Le Marxiste-Léniniste

Numéro 228 - 25 décembre 2009

Le Sommet de Copenhague sur le changement climatique

La méthode de coups d'État est rejetée

Le Sommet de Copenhague sur le changement climatique
La méthode de coups d'État est rejetée
Ce qui s'est vraiment passé au Sommet de Copenhague - Fidel Castro

Cuba
Raul Castro souligne la remise à jour du modèle économique cubain sous une approche intégrale - Radio Havana Cuba

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Le Sommet de Copenhague sur le changement climatique

La méthode de coups d'État est rejetée


Copenhague, Danemark, 16 décembre 2009
(Photo: Indymedia)

Les rapports du sommet de Copenhague sur le changement climatique font état des récits les plus scandaleux des tentatives effectuées par les États-Unis d'imposer leur ordre du jour à tous les pays membres de l'ONU et, avec quelques autres pays, imposer une rupture totale avec les normes de l'ONU et l'effort pour parvenir à un consensus légitime. Cela n'a pas passé grâce à l'opposition militante de plusieurs pays.

« De sérieuses contradictions étaient évidentes au sommet, après que les nations européennes auraient proposé de l'argent en échange de l'approbation du texte qui a été fermement rejeté par de nombreux pays dont Cuba », rapporte Prensa Latina.

Le ministre cubain des Affaires étrangères Bruno Rodriguez a dit que Cuba ne saurait accepter une déclaration présentée par le président de la Conférence sur le changement climatique. « Nous sommes choqués et offensés par les méthodes utilisées, dit-il. Par ailleurs, le Venezuela a averti que si le texte appuyé par Washington devait être approuvé, ce serait un coup d 'État pour les Nations unies. La délégation bolivienne a déclaré que les pays membres ne pouvaient pas discuter d'un document qu'« ils n'ont pas vu ».

Lorsque les délégations du Venezuela, de la Bolivie, de Cuba, du Costa Rica, du Nicaragua, du Soudan et de Tuvalu, petit archipel du Pacifique, ont finalement été en mesure d'accéder au texte aux petites heures de la nuit, la chaîne de télévision Telesur a rapporté que le délégué du Venezuela, Claudia Salerno, « a exprimé son indignation » face à la façon dont le Sommet a traité cette très importante question qui touche des millions de gens partout dans le monde.

La délégation de Tuvalu a déclaré que pour parvenir à une réduction significative des émissions de gaz à effet de serre qui influent sur le réchauffement mondial, il était important d'avoir des résultats basés sur la science. Tout autre accord « serait la fin de Tuvalu », a-t-il dit.

Le Groupe des 77 a aussi contesté le soi-disant accord de Copenhague. L'accord n'est pas passé par un « processus démocratique » et a été un accord entre une dizaine de pays qui ne tiennent pas compte des préoccupations de la plupart des pays en développement, a déclaré Lumumba Stanislas-Kaw Di-Aping, président du Groupe des 77, aux journalistes.

Il a également été rejeté par les ONG. « Le plus grand défi de transformer la volonté politique en un accord juridiquement contraignant s'est déplacé au Mexique », a déclaré Kim Carstensen, le président de l'Initiative mondiale du WWF sur le climat.

Carstensen a dit que les engagements déposés par les nations qui ont rédigé l'« accord » vont encore ajouter jusqu'à 3 degrés Celsius ou plus, même si le Groupe d'experts intergouvernementaux sur le changement climatique met en garde que des efforts rigoureux doivent être faits pour limiter le réchauffement mondial en dessous de 2 degrés Celsius.

Kumi Naidoo, le directeur exécutif de Greenpeace International, a déclaré que l'accord « n'est pas juste, n'est pas ambitieux et n'a pas force de loi ». « Les dirigeants du monde n'ont pas fait leur boulot. »

Il a noté qu'un certain nombre des pays en développement « ont démontré une volonté d'accepter leur part du fardeau pour éviter un chaos climatique ». Cependant, « la responsabilité d'un échec réside essentiellement avec les pays industrialisés riches, les pays qui ont la plus grande responsabilité pour avoir causé historiquement le problème », a ajouté Naidoo.

