les tactiques nécessaires
pour
défendre nos intérêts. Nous n'avons pas le choix.
Nous l'avons
dit et nous le répétons : ce sont nos
intérêts et personne
ne peut mieux les défendre que nous, personne n'est plus
motivé à
les défendre que nous. Notre sécurité est dans la
défense de nos
droits et intérêts et dans la défense des droits et
intérêts de
tous !

Les travailleurs de la fonction publique
dénoncent l'absence de
responsabilité
et la restriction des droits
- AFPC, 14 septembre 2011 -

Des
syndiqués de l'Alliance de la fonction publique du Canada
marchent dans les rues d'Iqaluit le 18 juin 2011 pour protester contre
les compressions prévues dans les services publics
fédéraux..
(Nunatsiaq
Online)
|
Dans son rapport qu'elle a dévoilé
aujourd'hui, l'Alliance de la Fonction
publique du Canada (AFPC) indique que, même si la Loi sur la
modernisation de la fonction publique (LMFP) est entrée en
vigueur
depuis plus de cinq ans, elle n'a toujours pas contribué
à établir un
processus de dotation plus transparent ni à concilier le respect
des droits
politiques de son personnel et l'impartialité de la fonction
publique.
Soulignons que la LMFP a gravement compromis
l'efficacité du
processus d'embauche fondé sur le mérite et
diminué la responsabilité
ministérielle à l'égard des processus de dotation
injustes et partiaux. La loi a
permis, entre autres, à la Commission de la fonction publique
(CFP)
d'imposer des restrictions excessives et inutiles aux droits politiques
des
fonctionnaires.
À la page 29 de son rapport, l'AFPC
décrit comment les
modifications législatives découlant de l'adoption de la
LMFP n'ont pas
réussi à instaurer un meilleur climat de travail dans la
fonction publique
fédérale et à garantir de meilleurs services
à la population canadienne.
« La fonction publique ne peut servir les
intérêts du Canada ou
promouvoir les objectifs constitutionnels de paix, d'ordre et de bon
gouvernement, en limitant indûment les droits politiques de ses
propres
employés, a déclaré John Gordon, président
national de l'AFPC.
Parallèlement à l'intérêt légitime de
la population à l'égard d'une fonction
publique impartiale, il faut tenir compte des droits politiques des
travailleuses et des travailleurs. »
En outre, la LMFP a entraîné la
modification de deux lois importantes
qui délimitent les mécanismes de dotation et les
relations de travail dans la
fonction publique fédérale, soit la Loi sur l'emploi
dans la fonction
publique (LEFP) et la Loi sur les relations de travail dans la
fonction publique (LRTFP).
Un des principaux problèmes découlant de
ces changements à la LEFP
est la nouvelle définition du principe du mérite dans le
processus
d'embauche. En vertu de cette nouvelle définition, l'employeur
peut ajouter,
comme critères d'évaluation, les besoins présents
et futurs de son
organisation. Ainsi, la marge de manoeuvre dans l'établissement
des critères
de sélection est immense, car on ne peut que spéculer sur
les besoins futurs,
niant ainsi toute responsabilité en la matière.
« Cette définition ne correspond pas
à l'idée que les Canadiens et
les Canadiennes se font d'un processus qui repose sur le mérite,
soit
d'embaucher les personnes ayant obtenu les meilleurs résultats
parmi un
bassin de candidates et candidats qualifiés, a souligné
Patty Ducharme,
vice-présidente exécutive nationale de l'AFPC. La
nouvelle définition du
mérite va à l'encontre des principes d'excellence et de
responsabilité, et
ouvre la porte au favoritisme et aux nominations
partisanes. »
Le Tribunal de la dotation de la fonction publique, mis
sur pied pour
enquêter les cas d'abus de pouvoir dans les processus de
dotation, a conclu
dans moins de 20 cas au bien-fondé des allégations d'abus
de pouvoir et
d'autres différends en vertu de son mandat conféré
par la Loi.
Pire encore, la nouvelle Loi élimine la
nécessité de recourir à une tierce
partie indépendante pour l'examen des erreurs,
irrégularités et omissions lors
du processus d'embauche. On a également signalé que des
administrateurs
généraux auraient eux-mêmes mené des
enquêtes sur des cas qui les
impliquaient personnellement.
« En l'absence d'une réelle reddition
des comptes relativement à
la dotation, le processus d'embauche au sein de la fonction publique
devient
plus laxiste et, dans certains cas, fait montre de négligence,
d'ajouter Patty
Ducharme. Nous pouvons certes constater un changement de culture au
sein
de la fonction publique : moins de responsabilités à
l'égard du
processus d'embauche, ce qui mènera inévitablement
à un processus plus
injuste. »
L'AFPC craint que, même si la Cour suprême
du Canada a annulé les
restrictions imposées aux activités politiques des
fonctionnaires, la CFP tente
d'outrepasser son pouvoir en voulant surveiller et restreindre toutes
activités
politiques et « militantes » des fonctionnaires.
La CFP envisage également de surveiller les
médias et réseaux sociaux,
comme Facebook, pour retracer toute activité potentiellement
partisane de la
part des fonctionnaires. Ce faisant, la CFP se fait de plus en plus
intrusive et
menace les droits politiques et démocratiques des travailleurs
et
travailleuses.
Les modifications apportées à la LRTFP,
cadre législatif des relations de
travail dans la fonction publique fédérale, n'ont pas
réussi à remédier aux
problèmes de longue date. En effet, les divers processus mixtes
de
consultation et de résolution des conflits de travail n'ont pas
été améliorés
depuis l'adoption de cette loi.
Les modes substitutifs de règlement des
différends, comme celui offert
par les services de médiation de la Commission des relations de
travail dans
la fonction publique (CRTFP), ont empêché, dans certains
cas, une escalade
des conflits. Malheureusement, peu de ministères y ont eu
recours, ce qui a
contribué à envenimer les conflits de travail dans
l'ensemble du
gouvernement fédéral.
L'AFPC souhaite que la CRTFP joue un rôle plus
proactif dans le
processus de médiation afin de mieux évaluer les attentes
des parties et
veiller à ce que les intervenants soient effectivement
délégués pour régler les
différends.
Le rapport décrit également les
préoccupations au sujet des ententes sur
les services essentiels, lesquelles doivent assurer un équilibre
entre la
sécurité de la population canadienne et le respect du
droit de grève des
employés syndiqués.
« La Loi sur la modernisation de la fonction
publique devait
améliorer les relations et l'environnement de travail au sein de
la fonction
publique fédérale. Or, après cinq ans de mise en
oeuvre, il est évident que
cette nouvelle loi n'a pas réussi à atteindre cet
objectif déclaré, » a
conclu John Gordon.
L'AFPC demande au gouvernement fédéral de
tenir compte de ses
recommandations alors qu'il s'apprête à faire l'examen
quinquennal de la
LMFP.

