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Le Comité central du Parti
communiste de Cuba tient son 7e plénum
Relevons les défis en toute
sérénité et
avec plus de fermeté que jamais
- Granma International, 31 juillet 2009 -
Présidé par le deuxième
secrétaire, le camarade Raúl Castro Ruz, a eu lieu le 29
juillet dernier le 7e Plénum du Comité central du Parti
communiste de Cuba.
L'agenda de cette importante réunion comportait
des sujets liés au fonctionnement du Parti, à la
défense et aux mesures d'urgence qui s'imposent pour affronter
l'impact dans notre pays de la crise économique qui frappe
actuellement l'ensemble de l'humanité.
Étaient présents en tant
qu'invités, entre autres, les membres du Conseil d'État
et du Conseil des ministres, les premiers secrétaires du Parti
dans les provinces, et les principaux cadres des organisations de masse
qui actuellement ne font pas partie du Comité central du Parti.
La défense ne sera pas négligée
Au cours de la session de la matinée et pendant
une partie de l'après-midi, les participants ont reçu des
informations détaillées sur le déroulement de la
réunion élargie du Conseil national de défense du
26 juin dernier.
Comme il a été rapporté, le
principal objectif de cet réunion était de dresser le
bilan du travail accompli entre les années 2003 et 2008, afin de
renforcer la capacité défensive du pays,
conformément aux accords adoptés par le Plénum
extraordinaire du Parti qui s'est déroulé le 15 juillet
2003, face aux menaces d'agression qui planaient sur notre
pays, et pour anticiper toutes les situations qui pourraient se
présenter dans l'avenir.
Rappelons que c'était l'époque où
l'administration des États-Unis était enivrée
d'une victoire éclair en Irak, résumée dans
l'expression : « mission accomplie »
lancée par le président Bush sur un porte-avions, le 1er
mai 2003, et les révélations, vingt jours plus tard, d'un
plan agressif et arrogant contre Cuba qui comportait
même la désignation d'une sorte de proconsul, comme si
rien n'avait changé depuis 1898 lorsqu'ils escamotèrent
la victoire de nos mambises et nous imposèrent un gouvernement
militaire.
Nous avons pu constater que les résultats de
l'Exercice stratégique Bastion 2004, la réalisation du 5e
Plénum du Comité central du Parti, le 1er juillet 2006,
et les visites périodiques dans les provinces et les
municipalités pour vérifier l'accomplissement de chaque
tâche, ont confirmé que les progrès
réalisés dans la défense ont dépassé
les
attentes, et que ces inspections ont permis d'identifier les
projections du travail pour les prochaines années.
Une politique et des plans correctement conçus et
un travail systématique et cohérent, ont
été des facteurs clés pour la
matérialisation des objectifs fixés en vue de renforcer
la défense du pays, à partir de la conception
stratégique définie par le commandant en chef et
basée sur le principe de « la guerre de tout le
peuple », qui a
largement prouvé sa pertinence et sa valeur pendant près
de trente ans depuis sa mise en oeuvre. Ces visites ont
également permis de confirmer l'effort et le dévouement
de millions de compatriotes, depuis les principaux cadres civils et
militaires, jusqu'au citoyen le plus modeste.
À cet égard, le second secrétaire
du Parti a signalé que les résultats positifs sont le
fruit d'un bon travail de tous, et constituent une riche
expérience.
Il a rappelé que depuis la disparition de l'URSS
le pays avait fait l'acquisition de très peu d'armement et avait
plutôt axé son effort sur la modernisation de cet armement
avec le concours de scientifiques, spécialistes et travailleurs,
aussi bien des Forces armées révolutionnaires (FAR) que
du secteur de l'économie. Il a souligné à quel
point il
est important de continuer de consolider la défense en tenant
compte de nos possibilités réelles.
En conséquence, le Comité central a
décidé d'appuyer la totalité des conclusions et
des projections de travail du Conseil national de défense.
Dans la continuité de ce travail aura lieu,
à la fin de l'année en cours, l'Exercice
stratégique Bastion 2009. La planification en vigueur
prévoit d'effectuer ces importantes manoeuvres tous les quatre
ans. Les dernières auraient dû avoir lieu en novembre
2008, mais elles ont été reportées après le
passage des ouragans, afin que le pays puisse se
concentrer sur le travail de reconstruction.