L'une des prémisses fondamentales de l'Organisation des Nations unies est que toutes les nations, grandes et petites, sont égales. Au sein de l'institution qu'est l'ONU, chaque nation a une voix. Cependant, depuis quelque temps les impérialistes américains et les grandes puissances de la vieille Europe avec les pays anglo-américaines refusent de reconnaître cette réalité. Depuis 1990, les discussions sur « l'économie » ont remplacé la reconnaissance de nations souveraines, grandes ou petites, et leur égalité. « Les grandes économies » ont vraisemblablement davantage de droits. Cela a non seulement causé des ravages parmi les peuples opprimés, mais mine la primauté du droit international établi dans la période après la Deuxièmement Guerre mondiale.

De même, les États-Unis sont arrivés à Copenhague pour imposer leur diktat à tout le monde. Barack Obama, qui dit avoir été « hésitant » à l'idée d'aller au Sommet de Copenhague « à moins qu'il puisse en arriver à un succès en matière de politique étrangère », a prononcé un discours après la publication dans les premières heures du matin du projet de texte préparé par un groupe restreint de 28 dirigeants. Il a déclaré que les pays « devraient » limiter le réchauffement planétaire à 2 C – i.e., qu'il soit non contraignant – et a proposé de prolonger les négociations d'un an jusqu'à la prochaine réunion des Nations unies sur le changement climatique qui se tiendra à Mexico en décembre 2010.

En réponse aux critiques qui s'opposent à un accord affaibli, Obama a dit que d'avoir aucun accord serait pire. Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a déclaré que c'était « un pas en avant ». Le gouvernement hôte danois a fait de son mieux pour le faire adopter mais a été incapable de déclarer un accord sur un document secret qui est inacceptable et qui ne répond pas aux attentes de la majorité des pays membres de l'ONU.

Les pays de l'ALBA rejettent tout document issu du Sommet de Copenhague

Le président vénézuélien Hugo Chavez a rejeté au nom des pays membres de l'ALBA, l'Alliance bolivarienne pour les peuples de Notre Amérique, tout document issu du Sommet de Copenhague sur le changement climatique car il n'est pas le fruit d'un consensus général et viole les principes des Nations unies.

Hugo Chavez a condamné le fait qu'un groupe de présidents réunis en privé se soit mis d'accord sur un brouillon pouvant servir de base à un accord sur le changement climatique. Il a mis l'accent sur le fait que l'opinion de la majorité des participants au Sommet a été ignorée.

Dans son intervention au cours de la dernière journée de travail du Sommet Hugo Chavez a relevé :

« Je crois que la question a été traitée de façon non transparente, pour le dire d'une façon respectueuse. Comme le président Lula l'a signalé : seul un miracle pourrait sauver ce sommet et dans ce cas précis nous ne croyons pas aux miracles. Je ne parle pas seulement au nom du Venezuela. J'ai été autorisé par les représentants de l'ALBA à cette conférence, c'est-à-dire, au nom des peuples et des gouvernements de la Bolivie, de Cuba, de l'Équateur, du Nicaragua, de la Dominique, de Saint Vincent et les Grenadines, d'Antigua-et-Barbuda et du Venezuela, à exprimer le rejet de tout document élaboré en secret et que l'on prétendra présenter au monde comme étant la solution. Nous le mettons d'ores et déjà en cause ».

Au sujet du discours plus que décevant du président étasunien Barack Obama il a indiqué ;

« Les États-Unis, qui ont la machine à imprimer des dollars, ont destiné 700 milliards $, je crois, au sauvetage des banques. C'est avec raison que les manifestants crient, ici dans les rues de Copenhague, que si le climat était une banque, il aurait déjà été sauvé. Obama est venu dire qu'il va apporter 10 milliards $ par an. C'est un chiffre dérisoire. C'est comme une espèce de plaisanterie. »

Et le président vénézuélien a enfin relevé, toujours au nom de l'ALBA : « Nous partons en sachant qu'on aurait pu parvenir à un accord ici à Copenhague. Il a été impossible d'y parvenir pour les motifs que nous avons mentionnés hier : le manque de volonté politique des pays les plus développés de la Terre à commencer par les États-Unis et c'est une véritable honte ! C'est l'égoïsme de ceux qui ont le gros de la responsabilité pour le changement climatique en raison surtout des modèles irrationnels de production et de consommation d'un capitalisme hyper développé. »

(Radio Havana Cuba)

Les enjeux clés de l'Accord de Copenhague sur le climat

Une définition largement acceptée de « changement climatique dangereux », c'est lorsque débute une élévation de la température mondiale de 2ºC.

Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) recommande que, pour avoir une bonne chance d'éviter cette définition de « changement climatique dangereux », les pays développés réduisent leurs émissions d'au moins 25 % par rapport aux niveaux de 1990, d'ici 2020, et que les émissions mondiales cessent d'augmenter et commencent à diminuer d'ici 2020, au plus tard.

Cet accord « reconnaît » l'objectif de 2ºC mais ne le cautionne pas. Il n'y a pas d'année de pointe, et aucun objectif collectif de réduction des émissions.

L'UE considère l'ensemble de cet accord si faible qu'elle maintiendra son engagement minimal de maintenir ses émissions de 20 % inférieures aux niveaux de 1990, d'ici 2020, plutôt que d'opter pour 30 %.

D'autres pays comme le Japon et l'Australie sont également susceptibles de s'en tenir à leur niveau minimum d'ambition.

Cela met le monde d'avantage sur la voie d'une élévation de 3ºC plutôt que d'une hausse de 2ºC.

Les technologies propres

Des sources proches des milieux d'affaires verts affirment que l'entente n'est pas susceptible de stimuler les investissements dans les technologies à faible émission de CO2.

Cela nécessite soit un bon fonctionnement du marché du carbone avec un prix du carbone suffisamment élevé pour inciter les entreprises à investir, ou soit un système étatique d'engagements financiers.

Sans une augmentation rapide à court terme de la recherche, du développement et du déploiement de technologies à faible émission de carbone, l'échéancier où seront atteints les sommets d'émission est reporté à beaucoup plus tard, si à jamais.

Géopolitique

Les partenaires essentiels à cette entente ont été les États-Unis et la Chine. L'Inde, le Brésil et l'Afrique du Sud ont joué des rôles de soutien – créant le genre d'accord qui convient aux grandes économies émergentes.

L'UE a fait beaucoup du travail préliminaire le jour avant que les dirigeants arrivent. Mais apparemment, elle n'a pas été informée que M. Obama et M. Wen avaient conclu l'affaire et se préparaient à l'annoncer.

L'UE aurait pu empêcher que cela soit adopté comme un accord global, en refusant d'y souscrire.

Comme l'entente ne respecte pas les normes minimales relatives à un ensemble acceptable proposé par plusieurs pays européens, ils avaient une raison politiquement défendable de la refuser. Si l'UE l'avait refusé, plusieurs, si ce n'est pas tous les petits pays en développement, auraient probablement suivi.

À la fin, l'UE a décidé de ne pas se dresser contre les États-Unis et la Chine, qui apparaissent comme les gagnants de ce jeu politique.

Le président éthiopien Meles Zenawi ressort le vainqueur politique de l'Afrique – le champion choisi par la France et le Royaume-Uni, parce qu'ils cherchaient le soutien des Africains pour leur proposition de financement. Il a livré l'Union africaine.

Barack Obama

Une mise en scène sans bavure, impeccablement orchestrée par la Maison Blanche, a fait que les journalistes américains ont été seulement invités aux réunions cruciales et aux séances d'information données par la suite aux autres.

M. Obama a annoncé la conclusion de l'entente en direct, à l'auditoire américain, avant que la plupart des gouvernements aient même vu le document en question, s'assurant qu'il puisse dicter l'ordre du jour des équipes éditoriales, du moins aux États-Unis

L'exclusion des ONG et de la presse des tractations politiques du dernier jour ont permis que l'examen approfondi de l'ébauche des ententes soit toujours à la traîne de l'action.

Les sénateurs opposés au système de plafonnement et d'échanges de droits d'émission de GES vont en appeler du président pour l'absence de langage contraignant sur la surveillance et la vérification des émissions des pays en voie de développement.

La gouvernance environnementale internationale

Le concept selon lequel les problèmes mondiaux d'environnement peuvent et doivent être abordés sur la base d'une coopération internationale a subi un dur coup.

La convention sur le climat de l'ONU est l'accord de référence, et ses résultats sont censés être négociés. Le marché conclu a été présenté par un petit groupe de joueurs puissants à l'ensemble des pays comme une entente à prendre ou à laisser.

Il est maintenant discutable si la convention sur le climat des Nations unies a un avenir prometteur, ou si les pays puissants pourront juste décider par eux-mêmes ou en petit groupe, de combien ils sont prêts à réduire les émissions.

Cela rend facultatifs les régimes mis en place pour aider les pays les plus pauvres à se convertir vers une énergie propre et vers un avenir à l'abri des changements climatiques. On peut imaginer les implications que cela aura pour d'autres traités mondiaux qui ne respectent pas leurs objectifs, comme la convention sur la biodiversité des Nations unies.

