|
Numéro 195 - 29
décembre 2010
La fermeture d'Electrolux
Une catastrophe pour la
communauté
et la nation qui pourrait être évitée
La fermeture d'Electrolux
• Une catastrophe pour la communauté et
la nation qui pourrait être évitée
• Il y a anguille sous roche - K. C.
Adams
Les liaisons nazies des impérialistes anglo-américains
- Dougal MacDonald
• La filière nazie d'Electrolux
• Décès d'un éminent
spécialiste en fusées nazi étasunien
Essar Steel Algoma à Sault-Sainte-Marie
• Les concessions ne sont pas une solution!
Accueil | Archives | English
La fermeture d'Electrolux
Une catastrophe pour la communauté
et la nation qui pourrait être évitée
Les impérialistes suédois ont
annoncé la fermeture de l'usine d'appareils
électroménagers à l'Assomption, près de
Montréal, et le transfert de sa capacité productive
à une nouvelle usine à Memphis, au Tennessee. Toute la
communauté est sous le choc et en colère devant cette
décision totalement inacceptable. Ce n'est pas seulement la vie
de
1300 travailleurs de l'usine qui est bouleversée, c'est aussi
celle de milliers d'autres qui dépendent directement de
l'approvisionnement de l'usine en biens et services et du transport des
marchandises.
La municipalité va subir une perte fiscale
importante et la région va subir les conséquences de la
perte des réclamations à la valeur ajoutée des
travailleurs d'Electrolux et d'ailleurs. Ces réclamations
retourneraient normalement dans la communauté, par la
participation des travailleurs à l'économie publique et
privée, comme les écoles,
les garderies, les sports et loisirs, les restaurants et magasins.
Le Québec et le Canada perdent une importante
installation manufacturière qui contribue une valeur
énorme à l'économie et au financement des
programmes sociaux et des services publics. La valeur ajoutée
réelle et potentielle de l'usine d'appareils
électroménagers est retirée du pays et, pour le
comble, ces mêmes appareils devront
désormais être importés, ce qui retire encore plus
de valeur à l'économie du Québec et du Canada.
L'annonce soudaine de cette décision hostile au
Québec et au Canada expose les dangers des accords de
libre-échange et de l'enchaînement au système
impérialiste d'États. Les impérialistes
suédois contrôlent le réseau
québécois et canadien de distribution des appareils
Electrolux. Les travailleurs et le personnel salarié de l'usine
de
l'Assomption pourraient très bien continuer la production
d'appareils électroménagers mais Electrolux
empêcherait leur distribution par son réseau de vente. La
solution serait alors de créer une nouvelle marque et
d'établir un nouveau réseau de distribution
concentré sur le Québec et le Canada et d'interdire
à Electrolux de vendre ici les appareils
fabriqués à l'étranger.
Pour cela, il faut une loi par laquelle les
gouvernements du Québec et du Canada déclarent que
l'usine et la machinerie de l'Assomption sont des moyens de production
appartenant à la nation et que les impérialistes
suédois ont perdu leur droit de vendre leurs produits ici en
raison de leur refus de produire des appareils au Canada et
pour le marché canadien. Une telle intervention prosociale des
gouvernements du Québec et du Canada confirmerait leur
engagement envers l'édification nationale, le bien-être de
la population et l'intérêt général de la
société. Pour s'assurer d'une telle intervention, il faut
une Opposition ouvrière effective. Cela peut se faire.
C'est une occasion pour le gouvernement
fédéral de prouver en pratique qu'il veut bâtir un
Canada qui inclut la nation du Québec et une occasion pour les
gouvernements du Québec et du Canada de prouver qu'ils ont la
volonté politique de défendre notre droit souverain
d'avoir une économie solide qui suffit à ses besoins,
entre
autres grâce à un secteur manufacturier qui grandit
plutôt que de rétrécir.
Les travailleurs d'Electrolux ne sont pas seuls.
Ensemble, les travailleurs d'un bout à l'autre du pays, nous
pouvons arrêter cette destruction nationale !
Base manufacturière, oui !
Destruction nationale, non !
Oui à la souveraineté, non à l'annexion !