L'économie est déterminante
Marino Murillo Jorge, vice-président du Conseil
des ministres et ministre de l'Économie et de la Planification,
a basé son rapport sur la difficile situation traversée
par l'économie cubaine pendant le premier trimestre de
l'année, du fait de l'impact combiné de la crise
économique et financière
mondiale, et des dommages provoqués par les ouragans fin 2008.
Il a rappelé que cette situation a exigé
de procéder à la première réduction du plan
de l'année au mois d'avril, en diminuant la projection de
croissance du Produit intérieur brut à 2,5 %. Il a
expliqué les principaux ajustements qui seront soumis au Conseil
des ministres, et qui prévoient une nouvelle prévision de
croissance en 2009 de
1,7 %.
Plus loin, le ministre a souligné les
prémisses qui devront être appliquées dans
l'activité économique pendant le reste de l'année
et pour les prochaines années, notamment en 2010, qui sera aussi
une année difficile. Il a mentionné, entre autres, la
décentralisation des organes de distribution des fournitures
destinées aux productions et aux services
qui génèrent le plus de revenus pour le pays, la garantie
que chaque amélioration de la production se traduise par une
réduction des importations, et la recherche de formules
novatrices pour stimuler le potentiel productif.
Dans plusieurs interventions, Raúl a
souligné que nous n'avons pas atteint la même
solidité de la défense sur un front aussi décisif
que celui de l'économie, qui est aussi essentiel du point de vue
de la sécurité nationale, car si les idées fixent
la voie, c'est la réalité des chiffres qui est
déterminante.
Il a réaffirmé que la Révolution
est décidée à affronter les graves effets
négatifs de la difficile situation que traverse aujourd'hui
l'économie mondiale, et les conséquences de nos propres
insuffisances.
Il a insisté sur la nécessité d'un
renforcement du Parti, vu le rôle qu'il doit jouer dans cette
bataille capitale, et d'un meilleur contrôle de chaque accord
adopté, qui autrement risque de devenir lettre morte.
Il a mis l'accent sur un fait important : chaque
citoyen doit comprendre qu'il s'agit de mesures difficiles, qui n'ont
rien d'agréables, mais qui sont tout simplement incontournables.
Notre peuple, a-t-il affirmé, sait se
dépasser face aux difficultés. Plus nous informons la
population sur ces réalités, plus elle est apte à
mieux comprendre et à participer de manière consciente
à la solution des problèmes. Il a cité en exemple
le problème de la surconsommation d'électricité
dans les premiers mois de l'année, et la rapide et
positive réaction de la population face aux mesures
adoptées.
Il a indiqué que la fausse unanimité se
révèle pernicieuse et qu'il faut encourager le
débat et les désaccords salutaires, d'où
surgissent en général les solutions les meilleures. Le
travail idéologique doit être basé sur des
arguments solides, en favorisant les échanges d'opinions, sans
tomber dans le superflu, la fanfaronnade et la simple
répétition
de consignes.
Il a abordé les efforts entrepris pour produire
les aliments dont la population a besoin, au moment où
persistent leurs prix élevés sur le marché
mondial, et pour être même en mesure de faire face à
des situations encore plus difficiles. Il a insisté sur le fait
qu'il s'agit d'un problème d'une priorité absolue, en
raison de son impact direct sur la
sécurité nationale.
Il est nécessaire, a-t-il dit, de continuer de
livrer simultanément la bataille sur les terrains politique,
économique et de la défense. Il a ajouté que tout
ce qui a été obtenu concernant le renforcement de la
capacité défensive du pays confirme que des
résultats peuvent être atteints si des mesures
appropriées sont adoptées et si leur exécution est
efficacement contrôlée.
Il a indiqué que les modestes avancées que
l'on observe dans la production et les services, démontrent les
énormes réserves existant dans notre
société et qui restent inexploitées.
