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La contestation constitutionnelle de US
Steel
L'objectif de US Steel et ce que le Parlement
canadien doit faire immédiatement pour défendre
la
souveraineté et les droits des Canadiens
- K. C. Adams -
US Steel a déposé un avis de motion
devant la Cour fédérale du Canada qui conteste
« la validité, l'applicabilité et
l'opérabilité constitutionnelles des sections 39 et 40 de
la Loi sur Investissement Canada (LIC) ». La
contestation est en réponse à la première
poursuite judiciaire jamais faite par un gouvernement
canadien contre un monopole étranger en vertu de la LIC. Le
gouvernement poursuit US Steel pour avoir manqué aux
engagements qu'il a pris auprès d'Investissement Canada quand il
a acquis l'aciérie canadienne Stelco en 2007. US Steel a pris
des engagements en matière d'emplois et de production et les a
violés en 2008 et continue de les
violer avec la fermeture partielle des Ateliers Hamilton et la
fermeture complète des Ateliers Lake Erie. Les
pénalités comprennent des amendes quotidiennes et/ou une
annulation de la vente et la prise de contrôle de Stelco par le
gouvernement ou une autre entreprise qui s'engage à respecter
les engagements en matière d'emplois et de
production.
Plutôt que de régler la question hors cour
ou d'être puni par la loi, US Steel a décidé de
contester la validité de la loi elle-même. L'objectif de
l'action en cour selon la motion est de recevoir de la Cour
fédérale « une ordonnance qui arrête les
procédures » et de recevoir dans l'intérim,
pendant que la contestation constitutionnelle
fait son chemin possiblement jusqu'en Cour suprême,
« une ordonnance qui établit que les questions
soulevées par la motion doivent être traitées
séparément des autres questions soulevées par les
procédures et avant elles ». En d'autres termes, US
Steel veut fermer la poursuite légale du gouvernement, le mot
« fermeture » étant son mot clé.
De nombreux Canadiens sont outrés qu'un monopole
étranger ait l'arrogance d'utiliser la Constitution du
Canada et la Charte des droits et libertés contre
leurs intérêts, leur économie souveraine et le bien
public. U.S Steel n'a pas l'air de réaliser qu'il est une
société invitée au Canada et non une personne qui
réside ici,
et qu'il devrait se comporter selon les règles qui ont
été établies lors de son entrée.
US Steel est déterminé à utiliser
sa propriété légale de l'ancienne aciérie
Stelco comme arme pour imposer son droit de monopole d'utiliser
les aciéries selon les besoins de son empire mondial quelles que
soient les conséquences sociales et naturelles pour le Canada.
Il ne reconnaît pas que le Canada est un pays souverain. Il
considère le Canada
comme un territoire annexé où aucune loi ne doit entraver
la « jouissance de sa propriété »
ni son droit de faire avec sa propriété ce qu'il
décrète être dans le meilleur intérêt
de son empire. Selon US Steel, le Canada est une
propriété annexée qui doit reconnaître
légalement et constitutionnellement la suprématie de la
propriété privée
des moyens de production socialisés, des ressources et de la
terre : toute loi qui entrave la suprématie de la
propriété privée des moyens de production
socialisés, des ressources et de la terre doit être
déclarée inconstitutionnelle et une atteinte au droit de
monopole. L'empire américain considère toute contestation
du droit des sociétés
américaines de faire comme bon leur semble au Canada comme un
geste inamical et contraire au comportement qui sied à un
territoire annexé.
Par cet avis de motion qui invoque la Constitution
canadienne, US Steel avertit le gouvernement canadien de ne pas agir
à l'encontre de son statut de territoire annexé et
surtout de ne pas agir en gouvernement d'un peuple souverain
indépendant, possédant ses propres objectifs et ses
propres intérêts nationaux distincts de ceux de l'empire.
US Steel et ses centaines d'avocats savent très bien que le
Parlement canadien a l'autorité en vertu de l'article 33 de la Charte
des droits et libertés (la clause
« nonobstant ») de déclarer
expressément que la Loi sur Investissement Canada est
« à l'abri » d'une contestation
constitutionnelle pour une
période de cinq ans. Une loi du Parlement à cet effet
défendrait l'autorité de la LIC et permettrait à
la poursuite judiciaire du gouvernement de procéder
immédiatement. US Steel a en fait forcé le Parti
conservateur au pouvoir à Ottawa à montrer son jeu, parti
qu'il considère comme un serviteur loyal de l'empire
américain et de ses intérêts et non
des intérêts de la souveraineté des Canadiens, de
leur économie et du bien public.
