L'ordre du jour du gouvernement Harper

Au Parlement

Ouverture du Parlement le 19 septembre

La session du Parlement reprend le lundi 19 septembre après la pause estivale commencée le 26 juin. Une des principales caractéristiques du programme de Stephen Harper est la vitesse avec laquelle il apporte des modifications importantes aux arrangements à la base de l'État canadien sans aucune discussion parmi le peuple ni au Parlement. Afin d'aider l'Opposition ouvrière à traiter des divers aspects de l'ordre du jour de Harper et de s'informer sur leur signification, nous présentons de l'information sur ce à quoi s'attendre lorsque les travaux recommenceront et sur certains des développements importants qui ont eu lieu durant l'été.

Lois adoptées à la dernière session

La dernière session du Parlement a adopté les lois suivantes :

C-2 : Loi modifiant le Code criminel (mégaprocès)

C-3 : Loi visant le soutien aux aînés vulnérables et le renforcement de l'économie canadienne (dispositions du budget)

C-6 : Loi prévoyant la reprise et le maintien des services postaux

C-8 : Loi de crédits no 1, 2011-2012 (projet de loi des crédits budgétaires)

C-9 : Loi de crédits no 2, 2011-2012 (projet de loi des crédits budgétaires)

Les projets de loi à l'étude

Voici les projets de loi reportés de la dernière session. D'autres ont été déposés par des députés ou des sénateurs. (Pour une liste complète de tous les projets de loi à l'étude à la Chambre des communes et au Sénat, voir : www.parl.gc.ca.). Il convient de noter, à titre d'exemple de modification importante à l'État canadien, le projet de loi C-7, Loi sur la réforme du Sénat, qui montre que le gouvernement Harper entend passer outre à la Constitution.

C-1 Loi concernant la prestation de serments d'office – en deuxième lecture

C-4 : Loi modifiant la Loi sur l'immigration et la protection des réfugiés, la Loi sur des mesures de réforme équitables concernant les réfugiés et la Loi sur la sûreté du transport maritime (empêcher les passeurs d'utiliser abusivement le système d'immigration du Canada) – en deuxième lecture

C-5 : Loi sur le maintien des services aériens de passagers – en deuxième lecture (Il s'agit de la loi forçant le retour au travail des employés d'Air Canada. Le projet de loi n'a pas encore été retiré du feuilleton de la Chambre malgré que les travailleurs d'Air Canada soient retournés au travail.)

C-7 : Loi concernant la sélection des sénateurs et modifiant la Loi constitutionnelle de 1867 relativement à la limitation de la durée du mandat des sénateurs.(la loi de réforme du Sénat) – en deuxième lecture

À quoi s'attendre après le discours du Trône de juin dernier

Le discours du Trône prononcé par le gouverneur général David Johnston au nom du gouvernement Harper énonce le programme législatif du gouvernement Harper pour la première session du quarante-et-unième parlement. Le gouvernement prétend qu'il contient le « mandat » que les Canadiens lui auraient conféré à l'élection du 2 mai. À titre d'information, nous présentons les résumés suivants.

Coupures dans les dépenses gouvernementales

Réaliser les 4 milliards $ de coupures dans les dépenses publiques selon l'Examen stratégique et opérationnel, au nom de l'atteinte de l'équilibre budgétaire d'ici 2014

Réduire la « pression à long terme » sur les systèmes de pensions et de santé causée par le « vieillissement de la population »

Investir dans le secteur industriel privé pour augmenter la « compétitivité »

Pensions

Mettre en place un régime collectif de pensions agréé

Crédits d'impôt individuels

Introduire un crédit d'impôt pour les aidants naturels

Introduire un crédit d'impôt pour les activités artistiques des enfants

Mesures anti-ouvrières

Assurer une « main-d'oeuvre hautement qualifiée et flexible »

Augmenter le contrôle fédéral sur les juridictions provinciales

Négocier un nouvel accord sur la santé du Canada avec les provinces (expire en 2014) avec un accent sur « la réduction des temps d'attente »

Établir un organisme national de réglementation des valeurs mobilières, afin d'éliminer les 13 qui existent actuellement pour chaque province et territoire

Réformes politiques

Adopter le projet de loi C-7, la Loi de la réforme du Sénat

Modifier le nombre de sièges au Parlement

Éliminer progressivement les subventions par vote aux partis politiques. Cette mesure a été introduite en douce dans le budget. Il n'est pas clair si le gouvernement Harper a l'intention d'utiliser l'adoption du budget pour apporter cet important changement à la Loi électorale du Canada sans que le Parlement puisse en discuter et voter

La loi et l'ordre

Remplir deux postes vacants à la Cour suprême du Canada en utilisant un nouveau procédé introduit en 2006 qui donne aux députés conservateurs un vote majoritaire dans la sélection

Introduire un projet de loi omnibus sur la criminalité intégrant tous les projets de loi sur le crime qui n'ont pas été adoptés lors de la dernière législature. Cela comprend des mesures liées à un large éventail de questions, notamment les lois antiterroristes, des lois sur l'auto-défense et l'arrestation par des citoyens, sur les peines minimales, etc.

Éliminer le registre des armes d'épaule

Modifications à la Loi sur les Indiens

Introduire une législation pour imposer « des protections et des droits en matière de biens immobiliers matrimoniaux » pour les habitants des réserves

Exiger des chefs et conseillers des communautés des Premières Nations de publier les salaires et les dépenses

Établissement d'un périmètre de sécurité nord-américain

Mettre en oeuvre la Déclaration par-delà la frontière par l'établissement d'un périmètre de sécurité nord-américain

Rationaliser la « coopération réglementaire » avec les États-Unis

Célébrer la guerre de 1812

Immigration

Apporter des modifications au système d'immigration du Canada au nom de « protéger la souveraineté et l'intégrité » du Canada

L'ouverture des marchés pour les monopoles

Éliminer le monopole public de la Commission canadienne du blé en changeant unilatéralement la Loi sur la Commission canadienne du blé, en opposition à la volonté de la majorité des producteurs qui constituent la Commission canadienne du blé

Poursuivre les négociations pour signer un accord de libre-échange avec l'Union européenne en 2012 et avec l'Inde en 2013

Investissements étrangers

Effectuer des modifications à la Loi sur Investissement Canada en termes de définition de ce qu'est un « avantage net » pour le Canada

Commission de réductions des formalités administratives

Mettre en oeuvre les recommandations de la Commission de réductions des formalités administratives annoncée lors de la dernière législature

Renforcer les droits de propriété

Modifier à la Loi sur les droits d'auteur

L'extraction des ressources

Changer les procédures d'évaluation réglementaire et environnementale pour les projets d'extraction de ressources

Compléter la route Dempster en reliant Inuvik et Tuktoyaktuk

Investir dans « la gestion des terres des Premières Nations »

Financer « les projets d'énergie propre », tels que le projet hydroélectrique prévu sur le Bas-Churchill

Militarisation du Nord

Augmenter la présence du gouvernement canadien dans l'Arctique

Ingérence dans les affaires des autres nations

Mettre en place un Bureau de la liberté religieuse aux Affaires étrangères.

