Opposition du mouvement ouvrier à l'abus de pouvoir
des monopoles et de leurs gouvernements

Les travailleurs des postes luttent pour leurs droits

Non à la loi de retour au travail!
Exigeons des gouvernements qu'ils défendent
le droit public, pas le droit de monopole!


 
MONTRÉAL

Disons Non à la loi spéciale de retour au travail!
  
Venez appuyer les travailleurs des postes présentement en lock-out!
  
 
Lundi 20 juin - de 16 h 30 à 18 h
555, rue Mc Arthur (Saint-Laurent)
Autobus #100 ouest à partir du métro Crémazie
Autobus #120 à partir du métro Côte-Vertu, descendez à Cavendish
Autobus # 76 à partir du métro Du Collège – va directement à Léo-Blanchette

Le 15 juin, le gouvernement Harper a déposé un avis de loi de retour au travail pour criminaliser la lutte des travailleurs et travailleuses des postes à la défense de leurs droits. La ministre du Travail Lisa Raitt a annoncé son intention de déposer un projet à cet effet lundi prochain, en même temps qu'elle annonçait une loi de retour au travail contre les travailleurs d'Air Canada.

Comme dans le cas de la grève chez Air Canada, la ministre a cité des dommages à l'économie comme raison justifiant son projet de loi. Elle a dit que la grève « affecte l'économie et elle a un effet sur des Canadiens qui ne sont pas parti à ce conflit ».

LML s'oppose à cette décision du gouvernement Harper avec tout le mépris qu'elle mérite. C'est Postes Canada qui cause du tort à l'économie en refusant de répondre aux revendications des travailleurs et avec son plan de destruction du service public sous prétexte de « modernisation ». Même pour ce qui est de la grève comme telle, c'est Postes Canada qui a mis les travailleurs en lockout et interrompu le service de livraison tandis que les travailleurs avaient maintenu les services durant leur grève tournante.


Ottawa le 16 juin 2011

Mais le plus répréhensible dans cette affaire est que le gouvernement cherche des raisons pour justifier la négation des droits. Les droits appartiennent à chacun du fait de son existence. Les travailleurs des postes ont droit à des conditions de travail qui correspondent aux services qu'ils procurent et ont le droit de prendre les mesures nécessaires pour défendre ce droit. Ces droits ne se donnent pas, ne s'enlèvent pas et ne se renoncent pas. Le devoir du gouvernement n'est pas de les accorder ou de les enlever, c'est de garantir leur exercice en pratique.

Il faut en finir avec l'illusion que l'État ou les gouvernements sont neutres et ne doivent pas intervenir. Ce qu'il faut, c'est exiger qu'ils n'interviennent pas pour défendre le droit de monopole et fouler au pied le droit public.

Le président du Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP), Denis Lemelin, dénonce dans un communiqué de presse ce geste qu'il considère comme inutile, injuste et contre-productif.

« Cette décision est inutile, injuste et contre-productive, écrit-il. Elle ne fait qu'appuyer les attaques de Deepak Chopra et du reste de la direction de Postes Canada contre nos droits, nos avantages sociaux et nos conditions de travail. Elle s'inscrit aussi dans le cadre de la vaste offensive menée par les gouvernements de droite et le milieu des affaires contre les droits des travailleurs et travailleuses partout dans le monde. »

« Le STTP n'abandonnera jamais la lutte pour des conditions de travail décentes, la sécurité financière et la justice pour nous et pour les générations à venir de travailleurs et travailleuses des postes, poursuit-il. Toute tentative visant à nous priver de nos droits contractuels durement acquis se heurtera à une opposition farouche et soutenue. Les travailleuses et travailleurs des postes n'abandonneront jamais la lutte pour la justice pour nous et pour l'ensemble de la classe ouvrière. »

Le STTP organise des actions de protestation contre la loi de retour au travail partout au pays. Cela comprend des rassemblements devant les centres de Postes Canada, des lignes de piquetage devant les bureaux de députés conservateurs et la distribution de tracts à la population.

LML appelle les gens partout au pays à s'opposer à la loi de retour au travail contre les travailleurs des postes. Joignez-vous aux rassemblements et lignes de piquetage du STTP et faites connaître votre appui aux travailleurs et votre opposition aux agissements du gouvernement et de la société d'État. Non à la loi de retour au travail !


Mauricie, Québec; Cornwall, Ontario, le 13 juin


Montréal le 6 juin


Corner Brook, Terre-Neuve, le 13 juin


Breton (Glace Bay); Fredericton, Nouveau-Brunsiwck, le 13 juin


Toronto le 15 juin 2011


Kitchener, Ontario, le 15 juin 2011



Brantford; Niagara Falls, Ontario, le 13 juin


Thompson, Manitoba; Royal City, Colombie-Britannique, le 16 juin 2011


Vancouver, Colombie-Britannique, le 15 juin 2011

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Joignons-nous aux travailleurs des postes sur les lignes de piquetage! Un pour tous et tous pour un!

Postes Canada a maintenant décrété un lockout contre les membres du Syndicat des travailleurs et travailleuses des Postes (STTP) et le gouvernement Harper a annoncé son intention d'adopter une loi les forçant à retourner au travail dès lundi. Dans son communiqué du 15 juin, la société d'État essaie de blâmer les travailleurs pour l'interruption du service et la perturbation de l'activité économique dont elle est elle-même responsable.

« Les actions du syndicat compromettent la viabilité de Postes Canada », lit-on à la toute première ligne du communiqué.

La société essaie de justifier son action en insinuant que la grève rotative menace la sécurité publique, en plus de faire du tort à l'économie. Semble-t-il que sa décision de décréter un lockout et d'arrêter toute activité serait une façon de protéger l'économie et de défendre la sécurité publique ! Et cela de la part des représentants d'une entreprise qui a connu une croissance démesurée des accidents de travail ces dernières années à cause de l'augmentation des cadences et de la détérioration des conditions de travail.

Voici ce que Postes Canada avait à dire :

« Après 12 jours de grèves tournantes de plus en plus coûteuses et nuisibles organisées par le Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP), Postes Canada a suspendu ses opérations partout au pays. Mises ensemble, l'accélération du déclin des volumes de courrier et l'impossibilité de livrer le courrier à temps et de façon sécuritaire ne laissent d'autre choix à Postes Canada que de prendre cette décision.

