Le Marxiste-Léniniste

Numéro 164 - 22 octobre 2010

Non à l'hypocrisie et au sensationnalisme

Les femmes refusent d'être victimes


Au rassemblement de la Marche mondiale des femmes à Rimouski le 17 octobre 2010.

Non à l'hypocrisie et au sensationnalisme
Les femmes refusent d'être victimes
Le rassemblement national de la Marche mondiale des femmes à Rimouski: une affirmation militante des droits des femmes
Le 16 octobre: Journée d'action pour exiger que le Canada adopte la Déclaration de l'ONU sur les droits des peuples autochtones

Journée internationale pour l'élimination de la pauvreté
La fin de la pauvreté passe par la reconnaissance des droits de tous et toutes! - Serge Lachapelle

Le 27 octobre à Ottawa
Ottawa a de l'argent. Ça en prend pour le logement! - FRAPRU

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Non à l'hypocrisie et au sensationnalisme

Les femmes refusent d'être victimes

Nous sommes soumis à un barrage médiatique depuis une semaine à propos du militaire qui a été trouvé coupable de meurtres et d'agressions sexuelles. Les médias semblent outrés par les actions de ce monstre qui aurait fait des choses totalement incompréhensibles de la part d'un homme occupant une position aussi respectable dans la société. Pourquoi est-ce si choquant quand on a vu ce que les occupants impérialistes ont fait aux prisonniers en Irak et quand on sait que les « confessions » du citoyen canadien Omar Khadr ont été obtenues par la torture à la prison de Guantanamo sous administration des États-Unis, avec l'assentiment des autorités canadiennes ?

L'hypocrisie du sensationnalisme entourant les crimes du commandant canadien est exposée entre autres par le fait que les autorités canadiennes n'ont rien fait concernant les jeunes femmes qui ont été détenues durant les manifestations contre le G20 cet été à Toronto, qui ont été menacées de viol par des officiers de police qui cherchaient à les forcer à se soumettre aux injustices auxquelles les manifestants ont été soumis.

Le sensationnalisme des médias monopolisés obscurcit le fait que les corps policiers et ceux qui sont au gouvernement ne font rien pour s'assurer que les femmes ne soient pas soumises à la violence et aux autres injustices. Au contraire, les gouvernements coupent les budgets des programmes établis pour veiller à la sécurité des femmes et de la société en général. Qui est responsable, par exemple, du sort des femmes, surtout des femmes autochtones, qui ont été tuées dans le Lower East Side de Vancouver récemment ?

On cherche à nous faire croire que ce sont des voisins et des collègues de travail que les femmes doivent se méfier. On cherche à créer un climat de peur dans la population, peur du voisin, peur de l'entourage, pendant que l'autorité illégitime criminalise la conscience. Or, c'est l'intensification de l'offensive antisociale des gouvernements à tous les niveaux qui crée les conditions dans lesquelles les femmes et les enfants sont de plus en plus attaqués. Le climat de peur du voisin est une diversion. C'est précisément la culture d'impunité des forces policières et militaires au pays et à l'étranger qui donne naissance à des monstres comme ce commandant de l'armée canadienne.

Les femmes refusent d'être victimes. Elles sont aux premiers rangs de celles et ceux qui luttent pour investir le peuple du pouvoir souverain et créer une société fondée sur la reconnaissance des droits de tous ses membres.

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Rassemblement de la Marche mondiale des femmes à Rimouski
Une affirmation militante des droits des femmes


À Rimouski le 17 octobre 2010

Près de 10 000 femmes de tous âges et de tous les coins du Québec ont marché dans les rues de Rimouski dimanche le 17 octobre pour la clôture de la Marche mondiale des femmes 2010. Des contingents des organisations de défense des femmes, tables de concertation de femmes, organisations contre la violence, centres de jeunes, syndicats (FTQ, CSQ, CSN, FIQ, STTP, AFPC, etc.) en provenance de la Côte nord, de la Gaspésie, de l'Outaouais, la Beauce, Québec, Saguenay-Lac-St-Jean, Abitibi-Témiscamingue, Longueuil, Laval, Montréal, Joliette et de plusieurs autres endroits, ainsi que des militantes du Parti marxiste-léniniste du Québec (PMLQ) ont marché sur un trajet de 3 kilomètres du cégep de Rimouski jusqu'au parc Beauséjour, en passant par le centre-ville.