Autres

Développement d'un plan national de conservation

Autres choses à surveiller lors de l'ouverture du Parlement

Vote sur un autre prolongement de la participation du Canada à la mission de l'OTAN contre la Libye. La date limite fixée pour la mission lors du prolongement précédent, soutenu par tous les partis à la Chambre à l'exception des Verts, est le 27 septembre. Tout indique que la motion de prolongement sera présentée tout de suite après l'ouverture du Parlement. Le leader du gouvernement à la Chambre, Peter Van Loan, a déjà indiqué que le gouvernement prolongera la mission. Pour donner l'impression que la décision n'a pas déjà été prise, son directeur des communications a dit qu'il s'est mal exprimé lorsqu'il a dit que le gouvernement prolongera la mission et que cette décision passera par les ministres de la Défense et des Affaires étrangères et, finalement, par le Parlement.

Approbation d'un nouvel accord de libre-échange avec le Honduras. Si la méthode d'approbation reste le même que l'accord de libre-échange avec le Panama, qui a été signé l'année dernière, les accords seront déposés à la Chambre des communes pour 21 jours de séance. Une fois que le délai des 21 jours de séance sera échu, le gouvernement pourra déposer un projet de loi pour mettre en oeuvre les accords.

Introduction d'un projet de loi qui est le résultat de négociations pour établir un périmètre de sécurité nord-américain. Les rapports indiquent que l'accord ne sera pas présenté comme un tout, qu'il sera plutôt présenté à la pièce, provenant d'une quarantaine de champs de juridiction gouvernementale et rien de cela n'a été rendu public. Il est probable que le gouvernement Harper va essayer de cacher l'ampleur des changements en affirmant qu'ils vont « améliorer la compétitivité du Canada ou la sécurité ».

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Les développements durant la pause estivale

Nous présentons une vue d'ensemble des développements qui se sont produits durant la pause estivale du parlement, y compris certains développements non mentionnés dans les rapports précédents. Ils révèlent l'ampleur des nouveaux arrangements que le gouvernement Harper a entrepris d'imposer sur plusieurs fronts au service des États-Unis des Monopoles d'Amérique du Nord et qu'il s'engage dans des actions provocatrices qui menacent la paix et la stabilité internationale.

Resserrement du contrôle fédéral des juridictions provinciales
au nom de la collaboration

Du 16 au 19 juillet, la Conférence annuelle des ministres de l'Énergie et des Mines du Canada avait lieu à Kananaskis, en Alberta. Elle a réuni les ministres de l'Énergie et des Mines de toutes les provinces et territoires ainsi que des représentants du gouvernement fédéral. On rapporte que des représentants du gouvernement américain étaient également présents. L'accent a été mis sur la création d'une politique énergétique nationale. Selon leur plan d'action intitulé « Une approche commune en matière d'énergie », les ministres ont convenu de collaborer sur l'offre d'énergie, l'utilisation efficace de l'énergie et l'investissement dans « le savoir et l'innovation ».

Selon les reportages, le Conseil de la fédération (les premiers ministres des 13 provinces et territoires) s'est réuni du 20 au 22 juillet. Le Conseil a dévoilé une stratégie intitulée « Le Canada dans l'économie mondiale » dont le but est de : « mettre à profit les forces individuelles et collectives des provinces et des territoires pour aider à renforcer la position concurrentielle du Canada dans l'économie mondiale ». Le Conseil a aussi annoncé qu'il entend réaliser au cours des 12 prochains mois une mission commerciale en Asie avec le gouvernement fédéral pour « faire avancer un ambitieux programme commercial international pour le Canada ». Les rapports indiquent aussi qu'à la réunion, des négociations ont débuté sur un nouvel Accord sur les soins de santé au Canada. Peu de temps après la réunion, il a été rapporté que le gouvernement Harper recherchera un accord national sur la santé, à l'opposé d'ententes distinctes provinciales. Ceci contredit sa position dans le discours du Trône où il a indiqué qu'il négocierait un accord individuel avec le Québec

Immigration

Le 12 juillet, le ministre de la Citoyenneté, de l'Immigration et du Multiculturalisme, Jason Kenney, a lancé des consultations nationales sur le système d'immigration du Canada. Après avoir rencontré des « intervenants » à Calgary, Vancouver, Toronto et Montréal, il a annoncé le 29 août des consultations en ligne avec le public. Selon le ministre, le but des consultations est d'« obtenir des commentaires sur les niveaux d'immigration, notamment sur le niveau d'immigration approprié au Canada, et sur la meilleure répartition des admissions dans les catégories de l'immigration économique, du regroupement familial et des personnes protégées. On discutera aussi de la gestion du système et des façons de l'améliorer pour offrir des services plus efficaces, tels que des temps de traitement raisonnables, et on abordera des questions comme la fraude, notamment. »

Le 19 juillet, peu de temps après avoir lancé les consultations, le gouvernement fédéral a envoyé des lettres à 1 800 Canadiens leur disant que le gouvernement a l'intention de révoquer leur citoyenneté. Le 21 juillet, le ministre de la Sécurité publique, Vic Toews, a publié une liste de 30 personnes que le gouvernement accuse d'être des criminels de guerre. Le 18 août, il a élargi la liste pour inclure des individus qui ont « contrevenu à la Loi sur l'immigration et la protection des réfugiés et ont été condamnés pour des infractions criminelles au Canada. »

Selon des rapports parus au cours de l'été, dans le cadre d'une stratégie visant à éliminer les délais accumulés pour les demandes d'asile, le gouvernement Harper lancera l'an prochain un nouveau Programme d'aide au retour volontaire qui offrira une incitation aux « demandeurs d'asile déboutés » de 2 000 $ et un vol à destination de leur pays d'origine. Le 17 août, il a été rapporté que le Canada a établi un groupe de travail pour « contrer la traite des personnes » dans laquelle « presque une douzaine d'agents de police et de renseignement » ont été déployés dans des pays en Asie du Sud-Est.

Ces développements ont lieu en même temps que l'administration Obama a annoncé que le « Programme des communautés sécuritaires », qui prévoit des déportations à grande échelle, sera étendu à l'ensemble du pays et sous le contrôle du gouvernement fédéral.

