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À l'occasion du débat à l'Assemblée générale, Le Marxiste-Léniniste lance l'appel à tous de multiplier les efforts pour exiger qu'on mette un terme à l'impunité anglo-américaine contre le peuple palestinien. Il ne peut y avoir aucun doute sur l'objectif visé par les sionistes avec cette campagne et avec les crimes qu'ils continuent de commettre à chaque jour. Nous publions dans ce numéro les grandes lignes du Rapport Goldstone en plus de nouvelles et de commentaires reliés. Nous profitons aussi de l'occasion pour attirer l'attention sur les tentatives du Canada, de la Grande-Bretagne et des États-Unis d'interdire toute critique du gouvernement israélien en déclarant que cette critique constitue un crime haineux. Cela ne doit pas passer ! Exigeons que les crimes contre
l'humanité des sionistes Les grandes lignes du Rapport GoldstoneSuite à l'offensive israélienne contre Gaza de 2008-2009, les Nations unies ont mis sur pied une commission présidée par le juge sud-africain Richard Goldstone pour faire enquête sur les crimes de guerre commis durant cette campagne. La Commission a remis son rapport, le Rapport Goldstone, le 15 septembre 2009. Par l'énumération des violations israéliennes d'avant, pendant et après la guerre de 2008-2009 d'Israël contre Gaza, soutenue par les États-Unis, le Rapport Goldstone confirme les atrocités américano-sionistes commises contre les Palestiniens tout au long de l'histoire de l'occupation et déjà dénoncées à maintes reprises. Il défait plusieurs des mythes propagés par le gouvernement et l'armée d'Israël en particulier celui à l'effet que la guerre était un geste de « légitime défense ». La mission de l'ONU a recueilli les preuves montrant que les opérations militaires israéliennes étaient dirigées « délibérément » contre la « population de Gaza dans son ensemble », qu'elles constituaient un crime de « privation arbitraire de la vie », qui « reposait sur une politique délibérée d'utilisation d'une force disproportionnée dirigée non contre l'ennemi mais contre [...] la population civile ». Israël a failli au mandat du droit international qui prescrit de faire une distinction entre les combattants et les civils. Ses attaques « visaient à punir, humilier et terroriser une population civile ». Le rapport souligne que l'occupation sioniste des territoires palestiniens et le non-respect par Israël de ses responsabilités, en tant que force d'occupation, envers la population occupée sont la source du problème et que « loin d'apaiser la résistance, ils la nourrissent, y compris dans ses manifestations violentes ». Le châtiment collectif des Palestiniens, conclut le rapport, se voit dans les attaques délibérées contre les civils, le blocus et les sanctions contre la bande de Gaza, de même que dans « la destruction des installations d'approvisionnement en nourriture, des systèmes d'épuration des eaux, d'usines et de maisons résidentielles ». Un autre des crimes de guerre d'Israël a été son utilisation de cibles humaines, que le rapport appelle « un assaut contre la dignité de la population ». Les manifestations de cet assaut contre la dignité comprennent les « détentions illégales de Palestiniens » et « le vandalisme contre les maisons occupées et la façon dont les gens sont traités de même que les graffitis sur les murs, les obscénités et les slogans souvent racistes qui ensemble constituent une humiliation et une déshumanisation générales de la population palestinienne ». Se référant à l'agression contre
Gaza, le rapport mentionne l'utilisation des obus au phosphore contre
les installations de l'Office de secours et de travaux de l'ONU pour
les réfugiés palestiniens (UNRWA) et des hôpitaux
al-Quds et al-Wafa comme exemples de violation de la IVe Convention de
Genève. Le rapport cite d'autres exemples des
crimes de guerre et de violations par Israël du droit
international et des lois humanitaires internationales : les
« attaques délibérées contre des civils
et des installations civiles » telles que l'attaque contre
le Conseil législatif palestinien et la prison centrale de
Gaza ; le blocus contre « les organisations
humanitaires [...]