« Plus précisément, nous avons pris cette mesure pour les raisons suivantes :

« Les grèves tournantes ont eu un impact considérable sur les revenus à court terme de notre entreprise. Les pertes estimées de Postes Canada s'élèvent à près de 100 millions de $ après les grèves d'aujourd'hui à Montréal et à Toronto, et ce chiffre augmente tous les jours.

« Au cours des derniers jours, plusieurs incidents ont soulevé des inquiétudes quant à notre capacité à faire circuler le courrier tout en préservant la sécurité de nos employés et de nos clients.

« Un écart important sépare toujours Postes Canada et le STTP sur plusieurs questions fondamentales et aucun progrès n'a été réalisé à la table des négociations depuis plusieurs semaines.

« Si nous laissons durer l'incertitude causée par les grèves tournantes, notre capacité à demeurer autonomes sur le plan financier et à ne pas devenir un fardeau pour les contribuables sera compromise. »

La dernière partie du communiqué est particulièrement révélatrice en ce qui concerne les intentions de Postes Canada et les méthodes qu'elle emploie pour les réaliser. Notez le ton mafieux :

« Nous croyons qu'un lockout est le meilleur moyen de résoudre rapidement cette impasse et de forcer le syndicat à examiner sérieusement les propositions qui traitent de la baisse des volumes de courrier et du déficit de 3,2 milliards $ du régime de retraite. »

LML lance l'appel à tous à appuyer les travailleurs et travailleuses des postes. Il y a des lignes de piquetage à toutes les stations de Postes Canada partout au pays. Joignez-vous aux travailleurs en lockout sur les lignes de piquetage en revenant du travail, sur l'heure du dîner, sur le quart de nuit, etc. N'oubliez pas de vous présenter au chef du piquetage de l'endroit quand vous arrivez.

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Pourquoi nous faisons la grève

La dernière grève du Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP) remonte à 1997. Il y a 14 ans, nous sommes descendus dans la rue et avons mis en jeu nos emplois, nos foyers et l'avenir de nos familles. Aujourd'hui, nous le faisons de nouveau, non seulement pour les gens avec qui nous travaillons, mais aussi pour ceux qui travailleront un jour à Postes Canada.

Nous sommes fiers d'être une organisation de travailleurs qui fait des pieds et des mains pour améliorer les conditions de travail de ses membres. Par conséquent, nous ne nous excusons pas de refuser les concessions déraisonnables qu'exige de nous une société rentable. Au cours des 15 dernières années, Postes Canada a réalisé des profits de 1,7 milliard de dollars, et elle maintient un tarif postal parmi les plus bas des pays industrialisés. De plus, ces 15 dernières années, Postes Canada a versé au gouvernement fédéral 1,2 milliard en dividendes et en impôts. Certains croient, à tort, que leurs impôts servent à payer nos salaires. En réalité, les travailleurs des postes ne coûtent rien au Trésor public. En maintenant la rentabilité de Postes Canada, notre travail permet plutôt de ménager les fonds publics.

Tout au long de la présente ronde de négociation, nous avons tenté de régler les problèmes auxquels nos membres se butent tous les jours. Ces problèmes touchent les effectifs, la mesure des itinéraires, les heures supplémentaires obligatoires, les méthodes de livraison, la santé et la sécurité.

Nous avons proposé à Postes Canada des solutions aux défis qu'elle doit relever, mais cette dernière ne s'intéresse qu'aux concessions qu'elle exige de notre part. Les négociations sont censées être un processus au cours duquel chacune des parties met de l'eau dans son vin. Nous voulons négocier, mais lorsque l'employeur ne fait qu'exiger des concessions plutôt que de discuter avec nous, nous n'avons alors pas d'autre choix que celui d'exercer notre droit légal de grève dans l'espoir que la grève et les piquets de grève devant les lieux de travail feront pression sur Postes Canada pour l'obliger à négocier.

Déclencher une grève est une affaire sérieuse. Ce n'est pas une décision qui se prend à la légère et nous l'éviterions à tout prix si Postes Canada ne se montrait pas aussi déterminée à réduire de façon draconienne les coûts de main-d'oeuvre. Nous avons dit à Postes Canada qu'il existait d'autres solutions que celles qui consistent à priver tous les travailleurs de leur régime de congés de maladie et à réduire le salaire des futurs employés. Plutôt que de s'en prendre aux travailleurs, d'autres administrations postales ont su relever les défis que pose la diminution des volumes de courrier. Par exemple, elles se servent de leur réseau pour offrir différents services, dont des services bancaires. En 2008, dans 44 pays, l'administration postale offrait des services bancaires générant plus de 20 % de ses recettes totales. De 1867 à 1969, le Canada comptait une banque postale, laquelle offrait alors une solution de rechange fiable aux grandes banques commerciales. Dans la foulée de la crise financière, la pertinence d'une telle solution de rechange n'aura jamais été aussi grande.

Grâce à des idées novatrices comme celle-là, Postes Canada pourrait continuer d'être une entreprise rentable et efficace qui respecte son obligation d'assurer un service universel et qui répond aux besoins de la population. Elle n'a pas à opter pour la facilité en serrant la visse à ses employés au lieu d'améliorer ses services. Malheureusement, plutôt que de travailler avec nous pour trouver des solutions, elle choisit de tirer parti de la récession et d'exiger des travailleurs qu'ils fassent les frais de ses prévisions quant à la baisse des volumes de courrier. Postes Canada achète peut-être pour des milliards de dollars de nouvelles technologies, mais ses pratiques en matière de relations de travail remontent à l'ère du disco.

Les propositions de Postes Canada quant aux salaires et aux avantages sociaux font reculer ces derniers à ce qu'ils étaient au XXe siècle, et ce, bien que le coût de la vie ne cesse d'augmenter et qu'il soit de plus en plus difficile pour le salarié moyen (dont font partie les travailleurs des postes) de joindre les deux bouts. Il n'est pas possible de « moderniser » une entreprise en appliquant les normes de travail que Postes Canada veut mettre en place. Il n'est pas non plus possible de subvenir aux besoins d'une famille avec un salaire amputé de 22 %. C'est toutefois ce à quoi Postes Canada s'attend de la part des futurs employés. Le fait que la société d'État tienne autant à ce recul, ainsi qu'à d'autres, nous oblige à déclencher la grève.