Droits ancestraux des Premières Nations

L'Union of BC Indian Chiefs (UBCIC) rapporte qu'au cours de l'été le gouvernement Harper a accéléré sa « résolution » de certaines revendications territoriales. Le site Web des Affaires autochtones décrit les revendications particulières comme traitant d'anciens griefs des Premières Nations. « Ces griefs ont trait aux obligations qui échoient au Canada en vertu de traités historiques ou à la façon dont ce dernier a géré les fonds ou d'autres biens des Premières Nations, dont les terres de réserve. » L'UBCIC rapporte que cela a été fait simplement en retirant ces revendications de son inventaire des revendications particulières. Elles ont été soient rejetées, fermées ou éliminées par d'autres moyens – créant l'illusion que des progrès considérables ont été accomplis dans la résolution des revendications et la diminution des délais accumulés. Les chefs déclarent : « La stratégie du Canada semble être de transférer les importants délais accumulés face aux revendications particulières non réglées hors des mains des Affaires indiennes et du ministère de la Justice et sur le dos du nouveau Tribunal des revendications particulières. »

Loi et ordre

Selon certains rapports sur la réunion annuelle de l'Association du barreau canadien du 13 au 15 août, celle-ci se serait opposée unanimement à l'orientation du prochain projet de loi omnibus sur le crime. Le ministre de la Justice, Rob Nicholson, présent à la réunion, a dit que le gouvernement Harper a obtenu un mandat pour son projet de loi omnibus à l'élection du 2 mai.

Des nominations à la Cour suprême

Les médias ont rapporté cet été que les députés de l'opposition ont des inquiétudes sur le processus de nomination par le gouvernement Harper de deux juges de la Cour suprême. Les rapports indiquent que, contrairement au comité consultatif de sélection à la Cour suprême mis en place sous les libéraux en 2005, constitué d'un parlementaire de chaque parti à la Chambre de communes et de cinq membres de l'extérieur (experts juridiques, juges et du public), ce comité est composé de seulement cinq députés, dont trois du Parti conservateur. Le comité est présidé par la députée conservatrice Candice Hoeppner. Les autres membres sont les députés conservateurs Brent Rathgeber et Bob Dechert, le député du néodémocrate Joe Comartin et le député libéral Irwin Cotler. Les rapports indiquent que le comité doit soumettre d'ici le 23 septembre 2011 sa liste finale de trois candidats au ministre qui prendra la décision finale avec le premier ministre pour les deux nominations éventuelles.

Lois anti-terrorisme

Le 7 septembre, dans une entrevue à la CBC, Harper a révélé que son gouvernement réintroduira deux clauses de la Loi antiterroriste expirées en 2007. Comme l'a souligné précédemment LML : La première permet aux forces policières de détenir un « présumé terroriste » sans accusation pendant trois jours, alors que les lois en vigueur prévoient que l'individu arrêté doit être relâché en moins de 24 heures s'il n'y a pas d'accusation portée contre lui. L'autre donne aux juges le pouvoir d'interroger un témoin secrètement et de l'emprisonner s'il refuse de collaborer.

Infractions à la loi et scandales au gouvernement

Élections Canada a annoncé le 15 juillet que le leader du gouvernement à la Chambre des communes, Peter Van Loan, a violé la limite de dépense électorale lors de l'élection fédérale de 2008. Selon des rapports, ses dépenses de campagne étaient de 93 689,95 $ alors que la limite des dépenses permises dans la circonscription de York-Simcoe était de 89 499,52 $. L'agent officiel de Van Loan affirme que l'écart est dû à « un sincère malentendu » et une « différence dans les pratiques comptables ». L'affaire a apparemment été résolue quand Élections Canada et Van Loan ont convenu que la limite permise pour l'élection de 2011 sera réduite d'un montant équivalent. On ne sait pas s'il a respecté cette résolution.

Durant l'été, il a été révélé que le président du Conseil du trésor, Tony Clement, a présidé un petit comité de maires dans sa circonscription qui a approuvé la dépense de fonds alloués aux projets du G8. L'information est apparue à la suite de demandes d'accès à l'information par le NPD au sujet de l'utilisation des fonds du G8. Des rapports indiquent que les demandes de fonds ont circulé vers le bureau de circonscription de Clement, qui n'est pas un ministère du gouvernement, afin d'éviter la reddition de comptes sur la façon dont les fonds ont été dépensés. De plus, malgré l'affirmation de Clement et du vérificateur général à l'effet que les fonctionnaires n'ont pas été impliqués dans le processus d'octroi d'argent pour des projets, les rapports ont révélé que des fonctionnaires étaient présents aux réunions des maires. Il est rapporté qu'un certain nombre de maires qui ont siégé sur le comité ont fait des dons à la campagne électorale de Clement.

La militarisation et les préparatifs de guerre dans l'Arctique

Durant le mois d'août, l'opération Nanuk, un exercice militaire de grande envergure, s'est tenue dans l'Arctique canadien avec la participation des forces militaires du Canada, des États-Unis et d'autres puissances de l'OTAN. On signale que dans le cadre de ces exercices, le Canada a utilisé des drones, semblables à ceux utilisés en Afghanistan. Parlant de leur utilisation, le ministre de la Défense, Peter MacKay, a déclaré : « C'est un précédent. Il y en aura de petits [véhicules aériens inhabités] dans le haut de l'Arctique, ils sont un présage des choses à venir. » On rapporte que l'armée vise aussi à installer des bases militaires dans l'Arctique.

Le rôle du Canada dans les affaires internationales

Durant l'été, le gouvernement Harper est parti à la recherche de nouveaux marchés pour les monopoles en Asie et en Amérique latine. Le gouvernement présente ces initiatives comme des mesures pour se prémunir contre la dépendance envers le commerce avec les États-Unis. Cet énoncé est louche étant donné que le gouvernement canadien négocie en même temps l'annexion du Canada aux États-Unis sous la forme d'un périmètre de sécurité nord-américain.

L'Amérique latine

Du 8 au 12 août, Harper a voyagé en Amérique latine, s'arrêtant au Brésil, en Colombie, au Costa Rica et au Honduras. Selon une dépêche du gouvernement, les arrangements suivants ont été conclus durant le voyage :

Au Brésil, le premier ministre a annoncé les 11 initiatives suivantes :

- Un accord sur le transport aérien
- Un accord sur la sécurité sociale
- Un protocole d'entente sur la coopération en vue des Jeux olympiques
- Un protocole d'entente sur l'efficacité de la coopération internationale au développement
- Dialogue sur le partenariat stratégique entre le Canada et le Brésil
- Renouvellement du financement pour le Programme de partenariats internationaux en science et en technologie
- Le développement d'un Plan d'action en matière de science et de technologie axé sur l'innovation
- Les premières bourses octroyées dans le cadre du « programme des Bourses Canada-Brésil : Projets de recherche conjoints »
- Le gouverneur général dirigera la délégation canadienne lors de la prochaine Conférence des Amériques sur l'éducation internationale qui se tiendra au Brésil en avril 2012
- La création d'un Forum Canada-Brésil des pdg et la nomination de M. Rick Waugh en tant que coprésident canadien du Forum [Harper a également nommé le Conseil canadien des chefs d'entreprises comme secrétariat du Forum – note de la rédaction]
- L'ouverture de trois nouveaux centres de demande de visas