pour les blessés » ; le « non-respect
du principe de la proportionnalité [...] via les attaques
délibérées contre les bureaux de police et
l'assassinat d'un grand nombre de policiers » ;
« les interrogatoires de civils sous la menace de mort ou de
blessures pour leur soutirer de l'information au sujet du
Hamas » ; l'arrestation, la détention et le
traitement inhumains de personnes qui sont
« protégées par la IVe Convention de
Genève », en particulier les femmes. ![]() ![]() 15 janvier 2009: Le quartier général de l'UNRWA à Gaza après un raid israélien Le rapport conclut que « les conditions résultant des actions délibérées des forces armées israéliennes et les politiques déclarées du gouvernement en ce qui a trait à la Bande de Gaza, avant, pendant et après l'opération militaire indiquent dans l'ensemble une intention d'infliger un châtiment collectif à la population de la Bande de Gaza ». Le rapport fait état de violations israéliennes en Cisjordanie telles que « l'utilisation d'une force excessive ou mortelle » contre la population qui protestait contre l'agression, l'échec d'Israël à empêcher « l'augmentation de la violence des colons [...] contre les civils palestiniens et leur propriété » en Cisjordanie, et des actes qui « équivalent à la déportation » des Palestiniens de Jérusalem-Est. Le rapport met aussi l'accent sur le fait important que les Palestiniens détenus en Israël n'ont pas droit à la procédure légale prévue par le droit international parce qu'ils sont soumis à un système de tribunaux militaires. Le rapport indique aussi cette autre violation du droit international par Israël qui consiste à poursuivre la construction de colonies de peuplement, lesquelles, avec le Mur de l'Apartheid et la restriction arbitraire de mouvement et d'accès « empêche l'émergence d'un État palestinien viable, contigu et souverain, ce qui viole le droit à l'autodétermination ». Le rapport demande aussi à Israël « de cesser son interférence dans les processus politiques nationaux dans les Territoires palestiniens occupés, et de commencer par relâcher tous les membres du Conseil législatif palestinien présentement en détention et de permettre à tous les membres du Conseil de circuler librement entre Gaza et la Cisjordanie pour que celui-ci puisse recommencer à fonctionner ». Le fait que le rapport demande que les occupants soient tenus responsables de leurs actions planifiées et délibérées durant la guerre de Gaza nous rappelle qu'une paix juste est impossible sans que l'impunité des crimes de guerre et d'occupation américano-sionistes ne soit contestée. L'ONU et ses États-membres doivent faire appliquer la responsabilité et la justice qui ne sont pas reconnues et qui sont niées. Israël étant financé, soutenu et protégé par les États-Unis, ces derniers doivent aussi être tenus responsables, parce qu'Israël ne serait pas capable de commettre ces crimes sans ce soutien. Ce sont les États-Unis qui empêchent systématiquement l'ONU, et en particulier le Conseil de sécurité, de faire appliquer les résolutions sur l'occupation et les crimes de guerre d'Israël. Le 16 octobre, le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU a voté d'entériner le Rapport Goldstone suite au débat du 4 novembre à l'Assemblée générale. Vingt-cinq pays membres du Conseil ont voté en faveur : Afrique du Sud, Arabie saoudite, Argentine, Bahrain, Bangladesh, Bolivie, Brésil, Chili, Chine, Cuba, Ddibouti, Égypte, Ghana, Inde, Indonésie, Jordanie, Maurice, Nicaragua, Nigéria, Pakistan, Philippines, Qatar, Russie, Sénégal et Zambie ; six ont voté contre : États-Unis, Italie, Hollande, Hongrie, Slovaquie et Ukraine ; onze se sont abstenus : Belgique, Bosnie, Burkina Faso, Cameroun, Corée du Sud, Gabon, Japon, Mexique, Norvège, Slovénie et Uruguay. Quatre membres du Conseil n'ont pas voté : Grande-Bretagne, Madagascar, Kyrgystan et Angola. (Les citations du Rapport Goldstone sont traduites par Le Marxiste-Léniniste.) Les États-Unis et Israël font obstruction
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![]() (Carlos Latuff) |
Le rapport Goldstone a été rendu public le 15 septembre. Le 17 septembre, l'ambassadrice des États-Unis à l'ONU Susan Rice a dit que le mandat donné au CDH par le rapport « manque d'équilibre », qu'il est « à sens unique et essentiellement inacceptable ». Elle a dit : « Nous avons de sérieuses réserves sur plusieurs recommandations de ce rapport. Nous croyons que l'instance appropriée pour étudier ce rapport est le Conseil des droits de l'Homme. » « Chose plus importante encore, nous sommes d'avis que nous devons nous concentrer sur l'avenir », a dit Rice, ajoutant que « le temps est venu de travailler à cimenter le progrès menant à la reprise des négociations » entre Israël et les Palestiniens.