Nous savons qu'une grève des postes complique la vie de la population, bien que nos actions ne soient pas dirigées contre elle. En tant que travailleurs des postes, nous avons à coeur de bien faire notre travail. Il n'est pas facile de devoir envisager de composer avec des gens en colère, y compris des clients que nous connaissons et servons depuis des années. Cependant, nous savons aussi que bien des gens nous soutiennent, car ils comprennent que, parfois, les travailleurs doivent faire la grève pour défendre un principe important comme celui d'avoir un bon emploi.

Nous avons la certitude que bien des gens comprendront qu'il est devenu nécessaire de faire la grève afin d'obtenir de Postes Canada qu'elle négocie sérieusement. Nous espérons surtout que les jeunes travailleurs, dont nous défendons les salaires et les avantages sociaux, reprendront le flambeau et s'opposeront avec le même acharnement que le nôtre aux reculs que Postes Canada pourrait vouloir leur imposer un jour.

(Publié dans La Presse)

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Non aux attaques contre les travailleurs forestiers

AbitibiBowater n'arrêtera pas d'en demander
tant que le gouvernement n'assumera pas
sa responsabilité sociale de défendre
le peuple et la nation

Deux jours après que le gouvernement libéral du Québec ait donné le projet de loi 11 à AbitibiBowater, qui représente une attaque en règle contre les droits de retraite des travailleurs forestiers, le monopole est revenu à la charge et a demandé d'autres concessions du gouvernement.

Lors d'une assemblée des actionnaires, le président-directeur général d'AbitibiBowater, Richard Garneau, aurait déclaré que le monopole allait diminuer ses investissements au Québec parce que le coût des droits imposés sur la fibre de bois des forêts publiques est « trop élevé ». Il a dit que si le gouvernement ne diminue pas rapidement les réclamations publiques pour l'exploitation de la fibre de bois, AbitibiBowater diminuera encore la production et l'investissement.

Le ministre responsable pour la région du Saguenay, Serge Simard, a qualifié de chantage les propos de M. Garneau. Il a expliqué au Quotidien que la papetière n'avait pas respecté ses obligations d'investissements en vertu de la loi 8, qui lui accorde des droits hydroélectriques. AbitibiBowater refuse de se faire imposer un cadre légal pour le renouvellement des baux hydrauliques de la rivière Shipshaw, qui l'obligerait à investir des centaines de millions de dollars au Saguenay-Lac-Saint-Jean d'ici 2022.

Le ministre Simard a rappelé les sacrifices et concessions que les travailleurs forestiers et leurs communautés ont consentis à AbitibiBowater pour garder la papetière au Québec. Il a dit que la balle est maintenant dans le camp de l'entreprise et que c'est à elle d'investir pour moderniser ses installations.

À vrai dire, le ministre est pris dans une contradiction que son gouvernement pourrait surmonter par l'action mais il préfère se plaindre et user de gros mots comme « chantage ». Ce ne sont que des paroles en l'air pour un gouvernement qui refuse coup sur coup d'assumer sa responsabilité sociale de défendre le droit public contre le droit de monopole d'AbitibiBowater et d'autres.

LML aimerait que le ministre Simard explique comment une entreprise peut faire « chanter » un gouvernement. Le gouvernement du Québec représente l'intérêt public du peuple québécois et a la responsabilité sociale de défendre activement la nation, son peuple, ses ressources naturelles et ses avoirs productifs. AbitibiBowater s'est servi de sa position dominante pour créer une fausse faillite pour réduire la réclamation des travailleurs à la valeur qu'ils produisent, détruire les usines, voler les caisses de retraite et les anciennes actions et tourner le dos à ses obligations de dette.

Le gouvernement a lui-même facilité cette attaque contre les droits du Québec, comme celle contre les droits de retraite des travailleurs forestiers avec le projet de loi 11. Le projet de loi 11 a été dicté par le monopole à l'issue de sa fausse faillite et de sa restructuration antisociale et antiouvrière. Quand le monopole continue ses actions anti-peuple, ce n'est pas du « chantage », M. Simard, c'est le droit de monopole qui supplante le droit public avec la complicité du gouvernement québécois.

La fibre de bois et l'eau appartiennent au peuple québécois. Le gouvernement a l'obligation sociale de protéger ces avoirs publics contre le droit de monopole. Un gouvernement qui se plaint de « chantage » est un gouvernement qui refuse d'agir pour restreindre le droit de monopole d'AbitibiBowater et d'autres exploiteurs comme lui. Si le monopole refuse d'accommoder les droits du Québec, alors il abdique son droit de faire affaire au Québec et doit remettre tous les avoirs à leur propriétaire de droit, le peuple québécois. Le ministre admet que la compagnie refuse de se servir de ses revenus pour investir au Québec conformément aux arrangements de Shipshaw. En soi c'est une raison de ne plus lui permettre d'opérer dans la région et de l'obliger à remettre les avoirs qu'il a accaparés par la force. La même chose vaut pour les autres monopoles qui tournent le dos à leurs obligations sociales.

Les travailleurs forestiers du Québec n'ont pas besoin d'AbitibiBowater et de gens comme Richard Garneau. Ils sont parfaitement capables de produire et de mettre en marché des produits forestiers de première qualité que les gens seraient très heureux d'acheter partout au Canada et dans le monde. La soumission au droit de monopole mène à une situation toujours pire. Il est temps de dire Non ! aux Richard Garneau de ce monde, de nous prévaloir des ressources qui nous appartiennent de droit et de mobiliser l'expertise et la force individuelle et collective de la classe ouvrière pour produire et rebâtir le secteur forestier en défendant le droit public et l'intérêt général de la société.

