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De la presse du Parti
Non à la résolution sur la
démocratie impérialiste!
Non à l'annexion!
- LML Quotidien, 20 avril 2001 -


Les grandes manifestations au Sommet des Amériques de
Québec, 20 avril 2001
Une ébauche du projet de
« résolution sur la démocratie »
qu'examineront les chefs d'État qui participent au Sommet des
Amériques contient un Plan d'action et remet le pouvoir de
l'application de la résolution à l'Organisation des
États américains (OÉA). Selon les reportages,
« la clause servirait à expulser ou à
suspendre les États
membres qui sont incapables de démontrer l'existence chez eux
d'institutions démocratiques fondamentales. Les États
suspendus seraient exclus de la zone de
libre-échange. » Il est évident qu'on se
servira de cette résolution pour justifier des blocus
économiques contre tout pays qui, comme Cuba, décide de
suivre sa propre voie de développement.
Elle pourrait également servir à déclarer
« État paria » toute nation qui refuse de
se soumettre aux voeux et désirs des États-Unis, la
laissant en proie à diverses formes de sanctions et d'attaques.
Elle pourrait servir également à justifier l'intervention
militaire dans certains pays ou certaines régions, comme avec le
Plan Colombie.
Le PCC(M-L) a lancé l'appel à la classe
ouvrière, à la jeunesse et à toutes les personnes
d'esprit démocratique de s'opposer vigoureusement à la
soi-disant résolution sur la démocratie. Bien que
certains soutiennent qu'elle n'est incluse que pour les apparences, et
qu'en effet le gouvernement du Canada s'en sert pour se
prétendre le champion des droits
des travailleurs, des femmes, des peuples autochtones et des pauvres,
elle n'est pas là seulement pour les apparences. Elle est le
« principe directeur » de la ZLÉA. Elle
lie tous les pays signataires à l'interprétation
impérialiste américaine de la démocratie et au
diktat américain.
Un document de l'organisation américaine
Progressive Policy Institute of the Democratic Leadership Council un
institut de recherche de la « troisième
voie » qui conseille l'administration Bush affirme :
« Le processus de la ZLÉA offre une occasion de faire
plus que de simplement étendre le commerce. La nouvelle
administration devrait saisir l'occasion pour affirmer l'engagement des
États-Unis sur le continent en ce qui concerne la protection de
la démocratie en incluant dans la ZLÉA une
« clause sur la démocratie ». »
Le document fait référence au Plan Marshal qui a servi
à financer la reconstruction de divers pays d'Europe
après la Seconde
Guerre mondiale, disant qu'il avait pour « objectif
explicite de renforcer les démocraties les plus faibles contre
la menace du communisme ». « De même,
poursuit-il, les États-Unis ont entrepris d'élargir le
commerce et les liens d'investissement avec des pays comme le Japon
pour renforcer leur appui au capitalisme et à la
démocratie.
Plus récemment, l'Union européenne a ajouté une
clause explicite sur la démocratie à sa charte officielle
dès qu'est apparue la possibilité réelle que des
démocraties plus jeunes et qu'on pourrait dire plus faibles
d'Europe centrale et d'Europe de l'Est demandent à
adhérer... »
L'institut divise les Amériques en
« démocraties fragiles et jeunes » et
« démocraties qui ont atteint la
maturité », affirmant que les premières
« ont beaucoup bénéficié de l'appui,
des conseils et de l'aide offerts » par les secondes. On lit
dans son document : « En effet, l'avantage premier de
la ZLÉA
pour les États-Unis n'est pas de nature économique (comme
l'accroissement des exportations) mais politique l'établissement
de voisins stables, démocratiques et prospères au sud qui
seront disposés à collaborer avec nous sur plusieurs
questions importantes d'intérêt mutuel, allant de la lutte
au trafic de la drogue et autres crimes internationaux au meilleur
contrôle du flux migratoire et à la protection de
l'environnement, la maîtrise des avantages du commerce
électronique, des télécommunications et du
transport aérien. En pratique, pour un hémisphère
généralement en paix et dénué de grands
conflits entre États, la ZLÉA devient la pierre
angulaire d'une alliance de sécurité
hémisphérique pour le
XXIe siècle. » (Notre souligné)
Cela permet de voir clairement l'objectif
derrière le discours au sujet des démocraties
« jeunes et fragiles » et les démocraties
qui ont atteint la « maturité ». Mis
à part le fait que c'est faire fi des crimes commis par les
États-Unis en Amérique latine et partout dans le monde au
cours du vingtième siècle, le document déplore
« les tendances autoritaires » qu'on retrouve
dans les « démocraties jeunes et
fragiles », mentionnant notamment le Venezuela,
établissant ainsi un prétexte pour des mesures
interventionnistes selon la volonté américaine.