Selon les États-Unis, l'histoire doit être effacée quand elle ne sert pas leurs visées. Les Palestiniens doivent donc « laisser au passé ce qui appartient au passé » parce que l'insistance à vouloir tenir Israël responsable de crimes de guerre « n'a pas sa place dans un processus de paix ».
Le 22 septembre, le président Obama a rencontré le président de l'Autorité palestinienne (AP) Mahmoud Abbas et le premier ministre israélien Netanyahu. Sous la pression des États-Unis, Abbas a abandonné la demande des Palestiniens qu'Israël cesse l'expansion de ses colonies de peuplement — une violation d'ententes précédentes et une chose que les États-Unis prétendent aussi vouloir — avant que les négociations ne reprennent. Les colonies de peuplement continuent et pourtant les négociations ont repris le 22 septembre.
Le CDH devait ensuite se réunir le 2 octobre et voter sur les recommandations du Rapport Goldstone et sur une résolution à l'effet de les référer au Conseil de sécurité. L'administration américaine a dit que la poursuite du rapport allait « entraver le processus de paix ». Abbas, encore une fois sous la pression américaine, a retiré l'appui de l'Autorité palestinienne à la résolution.
En forçant ce retrait, les États-Unis espéraient retarder le vote jusqu'à sa prochaine réunion en mars 2010.
Les Palestiniens à travers le monde ont immédiatement exprimé leur indignation envers le retrait d'Abbas et ont exigé que le monde se penche sur l'impunité américano-israélienne. Le Rapport Goldstone est une avenue à poursuivre dans ce sens.
La Libye a proposé que le Conseil de sécurité tienne une session spéciale le 7 octobre pour discuter du Rapport Goldstone. La requête fut rejetée mais on a plutôt devancé au 14 octobre la réunion régulière sur le Moyen-Orient prévue pour le 20 octobre. Cette réunion a un peu discuté du rapport ainsi que de la récente violence de l'État d'Israël contre les Palestiniens à Jérusalem Est. Les États-Unis se sont assurés qu'aucune résolution sur le rapport ne soit adoptée.
Pour tenter de sauver la situation, Abbas a appuyé la requête libyenne et soumis une nouvelle résolution au Conseil des droits de l'Homme condamnant les violations israéliennes à Gaza, à Jérusalem Est et dans le reste de la Cisjordanie. La dénonciation de la perfidie d'Abbas était telle que le 11 octobre il a dû se rétracter publiquement.
Le Wall Street Journal cite Abbas : « J'ai ordonné à notre ambassadeur [aux Nations unies à Genève] de convoquer une rencontre extraordinaire du Conseil des droits de l'Homme pour qu'il y ait un vote sur le rapport, pour que soient punis tous ceux qui ont commis ces crimes monstrueux contre les femmes et les enfants à Gaza. »
Les rapports dans la presse arabe relatent que le président Obama et la secrétaire d'État Hillary Clinton ont tous deux téléphoné Abbas pour lui dire que l'Autorité palestinienne ne doit pas « joindre les rangs des terroristes et de ceux qui incitent au terrorisme » en choisissant d'appuyer une possible résolution du Conseil des droits de l'Homme de référer les conclusions du Rapport Goldstone au Conseil de Sécurité et à la Cour pénale internationale. La presse fait état de menaces des États-Unis qui ont fait savoir que si l'Autorité palestinienne n'abandonnait pas le rapport cela aurait pour conséquence de « sérieusement affecter l'Autorité palestinienne et l'aide financière qu'elle reçoit actuellement des États-Unis ».