En Colombie, le premier ministre a annoncé les 4 initiatives suivantes :

- L'entrée en vigueur de l'Accord sur le libre-échange entre le Canada et la Colombie, le 15 août 2011
- Augmentation de l'aide canadienne au développement international au profit des enfants, des jeunes à risque et la promotion des droits humains
- Soutien aux projets nouveaux et en cours qui permettront d'améliorer la paix, la sécurité et la justice en Colombie et dans la région
- L'adhésion de la Colombie au Programme de coopération et de formation militaire du Canada (2011-2014)

Au Costa Rica, le premier ministre a annoncé les 7 initiatives suivantes :

- Le lancement de négociations visant à moderniser l'Accord de libre-échange, entre le Canada et le Costa Rica avec un engagement à conclure les négociations d'ici un an
- Un accord sur le transport aérien
- L'accord d'échange de renseignements à des fins fiscales
- Le soutien du Canada au Programme de perfectionnement de la police costaricaine pour aider les agents de la police nationale costaricaine à acquérir une formation de pointe et un mentorat par le biais de la Gendarmerie royale du Canada
- La contribution canadienne à la fourniture de l'équipement à l'école de police du Costa Rica
- L'appui du Canada au renforcement des capacités et de formation en sécurité pour l'industrie du tourisme.
- L'ouverture d'un nouveau Centre de demande de visas au Costa Rica

Au Honduras, le premier ministre a annoncé les 3 initiatives suivantes :

- La conclusion des négociations d'un Accord de libre-échange entre le Canada et le Honduras
- Le soutien du Canada pour accroître la sécurité alimentaire au Honduras
- Le soutien du Canada pour s'attaquer aux défis de la sécurité régionale en Amérique centrale, dont le Honduras

L'Asie

Après un voyage de haut niveau en Chine et en Asie du Sud-Est par le ministre des Affaires étrangères, John Baird, il a été annoncé que Stephen Harper se rendra en Chine « d'ici un an » lors d'une mission commerciale avec les premiers ministres. C'était lors du voyage de Baird en Asie, et non au Canada, que le gouvernement du Canada a annoncé la formation du « groupe de travail sur la traite des personnes ».

Les agressions et les préparatifs de guerre

Libye

Immédiatement après la pause estivale, le ministre des Affaires étrangères, John Baird, s'est rendu à Benghazi, en Libye, et, peu après, a reconnu le Conseil national de transition (CNT), les soi-disant rebelles libyens, comme représentants légitimes du peuple libyen. Peu après, le Canada a expulsé tous les diplomates libyens restants de l'ambassade de Libye au Canada dans le cadre de ses tentatives d'imposer un changement de régime. Le 1er septembre, Harper a assisté à une réunion « sur l'avenir de la Libye » à Paris, avec d'autres puissances de l'OTAN. Il y a annoncé que le Canada allait lever les sanctions contre la Libye.

Le 13 septembre, le gouvernement Harper a annoncé qu'il va rouvrir son ambassade à Tripoli, à un emplacement temporaire, afin de « reprendre les services commerciaux pour les Canadiens ». Le Canada est maintenant la première des puissances de l'OTAN à rouvrir son ambassade en Libye. Le ministre des Affaires étrangères, John Baird, a ajouté : « Le Canada a également obtenu du comité des sanctions du Conseil de sécurité des Nations unies une exemption pour libérer 2,2 milliards $ en avoirs libyens à des fins humanitaires. Ces fonds aideront le peuple libyen à court et moyen terme ; cet argent aidera la nouvelle Libye à se remettre sur ses pieds. » Nul doute que les 2,2 milliards $ pour des « besoins humanitaires » sont liés à « la reprise des services commerciaux pour les Canadiens », i.e., au désir des monopoles établis au Canada d'être « les premiers sur le terrain ».

L'Afghanistan

Le 5 juillet, les Forces canadiennes ont remis officiellement les opérations dans la zone de combat de Kandahar aux États-Unis. Le Canada a maintenant 950 militaires dans le cadre de la mission de formation de l'OTAN sous commandement américain. Le gouvernement prétend que cela signifie la fin de la mission de combat canadienne en Afghanistan. Pendant ce temps, le 11 juillet, le ministre de la Défense nationale, Peter MacKay, a signé un protocole d'entente (PE) entre le Canada et le Koweït afin de permettre « un soutien logistique aux opérations canadiennes en Afghanistan ». Ceci se produit au moment où le Canada cherche à établir de nouvelles bases à l'étranger et aussi parce que le Canada a perdu ses droits d'atterrissage dans les Émirats arabes unis, qui a été dans le passé sa route la plus directe pour approvisionner les forces canadiennes participant à l'occupation de l'Afghanistan. Selon une dépêche du gouvernement : « Le déplacement de l'équipement et des véhicules utilisés en Afghanistan requiert l'accès à un aéroport et à un terminal maritime, à partir desquels le matériel peut être transbordé vers le Canada. L'établissement de cet accord de soutien avec le Koweït permet de réaliser ces activités dans un lieu sûr et contrôlé. »

La Syrie

Le Canada a accru son ingérence dans les affaires internes de la Syrie. Le 13 août, le Canada a annoncé qu'il va prolonger les sanctions contre le gouvernement syrien. En outre, le Canada a coparrainé la demande de convocation d'une session spéciale du Conseil des droits de l'homme de l'ONU sur le cas de la Syrie.

Gestes de provocation contre la République populaire démocratique de Corée

Comme l'a souligné LML, « Le 11 août 2011, le gouvernement Harper a imposé de nouvelles sanctions injustes contre la République populaire démocratique de Corée (RPDC), un pas de plus en arrière par rapport à la décision du 24 mai 2010 d'ajouter la RPDC à la Liste des pays visés. [...] En date du 11 août, le Règlement du gouvernement Harper sur les mesures économiques spéciales visant la République populaire démocratique de Corée comprend une interdiction sur toutes les exportations vers la RPDC, une interdiction sur toutes les importations en provenance de la RPDC au Canada ; une interdiction de nouveaux investissements en RPDC, et une interdiction d'amarrer des navires et d'atterrir des avions de la RPDC au Canada, entre autres. » Le 11 juillet, le ministre des Affaires étrangères, John Baird, a annoncé que le Canada va boycotter la Conférence des Nations unies sur le désarmement parce que la RPDC la préside, affirmant que la présidence de la RPDC « compromet l'intégrité tant du cadre du désarmement que de l'ONU, ce à quoi le Canada ne peut se rallier. »

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Négociations du périmètre de sécurité

La définition de la souveraineté dans la logique de trahison nationale de Stephen Harper

Dans une entrevue accordée récemment au réseau CBC, le premier ministre Stephen Harper a expliqué ce qu'il entend par souveraineté. « Je crois que ce que nous essayons de faire en tant que Canadiens, c'est de nous servir de notre indépendance, de notre souveraineté, intelligemment, à notre avantage », a-t-il dit. Pour ce qui est de la souveraineté en rapport avec la frontière canado-américaine, il a dit : « Je crois que les choses entourant la frontière vont ou bien être conjointes, ou vont être unilatérales, c'est-à-dire que les États-Unis nous l'imposent. »

Suivant sa définition de la souveraineté, le premier ministre a ordonné à toutes les ambassades canadiennes d'afficher le portrait de la reine.