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Les travailleurs de Tembec au Témiscamingue demandent des investissements pour la modernisation du moulin

Nous sommes environ 680 travailleurs syndiqués au complexe de Tembec à Témiscamingue. Si on ajoute les contremaîtres, cela fait en tout à peu près 900 personnes. Notre village a environ 3500 habitants. Tembec est de loin le plus gros employeur du village. Nous produisons une variété de pâtes, comme la pâte de cellulose à usages spéciaux qui est maintenant utilisée dans plusieurs secteurs de l'économie dont le textile. Nous produisons aussi du carton couché. Ces deux types de production rapportent beaucoup ces temps-ci.

Notre plus gros problème c'est le vieux moulin qui date de près de 100 ans. Il date du temps de la CIP et il a des bouilloires qui ont encore l'étampe 1911. Tembec se doit de faire des investissements majeurs. Nous avons besoin de nouvelles bouilloires et de nouveaux lessiveurs (Les lessiveurs ramollissent les copeaux avant qu'ils soient tournés en pâte – Note du LML). Le vieux moulin emploie encore plus de 450 travailleurs dont 350 dans la production. Nous n'avons pas les moyens de le perdre.

En 2006 nous avons fait des concessions dans notre convention collective. L'an passé nous avons fait encore un peu de concessions – notamment sur les vacances et la semaine de travail qui est passée de 40 à 42 heures, mais nous avons aussi obtenu des améliorations par exemple sur les avantages marginaux. En 2010, nous avons accepté de faire des concessions à condition que Tembec fasse des investissements à la hauteur de 300-400 millions $ d'ici 2015 pour moderniser le vieux moulin. Nous avons fait mettre dans la convention que les concessions soient annulées si Tembec n'annonce pas d'investissements majeurs d'ici juillet 2012. Il faut comprendre que Témiscamingue est totalement mono-industrielle. Si Tembec ferme nous perdons nos emplois et nos maisons. Selon nous, il y a environ 1700 emplois en tout qui dépendent du complexe. C'est pour cela que nous avons accepté les concessions. Nous avons voulu sécuriser nos emplois et l'avenir du village et de la région. La convention a été signée en juillet 2010 mais près d'un an plus tard il n'y a toujours pas eu d'annonce d'investissements majeurs. Tembec à l'époque nous avait dit qu'il avait besoin d'une signature rapide de la convention afin de garantir les investissements mais rien n'a encore été annoncé. Tembec est né ici-même à Témiscamingue au début des années 70. Il a commencé comme une entreprise relativement petite dans laquelle les gens de la région et de l'usine ont mis beaucoup de leur argent. Au fil des années, au lieu d'investir pour moderniser les installations, Tembec a acheté d'autres usines au Québec et au Canada de même qu'en France et aux États-Unis. Il a voulu devenir gros très rapidement. À un moment donné, il possédait plus de 50 usines mais il en a fermé plusieurs et en ce moment je crois qu'il en a seulement une dizaine qui sont toujours en opération. Tembec a voulu devenir gros pour ne pas être avalé par les autres mais il s'est tiré dans le pied.

Pour nous depuis plusieurs années c'est l'insécurité totale. Nous voulons sécuriser le moulin pour au moins les 30 prochaines années. Plusieurs de nos travailleurs ont très peu d'instruction. Plusieurs n'ont pas fini leur secondaire. Ils ont quitté l'école pour aller travailler au moulin et ils ont fait de la pâte toute leur vie. Qui va les engager s'ils perdent leur emploi ? Walmart ?

Nous voulons sécuriser le moulin et les emplois qu'il représente et récupérer peu à peu certaines des choses que nous avons laissé aller en faisant des concessions.

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Jean Charest et son plan d'annexion et d'empire appelé «Plan Nord»

Questions et réflexions

Avec le lancement « officiel », ou faut-il dire le « relancement » du Plan Nord le 9 mai, et les annonces et dépêches qui se succèdent depuis, on a la nette impression que l'affaire est soudainement devenue urgente pour le gouvernement Charest. À quoi cela tient-il ?

Pour l'industrie minière, c'est l'actuel prix de vente élevé des matières premières comme l'or, le cuivre, le nickel et le fer qui commande la mise en oeuvre de projets miniers anciens et nouveaux. La question qui se pose est la suivante : quelle portion du prix actuel des matières premières que sont les métaux est attribuable à la spéculation sur les marchés boursiers ? À titre d'exemple, plusieurs compagnies minières opèrent avec des coûts de production inférieurs à 400 $ US l'once d'or, alors que le prix sur le marché est presque à 1500 $ US l'once. Si par spéculation ou crise économique, le prix de l'or et des autres métaux se met à baisser, pire encore à s'effondrer, c'est le contexte favorable justifiant les énormes investissements de 80 milliards $ sur 25 ans au Plan Nord qui disparaît.

Dans un article récent, nous rapportions que des analystes du milieu financier disaient du Plan Nord que sa réalisation « dépend grandement du prix élevé des matières premières » et que cela était sa principale faiblesse.

Autre sujet de questionnement : la période de 25 ans sur laquelle le gouvernement veut étendre le projet. C'est très long 25 ans quand on tient compte de la rapidité avec laquelle surviennent les changements politiques et économiques non seulement au Canada mais aussi dans le monde.

Que le gouvernement Charest désire profiter d'un contexte politique trouble au Québec et d'une période à la hausse du prix des matières premières que sont les métaux pour lancer le Plan Nord est une chose. Mais est-ce dans l'intérêt du peuple québécois et des Premières Nations du Québec et du Labrador ? À en juger par les commentaires des organisations et associations autres que celles des milieux miniers et patronaux, la réponse est NON.

Il y a beaucoup de questions qui se posent quand on envisage le développement du secteur minier du point de vue des intérêts du Québec. La production supplémentaire d'hydroélectricité par Hydro-Québec est-elle nécessaire au développement de la nation québécoise ? Les projets miniers développés par des entreprises étrangères vont-ils profiter à la nation québécoise autrement que par les redevances ? Quel sera le niveau des redevances pour le Québec sur l'exploitation des ressources minières ? Ces redevances tiendront-elles compte des dépenses extraordinaires consenties par l'État québécois pour faciliter les projets des minières privées ? Est-ce que l'environnement naturel et social sera protégé ? Quels seront les impacts et les retombées pour les Premières Nations ? Quel contrôle aurons-nous sur l'utilisation de nos ressources naturelles une fois ces géants mondiaux bien installés ?