Les Canadiens devraient demander à tous les
députés à la Chambre des communes et au
Sénat de relever le défi de US Steel et de faire preuve
d'un peu de courage pour le bien du Canada. Les députés
devraient placer la Loi sur Investissement Canada sous
l'autorité de l'article 33 de la Charte des droits et
libertés et
ordonner à US Steel d'ou bien respecter ses engagements
d'acquisition, ou bien de risquer de perdre immédiatement sa
propriété et son contrôle de l'ancien Stelco, soit
à une autre compagnie qui prendrait au sérieux ces
engagements envers le bien public ou au gouvernement qui pourrait faire
de Stelco une entreprise publique de l'acier qui
opérerait au niveau désigné de production et
d'emplois, reconnaîtrait les conventions collectives et
prolongerait la convention collective de la section locale 8782 aux
Ateliers Lake Erie d'au moins deux ans. Le Parlement canadien
démontrerait ainsi au monde qu'il a l'autorité et la
volonté de défendre les droits souverains et
l'intérêt des Canadiens, leur
économie et le bien public.

La fausse identité des intimés qui
prétendent
être le rapport social US Steel Canada
- K. C. Adams -
US Steel Corporation et US Steel Canada sont un
rapport social constitué essentiellement des employés et
des possesseurs du capital. L'Avis de Motion déposé
au nom des corporations contre le Procureur général du
Canada ne mentionne pas qui, au sein des corporations, est l'auteur de
la motion et quels droits ont été violés. Les
personnes spécifiques au sein de ce rapport social US Steel
Canada qui ont déposé la motion contre le Procureur
général, ne sont pas identifiées ; on les
appelle les « intimés ».
La majorité des employés de ce rapport
social US Steel Canada représentés collectivement par
les sections locales 1005 et 8782 du Syndicat des Métallos, de
même que les employés à traitement et les
retraités de Stelco appuient la demande du Procureur
général qui réclame des réparations de la
part des possesseurs du capital de US Steel
parce qu'ils ont violé les termes de l'entente prise avec
Investissement Canada quand ils se sont emparés de Stelco en
2007.
On pourrait penser qu'une petite minorité dans ce
rapport social appelé US Steel Canada, qui prétend
être les intimés, est formée des possesseurs du
capital de US Steel, mais cela n'est qu'une supposition parce qu'elle
ne s'est pas identifiée, que ce soit individuellement ou
collectivement. En matière de loi fondamentale, les Canadiens se
doivent de reconnaître la réalité sociale telle
qu'elle est et de ne pas se laisser aveugler par ceux qui
déforment la réalité à des fins
étroites et selon qui la richesse, la possession du capital et
les privilèges sont des facteurs qui donnent des droits
spéciaux à certains individus et nient les droits de la
vaste majorité des Canadiens.
Un des problèmes que pose cette contestation
constitutionnelle c'est qu'elle ne provient pas directement
d'êtres humains ou d'un collectif d'êtres humains qui sont
lésés mais d'un rapport social entre individus aux
intérêts conflictuels et qui n'appuient même pas la
motion. En droit commercial capitaliste, une corporation est
identifiée comme
une « personne ». On comprend
généralement qu'il s'agit-là de l'aspect du
rapport social qui revendique la propriété de la
propriété sociale — le ou les possesseurs du capital.
Souvent, la contradiction est avec d'autres possesseurs du capital ou
avec des employés de la corporation. La motion des
intimés identifiés comme étant US Steel
Corporation et US Steel Canada ne relève pas du droit
commercial mais de la loi fondamentale du pays — la Déclaration
des droits, la Loi constitutionnelle de 1982 et la Charte
des droits et libertés. La loi fondamentale
détermine les rapports entre les êtres humains et leurs
droits, qu'elle mentionne la
propriété ou non et quelles que soient ses lacunes. Les
individus qui présentent la motion contre le Procureur
général peuvent bien revendiquer la possession de la
propriété, dans ce cas US Steel Canada, mais là
n'est pas la question. Ce n'est pas un rapport social qui est
lésé en vertu de la loi fondamentale et qui peut par
conséquent se plaindre
d'un déni de droits, mais bien des individus bien précis
ou un collectif d'individus. Ces individus non identifiés
déclarent avoir des problèmes dans leurs rapports avec
d'autres êtres humains, individus et collectifs, et ils
considèrent que leurs droits prescrits par la loi fondamentale
ont été bafoués. Peu importe ce qu'ils ressentent
à propos de la
justesse de leur cause, ils ne peuvent pas tronquer la
réalité sociale et se cacher derrière une
façade corporative lorsqu'ils défendent leurs droits en
vertu de la loi fondamentale. Si certains possesseurs du capital des
États-Unis ou du Canada pensent que leurs droits ont
été niés, en violation de la Constitution du
Canada, de la Déclaration canadienne des droits
et de la Charte
des droits et libertés, ils doivent s'identifier et
présenter une motion spécifique à cet effet.
Les intimés revendiquent qu'ils sont la
corporation US Steel Canada mais ils ne sont qu'un aspect du rapport
social qui forme la corporation. La corporation n'est pas
constituée d'un individu en particulier ou d'un collectif
particulier d'individus, employés ou possesseurs du capital. Les
intimés ne peuvent pas représenter le rapport social US
Steel Canada ; ils ne peuvent que se représenter
eux-mêmes, soit un aspect particulier de ce rapport. Les
employés eux aussi se représentent eux-mêmes et
forment un aspect particulier du rapport social US Steel Canada.