Selon sa notion de souveraineté, c'est à l'avantage du Canada de placer notre appareil de sécurité et nos forces armées sous le contrôle des États-Unis suivant une réglementation nord-américaine unique. Ce n'est pas violer la souveraineté du Canada, c'est s'en servir « intelligemment ».


La définition de souveraineté de Harper comprend l'ordre
donné à toutes les ambassades canadiennes d'afficher
le portrait de la reine.

Pour Stephen Harper, il ne s'agit pas du droit d'une nation de décider de son sort sans ingérence, pression et chantage extérieurs, mais d'un échange car le Canada profiterait d'être annexé aux États-Unis. Son rôle en tant que premier ministre est d'obtenir le meilleur avantage possible vu les circonstances, puisque les États-Unis sont plus grands et que leurs besoins seraient plus pressants. Les Canadiens n'ont qu'à lui faire confiance. Il ne précise pas en quoi consistent les avantages pour le Canada et surtout qui en profite. Il sait que les Canadiens l'interpelleraient s'il disait clairement quels intérêts servent ces accords, alors il présente l'annexion comme quelque chose d'avantageux : la négociation des mesures pour « aider les Canadiens à traverser la frontière plus facilement », pour « aider les petites entreprises à concurrencer » ou pour « protéger le continent contre des menaces intérieures ».

Les forces sociales favorables à l'annexion sont principalement les monopoles d'Amérique du Nord représentés par le Conseil canadien des chefs d'entreprises et son porte-parole, l'ex-vice-premier ministre John Manley. Ils ont en Stephen Harper leur homme pour établir les États-Unis des Monopoles d'Amérique du Nord, appuyés par la force militaire des États-Unis et alimentés par les ressources naturelles du Canada et du Mexique. Après le 11 septembre 2011, les monopoles ont exploité les attaques contre le World Trade Center et la « guerre à la terreur » qui a suivi pour imposer leurs demandes. Ce qui a été fait durant les dix années qui ont suivi en terme d'intégration des forces de sécurité des trois pays est aujourd'hui un fait accompli qui sert à justifier l'annexion totale et la trahison nationale.

Pour désinformer les Canadiens sur la signification de ces développements, Stephen Harper dit que l'annexion est quelque chose de « raisonnable ». « Les Canadiens ont depuis longtemps dépassé le seuil où ils disaient que coopérer avec les États-Unis ou faire du commerce avec les États-Unis, c'est trahir le Canada, dit-il. Je crois que les Canadiens ont dépassé ce stade-là. » Il prétend donc que l'annexion fait partie des valeurs du Canada dans la pensée majoritaire. On ne sera pas surpris ensuite si ceux qui s'opposent au périmètre de sécurité sont qualifiés d'« extrémistes » ou de « théoriciens du complot », de « terroristes » ou de « radicaux » qui mettent en danger la sécurité du Canada.

Par ailleurs, les mesures qui placent le Canada sous le commandement des forces de sécurité des États-Unis et qui permettent la transmission de renseignements sur les personnes, comme les casiers judiciaires et autres informations confidentielles, aux agences de sécurité des États-Unis servent à persécuter les Canadiens à la frontière. Mais cela n'est pas considéré comme un danger pour les Canadiens ou même comme quelque chose dont le gouvernement devrait se préoccuper outre mesure. Cela ferait partie de l'échange et de l'équilibre entre droits et sécurité à l'avantage des Canadiens.

La définition de souveraineté de Stephen Harper est basée sur la logique de la trahison nationale. Elle montre l'urgence de bâtir l'Opposition ouvrière capable de bloquer la création du périmètre de sécurité nord-américain et l'abdication de la souveraineté du Canada. Les députés qui prétendent représenter leurs électeurs doivent eux aussi être appelés à s'opposer à ce qui se fait au nom de la souveraineté.

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Les Forces de sécurité des États-Unis
augmenteront leurs opérations en sol canadien

Selon différentes sources, les gouvernements des États-Unis et du Canada se préparent à inaugurer un « projet pilote » l'année prochaine qui autoriserait des agents de la force publique des États-Unis à entrer aux États-Unis « à la poursuite de présumés criminels ou de terroristes ».

Les plans de créer des « agents polyvalents » ont été confirmés par le procureur général des États-Unis, Eric Holder, à l'occasion de la conférence frontalière du 14 septembre. « La création d'une nouvelle génération d'équipes d'agents polyvalents nous permettrait d'agir avec une plus grande efficacité pour identifier, évaluer et interdire toutes personnes ou organisations impliquées dans la criminalité transnationale, selon Holder. Elles nous permettraient aussi de conserver de précieuses ressources, d'uniformiser nos efforts et de mettre en commun nos instruments et notre expertise. »

Dans ses commentaires il a révélé que depuis décembre de hauts fonctionnaires des départements américains de la Justice et de la sécurité intérieure et leurs homologues canadiens ont eu de nombreuses discussions sur ce projet. « Les discussions ont été franches, pragmatiques et productives et des progrès ont été faits sur le un projet pilote qui devrait, nous l'espérons, être mis sur pied dès l'an prochain », a dit Holder.

Cette annonce coïncide avec différents rapports qui confirment qu'un nombre croissant de Canadiens s'opposent à la soi-disant « intégration transfrontalière du système d'application de la loi ». Ce projet pilote est conforme à la demande des monopoles qui veulent le déploiement d'un personnel frontalier et de sécurité des États-Unis à même les usines canadiennes sous prétexte d'« assurer la circulation transfrontalière des biens ». Ce sont en fait d'autres mesures pour placer tous les aspects de la vie au Canada sous le contrôle des impérialistes étasuniens. Cela ne doit pas passer !