Il y a anguille sous roche
- K. C. Adams -
Si l'on prend au mot les déclarations publiques
des porte-parole d'Electrolux, le transfert de la production des
appareils ménagers du Québec à Memphis n'a pas de
sens du point de vue économique. D'autre part, l'affaire semble
avoir été décidée tout récemment. Il
y a sûrement autre chose là-dessous et cela a
sans doute davantage à voir avec la politique
impérialiste. Selon ce qu'on lit dans les médias,
Electrolux a acheté l'usine il y a à peine huit ans et
l'a réoutillée pour fabriquer des appareils
ménagers. Les moyens de production sont encore tout neufs bien
que la structure soit vieille, puisqu'elle a été
construite il y
a des dizaines d'années sous une ancienne administration pour
produire autre chose. Les 40 millions $ offerts en
incitatifs par la ville de Memphis et le gouvernement étasunien
sont plus ou moins la coutume dans les conditions de
l'impérialisme et, en général, ils portent d'abord
sur l'infrastructure
environnante, la propriété foncière et le niveau
de formation des travailleurs. L'État du Tennessee a offert
92 millions $ en avantages non spécifiés,
possiblement pour le recrutement et la formation des travailleurs. Ces
prêts et subventions du trésor public pour payer les
riches doivent être financés en
recourant au marché des obligations, car les gouvernements
municipaux et d'État n'ont pas ces sommes en liquide.
Les 40 millions $ plus les 92 millions $
ne serviront pas à financer les installations comme telles, qui
vont coûter plusieurs centaines de millions. Ces subventions aux
riches, bien que considérables, ne sont pas énormes
comparées à ce qu'il en coûte pour construire une
usine complètement neuve
employant 1250 travailleurs, déménager toute la
machinerie ou en acheter de nouvelles, introduire des travailleurs sans
expérience dans un milieu de production et créer une
chaîne d'approvisionnement et un réseau de distribution.
Electrolux dit également qu'il lui en coûtera
124 millions $ pour fermer
l'usine de l'Assomption. Cette somme à elle seule
réinvestie dans l'usine actuelle et la machinerie actuelle
serait une amélioration colossale. Tous les
éléments de la production moderne qui doivent être
construits à partir de rien au Tennessee existent
déjà au site de l'Assomption, y compris et surtout la
main-d'oeuvre
expérimentée. De plus, le Québec offre des tarifs
d'électricité et d'eau à des taux
privilégiés. Electrolux prétend que le
déménagement lui permet de centraliser la production au
coeur de son plus gros marché d'affaires outre-mer. Mais
ça n'a pas de sens. La ville de Memphis n'a accès aux
grandes voies maritimes que
par un long segment peu profond du Mississippi, tandis que
Montréal est sur la voie maritime du Saint-Laurent, ce qui lui
donne un accès par le transport à conteneurs à
toutes les grandes villes de la côte est et des Grands Lacs,
passant par Toronto, Détroit, Chicago, Duluth et Thunder Bay,
sans compter d'un transport beaucoup plus facile et beaucoup moins
coûteux vers l'Europe.
Le taux réclamation à la valeur
ajoutée des propriétaires du capital
Le taux de réclamation à la valeur
ajoutée du Québec et celui de Memphis ne peuvent pas
être si différents, même si le Tennessee est un
ancien État esclavagiste et qu'il jouit d'un très faible
taux de syndicalisation en ce moment.
Lorsqu'on compare les réclamations des travailleurs du
Québec aux réclamations projetées des travailleurs
de Memphis, la différence n'est pas énorme et, toute
chose considérée, elles pourraient être
égales. La différence de l'échelle de salaires est
d'environ 6 $ l'heure de moins à Memphis. Sauf qu'au
Québec
les travailleurs ont un système de santé public, ce qui
veut dire qu'ils ne comptent pas sur la contribution des monopoles sur
ce front, du moins pas dans la mesure où cela se fait aux
États-Unis. Les autres programmes sociaux et services publics
sont plus considérables au Québec, ce qui allège
d'autant la pression
sur les monopoles.
Les impérialistes font baisser le niveau de vie
partout au Canada en ce moment, alors les propriétaires du
capital d'Electrolux savent qu'il y a d'autres façons de hausser
leur taux de réclamation à la valeur ajoutée que
de déménager l'usine. Ce qui nous mène à
croire que s'il est vrai que le niveau de vie et le
taux de réclamation à la valeur ajoutée sont des
facteurs importants pour les impérialistes quand ils
décident où investir, il y a quand même quelque
chose qui cloche dans cette décision. S'il s'agissait uniquement
de baisser les réclamations des travailleurs, Electrolux serait
allé au Mexique où il peut faire baisser non
seulement les réclamations des travailleurs mais aussi les
coûts de production.
