Le Marxiste-Léniniste

Numéro 146 - 4 août 2009

Le Comité central du Parti communiste de Cuba tient son 7e plénum

Relevons les défis en toute sérénité et
avec plus de fermeté que jamais


Le deuxième secrétaire du Parti communiste de Cuba Raúl Castro, à côté du généralJuan Almeida Bosque,
préside le 7e Plénum du Comité central du PCC,le 29 juillet 2009
.

Le Comité central du Parti communiste de Cuba tient son 7e plénum
Relevons les défis en toute sérénité et avec plus de fermeté que jamais - Granma International

Libérez les cinq patriotes cubains!
Appel aux parlementaires et aux peuples du monde - Assemblée nationale du pouvoir populaire de la République de Cuba
La consternation du mercenaire - Manuel E. Yepe

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Le Comité central du Parti communiste de Cuba tient son 7e plénum

Relevons les défis en toute sérénité et
avec plus de fermeté que jamais

Présidé par le deuxième secrétaire, le camarade Raúl Castro Ruz, a eu lieu le 29 juillet dernier le 7e Plénum du Comité central du Parti communiste de Cuba.

L'agenda de cette importante réunion comportait des sujets liés au fonctionnement du Parti, à la défense et aux mesures d'urgence qui s'imposent pour affronter l'impact dans notre pays de la crise économique qui frappe actuellement l'ensemble de l'humanité.

Étaient présents en tant qu'invités, entre autres, les membres du Conseil d'État et du Conseil des ministres, les premiers secrétaires du Parti dans les provinces, et les principaux cadres des organisations de masse qui actuellement ne font pas partie du Comité central du Parti.

La défense ne sera pas négligée

Au cours de la session de la matinée et pendant une partie de l'après-midi, les participants ont reçu des informations détaillées sur le déroulement de la réunion élargie du Conseil national de défense du 26 juin dernier.

Comme il a été rapporté, le principal objectif de cet réunion était de dresser le bilan du travail accompli entre les années 2003 et 2008, afin de renforcer la capacité défensive du pays, conformément aux accords adoptés par le Plénum extraordinaire du Parti qui s'est déroulé le 15 juillet 2003, face aux menaces d'agression qui planaient sur notre pays, et pour anticiper toutes les situations qui pourraient se présenter dans l'avenir.

Rappelons que c'était l'époque où l'administration des États-Unis était enivrée d'une victoire éclair en Irak, résumée dans l'expression : « mission accomplie » lancée par le président Bush sur un porte-avions, le 1er mai 2003, et les révélations, vingt jours plus tard, d'un plan agressif et arrogant contre Cuba qui comportait même la désignation d'une sorte de proconsul, comme si rien n'avait changé depuis 1898 lorsqu'ils escamotèrent la victoire de nos mambises et nous imposèrent un gouvernement militaire.

Nous avons pu constater que les résultats de l'Exercice stratégique Bastion 2004, la réalisation du 5e Plénum du Comité central du Parti, le 1er juillet 2006, et les visites périodiques dans les provinces et les municipalités pour vérifier l'accomplissement de chaque tâche, ont confirmé que les progrès réalisés dans la défense ont dépassé les attentes, et que ces inspections ont permis d'identifier les projections du travail pour les prochaines années.

Une politique et des plans correctement conçus et un travail systématique et cohérent, ont été des facteurs clés pour la matérialisation des objectifs fixés en vue de renforcer la défense du pays, à partir de la conception stratégique définie par le commandant en chef et basée sur le principe de « la guerre de tout le peuple », qui a largement prouvé sa pertinence et sa valeur pendant près de trente ans depuis sa mise en oeuvre. Ces visites ont également permis de confirmer l'effort et le dévouement de millions de compatriotes, depuis les principaux cadres civils et militaires, jusqu'au citoyen le plus modeste.

À cet égard, le second secrétaire du Parti a signalé que les résultats positifs sont le fruit d'un bon travail de tous, et constituent une riche expérience.

Il a rappelé que depuis la disparition de l'URSS le pays avait fait l'acquisition de très peu d'armement et avait plutôt axé son effort sur la modernisation de cet armement avec le concours de scientifiques, spécialistes et travailleurs, aussi bien des Forces armées révolutionnaires (FAR) que du secteur de l'économie. Il a souligné à quel point il est important de continuer de consolider la défense en tenant compte de nos possibilités réelles.

En conséquence, le Comité central a décidé d'appuyer la totalité des conclusions et des projections de travail du Conseil national de défense.

Dans la continuité de ce travail aura lieu, à la fin de l'année en cours, l'Exercice stratégique Bastion 2009. La planification en vigueur prévoit d'effectuer ces importantes manoeuvres tous les quatre ans. Les dernières auraient dû avoir lieu en novembre 2008, mais elles ont été reportées après le passage des ouragans, afin que le pays puisse se concentrer sur le travail de reconstruction.

L'économie est déterminante

Marino Murillo Jorge, vice-président du Conseil des ministres et ministre de l'Économie et de la Planification, a basé son rapport sur la difficile situation traversée par l'économie cubaine pendant le premier trimestre de l'année, du fait de l'impact combiné de la crise économique et financière mondiale, et des dommages provoqués par les ouragans fin 2008.

Il a rappelé que cette situation a exigé de procéder à la première réduction du plan de l'année au mois d'avril, en diminuant la projection de croissance du Produit intérieur brut à 2,5 %. Il a expliqué les principaux ajustements qui seront soumis au Conseil des ministres, et qui prévoient une nouvelle prévision de croissance en 2009 de 1,7 %.

