Le Marxiste-Léniniste

Numéro 195 - 29 décembre 2010

La fermeture d'Electrolux

Une catastrophe pour la communauté
et la nation qui pourrait être évitée

La fermeture d'Electrolux
Une catastrophe pour la communauté et la nation qui pourrait être évitée
Il y a anguille sous roche - K. C. Adams

Les liaisons nazies des impérialistes anglo-américains - Dougal MacDonald
La filière nazie d'Electrolux
Décès d'un éminent spécialiste en fusées nazi étasunien

Essar Steel Algoma à Sault-Sainte-Marie
Les concessions ne sont pas une solution!

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La fermeture d'Electrolux

Une catastrophe pour la communauté
et la nation qui pourrait être évitée

Les impérialistes suédois ont annoncé la fermeture de l'usine d'appareils électroménagers à l'Assomption, près de Montréal, et le transfert de sa capacité productive à une nouvelle usine à Memphis, au Tennessee. Toute la communauté est sous le choc et en colère devant cette décision totalement inacceptable. Ce n'est pas seulement la vie de 1300 travailleurs de l'usine qui est bouleversée, c'est aussi celle de milliers d'autres qui dépendent directement de l'approvisionnement de l'usine en biens et services et du transport des marchandises.

La municipalité va subir une perte fiscale importante et la région va subir les conséquences de la perte des réclamations à la valeur ajoutée des travailleurs d'Electrolux et d'ailleurs. Ces réclamations retourneraient normalement dans la communauté, par la participation des travailleurs à l'économie publique et privée, comme les écoles, les garderies, les sports et loisirs, les restaurants et magasins.

Le Québec et le Canada perdent une importante installation manufacturière qui contribue une valeur énorme à l'économie et au financement des programmes sociaux et des services publics. La valeur ajoutée réelle et potentielle de l'usine d'appareils électroménagers est retirée du pays et, pour le comble, ces mêmes appareils devront désormais être importés, ce qui retire encore plus de valeur à l'économie du Québec et du Canada.

L'annonce soudaine de cette décision hostile au Québec et au Canada expose les dangers des accords de libre-échange et de l'enchaînement au système impérialiste d'États. Les impérialistes suédois contrôlent le réseau québécois et canadien de distribution des appareils Electrolux. Les travailleurs et le personnel salarié de l'usine de l'Assomption pourraient très bien continuer la production d'appareils électroménagers mais Electrolux empêcherait leur distribution par son réseau de vente. La solution serait alors de créer une nouvelle marque et d'établir un nouveau réseau de distribution concentré sur le Québec et le Canada et d'interdire à Electrolux de vendre ici les appareils fabriqués à l'étranger.

Pour cela, il faut une loi par laquelle les gouvernements du Québec et du Canada déclarent que l'usine et la machinerie de l'Assomption sont des moyens de production appartenant à la nation et que les impérialistes suédois ont perdu leur droit de vendre leurs produits ici en raison de leur refus de produire des appareils au Canada et pour le marché canadien. Une telle intervention prosociale des gouvernements du Québec et du Canada confirmerait leur engagement envers l'édification nationale, le bien-être de la population et l'intérêt général de la société. Pour s'assurer d'une telle intervention, il faut une Opposition ouvrière effective. Cela peut se faire.

C'est une occasion pour le gouvernement fédéral de prouver en pratique qu'il veut bâtir un Canada qui inclut la nation du Québec et une occasion pour les gouvernements du Québec et du Canada de prouver qu'ils ont la volonté politique de défendre notre droit souverain d'avoir une économie solide qui suffit à ses besoins, entre autres grâce à un secteur manufacturier qui grandit plutôt que de rétrécir.

Les travailleurs d'Electrolux ne sont pas seuls. Ensemble, les travailleurs d'un bout à l'autre du pays, nous pouvons arrêter cette destruction nationale !

Base manufacturière, oui ! Destruction nationale, non !
Oui à la souveraineté, non à l'annexion !