Bernard Aronson, ex-aide de presse du secrétaire
d'État aux affaires interaméricaines de la
première administration Bush le dit de façon plus
succincte : « La valeur de la ZLÉA
dépasse de beaucoup la question des exportations.[...]Lorsque
les États-Unis ont amorcé le processus de la ZLÉA
pour incorporer d'autres pays au libre-échange,
ils ont déclenché une concurrence entre tous les pays du
continent. Tous savaient que le prix à payer pour être
membre de ce club était qu'ils devaient être
démocratiques, qu'ils devaient avoir une mesure de rapports
amicaux avec les États-Unis, qu'ils devaient se montrer
coopératifs dans une certaine mesure avec les États-Unis
dans la lutte contre les
narcotiques. Alors la perspective de faire partie de cette vaste zone
de libre-échange a été comme un aimant qui attire
ces pays vers les intérêts et valeurs des
États-Unis. »
Riordan Roett, directeur du Western Hemisphere Program
au programme d'études internationales avancées de
l'Université Johns Hopkins, avait ces conseils à donner
aux négociateurs américains :
« L'argument que vous devez soutenir est que la
libération des échanges mène à une plus
grande circulation des produits et services, des gens
et des idées, et espérons que cela s'accompagnera
également de la réforme des marchés et d'un
processus de démocratisation. Et plus ces économies et
sociétés sont stables, moins grande est la
possibilité que les États-Unis vont devoir s'impliquer
d'une manière interventionniste. C'est un argument très
subtile et tôt ou tard il va falloir reconnaître
l'importance de le faire accepter. »
Les Américains ont clairement laissé
savoir que le fait d'avoir un « système
multipartite » n'est pas suffisant pour être
« membre du club ». Cela veut dire qu'en plus de
Cuba, tout gouvernement dûment constitué qui cherche
à affirmer son droit à l'autodétermination et
à suivre une voie qui ne laisse pas d'ouverture à la
domination américaine sera déclaré
« État paria » pouvant être la cible
d'une intervention « multipartite » de
l'OÉA. C'est également l'essence du
« programme de sécurité humaine »
du Canada, qui est repris dans la « résolution sur la
démocratie ».
Ces buts et objectifs ont été
explicitement énoncés tant par les cercles officiels
américains que canadiens. Lors d'une conférence de presse
sur la « résolution sur la
démocratie », un « haut
représentant canadien » aurait dit que
« la proposition interdirait à des pays non
démocratiques de participer à de futurs sommets ou
de bénéficier des accords de
libre-échange ». De plus, l'OÉA aurait le
pouvoir de déterminer « quand la clause peut
être invoquée pour sévir contre un pays non
démocratique ».
