Asie occidentale et Afrique du Nord

Le gouvernement Harper impose
des sanctions à la Syrie


LML condamne les sanctions imposées le 24 mai à la Syrie, en tant que premier geste important du gouvernement Harper en matière de politique étrangère depuis l'élection du gouvernement majoritaire. Les sanctions qui sont soi-disant un geste de protestation contre la répression de manifestants en la Syrie ont été imposées à la veille du sommet du G8 en France et annoncées par le nouveau ministre des Affaires étrangères, John Baird. Manquant de voir l'ironie de la situation alors que 12 000 policiers et militaires étaient mobilisés pour faire face aux manifestants au sommet du G8, Baird a déclaré : « Nous demandons avec instance aux autorités syriennes de respecter le droit des Syriensà la liberté de réunion et d'expression. Nous exhortons les autorités syriennes à cesser immédiatement le recours à la force contre les manifestants pacifiques. » Pour sa part, le premier ministre Harper a déclaré dans un communiqué: « Les sanctions annoncées aujourd'hui sont un rejet de la violation flagrante par la Syrie de ses obligations internationales à l'égard des droits de la personne qui menace la sécurité de tout le Moyen-Orient. »

Les sanctions incluent :

1. Une interdiction de voyager : « des personnes associées au gouvernement syrien que l'on croit inadmissibles au Canada ne pourront pas se rendre au Canada ».

2. Un gel des avoirs contre « des personnes associées au régime syrien actuel et aux entités engagées dans des opérations de sécurité et militaires contre le peuple syrien ».

3. Une interdiction sur les exportations et les importations spécifiques, notamment : « les armes, les munitions, les éléments militaires, nucléaires et stratégiques destinés à être utilisés par les forces armées, la police et d'autres organismes gouvernementaux de la Syrie ».

4. Une suspension de l'ensemble des accords et des initiatives de coopération bilatéraux conclus avec la Syrie.

Répétant le mensonge que les sanctions sont en quelque sorte « humanitaires » et visent à protéger les civils, le premier ministre a déclaré : « Les mesures annoncées aujourd'hui ciblent directement les membres de l'actuel régime syrien, les personnes et les entités participant à la répression. Elles ne visent pas à causer du tort à la population syrienne. »

La décision d'imposer les sanctions a été prise par le Comité du Cabinet chargé de la sécurité nationale, dirigé par le premier ministre Harper lui-même, écrit le Globe and Mail.

Réponse de l'opposition

Le chef du NPD Jack Layton a indiqué que son parti appuie les sanctions. « Nous croyons que ce genre de mesures importantes doivent être prises par le gouvernement du Canada et qu'elles doivent toujours être suivies d'une offre afin d'aider à la résolution des situations de conflit difficile », a-t-il dit. « Nous sommes très favorables à l'essor dans la plupart de ces pays vers la création d'une gouvernance plus démocratique, ouverte et responsable », a-t-il ajouté.

Ces sanctions font partie de la tentative des États-Unis/Grande-Bretagne/Israël de déstabiliser la Syrie, avec l'aide des Saoudiens et d'autres hommes de main au Moyen-Orient. Il est déjà bien connu que ce qu'on appelle les troubles en Syrie ont été provoqués par les mêmes forces qui essaient d'inciter à la rébellion en Libye et répriment les manifestants légitimes au Bahreïn, au Yémen et dans d'autres pays. Les faussetés au sujet de la responsabilité de protéger et de l'humanitarisme ne sauveront pas la situation en Afrique du Nord et au Moyen-Orient pour les États-Unis et les puissances européennes. Le Canada ne gagne rien, sinon le mépris des peuples du monde pour ses positions ultra-réactionnaires et intéressées.

LML lance l'appel à tous d'exiger que les puissances étrangères cessent de s'ingérer dans les affaires internes de la Syrie et des autres pays. Cela contribue à une dangereuse escalade des hostilités envers les peuples de l'Afrique du Nord et du Moyen-Orient. Cela doit cesser maintenant.