Il a souligné l'importance de l'ordre et de la
discipline, des institutions, en rappelant clairement les devoirs de
chaque travailleur dans ses fonctions et attributions, et surtout de
faire en sorte que les gens ressentent la nécessité de
travailler pour satisfaire leurs aspirations.
Le Plénum a adopté le rapport
présenté par le camarade Marino Murillo, ratifié
la politique fixée par le Bureau politique et le gouvernement
sur le front décisif de l'économie, ainsi que sur la
nécessité vitale d'obtenir la participation active et
consciente des travailleurs et de toute la population dans sa
concrétisation.
Continuer de travailler à la préparation
du VIe Congrès du Parti
Faisant allusion à la tenue du VIe Congrès
du Parti, le camarade Raúl a jugé que celui-ci ne saurait
être un événement de plus. Il a signalé que
le plus probable est que, par la loi de la vie, ce soit le dernier qui
soit dirigé par la direction historique de la
Révolution.
Il a ajouté que les questions analysées
sont très sérieuses. Le sujet principal est
l'économie, ce que nous avons fait et ce qu'il faut
perfectionner et même éliminer, car nous sommes dans
l'obligation de bien faire les comptes sur ce dont dispose
réellement le pays, de tout ce dont nous disposons pour vivre et
nous développer.
Il nous faut d'abord terminer la préparation du
Parti, ensuite étudier les problèmes avec l'ensemble de
la population et réaliser le Congrès une fois seulement
conclu ce long processus, a-t-il indiqué.
Voilà comment nous devons procéder si nous
voulons tenir un véritable Congrès, trouver des solutions
aux problèmes les yeux rivés sur l'avenir.
« C'est au peuple, avec son Parti à l'avant-garde, de
décider », a souligné Raúl.
En conséquence, le 7e Plénum du
Comité central du Parti a décidé de reporter la
tenue du VIe Congrès du Parti jusqu'à ce que soit
franchie cette étape cruciale de préparation
préalable.

Libérez les cinq patriotes cubains!
Appel aux parlementaires et aux peuples du monde
- Assemblée nationale du pouvoir
populaire de la République de Cuba,
le 1er août 2009 -
Le 1er août, l'Assemblée nationale du
pouvoir populaire (Parlement
cubain) a adopté une déclaration qui est un appel urgent
à la
solidarité de toutes les instances législatives et de
toutes les
organisations politiques et sociales du monde pour exiger la
libération
immédiate des cinq patriotes cubains injustement
incarcérés aux
États-Unis. Voici le
texte de la déclaration.
* * *
Gerardo
Hernández Nordelo, Ramón Labañino Salazar, Antonio
Guerrero,
Fernando González Llort et René González Sehwerert
entameront
prochainement leur onzième année d'emprisonnement injuste.
Suite à un procès détourné
et arbitraire le 15 juin dernier, la Cour
suprême des États-Unis a décidé de ne pas
tenir compte de la clameur
universelle sans précédent en faveur d'une
révision du dossier. Les
juges ont préféré faire ce que l'administration
Obama a demandé et
n'ont accordé aucune attention aux arguments solides
présentés par la
défense et à la dizaine de documents en appui
signés par
dix Prix Nobel,
des instances législatives, des centaines de parlementaires, des
organisations de juristes de plusieurs pays, y compris des
États-Unis,
et des personnalités engagées dans la défense des
droits humains, des
professeurs, des gens de religion et d'autres, représentant des
millions de
personnes sur tous les continents.
La cour a ainsi validé une série
d'atteintes à la loi et à la
procédure juridique et s'est fait complice de la promotion de la
politique éhontée d'encouragement et d'appui au
terrorisme, qui a été et
qui demeure le fond de la grande injustice dont sont victimes nos cinq
compatriotes. La liste de ces violations est longue et chacune d'elle
suffirait à
justifier le décret de la libération immédiate des
accusés.
Immédiatement après leur arrestation le
matin du samedi 12 septembre
1998, le FBI en informait les représentants de la maffia
terroriste et
les masse-médias de Miami, qui déclenchèrent
à ce moment-là une
campagne intense de propagande haineuse et de mensonges qui n'a pas
cessé depuis, les qualifiant à tort
d'« espions » et
complotant avec le gouvernement pour inclure l'incident du 24
février
1996 dans les chefs d'accusation après qu'ils furent
emprisonnés depuis
plus de six mois.