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Il y a anguille sous roche

Si l'on prend au mot les déclarations publiques des porte-parole d'Electrolux, le transfert de la production des appareils ménagers du Québec à Memphis n'a pas de sens du point de vue économique. D'autre part, l'affaire semble avoir été décidée tout récemment. Il y a sûrement autre chose là-dessous et cela a sans doute davantage à voir avec la politique impérialiste. Selon ce qu'on lit dans les médias, Electrolux a acheté l'usine il y a à peine huit ans et l'a réoutillée pour fabriquer des appareils ménagers. Les moyens de production sont encore tout neufs bien que la structure soit vieille, puisqu'elle a été construite il y a des dizaines d'années sous une ancienne administration pour produire autre chose. Les 40 millions $ offerts en incitatifs par la ville de Memphis et le gouvernement étasunien sont plus ou moins la coutume dans les conditions de l'impérialisme et, en général, ils portent d'abord sur l'infrastructure environnante, la propriété foncière et le niveau de formation des travailleurs. L'État du Tennessee a offert 92 millions $ en avantages non spécifiés, possiblement pour le recrutement et la formation des travailleurs. Ces prêts et subventions du trésor public pour payer les riches doivent être financés en recourant au marché des obligations, car les gouvernements municipaux et d'État n'ont pas ces sommes en liquide.

Les 40 millions $ plus les 92 millions $ ne serviront pas à financer les installations comme telles, qui vont coûter plusieurs centaines de millions. Ces subventions aux riches, bien que considérables, ne sont pas énormes comparées à ce qu'il en coûte pour construire une usine complètement neuve employant 1250 travailleurs, déménager toute la machinerie ou en acheter de nouvelles, introduire des travailleurs sans expérience dans un milieu de production et créer une chaîne d'approvisionnement et un réseau de distribution. Electrolux dit également qu'il lui en coûtera 124 millions $ pour fermer l'usine de l'Assomption. Cette somme à elle seule réinvestie dans l'usine actuelle et la machinerie actuelle serait une amélioration colossale. Tous les éléments de la production moderne qui doivent être construits à partir de rien au Tennessee existent déjà au site de l'Assomption, y compris et surtout la main-d'oeuvre expérimentée. De plus, le Québec offre des tarifs d'électricité et d'eau à des taux privilégiés. Electrolux prétend que le déménagement lui permet de centraliser la production au coeur de son plus gros marché d'affaires outre-mer. Mais ça n'a pas de sens. La ville de Memphis n'a accès aux grandes voies maritimes que par un long segment peu profond du Mississippi, tandis que Montréal est sur la voie maritime du Saint-Laurent, ce qui lui donne un accès par le transport à conteneurs à toutes les grandes villes de la côte est et des Grands Lacs, passant par Toronto, Détroit, Chicago, Duluth et Thunder Bay, sans compter d'un transport beaucoup plus facile et beaucoup moins coûteux vers l'Europe.

Le taux réclamation à la valeur ajoutée des propriétaires du capital

Le taux de réclamation à la valeur ajoutée du Québec et celui de Memphis ne peuvent pas être si différents, même si le Tennessee est un ancien État esclavagiste et qu'il jouit d'un très faible taux de syndicalisation en ce moment. Lorsqu'on compare les réclamations des travailleurs du Québec aux réclamations projetées des travailleurs de Memphis, la différence n'est pas énorme et, toute chose considérée, elles pourraient être égales. La différence de l'échelle de salaires est d'environ 6 $ l'heure de moins à Memphis. Sauf qu'au Québec les travailleurs ont un système de santé public, ce qui veut dire qu'ils ne comptent pas sur la contribution des monopoles sur ce front, du moins pas dans la mesure où cela se fait aux États-Unis. Les autres programmes sociaux et services publics sont plus considérables au Québec, ce qui allège d'autant la pression sur les monopoles.

Les impérialistes font baisser le niveau de vie partout au Canada en ce moment, alors les propriétaires du capital d'Electrolux savent qu'il y a d'autres façons de hausser leur taux de réclamation à la valeur ajoutée que de déménager l'usine. Ce qui nous mène à croire que s'il est vrai que le niveau de vie et le taux de réclamation à la valeur ajoutée sont des facteurs importants pour les impérialistes quand ils décident où investir, il y a quand même quelque chose qui cloche dans cette décision. S'il s'agissait uniquement de baisser les réclamations des travailleurs, Electrolux serait allé au Mexique où il peut faire baisser non seulement les réclamations des travailleurs mais aussi les coûts de production.