Tout au long du trajet, il y avait de l'animation : percussions, mises en scène contre la tarification du gouvernement Charest, lecture de textes, chansons, poèmes sur les demandes pressantes des femmes et les slogans scandés tout au long de la marche : « Notre système de santé, pas question de l'tarifier », « Qui sème la misère, récolte la colère », « Le logement social, pour les femmes c'est vital »,« Le logement, c'est un droit, pour toutes les femmes on veut un toit », « Dans nos écoles ou dans la rue, des pubs sexistes on n'en veut plus », « On veut pus de militaires, dans nos institutions scolaires », « On s'laissera pas appauvrir, on s'laissera pas désunir », « Coude à coude sans relâche, pas question que les femmes lâchent », « Pour le droit des Premières Nations, signons la déclaration » et plusieurs autres. Les activistes du PMLQ ont distribué la déclaration émise pour l'occasion. (Voir LML no. 161, 15 octobre 2010)




Alexa Conradi, présidente de la Fédération des femmes du Québec, a pris la parole au rassemblement. Face à la campagne menée par les médias pour dénigrer la marche et ses revendications, elle a déclaré d'entrée de jeu : « Vous savez à quel point on vous a dit cette semaine qu'on ne représentait personne, qu'on était marginales et qu'on n'était pas modernes. On attendait 5 000 personnes, il y en a eu 10 000. Il n'y a pas de meilleure réponse que votre arrivée ici, à Rimouski. Le mouvement des femmes est enraciné dans toutes les régions du Québec. »

Elle a ajouté : « La Marche mondiale des femmes est à quelque part un rempart contre la droite. [...] On a pu voir que ce gouvernement du Québec n'est pas à l'écoute des femmes, même s'il se targue d'être pour l'égalité, qu'il n'a pas l'intention de protéger l'éducation, ni la santé contre la privatisation et la tarification. On a vu pour la première fois qu'il était prêt à arrêter des femmes dans les locaux de la ministre St-Pierre, ce qui clarifie nos luttes à venir. On est fortes devant les tempêtes politiques et médiatiques très demandantes pour le mouvement des femmes. [...] Il y a toujours eu des structures politiques pour dire que nous n'avions pas raison. »

Elle a réaffirmé la justesse de la lutte des femmes en disant : « Les marcheuses sont profondément indignées devant le manque d'intérêt des gouvernements canadien et québécois pour les idées et propositions qu'elles portent. Que ce soit clair, avec le ressac antiféministe et les publicités sexistes, l'écart grandissant entre riches et pauvres, la place croissante du privé et de la tarification dans les services publics, la place faite à la militarisation dans notre société, la discrimination envers les femmes autochtones et le fait que plusieurs femmes n'ont pas encore bénéficié des gains du mouvement féministe, nous avons la ferme intention de poursuivre nos actions. La fin de la semaine d'actions de la Marche mondiale des femmes n'est pas la fin de la lutte. ».

Le rassemblement s'est terminé au parc Beauséjour où les femmes ont pu participer au grand spectacle de clôture sous le chapiteau, animé par Maguy Metellus, bien connue dans la communauté haïtienne et active contre le racisme, contre la guerre et pour les droits des femmes. Chants, danses, prises de parole ont suivi pour saluer les marches mondiales des femmes 2000, 2005 et celle d'aujourd'hui, inspirant tout le monde à poursuivre leurs batailles à la défense des droits de toutes et tous, à la défense de l'humanité.

Le rassemblement d'aujourd'hui s'est tenu en même temps que le rassemblement international de la Marche mondiale des femmes qui a eu lieu simultanément à Bukavu, en République démocratique du Congo, où plus de 2 000 femmes d'Afrique, des Amériques, d'Europe et d'Asie se sont réunies pour dénoncer et mettre en lumière les effets des guerres et de la militarisation sur les femmes. Deux déléguées de la Marche mondiale des femmes y sont présentement pour représenter le Québec.