Du moment de leur arrestation et durant 17 mois, ils
furent soumis à
l'isolement solitaire, placés dans des cellules de
châtiment, isolés du
monde extérieur, en violation des règles du
système carcéral américain
qui limitent ce traitement à un maximum de soixante jours et qui
n'en
permettent l'utilisation que dans le cas de dangereux prisonniers
ayant commis des crimes graves à l'intérieur de la
prison. Cette
pratique cruelle a été utilisée contre eux
à plusieurs reprises par la
suite, sans aucune justification, pour les empêcher de
préparer leur
défense. Ils furent donc enfermés à nouveau
pendant plusieurs semaines
dans l'infâme « trou » en juin 2001, alors
qu'ils devaient se
préparer pour leur unique possibilité de s'adresser
à la cour, à la
clôture du procès ; ils revinrent à
l'infâme double incarcération, avec
des conditions encore plus sévères, durant tout le mois
de mars 2003,
soit exactement au moment où la possibilité d'appel
devant la Cour
d'Atlanta tirait à sa fin.
Pendant plus de dix ans, eux et leurs avocats ont
affronté les pires obstacles dans l'exercice de leurs droits. On
leur refusa
l'accès à une partie importante de la preuve en appui aux
fausses
accusations portées contre eux, et plus de dix motions de la
défense
furent rejetées avant le début du procès. Ils sont
restés dans cinq
prisons séparées,
réparties sur le territoire des États-Unis dans des
régions isolées où
il leur a été difficile de communiquer avec leurs
avocats. Nous devons
ajouter qu'à plusieurs reprises, toujours à des moments
décisifs dans
le processus, ils n'ont pas reçu, ou ont reçu avec
délai, la
correspondance légale dont ils avaient besoin pour formuler leur
appel.
Gerardo
Hernández Nordelo n'a jamais reçu les documents relatifs
à sa pétition
à la Cour suprême qui lui avaient été
envoyés par courrier certifié au
début de cette année. Cette violation flagrante et
inexcusable des
droits du prisonnier est un exemple des obstacles continuels à
la
communication de Gerardo avec l'extérieur, qui ont
persisté malgré les
nombreuses protestations cubaines auprès des autorités
américaines.
Le procès fallacieux fut du début à
la fin une farce macabre. Le
gouvernement insista pour qu'il ait lieu à Miami où,
précisément à ce
moment-là, avait lieu l'enlèvement scandaleux
d'Elián González, un
enfant de six ans secouru par l'envoi des Forces spéciales de
Washington puisque toutes les autorités et agences locales
étaient
complices de
l'enlèvement. Le bureau du procureur de l'État refusa de
déménager le
procès à Fort Lauderdale, à une demi-heure de
route de là.
Le gouvernement a carrément menti lorsqu'il a
soutenu que Miami
était un endroit convenable à l'époque, dans le
climat hostile et
menaçant créé par l'enlèvement
d'Elián, et pourtant, des années plus
tard, en 2002, lorsque les représentants du gouvernement ont
comparu
devant les tribunaux dans le cadre de poursuites au civil, ils ont
demandé
un changement de lieu en alléguant que rien, pas même un
cas de moindre
importance et relié à Cuba que de façon indirecte,
ne pourrait être
jugé en toute justice à Miami (Ramírez c.
Ashcroft,
01-4835 Civ-Huck. 25 juin 2002). Le refus du changement de lieu et le
climat qui existait à l'époque amenèrent le
tribunal d'Atlanta, le 9
août
2005, à déclarer à l'unanimité le
procès nul et non avenu et à ordonner
qu'il ait lieu dans une juridiction différente (Onzième
Cour d'appel,
No. 01-17176, 03-11087). Posant un geste inhabituel et contraire aux
normes et pratiques américaines, le gouvernement interjeta appel
de
cette décision historique et obligea la Cour d'appel à la
réviser par
un
vote divisé.