Réapparition des liens entre les
impérialistes américains et les impérialistes
nazis d'Europe
Depuis quelques années il semble y avoir une
nouvelle concentration du capital monopoliste allemand dans les anciens
États esclavagistes. Ce capital monopoliste allemand, qui est
étroitement lié au capital
suédois comme celui d'Electrolux, n'est pas étranger au
capital monopoliste nazi que les impérialistes américains
ont secouru du verdict de la Deuxième Guerre mondiale et
ressuscité des cendres. Même les noms des industrialistes
nazis sont les mêmes : ThyssenKrupp, Volkswagen, Siemens,
Wacker Chemie,
Electrolux. Le capital monopoliste allemand, de concert avec le
hollandais (Royal Dutch Shell) et le suédois a
déjà surpassé le capital monopoliste anglais en
tant que plus grand investisseur direct aux États-Unis, suivi de
près par le capital monopoliste japonais, qui a lui aussi son
origine dans le capital militariste
secouru et ressuscité de la Deuxième Guerre mondiale et
qui forme la base de l'alliance militaire nippo-américaine, la
plus grande menace actuelle pour les peuples d'Asie du Sud, y compris
le peuple japonais.
Parmi les exemples de l'essor de l'investissement direct
du capital monopoliste allemand dans les anciens États
esclavagistes il y a le nouveau complexe métallurgique de
5 milliards $ de ThyssenKrupp à Mobile, en Alabama.
Notez que c'est la première aciérie
intégrée à être construite aux
États-Unis
depuis très longtemps. Volkswagen est en train de construire une
usine automobile de plusieurs milliards de dollars au Tennessee.
Siemens a construit un énorme complexe manufacturier en
Géorgie et est un des manufacturiers et fournisseurs de services
de santé les plus actifs aux États-Unis. Wacker Chemie
AG,
qui a son siège social à Munich, en Allemagne, a
annoncé le 9 décembre dernier son intention
d'investir près de 2 milliards $ dans la construction
d'un complexe de fabrication de produits chimiques au Tennessee. Le
monopole Wacker, qui a commencé durant la Première Guerre
mondiale et qui
a pris de l'ampleur avec la production de guerre sous le Reich nazi,
demeure à ce jour la propriété de descendants de
la famille Wacker. Ils ont reconquis leur propriété en
1953 par une loi adoptée par l'Allemagne de l'Ouest sous
occupation américaine. Même le capital monopoliste
canadien, dans la forme
de la National Steel Car, a construit une nouvelle usine en Alabama
pour faire concurrence à sa propre usine de Hamilton. La
décision d'Electrolux soulève des questions concernant un
lien possible avec une renaissance de l'alliance nazie du capital
monopoliste entre l'Allemagne, la Hollande, la Suède et les
États-Unis.
La part du secteur manufacturier dans l'économie
des États-Unis a chuté à 14 %, ce qui est en
dessus de ce que l'on retrouve chez les autres puissances
impérialistes comme l'Allemagne, où il dépasse les
20 %. Ce n'est pas seulement une conséquence du
développement inégal du capitalisme, puisque
l'impérialisme ou le capital monopoliste opère de
façon beaucoup moins spontanée. Le capital monopoliste
est beaucoup plus conscient de ses intérêts étroits
que le capitalisme naissant et il a appris à mettre cette
conscience à profit pour imposer sa volonté au monde.
L'administration Obama veut améliorer le secteur
manufacturier aux États-Unis, comme en atteste notamment la
situation que US Steel a créée à Hamilton,
où il a acquis l'aciérie Stelco. US Steel a fermé
ses usines canadiennes en faveur de la consolidation de la production
aux États-Unis. En atteste aussi le récent essor de la
production automobile en Amérique
du Nord, qui semble aussi être concentrée aux
États-Unis.
La reprise du capital monopoliste
allemand-hollandais-suédois aux Étast-Unis, de pair avec
les vieux liens avec le capital monopoliste militariste japonais, peut
aussi être reliée au nouveau battement des tambours de
guerre contre la Chine, la Répubique populaire
démocratique de Corée et la Russie. Ce qu'il faut
enquêter, c'est la possibilité d'un nouvel arrangement
entre les impérialistes européens, surtout ceux qui ont
des anciens liens avec les nazis, pour rétablir en partie le
secteur manufacturier aux États-Unis en échange d'on ne
sait quoi. Cela peut avoir à voir avec la consolidation de
l'empire militaire américain en Europe
en opposition à la Russie et avec l'expansion de l'OTAN à
l'avantage de l'impérialisme européen en échange
de l'abandon des objections aux provocations militaires des
États-Unis sur la péninsule coréenne ou autre
avantage pour l'empire américain.