Si certains individus au sein d'un rapport social comme
US Steel Canada se sentent lésés par d'autres
êtres humains ou par un collectif d'êtres humains, qui
peuvent aussi comprendre des institutions de l'État comme Investissement
Canada, et s'ils pensent que leurs droits fondamentaux ont
été violés et veulent contester les actions
d'autres êtres humains, collectifs ou institutions, en invoquant
la loi fondamentale comme instrument légal, ils peuvent le faire
en leur propre nom, comme individus ou collectifs d'individus. Ils ne
peuvent pas prétendre être ce qu'ils ne sont pas, en
l'occurrence un rapport social complet, US Steel Canada. Ce rapport
social est constitué
d'individus et de collectifs d'individus dont les intérêts
s'opposent. Dans le cas qui nous intéresse, les individus et les
collectifs au sein du rapport social US Steel Canada sont dans des
camps opposés par rapport à l'Avis de Motion
contre le Procureur général et la demande du Procureur
général contre les investisseurs américains qui
ont acheté Stelco.
Si les possesseurs du capital dans le rapport social US
Steel Canada pensent que leurs droits prescrits par la loi
fondamentale du Canada ont été violés, ils
devraient déposer une motion en leur propre nom mais ils ne
peuvent pas se présenter faussement comme un rapport social
alors que d'autres aspects du même rapport social, qui se
trouvent
à former la vaste majorité des êtres humains au
sein de ce rapport social, ne veulent pas faire partie de leur avis de
motion et appuient en fait l'action du demandeur, le Procureur
général du Canada.
Les possesseurs du capital n'ont pas le droit de se
déclarer US Steel Canada comme si de rien n'était puis
dire que les droits du rapport social US Steel Canada ont
été violés. Une telle déclaration nie les
droits des autres aspects du même rapport social,
c'est-à-dire les droits des employés présents et
passés. La réalité sociale du Canada ne
peut pas être changée par une simple déclaration
des possesseurs du capital à l'effet qu'ils constituent US Steel
Canada et présentent une motion au nom d'un rapport social
dont ils sont un aspect minoritaire. On doit aussi dénoncer le
financement de leur contestation en vertu de la Charte et le
considérer comme illégal parce que les
individus impliqués pillent les coffres du rapport social US
Steel Canada, plutôt que d'utiliser leurs propres ressources.
La Cour fédérale du Canada doit rejeter l'Avis
de Motion de ceux qui se présentent faussement comme
étant un rapport social, US Steel Canada, qui demandent un
« jugement sur les questions soulevées par ces
procédures concernant la validité, l'applicabilité
et l'opérabilité constitutionnelles des sections 39 et 40
de la Loi sur Investissement Canada ». Si
certains investisseurs américains se sentent lésés
par une loi canadienne, ils devraient déposer un avis de motion
en leur propre nom et non se cacher derrière un rapport social
dont ils sont simplement un aspect mineur, même s'ils se
considèrent comme étant supérieurs.
La poursuite du Procureur général du
Canada sous l'autorité de la Loi sur Investissement
Canada vise spécifiquement la violation de l'arrangement
conclu entre les investisseurs des États-Unis et Investissement
Canada lors de l'achat de Stelco. Les investisseurs
américains ont acheté une entité canadienne
dans son entier, soit un rapport social constitué des
métallos présents et passés, des employés
à traitement, des aciéries et des autres moyens de
production, le terrain et l'accès aux ressources naturelles
canadiennes. Le seul aspect du rapport social Stelco qui ait
changé, c'est celui constitué par les possesseurs du
capital qui ont pris la place des
anciens propriétaires et changé le nom du rapport social
à US Steel Canada. Les autres aspects du rapport social Stelco
sont demeurés les mêmes si l'on fait exception des
fermetures, des mises à pieds et du grand nombre de retraites.
La poursuite du Procureur général contre
les investisseurs des États-Unis est appuyée activement
par les employés présents et passés de l'ex-Stelco
qui forment un aspect majoritaire du rapport social US Steel Canada.
L'appui actif des employés présents et passés de
US Steel Canada à la poursuite du Procureur
général montre concrètement
que le rapport social US Steel Canada est divisé sur cette
question comme sur d'autres questions et ne peut être
représenté par un seul de ses aspects simplement parce
que ces individus se considèrent supérieurs et
privilégiés parce qu'ils possèdent le capital.
Chaque aspect d'un rapport social a son caractère et son
individualité propres et doit se
représenter lui-même et non prétendre à la
supériorité héréditaire ou naturelle et
parader faussement comme étant le rapport social dans son
ensemble, qui dans ce cas-ci est US Steel Canada.
Les Canadiens doivent dénoncer comme frauduleux
et sans mérite l'Avis de Motion que les
investisseurs américains, se prétendant l'entier rapport
social, ont déposé contre le Procureur
général, et la Cour fédérale doit le
rejeter.
(Voir Le Marxiste-Léniniste
numéro 179 du
15 octobre 2009)

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