Le 27 mai de la même année, le Groupe de
travail de l'ONU sur la
détention arbitraire concluait, pour la première fois
dans une affaires
reliées aux États-Unis, que la privation de la
liberté des Cinq Cubains
est arbitraire et contraire aux conventions internationales à
cause des
violations commises durant le processus juridique, et pressa le
gouvernement des États-Unis à prendre des mesures
immédiates pour
corriger cet arbitraire.
Après avoir obligé la tenue du
procès à Miami, le gouvernement prit d'autres mesures
pour que les sentences soient les plus
sévères et
les plus injustes possible. Il fit preuve d'un racisme évident
dans la
sélection du jury, parvenant à exclure la majorité
des jurés potentiels
d'origine afro-américaine. Le bureau du procureur de
l'État permit des
pressions et des menaces de toutes sortes contre les jurés, qui
étaient
pourchassés à l'intérieur de l'immeuble,
traqués par la foule et
harcelés par les journalistes payés par le gouvernement
et agissant au
service des terroristes, au point tel qu'ils ont dit à plusieurs
reprises craindre pour leur sécurité ; ce qui
força le juge à porter
plainte et à
implorer le gouvernement de faire quelque chose pour remédier
à la
situation. (Procès verbaux officiels, pages 111, 112,
14644-14646)
La prétendue preuve retenue contre eux,
arbitrairement déclarée
secrète, fut manipulée pour fabriquer les principaux
chefs d'accusation
dont la fausseté allait être reconnue plus tard par le
gouvernement
lui-même et par la Cour d'appel. De hauts officiers militaires
qui,
comparaissant à titre de témoins ou d'experts, ont
examiné la prétendue
preuve ont tous déclaré sous serment n'avoir rien
trouvé qui puisse
justifier le secret des renseignements ou qui affecte la
sécurité
nationale des États-Unis (le contre-amiral (R) Eugene Carroll
« Official trial transcript, pages 8196-8301 »,
le général (R) Edward
Breed Atkeson « Idem, pages
11049-11199 », le
général et ancien commandant du Southern Command Charles
Elliot Wilhelm « Idem, pages 11491-11547), le
lieutenant-général des Forces de l'air (R) James R.
Clapper « Idem,
pages 13089-1335 »). La Cour d'appel en formation
plénière jugea à
l'unanimité en septembre 2008 qu'il n'y avait aucune
preuve que les accusés aient « recueilli ou transmis
des renseignements
top secrets » ou causé des torts à la
sécurité nationale des États-Unis
et décida par conséquent que les sentences pour le chef
d'accusation
numéro 2 (conspiration pour commettre l'espionnage)
étaient erronées,
les annula et renvoya Ramon et Antonio à une nouvelle
sentence (Onzième Cour d'appel, No. 01-17176, D.C. Docket No.
98-00721-CR-JAL, pages 70-81). Or, la cour a fait preuve d'une
discrimination ahurissante lorsqu'elle a refusé de le faire dans
le cas
de Gerardo, tout en reconnaissant que la même procédure
s'appliquait,
sous prétexte qu'une peine d'emprisonnement à
perpétuité pesait déjà
contre
lui.
Quant à Fernando González, la Cour jugea
pour d'autres raisons que
la sentence était erronée, la déclara nulle et non
avenue et ordonna
un nouveau prononcement de sentence (Ibidem, pages 67-69).
Nous devons
souligner que ces « erreurs » ne peuvent
être uniquement attribuées à
la Cour, car elle a imposé les sentences précises
demandées par le bureau du procureur de l'État.
Il n'y a pas de plus grande preuve de
prévarication que l'autre
peine d'emprisonnement à perpétuité contre Gerardo
Hernández Nordelo au
prétendu chef d'accusation numéro 3 (conspiration pour
commettre un
meurtre).
Le gouvernement a lui-même reconnu en mai 2001
qu'« à la lumière de
la preuve présentée à ce
procès » le chef d'accusation numéro 3 ne
pouvait être prouvé puisqu'il suppose « un
obstacle insurmontable pour
la poursuite ». Il demanda qu'il soit changé à
la dernière minute et en
appela à la Cour d'Atlanta à cet
effet, un geste qui, de l'aveu même du bureau du procureur de
l'État,
était sans précédent (« Emergency
Petition for Writ of Prohibition »,
pages 1-8 et 27-31). La pétition lui ayant été
refusée, une chose tout
à fait improbable s'est produite. Sans poser une seule question,
le jury
n'a pris que quelques minutes pour déclarer Gerardo
coupable d'un crime qu'il n'a pas commis et que le gouvernement des
États-Unis admet lui-même être incapable de
prouvé.