Lors d'une rencontre avec le secrétaire
général de l'OÉA, le président
américain George W. Bush aurait parlé « des
perspectives et des défis de notre
hémisphère » et du « rôle
important que l'OÉA jouera dans son
façonnement ». Décrivant le rôle de
l'OÉA, il a ajouté : « Dans les pays
où la liberté n'a pas une
prise très solide, l'OÉA sera là pour la
renforcer. »
Cette référence aux institutions
judiciaires laisse clairement entendre qu'en plus de donner à
l'OÉA le mandat d'intervenir là où les
États-Unis considèrent que le processus
démocratique ne sert pas leurs intérêts, les
Américains ont l'intention de s'en prendre à l'ensemble
du système judiciaire sur lequel est basée
l'Amérique latine. Un code civil codifie
les rapports de propriété qui existent entre les gens et
partout en Amérique latine le code civil est basé sur le
Code Napoléon, non pas sur le common law britannique, qui est
à la base du système américain et canadien,
à l'exception de la Louisiane et du Québec. La culture
est la façon de vivre des gens sont intrinsèquement
liées au code civil qui régit les
rapports entre l'individu privé et le « droit
public ». Il régit tout ce qui concerne la
propriété et ses modifications, l'acquisition et
l'exercice des droits de propriété. La modification des
institutions judiciaires pour les rendre plus conformes à la
volonté américaine frappera au coeur même de la
culture et de la cohérence latino-américaines. Cela
vise à saper le droit des nations à disposer
d'elles-mêmes et à imposer le diktat américain aux
pays d'Amérique latine et des Caraïbes d'origine latine
où s'appliquent des codes civils qui ont leur origine dans le
Code Napoléon.
Dans ce sens, il s'agit d'une continuation des objectifs
de l'Alliance pour le Progrès du président Kennedy.
L'objectif est de s'emparer des droits de propriétés en
Amérique latine en faveur des intérêts du capital
financier. Là où l'industrie domine, il faut le
« libre-échange ». Là où
l'agriculture domine, il faut des mesures de protection.
Là où le capital financier domine, il faut la soumission
totale. Loin de défendre les peuples autochtones, les petits
producteurs agricoles, les paysans et les femmes, comme le
prétendent le Canada et les États-Unis, l'objectif est
d'asservir les sections du peuple qui ne sont pas encore tout à
fait asservies aux banques et institutions financières. Cela
mènera à
l'accroissement de leur appauvrissement et expropriation. Cela limitera
la souveraineté des pays d'Amérique latine et des
Caraïbes plus que jamais et facilitera leur annexion.
La soi-disant résolution sur la démocratie
fait partie d'un plan perfide des États-Unis et du Canada. Loin
d'être uniquement « pour les apparences »,
loin d'avoir pour but de « renforcer » la
démocratie pour mieux incorporer les droits des travailleurs,
des femmes, des peuples autochtones, des pauvres et de l'environnement,
c'est un plan dangereux qui doit être résolument
rejeté. Seuls les peuples qui défendent leurs droits
pourront codifier ces droits selon un système de lois. C'est aux
peuples des Amériques d'écrire la « clause sur
la démocratie » qui guidera les nations des
Amériques et des Caraïbes et leurs rapports commerciaux.
Le PCC(M-L) fait appel à toutes les personnes
éprises de justice à résolument rejeter
l'inclusion de la « clause sur la démocratie
internationale » comme « principe
directeur » de la ZLÉA et à exiger la tenue
d'un référendum exécutoire sur la ZLÉA.

Assemblée générale
de l'OÉA
Opposons-nous vigoureusement
à la Charte
démocratique inter-américaine!
Non à l'annexion
impérialiste!
- LML Quotidien, 17 mai 2001 -
Le 4 juin est le premier anniversaire de la militante
prise de position des travailleurs, de la jeunesse et de la population
canadienne à Windsor contre l'Organisation des États
américains (OÉA) et les concepts impérialistes de
démocratie qu'elle professe.
La Déclaration de Québec du
Sommet des Amériques a mandaté l'OÉA à
adopter une « Charte démocratique
inter-américaine » lors de son assemblée
générale de San Juan, Costa Rica, du 3 au 5 juin cette
année. Cette charte renfermera des valeurs impérialistes
et endossera des institutions et des processus impérialistes
anachroniques tels qu'ils existent au Canada et aux États-Unis.
Elle établira aussi des mécanismes pour permettre
à l'OÉA d'intervenir dans tout pays que
désigneront les États-Unis, au nom de
l'« action multipartite à la défense de la
démocratie ».
À l'occasion du premier anniversaire des
Journées d'action de Windsor contre l'OÉA, LML
lance l'appel à la classe ouvrière et au peuple du Canada
de vigoureusement s'opposer au projet de Charte démocratique
inter- américaine et à toute tentative des
États-Unis d'annexer les pays des Amériques et de saper
les luttes des peuples pour
l'établissement d'arrangements qui soient dans leur
intérêt.