Réapparition des liens entre les impérialistes américains et les impérialistes nazis d'Europe

Depuis quelques années il semble y avoir une nouvelle concentration du capital monopoliste allemand dans les anciens États esclavagistes. Ce capital monopoliste allemand, qui est étroitement lié au capital suédois comme celui d'Electrolux, n'est pas étranger au capital monopoliste nazi que les impérialistes américains ont secouru du verdict de la Deuxième Guerre mondiale et ressuscité des cendres. Même les noms des industrialistes nazis sont les mêmes : ThyssenKrupp, Volkswagen, Siemens, Wacker Chemie, Electrolux. Le capital monopoliste allemand, de concert avec le hollandais (Royal Dutch Shell) et le suédois a déjà surpassé le capital monopoliste anglais en tant que plus grand investisseur direct aux États-Unis, suivi de près par le capital monopoliste japonais, qui a lui aussi son origine dans le capital militariste secouru et ressuscité de la Deuxième Guerre mondiale et qui forme la base de l'alliance militaire nippo-américaine, la plus grande menace actuelle pour les peuples d'Asie du Sud, y compris le peuple japonais.

Parmi les exemples de l'essor de l'investissement direct du capital monopoliste allemand dans les anciens États esclavagistes il y a le nouveau complexe métallurgique de 5 milliards $ de ThyssenKrupp à Mobile, en Alabama. Notez que c'est la première aciérie intégrée à être construite aux États-Unis depuis très longtemps. Volkswagen est en train de construire une usine automobile de plusieurs milliards de dollars au Tennessee. Siemens a construit un énorme complexe manufacturier en Géorgie et est un des manufacturiers et fournisseurs de services de santé les plus actifs aux États-Unis. Wacker Chemie AG, qui a son siège social à Munich, en Allemagne, a annoncé le 9 décembre dernier son intention d'investir près de 2 milliards $ dans la construction d'un complexe de fabrication de produits chimiques au Tennessee. Le monopole Wacker, qui a commencé durant la Première Guerre mondiale et qui a pris de l'ampleur avec la production de guerre sous le Reich nazi, demeure à ce jour la propriété de descendants de la famille Wacker. Ils ont reconquis leur propriété en 1953 par une loi adoptée par l'Allemagne de l'Ouest sous occupation américaine. Même le capital monopoliste canadien, dans la forme de la National Steel Car, a construit une nouvelle usine en Alabama pour faire concurrence à sa propre usine de Hamilton. La décision d'Electrolux soulève des questions concernant un lien possible avec une renaissance de l'alliance nazie du capital monopoliste entre l'Allemagne, la Hollande, la Suède et les États-Unis.

La part du secteur manufacturier dans l'économie des États-Unis a chuté à 14 %, ce qui est en dessus de ce que l'on retrouve chez les autres puissances impérialistes comme l'Allemagne, où il dépasse les 20 %. Ce n'est pas seulement une conséquence du développement inégal du capitalisme, puisque l'impérialisme ou le capital monopoliste opère de façon beaucoup moins spontanée. Le capital monopoliste est beaucoup plus conscient de ses intérêts étroits que le capitalisme naissant et il a appris à mettre cette conscience à profit pour imposer sa volonté au monde. L'administration Obama veut améliorer le secteur manufacturier aux États-Unis, comme en atteste notamment la situation que US Steel a créée à Hamilton, où il a acquis l'aciérie Stelco. US Steel a fermé ses usines canadiennes en faveur de la consolidation de la production aux États-Unis. En atteste aussi le récent essor de la production automobile en Amérique du Nord, qui semble aussi être concentrée aux États-Unis.

La reprise du capital monopoliste allemand-hollandais-suédois aux Étast-Unis, de pair avec les vieux liens avec le capital monopoliste militariste japonais, peut aussi être reliée au nouveau battement des tambours de guerre contre la Chine, la Répubique populaire démocratique de Corée et la Russie. Ce qu'il faut enquêter, c'est la possibilité d'un nouvel arrangement entre les impérialistes européens, surtout ceux qui ont des anciens liens avec les nazis, pour rétablir en partie le secteur manufacturier aux États-Unis en échange d'on ne sait quoi. Cela peut avoir à voir avec la consolidation de l'empire militaire américain en Europe en opposition à la Russie et avec l'expansion de l'OTAN à l'avantage de l'impérialisme européen en échange de l'abandon des objections aux provocations militaires des États-Unis sur la péninsule coréenne ou autre avantage pour l'empire américain.