(BBC News)

Le Canada reçoit le prix Fossile de l'année 2009 à Copenhague

Une coalition internationale de groupes environnementalistes, le Réseau action climat, a décerné au Canada le prix de Fossile de l'année.

Cet « honneur » n'a rien d'édifiant et il revient au Canada à cause de ses positions prises au Sommet de Copenhague depuis 12 jours.

Sidney Ribaux, du groupe Equiterre, membre de la coalition, affirme que la liste des reproches que le Réseau fait au gouvernement canadien est longue.

Il cite, entre autres, les tentatives canadiennes de jeter aux rebus le protocole de Kyoto, de modifier l'année de référence pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre de 1990 à 2005, et l'intention annoncée par le gouvernement Harper de se limiter à une réduction de 3 pour cent de ces émissions, la cible la plus basse des pays industrialisés.

Au bureau du ministre fédéral de l'Environnement, Jim Prentice, on a tenté de minimiser l'impact de la gifle. Le porte-parole du ministre, Frédéric Baril, souligne que le prix est octroyé par des gens qui ne sont pas à la table des négociations. D'après lui, le Canada est au contraire un joueur constructif à Copenhague.

Le Canada avait aussi reçu les prix Fossile de l'année en 2007 et en 2008.

(La Presse canadienne)

Manifestations à Copenhague







De grandes manifestations pour une action véritable sur le changement climatique ont eu lieu tout au long du
Sommet de Copenhague, au Danemark, malgré la répression violente par la police danoise.
(Photos: Indymedia, kk+ -- Flickr, Udo54 -- Flickr, filkaler -- Flickr)

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Ce qui s'est vraiment passé au Sommet de Copenhague

Ce sont les jeunes que l'avenir concerne plus que quiconque.

Encore tout récemment, la discussion portait sur le type de société où nous vivrions. Aujourd'hui, l'on discute si la société survivra...

Il ne s'agit pas là de phrases dramatiques. Il faut s'accoutumer aux faits réels. L'espoir est la dernière chose que les êtres humains peuvent perdre. C'est la vérité en main que des hommes et des femmes de tous âges, mais surtout des jeunes, ont livré au Sommet de Copenhague une bataille exemplaire, offrant ainsi au monde une grande leçon.

Le principal, maintenant, c'est que l'on sache le plus possible à Cuba et dans le monde ce qui s'est passé à Copenhague. La vérité possède une force qui surpasse l'intelligence médiatisée et bien souvent désinformée de ceux qui ont en main les destinées du monde.

Si quelque chose d'important a été obtenu dans la capitale danoise, c'est que l'opinion mondiale a pu observer à travers les médias le chaos politique qui s'y est engendré et le traitement humiliant infligé à des chefs d'État ou de gouvernement, à des ministres et à des milliers de représentants de mouvements sociaux et d'institutions qui, pleins d'illusions et d'espoirs, se sont rendus au siège du Sommet, à Copenhague. La brutale répression contre des manifestants pacifiques par la force publique rappelait la conduite des troupes d'assaut nazies qui occupèrent le Danemark en avril 1940. Ce que personne ne pouvait imaginer, c'est que, le 18 décembre 2009, dernier jour du Sommet, celui-ci serait interrompu par le gouvernement danois – allié de l'OTAN et associé à la boucherie afghane – pour céder la salle plénière au président Obama où celui-ci et un groupe sélect d'invités, seize au total, auraient le droit exclusif de parler. Obama y a prononcé un discours trompeur et démagogique, bourré d'ambiguïtés, qui n'impliquait aucun engagement contraignant et ignorait le Protocole de Kyoto. Il a abandonné la salle peu après avoir écouté quelques autres orateurs. Parmi les pays invités à prendre la parole, on trouvait les pays les plus industrialisés, plusieurs économies émergentes et quelques-uns des plus pauvres de la planète. Les dirigeants et représentants de plus de cent soixante pays n'ont eu que le droit d'écouter.