Non à l'OÉA! Opposons-nous vigoureusement
à l'adoption de la «Charte démocratique
interaméricaine»!
- LML Quotidien, 4 juin 2001 -
L'Organisation des États américains
(OÉA) tient sa 31e Assemblée générale
à San José du Costa Rica du 3 au 5 juin 2001.
L'Assemblée générale réunit à chaque
année les ministres des Affaires étrangères de 34
pays des 35 pays des Amériques. Habituellement le
secrétaire d'État américain n'y participe pas et
cette année Colin Powell a annulé sa
participation il y a à peine quelques jours, invoquant
« les développements au Moyen-Orient ».
Bien que Cuba soit un membre fondateur de l'OÉA, depuis le 30
avril 1948, elle se voit interdire la participation à
l'Assemblée générale à cause du diktat que
les États-Unis exercent sur l'organisation.
L'ordre du jour de la session de cette année a
été décidé lors de l'Assemblée
générale de l'année dernière, qui s'est
tenue à Windsor, en Ontario. Il comprend aussi l'application du
mandat que lui a donné le Sommet des Amériques tenu
à Québec les 21 et 22 avril derniers.
Les 34 chefs d'État du Troisième Sommet
des Amériques, dans leur Déclaration de Québec,
soutiennent que l'OÉA a « un rôle central
à jouer dans l'application des décisions du
Sommet ». Dans un communiqué de presse de
l'OÉA, on explique que l'Assemblée générale
a reçu l'instruction de concentrer sur trois priorités du
Sommet : « le développement d'une charte
démocratique interaméricaine, l'amélioration du
système hémisphérique des droits humains et les
réformes pour faire en sorte que l'OÉA soit en mesure de
s'acquitter de ses responsabilités ». En
conférence de presse à Québec, le
secrétaire général de l'OÉA, César
Gaviria, a dit que l'OÉA a
été considérablement renforcée par le
Sommet. Il a expliqué que les chefs d'État avaient
élargi les responsabilités de l'organisation dans des
domaines comme l'observation d'élections, la lutte contre les
menaces à la démocratie, la promotion des droits humains
et la lutte contre le trafic de la drogue. À cet égard le
point le plus significatif à l'ordre du jour
de l'assemblée est le mandat d'adopter une « Charte
démocratique interaméricaine ».
Les impérialistes américains et le Canada
misent gros sur l'adoption de cette « Charte
démocratique interaméricaine ». Ce sont eux
qui l'ont rédigée derrière des portes closes, sans
soumettre ses dispositions ou ses principes directeurs à
l'approbation des parlements des pays membres, sans parler des citoyens
de ces pays. Mais cela
n'empêchera pas qu'une fois adoptée, on prétendra
appliquer cette Charte au nom des peuples des Amériques. Les
dispositions de la Charte ne sont pas sans conséquences :
elles établissent le cadre de l'annexion de tous les pays des
Amériques par les États-Unis en invoquant l'idéal
de la démocratie.
Il est intéressant de noter que le projet de
charte sera présenté par le Pérou, le pays qui a
été la plus récente scène de l'intervention
de l'OÉA pour « rétablir la
démocratie » en imposant des conditions favorables
à l'impérialisme américain, qui opère dans
ce pays par l'entremise de la CIA, et tout un appareil de
répression pour étouffer la
révolte du peuple. Le projet de charte est coparainné par
l'Argentine, le Canada, le Costa Rica et les États-Unis, soit
précisément les pays qui sont les plus fervents
défenseurs des intérêts de l'impérialisme
américain et des grands monopoles. Le Costa Rica, qui est
l'hôte de l'assemblée générale cette
année, est totalement à la merci des États-Unis.