Ce qui semble évident, c'est qu'on ne connaît pas tous les dessous de la décision d'Electrolux de fermer l'usine de l'Assomption et de transférer la production au Tennessee et que les travailleurs et leurs alliés doivent en être conscients et s'opposer à ces développements avec toute la force de leur collectif. La réapparition des impérialistes nazis et de leurs collaborateurs américains doit être fermement opposée. Electrolux et les autres doivent s'attendre à des conséquences pour leurs actions antisociales. Ces conséquences prosociales doivent être popularisées et faire partie de la conscience de l'Opposition ouvrière et de la société. Les impérialistes doivent s'attendre à être confrontés à la résistance quand ils tentent d'imposer leurs sales machinations. Dans le cas de l'Assomption, Electrolux doit au moins voir une partie de ses avoirs au Québec saisis et ses produits se voir interdits d'accès sur le marché canadien en provenance d'Europe ou des États-Unis. Si Electrolux refuse tout arrangement pour assurer la continuation de la production, au moins au niveau de ses ventes au Canada, alors les gouvernements ont le devoir de trouver une alternative et de ne pas laisser les choses au hasard. C'est une occasion pour le gouvernement fédéral de montrer qu'il désire vraiment que le Québec soit une nation viable au Canada, avec une viabilité économique fondée sur une base manufacturière et pas sur les vicissitudes et la pauvreté de la valeur ajoutée de l'extraction des ressources et de l'exportation des matières brutes comme l'électricité.

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Les liaisons nazies des impérialistes anglo-américains

La filière nazie d'Electrolux

Le fabricant suédois d'électroménagers Electrolux a été fondé en 1919 et repris dans les années 1930 par le riche suédois et collaborateur nazi Axel Wenner-Gren. Au début de la Deuxième Guerre mondiale, l'amitié Wenner-Gren avec le commandant en chef nazi de la Luftwaffe, Hermann Goering, et le duc de Windsor, qui a dû abdiquer le trône d'Angleterre en 1938 à cause de son soutien aux nazis, a conduit les Alliés à mettre Wenner-Gren sur une liste noire des entreprises et entrepreneurs. Wenner-Gren a également fait partie d'un partenariat avec le propriétaire d'ITT, Sosthène Behn, et le président de SKF, Sven Wingquist (voir ci- dessous), dans l'empire géant des munitions Bofors, acheté par Krupp, qui a fourni en armes l'Allemagne. ITT possédait 25 % de Focke Wulfe, qui a produit des avions de chasse pour la Luftwaffe allemande. ITT a également financé le coup d'État militaire sanglant de Pinochet, au Chili, en 1973.

En 1957, Wenner-Gren a proposé un plan au premier ministre W.A.C. Bennett de la Colombie-Britannique pour exploiter les ressources d'un territoire de 100 000 km carrés (représentant un dixième de la Colombie-Britannique) dénommé « la fosse des Rocheuses », dans le nord de la province. Le plan comprenait un « barrage plus grand que le barrage Hoover », mais seulement un chemin de fer reliant Prince-George à l'Alaska a été complété. Quelques années après la mort de Wenner-Gren, en 1961, le gouvernement de la Colombie-Britannique a construit le barrage WAC Bennett sur le lac Williston.


Un avion de combat Focke Wulfe 190.

En 1956, Wenner-Gren a vendu ses actions d'Electrolux aux Wallenberg, les plus puissants financiers capitalistes de la Suède. Marcus Wallenberg est le président actuel d'Electrolux et les Wallenberg contrôlent 27,6 % de la société. Marcus Wallenberg est également président de la banque appartenant à la famille Wallenberg, Skandinaviska Enskilda Banken (SEB), avec des filiales en Estonie, Lettonie, Lituanie, Ukraine, Russie, Allemagne et à New York. Il est président du fournisseur de matériel militaire Saab, vice-président du géant des télécommunications Ericsson et président de la Chambre de commerce internationale (CCI), une organisation commerciale mondiale qui comprend des milliers d'entreprises dans plus de 130 pays. Les Wallenberg détiennent également une participation importante dans Saab, Ericsson, SKF Bearing inc., Skandinavian Airlines Systems (SAS), Husqvarna, Atlas Copco, Astra Zeneca, et de nombreuses autres sociétés.