Ce qui semble évident, c'est qu'on ne
connaît pas tous les dessous de la décision d'Electrolux
de fermer l'usine de l'Assomption et de transférer la production
au Tennessee et que les travailleurs et leurs alliés doivent en
être conscients et s'opposer à ces développements
avec toute la force de leur collectif. La
réapparition des impérialistes nazis et de leurs
collaborateurs américains doit être fermement
opposée. Electrolux et les autres doivent s'attendre à
des conséquences pour leurs actions antisociales. Ces
conséquences prosociales doivent être popularisées
et faire partie de la conscience de l'Opposition ouvrière et de
la
société. Les impérialistes doivent s'attendre
à être confrontés à la résistance
quand ils tentent d'imposer leurs sales machinations. Dans le cas de
l'Assomption, Electrolux doit au moins voir une partie de ses avoirs au
Québec saisis et ses produits se voir interdits d'accès
sur le marché canadien en provenance d'Europe
ou des États-Unis. Si Electrolux refuse tout arrangement pour
assurer la continuation de la production, au moins au niveau de ses
ventes au Canada, alors les gouvernements ont le devoir de trouver une
alternative et de ne pas laisser les choses au hasard. C'est une
occasion pour le gouvernement fédéral de montrer qu'il
désire vraiment que le Québec soit une nation viable au
Canada, avec une viabilité économique fondée sur
une base manufacturière et pas sur les vicissitudes et la
pauvreté de la valeur ajoutée de l'extraction des
ressources et de l'exportation des matières brutes comme
l'électricité.

Les liaisons nazies des
impérialistes anglo-américains
La filière nazie d'Electrolux
- Dougal MacDonald -
Le fabricant suédois
d'électroménagers Electrolux a été
fondé en 1919 et repris dans les années 1930 par le
riche suédois et collaborateur nazi Axel Wenner-Gren. Au
début de la Deuxième Guerre mondiale, l'amitié
Wenner-Gren avec le commandant en chef nazi de la Luftwaffe, Hermann
Goering, et le duc de Windsor, qui a dû abdiquer le trône
d'Angleterre en 1938 à cause de son soutien aux nazis, a
conduit les Alliés à mettre
Wenner-Gren sur une liste noire des entreprises et entrepreneurs.
Wenner-Gren a également fait partie d'un partenariat avec le
propriétaire d'ITT, Sosthène Behn, et le président
de SKF, Sven Wingquist (voir ci-
dessous), dans l'empire géant des munitions Bofors,
acheté par Krupp, qui a fourni en armes l'Allemagne. ITT
possédait 25 % de Focke Wulfe, qui a produit des avions de
chasse pour la Luftwaffe allemande. ITT
a également financé le coup d'État militaire
sanglant de Pinochet, au Chili, en 1973.
En 1957, Wenner-Gren a proposé un plan au premier
ministre W.A.C. Bennett de la Colombie-Britannique pour exploiter les
ressources
d'un territoire de 100 000 km carrés (représentant un
dixième de la Colombie-Britannique)
dénommé « la fosse des Rocheuses »,
dans le nord de la province. Le plan comprenait un « barrage
plus grand que le barrage Hoover », mais seulement un chemin
de fer reliant Prince-George à l'Alaska
a été complété. Quelques années
après la mort de Wenner-Gren, en 1961, le gouvernement de la
Colombie-Britannique a construit le barrage WAC Bennett sur le lac
Williston.

Un avion de combat Focke Wulfe 190.
|
En 1956, Wenner-Gren a vendu ses actions d'Electrolux
aux Wallenberg, les plus puissants financiers capitalistes de la
Suède. Marcus Wallenberg est le président actuel
d'Electrolux et les Wallenberg contrôlent
27,6 % de la société. Marcus Wallenberg est
également président de la banque appartenant à la
famille Wallenberg, Skandinaviska Enskilda Banken (SEB), avec des
filiales en Estonie, Lettonie, Lituanie, Ukraine, Russie,
Allemagne et à New York. Il est président du fournisseur
de matériel militaire Saab, vice-président du
géant des télécommunications Ericsson et
président de la Chambre de commerce internationale (CCI), une
organisation
commerciale mondiale qui comprend des milliers d'entreprises dans plus
de 130 pays. Les Wallenberg détiennent également une
participation importante dans Saab, Ericsson, SKF Bearing inc.,
Skandinavian Airlines Systems
(SAS), Husqvarna, Atlas Copco, Astra Zeneca, et de nombreuses autres
sociétés.