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Le Canada se prépare à accroître sa participation
au sein de la mission de l'OTAN contre la Libye

Les agences de presse rapportent que lorsque l'extension de la participation du Canada à l'agression dirigée par les États-Unis et l'OTAN sera un point pressant à l'ordre du jour du nouveau parlement. La mission actuelle a été autorisée le 21 mars après un débat presque sans participation au Parlement et doit se terminer le 16 juin. L'armée canadienne rapporte que le Canada a actuellement 560 soldats déployés en Libye, ainsi que la frégate HMCS Charlottetown, sept CF-18, deux appareils de surveillance maritime et deux avions de ravitaillement.

Pendant la période de questions de CTV du 15 mai, Peter MacKay, ministre de la Défense, a voulu prétendre que la participation du Canada ne sera pas « élargie » au-delà des paramètres de la Résolution 1973 du Conseil de sécurité de l'ONU pour mettre en place une zone d'exclusion de vol et protéger les civils. Autrement dit, le ministre MacKay, qui réagissait à l'appel du chef des Forces armées britanniques David Richards qui demandait une « action militaire plus intense », affirme que la participation du Canada ne s'étendra pas pour inclure officiellement le bombardement des infrastructures, le déploiement de soldats pour une guerre terrestre ou l'assassinat du dirigeant libyen Mouammar Khadafi, comme d'autres pays européens ont appelé ouvertement à le faire. C'est faire fi de la réalité, qui est que les infrastructures sont déjà bombardés par l'OTAN et que les frappes aériennes sur Tripoli tuent régulièrement des civils et sont carrément des tentatives de tuer Khadafi.

De plus, MacKay a incité d'autres pays à initier une guerre terrestre. Il a déclaré qu'« il y a un besoin de plus d'appui terrestre de la part de la Ligue arabe et d'autres pays ».

Jay Paxton, porte-parole du ministre MacKay, a dit que le gouvernement « demeure engagé pour l'obtention d'une approbation du Parlement pour une extension possible ». La décision dépendra de la situation sur le terrain et de l'application de la part de l'OTAN de la Résolution 1973 du Conseil de sécurité de l'ONU, qui a approuvé la première zone d'exclusion de vol au-dessus de la Libye, a-t-il dit.

Paul Dewar, le critique du NPD en matière d'affaires extérieures, a dit qu'en tant qu'Opposition officielle, le NPD n'est pas opposé à une possible extension de la mission du Canada en Libye au-delà du mandat de trois mois, mais que le Canada devrait avoir un rôle plus défini et mettre plus d'emphase sur les objectifs diplomatiques et humanitaires. « Je ne dis pas que nous dirions non, mais cela devrait être une question que nous examinerions et cela pourrait être un rôle que le Canada pourrait jouer, » a-t-il dit à iPolitics.ca. « Nous sommes tous préoccupés par une dérive de la mission. »

Le NPD a demandé d'être mis au courant par les représentants de la Défense nationale et des Affaires étrangères. Dewar a dit qu'il veut être sûr que le premier rôle militaire du Canada est de créer les conditions pour un cessez-le-feu et un règlement négocié pour mettre fin à la guerre civile. Selon lui, le problème avec la situation actuelle est que les forces de l'OTAN ont dérivé en quelque sorte du rôle militaire de base initial, qui était de mettre en application une zone d'exclusion de vol et de protéger les civils en ciblant les forces militaires qui posaient une menace.

Pendant ce temps, des agences de presse nous informent que les militaires canadiens ont déjà commandé 1 300 bombes à être utilisées en Libye, à un coût approximatif de 100 000 $ chacune, pour un total de 130 millions $.

Bien que l'armée canadienne refuse de divulguer le nombre de bombes qui ont déjà été lâchées sur la Libye, le Ottawa Citizen rapporte que les CF- 18 ont effectué environ 300 sorties, soit environ cinq par jour en moyenne dans les deux derniers mois.

(Agences de presse)

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L'OTAN intensifie les attaques
visant des civils en Libye



Un édifice détruit par les bombardements de l'OTAN à Tripoli. Photos prises le 17 mai 2011.

Le 25 mai, les agences de presse ont indiqué que Tripoli a été bombardée pendant environ une heure, vers 1 h du matin, puis à nouveau plus tard durant la nuit. Rien que la semaine dernière, les bombes de l'OTAN ont tué au moins 19 civils et blessé au moins 150 personnes, rapportent les autorités libyennes.