Au cours de la Deuxième Guerre mondiale, la Suède, qui est devenue avec la fin de la guerre le pays le plus riche en Europe, a été officiellement « neutre » mais ce n'est qu'un mythe. Les entreprises suédoises ont grandement collaboré avec les nazis, y compris en fournissant à l'Allemagne du minerai de fer, des roulements à billes, des denrées alimentaires, du bois et beaucoup d'autres matières premières, tout en offrant du crédit qui a permis la livraison de matériel de guerre à la Wermacht, fournissant le transport ferroviaire afin d'aider à l'invasion de la Norvège et agissant comme un intermédiaire pour le transit des marchandises et des devises à destination et en provenance d'Allemagne. Le roi de Suède Gustave V a été un ami proche de Herman Goering (dont la première femme était suédoise) et d'autres hauts responsables nazis.

Après la guerre, la Suède « neutre » a accepté de payer près de 70 millions $ de réparations, mais ne l'a toujours pas fait et elle détient toujours plusieurs tonnes d'or pris par les nazis, quelque part dans ses coffres de banque. Aujourd'hui, en Suède « neutre », le parti Svenskarnas qui se proclame néo-nazi est autorisé à participer officiellement à la politique suédoise, alors qu'il incite à des attaques racistes contre les immigrants et les « non-Suédois ».[1]

Au cours de la Deuxième Guerre mondiale, autant Electrolux (alors propriété de Wenner-Gren) que la famille Wallenberg ont collaboré avec les nazis. Selon l'American Jewish Committee[2], Electrolux AG à Berlin a utilisé de la main-d'oeuvre esclave pour fabriquer ses produits. En 2005, Electrolux a acheté la marque AEG, le plus grand fabriquant allemand de produits électriques durant la guerre, et maintenant transige « fièrement » à la bourse en utilisant la marque AEG-Electrolux, même si, pendant la Deuxième Guerre mondiale, AEG a donné de l'argent aux nazis, a fait partie du « Cercle des Amis » de Himmler et a exploité de la main-d'oeuvre esclave, y compris au camp de concentration d'Auschwitz.

La banque de Wallenberg, Enskilda Banken (qui a fusionné en 1972 avec Skandinaviska Banken pour former Skandinaviska Enskilda Banken), a collaboré avec les nazis en les aidant à disposer de millions de dollars en avoirs confisqués aux prisonniers, en convertissant l'or volé nazi en monnaie suédoise. Au cours de l'année 1939-1940, la Banque Enskilda a secrètement acheté toutes les succursales étrangères du groupe Robert Bosch, un fabricant allemand de bougies qui utilisait de la main-d'oeuvre esclave. À son tour, Bosch a facilité la vente de 3,6 millions $ d'obligations allemandes détenues par Enskilda. La Banque Enskilda a également aidé les sociétés nazies telles IG Farben et Krupp à dissimuler leurs filiales à l'étranger pour éviter la confiscation par les Alliés.

Le secrétaire américain au Trésor, Henry Morgenthau, dans une lettre adressée au secrétaire d'État américain, en février 1945, a accusé Enskilda de faire des prêts importants sans garantie aux nazis et d'effectuer des investissements clandestins pour des capitalistes allemands dans les industries des États-Unis.

SKF Bearing appartenant à Wallenberg, le plus grand fabricant mondial de roulements à billes, a collaboré avec les nazis en leur fournissant des roulements à billes en acier, tout en retenant en même temps la fourniture aux Alliés. Jusqu'à la fin de la Deuxième Guerre mondiale, 60 % de la production de SKF a été acheminée vers l'Allemagne. SKF a été intimement lié à tous les groupes industriels en Suède et les administrateurs de SKF ont représenté des sociétés qui ont dirigé toute l'économie suédoise.

SKF a également contrôlé des mines de fer, des aciéries et des usines aux États-Unis, en Grande-Bretagne, en France et en Allemagne. Sven Wingquist, un partenaire des Wallenberg et d'Axel Wenner-Gren, et un ami de Goering et du duc de Windsor, était directeur de la société SKF. Le cousin de Goering, le comte Hugo von Rosen, a été un administrateur américain de SKF pendant toute la guerre.