Si la Déclaration de Québec lie
tous les pays signataires de la ZLÉA à la
démocratie de style impérialiste américain et les
soumet au diktat américain, la « Charte
démocratique interaméricaine » établit
des mécanismes permettant de suspendre tout pays qui ne
satisfait pas aux « normes » de la
démocratie
représentative. L'article 9 de la Charte se lit :
« Toute modification ou interruption inconstitutionnelle de
l'ordre démocratique dans un État de
l'Hémisphère constitue un obstacle insurmontable à
la participation du gouvernement de cet État »
à l'OÉA et à ses instances.
L'article 7 précise comment se prend la
décision de suspendre un État. Il prévoit un vote
des deux tiers des pays membres lors d'une session spéciale de
l'Assemblée générale. L'article 9 dit qu'ou bien
l'Assemblée générale, ou bien « une
réunion spéciale des ministres des Relations
internationales » peut suspendre le gouvernement d'un
pays membre. L'histoire de l'OÉA est bourrée d'exemples
où les États-Unis ont convoqué des
« réunions spéciales » ou
directement utilisé l'OÉA pour soutenir la
contre-révolution dans les Amériques.
On affirme que tous les éléments
présentés comme étant les éléments
de base de la démocratie dans le projet de Charte sont
déjà bien en place aux États-Unis et au Canada.
Mais en réalité on sait que lorsqu'il s'agit des droits
des citoyens, ces éléments sont interprétés
différemment. Le projet de résolution définit
« les éléments
constitutifs » de la démocratie représentative
comme étant « l'alternance périodique des
autorités par le biais d'élections libres et
équitables, la liberté d'expression, le système
politique multipartite et le respect des droits humains et des
libertés fondamentales ».
L'article 4 du projet de Charte dit que « la
pratique effective de la démocratie dans
l'hémisphère doit garantir la jouissance des
libertés fondamentales et des droits humains contenus dans la
Déclaration américaine des droits et devoirs de l'homme
et la Convention américaine sur les droits humains, ainsi que la
réalisation progressive des droits
économiques, sociaux et culturels reconnus dans le Protocole de
San Salvador ». Une ébauche précédente
résumait la conception des droits contenue dans ces documents.
Elle disait que « la pratique effective de la
démocratie doit garantir... la pleine protection du droit
à la liberté personnelle, des garanties juridiques, le
principe de la légalité et
de la rétroactivité, la liberté de conscience et
de religion, la liberté de pensée et d'expression, le
droit d'assemblée, la liberté d'association,
l'égalité devant la loi, la protection des tribunaux, le
droit à la propriété privée, le droit
à la libre circulation et le droit de résidence, et les
droits politiques propres à un régime
démocratique : le droit de
participer aux affaires publiques, directement ou par le biais de
représentants librement élus ; le droit
d'élire et d'être élu dans le cadre
élections régulières et authentiques, tenues avec
le suffrage universel et le vote secret qui garantit la libre
expression de la volonté des électeurs ; et le droit
d'accès à la fonction élective dans des conditions
d'égalité. » Cette définition
révèle une intention d'instituer un mécanisme qui
privera les peuples de la possibilité d'exercer leurs droits et
de justifier leur criminalisation et leur persécution, comme
cela se produit aux États-Unis et au Canada.
Derrière cela se cache l'objectif des
États-Unis qui est d'établir des mécanismes leur
permettant de transformer tous les pays des Amériques en
régions administratives des intérêts
américains. Les États-Unis ont réussi par des
manoeuvres à faire exclure Cuba de l'OÉA en 1962 dans
leur effort pour justifier leur blocus contre ce pays, la subversion et
la
tentative directe d'invasion à la baie des Cochons. Comme
à la dernière assemblée générale de
l'OÉA qui a discuté du « programme de
sécurité humaine » du Canada, les
impérialistes veulent accélérer l'institution de
prétextes et de justifications pour l'annexion des
Amériques.

31e Assemblée
générale de l'OÉA
Les États-Unis et le Canada ne parviennent pas
à imposer la «Charte démocratique
interaméricaine»
- LML Quotidien, 6 juin 2001 -
La 31e Assemblée générale
régulière de l'Organisation des États
américains (OÉA), tenue du 3 au 5 juin à San
José du Costa Rica, s'est soldée par l'échec des
impérialistes américains et du Canada à
réaliser leur objectif : faire adopter la
« Charte démocratique
interaméricaine ».