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Les consultations ne font pas
voir de mandat pour l'annexion

Le 29 août, le ministre des Affaires étrangères, John Baird, a rendu publics deux rapports résumant les consultations du gouvernement sur la Vision commune de la sécurité du périmètre et de la compétitivité économique. Les consultations ont pour objectif d' amener les Canadiens à accepter que leur seul rôle est de faire des propositions sur la façon dont l'annexion devrait se faire. Le gouvernement Harper a sélectionné divers partenaires pour des « consultations individuelles » constituées principalement d'organisations représentant différentes industries et différents paliers de gouvernement, pendant que le public en général était invité à soumettre des opinions en ligne. On a demandé aux participants de faire « des propositions innovatrices » sur la façon de créer un arrangement sur le périmètre de sécurité. Les soumissions étaient catégorisées selon les quatre « piliers » de la déclaration commune du premier ministre du Canada Stephen Harper et du président des États-Unis Barack Obama. Ces piliers sont :

* Agir tôt pour éliminer les menaces ;
* Facilitation du commerce, croissance économique et emplois ;
* Intégration transfrontalière en matière d'application de la loi
* Infrastructure essentielle et cybersécurité.

Selon le gouvernement, il a eu « une participation de plus de 1000 Canadiens et près de 200 soumissions de groupes et d'organisations, y compris des groupes de gens d'affaires, des provinces et des territoires, de municipalités, des syndicats, de groupes de la société civile, de professeurs et de groupes d'experts ».

Malgré les tentatives du gouvernement de présenter les consultations comme une affirmation d'un mandat pour vendre le pays, le résumé des consultations révèle que la direction prise par le gouvernement n'a aucunement la confiance ni des Canadiens, ni des Premières Nations.

Les gens ont utilisé cette occasion pour exprimer leurs préoccupations à propos de l'établissement d'un périmètre de sécurité, qui représente une violation de la souveraineté et pourrait mener à la transgression des lois canadiennes, particulièrement celles liées à la vie privée des Canadiens et aux renseignements que possède le gouvernement sur les individus. Diverses organisations comme le Conseil des Canadiens et l'Association canadienne des libertés civiles ont aussi exprimé des préoccupations à propos du processus de consultation lui-même, et du manque d'information pour ceux qui souhaitaient soumettre des opinions.

Il y a eu de l'opposition en particulier concernant la proposition de renforcer encore la mise en application de la Loi sur la frontière, un des quatre piliers de tout l'arrangement du périmètre de sécurité. Cela signifie l'établissement de forces de sécurité conjointes qui placeraient les forces américaines de sécurité en sol canadien, et supposément les forces canadiennes de sécurité en sol américain. Sur cette question, le gouvernement a été forcé de dire que « presque la moitié » des opinions individuelles soumises « ne voulaient pas plus de collaboration sur les opérations de mise en oeuvre de la loi sur la frontière ». C'est là un grand coup porté à l'essence de la poussée pour établir les États-Unis des Monopoles de l'Amérique du Nord, sous le contrôle des forces de sécurité américaines, qui opéreraient en sol canadien. Cela reflète l'absence de confiance des Canadiens envers les forces de sécurité américaines et, sans aucun doute, envers l'offensive du gouvernement Harper dans cette direction.

Les organisations des Premières Nations ont affirmé le droit des Premières Nations de décider de leur avenir. Selon le résumé, l'Assemblée des Premières Nations et le Comité de documentation Haudenosaunee en particulier ont demandé des consultations directes avec les Premières Nations. Ils mettent de l'avant leur demande de reconnaissance de leurs droits de traité de faire du commerce trans-frontière en dehors du contrôle des États canadien et américain. Ils ont aussi lancé un appel aux deux gouvernements de reconnaître leurs cartes d'identité pour les voyages traversant la frontière, ce qui pourrait miner les tentatives des agences de sécurité canadiennes et américaines d'établir un seul système d'identification et d'information.

À cause de l'initiative d'intervention des citoyens et des Premières Nations, le gouvernement Harper ne peut pas prétendre que les Canadiens appuient son plan, ou qu'il a un « mandat » pour brader le pays. Loin de là. Même selon les consultations du gouvernement lui-même, conçues seulement pour cueillir des propositions visant à mettre en application le périmètre de sécurité, les Canadiens ne sont pas d'accord.

D'autre part, le rapport reflète les revendications claires des monopoles et des organisations politiques qui les représentent à l'effet d'éliminer la frontière afin d'assurer leurs profits et de soumettre le Canada à l'appareil de sécurité des impérialistes étasuniens. Un exemple on ne peut plus clair est la revendication du Conseil canadien des chefs d'entreprise à l'effet que les courtiers en douane soient affectés aux usines mêmes, ou que la « liste d'interdiction » de vol soit intégrée pour toute l'Amérique du Nord ou encore que soit mis sur pied un système intégré de gestion des entrées et des sorties de voyageurs en Amérique du Nord.

En dépit de la nette opposition entre les préoccupations des citoyens et celles des représentants des monopoles, le rapport gouvernemental, dans la section Conclusion/Prochaines étapes, cherche à contourner l'opposition populaire. Il déclare : « Depuis plus de 140 ans, nos deux pays bénéficient des avantages que procure une frontière bien gérée et ont établi une tradition de collaboration fructueuse dans les dossiers frontaliers. Aujourd'hui plus que jamais, les Canadiens savent qu'une frontière sûre, sécurisée et modernisée revêt une importance cruciale pour la prospérité sociale, économique et culturelle du Canada. »

Afin de créer l'illusion qu'il tient compte des opinions des Canadiens, le gouvernement déclare : « Cette consultation a fourni au gouvernement du Canada un éventail d'appréciations utiles et bien étayées concernant notre sécurité et notre compétitivité. Elle a également aidé le gouvernement à comprendre les préoccupations des Canadiens vis-à-vis la vision commune. Aussi le gouvernement tient-il à remercier les personnes qui ont pris le temps de se renseigner sur la vision commune et de lui transmettre leurs points de vue et leurs idées sur l'avenir de la frontière canado-américaine. »

Le gouvernement annonce alors de façon éhontée que tout a déjà été décidé et que la consultation ne visait qu'à obtenir des propositions en appui au plan initial. « Dans la Déclaration, le Canada s'est engagé à mettre au point un plan d'action commun qui orientera la formulation de mesures propres à faciliter les échanges transfrontaliers et à accroître notre sécurité collective. À mesure que le gouvernement du Canada avancera dans l'élaboration de ce plan d'action, il s'efforcera d'y intégrer les nombreuses idées novatrices et éclairées qui lui ont été communiquées dans le cadre de ces consultations. »

Peu importe ce qu'en pense le gouvernement Harper, celui-ci ne peut prétendre avoir un mandat pour l'annexion. À l'occasion de la rentrée parlementaire, LML invite les Canadiens à continuer d'exposer les différents aspects du Périmètre de sécurité ainsi que leurs répercussions et de s'opposer aux tentatives de criminaliser toute dissidence en distribuant les étiquettes d'« extrémistes », de « terroristes », de « persona non grata », etc.