Au cours de la Deuxième Guerre mondiale, la
Suède, qui est devenue avec la fin de la guerre le pays le plus
riche en Europe, a été officiellement
« neutre » mais ce n'est qu'un mythe. Les
entreprises suédoises
ont grandement collaboré avec les nazis, y compris en
fournissant à l'Allemagne du minerai de fer, des roulements
à billes, des denrées alimentaires, du bois et beaucoup
d'autres matières premières, tout en offrant du
crédit qui a permis la livraison de matériel de guerre
à la Wermacht, fournissant le transport ferroviaire afin d'aider
à l'invasion de la Norvège et agissant comme un
intermédiaire pour le transit des marchandises et
des devises à destination et en provenance d'Allemagne. Le roi
de Suède Gustave V a été un ami proche de Herman
Goering (dont la première femme était suédoise) et
d'autres hauts responsables nazis.
Après la guerre, la Suède
« neutre » a accepté de payer près
de 70 millions $ de réparations, mais ne l'a toujours pas
fait et elle détient toujours plusieurs tonnes d'or pris par les
nazis, quelque
part dans ses coffres de banque. Aujourd'hui, en Suède
« neutre », le parti Svenskarnas qui se proclame
néo-nazi est autorisé à participer officiellement
à la politique suédoise, alors qu'il incite à des
attaques
racistes contre les immigrants et les
« non-Suédois ».[1]
Au cours de la Deuxième Guerre mondiale, autant
Electrolux (alors propriété de Wenner-Gren) que la
famille Wallenberg ont collaboré avec les nazis. Selon
l'American Jewish Committee[2], Electrolux AG à Berlin a
utilisé
de la main-d'oeuvre esclave pour fabriquer ses produits. En 2005,
Electrolux a acheté la marque AEG, le plus grand fabriquant
allemand de produits électriques durant la guerre, et maintenant
transige « fièrement »
à la bourse en utilisant la marque AEG-Electrolux, même
si, pendant la Deuxième Guerre mondiale, AEG a donné de
l'argent aux nazis, a fait partie du « Cercle des
Amis » de Himmler et a exploité de la main-d'oeuvre
esclave, y compris au camp de concentration d'Auschwitz.
La banque de Wallenberg, Enskilda Banken (qui a
fusionné en 1972 avec Skandinaviska Banken pour former
Skandinaviska Enskilda Banken), a collaboré avec les nazis en
les aidant à disposer de millions de dollars
en avoirs confisqués aux prisonniers, en convertissant l'or
volé nazi en monnaie suédoise. Au cours de l'année
1939-1940, la Banque Enskilda a secrètement acheté toutes
les succursales étrangères du groupe Robert Bosch,
un fabricant allemand de bougies qui utilisait de la main-d'oeuvre
esclave. À son tour, Bosch a facilité la vente de
3,6 millions $ d'obligations allemandes détenues par
Enskilda. La Banque Enskilda a également
aidé les sociétés nazies telles IG Farben et Krupp
à dissimuler leurs filiales à l'étranger pour
éviter la confiscation par les Alliés.
Le secrétaire américain au Trésor,
Henry Morgenthau, dans une lettre adressée au secrétaire
d'État américain, en février 1945, a accusé
Enskilda de faire des prêts importants sans garantie aux nazis et
d'effectuer
des investissements clandestins pour des capitalistes allemands dans
les industries des États-Unis.
SKF Bearing appartenant à Wallenberg, le plus
grand fabricant mondial de roulements à billes, a
collaboré avec les nazis en leur fournissant des roulements
à billes en acier, tout en retenant en même temps la
fourniture
aux Alliés. Jusqu'à la fin de la Deuxième Guerre
mondiale, 60 % de la production de SKF a été
acheminée vers l'Allemagne. SKF a été intimement
lié à tous les groupes industriels en Suède et les
administrateurs de
SKF ont représenté des sociétés qui ont
dirigé toute l'économie suédoise.
SKF a également contrôlé des mines
de fer, des aciéries et des usines aux États-Unis, en
Grande-Bretagne, en France et en Allemagne. Sven Wingquist, un
partenaire des Wallenberg et d'Axel Wenner-Gren, et un ami de
Goering et du duc de Windsor, était directeur de la
société SKF. Le cousin de Goering, le comte Hugo von
Rosen, a été un administrateur américain de SKF
pendant toute la guerre.
Bien que de petite taille, les roulements à
billes de SKF ont été absolument essentiels pour les
nazis. La Luftwaffe n'aurait pas pu voler sans roulements à
billes, les chars et les véhicules blindés n'auraient pas
pu rouler sans eux. Les canons nazis, les viseurs, les
génératrices et les moteurs, les systèmes de
ventilation, les U-boats, les chemins de fer, les machines
d'exploitation minière et les dispositifs de communication
n'auraient pas fonctionné sans roulements à billes. En
fait, les nazis n'ont pu combattre durant la guerre si SKF Wallenberg
n'avait pas fourni tous les roulements à billes dont ils ont eu
besoin.[3]
Notes
1. Il a également été
récemment révélé que le père de la
reine actuelle de Suède a été membre du parti
nazi, a travaillé pour une filiale brésilienne d'une
société allemande qui a utilisé de la
main-d'oeuvre esclave, puis est retourné en 1939 en
Allemagne
pour devenir riche en fabriquant de l'armement pour les nazis dans une
usine volée à leurs propriétaires juifs, Wechsler
et Henning.
