Les rapports du sommet de Copenhague sur le changement
climatique font état des récits les plus scandaleux des
tentatives effectuées par les États-Unis d'imposer leur
ordre du jour à tous les pays membres de l'ONU et, avec quelques
autres pays, imposer une rupture totale avec les normes de l'ONU et
l'effort pour parvenir à un consensus
légitime. Cela n'a pas passé grâce à
l'opposition militante de plusieurs pays.
« De sérieuses contradictions
étaient
évidentes au sommet, après que les nations
européennes auraient proposé de l'argent en
échange de l'approbation du texte qui a été
fermement rejeté par de nombreux pays dont Cuba »,
rapporte Prensa Latina.
Le ministre cubain des Affaires étrangères
Bruno
Rodriguez a dit que Cuba ne saurait accepter une déclaration
présentée par le président de la Conférence
sur le changement climatique. « Nous sommes choqués
et offensés par les méthodes utilisées, dit-il.
Par ailleurs, le Venezuela a averti que si le texte appuyé par
Washington devait être
approuvé, ce serait un coup d 'État pour les Nations
unies. La délégation bolivienne a déclaré
que les pays membres ne pouvaient pas discuter d'un document
qu'« ils n'ont pas vu ».
Lorsque les délégations du Venezuela, de
la Bolivie, de
Cuba, du Costa Rica, du Nicaragua, du Soudan et de Tuvalu, petit
archipel du Pacifique, ont finalement été en mesure
d'accéder au texte aux petites heures de la nuit, la
chaîne de télévision Telesur a rapporté que
le délégué du Venezuela, Claudia Salerno,
« a exprimé son
indignation » face à la façon dont le Sommet a
traité cette très importante question qui touche des
millions de gens partout dans le monde.
La délégation de Tuvalu a
déclaré que pour
parvenir à une réduction significative des
émissions de gaz à effet de serre qui influent sur le
réchauffement mondial, il était important d'avoir des
résultats basés sur la science. Tout autre accord
« serait la fin de Tuvalu », a-t-il dit.
Le Groupe des 77 a aussi contesté le soi-disant
accord de
Copenhague. L'accord n'est pas passé par un
« processus démocratique » et a
été un accord entre une dizaine de pays qui ne tiennent
pas compte des préoccupations de la plupart des pays en
développement, a déclaré Lumumba Stanislas-Kaw
Di-Aping, président du Groupe des
77, aux journalistes.
Il a également été rejeté
par les ONG.
« Le plus grand défi de transformer la volonté
politique en un accord juridiquement contraignant s'est
déplacé au Mexique », a déclaré
Kim Carstensen, le président de l'Initiative mondiale du WWF sur
le climat.
Carstensen a dit que les engagements
déposés par les
nations qui ont rédigé l'« accord »
vont encore ajouter jusqu'à 3 degrés Celsius ou plus,
même si le Groupe d'experts intergouvernementaux sur le
changement climatique met en garde que des efforts rigoureux doivent
être faits pour limiter le réchauffement mondial en
dessous de 2
degrés Celsius.
Kumi Naidoo, le directeur exécutif de Greenpeace
International,
a déclaré que l'accord « n'est pas juste,
n'est pas ambitieux et n'a pas force de loi ».
« Les dirigeants du monde n'ont pas fait leur
boulot. »
Il a noté qu'un certain nombre des pays en
développement
« ont démontré une volonté d'accepter
leur part du fardeau pour éviter un chaos
climatique ». Cependant, « la
responsabilité d'un échec réside essentiellement
avec les pays industrialisés riches, les pays qui ont la plus
grande responsabilité pour avoir causé historiquement
le problème », a ajouté Naidoo.
L'une des prémisses fondamentales de
l'Organisation des Nations
unies est que toutes les nations, grandes et petites, sont
égales. Au sein de l'institution qu'est l'ONU, chaque nation a
une voix. Cependant, depuis quelque temps les impérialistes
américains et les grandes puissances de la vieille Europe avec
les pays anglo-américaines refusent de
reconnaître cette réalité. Depuis 1990, les
discussions sur « l'économie » ont
remplacé la reconnaissance de nations souveraines, grandes ou
petites, et leur égalité. « Les grandes
économies » ont vraisemblablement davantage de
droits. Cela a non seulement causé des ravages parmi les peuples
opprimés, mais mine la
primauté du droit international établi dans la
période après la Deuxièmement Guerre mondiale.