Bien que de petite taille, les roulements à billes de SKF ont été absolument essentiels pour les nazis. La Luftwaffe n'aurait pas pu voler sans roulements à billes, les chars et les véhicules blindés n'auraient pas pu rouler sans eux. Les canons nazis, les viseurs, les génératrices et les moteurs, les systèmes de ventilation, les U-boats, les chemins de fer, les machines d'exploitation minière et les dispositifs de communication n'auraient pas fonctionné sans roulements à billes. En fait, les nazis n'ont pu combattre durant la guerre si SKF Wallenberg n'avait pas fourni tous les roulements à billes dont ils ont eu besoin.[3]

Notes

1. Il a également été récemment révélé que le père de la reine actuelle de Suède a été membre du parti nazi, a travaillé pour une filiale brésilienne d'une société allemande qui a utilisé de la main-d'oeuvre esclave, puis est retourné en 1939 en Allemagne pour devenir riche en fabriquant de l'armement pour les nazis dans une usine volée à leurs propriétaires juifs, Wechsler et Henning.
2. Information provenant de Jewish Virtual Library Page, les données fournies par Berliner Geschichtswerkstatt)
3. La plupart des informations sur Enskilda et SKF proviennent de Higham, Charles, « Trading with the Enemy : An Exposure of the Nazi-American Money Plot », 1933-1949. New York, Dell, 1983.

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Décès d'un éminent spécialiste
en fusées nazi étasunien

Walter Haeussermann, un membre dirigeant de l'équipe de spécialistes en fusées dirigée par le colonel nazi S.S. Werner von Braun, et qui fut expédiée aux États-Unis après la Deuxième Guerre mondiale afin d'aider à développer des missiles téléguidés étasuniens, est décédé le 8 décembre à Huntsville, en Alabama. Il y fut directeur du Centre de vol spatial Marshall. De 1939 à 1942, Haeusserman a travaillé pour les nazis à Peenemünde, en Allemagne, où il a contribué à développer le V-1, la « bombe volante » ainsi que les fusées supersoniques V-2. Lancées comme une pluie destructrice sur la population de Londres et d'Antwerp au Belgique, les attaques par V-1 ont fait 22 892 victimes dont 8 000 morts, et ont détruit ou endommagé plus d'un million de maisons, tandis que les V-2 tuèrent 2 541 civils et en blessèrent 5 923 autres.

En 1942, Haeussermann fut envoyé à Darmstadt pour y développer un système de guidage gyroscopique pour le V-2. Les Alliés ayant bombardé Peenemünde en 1943-44, la production de V-1 et de V-2 fut déménagée à Mittelwerk, une installation souterraine mise en place par le gouvernement nazi dans les montagnes de Kohnstein, à proximité de Nordhausen. Une main-d'oeuvre esclave provenant du camp de concentration de Buchenwald fut forcée de construire l'installation et de vivre dans ses tunnels. Cette main-d'oeuvre fut ensuite forcée de construire un camp de concentration du nom de Dora ou Mittelbau près de l'installation, et fut forcée aussi de travailler dans l'usine souterraine de Mittelwork afin d'y produire des armes nazies. Près de vingt compagnies allemandes participèrent à la construction de Mittelwerk ainsi qu'au processus d'assemblage des fusées, y inclus Siemens, BMW et Telefunken.

Le grand patron nazi de Haeussermann, Werner von Braun, visita Dora en 1944-45. Ainsi, l'équipe de spécialistes en fusée était au courant des conditions inhumaines qui y sévissaient. Environ 60 000 personnes constituant une main-d'oeuvre esclave et provenant de 21 pays, principalement de l'Union soviétique, de la Pologne et de la France, travaillèrent à Dora, et tous furent traités avec une grande cruauté, ce qui a entraîné la maladie, les blessures et la mort. Ces travailleurs peinaient de leurs mains nues 18 heures par jour, afin que le directeur des opérations, Arthur Rudolph, en tant que membre loyal du Parti nazi, puisse respecter l'objectif fixé par Hitler de produire 5 000 fusées V-2 afin de les faire pleuvoir sur Londres en un seul coup. L'endroit de travail le plus dangereux était l'atelier de galvanisation, où l'effet cumulatif des gaz toxiques tuait les travailleurs en moins d'un mois.

On estime que 25 000 personnes constituant cette main-d'oeuvre esclave périrent à Dora : 9 000 sont mortes d'épuisement et d'affaissement, 350 furent pendues (dont 200 pour actes de sabotage), et les autres sont mortes suite aux maladies, aux privations ou par balles. La vibration des machines en rendit plusieurs déments. Après la guerre, les seules personnes soumises à des accusations criminelles furent seize gardiens de Dora. Le directeur des opérations, Arthur Rudolph, le directeur général de Mittelwerk, Georg Rickhy, ainsi que tous les autres scientifiques, ingénieurs et directeurs, s'en tirèrent sans qu'aucune accusation ne soit portée contre eux.