Voilà la preuve indéniable qu'un
procès à Miami ne pouvait être
autre chose qu'un grossier mensonge. Terrifié, pressuré
et menacé, le
jury avait passé sept mois dans une salle remplie des
mêmes voyous
qu'ils avaient vus dans les médias locaux enlever un enfant,
défier le
gouvernement et la loi et menacer de mettre le feu à la ville,
et il
les a
entendus demander à la Cour d'imposer à Gerardo le pire
châtiment.
Bien que conscient de ces précédents, le
bureau du procureur de l'État demanda et obtint l'emprisonnement
à perpétuité.
La peines d'emprisonnement démesurées
qu'on a imposées aux Cinq
contrastent de façon éloquente avec celles
appliquées ces dernières
années à d'autres personnes accusées de
réellement pratiquer
l'espionnage, souvent sur une échelle inhabituelle et dans le
cas de
gens liés à des actes armés violents contre les
États-Unis. Aucun
d'entre eux n'a
été condamné à
perpétuité ; tous ont reçu des peines
beaucoup moindres
que nos camarades, certains ont déjà purgé leur
peine et son libres et
d'autres, trouvés coupables d'espionnage, ont été
affranchis des
accusations par l'administration Obama et ont été
libérés.
Mais il y a un aspect encore plus
révélateur de la nature réelle de
tout ce processus qui démontre que le but visé par le
gouvernement
était de protéger et d'abriter les terroristes,
d'empêcher la
divulgation de leurs plans sinistres, dissimulant ainsi leurs outrages
futurs et s'en rendant complice. C'est qu'en plus des peines
d'emprisonnement
démesurées, et ayant reconnu que la lutte de nos
camarades contre le
terrorisme était une mission héroïque, le
gouvernement leur a imposé
une restriction additionnelle après que les peines soient
purgées :
qu'ils soient « rendus incapables » de tenter
autre chose qui ferait du
tort aux terroristes. Cela fut exprimé dans la sentence
imposée à René González dans ces
mots : « Comme condition spéciale
additionnelle de libération supervisée, il est interdit
à l'intimé de
s'associer à, ou de visiter, des endroits spécifiques
où se trouvent ou
que fréquentent des individus ou des groupes, tels que des
terroristes,
des membres d'organisations préconisant la violence et des
figures du crime organisé. » (Procès verbaux
des audiences du prononcé
de sentence, décembre 2001, pp. 45-46).
Cette « incapacitation »
était si chère aux autorités américaines
qu'elles ont imposé la même interdiction à Antonio
Guerroro, qui avait
déjà été condamné à
perpétuité plus dix ans. Quant aux trois autres
camarades, nés à Cuba, une fois leur peine purgée
ils seraient
immédiatement expulsés du territoire des
États-Unis. Les terroristes
n'ont rien à craindre aux États-Unis. Ils n'ont pas
besoin de se cacher
pour annoncer ouvertement, comme ils le font déjà, leurs
actes
criminels.
Ceux qui ont injustement incarcéré
Gerardo, Ramón, Antonio, Fernando
et René font preuve d'une cruauté impardonnable envers
leurs familles
en leur imposant des procédures compliquées et
frustrantes pour
l'obtention de visas, bafouant ainsi les droits des prisonniers et de
leurs familles. La situation que vivent Adriana Pérez et Olga
Salavnueva est particulièrement scandaleuse. On leur a
systématiquement
nié la possibilité de voir leurs maris. Les
autorités américaines ont
refusé jusqu'à présent de leur accorder le droit
de visite, faisant la
sourde oreille aux pétitions répétées des
organisations religieuses,
des droits humains, syndicalistes et intellectuelles du monde entier.