2. Information provenant de Jewish Virtual Library Page, les
données fournies par Berliner
Geschichtswerkstatt)
3. La plupart des informations sur Enskilda et SKF proviennent de
Higham, Charles, « Trading with the
Enemy : An Exposure of the Nazi-American Money Plot »,
1933-1949. New York, Dell, 1983.

Décès d'un éminent
spécialiste
en fusées nazi étasunien
- Dougal MacDougal -
Walter Haeussermann, un membre dirigeant de
l'équipe de spécialistes en fusées dirigée
par le colonel nazi S.S. Werner von Braun, et qui fut
expédiée aux
États-Unis après la Deuxième Guerre mondiale afin
d'aider à développer des missiles
téléguidés étasuniens, est
décédé le 8 décembre à
Huntsville, en
Alabama. Il y fut directeur du Centre de vol spatial Marshall. De
1939 à 1942, Haeusserman a travaillé pour les nazis
à Peenemünde, en Allemagne, où
il a contribué à développer le V-1, la
« bombe volante » ainsi que les fusées
supersoniques V-2. Lancées comme une pluie destructrice sur la
population de Londres et d'Antwerp au Belgique, les attaques par
V-1 ont fait 22 892 victimes dont 8 000 morts, et
ont détruit ou
endommagé plus d'un million de maisons, tandis que les
V-2 tuèrent 2 541 civils et en blessèrent
5 923 autres.
En 1942, Haeussermann fut envoyé à
Darmstadt pour y développer un système de guidage
gyroscopique pour le V-2. Les Alliés ayant bombardé
Peenemünde
en 1943-44, la production de V-1 et de V-2 fut
déménagée à Mittelwerk, une installation
souterraine mise en place par le gouvernement nazi dans
les montagnes de Kohnstein, à proximité de Nordhausen.
Une main-d'oeuvre esclave provenant du camp de concentration de
Buchenwald fut forcée de construire
l'installation et de vivre dans ses tunnels. Cette main-d'oeuvre fut
ensuite forcée de construire un camp de concentration du nom de
Dora ou Mittelbau près de
l'installation, et fut forcée aussi de travailler dans l'usine
souterraine de Mittelwork afin d'y produire des armes nazies.
Près de vingt compagnies allemandes
participèrent à la construction de Mittelwerk ainsi qu'au
processus d'assemblage des fusées, y inclus Siemens, BMW et
Telefunken.
Le grand patron nazi de Haeussermann, Werner von Braun,
visita Dora en 1944-45. Ainsi, l'équipe de spécialistes
en fusée était au courant des conditions
inhumaines qui y sévissaient. Environ 60 000 personnes
constituant une main-d'oeuvre esclave et provenant de 21 pays,
principalement de l'Union
soviétique, de la Pologne et de la France, travaillèrent
à Dora, et tous furent traités avec une grande
cruauté, ce qui a entraîné la maladie, les
blessures et la mort.
Ces travailleurs peinaient de leurs mains nues 18 heures par jour,
afin que le directeur des opérations, Arthur Rudolph, en tant
que membre loyal du Parti
nazi, puisse respecter l'objectif fixé par Hitler de produire
5 000 fusées V-2 afin de les faire pleuvoir sur
Londres en un seul coup. L'endroit de
travail le plus dangereux était l'atelier de galvanisation,
où l'effet cumulatif des gaz toxiques tuait les travailleurs en
moins d'un mois.
On estime que 25 000 personnes constituant cette
main-d'oeuvre esclave périrent à Dora : 9 000
sont mortes d'épuisement et
d'affaissement, 350 furent pendues (dont 200 pour actes de sabotage),
et les autres sont mortes suite aux maladies, aux privations ou par
balles. La vibration
des machines en rendit plusieurs déments. Après la
guerre, les seules personnes soumises à des accusations
criminelles furent seize gardiens de Dora. Le directeur
des opérations, Arthur Rudolph, le directeur
général de Mittelwerk, Georg Rickhy, ainsi que tous les
autres scientifiques, ingénieurs et directeurs, s'en
tirèrent
sans qu'aucune accusation ne soit portée contre eux.