Le débat sur la « Charte
démocratique interaméricaine » a eu lieu lors
d'une session à huis clos des délégations
comprenant les ministres des Affaires étrangères des pays
membres, à l'exception du secrétaire d'État
américain Colin Powell et du ministre mexicain Jorge Castaneda,
qui n'étaient pas à l'assemblée
générale.
Avant le débat, l'ambassadeur américain
à l'OÉA, Luis Lauredo, a dit aux journalistes qu'il
prévoyait un passage rapide de la Charte. Parlant du mandat
donné par les chefs d'État lors du Troisième
Sommet des Amériques et de la Déclaration de
Québec, Lauredo a dit : « Il est clair
à mon avis... que nous n'avons pas d'autre
choix que de conclure et d'adopter » la Charter,
ajoutant : « Le texte consensus que nous avons ici
aujourd'hui a fait l'objet d'intenses négociations.
Espérons qu'il sera approuvé et baptisé
ici. »
Lauredo a dit que les chefs d'État au Sommet des
Amériques « ont émis une déclaration
politique donnant une définition non ambiguë »
de la démocratie. « Qui pourrait prétendre que
la définition de la démocratie est ambiguë ? Je
suis d'un autre avis », a-t-il dit.
Mis à part le fait que c'est
précisément sur ces points de la Déclaration
de Québec que le Venezuela avait décidé de
réserver sa position, au moins 16 autres membres de l'OÉA
se sont opposés à l'adoption du projet de
résolution qui a été présenté sur la
Charte.
Selon les reportages, les objections ont porté
sur une variété d'aspects, comme le libellé de la
Charte qui était trop vague et le fait que la Charte est trop
étroitement liée à la conception américaine
de la démocratie représentative. On rapporte que les
porte-parole de plusieurs délégations se sont dits
méfiants de la signification de la phrase « tout
changement ou toute rupture inconstitutionnelle de l'ordre
démocratique » comme « obstacle
insurmontable à la participation du gouvernement d'un
État » à l'OÉA. Ils ont demandé
qui allait décider ce que constitue « tout
changement » et des cas où cela représente
« un obstacle insurmontable ».
Albert R. Ramdin, secrétaire
général adjoint des Relations étrangères la
Communauté des Caraïbes (l'organisation CARICOM qui
regroupe 14 pays), a dit que CARICOM « est totalement
opposée aux sanctions », faisant
référence à la menace d'expulsion de l'OÉA
et de la Zone de libre-échange des Amériques comme moyen
de pression
contre un pays membre.
Les agences de presse rapporte que les ministres des
Affaires étrangères de l'Uruguay et du Chili ont
demandé une approche « plus
tolérante » de la définition de la
démocratie, tandis que le ministre hondurien, Roberto Flores
Bermudez, a dit que la Charte « est quelque chose qu'il ne
faut pas presser ». Le représentant
panaméen Harmodio Aria a dit : « Il existe la
volonté de signer une charte, mais nous devons ajuster le texte
à la législation des pays membres ».
Le ministre des Affaires étrangères du
Venezuela Luis Alfonso Davila a conseillé les pays
d'Amérique latine et des Caraïbes d'être très
prudents à ne pas renoncer au droit des nations à
l'autodétermination, disant que c'était « un
principe fondamental et légitime de la
démocratie ». Il a dit que la Charte
« aura des répercussions
législatives et constitutionnelles dans nos pays » et
s'est interrogé à savoir si elle violait les dispositions
de la charte de l'OÉA sur la non- intervention.
Le ministre canadien John Manley a dit :
« Ça ne doit pas devenir un exercice de
réécriture continuel. Nous voulons une charte et nous
pensons qu'une charte est un document permettant de
véritablement garantir certains gains démocratiques
réalisés dans les Amériques. »
Après plusieurs heures de débat, une
résolution a été adoptée à l'effet
d'« accepter » la dernière ébauche
de la Charte comme « document de travail »
à partir duquel le Conseil permanent rédigera un texte
final d'ici septembre, disent les agences de presse. Il faut
annoncé qu'une assemblée spéciale de l'OÉA
aura lieu le 30
septembre à Lima, au Pérou, où la Charte sera
débattue et votée.