La déclaration du premier ministre sur le Périmètre de sécurité ne suffit pas comme mandat.

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Persécution de Canadiens à la frontière

Pendant que le gouvernement Harper tient des consultations sur la façon dont il partagera l'information avec l'appareil de sécurité américain, des reportages indiquent que des dossiers de police de Canadiens ont déjà remis aux forces de sécurité américaines, et qu'ils sont utilisés pour les persécuter à la frontière.

Un reportage de CBC le 9 septembre citait un inspecteur de la GRC, Denis Saint-Pierre, qui déclarait que toute l'information contenue dans la base de données du Centre d'information de la police canadienne (CIPC) est maintenant rendue disponible pour le département américain de la Sécurité intérieure. Selon Saint-Pierre, le CIPC ne contient pas seulement les dossiers criminels d'une personne, mais aussi des mandats en suspens, des dossiers de personnes disparues et de l'information à propos de vols de propriétés, également de l'information qui a trait à des personnes importantes dans des causes toujours en cours. Ils peuvent aussi contenir l'histoire de troubles mentaux d'une personne, y compris des tentatives de suicide.

Le reportage indique que « plus d'une douzaine de Canadiens ont dit, durant la dernière année au Psychiatric Patient Advocate Office à Toronto, qu'on les avait empêchés d'entrer aux États-Unis après que leurs dossiers de troubles mentaux aient été partagés avec le département américain de la Sécurité intérieure ». Le reportage cite Stanley Stylianos, gestionnaire de programme pour le Psychiatric Patient Advocate Office, qui affirme que les Canadiens devraient être scandalisés de savoir que l'information sur la santé mentale traverse la frontière. « Une fois que cette information entre dans le système américain, on ne peut plus la contrôler », a-t-il dit.

Selon le reportage, Lois Kamenitz, 65 ans, de Toronto, a contacté le Advocate Office après que des administrateurs des douanes à l'aéroport international Pearson l'aient empêchée d'embarquer à bord d'un avion en direction de Los Angeles. L'agent de la Protection des douanes et des frontières lui aurait dit qu'il avait des informations à l'effet que la police avait surveillé sa maison en 2006. On apprend ensuite dans le reportage que : « Selon un document complété par un agent de la Protection des douanes et des frontières, lors d'une inspection subséquente à l'aéroport Pearson à Toronto, il est devenu clair que Lois Kamenitz avait ‘tenté de se suicider en 2006', et qu'un avis médical serait nécessaire pour un autre essai d'entrer aux États-Unis. »

On a demandé à Mme Kamenitz de soumettre ses dossiers médicaux aux États-Unis et d'obtenir un avis médical d'un médecin choisi par la Sécurité intérieure, qui lui a facturé 250 $ pour le service, le tout pour pouvoir prendre un vol quatre jours plus tard. Dans les formulaires que la Sécurité intérieure a exigé que Mme Kamenitz remplisse, il y avait des questions à savoir si elle avait une histoire d'abus de drogue, et si elle souffrait de maladies, comme le SIDA ou la tuberculose.

« Ce sont des dossiers médicaux et privés que je ne remettrai pas à un gouvernement étranger », a-t-elle dit.

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Énergie

Non à l'oléoduc Keystone!
Oui à l'édification nationale!


Il y a eu des protestations devant la Maison blanche à Washington du 20 août au 3 septembre contre le projet Keystone. Les manifestants ont demandé au président Obama de rejeter le projet parce qu'il causera de graves torts à l'environnement. Durant les protestations de deux semaines, 1252 personnes ont été arrêtées, dont plusieurs climatologues bien en vue, des propriétaires fonciers du Texas et du Nebraska, des chefs des Premières Nations du Canada et plusieurs personnalités connues, comme l'ex-représentant de la Maison blanche Gus Speth et des chercheurs de la NASA. Les protestations se poursuivent.

Le ministre des Ressources naturelles du Canada, Joe Oliver, s'est récemment rendu à Washington pour exercer des pressions pour faire approuver l'oléoduc Keystone XL. Il a rencontré le secrétaire de l'Énergie des États-Unis, Steven Chu, des représentants du Congrès, de hauts fonctionnaires et des chefs de monopoles étasuniens. Au même moment, alors que l'approbation du projet devenait imminente suite à la publication du Rapport d'évaluation de l'environnement du département d'État qui donnait son acquiescement au projet d'oléoduc, des manifestations se déroulaient à tous les jours devant la Maison Blanche contre la construction de celui-ci.

Le Keystone XL est basé sur l'expansion d'un oléoduc existant, laquelle expansion permettrait d'expédier sur une base quotidienne 1,29 million de barils de bitume contenant du diluant jusqu'aux côtes étasuniennes du golfe du Mexique. Là, de vieilles raffineries ont été modernisées aux frais du public pour améliorer et raffiner le bitume. Tous les emplois liés à l'amélioration et au raffinage ainsi qu'aux industries pétrochimiques connexes partiraient en même temps que le bitume. L'oléoduc est une entreprise commerciale de TransCanada et de ConocoPhillips, le deuxième plus grand raffineur et le troisième plus grand monopole d'énergie totale aux États-Unis.

Oliver a déclaré que l'oléoduc apporterait plus de 20 milliards $ à l'économie des États-Unis en dépenses liées aux nouvelles constructions et qu'il créerait 20 000 emplois bien rémunérés dans les industries manufacturières et de la construction aux États-Unis. Il a tout simplement rejeté du revers de la main toutes inquiétudes vis-à-vis les conséquences néfastes pour l'environnement en puisant allègrement à même l'évaluation du département d'État.

Ce spectacle grotesque d'un ministre du gouvernement Harper qui se rend à Washington pour convaincre les États-Unis des avantages de l'oléoduc Keystone pour ce pays dépasse tout entendement. Ce qui est encore plus scandaleux est que le gouvernement Harper prétend défendre le Canada lorsqu'il se rend aux États-Unis pour dire à Obama que les États-Unis ne peuvent se passer du pétrole canadien. Il est difficile de concevoir comment il est dans l'intérêt du Canada d'extraire et d'expédier du bitume brut tout en expédiant les emplois en amélioration, en raffinage et dans l'industrie pétrochimique. Évidemment, la question de savoir si le développement effréné des sables bitumineux est dans l'intérêt national du Canada n'est même pas soulevée.