La Deuxième Guerre mondiale venait à peine
de finir que Haeusserman et ses collègues nazis, y inclus von
Braun, Rudolph et Rickhy, furent mutés aux
États-Unis grâce au service de renseignement des
États-Unis et son opération
« Paperclip », malgré leur
notoriété en tant que criminels de guerre. Operation
Paperclip, qui existait encore en 1973,
n'avait qu'un but et celui-ci devait être atteint à tout
prix : se servir des scientifiques nazis
dans la recherche militaire des États-Unis afin de
développer des armes pour combattre l'Union soviétique.
Le concept du missile de croisière, qui fut le sujet
d'opposition massive lorsque testé au Canada, s'inspire du V-1.

Assermentation de
39 scientifiques d'origine allemande,
dont deux nazis, amenés aux États-Unis pour
l'Opération
Paperclip, devenus citoyens américains le 11 novembre
1954 (Jour des anciens combattants aux États-Unis).
|
Les architectes du programme Paperclip n'ont
pas hésité à utiliser la recherche
meurtrière que les nazis avaient menée sur des sujets
humains
en état de captivité. Les scientifiques associés
à Paperclip ont trempé dans l'évaluation
de drogues psychoactives telles que le LSD sur environ
7 000 soldats étasuniens entre 1955 et 1975, sans
qu'ils en soient conscients, sous prétexte de développer
un « sérum de la vérité ».
Un éminent scientifique nazi, Hubertus Strughold, en tant que
dirigeant de l'Institut de la Force aérienne pour la
médecine aéronautique, avait mené des
expériences inhumaines au camp de concentration de Dachau,
menant à la torture et à la mort des détenus
à qui on administrait de l'eau salée, qu'on submergeait
dans l'eau à des températures glaciales ou qu'on
soumettait à de hautes pressions atmosphériques. Ce
même Strughold débuta sa carrière aux
États-Unis à l'École
de médecine aéronautique, sur la Base des forces
aériennes Brooks, au Texas, où des humains furent soumis
à l'irradiation totale et à l'aveuglement par
l'éclair,
expériences reliées aux essais d'armes atomiques.
Il est estimé qu'au moins 1600 scientifiques
nazis furent recrutés dans la période 1945-55, même
si Operation Paperclip prétendait exclure tout
individu « ayant été membre du Parti nazi,
ayant été plus qu'un participant secondaire dans ses
activités, ou ayant activement supporté le militarisme
nazi ». Afin d'apaiser l'opinion publique, les
renseignements étasuniens ont fabriqué des biographies
pour les scientifiques nazis et ont éliminé tout
document prouvant qu'ils avaient été membres du Parti
nazi. Haeussermann et les autres nazis ont nié leur
culpabilité jusqu'à la fin, déclarant qu'ils ne
faisaient
qu'exécuter les ordres (un argument de
« défense » qui fut rejeté par les
tribunaux de Nuremberg). Ils prétendaient aussi qu'ils
n'étaient pas au
courant de la main-d'oeuvre esclave. En 1954, Haeussermann fut
récompensé pour ses loyaux services aux nazis ainsi
qu'à l'oligarchie financière étasunienne.
On fit de lui un citoyen des États-Unis.

Essar Steel Algoma à
Sault-Sainte-Marie
Les concessions ne sont pas une solution!
Juste avant la saison des fêtes, le monopole
étranger Essar Steel a imposé la mise à pied de
400 métallurgistes de l'usine Algoma de Sault Sainte-Marie,
en Ontario. Ces 400 ouvriers, qui ont perdu leurs moyens de
subsistance, représentent 16 % des membres actifs de la
section locale 2251 du Syndicat
des Métallos.
Dans une déclaration, dont la formulation
rappelle le prétexte anti-canadien invoqué par US Steel
pour fermer le dernier haut fourneau en activité à
Hamilton,
le monopole mondial Essar invoque les « mauvaises conditions
du marché ». Une porte-parole d'Essar a
déclaré aux médias locaux :
« Ces licenciements auront lieu au cours des prochains mois
alors que nous cherchons à atteindre une taille de
l'organisation et des horaires de production
qui reflètent la réalité des marchés de
l'acier. [...] Nous sommes confiants que Essar Steel Algoma
réussira à surmonter ce cycle du marché et nous
sommes
impatients d'accueillir à nouveau les salariés une fois
que le volume des commandes et les prix de l'acier se seront
améliorés. »
LML condamne l'arrogance de ce monopole mondial
qui considère les métallos du Canada comme des objets
à utiliser lorsque cela le sert et
à mettre au rebut comme « coûts
insupportables » lorsque l'entreprise fait face aux
« mauvaises conditions du marché ». Cela
est injuste
et devrait être illégal. Si « les conditions du
marché, le volume des commandes et les prix de
l'acier » sont un problème, alors il faut s'y
attaquer
et le corriger. Les travailleurs ont des droits qui leur appartiennent
du fait qu'ils sont des êtres humains et un de ces droits est la
sécurité de l'emploi. Bouleverser
la vie des travailleurs ne va pas améliorer « les
conditions du marché, le volume des commandes et les prix de
l'acier ». Ces problèmes doivent
être attaqués de front et si les monopoles
étrangers au Canada sont incapables d'y faire face, alors le
gouvernement doit intervenir et résoudre les problèmes
au nom du peuple et de son économie.