Les bombardements les plus importants ont eu lieu le 24 mai, selon les agences de nouvelles. Autour de 1 h du matin, le 24 mai, des avions de l'OTAN ont bombardé des cibles à Tripoli, avec plus de 20 raids aériens en l'espace de moins d'une demi-heure. Les bombes ont frappé autour du complexe résidentiel du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi et le port de Tripoli. Le porte-parole du gouvernement Moussa Ibrahim a dit qu'au moins trois personnes ont été tuées et 150 blessées lors des 12 à 18 frappes de l'OTAN contre une caserne de la garde du peuple, des unités de volontaires qui appuient l'armée. « Les casernes étaient vides. La plupart des victimes étaient des civils vivant à proximité », a ajouté Ibrahim, selon l'AFP.

Il a également été rapporté que l'OTAN a bombardé le 22 mai la résidence de Kadhafi, ainsi que le port de Tripoli.

Le 17 mai, les avions de l'OTAN ont lancé des frappes aériennes contre Tripoli avec au moins deux explosions entendues près du quartier de Bab al-Aziziya où la résidence de Kadhafi est située, rapporte l'AFP.

Plus tard durant la journée, le porte-parole du gouvernement Moussa Ibrahim a déclaré aux journalistes que les bombes de l'OTAN ont frappé un poste de police et le ministère libyen de l'Inspection et du contrôle populaire à Tripoli. Les deux bâtiments sont situés sur l'avenue Al-Jumhuriya, une zone très peuplée dans la capitale libyenne, rapportent les agences. D'autres bâtiments ont récemment été frappés par l'OTAN à Tripoli, notamment l'ambassade de la République populaire démocratique de Corée, rappelant un acte criminel similaire en 1999 lorsque l'OTAN a frappé l'ambassade de Chine à Belgrade au cours du « bombardement humanitaire » de la Yougoslavie.

Dans la nuit du 16 mai, des avions de combat britanniques ont attaqué l'édifice de l'Agence de renseignements libyenne ainsi qu'un centre de formation pour les gardes du corps dans la capitale, Tripoli, a annoncé le ministère britannique de la Défense.

Le 17 mai le chef de l'état-major de la Grande-Bretagne, le général David Richards, a affirmé que la poursuite des attaques ne vise pas Kadhafi lui-même, mais que s'il est tué dans l'un des raids, ce sera « selon les règles [du combat ] ». Les bombardements sur Tripoli ciblent des installations civiles qui ne font pas partie d'une zone de combat, entraînant la mort de civils qui ne sont pas protégés, dans le seul but de tuer Kadhafi, comme ce fut le cas lors du raid du 30 avril qui a tué son fils et trois de ses petits-enfants à leur domicile . Le secrétaire à la Défense de la Grande-Bretagne Liam Fox a annoncé le 16 mai que l'OTAN et ses alliés sont prêts pour une longue campagne aérienne.

Les dirigeants des pays de l'OTAN ont indiqué clairement à maintes reprises que, peu importe le contenu de la résolution de l'ONU, le but de la mission n'est pas une simple zone d'exclusion aérienne, mais un changement de régime. En d'autres termes, la mission de l'OTAN n'est pas à des fins humanitaires mais à des fins d'intervention directe dans une guerre civile en vue d'assassiner un chef d'État étranger. Les États-Unis ont également introduit récemment en Libye des drones Predator qui sont connus pour leur usage aux fins d'assassinats ciblés et d'attaques contre des civils au Pakistan et en Afghanistan par l'OTAN et, en Asie occidentale, par Israël et les États-Unis

Impasse et menaces d'un début de guerre au sol

Deux mois après le début de l'intervention étrangère, des agences de nouvelles rapportent qu'il y a une impasse où ni les troupes libyennes, ni les soi-disant rebelles sont en mesure de réaliser des gains importants sur le champ de bataille, en dépit du fait que ces derniers reçoivent massivement de l'aide militaire de l'OTAN.

Le 3 mai, le porte-parole de l'OTAN James Appathurai a déclaré que l'utilisation de forces terrestres peut être la seule façon de modifier la situation actuelle et de contribuer à un changement de régime.

« Le Conseil de sécurité doit adopter une nouvelle résolution sur la Libye. La Résolution 1973 ne prévoit pas des opérations terrestres. Nous avons besoin d'une nouvelle résolution  », a déclaré Appathurai.