Copenhague, Danemark, 16 décembre 2009 (Photos: filkaler -- Flickr)

À la fin du discours du seizième élu, Evo Morales, fort de toute l'autorité de son origine aymara, frais réélu par 65 p. 100 des votants et jouissant du soutien des deux tiers de la Chambre et du Sénat bolivien, a demandé la parole. Le président danois n'a pas eu d'autre remède que de la lui céder à la demande des autres délégations. Quand Evo a conclu sa sage et profonde intervention, le Danois a dû la concéder ensuite à Hugo Chávez. Les deux interventions passeront à l'Histoire comme des exemples de discours brefs et opportuns. Une fois leur tâche dûment remplie, tous deux ont regagné leur pays respectif. Mais quand Obama est sorti de scène, il n'avait pas encore conclu la sienne au pays siège du Sommet.

Dans la nuit du 17 au 18, le Premier ministre danois et de hauts représentants des États-Unis s'étaient réunis avec le président de la Commission européenne et les dirigeants de vingt-sept pays pour leur proposer, au nom d'Obama, un projet d'accord à l'élaboration duquel aucun autre dirigeant du reste du monde ne devait participer. C'était là une initiative antidémocratique et virtuellement clandestine qui ignorait des milliers de représentants de mouvements sociaux, d'institutions scientifiques, religieuses et les autres invités au Sommet.

Dans la nuit du 18, alors que de nombreux chefs d'État étaient déjà partis, les représentants des pays ont attendu jusqu'à trois heures du matin du 19 la reprise des séances et la clôture de la réunion. Pendant toute la journée du 18, Obama avait soutenu des réunions et des conférences de presse. Tout comme les dirigeants européens. Puis ils sont partis.

Il s'est alors passé quelque chose d'insolite : le 19, à trois heures du matin donc, le Premier ministre danois a convoqué la clôture du Sommet. Les ministres, fonctionnaires, ambassadeur et personnels techniques étaient les seuls à représenter leur pays.

Mais un groupe de représentants de pays du Tiers-monde qui contestaient la tentative d'Obama et des plus riches de la planète de présenter comme un accord consensuel du Sommet le document imposé par les États-Unis a livré cette nuit-là une bataille étonnante.

La représentante vénézuélienne, Claudia Salerno, pleine d'une énergie impressionnante, montra le sang qui coulait de sa main droite à cause des coups qu'elle avait dû frapper sur la table pour pouvoir exercer son droit de parole. Le ton de sa voix et la dignité de ses arguments sont inoubliables.

Le ministre cubain des Relations extérieures a prononcé un discours énergique d'un millier de mots dont j'extrais plusieurs paragraphes pour les inclure dans mes Réflexions :

« Le document dont vous avez nié à plusieurs reprises l'existence, monsieur le Président, apparaît maintenant... Nous avons vu des versions qui circulent d'une manière subreptice et qui se discutent en petits conciliabules secrets.

« ... je regrette profondément la façon dont vous avez conduit cette Conférence.

« ...Cuba juge extrêmement insuffisant et inadmissible le texte de ce projet apocryphe. L'objectif de 2ºC est inacceptable, car il aurait des conséquences catastrophiques incalculables...

« Le document que vous nous présentez ne contient, hélas, aucun engagement de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

« Je connais les versions antérieures qui se sont négociées elles aussi à travers des procédés contestables et clandestins, en coteries fermées...

« Le document que vous nous soumettez maintenant omet justement les phrases clefs déjà bien maigres et insuffisantes de cette version-là.

« ...pour Cuba, cet objectif est incompatible avec le critère scientifique universellement accepté selon lequel il est urgent et incontournable de réduire les émissions d'au moins 45 p. 100 d'ici à 2020 et de non moins de 80 à 90 p. 100 d'ici à 2050.

« Toute proposition de poursuite des négociations en vue d'adopter à l'avenir des accords de réduction des émissions doit inclure impérativement le concept selon lequel le Protocole de Kyoto est toujours d'actualité. [...] Votre papier, monsieur le Président, est l'acte de décès du Protocole de Kyoto, et ma délégation s'y refuse.

« La délégation cubaine tient à souligner la primauté du principe des "responsabilités communes mais différenciées" en tant que concept clef des futures négociations. Votre papier n'en dit mot.

« Ce projet de déclaration omet des engagements concrets en matière de financement et de transfert de technologies vers les pays en développement dans le cadre des obligations contractées par les pays développés au titre de la Convention cadre des Nations sur les changements climatiques. [...] Les pays développés qui imposent leurs intérêts par ce document interposé fuient tout engagement concret.

« ...Ce que vous appelez, monsieur le Président, un "groupe de leaders représentatifs" constitue à mes yeux une violation grossière du principe de l'égalité souveraine des États que consacre le Charte des Nations Unies.