De même, les États-Unis sont arrivés
à Copenhague pour imposer leur diktat à tout le monde.
Barack Obama, qui dit avoir été
« hésitant » à l'idée
d'aller au Sommet de Copenhague « à moins qu'il
puisse en arriver à un succès en matière de
politique étrangère », a prononcé un
discours après la publication dans les
premières heures du matin du projet de texte
préparé par un groupe restreint de 28 dirigeants. Il a
déclaré que les pays « devraient »
limiter le réchauffement planétaire à 2 C – i.e.,
qu'il soit non contraignant – et a proposé de prolonger les
négociations d'un an jusqu'à la prochaine réunion
des Nations unies sur le changement
climatique qui se tiendra à Mexico en décembre 2010.
En réponse aux critiques qui s'opposent à
un accord
affaibli, Obama a dit que d'avoir aucun accord serait pire. Le
secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a
déclaré que c'était « un pas en
avant ». Le gouvernement hôte danois a fait de son
mieux pour le faire adopter mais a été incapable de
déclarer un accord sur un document
secret qui est inacceptable et qui ne répond pas aux attentes de
la majorité des pays membres de l'ONU.
Une définition largement acceptée de
« changement climatique dangereux », c'est
lorsque débute une élévation de la
température mondiale de 2ºC.
Le Groupe d'experts intergouvernemental sur
l'évolution du climat (GIEC) recommande que, pour avoir une
bonne chance d'éviter cette définition de
« changement climatique dangereux », les pays
développés réduisent leurs émissions d'au
moins 25 % par rapport aux niveaux de 1990, d'ici 2020, et que les
émissions
mondiales cessent d'augmenter et commencent à diminuer d'ici
2020, au plus tard.
Cet accord « reconnaît »
l'objectif de 2ºC mais ne le cautionne pas. Il n'y a pas
d'année de pointe, et aucun objectif collectif de
réduction des émissions.
L'UE considère l'ensemble de cet accord si faible
qu'elle maintiendra son engagement minimal de maintenir ses
émissions de 20 % inférieures aux niveaux de 1990,
d'ici 2020, plutôt que d'opter pour 30 %.
D'autres pays comme le Japon et l'Australie sont
également susceptibles de s'en tenir à leur niveau
minimum d'ambition.
Cela met le monde d'avantage sur la voie d'une
élévation de 3ºC plutôt que d'une hausse de
2ºC.
Les technologies propres
Des sources proches des milieux d'affaires verts
affirment que l'entente n'est pas susceptible de stimuler les
investissements dans les technologies à faible émission
de CO2.
Cela nécessite soit un bon fonctionnement du
marché du carbone avec un prix du carbone suffisamment
élevé pour inciter les entreprises à investir, ou
soit un système étatique d'engagements financiers.
Sans une augmentation rapide à court terme de la
recherche, du développement et du déploiement de
technologies à faible émission de carbone,
l'échéancier où seront atteints les sommets
d'émission est reporté à beaucoup plus tard, si
à jamais.
Géopolitique
Les partenaires essentiels à cette entente ont
été les États-Unis et la Chine. L'Inde, le
Brésil et l'Afrique du Sud ont joué des rôles de
soutien – créant le genre d'accord qui convient aux grandes
économies émergentes.
L'UE a fait beaucoup du travail préliminaire le
jour avant que les dirigeants arrivent. Mais apparemment, elle n'a pas
été informée que M. Obama et M. Wen avaient conclu
l'affaire et se préparaient à l'annoncer.
L'UE aurait pu empêcher que cela soit
adopté comme un accord global, en refusant d'y souscrire.
Comme l'entente ne respecte pas les normes minimales
relatives à un ensemble acceptable proposé par plusieurs
pays européens, ils avaient une raison politiquement
défendable de la refuser. Si l'UE l'avait refusé,
plusieurs, si ce n'est pas tous les petits pays en
développement, auraient probablement suivi.
À la fin, l'UE a décidé de ne pas
se dresser contre les États-Unis et la Chine, qui apparaissent
comme les gagnants de ce jeu politique.