Ces rapports font aussi référence aux menaces israéliennes à l'effet que, devant l'éventualité d'un appui à une résolution condamnant les crimes commis à Gaza, l'Autorité palestinienne et la Cisjordanie seraient soumis à des pressions financières et économiques. Cela comprend par exemple la menace de ne pas accorder une plus grande plage de fréquences qui aurait permis d'élargir le service de téléphonie cellulaire en Cisjordanie. Le chantage américano-israélien a réussi à forcer Abbas à se soumettre.
Le retrait de l'appui de l'Autorité palestinienne a été vigoureusement dénoncé par les Palestiniens et les peuples du monde. Cela n'a fait que semer le doute sur la légitimité de l'AP et d'Abbas.
L'agence de nouvelles Shahab, citant ce qu'elle appelle une source de bonne foi, rapporte que lors d'une rencontre à Washington les représentants de l'AP avaient initialement rejeté la demande d'Israël de ne pas endosser le rapport, et étaient résolus de s'en tenir à cette position. Mais, comme l'ajoute l'agence de nouvelles, le brigadier Eli Avraham a montré un enregistrement vidéo montrant une rencontre entre le président palestinien, Mahmoud Abbas, et le ministre de la défense israélienne, Ehud Barak. Tzipi Livni, la ministre israélienne des Affaires étrangères, était aussi présente.
Le vidéo montre Abbas en train de convaincre Barak de continuer la guerre à Gaza alors que Barak semble hésitant et que Livni semble appuyer le plan, a dit la source citée par Shahab.
Le rapport de Shahab est sorti le 7 octobre, le jour même où la Libye a demandé une réunion d'urgence du Conseil de Sécurité pour prendre en considération le contenu du rapport Goldstone.
Palestine TV, la chaîne de télévision officielle de l'Autorité palestinienne, a rapporté qu'Abbas enverrait le Dr. Ryadh Al-Malki, le ministre palestinien des Affaires étrangères, à New-York pour soutenir la requête libyenne.
Shahab rapporte aussi qu'Avraham a fait jouer un enregistrement d'une conversation téléphonique entre le directeur du bureau du commandement en chef israélien, Dov Weissglas, et le secrétaire général de la présidence palestinienne, al-Tayyib Abdul Rahim.
Durant la conversation, Abdul Rahim dit que les circonstances justifient l'entrée de l'armée israélienne dans les camps de réfugiés de Jabalya et al-Shatea et ajoute que la chute de ces deux camps mettrait fin au règne du Hamas dans la bande de Gaza, déclare Shahab.
Weissglas a ensuite dit à Abdul Rahim que cette opération va entraîner la mort de milliers de civils mais, selon Shahab, Abdul Rahim aurait répondu : « Ils ont élu Hamas alors ce sont eux qui ont choisi leur destin, pas nous. »
Shahab dit que la délégation israélienne a menacé les représentants de l'AP en disant qu'elle présenterait ces enregistrements à l'ONU et aux médias, forçant la délégation à accepter la requête d'Israël de reporter le vote sur le rapport.
Un haut-placé du Hamas, Mahmoud al-Zahar, a exigé qu'Abbas démissionne pour avoir appuyé le report du vote. Abbas est coupable « d'un très grave crime contre le peuple palestinien » par l'appui de l'AP au report du vote sanctionnant le rapport, a-t-il déclaré à Al Jazeera.
« Il encourage les dirigeants militaires israéliens à attaquer Gaza, à tuer le Hamas et à tuer les gens parce qu'ils ont voté pour le Hamas, à retarder un très important rapport concernant les crimes israéliens commis contre des êtres humains », a dit al-Zahar.
« Il devrait démissionner et comparaître devant une cour de justice. Il ne représente aucunement le peuple palestinien. »
Des centaines de gens de la ville de Ramallah, en Cisjordanie, ont protesté contre cette décision, disant que le délai « est une insulte au sang des martyrs et blesse profondément notre peuple ».
Des protestations ont aussi eu lieu à Jérusalem où des activistes ont exigé des excuses d'Abbas.