Cérémonie à la clôture de l'Action internationale de la Marche mondiale des femmes à Bukavu,
en République démocratique du Congo, le 13 octobre 2010. 
(Witness.org)

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Le 16 octobre: Journée d'action pour exiger
que le Canada adopte la Déclaration de l'ONU
sur les droits des peuples autochtones

Le 16 octobre, cinquième journée d'actions de la Marche mondiale des femmes, des femmes de partout au Québec se sont mobilisées en appui aux droits des femmes autochtones et pour demander l'adoption sans conditions de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones. Des actions symboliques et des marches ont eu lieu à Rimouski, Québec, Godbout, Sept-Iles, Maria, Mashteuiatsh et Laval.

La Marche mondiale des femmes exige le respect des droits des femmes autochtones. Les gouvernements du Canada et du Québec doivent adhérer, sans conditions, à la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones. « La signature de cette Déclaration sans conditions est un pas en avant pour les peuples autochtones partout dans le monde. Le Canada est le seul pays, avec les États-Unis, à ne pas y avoir adhéré. Il doit le faire et s'engager à reconnaître, sans conditions ni réserves, cet indispensable instrument de défense des droits humains et à faire en sorte que les lois canadiennes respectent cette Déclaration », a dit Alexa Conradi, présidente de la Fédération des femmes du Québec et porte-parole de la Coordination du Québec de la Marche mondiale des femmes.

Cet outil fondamental affirme divers droits tant collectifs qu'individuels concernant notamment les terres, territoires et ressources, qui sont essentiels à l'identité culturelle des peuples autochtones et l'exercice de leurs droits fondamentaux. Pour ce qui est des femmes autochtones et leur famille, la Déclaration affirme le droit à l'égalité et à la non-discrimination et demande aux États d'instaurer des mesures pour veiller à ce que les femmes et les enfants autochtones soient pleinement protégés contre toutes formes de violence. La Déclaration est particulièrement importante à cet égard, car elle établit des standards minimums de respect des droits collectifs et des libertés individuelles des peuples autochtones, et plus particulièrement des femmes et enfants autochtones qui sont principalement touchés par les questions de violence familiale.

Helen Gabriel, présidente de Femmes Autochtones du Québec, a rappelé que « le Canada est un des deux derniers pays à ne pas soutenir cette Déclaration alors que son adoption sans réserve et sans conditions, constituerait un geste de réconciliation important envers les peuples autochtones au Canada ».

« Il est extrêmement important que les femmes de différentes nations fassent preuve de solidarité entre elles. C'est pourquoi, en appui aux luttes de nos soeurs autochtones, nous avons décidé d'intégrer dans nos demandes l'adhésion du Canada à la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones », explique Alexa Conradi.

Pour Anne Archambault, Grand Chef de la Première Nation Malécite de Viger, « cet esprit de solidarité et d'entraide s'est concrétisé dans le Bas-St-Laurent par le travail conjoint des organisations de femmes autochtones et allochtones pour l'organisation de l'accueil de la Marche mondiale des femmes ». Elle a aussi ajouté que les Premières Nations « n'attendront pas que la Déclaration soit adoptée pour la mettre en marche ».

Dans son discours du Trône de mars 2010, le gouvernement canadien s'est engagé à appuyer la Déclaration des Nations unies, mais plus aucun signal ne provient d'Ottawa depuis.

Pour sa part, l'Assemblée nationale du Québec n'a pas encore adopté une motion unanime en faveur de la Déclaration. Avec la réponse du gouvernement à la Marche mondiale, on comprend mieux pourquoi. Le gouvernement du Québec veut imposer des conditions à l'adoption de cette motion, ce qui serait inacceptable pour Femmes autochtones du Québec et la Coordination du Québec de la MMF. Pour consulter la réponse du gouvernement québécois :

http ://www.scf.gouv.qc.ca/fileadmin/publications/marchemondiale/champ5_Marchemondialedesfemmes.pdf

La Déclaration a été adoptée le 13 septembre 2007 par 143 États. Depuis, 4 États se sont joints à la liste des signataires.

Source : communiqués de la FFQ

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Journée internationale pour l'élimination de la pauvreté

La fin de la pauvreté passe par la reconnaissance
des droits de tous et toutes!