Au-delà des pièces, des morceaux du Plan, de quel processus fait-il partie ? Quel est ce processus que l'on est en train d'implanter au Québec et au Canada ? Est-ce un aspect de l'annexion économique et politique du Québec et du Canada aux États-Unis ? Le Plan Nord a-t-il une vocation militaire, en lien avec le projet du Grand Nord de Harper ?

Le Québec est à revoir la Loi sur les mines et celle sur l'environnement. Pour le moment, tout ce que le gouvernement Charest peut offrir, ce sont des promesses et demander qu'on lui fasse confiance. L'expérience récente des Québécois sur la question des gaz de schiste et la poursuite de l'offensive antisociale du gouvernement Charest est claire : la réponse est non !

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Qu'est-ce qui se cache derrière le Plan Nord du gouvernement Charest?


Nathalie Normandeau, ministre des Ressources naturelles et de la Faune et ministre responsable du Plan Nord, a insisté récemment pour dire que 50 % du territoire du Plan Nord aurait un statut spécial. Ce 50 % sera protégé dans le sens qu'aucune activité minière et forestière n'y sera autorisée. La question qui se pose est pourquoi ?

Dans un premier temps on pourrait penser que c'est pour des considérations de protection de l'environnement et pour protéger le mode de vie des autochtones. Mais non ! Cette portion importante du territoire du Plan Nord est exclue de toute activité industrielle et d'exploitation pour des motifs économiques liés à la Bourse du carbone, dont le gouvernement Charest espère tirer d'importants revenus.

On se rappellera qu'au printemps 2008, dans le cadre de la lutte contre les changements climatiques, la Bourse de Montréal a ouvert le Marché climatique de Montréal en présence de Jean Charest. C'est un marché d'échange des droits d'émission de gaz carboniques entre entreprises. En d'autres mots, c'est l'achat du droit de continuer à polluer pour les grandes entreprises. À l'échelle internationale, ce marché est évalué à plus de 100 milliards $.

La zone occupée par la forêt boréale dans le territoire du Plan Nord est la zone qui absorbe le plus les gaz carboniques produits par les industries en Amérique du Nord, mais principalement les gaz carboniques produits par l'industrie pétrolière du Canada et des États-Unis. En créant cette zone, le gouvernement Charest se conforme ainsi aux demandes des ONG américaines, financées par l'industrie pétrolière, pour la protection de la forêt boréale du Québec. Pew Environment Group est une de ces ONG. Elle a fait la promotion au Canada du « Canadian Boreal Forest Agreement », signé le 18 mai 2010. Pew est financée par sept fondations créées entre 1948 et 1979 par les deux fils et deux filles des fondateurs de Sun Oil Company, Joseph N. Pew et son épouse Mary Anderson Pew.

Basées à Philadelphie, Washington DC et à Bruxelles, ces sept fondations disposent de 3,88 milliards $ (juin 2009). Pew et les fondations supportent le « Global Museum on Communism ». Pew s'intéresse à la forêt boréale du Canada pour sa capacité à emmagasiner le gaz carbonique, soit 22 % du carbone de la surface de la terre. Environ 20 % de la forêt boréale du Canada se trouve au Québec.

En protégeant 50 % du territoire du Plan Nord de toute activité industrielle et en reboisant au maximum tout le territoire sur lequel s'étend la forêt boréale à l'extérieur du territoire du Plan Nord, le gouvernement du Québec se donne des crédits de carbone négociables sur un marché boursier à l'étude et en développement.

On est ainsi loin des préoccupations environnementales des Québécois et de la sauvegarde du mode de vie des Premières Nations avec sa nouvelle lubie que le gouvernement promeut dans les nouvelles annonces publicitaires sur le Plan Nord qui envahissent maintenant les journaux et la télévision.

Ce n'est pas évident de trouver tout ce qui se rattache à ce foutu Plan Nord. En examinant de plus près la nouvelle Loi des forêts du Québec, il y a ce rapprochement entre le Pew, la forêt boréale et le Plan Nord. Il y a aussi d'autres liens à faire avec et entre les acteurs du Plan Nord, la question de l'eau potable et d'autres choses encore. Le peuple du Québec a tout intérêt à discuter du Plan Nord et à comprendre ses objectifs. Plus on l'examine, plus on y voit les implications pour le pillage des ressources naturelles du Québec et la nécessité de s'y opposer.

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Le peuple contre US Steel

Les métallos renouvellent leur engagement
à exiger des comptes de US Steel


Les métallos et leurs supporters ont occupé le pont levant de Hamilton du 8 au 10 juin pour arrêter le vol
du coke de Stelco par le monopole US Steel. Ils ont quitté le 10 juin suite à une injonction des tribunaux.

Le 16 juin le procureur général du Canada a reçu une injonction de la Cour supérieure de l'Ontario interdisant aux membres de la section 1005 du Syndicat des Métallos de nuire aux opérations du pont levant à l'entrée du port de Hamilton.

Cette injonction est permanente, contrairement à celle de la semaine dernière qui est maintenant échue. Il y a une semaine, le 9 juin, la Cour supérieure avait approuvé deux injonctions provisoires contre les métallos et le local 1005 a par la suite reçu plusieurs autres avis d'injonction, dont un du procureur général du Canada.

Les métallos ont dénoncé les injonctions et continuent de se défendre, eux et la ville de Hamilton. Ils font remarquer la vitesse avec laquelle le ministre de la « Justice » intervient pour défendre les intérêts d'affaires, mais quand il s'agit des poursuites contre US Steel pour avoir manqué à ses engagements aux termes de la Loi sur Investissement Canada, les audiences n'ont même pas encore commencé et cela fait deux ans que la compagnie a annoncé qu'elle ne respecterait pas ses engagements concernant le maintien des niveaux d'emplois et de production après avoir fait l'acquisition de Stelco. Les métallos continuent de maintenir que les gouvernements doivent défendre le droit public et défendre les droits des travailleurs, et non prendre la part des monopoles.

Nous reproduisons la déclaration de la section 1005 du Syndicat des Métallos à ce sujet.

Les métallos se défendent et défendent Hamilton
- 13 juin 2001 -

Les métallos et les citoyens de Hamilton sont encore une fois étonnés par la vitesse avec laquelle les injonctions sont décrétées contre les travailleurs dont le seul « crime » est de défendre leurs droits tandis que les compagnies peuvent continuer d'agir impunément.