LML est persuadé que ces
problèmes économiques peuvent être résolus
mais que c'est le droit de monopole qui bloque leur résolution.
Essar
se plaint du manque de commandes, cependant les aciéries au
Canada, en tout temps, fournissent moins d'acier que la demande.
Pourquoi nos métallos doivent-ils
perdre leurs moyens de subsistance alors que la réalité
est que, même lorsqu'elles fonctionnaient à pleine
capacité, les usines canadiennes existantes, y compris
Stelco Hamilton et Essar Algoma, ne pouvaient suffire à la
demande en acier du Canada ? Ce n'est pas juste et les
métallos et leurs alliés ont besoin d'une
réponse à la question : pourquoi le Canada n'a-t-il
pas une industrie de l'acier diversifiée et indépendante
qui puisse répondre à sa demande en
acier ? C'est notre économie ; elle devrait servir
à satisfaire les besoins et le bien-être des Canadiens et
faire cette même contribution au niveau
international.
Tant que les travailleurs qui produisent les richesses
sont écartés de la solution de ces problèmes et
n'ont pas leur mot à dire et que les gouvernements
refusent d'assumer leur responsabilité sociale qui est de
transformer la volonté des métallos en un droit
légal, toutes les mesures visant à faire porter aux
travailleurs le fardeau, au nom de rendre les monopoles concurrentiels
sur
les marchés mondiaux, sont inacceptables. Les travailleurs en
ont assez d'être l'objet d'abus
de la part de ces monopoles mondiaux qui, sous prétexte des
« mauvaises conditions du marché », les
traitent comme des « coûts
insupportables » en les mettant à pied ou en les
plongeant dans l'insécurité à la retraite.
LML rappelle également qu'il y a
à peine cinq mois, Essar Steel a exigé et obtenu de
nombreuses concessions dans la convention collective
de la section locale 2251 du Syndicat des Métallos, comme
l'élimination du régime de retraite à prestations
déterminées pour les nouveaux employés et sur
d'autres questions touchant les « services
partagés » dans son empire mondial. Pour justifier
cette attaque injuste contre les travailleurs qui se verront
refuser un régime de retraite et du travail parce que les
emplois d'Algoma pourront être délocalisés ailleurs
dans l'empire mondial Essar, le monopole avait dit
qu'il avait besoin de ces concessions « pour assurer nos
performances concurrentielles dans une industrie de l'acier de plus en
plus fusionnée et
mondialisée. Au niveau de notre avantage concurrentiel, aucun
autre concurrent ne se voit empêché d'utiliser
l'économie des services partagés pour réduire ses
coûts. Ce que nous cherchons, c'est des règles
équitables. »
Ces concessions n'ont pas changé « les
conditions de marché défavorables, les prix
élevés des matières premières et le faible
prix de l'acier ».
Ces concessions n'ont pas été et ne seront jamais une
solution aux problèmes économiques de l'économie
canadienne, car leur but n'est pas de les résoudre.
Même des conditions d'esclavage ne pourraient donner à
Essar Steel des « règles du jeu
équitables » parce que les efforts des monopoles pour
établir leur domination n'ont rien à voir avec des
« règles équitables ». Les
concessions exigées sont un moyen de transférer la
richesse créée par
les métallos et leurs communautés aux empires mondiaux de
l'acier. Les monopoles et les concessions qu'ils exigent bloquent la
voie à des solutions concrètes
aux problèmes auxquels font face les Canadiens et de leur
économie.
Les travailleurs ne sont pas des
« coûts » ! Ils sont les producteurs
de la richesse et les fournisseurs de services ! Ils ont des
droits
du fait de leur humanité ! Condamnons et exigeons
l'annulation des mises à pied et des concessions imposées
aux métallos d'Algoma !
Les concessions ne sont pas une
solution !

Lisez Le
Marxiste-Léniniste
Site web: www.pccml.ca
Courriel: redaction@cpcml.ca
|