Le président éthiopien Meles Zenawi
ressort le vainqueur politique de l'Afrique – le champion choisi par la
France et le Royaume-Uni, parce qu'ils cherchaient le soutien des
Africains pour leur proposition de financement. Il a livré
l'Union africaine.
Barack Obama
Une mise en scène sans bavure, impeccablement
orchestrée par la Maison Blanche, a fait que les journalistes
américains ont été seulement invités aux
réunions cruciales et aux séances d'information
données par la suite aux autres.
M. Obama a annoncé la conclusion de l'entente en
direct, à l'auditoire américain, avant que la plupart des
gouvernements aient même vu le document en question, s'assurant
qu'il puisse dicter l'ordre du jour des équipes
éditoriales, du moins aux États-Unis
L'exclusion des ONG et de la presse des tractations
politiques du dernier jour ont permis que l'examen approfondi de
l'ébauche des ententes soit toujours à la traîne de
l'action.
Les sénateurs opposés au système de
plafonnement et d'échanges de droits d'émission de GES
vont en appeler du président pour l'absence de langage
contraignant sur la surveillance et la vérification des
émissions des pays en voie de développement.
La gouvernance environnementale internationale
Le concept selon lequel les problèmes mondiaux
d'environnement peuvent et doivent être abordés sur la
base d'une coopération internationale a subi un dur coup.
La convention sur le climat de l'ONU est l'accord de
référence, et ses résultats sont censés
être négociés. Le marché conclu a
été présenté par un petit groupe de joueurs
puissants à l'ensemble des pays comme une entente à
prendre ou à laisser.
Il est maintenant discutable si la convention sur le
climat des Nations unies a un avenir prometteur, ou si les pays
puissants pourront juste décider par eux-mêmes ou en petit
groupe, de combien ils sont prêts à réduire les
émissions.
Cela rend facultatifs les régimes mis en place
pour aider les pays les plus pauvres à se convertir vers une
énergie propre et vers un avenir à l'abri des changements
climatiques. On peut imaginer les implications que cela aura pour
d'autres traités mondiaux qui ne respectent pas leurs objectifs,
comme la convention sur la biodiversité des Nations
unies.
(BBC News)
À la fin du discours du seizième
élu, Evo Morales, fort de toute l'autorité de son origine
aymara, frais réélu par 65 p. 100 des votants et
jouissant du soutien des deux tiers de la Chambre et du Sénat
bolivien, a demandé la parole. Le président danois n'a
pas eu d'autre remède que de la lui céder à la
demande
des autres délégations. Quand Evo a conclu sa sage et
profonde intervention, le Danois a dû la concéder ensuite
à Hugo Chávez. Les deux interventions passeront à
l'Histoire comme des exemples de discours brefs et opportuns. Une fois
leur tâche dûment remplie, tous deux ont regagné
leur pays respectif. Mais quand
Obama est sorti de scène, il n'avait pas encore conclu la sienne
au pays siège du Sommet.
Dans la nuit du 17 au 18, le Premier ministre danois et
de hauts représentants des États-Unis s'étaient
réunis avec le président de la Commission
européenne et les dirigeants de vingt-sept pays pour leur
proposer, au nom d'Obama, un projet d'accord à
l'élaboration duquel aucun autre dirigeant du reste du monde
ne devait participer. C'était là une initiative
antidémocratique et virtuellement clandestine qui ignorait des
milliers de représentants de mouvements sociaux, d'institutions
scientifiques, religieuses et les autres invités au Sommet.
Dans la nuit du 18, alors que de nombreux chefs
d'État étaient déjà partis, les
représentants des pays ont attendu jusqu'à trois heures
du matin du 19 la reprise des séances et la clôture de la
réunion. Pendant toute la journée du 18, Obama avait
soutenu des réunions et des conférences de presse. Tout
comme les
dirigeants européens. Puis ils sont partis.
Il s'est alors passé quelque chose
d'insolite : le 19, à trois heures du matin donc, le
Premier ministre danois a convoqué la clôture du Sommet.
Les ministres, fonctionnaires, ambassadeur et personnels techniques
étaient les seuls à représenter leur pays.