« Je vous demande formellement, monsieur le Président, de faire en sorte que ma déclaration fasse partie du rapport final sur les travaux de cette lamentable, de cette honteuse Quinzième Conférence des Parties.

On n'avait concédé qu'une heure aux représentants des États pour émettre des opinions, ce qui a provoqué des situations compliquées, honteuses et désagréables.

Il s'ensuivit un long débat durant lequel les délégations des pays développés ont exercé de fortes pressions pour que la Conférence adopte ce document comme résultats final de ses délibérations.

Un nombre réduit de pays a insisté fermement sur les sérieuses carences et ambiguïtés du document impulsé par les États-Unis, en particulier sur l'absence d'engagement de la part de pays développés en matière de réduction des émissions de carbone et de financement permettant aux pays du Sud de mettre en place des mesures d'atténuation et d'adaptation.

C'est au terme de discussions longues et extrêmement tendues que la position des pays de l'Alliance bolivarienne des peuples de Notre Amérique (ALBA) et du Soudan en tant que président en exercice du Groupe des 77 a fini par prévaloir : le document en question était inacceptable par la Conférence.

Devant le manque de consensus évident, la Conférence s'est bornée à « prendre note » de l'existence de ce document en tant que position d'un groupe d'environ vingt-cinq pays.

Une fois cette décision adoptée à 10 h 30 (heure de Copenhague), Bruno – après avoir discuté amicalement, aux côtés d'autres représentants de l'ALBA avec le Secrétaire général de l'ONU et lui avoir confirmé leur disposition de continuer de lutter de concert avec les Nations Unies pour empêcher les terribles conséquences des changements climatiques – a regagné notre pays en compagnie du vice-président cubain, Esteban Lazo, pour assister à la session de l'Assemblée nationale. Sa mission avait pris fin. Il n'est resté à Copenhague que quelques membres de notre délégation et l'ambassadeur pour participer aux démarches finales.

Ils ont informé cet après-midi :

« ...comme ceux qui ont participé à l'élaboration du document aussi bien que ceux qui, comme le président des USA, se sont empressés d'annoncer son adoption par le Sommet... ne pouvaient refuser la décision de celui-ci de seulement "prendre note" du prétendu "Accord de Copenhague", ils ont tenté de proposer un procédé par lequel d'autres pays Parties qui n'avaient pas participé à cette manigance pourraient la seconder et y adhérer, afin de donner des dehors de légalité à cet accord, ce qui aurait pu de fait préjuger du résultat des négociations à venir.

« Cuba, le Venezuela et la Bolivie se sont opposés de nouveau fermement à cette tentative tardive, avertissant que ce document non entériné par la Conférence n'avait pas de caractère légal, qu'il n'existait pas comme document des Parties et qu'on ne pouvait établir aucune règle pour le faire censément adopter...

« Voilà dans quel esprit que se sont conclues les sessions de Copenhague, sans adoption de ce document préparé subrepticement ces derniers jours, sous la conduite idéologique évidente de l'administration étasunienne... »

Demain, notre attention sera centrée sur l'Assemblée nationale.

Lazo, Bruno et le reste de la délégation arriveront vers minuit. Notre ministre des Relations extérieures pourra expliquer lundi, avec luxe de détails et avec toute la précision requise, ce qui s'est vraiment passé au Sommet.

Fidel Castro Ruz
Le 19 décembre 2009
20 h 17

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Cuba

Raul Castro souligne la remise à jour du modèle économique cubain sous une approche intégrale

Le président du Conseil d'État a souligné devant le Parlement, la remise à jour du modèle économique cubain sous une approche intégrale.

Raul Castro lance une mise en garde contre la multiplication des actions anti-cubaines d'éléments à la solde de l'empire

Il a aussi renouvelé l'appel aux États-Unis à résoudre avec sincérité le différend bilatéral, sans conditions et avec respect.

La croissance de l'économie cubaine sera de 1,9 % en 2010

Osvaldo Martinez, président de la Commission pour les Questions Économiques de l'Assemblé Nationale du Pouvoir Populaire a indiqué que la croissance de l'économie cubaine pour 2010 sera de 1,9 % et qu'elle devra être atteinte dans un contexte économique mondial marqué par l'incertitude face à une éventuelle rechute de la crise.