La manière dont Adriana est traitée est si
méprisante qu'elle est
difficile à imaginer. Gerardo doit servir deux peines
d'emprisonnement
à perpétuité plus quinze ans, il n'a pas vu sa
femme depuis onze ans et
la Cour suprême a refusé de revoir son cas. Le
département d'État a
choisi le 15 juillet, exactement un mois après cette
décision
condamnable et le jour de leur anniversaire de mariage, pour annoncer
à
Adriana, pour la dixième fois, le rejet de sa demande de visa,
alléguant qu'elle « est une menace à la
stabilité et la sécurité
nationale des États-Unis ».
À la sentence absurde infligée à
Gerardo, s'ajoute cet abominable
tourment, quelque chose de vraiment sadique pour ces deux jeunes
personnes innocentes. Ce geste doit être condamné avec
vigueur par
l'ensemble de l'humanité.
En refusant d'examiner cette affaire, la Cour
suprême ferme, en
pratique, les voies légales de sa solution. Tout ce qui reste
est le
réexamen des sentences de Ramón, Antonio et Fernando
à Miami devant la
même juge. Nous devons exiger qu'elle les libère
immédiatement.
Nous entrons dans une nouvelle phase où la
responsabilité du
gouvernement, en particulier celui du président Obama, est
encore plus
grande.
Le président a le pouvoir constitutionnel et
l'obligation morale de
veiller à ce que justice soit faite. Il peut et doit le faire.
Pour
cela, il doit voir à ce que les principales accusations contre
nos
compatriotes soient abandonnées. Déjà, deux
accusations ont été
sérieusement remises en question par la Cour d'appel et par son
prédécesseur à la
Maison Blanche. Il doit le faire s'il souhaite projeter une image de
changement en Amérique latine et dans le monde.
Les terroristes jubilent devant la conduite du
gouvernement actuel
qui continue de garantir l'impunité de Luis Posada Carriles et
de
Orlando Bosch, coupables de la destruction en vol d'un avion civil et
de la mort de 73 personnes, tout en punissant cruellement ceux qui,
sans nuire à personne, ont sacrifié leur jeunesse pour
empêcher et
faire
cesser les crimes de ces derniers et d'autres criminels.
L'Assemblée nationale du pouvoir populaire
demande la solidarité
urgente de tous les organes législatifs, des parlementaires et
des
organisations politiques et sociales et des personnes de bonne
volonté
dans le monde entier et il les invite à se mobiliser pour exiger
la
libération immédiate de Gerardo, Ramón, Antonio,
Fernando et René.
Nous,
les hommes et les femmes de Cuba, pour qui ils ont sacrifié leur
vie,
sauront combattre sans relâche jusqu'à ce que nous
obtenions leur
retour, libres, dans leur patrie reconnaissante.
La Havane, le 1er août 2009
Assemblée nationale du pouvoir populaire de
la République de Cuba

La consternation du mercenaire
- Manuel E. Yepe, 2 août 2009 -
Ce doit être la consternation chez les dissidents
cubains rémunérés par la Section des
intérêts des États-Unis à La Havane depuis
qu'on a annoncé qu'un contre-révolutionnaire notoire
s'est vu refuser un visa pour les États-Unis. L'homme en
question a un épais dossier de crimes violents commis contre son
pays, ce qui, pensait-il, devait lui
valoir l'honneur et la gloire de l'empire.
Selon les informations publiées par BBC World de
Londres dans une dépêche du 27 juillet 2009, de leur
correspondant à La Havane, Fernando Ravsberg, « les
représentants diplomatiques des États-Unis n'ont pas
répondu aux questions de la BBC concernant le refus d'octroyer
un visa à Ramos dans ce cas. Normalement, les militants
politiques cubains qui ont commis des actes de violence ont toujours
obtenu un visa pour les États-Unis, même dans les cas de
meurtre. »
Le « militant anti-castriste »
Tomás Ramos, connu parmi les contre-révolutionnaires sous
le pseudonyme de « Dumbo », a
déclaré au journaliste de la BBC que son visa pour les
États-Unis lui avait été refusé parce qu'il
avait commis des actes de violence contre le gouvernement cubain.