« Les métallos sont soumis à un faux lockout depuis sept mois, dit Rolf Gerstenberger, président de la section 1005. Avant cela, c'était les fermetures et les mises à pied, la réduction de la main-d'oeuvre par l'attrition et ainsi de suite. Ce sont les intérêts économiques des travailleurs et de la ville de Hamilton qui sont touchés, avec des millions de dollars de pertes en salaires, taxes municipales et services. Des milliers de personnes voient leur vie perturbée par les décisions de US Steel, des milliers d'hommes, femmes, enfants et aînés, forcés de subir l'insécurité économique, psychologique et physique. Le gouvernement intervient-il pour dire à US Steel de cesser ces activités tout de suite ? Non. Recourt-il à des injonctions pour mettre fin aux activités dommageables de US Steel ? Non. Mais aussitôt que les actions des métallos commencent à avoir un effet: vlam. Les 'partenaires économiques' se mettent ensemble et les gouvernements, les avocats et les tribunaux interviennent à la vitesse de l'éclair. »

Rolf dit que faire affaire avec les tribunaux lui rappelle l'expérience que les métallos ont eue durant la fraude de faillite de Stelco [qui s'est terminée par la dévalorisation des actions et l'acquisition par le monopole US Steel].

« À 13 h 30 vendredi après-midi, le 1005 a appris que la demande d'injonction serait entendue par la Cour supérieure à 14 h. Et ce malgré le fait que la veille on avait laissé entendre par une convocation de conférence de presse conjointe qu'on pourrait en arriver à un règlement négocié. Finalement, la cause a été entendue à 14 h 30 parce qu'il fallait attendre les avocats des différents intervenants, dont certains arrivaient de Toronto. Au beau milieu de tout cela, deux autres avocats ont réussi à mettre le nez dans la porte en profitant d'une occasion offerte par la motion de la compagnie portuaire Lower Lakes Towing au nom des navires pris dans le port. Ils étaient de la firme McCarthy Tetrault, qui avait représenté Stelco lors de la fraude de faillite qui a mené à l'acquisition de Stelco par US Steel. Cette fois-ci, ils représentaient Great Lakes Stevedoring Ltd. Ils ont déposé une motion protestant contre le fait que les briseurs de grève embauchés pour charger le coke à l'aciérie sont retenus trop longtemps lorsqu'ils traversent les lignes de piquetage. Alors voilà, une injonction de plus contre les métallos. »

Rolf a expliqué que US Steel, le gouvernement fédéral et le gouvernement de l'Ontario ne vont pas s'en sortir aussi facilement. Les injonctions ne les blanchiront pas des torts qu'ils font à la ville de Hamilton.

« Ce n'est pas nous qui sommes la cause du problème. Nous traîner en cour parce que nous défendons nos droits et nos intérêts et ceux de la communauté ne règlera pas le problème, a dit Rolf. Ils devront quand même répondre de ce qu'ils font. »

Il y a deux ans le gouvernement fédéral a entamé des poursuites contre US Steel pour avoir manqué à ses engagements mais l'affaire traîne toujours parce que le gouvernement laisse US Steel aller continuellement en appel pour retarder les procédures. Mais quand il s'agit de passer des injonctions contre les travailleurs, ça ne prend même pas une journée.

Par ailleurs, US Steel ajoute maintenant l'extorsion à sa liste de méfaits contre les travailleurs et le gouvernement ne fait rien pour l'en empêcher. Où est l'État de droit quand un monopole peut utiliser sa position dominante dans l'économie pour extorquer des concessions aux travailleurs ?

« Imaginez si on avait affaire à un cas de viol, explique Rolf. Vous savez ce que c'est quand la victime est appelée à témoigner. Le violeur dit : 'C'était par consentement.' Le juge demande à la victime : 'Vous êtes sûre que vous avez dit non ?'

« C'est un principe reconnu dans le cas d'un viol que 'Non c'est non'. Mais qu'arrive-t-il quand les monopoles, comme le violeur, se servent de leur position de force pour extorquer des concessions et que les gouvernements les défendent en disant que les intérêts économiques des monopoles sont les intérêts économiques de la communauté ? Les travailleurs se font dire que 'Non n'est pas toujours non' parce qu'ils ne sont pas aussi forts que le monopole. Dans le cas d'un viol, 'Non c'est non' est devenu un principe de défense justement parce que la victime fait face à un adversaire plus fort. Où est le principe de loi qui défend les travailleurs contre le droit de monopole ?

« C'est un retour en arrière. On ne peut pas accepter cela. Comment les gouvernements peuvent-ils déclarer que les monopoles et les entreprises ont des droits illimités alors que les simples mortels comme nous sont des victimes sans droit et rien n'est fait pour nous protéger ? Le gouvernement doit défendre le peuple et non pas les intérêts étroits de US Steel.

« La section 1005 n'a rien contre les autres entreprises et les marins qui veulent sortir du port et vaquer à leurs affaires. Nous aurions pu convenir d'un arrangement. Nous aurions pu nous entendre pour que seulement les navires qui transportent le coke que nous avons produit ne passent pas. Quel État de droit traite les gens attaqués comme étant inférieurs aux monopoles mondiaux qui nous attaquent et qui nous font réellement du tort ? Comment peut-on autoriser l'extorsion comme méthode pour modifier une convention collective ou un contrat et nous enlever ce qui nous appartient de droit ? Pourquoi les métallos, qui sont victimes d'extorsion, sont-ils soumis à ce traitement par les tribunaux plutôt que d'être protégés par les gouvernements ? Pourquoi la ville de Hamilton, qui est victime des dommages économiques causés par un monopole mondial, n'est-elle pas protégée par les gouvernements du Canada et de l'Ontario ? »

Les métallos et les résidents de Hamilton appuient nos efforts pour tenir les gouvernements responsables pour les obliger à défendre le droit public plutôt que le droit de monopole. Les métallos croient que défendre le droit public ne peut pas faire de tort aux intérêts économiques de Hamilton ou aux entreprises portuaires. Pourquoi les gouvernements ne peuvent-ils pas établir des mécanismes de règlement de conflits dans des cas pareils ? Quel est le rôle du gouvernement sinon précisément cela ? Comment pouvez-vous défendre l'État de droit si vous vous rangez du côté de la tyrannie ? Il est plus nécessaire que jamais de sortir des sentiers battus parce que les métallos et les résidents de Hamilton n'acceptent pas cette tyrannie.