Prenant la parole à la séance d'hiver de l'Assemblée Nationale de Cuba, au Palais des Congrès de La Havane, Osvaldo Martinez a indiqué que les défis que notre pays devra relever en 2010 seront tout aussi grands que ceux qui ont marqué l'année qui prend fin, mais nous disposons, a-t-il relevé, d'une révolution profonde, basée sur la justice sociale.

Il a qualifié de véritable prouesse le maintien de la stabilité du pays et des acquis sociaux d'avant-garde malgré les difficultés provoquées par la crise économique et financière internationale, le blocus étasunien et les effets dévastateurs des cyclones qui ont sévèrement touché notre pays en 2008.

Parmi les acquis de 2009, Osvaldo Martinez a cité l'obtention d'un taux de mortalité infantile de 4,7 pour mille ; le maintien d'une espérance de vie de 78 ans et la lutte efficace contre l'influenza A (H1N1).

Ainsi par exemple, le renforcement de l'Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique, de laquelle Cuba est membre fondateur et le renforcement des relations avec la Chine, ont été signalés comme des aspects positifs de l'année qui prend fin.

Osvaldo Martínez a fait savoir qu'il a été nécessaire de réviser les dépenses prévues pour ne pas débourser plus que ce que permettaient les recettes et réviser les investissements pour les concentrer dans les activités apportant des revenus et remplaçant des importations.

Il s'est référé à l'augmentation de 4,3 % de la production de lait qui a permis d'économiser 2300 tonnes de lait en poudre qui auraient du être importées, ainsi qu'à l'économie de 4 % de combustible par concept de consommation de l'électricité dans le secteur étatique, qui a représenté une économie de 70 millions de dollars.

Il a expliqué que l'année prochaine il faudra continuer à appliquer la politique visant à remplacer des importations, notamment des aliments, veiller à ne pas augmenter la consommation de combustible et accomplir le plan d'investissements avec discipline.

Osvaldo Martínez a signalé qu'au niveau mondial, la croissance économique sera négative, aux environs de 1 %, et qu'en Amérique Latine seule la moitié des pays, dont Cuba, ont connu des augmentations de leur PIB, alors qu'il y a des pays comme le Mexique dont la croissance négative est de 6,7 %.

L'économie cubaine connaît une croissance de 1,4 % en 2009

Marino Murillo, vice-président du Conseil des Ministres et ministre de l'Économie et de la Planification, a fait savoir que l'économie cubaine a connu une croissance de 1,4 % en 2009, une année au cours de laquelle l'impact de la crise économique et financière internationale est venu s'ajouter aux effets du blocus étasunien.

Prenant la parole devant la séance plénière de l'Assemblée Nationale du Pouvoir Populaire (notre parlement), Marino Murillo a ajouté que ces résultats sont dus à la situation externe très complexe dans laquelle notre pays a dû se développer et honorer ses dettes. Il a signalé :

« Les résultats obtenus sont méritoires, dans un contexte très complexe, nous avons réussi à ajuster les objectifs du plan, tout en conservant la stabilité nécessaire. Nous avons établi les bases pour faire avancer l'économie sur la voie de la solution du problème le plus pressant qu'est la situation financière en devises.

Nous devons mettre l'accent sur le fait que ces résultats ont été obtenus au milieu d'un processus de reprise des dégâts causés à l'économie à la suite du passage des trois ouragans de grande intensité qui se sont abattus sur Cuba en 2008. Ils démontrent qu'il y a encore des réserves pour augmenter la production et l'efficacité économique et qu'en 2010 nous devrons travailler avec ardeur, avec discipline car selon les prévisions les conditions extérieures resteront très difficiles ».

En présence de Raul Castro, président du Conseil d'État et du Conseil des ministres de notre pays, Marino Murillo a donné lecture du rapport sur le budget de 2009 et sur les grandes lignes du Plan Economique et Social pour 2010.

Il a ajouté que la croissance économique obtenue est inférieure au 6 % prévu mais que, par exemple, dans l'agriculture, l'élevage, les transports et les services les résultats ont été supérieurs aux pronostics. Il a précisé

« Cette année a été marquée par de grands efforts de la part de notre peuple pour faire face aux conditions adverses et obtenir une croissance ne serait ce que discrète de notre économie. Les tâches réalisées ont été nombreuses sur le plan économique, elles ont exigé de grands efforts, un grand dévouement de la part des travailleurs, des dirigeants et des cadres à tous les niveaux. Le défi pour 2010 n'est pas mineur. Les prévisions font penser qu'il faudra faire davantage d'efforts, les travailleurs, les dirigeants et les cadres devront faire montre de davantage de dévouement pour faire avancer notre économie et préserver les conquêtes de la Révolution ».