Mais un groupe de représentants de pays du
Tiers-monde qui contestaient la tentative d'Obama et des plus riches de
la planète de présenter comme un accord consensuel du
Sommet le document imposé par les États-Unis a
livré cette nuit-là une bataille étonnante.
La représentante
vénézuélienne, Claudia Salerno, pleine d'une
énergie impressionnante, montra le sang qui coulait de sa main
droite à cause des coups qu'elle avait dû frapper sur la
table pour pouvoir exercer son droit de parole. Le ton de sa voix et la
dignité de ses arguments sont inoubliables.
Le ministre cubain des Relations extérieures a
prononcé un discours énergique d'un millier de mots dont
j'extrais plusieurs paragraphes pour les inclure dans mes
Réflexions :
« Le document dont vous avez nié
à plusieurs reprises l'existence, monsieur le Président,
apparaît maintenant... Nous avons vu des versions qui circulent
d'une manière subreptice et qui se discutent en petits
conciliabules secrets.
« ... je regrette profondément la
façon dont vous avez conduit cette Conférence.
« ...Cuba juge extrêmement insuffisant
et inadmissible le texte de ce projet apocryphe. L'objectif de 2ºC
est inacceptable, car il aurait des conséquences catastrophiques
incalculables...
« Le document que vous nous présentez
ne contient, hélas, aucun engagement de réduction des
émissions de gaz à effet de serre.
« Je connais les versions antérieures
qui se sont négociées elles aussi à travers des
procédés contestables et clandestins, en coteries
fermées...
« Le document que vous nous soumettez
maintenant omet justement les phrases clefs déjà bien
maigres et insuffisantes de cette version-là.
« ...pour Cuba, cet objectif est incompatible
avec le critère scientifique universellement accepté
selon lequel il est urgent et incontournable de réduire les
émissions d'au moins 45 p. 100 d'ici à 2020 et de non
moins de 80 à 90 p. 100 d'ici à 2050.
« Toute proposition de poursuite des
négociations en vue d'adopter à l'avenir des accords de
réduction des émissions doit inclure
impérativement le concept selon lequel le Protocole de Kyoto est
toujours d'actualité. [...] Votre papier, monsieur le
Président, est l'acte de décès du Protocole de
Kyoto, et ma
délégation s'y refuse.
« La délégation cubaine tient
à souligner la primauté du principe des
"responsabilités communes mais différenciées" en
tant que concept clef des futures négociations. Votre papier
n'en dit mot.
« Ce projet de déclaration omet des
engagements concrets en matière de financement et de transfert
de technologies vers les pays en développement dans le cadre des
obligations contractées par les pays développés au
titre de la Convention cadre des Nations sur les changements
climatiques. [...] Les pays
développés qui imposent leurs intérêts par
ce document interposé fuient tout engagement concret.
« ...Ce que vous appelez, monsieur le
Président, un "groupe de leaders représentatifs"
constitue à mes yeux une violation grossière du principe
de l'égalité souveraine des États que consacre le
Charte des Nations Unies.
« Je vous demande formellement, monsieur le
Président, de faire en sorte que ma déclaration fasse
partie du rapport final sur les travaux de cette lamentable, de cette
honteuse Quinzième Conférence des Parties.
On n'avait concédé qu'une heure aux
représentants des États pour émettre des opinions,
ce qui a provoqué des situations compliquées, honteuses
et désagréables.
Il s'ensuivit un long débat durant lequel les
délégations des pays développés ont
exercé de fortes pressions pour que la Conférence adopte
ce document comme résultats final de ses
délibérations.
Un nombre réduit de pays a insisté
fermement sur les sérieuses carences et ambiguïtés
du document impulsé par les États-Unis, en particulier
sur l'absence d'engagement de la part de pays développés
en matière de réduction des émissions de carbone
et de financement permettant aux pays du Sud de mettre en
place des mesures d'atténuation et d'adaptation.
C'est au terme de discussions longues et
extrêmement tendues que la position des pays de l'Alliance
bolivarienne des peuples de Notre Amérique (ALBA) et du Soudan
en tant que président en exercice du Groupe des 77 a fini par
prévaloir : le document en question était
inacceptable par la Conférence.
Devant le manque de consensus évident, la
Conférence s'est bornée à « prendre
note » de l'existence de ce document en tant que position
d'un groupe d'environ vingt-cinq pays.