« Si le gouvernement a quelque chose à voir avec la décision, nous voulons qu'il démissionne », a dit Muhammad Jadallah, le dirigeant de la Coalition pour Jérusalem.
Trente-deux groupes palestiniens en Europe ont aussi demandé qu'Abbas démissionne immédiatement.
Dans une déclaration, les groupes ont dit que « la manoeuvre pour retarder la sanction est non moins grave que les atrocités commises sous l'occupation de Gaza par Israël ».
« Confronté à une condamnation sans précédent et à des accusations de trahison par les autres factions palestiniennes et par son propre parti, Abbas a dit qu'il a ordonné la mise sur pied d'une commission d'enquête pour découvrir qui sont les responsables du report de la résolution de l'ONU contre Israël », a rapporté Press TV.
Selon le Jérusalem Post, un ministre non identifié de l'AP a auparavant ridiculisé la décision d'Abbas d'établir une commission d'enquête : « Qu'est-ce que le président [Abbas] est-il en train de nous dire ? Qu'il n'a pas pris la décision de faire avorter la résolution qui aurait vu l'ONU sanctionner les conclusions de la commission d'enquête sur la guerre de Gaza ? », a demandé le ministre.
(Al Jazeera et les services de nouvelles)
Mes collègues et moi sommes ici aujourd'hui afin de présenter au Conseil le rapport final de la Mission d'établissement des faits sur le conflit à Gaza. Depuis la publication de la version préliminaire du rapport il y a deux semaines, nous avons été témoins de plusieurs déclarations d'appui mais aussi d'un barrage de critiques envers nos conclusions ainsi que d'attaques publiques contre les membres de la Mission. Nous ne répondrons pas à ces attaques car nous pensons que les réponses à ceux qui nous ont critiqués sont dans les conclusions du rapport. Cependant, je dois rejeter une accusation portée contre la Mission, celle à l'effet que nos efforts ont une motivation politique.
Laissez-moi répéter devant ce Conseil ce que j'ai déjà déclaré à plusieurs occasions :
Nous avons accepté cette Mission parce que nous croyons profondément dans la primauté du droit, le droit humanitaire, les droits humains et le principe que dans un conflit armé les civils devraient le plus possible être protégés.
Nous avons accepté avec conviction que la poursuite de la justice est essentielle et qu'aucun État ou groupe armé ne doit être au-dessus de la loi. À défaut de poursuivre la justice pour des violations sérieuses lors de tout conflit, la justice internationale sera gravement minée.
Nous avons accepté sur la base d'une grande préoccupation pour les centaines de civils tués inutilement et pour ceux qui ont été blessés et estropiés à vie.
Nous avons accepté parce que nous croyons que les auteurs de graves violations doivent être tenus responsables.
Nous ne prétendons pas être à l'abri de l'erreur. Suite à la publication du rapport, nous avons reçu plusieurs commentaires de gens qui sont sincèrement intéressés à la vérité. Nous les avons considérés et avons redressé les inexactitudes dans la version finale du rapport qui vous est présentée aujourd'hui.
Nous regrettons que la réponse du gouvernement d'Israël évite jusqu'à ce jour de traiter de l'essence du rapport.
M. le président,
Comme vous le savez tous, la Mission a été établie en avril de cette année avec le mandat d'enquêter « sur toutes les violations des droits humains et du droit international humanitaire qui auraient pu être commises dans le contexte des opérations militaires à Gaza au cours de la période allant du 27 décembre 2008 au 18 janvier 2009, que ce soit avant, durant ou après ».
L'ambassadeur [nigérien] Uhomoibhi et moi avons annoncé la mise sur pied de l'équipe lors d'une conférence de presse en avril et il a présenté le mandat de la Mission devant ce Conseil en Juin. Le mandat de la Mission était d'examiner toutes les parties : Israël ; l'Autorité palestinienne ; le Hamas qui gouverne la bande de Gaza et les groupes armés palestiniens.
Peu après son établissement, la Mission a fait face à un de ses plus grands défis : la décision du gouvernement d'Israël de ne pas coopérer avec elle et son refus implicite de nous donner accès à la bande de Gaza, à la Cisjordanie et au Sud-Liban. Nous avons décidé de ne pas laisser ce manque de coopération empêcher la Mission d'accomplir son mandat. [...]