C'est par une minute de silence en l'honneur du Commandant de la Révolution Juan Almeida Bosque, député décédé récemment que s'était ouverte la séance plénière de la 4e Session Ordinaire de l'Assemblée Nationale du Pouvoir Populaire au Palais des Congrès de La Havane.

Ricardo Alarcón, président de l'Assemblée Nationale, avait fait savoir que 550 députés, soit 89,58 % de ses membres y étaient présents. Il a salué la présence, en qualité d'invité, d'Evaristo Boshab, président de l'Assemblée Nationale de la République Démocratique du Congo.

Préalablement à cette séance plénière les 12 commissions permanentes de l'Assemblée Nationale ont analysé les problèmes les plus pressants de la population.

Elles ont analysé d'études, de recherches sur le travail des secteurs de leur spécialisation et les solutions apportées par les institutions de l'État aux plaintes les plus variées de la population.

Les élus ont également débattu de questions clés de la production et des services, ainsi de leur qualité et efficacité.

Une bonne partie de ministres et directeurs d'institutions de l'État ont rendu compte de leur travail.

Par exemple la Commission chargée des questions relevant de l'énergie et de l'environnement a qualifié de positifs les résultats des efforts consentis à la réduction de la consommation de l'électricité.

Ricardo Gonzalez, responsable du Programme pour l'utilisation rationnelle de l'énergie au ministère de l'industrie lourde, a expliqué que grâce aux mesures prises le pays avait pu économiser cette année quelque 160 000 tonnes de combustible.

Yadira Garcia, ministre de l'Industrie lourde, a rappelé que l'État cubain subventionne le prix de l'électricité pour la population. La production d'un kilowatt heure coûte 13,5 cents de dollars alors que le tarif à payer par les particuliers est de 9 centavos pour les premiers 100 kilowatts heure.

Au cours du débat, les élus membres de cette commission se sont prononcés pour faire de la prise de conscience sur la réduction de la consommation, une priorité en 2010.

Pour sa part Ramiro Valdés, ministre des Communications et de l'Informatique a plaidé pour une plus forte participation de la population à la solution des problèmes de la communauté.

Au cours d'une intervention devant la Commission du bâtiment et de l'industrie de l'Assemblée Nationale, Ramiro Valdés a qualifié de décisif le rôle que peut jouer la population aux programmes liés à la construction de logements, au bon fonctionnement du tout-à-l'égout, aux travaux des chaussées et des ponts et au programme pour la réduction de la consommation d'électricité, entre autres.

Jorge Luis Sierra, ministre du Transport, qui a présenté le projet du nouveau code de la route devant la Commission de la défense nationale et des lois de l'Assemblée Nationale, a déclaré que celui-le nouveau code de la route, largement débattu avant d'être voté lors de la séance plénière de l'Assemblée Nationale, a pour but de faire réduire le taux d'accidents, de morts et de dégâts matériels.

Il a rappelé qu'un seul accident, survenu en août dans la province de Ciego de Avila, a fait beaucoup plus de morts que les trois cyclones qui se sont abattus sur Cuba, en 2008.

Il a expliqué que le nouveau code cherche à changer la conduite des chauffeurs et piétons pour qu'ils adoptent une attitude plus responsable dans la circulation.

L'Assemblée Nationale élit le nouveau Conseil d'État

Le Commandant de la Révolution Ramiro Valdés, ministre de l'Informatique et des Télécommunications et Gladys Bejerano, présidente de la Cour des Comptes de notre pays ont été élus nouveaux Vice-présidents du Conseil d'État de Cuba.

Au suffrage direct et à bulletin secret, les députés de l'Assemblée ont également élu membres du Conseil d'État Marino Murillo Jorge, Vice-président du Conseil des Ministres et ministre de l'Economie et de la Planification, et Luidmila Álamo Dueñas, première secrétaire de l'Union des Jeunes Communistes.

Les députés ont également élu pour occuper des postes vacants Isis Diez Duardo, vice-présidente du Conseil de l'Administration Provinciale de Las Tunas, Kirenia Díaz Burke, spécialiste en homologation de l'Institut Finlay de La Havane et Sergio Rodríguez Morales, Directeur de l'Institut National de la Recherche sur les Tubercules Tropicaux Comestibles de Villa Clara.

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