Des scientifiques s'opposent aux coupures
en recherche
environnementale
Le 12 septembre, on rapporte que la
communauté scientifique
mondiale a été informée de manière
informelle qu'Environnement Canada va
mettre fin à son programme scientifique de surveillance de
l'ozone au
Canada, mieux connu sous « le réseau de
l'ozone », en raison
des coupures budgétaires gouvernementales.
Le réseau d'observation du Canada fournit
le tiers des mesures de
l'ozone de l'Arctique et est constitué de 17 stations
allant de London,
Ontario à Alert, au Nunavut dans l'Arctique canadien. Les
stations utilisent
plusieurs techniques pour mesurer l'ozone, y compris le lancement
hebdomadaire de ballons météo à partir de
11 de ces stations. Les
scientifiques et les instituts de recherche du monde entier de la
science de
l'atmosphère utilisent les données collectées par
le réseau pour leurs
recherches. Cette année, le réseau a fourni des
données clés montrant
l'épuisement sans précédent de l'ozone
stratosphérique dans l'Arctique.
Grâce à des mesures régulières in situ qui
remontent à 1966, le Canada
possède également les plus anciens enregistrements des
niveaux d'ozone
atmosphérique dans le monde.
« Le Canada a été un pilier de
l'observation de l'ozone dans
l'Arctique », explique Neil Harris, un chimiste de
l'atmosphère à
l'Université de Cambridge, au Royaume-Uni, qui dirige
l'Unité de
coordination de la recherche européenne sur l'ozone.
« Il a fourni des
données très importantes à la recherche qui nous
permet d'établir un
diagnostic sur ce qui se passe dans la stratosphère arctique. Si
nous devions
perdre un tiers de notre capacité de surveillance dans
l'Arctique la perte
globale en terme de valeur scientifique sera beaucoup plus
grande. »
« C'est dévastateur pour l'ensemble du
domaine
scientifique », explique Tom Duck, qui mène des
recherches sur
l'atmosphère à l'Université Dalhousie à
Halifax, en Nouvelle-Écosse.
« La crise de financement au sein de ce pays va vraiment
paralyser
notre capacité à observer et protéger
l'environnement au Canada. J'ai déjà
perdu la plupart de mon groupe parce que je ne peux plus les payer. Si
l'aide ne vient pas bientôt, de nombreux autres vont devoir
fermer
boutique », a-t-il ajouté.
Markus Rex, un chercheur sur l'ozone à l'Institut
Alfred Wegener pour
la recherche polaire et marine, à Potsdam, en Allemagne, qui a
déjà travaillé
avec le réseau canadien a dit : « Je suis
inquiet que les coupures
mèneront à une érosion du Protocole de
Montréal, qui oblige les pays de
l'Arctique à surveiller la couche d'ozone et à maintenir
la recherche
scientifique sur l'ozone. »
La recherche canadienne sur l'environnement est
également confrontée à
la fermeture imminente de la Fondation canadienne pour les sciences du
climat et de l'atmosphère, qui fournit la majorité des
fonds pour les sciences
du climat et l'atmosphère dans le pays. La fondation caritative
a reçu aucun
financement fédéral depuis 2003 et s'attend à
fermer ses portes
l'année prochaine.
Des rapports ont également fait surface qu'Ottawa
s'apprête à mettre la
clé dans la porte d'une archive unique en son genre d'anciennes
carottes de
glace prélevées au Canada et recueillies sur une
période de 40 ans. Le
glaciologue de la Commission géologique du Canada Christian
Zdanowicz a
fait appel aux universités et autres organismes scientifiques
d'envisager de
prendre en charge la gestion des archives en matière des glaces,
qui sont
menacées par « des compressions budgétaires
stratégiques » à
Ressources naturelles Canada. Environnement Canada a également
dit qu'il
planifie éliminer un groupe de recherche s'intéressant
aux questions liées au
givrage des aéronefs et d'un réseau de radars au laser
qui surveillent les
particules projetées dans l'atmosphère par les pollueurs
et les volcans, tels
que celles des éruptions islandaises qui ont cloué au sol
les avions
empruntées par les voyageurs.
S'adressant aux coupures dévastatrices à
Environnement Canada, Duck a
déclaré : « C'est simplement la
destruction voulue de notre
capacité. Ce que nous perdons c'est notre habileté
à surveiller
l'environnement, et en même temps, la perte de nos
capacités à répondre
aux problèmes, ou même de reconnaître qu'ils
existent avant qu'il ne soit
trop tard. »

Bulletin du 19 septembre 2011 • Retour à l'index • Écrivez
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