Ramos a déclaré au journaliste qu'il avait
commencé ses activités
« méritoires » au cours des années
1960 quand il vivait en Floride et qu'il avait été
envoyé par les groupes anti-castristes de Miami pour entrer
clandestinement à Cuba et commettre des actes terroristes, comme
démolir des pylônes de communication et organiser un
soulèvement armé contre le gouvernement cubain. Il a
été arrêté plusieurs fois et a
été condamné à de longues peines de prison.
L'an dernier, il a été libéré après
avoir purgé 18 années de prison et il a
immédiatement entrepris des démarches pour retourner aux
États-Unis, où sa mère vit dans une maison de
retraite.
Tomás Ramos a déclaré à la
BBC qu'il se sent trahi parce que « le gouvernement
américain a toujours su ce que nous faisions. Nous avons fait
notre entraînement dans les Everglades (en Floride), nous
circulions armés dans Miami et j'ai même suivi un cours
sur le maniement des explosifs ». Il a dit que la
dernière fois qu'il était
entré clandestinement à Cuba, c'était en 1989, il
l'avait fait avec l'aide du Parti national d'unité
démocratique (PUND) de Miami. L'objectif de sa mission
commandée était le sabotage des antennes de
télécommunications sur les hôtels de Cuba, mais on
lui avait également ordonné d'entrer en contact avec de
hauts fonctionnaires du ministère de
l'Intérieur et des officiers de l'armée pour organiser un
coup d'État.
Selon le rapport de la BBC, cette mission lui avait
été confiée par le colonel Frank Sturgis de la
CIA, avec qui il avait « depuis longtemps des
relations » à Miami et qui le payait 500 $ par
mois. « Juste avant que je reparte pour Cuba, il m'a
donné une capsule en plastique avec les noms des responsables
cubains que je
devais contacter pour organiser le coup d'État », a
dit Ramos au journaliste.
Tomás Ramos s'est plaint au journaliste que son
visa a dû être refusé à cause de son
passé violent, parce que cette politique ne s'est jamais
appliquée aux Cubains. « En effet, les rues de Miami
sont pleines des militants comme Ramos qui vaquent tranquillement
à leurs affaires. Le plus célèbre d'entre eux est
Luis Posada Carriles, qui a
confessé de nombreux crimes, y compris la destruction en plein
vol d'un avion civil transportant des dizaines de
passagers. »
Le correspondant de la BBC dit que Ramos ne comprend pas
pourquoi sa demande de visa a été rejetée et
« pas celui de tous ces gens... Alors ils ne devraient pas
être aux États-Unis, a-t-il dit. Ces combattants de la
liberté, qui méritent tout mon respect, sont maintenant
appelés terroristes également. »
« Le gouvernement savait très bien ce
que nous faisions. Je ne comprends pas comment ils peuvent me refuser
un visa alors que le gouvernement des États-Unis a soutenu tous
ces groupes violents auxquels j'appartenais ; toutes ces
organisations étaient légales là-bas »,
a dit le tueur à gage au journaliste.
« Cette nouvelle politique aura des
conséquences pour les nombreux hommes qui ont combattu pour la
liberté, qui ont été envoyés à Cuba
par eux [Washington] et qui sont encore en prison aujourd'hui. Comment
peuvent-ils refuser le droit d'asile à une personne qui a
travaillé pour eux ? Je suis allé en mission pour
plusieurs
organisations et pour la CIA et, aujourd'hui, ils ont refusé mon
visa de retour aux États-Unis. Je me sens bafoué, je me
sens frustré et je me sens trompé. Ils ne comprennent pas
que nous avons travaillé avec le gouvernement
américain », a déclaré avec
colère l'homme de main.
Le changement d'attitude des fonctionnaires de
l'immigration des États-Unis, qu'indique leur refus d'un visa
à terroriste notoire, même s'il agissait sur les ordres de
Washington, pourrait mériter des félicitations s'il n'y
avait pas le coup d'État au Honduras. Cet
événement semble indiquer que le gouvernement des
États-Unis utilise toujours
aussi rigoureusement les méthodes répugnantes pour
lesquelles « Dumbo » est maintenant si
hypocritement condamné.

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