La première visite de la Mission a eu lieu dans la bande de Gaza du 1er au 5 juin 2009, durant laquelle nous avons eu des réunions et des entrevues avec des victimes et des témoins et visité les sites d'incidents.
Les membres de la Mission étaient de nouveau dans la bande de Gaza du 26 juin au 1er juillet. [...]
La Mission a tenu une deuxième ronde d'audiences publiques, ce qui fait partie de son processus d'enquête.
Durant les deux parties des audiences publiques, 38 témoins, victimes et experts se sont exprimés. Le but de tenir des audiences publiques était de donner une voix à ceux ayant eu une expérience directe et ayant une expertise liée au mandat de la Mission.
La Mission a examiné des rapports produits par diverses organisations et institutions ainsi que des soumissions sur des faits et la loi pertinents à son enquête.
La Mission a consulté une grande variété d'interlocuteurs. Cela incluait des victimes et des témoins, des Palestiniens, des Israéliens, des ONG internationales, des organisations internationales et de l'ONU, des organisations communautaires, des défenseurs des droits humains, des experts juridiques, militaires, médicaux et autres professionnels, les autorités et autres sources d'information de bonne foi pertinents au mandat de la Mission. Ces interlocuteurs étaient à la fois à l'intérieur et à l'extérieur d'Israël et des Territoires occupés. [...]
La Mission a enquêté en détail les conséquences des attaques à la roquette au mortier aériens des groupes armés palestiniens à Gaza pour la population civile dans le sud d'Israël. Nous avons examiné en détail les souffrances des victimes et l'effet très préjudiciable de ces actes pour les villes et villages situés dans la zone de tir.
La Mission a décidé que pour comprendre l'effet des opérations militaires d'Israël sur l'infrastructure et l'économie de Gaza, et surtout sur l'approvisionnement alimentaire, il était nécessaire d'examiner les effets du blocus qu'Israël impose à la bande de Gaza depuis maintenant plusieurs années, blocus qui a été resserré depuis que le Hamas est devenu l'autorité à Gaza.
La Mission a conclu que l'attaque contre la seule meunerie qui reste, la destruction d'une grande partie de la production d'oeufs à Gaza, la destruction par bulldozers de grandes superficies de terres agricoles et le bombardement de quelque 200 installations industrielles ne seraient en aucune façon être justifiées par des motifs militaires. Ces attaques n'avaient absolument rien à voir avec le lancement de roquettes contre Israël.
La Mission a examiné de près et rapporté certaines déclarations faites par des représentants politiques et militaires d'Israël qui affirment vouloir frapper « l'infrastructure du Hamas ».
Accepter cette définition du mot « infrastructure », en tant que cible militaire justifiable, serait remettre en question tout le droit humanitaire international des plus de cent dernières années. Cela voudrait dire que les civils et les immeubles civils peuvent être des cibles. Ces attaques constituent en fait des mesures de représailles et de châtiment et sont des crimes de guerre.
Le gouvernement israélien avait le devoir de protéger ses citoyens. Cela ne justifie d'aucune façon le châtiment collectif d'une population qui est à toute fin pratique sous occupation, la destruction de ses moyens de vivre dans la dignité et le traumatisme causé par cette intervention militaire que le gouvernement d'Israël a appelée « plomb durci ». [...]
L'impunité pour crimes de guerre et possiblement pour crimes contre l'humanité a maintenant créé une situation de crise ; l'absence de justice sape tout espoir de réussite du processus de paix et crée un climat qui encourage la violence. L'expérience a maintes fois montré que le fait de fermer les yeux devant l'injustice ne mène qu'à l'intensification du conflit et de la violence.
En conclusion, je dirai que la Mission espère que le fond de ce rapport serve à renforcer les initiatives pour la paix dans la région. La Mission est convaincue que la communauté internationale doit répondre aux réalités présentées dans ce rapport et ce faisant établir une base solide pour la poursuite de la paix et de la sécurité pour tous les habitants de la région. [...]
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