Le 17 octobre à l'occasion de la 13e Journée internationale pour l'élimination de la pauvreté, des centaines de manifestations, réunions et commémorations qui ont réunis des milliers de personnes ont eu lieu à travers le monde. Témoignant de l'ampleur qu'a pris la pauvreté au Québec, des actions se sont tenues dans huit villes québécoises.

À Montréal, plus d'une centaine de personnes se sont réunies en après-midi au centre communautaire Wilfrid-Bastien de Saint-Léonard. Le dîner communautaire a donné lieu à de vives discussions sur les moyens de mettre fin à la pauvreté. Comme l'a souligné une participante, nous avons un problème avec ces gouvernements qui ne gouvernent que pour satisfaire les riches au mépris de la population. Plusieurs ont fait remarquer que cette Journée se tenait au même moment où des milliers de femmes marchaient à Rimouski pour mettre de l'avant des revendications concrètes pour mettre fin à la pauvreté.

Après le dîner, on a invité les participants à une commémoration qui a combiné témoignages et musique. Comme l'ont dit des membres de l'Université populaire Quart Monde du Canada : « Ce que les personne vivent, ce sont des injustices liées à la pauvreté. Ce n'est pas juste un manque d'argent. C'est l'insécurité et l'exclusion qui viennent avec. Nous croyons que la pauvreté et ses injustices ne sont pas fatales et que les personnes en situation de pauvreté ont des droits. Il faudrait la volonté de chacun et la volonté politique pour respecter ces droits. Les personnes en situation de pauvreté ne sont pas que des problèmes, elles font partie de la solution. »

« Dans le fait d'être pauvre, le pire c'est de regarder la vie passer et de ne jamais être dedans. C'est difficile, car même si on fait des efforts pour être dedans, on n'y arrive pas. Le plus dur quand on est pauvre, ce n'est pas de ne pas avoir de sous, c'est de ne pas être reconnu, c'est de ne pas avoir de place dans la société », a souligné une autre personne.

Tous les témoignages ont fait ressortir cette marginalisation dans laquelle sont confinées les personnes pauvres et surtout tous ont mentionné que la voie pour sortir de cette marginalisation c'est de se lever et de lutter pour la reconnaissance de ses droits. Ils avaient tous à l'esprit cette déclaration de Joseph Wresinski, fondateur de cette Journée internationale pour l'élimination de la pauvreté : « Là où des hommes et des femmes sont condamnés à vivre dans la misère, les droits de la personne sont violés. S'unir pour les faire respecter est un devoir sacré. »

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Le 27octobre à Ottawa

Ottawa a de l'argent. Ça en prend pour le logement!

À partir du 1er avril prochain, le gouvernement fédéral investira 1 milliard $ de moins par an dans le logement social, en raison de la fin des mesures de relance économique amorcées en 2009. Les provinces recevront 250 millions $ de moins pour la construction de logements sociaux et 500 millions $ de moins pour la rénovation de logements sociaux existants. Les Premières Nations seront privées de 200 millions d'investissements en logement social et les communautés nordiques de 100 millions $.

Le gouvernement Harper invoque la lutte au déficit pour justifier son refus de prolonger ces mesures. Or, ce même gouvernement fait au même moment les choix suivants :

- accorder, sans appel d'offres, jusqu'à 16 milliards $ à la compagnie américaine Lockheed Martin pour l'achat et l'entretien de 65 avions chasseurs F-35 ;

- augmenter les dépenses militaires du Canada pour les porter à près de 22 milliards $ par année ;

- baisser le taux d'imposition des entreprises, ce qui, à terme, privera le gouvernement de 6 milliards $ par année.

Le problème à Ottawa, ce n'est pas le manque d'argent. Le gouvernement a tout ce qu'il faut pour maintenir ses investissements en habitation des deux dernières années et même pour augmenter les sommes consacrées au développement de nouveaux logements sociaux à 2 milliards $ par année. Le problème, ce sont les choix du gouvernement Harper qui préfère sacrifier l'aide aux mal-logéEs, aux sans-abri, aux peuples autochtones et aux locataires de logements sociaux pour faire des cadeaux aux compagnies et à l'industrie de la mort.

Refusons les choix des conservateurs ! Demandons le maintien des budgets pour l'entretien des logements sociaux existants ! Réclamons 2 milliards $ par année pour de nouveaux logements sociaux !

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