Une fois cette décision adoptée à
10 h 30 (heure de Copenhague), Bruno – après avoir
discuté amicalement, aux côtés d'autres
représentants de l'ALBA avec le Secrétaire
général de l'ONU et lui avoir confirmé leur
disposition de continuer de lutter de concert avec les Nations Unies
pour empêcher les
terribles conséquences des changements climatiques – a
regagné notre pays en compagnie du vice-président cubain,
Esteban Lazo, pour assister à la session de l'Assemblée
nationale. Sa mission avait pris fin. Il n'est resté à
Copenhague que quelques membres de notre délégation et
l'ambassadeur pour participer
aux démarches finales.
Ils ont informé cet après-midi :
« ...comme ceux qui ont participé
à l'élaboration du document aussi bien que ceux qui,
comme le président des USA, se sont empressés d'annoncer
son adoption par le Sommet... ne pouvaient refuser la décision
de celui-ci de seulement "prendre note" du prétendu "Accord de
Copenhague", ils ont tenté
de proposer un procédé par lequel d'autres pays Parties
qui n'avaient pas participé à cette manigance pourraient
la seconder et y adhérer, afin de donner des dehors de
légalité à cet accord, ce qui aurait pu de fait
préjuger du résultat des négociations à
venir.
« Cuba, le Venezuela et la Bolivie se sont
opposés de nouveau fermement à cette tentative tardive,
avertissant que ce document non entériné par la
Conférence n'avait pas de caractère légal, qu'il
n'existait pas comme document des Parties et qu'on ne pouvait
établir aucune règle pour le faire censément
adopter...
« Voilà dans quel esprit que se sont
conclues les sessions de Copenhague, sans adoption de ce document
préparé subrepticement ces derniers jours, sous la
conduite idéologique évidente de l'administration
étasunienne... »
Demain, notre attention sera centrée sur
l'Assemblée nationale.
Lazo, Bruno et le reste de la délégation
arriveront vers minuit. Notre ministre des Relations extérieures
pourra expliquer lundi, avec luxe de détails et avec toute la
précision requise, ce qui s'est vraiment passé au Sommet.
Fidel Castro Ruz
Le 19 décembre 2009
20 h 17

Cuba
Raul Castro souligne la remise à jour du
modèle économique cubain sous une approche
intégrale
- Radio Havana Cuba, 22 décembre
2009 -
Le président du Conseil d'État a
souligné devant le Parlement, la remise à jour du
modèle économique cubain sous une approche
intégrale.
Raul Castro lance une mise en garde contre la
multiplication des actions anti-cubaines d'éléments
à la solde de l'empire
Il a aussi renouvelé l'appel aux
États-Unis à résoudre avec sincérité
le différend bilatéral, sans conditions et avec respect.
La croissance de l'économie cubaine sera de
1,9 % en 2010
Osvaldo Martinez, président de la Commission pour
les Questions Économiques de l'Assemblé Nationale du
Pouvoir Populaire a indiqué que la croissance de
l'économie cubaine pour 2010 sera de 1,9 % et qu'elle devra
être
atteinte dans un contexte économique mondial marqué par
l'incertitude face à une éventuelle rechute de la crise.
Prenant la parole à la séance d'hiver de
l'Assemblée Nationale de Cuba, au Palais des Congrès de
La Havane, Osvaldo Martinez a indiqué que les défis que
notre pays devra relever en 2010 seront tout aussi grands que ceux qui
ont marqué l'année qui prend fin, mais nous disposons,
a-t-il relevé, d'une révolution
profonde, basée sur la justice sociale.
Il a qualifié de véritable prouesse le
maintien de la stabilité du pays et des acquis sociaux
d'avant-garde malgré les difficultés provoquées
par la crise économique et financière internationale, le
blocus étasunien et les effets dévastateurs des cyclones
qui ont sévèrement touché notre pays en 2008.
Parmi les acquis de 2009, Osvaldo Martinez a cité
l'obtention d'un taux de mortalité infantile de 4,7 pour
mille ; le maintien d'une espérance de vie de 78 ans et la
lutte efficace contre l'influenza A (H1N1).