(Traduction : LML)



Le 9 juin 2011: Les métallos en compagnie des membres du Syndicat canadien de la fonction publique et de
la Fédération des enseignants de l'élémentaire, qui leur apportent à manger.

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Nouvelles attaques contre les travailleurs de l'automobile

La haute direction de GM force la main aux travailleurs de l'automobile actifs et à la retraite

La haute direction de GM à Oshawa a émis un mémo « interne » pour soutirer de nouvelles concessions aux travailleurs de l'automobile. Elle demande aux retraités d'accepter que la fiducie de soins de santé soit financée aux conditions qui lui conviennent. Les retraités disent que GM ne met pas assez d'argent dans la fiducie pour couvrir leurs avantages sociaux en santé tels que négociés. Le mémo dit que si les retraités refusent de capituler sur cette question et d'accepter l'incertitude que crée le montant proposé par GM, la production entière du modèle Impala va être déménagée à Détroit, mettant en péril des milliers d'emplois à Oshawa.

« Nous trouvons pour le moins irrespectueuse et menaçante leur façon de communiquer avec les travailleurs de l'usine et de laisser entendre que la production ne se fera pas à Oshawa si le problème de la fiducie n'est pas réglé », a dit Chris Buckley, le président de la section 222 des Travailleurs canadiens de l'automobile (TCA).

C'est une tactique de coercition pour arracher des concessions aux travailleurs actifs et à la retraite. Ces cinq dernières années, les dirigeants de GM, en collaboration avec les gouvernements du Canada et de l'Ontario, ont réduit le nombre des travailleurs de GM de 10 000 dans les trois usines d'Oshawa à 4200 dans deux lignes d'assemblage. Si la production de l'Impala cesse, cela fermera une ligne de plus et ne laissera que l'opération flexible qui emploie 2200 travailleurs. L'impact sur la communauté et sur les fournisseurs de pièces de la région sera énorme car il s'ajoutera à la destruction déjà causée au secteur manufacturier de la région.

Cette menace démontre que GM va demander de nouvelles concessions aux travailleurs de l'automobile dans la convention collective de 2012. En plaçant les retraités dans une position où ils ne peuvent pas dire non, les dirigeants de GM mettent encore une fois les travailleurs qui restent dans une situation intenable. Dans la seule année 2009, les dirigeants de GM en collusion avec les gouvernements Harper et McGuinty se sont servis de la crise pour imposer 22 $ de l'heure en concessions aux travailleurs de l'automobile, qui par trois fois d'affilée ont dû rouvrir leur convention avant que les vautours monopolistes se disent satisfaits, du moins pour le moment.

Les gouvernements ont été de la partie en suggérant que la seule façon que les deniers publics pourraient sauver GM c'est que les travailleurs fassent des concessions. Ils s'y reprennent encore une fois avec la même menace de détruire la production automobile à Oshawa si les travailleurs actifs et à la retraite ne font pas de nouvelles concessions.

La fiducie de soins de santé est une concession que le gouvernement a imposée qui permet à GM de se soustraire à plusieurs de ses obligations envers les retraités. Les fiducies financées par les syndicats sont devenues une tactique préférée aux États-Unis pour faire porter aux travailleurs actifs et à la retraite les obligations en pensions et en soins de santé et permettre qu'une quantité infime de valeur ajoutée aille aux pensions et aux besoins en santé des retraités.

Lorsque des monopoles comme GM et US Steel sont autorisés à se soustraire à la pression de financer leurs fonds de pension et leurs plans de santé, ils soulagent en retour les gouvernements de la pression de stopper la détérioration des systèmes publics de santé et de pensions. Lorsque les monopoles ont à financer leurs propres fonds de pension, ils cherchent une alternative. Cela peut sembler contradictoire, mais moins les travailleurs font pression sur leurs monopoles pour qu'ils financent leurs fonds de pension à prestations déterminées et leurs plans de santé, moins les gouvernements sont sous la pression des monopoles de chercher une alternative aux fonds de pension et de santé pour tous.

Les travailleurs de GM ont tout à fait raison d'être outrés par cette récente provocation des dirigeants de GM. La section locale 222 des TCA écrit dans un tract distribué tout de suite après l'annonce dans les usines de GM à Oshawa : « Par ses tactiques de peur, la haute direction de GM à Oshawa démontre que la compagnie manque de respect pour ses employés et nos membres. Comment osent-ils utiliser une annonce qui concerne la production à l'usine Hamtramck de Détroit pour menacer la sécurité d'emploi de nos membres au Canada ? Est-ce que Détroit va obtenir le contrat parce qu'il paie 14 $ de l'heure ou est-ce que l'annonce est rattachée aux négociations contractuelles avec les TUA pour leur arracher des concessions ?

« Le mémo 'interne' n'est rien d'autre que de la propagande de la compagnie qui veut se mettre en position d'arracher des concessions et toujours plus de concessions dans la prochaine convention [à Oshawa]. Les travailleurs que nous représentons méritent mieux. »

Lors du rassemblement historique du 29 janvier à Hamilton contre la tentative de US Steel d'arracher des concessions sur les pensions, plusieurs dirigeants syndicaux ont dit qu'il faut maintenant tracer une ligne dans le sable au-delà de laquelle « Non, c'est non ! ». Les concessions ne se justifient ni moralement ni économiquement. Le droit public doit supplanter le droit de monopole.

Une chose est claire. Les concessions successives n'ont pas sauvé les 5500 emplois à GM à Oshawa lorsque la haute direction et les gouvernements ont obligé les travailleurs à rouvrir leurs conventions collectives trois fois en 2009 pour leur soutirer 22 $ de l'heure sur les réclamations à la richesse qu'ils produisent. De plus, ces concessions ont été cause d'insécurité continuelle au sujet des prestations de pensions et pour soins de santé. Les concessions à GM n'ont fait qu'augmenter la voracité du vautour monopoliste pour encore plus de concessions et d'argent public.