La Libye renouvelle l'offre de cessez-le-feu

Le premier ministre Baghdadi Mahmoudi affirme que le gouvernement libyen est prêt à accepter un cessez-le-feu immédiat sous la surveillance de l'ONU. La lettre a été envoyée à plusieurs gouvernements européens, a indiqué le 26 mai le quotidien britannique The Independent, citant le document.

« Nous devons arrêter les combats, commencer à parler, s'entendre sur une nouvelle constitution et créer un système de gouvernement qui soit le reflet de la réalité de notre société et conforme aux exigences de la gouvernance contemporaine », a déclaré Mahmudi.

« Le cycle de la violence doit être remplacé par un cycle de réconciliation. Les deux parties ont besoin d'une incitation à sortir de leurs retranchements et à s'engager dans un processus qui va aboutir à un consensus », a-t-il ajouté.

Cette dernière proposition en faveur d'un cessez-le-feu suit plusieurs autres présentées par la Libye et l'Union africaine.

Le 19 mai, le porte-parole du gouvernement Moussa Ibrahim, annonçant une nouvelle tentative de faire arrêter les combats, a déclaré que les forces gouvernementales se retireront des villes à la condition que les forces d'opposition en fassent autant. « Nous sommes même prêts à aller jusqu'au retrait de notre armée de toutes les villes et des centres où vit la population libyenne », a dit Ibrahim.

Le 15 mai, après une réunion avec le secrétaire général Ban Ki Moon, Mahmudi a déclaré que la Libye est prête à « un cessez-le-feu qui coïncidera avec l'arrêt des bombardements de l'OTAN et l'acceptation d'observateurs internationaux », rapporte l'AFP. Mahmudi a accusé l'OTAN « d'assassinats politiques, d'un siège maritime injuste, de bombardements de zones civiles et de la destruction de l'infrastructure ».

Maintes et maintes fois, les soi-disant rebelles ont miné les tentatives de négocier un cessez-le-feu avec leur demande inacceptable qu'un cessez-le-feu doit aussi inclure un changement de régime.

L'Union africaine appelle à une solution politique

Le 25 mai, l'Union africaine (UA) a appelé à un réglement politique du conflit prolongé en Libye par un sommet spécial à Addis-Abeba, en Éthiopie. Les propositions comprennent un cessez-le-feu et une équipe de médiation de haut niveau.

« Je suis convaincu que seule une solution politique peut conduire à une paix durable et satisfaire les aspirations légitimes du peuple libyen », a déclaré Jean Ping, président de la Commission de l'UA, l'organe exécutif du bloc panafricain.

« La situation en Libye demeure très préoccupante pour nous, pour l'avenir de la Libye-même ainsi que pour les pays de la région », a ajouté Ping.

L'UA a également proposé le mois dernier un plan similaire de cessez-le-feu que Kadhafi lui-même a accepté. Ce plan a été rejeté par les rebelles libyens qui ont insisté avant tout sur le départ de Kadhafi.

Le faux humanitarisme de l'ONU

Alors que l'OTAN bombarde les civils sous le couvert d'une résolution du Conseil de sécurité pour protéger les civils, l'ONU appelle le gouvernement libyen à faire une « pause dans les combats », afin que les civils puissent être évacués. La position de l'ONU rejette la responsabilité sur le gouvernement libyen et masque les attaques contre des civils par la mission militaire de l'OTAN, ainsi que la formation et l'armement des soi-disant rebelles par des pays étrangers, en dehors de tout mandat de l'ONU.

Lors d'une récente rencontre avec le premier ministre libyen Mahmudi, le secrétaire général Ban Ki-moon a appelé Mahmudi à « arrêter de tuer des civils » et à accepter « des négociations d'un cessez-le-feu immédiat et vérifiable vers la résolution pacifique du conflit et l'accès sans entrave aux travailleurs humanitaires ». Ban Ki-moon met d'exiger que l'OTAN cesser ses massacres de civils.

Les Libyens ne sont pas dupes. Les agences de nouvelles rapportent que l'ONU a été forcée de retirer son personnel international de Tripoli, le 1er mai, lorsque ses bureaux ont été attaqués par des gens indignés par l'assassinat le 30 avril du plus jeune fils de Kadhafi et ses trois petits-fils lors d'un raid aérien de l'OTAN.

(Agences)

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Bulletin du 9 juin 2011 • Retour à l'index • Écrivez à: redaction@cpcml.ca