Ainsi par exemple, le renforcement de l'Alliance
bolivarienne pour les peuples de notre Amérique, de laquelle
Cuba est membre fondateur et le renforcement des relations avec la
Chine, ont été signalés comme des aspects positifs
de l'année qui prend fin.
Osvaldo Martínez a fait savoir qu'il a
été nécessaire de réviser les
dépenses prévues pour ne pas débourser plus que ce
que permettaient les recettes et réviser les investissements
pour les concentrer dans les activités apportant des revenus et
remplaçant des importations.
Il s'est référé à
l'augmentation de 4,3 % de la production de lait qui a permis
d'économiser 2300 tonnes de lait en poudre qui auraient du
être importées, ainsi qu'à l'économie de
4 % de combustible par concept de consommation de
l'électricité dans le secteur étatique, qui a
représenté une économie
de 70 millions de dollars.
Il a expliqué que l'année prochaine il
faudra continuer à appliquer la politique visant à
remplacer des importations, notamment des aliments, veiller à ne
pas augmenter la consommation de combustible et accomplir le plan
d'investissements avec discipline.
Osvaldo Martínez a signalé qu'au niveau
mondial, la croissance économique sera négative, aux
environs de 1 %, et qu'en Amérique Latine seule la
moitié des pays, dont Cuba, ont connu des augmentations de leur
PIB, alors qu'il y a des pays comme le Mexique dont la croissance
négative est de 6,7 %.
L'économie cubaine connaît une croissance
de 1,4 % en 2009
Marino Murillo, vice-président du Conseil des
Ministres et ministre de l'Économie et de la Planification, a
fait savoir que l'économie cubaine a connu une croissance de
1,4 % en 2009, une année au cours de laquelle l'impact
de la crise économique et financière internationale est
venu s'ajouter aux effets du blocus étasunien.
Prenant la parole devant la séance
plénière de l'Assemblée Nationale du Pouvoir
Populaire (notre parlement), Marino Murillo a ajouté que ces
résultats sont dus à la situation externe très
complexe dans laquelle notre pays a dû se développer et
honorer ses dettes. Il a signalé :
« Les résultats obtenus sont
méritoires, dans un contexte très complexe, nous avons
réussi à ajuster les objectifs du plan, tout en
conservant la stabilité nécessaire. Nous avons
établi les bases pour faire avancer l'économie sur la
voie de la solution du problème le plus pressant qu'est la
situation financière
en devises.
Nous devons mettre l'accent sur le fait que ces
résultats ont été obtenus au milieu d'un processus
de reprise des dégâts causés à
l'économie à la suite du passage des trois ouragans de
grande intensité qui se sont abattus sur Cuba en 2008. Ils
démontrent qu'il y a encore des réserves pour augmenter
la production
et l'efficacité économique et qu'en 2010 nous devrons
travailler avec ardeur, avec discipline car selon les
prévisions les conditions extérieures resteront
très difficiles ».
En présence de Raul Castro, président du
Conseil d'État et du Conseil des ministres de notre pays, Marino
Murillo a donné lecture du rapport sur le budget de 2009 et sur
les grandes lignes du Plan Economique et Social pour 2010.
Il a ajouté que la croissance économique
obtenue est inférieure au 6 % prévu mais que, par
exemple, dans l'agriculture, l'élevage, les transports et les
services les résultats ont été supérieurs
aux pronostics. Il a précisé
« Cette année a été
marquée par de grands efforts de la part de notre peuple pour
faire face aux conditions adverses et obtenir une croissance ne serait
ce que discrète de notre économie. Les tâches
réalisées ont été nombreuses sur le plan
économique, elles ont exigé de grands efforts, un grand
dévouement
de la part des travailleurs, des dirigeants et des cadres à tous
les niveaux. Le défi pour 2010 n'est pas mineur. Les
prévisions font penser qu'il faudra faire davantage d'efforts,
les travailleurs, les dirigeants et les cadres devront faire montre de
davantage de dévouement pour faire avancer notre économie
et préserver
les conquêtes de la Révolution ».
C'est par une minute de silence en l'honneur du
Commandant de la Révolution Juan Almeida Bosque,
député décédé récemment que
s'était ouverte la séance plénière de la 4e
Session Ordinaire de l'Assemblée Nationale du Pouvoir Populaire
au Palais des Congrès de La Havane.