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Poursuite de la privatisation des services publics à Toronto

Un processus trompeur visant un objectif antisocial


Journée d'action pour les services publics (Toronto), le 9 avril 2011

Le maire de Toronto, Rob Ford, a adopté son premier budget en février. Bien qu'équilibré, il impose entre autres choses des réductions de programmes et services sociaux, utilisant 370 millions $ des fonds de réserve de la ville et entraînant pour le budget 2012 de la ville un déficit estimé à 774 millions $. Créer une situation sans issue exigeant des mesures draconiennes est déjà une stratégie souvent utilisée par les gouvernements au Canada et à l'étranger pour mettre en oeuvre l'offensive antisociale des monopoles.

Après son budget, le régime Ford a lancé un « Examen des services de base » en embauchant à prix fort des consultants privés pour identifier les programmes et les services à être jugés non essentiels et voués à la privatisation ou l'élimination. Une disposition de la présente mesure prévoit des consultations publiques pour donner un semblant de crédibilité à l'examen. Des réunions de consultation semi-publiques ont commencé à la mi-mai avec un nombre limité de résidents. La consultation se fait aussi par un sondage en version papier et un autre semblable, disponible en ligne, pouvant être soumis jusqu'au 17 juin.

Les deux réunions et le sondage sont structurés de manière à obtenir le résultat souhaité : une apparence de démocratie et de soutien public, ou du moins un consentement à la destruction des services et des programmes sociaux de la ville. La crise budgétaire est simplement présentée comme un fait accompli, sans explication ni discussion et les participants sont mis dans la position de prioriser les services, rejetant certains pour en sauver d'autres et décider entre des frais d'usagers et des hausses d'impôt foncier. Le message et les impératifs sont clairs : il faut d'importantes réductions, plus de privatisation et de frais d'utilisation et en retour la ville s'occupera peut-être des programmes ou des services qui n'auront pas été sacrifiés.

Le sondage est très trompeur et la version en ligne est remarquable à cet égard. Lorsque les répondants veulent sonder « en profondeur » quelques services qu'ils sont autorisés à choisir, ils sont obligés de classer les différentes activités de ce service plutôt que d'indiquer qu'ils sont tous importants. Sous la rubrique « acquittement du service », les seules alternatives autorisées sont l'augmentation des frais d'utilisation ou de l'impôt foncier, ou une combinaison des deux. Alors que dans la version papier on peut écrire des objections aux questions et à leur format, la version en ligne ne permet aucune irrégularité. Parfois, la version en ligne rend même les choix les plus socialement responsables plus difficiles d'accès, exigeant plus de temps de la part du répondant. (Choisir « extrêmement important » exige de déplacer le curseur sur toute la largeur de la page, alors que « pas important » est en premier lieu. La boîte de dialogue « Nécessaire pour la ville » apparaît complètement remplie avec seulement quatre des 35 services énumérés.)

Cette sorte de consultation publique « démocratique » frauduleuse montre bien du moins qui sont ces destructeurs anti-sociaux urbains qui lui ont donné naissance. En ce qui les concerne, les décisions sont déjà prises. Si les résultats des consultations peuvent être utilisés pour donner un vernis de légitimité à leurs plans, ils les utiliseront. Sinon, ils vont ignorer le processus, affirmant qu'il n'y a pas d'alternative aux coupures, aux liquidations et aux privatisations et poursuivre leur démantèlement. Pour les travailleurs et le peuple dans son ensemble, il est impératif de mener et développer la lutte contre ces saboteurs.

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Poursuite de la résistance contre
la vandalisation de Toronto

Le 17 mai, le conseil de ville de Toronto a débattu du plan du maire Ford pour privatiser la collecte des ordures ménagères. La tribune réservée au public était occupée par des employés municipaux et autres résidents de Toronto qui se sont massivement opposés à ce projet. Alors que le maire et ses acolytes ont déclaré qu'ils ont un supposé mandat et vont prétendument créer des économies en insultant les travailleurs qui dispensent ce service, à maintes reprises le public a exprimé haut et fort son mépris pour cette façon antiouvrière et antisociale de voir les choses. Le président du conseil, un facilitateur de Ford déjà tristement célèbre, a menacé à plusieurs reprises d'expulser les gens présents.

Certains ont fait valoir le contraire, que les prétendues économies sont au mieux suspectes, que l'élimination d'emplois avec un salaire et des avantages sociaux standards est injuste et a des conséquences néfastes pour l'économie, que le contrôle d'une grande partie du service sera perdue au profit de l'entreprise privée de collecte des déchets, que des préjudices à l'environnement pourront survenir lorsque les profits privés seront la priorité. Mais le vote final a été de 32 contre 13 pour procéder aux appels d'offres. Certains amendements ont été apportés : le contrat définitif devra encore être approuvé par le conseil au lieu d'un simple comité d'appels d'offres composé de bureaucrates, et le monopole de gestion des déchets « Progressive Waste Solutions » de BFI est exclu des appels. (Geoff Rathbone, ancien directeur de la gestion des déchets solides de la ville et co-auteur du rapport des coûts favorisant la privatisation, a quitté son poste à la ville le 27 mai pour devenir le vice-président de PWS. PWS a annoncé qu'il pourra intenter des poursuites contre la ville à la suite de son exclusion.)

Les éboueurs, comme les autres travailleurs et résidents ont quitté la réunion, sont déterminés à poursuivre la lutte contre la privatisation tandis que le régime de Ford continue sur sa lancée antisociale. Ils comprennent que leur dignité et bien-être et celui de tous les travailleurs et la société dans son ensemble sont en jeu. Des gens du camp de Ford ont réaffirmé que pour eux cette privatisation est un pas de plus dans la même direction, à savoir la vente ou la privatisation de « tout ce qui n'est pas coulé dans le ciment ». Quelques jours plus tard, l'idéologue Benjamin Dachlis de l'institut CD Howe a co-rédigé un rapport préconisant la privatisation du service d'eau potable et des eaux usées de Toronto.

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Bulletin du 20 juin 2011 • Retour à l'index • Écrivez à: redaction@cpcml.ca