La Deuxième Guerre mondiale venait à peine de finir que Haeusserman et ses collègues nazis, y inclus von Braun, Rudolph et Rickhy, furent mutés aux États-Unis grâce au service de renseignement des États-Unis et son opération « Paperclip », malgré leur notoriété en tant que criminels de guerre. Operation Paperclip, qui existait encore en 1973, n'avait qu'un but et celui-ci devait être atteint à tout prix : se servir des scientifiques nazis dans la recherche militaire des États-Unis afin de développer des armes pour combattre l'Union soviétique. Le concept du missile de croisière, qui fut le sujet d'opposition massive lorsque testé au Canada, s'inspire du V-1.


Assermentation de 39 scientifiques d'origine allemande,
dont deux nazis, amenés aux États-Unis pour l'Opération
Paperclip, devenus citoyens américains le 11 novembre
1954 (Jour des anciens combattants aux États-Unis).

Les architectes du programme Paperclip n'ont pas hésité à utiliser la recherche meurtrière que les nazis avaient menée sur des sujets humains en état de captivité. Les scientifiques associés à Paperclip ont trempé dans l'évaluation de drogues psychoactives telles que le LSD sur environ 7 000 soldats étasuniens entre 1955 et 1975, sans qu'ils en soient conscients, sous prétexte de développer un « sérum de la vérité ». Un éminent scientifique nazi, Hubertus Strughold, en tant que dirigeant de l'Institut de la Force aérienne pour la médecine aéronautique, avait mené des expériences inhumaines au camp de concentration de Dachau, menant à la torture et à la mort des détenus à qui on administrait de l'eau salée, qu'on submergeait dans l'eau à des températures glaciales ou qu'on soumettait à de hautes pressions atmosphériques. Ce même Strughold débuta sa carrière aux États-Unis à l'École de médecine aéronautique, sur la Base des forces aériennes Brooks, au Texas, où des humains furent soumis à l'irradiation totale et à l'aveuglement par l'éclair, expériences reliées aux essais d'armes atomiques.

Il est estimé qu'au moins 1600 scientifiques nazis furent recrutés dans la période 1945-55, même si Operation Paperclip prétendait exclure tout individu « ayant été membre du Parti nazi, ayant été plus qu'un participant secondaire dans ses activités, ou ayant activement supporté le militarisme nazi ». Afin d'apaiser l'opinion publique, les renseignements étasuniens ont fabriqué des biographies pour les scientifiques nazis et ont éliminé tout document prouvant qu'ils avaient été membres du Parti nazi. Haeussermann et les autres nazis ont nié leur culpabilité jusqu'à la fin, déclarant qu'ils ne faisaient qu'exécuter les ordres (un argument de « défense » qui fut rejeté par les tribunaux de Nuremberg). Ils prétendaient aussi qu'ils n'étaient pas au courant de la main-d'oeuvre esclave. En 1954, Haeussermann fut récompensé pour ses loyaux services aux nazis ainsi qu'à l'oligarchie financière étasunienne. On fit de lui un citoyen des États-Unis.

(Soutce : Hunt, Linda. Secret Agenda : The United States Government, Nazi Scientists, and Project Paperclip, 1945 to 1990. New York : St. Martin's Press. 1991)

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Essar Steel Algoma à Sault-Sainte-Marie

Les concessions ne sont pas une solution!

Juste avant la saison des fêtes, le monopole étranger Essar Steel a imposé la mise à pied de 400 métallurgistes de l'usine Algoma de Sault Sainte-Marie, en Ontario. Ces 400 ouvriers, qui ont perdu leurs moyens de subsistance, représentent 16 % des membres actifs de la section locale 2251 du Syndicat des Métallos.

Dans une déclaration, dont la formulation rappelle le prétexte anti-canadien invoqué par US Steel pour fermer le dernier haut fourneau en activité à Hamilton, le monopole mondial Essar invoque les « mauvaises conditions du marché ». Une porte-parole d'Essar a déclaré aux médias locaux : « Ces licenciements auront lieu au cours des prochains mois alors que nous cherchons à atteindre une taille de l'organisation et des horaires de production qui reflètent la réalité des marchés de l'acier. [...] Nous sommes confiants que Essar Steel Algoma réussira à surmonter ce cycle du marché et nous sommes impatients d'accueillir à nouveau les salariés une fois que le volume des commandes et les prix de l'acier se seront améliorés. »