Ricardo Alarcón, président de
l'Assemblée Nationale, avait fait savoir que 550
députés, soit 89,58 % de ses membres y
étaient présents. Il a salué la présence,
en qualité d'invité, d'Evaristo Boshab, président
de l'Assemblée Nationale de la République
Démocratique du Congo.
Préalablement à cette séance
plénière les 12 commissions permanentes de
l'Assemblée Nationale ont analysé les problèmes
les plus pressants de la population.
Elles ont analysé d'études, de recherches
sur le travail des secteurs de leur spécialisation et les
solutions apportées par les institutions de l'État aux
plaintes les plus variées de la population.
Les élus ont également débattu de
questions clés de la production et des services, ainsi de leur
qualité et efficacité.
Une bonne partie de ministres et directeurs
d'institutions de l'État ont rendu compte de leur travail.
Par exemple la Commission chargée des questions
relevant de l'énergie et de l'environnement a qualifié de
positifs les résultats des efforts consentis à la
réduction de la consommation de l'électricité.
Ricardo Gonzalez, responsable du Programme pour
l'utilisation rationnelle de l'énergie au ministère de
l'industrie lourde, a expliqué que grâce aux mesures
prises le pays avait pu économiser cette année quelque
160 000 tonnes de combustible.
Yadira Garcia, ministre de l'Industrie lourde, a
rappelé que l'État cubain subventionne le prix de
l'électricité pour la population. La production d'un
kilowatt heure coûte 13,5 cents de dollars alors que le tarif
à payer par les particuliers est de 9 centavos pour les premiers
100 kilowatts heure.
Au cours du débat, les élus membres de
cette commission se sont prononcés pour faire de la prise de
conscience sur la réduction de la consommation, une
priorité en 2010.
Pour sa part Ramiro Valdés, ministre des
Communications et de l'Informatique a plaidé pour une plus forte
participation de la population à la solution des
problèmes de la communauté.
Au cours d'une intervention devant la Commission du
bâtiment et de l'industrie de l'Assemblée Nationale,
Ramiro Valdés a qualifié de décisif le rôle
que peut jouer la population aux programmes liés à la
construction de logements, au bon fonctionnement du
tout-à-l'égout, aux travaux des chaussées et des
ponts
et au programme pour la réduction de la consommation
d'électricité, entre autres.
Jorge Luis Sierra, ministre du Transport, qui a
présenté le projet du nouveau code de la route devant la
Commission de la défense nationale et des lois de
l'Assemblée Nationale, a déclaré que celui-le
nouveau code de la route, largement débattu avant d'être
voté lors de la séance plénière de
l'Assemblée Nationale,
a pour but de faire réduire le taux d'accidents, de morts et de
dégâts matériels.
Il a rappelé qu'un seul accident, survenu en
août dans la province de Ciego de Avila, a fait beaucoup plus de
morts que les trois cyclones qui se sont abattus sur Cuba, en 2008.
Il a expliqué que le nouveau code cherche
à changer la conduite des chauffeurs et piétons pour
qu'ils adoptent une attitude plus responsable dans la circulation.
L'Assemblée Nationale élit le nouveau
Conseil d'État
Le Commandant de la Révolution Ramiro
Valdés, ministre de l'Informatique et des
Télécommunications et Gladys Bejerano, présidente
de la Cour des Comptes de notre pays ont été élus
nouveaux Vice-présidents du Conseil d'État de Cuba.
Au suffrage direct et à bulletin secret, les
députés de l'Assemblée ont également
élu membres du Conseil d'État Marino Murillo Jorge,
Vice-président du Conseil des Ministres et ministre de
l'Economie et de la Planification, et Luidmila Álamo
Dueñas, première secrétaire de l'Union des Jeunes
Communistes.
Les députés ont également
élu pour occuper des postes vacants Isis Diez Duardo,
vice-présidente du Conseil de l'Administration Provinciale de
Las Tunas, Kirenia Díaz Burke, spécialiste en
homologation de l'Institut Finlay de La Havane et Sergio
Rodríguez Morales, Directeur de l'Institut National de la
Recherche
sur les Tubercules Tropicaux Comestibles de Villa Clara.

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