Le projet de « Charte démocratique
interaméricaine » n'est toujours pas disponible en
français ou en portugais. Vous pouvez la consultez ici en
anglais.

Les modifications proposées par le
Canada
à la Charte démocratique interaméricaine
Non aux tentatives de bloquer la voie
au progrès
de la société au nom de la démocratie
Le 10 septembre, une session spéciale de
l'Assemblée générale
de l'Organisation des États américains (OÉA) aura
lieu à Lima, au Pérou. Elle a été
convoquée
suite à l'échec des États-Unis, du Canada et de
leurs
alliés à faire passer la soi-disant Charte
démocratique
interaméricaine lors de la session régulière
de
l'Assemblée générale en juin dernier à San
José du Costa Rica.
Le préambule de la Charte démocratique
interaméricaine
stipule que l'OÉA applique le mandat que lui a donné le
Troisième
Sommet des Amériques tenu à Québec de renforcer
«les
pour la défense active de la démocratie
représentative».
Le préambule cite également la soi-disant clause sur la
démocratie
de la Déclaration de Québec qui dit que «toute
altération
ou interruption inconstitutionnelle de l'ordre démocratique dans
un État de l'hémisphère constitue un obstacle
insurmontable
à la participation» au processus du Sommet des
Amériques
et donc à la Zone de libre-échange des Amériques.
Le 11 juillet, Peter Boehm, le représentant
permanent du Canada
à l'OÉA, a présenté des commentaires
préliminaires
sur le projet de Charte au Conseil permanent de l'OÉA. Une des
principales
modifications proposées concerne l'article 1 de la charte. Cet
article
se lit présentement comme suite: «Les peuples
d'Amérique
ont droit à la démocratie.» Le gouvernement du
Canada
voudrait le changer pour qu'il se lise: «La démocratie est
essentielle au développement social, politique et
économique
des peuples des Amériques.» Il prétend que cela est
nécessaire parce que le terme «démocratie»
«résiste
à une définition restrictive».
Les impérialistes américains, avec le
concours des cercles
dominants du Canada, s'efforcent d'implanter des mécanismes pour
servir leur visées annexionnistes dans les Amériques. Ils
cherchent à implanter des mécanismes juridiques pour
imposer
des sanctions économiques, l'isolement politique,
l'ingérence
et l'intervention et même l'invasion militaire directe à
tout
pays qui ne se soumet pas à leur diktat — tout cela au nom du
«renforcement
de la démocratie».
En soi, la proposition canadienne révèle
la fraude de
la Charte démocratique interaméricaine. Pendant
même
que des mécanismes sont mis en place pour attaquer tout pays qui
ne se conforme pas à la définition impérialiste de
«démocratie», le gouvernement canadien
prétend
que c'est une condition qui ne se définit pas!
La proposition du gouvernement du Canada vise à
couvrir le fait
que l'essence de la démocratie libérale que les
États-Unis
et le Canada veulent imposer aux peuples des Amériques consiste
à nier les aspirations des peuples à être les
décideurs.
En proposant que la «démocratie» dont il est
question
dans les négociations soit une abstraction, vide de toute
signification
concrète, le gouvernement du Canada cherche à bloquer
toute
discussion sur le caractère de cette démocratie qu'on
veut
imposer.
Lorsque la classe ouvrière et les peuples des
Amériques
réclament la démocratie, c'est le contenu qu'ils mettent
en premier. L'exigence fondamentale de notre époque est que le
peuple
doit exercer son droit de décider de la direction de la
société.
La démocratie libérale est un produit du
dix-neuvième
siècle, l'époque du vieux type de colonialisme et des
bâtisseurs
d'empires. Les États-Unis et le Canada veulent à tout
prix
faire passer le système impérialiste comme étant
«essentiel
au développement social, politique et économique»
alors
que c'est précisément le maintien de cette doctrine qui
bloque
la voie au progrès de la société aujourd'hui.

Photos d'actions contre l'OÉA et la ZLÉA

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