LML condamne l'arrogance de ce monopole mondial qui considère les métallos du Canada comme des objets à utiliser lorsque cela le sert et à mettre au rebut comme « coûts insupportables » lorsque l'entreprise fait face aux « mauvaises conditions du marché ». Cela est injuste et devrait être illégal. Si « les conditions du marché, le volume des commandes et les prix de l'acier » sont un problème, alors il faut s'y attaquer et le corriger. Les travailleurs ont des droits qui leur appartiennent du fait qu'ils sont des êtres humains et un de ces droits est la sécurité de l'emploi. Bouleverser la vie des travailleurs ne va pas améliorer « les conditions du marché, le volume des commandes et les prix de l'acier ». Ces problèmes doivent être attaqués de front et si les monopoles étrangers au Canada sont incapables d'y faire face, alors le gouvernement doit intervenir et résoudre les problèmes au nom du peuple et de son économie.

LML est persuadé que ces problèmes économiques peuvent être résolus mais que c'est le droit de monopole qui bloque leur résolution. Essar se plaint du manque de commandes, cependant les aciéries au Canada, en tout temps, fournissent moins d'acier que la demande. Pourquoi nos métallos doivent-ils perdre leurs moyens de subsistance alors que la réalité est que, même lorsqu'elles fonctionnaient à pleine capacité, les usines canadiennes existantes, y compris Stelco Hamilton et Essar Algoma, ne pouvaient suffire à la demande en acier du Canada ? Ce n'est pas juste et les métallos et leurs alliés ont besoin d'une réponse à la question : pourquoi le Canada n'a-t-il pas une industrie de l'acier diversifiée et indépendante qui puisse répondre à sa demande en acier ? C'est notre économie ; elle devrait servir à satisfaire les besoins et le bien-être des Canadiens et faire cette même contribution au niveau international.

Tant que les travailleurs qui produisent les richesses sont écartés de la solution de ces problèmes et n'ont pas leur mot à dire et que les gouvernements refusent d'assumer leur responsabilité sociale qui est de transformer la volonté des métallos en un droit légal, toutes les mesures visant à faire porter aux travailleurs le fardeau, au nom de rendre les monopoles concurrentiels sur les marchés mondiaux, sont inacceptables. Les travailleurs en ont assez d'être l'objet d'abus de la part de ces monopoles mondiaux qui, sous prétexte des « mauvaises conditions du marché », les traitent comme des « coûts insupportables » en les mettant à pied ou en les plongeant dans l'insécurité à la retraite.

LML rappelle également qu'il y a à peine cinq mois, Essar Steel a exigé et obtenu de nombreuses concessions dans la convention collective de la section locale 2251 du Syndicat des Métallos, comme l'élimination du régime de retraite à prestations déterminées pour les nouveaux employés et sur d'autres questions touchant les « services partagés » dans son empire mondial. Pour justifier cette attaque injuste contre les travailleurs qui se verront refuser un régime de retraite et du travail parce que les emplois d'Algoma pourront être délocalisés ailleurs dans l'empire mondial Essar, le monopole avait dit qu'il avait besoin de ces concessions « pour assurer nos performances concurrentielles dans une industrie de l'acier de plus en plus fusionnée et mondialisée. Au niveau de notre avantage concurrentiel, aucun autre concurrent ne se voit empêché d'utiliser l'économie des services partagés pour réduire ses coûts. Ce que nous cherchons, c'est des règles équitables. »

Ces concessions n'ont pas changé « les conditions de marché défavorables, les prix élevés des matières premières et le faible prix de l'acier ». Ces concessions n'ont pas été et ne seront jamais une solution aux problèmes économiques de l'économie canadienne, car leur but n'est pas de les résoudre. Même des conditions d'esclavage ne pourraient donner à Essar Steel des « règles du jeu équitables » parce que les efforts des monopoles pour établir leur domination n'ont rien à voir avec des « règles équitables ». Les concessions exigées sont un moyen de transférer la richesse créée par les métallos et leurs communautés aux empires mondiaux de l'acier. Les monopoles et les concessions qu'ils exigent bloquent la voie à des solutions concrètes aux problèmes auxquels font face les Canadiens et de leur économie.

Les travailleurs ne sont pas des « coûts » ! Ils sont les producteurs de la richesse et les fournisseurs de services ! Ils ont des droits du fait de leur humanité ! Condamnons et exigeons l'annulation des mises à pied et des concessions imposées aux métallos d'Algoma !

Les concessions ne sont pas une solution !

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