Le développement des sables bitumineux à une vitesse vertigineuse est depuis longtemps une composante clé de la politique énergétique continentale sous le diktat des monopoles privés. Cette politique est d'abord basée sur les intérêts étroits des monopoles qui profitent du contrôle privé des ressources énergétiques renouvelables et non renouvelables du Canada. Elle est aussi partie intégrante de la « sécurité énergétique » des États-Unis. Assurer l'accès aux ressources énergétiques au moyen d'interventions militaires ou de menaces d'interventions est la base même de cette « sécurité énergétique » des États-Unis, comme l'illustre bien l'assaut contre la Libye. Une autre composante de la « sécurité énergétique » serait de réduire ou d'éliminer la dépendance des États-Unis envers le pétrole en provenance du Moyen-Orient ou du Venezuela, ceux-ci étant fournisseurs de pétrole et propriétaires de raffineries dans le golfe. Le Partenariat pour la sécurité et la prospérité avait mis sur pied un groupe d'experts en matière de sables bitumineux. Une réunion à Houston en 2006 et une réunion secrète à Banff en 2007, avec la participation de gros bonnets militaires, de PDG des monopoles du pétrole et du gaz et de porte-parole gouvernementaux du Canada et des États-Unis, ont confirmé l'objectif d'une production quotidienne de 5 millions de barils à partir des sables bitumineux.

Lorsqu'Obama a été élu, il a continué de prêcher la nécessité pour les États-Unis de réduire sa dépendance envers le « pétrole étranger », une condition dite essentielle aux tentatives des États-Unis de maintenir leur domination et leur diktat sur le monde entier. Obama a demandé récemment qu'on réduise de 25 % les importations de pétrole vers les États-Unis. « Et lorsqu'il s'agit d'importer du pétrole d'autres pays, a-t-il dit, nous pouvons former un partenariat avec nos voisins du Canada, du Mexique et du Brésil, qui ont récemment découvert de nouvelles et importantes réserves de pétrole, et avec qui nous pouvons partager la technologie et le savoir-faire américains. »

La place de l'oléoduc Keystone dans ces arrangements dépend à toutes fins pratiques d'un ensemble impressionnant d'intérêts monopolistes, surtout à la lumière de la crise économique prolongée menant à une réduction de la demande pour le pétrole aux États-Unis. Au coeur de ces intérêts qui sont en concurrence se trouvent l'industrie nucléaire qu'Obama a subventionnée massivement à même les fonds publics, ainsi que les intérêts – anciens et nouveaux, et eux-mêmes en concurrence – du pétrole, y compris les nouveaux champs de pétrole importants au Mexique sous le contrôle d'Exxon-Mobil et le forage pétrolier élargi dans le golfe. En même temps, les considérations de l'empire exigent que les États-Unis continuent de contrôler fermement les sables bitumineux canadiens ainsi que la destination du pétrole qui en est extrait.

À la lumière de l'échec lamentable de cette politique énergétique continentale à répondre aux besoins des Canadiens, de l'opposition au processus d'extraction, de la destruction de l'environnement et de l'incertitude résultant de la concurrence entre cartels énergétiques, Harper a envoyé son ministre à Washington.

Comment cela défend-il les Canadiens ? Cet oléoduc ne respecte même pas le critère minimum voulant que nos ressources soient exploitées à l'avantage du peuple canadien, y compris avec la création d'emplois sûrs et stables. Des mines massives de sables bitumineux sont l'occasion d'une période d'essor lorsqu'elles sont en construction, mais elles offrent peu d'emplois permanents. Les travailleurs des sables bitumineux et les nations autochtones dans les communautés environnantes sont particulièrement affectés par le mépris des monopoles pour l'environnement social et naturel. Lorsqu'ils font l'objet de pressions publiques intenses, les monopoles du pétrole ont démontré qu'ils sont en mesure d'avoir recours à des pratiques moins destructives. Mais plutôt que de prendre en mains leurs responsabilités sociales, les gouvernements ont adopté le rôle de vendeurs et de promoteurs de campagnes de relations publiques afin de présenter le développement des sables bitumineux sous un jour acceptable tout en refusant totalement de prendre les mesures nécessaires pour défendre l'environnement social et naturel ainsi que les droits des travailleurs et des Premières Nations.

Le Canada n'est pas en manque de scientifiques et d'environnementalistes aptes et bien informés qui sont parfaitement en mesure de trouver des solutions au développement des ressources énergétiques de façon socialement responsable. Mais le facteur humain/conscience sociale est bloqué par les vieux arrangements.

Entre-temps, les intérêts qui se font concurrence cherchent à manipuler les préoccupations du peuple. Des millions de dollars sont attribués à des associations dites « environnementales » par des fondations mises sur pied par les intérêts du pétrole et autres intérêts monopolistes pour atteindre leurs objectifs. Par exemple, un grand nombre de personnes s'inquiètent des impacts environnementaux de l'oléoduc Keystone et d'autres oléoducs, à la lumière du nombre grandissant de marées noires provenant d'oléoducs existants. Pourquoi ne discute-t-on pas du fait qu'une alternative proposée aux oléoducs est d'accroître le forage en mer dans le golfe alors que les dangers d'une telle initiative sont connus de tous ? Pourquoi pas une discussion sur le fait que dans presque tous les cas de désastres comme la fuite du Deepwater Horizon en 2010 qui a déversé du pétrole dans le golfe pendant 87 jours, les travailleurs savaient qu'il existait un problème, mais n'avaient pas l'autorité d'agir, tandis que les représentants des propriétaires de capital, eux, avaient l'autorité, mais ont agi avec imprudence tandis que leur contrôle soutenu de la situation s'est avéré un danger pour les travailleurs, la Terre Mère et la société ?

Pour le Canada, l'alternative à l'oléoduc Keystone est le développement et la consolidation de son propre projet d'édification nationale et le fait de placer ses ressources énergétiques sous contrôle public. Le commerce du gros du pétrole et du gaz et de leurs produits dérivés doit être placé sous contrôle public ainsi que les ressources naturelles elles-mêmes, qui sont publiques de nom seulement tout en étant confiées aux monopoles qui exercent le véritable contrôle.

Le Canada devrait devenir auto-suffisant en pétrole, mettre fin à sa dépendance envers les produits de pétrole fabriqués aux États-Unis et assurer que l'amélioration, le raffinage et la manufacture des produits pétrochimiques se fassent au Canada.

Il existe beaucoup d'autres décisions que le Canada pourrait prendre pour contribuer à l'édification nationale. Il pourrait fixer ses propres prix internes, éliminant ainsi les conséquences néfastes de la flambée des prix du pétrole et de l'essence et de leur fluctuation constante ainsi que leurs conséquences négatives pour les travailleurs et les populations. De telles mesures de la part des États-Unis et du Canada auraient des avantages pour les peuples des deux pays. De nouveaux arrangements visant à affirmer le contrôle public en opposition au droit de monopole doivent être l'oeuvre du peuple lui-même, façon consciente et organisée.

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Bulletin du 19 septembre 2011 • Retour à l'index • Écrivez à: redaction@cpcml.ca