Plus loin, le ministre a souligné les prémisses qui devront être appliquées dans l'activité économique pendant le reste de l'année et pour les prochaines années, notamment en 2010, qui sera aussi une année difficile. Il a mentionné, entre autres, la décentralisation des organes de distribution des fournitures destinées aux productions et aux services qui génèrent le plus de revenus pour le pays, la garantie que chaque amélioration de la production se traduise par une réduction des importations, et la recherche de formules novatrices pour stimuler le potentiel productif.

Dans plusieurs interventions, Raúl a souligné que nous n'avons pas atteint la même solidité de la défense sur un front aussi décisif que celui de l'économie, qui est aussi essentiel du point de vue de la sécurité nationale, car si les idées fixent la voie, c'est la réalité des chiffres qui est déterminante.

Il a réaffirmé que la Révolution est décidée à affronter les graves effets négatifs de la difficile situation que traverse aujourd'hui l'économie mondiale, et les conséquences de nos propres insuffisances.

Il a insisté sur la nécessité d'un renforcement du Parti, vu le rôle qu'il doit jouer dans cette bataille capitale, et d'un meilleur contrôle de chaque accord adopté, qui autrement risque de devenir lettre morte.

Il a mis l'accent sur un fait important : chaque citoyen doit comprendre qu'il s'agit de mesures difficiles, qui n'ont rien d'agréables, mais qui sont tout simplement incontournables.

Notre peuple, a-t-il affirmé, sait se dépasser face aux difficultés. Plus nous informons la population sur ces réalités, plus elle est apte à mieux comprendre et à participer de manière consciente à la solution des problèmes. Il a cité en exemple le problème de la surconsommation d'électricité dans les premiers mois de l'année, et la rapide et positive réaction de la population face aux mesures adoptées.

Il a indiqué que la fausse unanimité se révèle pernicieuse et qu'il faut encourager le débat et les désaccords salutaires, d'où surgissent en général les solutions les meilleures. Le travail idéologique doit être basé sur des arguments solides, en favorisant les échanges d'opinions, sans tomber dans le superflu, la fanfaronnade et la simple répétition de consignes.

Il a abordé les efforts entrepris pour produire les aliments dont la population a besoin, au moment où persistent leurs prix élevés sur le marché mondial, et pour être même en mesure de faire face à des situations encore plus difficiles. Il a insisté sur le fait qu'il s'agit d'un problème d'une priorité absolue, en raison de son impact direct sur la sécurité nationale.

Il est nécessaire, a-t-il dit, de continuer de livrer simultanément la bataille sur les terrains politique, économique et de la défense. Il a ajouté que tout ce qui a été obtenu concernant le renforcement de la capacité défensive du pays confirme que des résultats peuvent être atteints si des mesures appropriées sont adoptées et si leur exécution est efficacement contrôlée.

Il a indiqué que les modestes avancées que l'on observe dans la production et les services, démontrent les énormes réserves existant dans notre société et qui restent inexploitées.

Il a souligné l'importance de l'ordre et de la discipline, des institutions, en rappelant clairement les devoirs de chaque travailleur dans ses fonctions et attributions, et surtout de faire en sorte que les gens ressentent la nécessité de travailler pour satisfaire leurs aspirations.

Le Plénum a adopté le rapport présenté par le camarade Marino Murillo, ratifié la politique fixée par le Bureau politique et le gouvernement sur le front décisif de l'économie, ainsi que sur la nécessité vitale d'obtenir la participation active et consciente des travailleurs et de toute la population dans sa concrétisation.

Continuer de travailler à la préparation du VIe Congrès du Parti

Faisant allusion à la tenue du VIe Congrès du Parti, le camarade Raúl a jugé que celui-ci ne saurait être un événement de plus. Il a signalé que le plus probable est que, par la loi de la vie, ce soit le dernier qui soit dirigé par la direction historique de la Révolution.

Il a ajouté que les questions analysées sont très sérieuses. Le sujet principal est l'économie, ce que nous avons fait et ce qu'il faut perfectionner et même éliminer, car nous sommes dans l'obligation de bien faire les comptes sur ce dont dispose réellement le pays, de tout ce dont nous disposons pour vivre et nous développer.

Il nous faut d'abord terminer la préparation du Parti, ensuite étudier les problèmes avec l'ensemble de la population et réaliser le Congrès une fois seulement conclu ce long processus, a-t-il indiqué.

Voilà comment nous devons procéder si nous voulons tenir un véritable Congrès, trouver des solutions aux problèmes les yeux rivés sur l'avenir. « C'est au peuple, avec son Parti à l'avant-garde, de décider », a souligné Raúl.

En conséquence, le 7e Plénum du Comité central du Parti a décidé de reporter la tenue du VIe Congrès du Parti jusqu'à ce que soit franchie cette étape cruciale de préparation préalable.

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Libérez les cinq patriotes cubains!

Appel aux parlementaires et aux peuples du monde

Le 1er août, l'Assemblée nationale du pouvoir populaire (Parlement cubain) a adopté une déclaration qui est un appel urgent à la solidarité de toutes les instances législatives et de toutes les organisations politiques et sociales du monde pour exiger la libération immédiate des cinq patriotes cubains injustement incarcérés aux États-Unis. Voici le texte de la déclaration.

* * *

Gerardo Hernández Nordelo, Ramón Labañino Salazar, Antonio Guerrero, Fernando González Llort et René González Sehwerert entameront prochainement leur onzième année d'emprisonnement injuste.

Suite à un procès détourné et arbitraire le 15 juin dernier, la Cour suprême des États-Unis a décidé de ne pas tenir compte de la clameur universelle sans précédent en faveur d'une révision du dossier. Les juges ont préféré faire ce que l'administration Obama a demandé et n'ont accordé aucune attention aux arguments solides présentés par la défense et à la dizaine de documents en appui signés par dix Prix Nobel, des instances législatives, des centaines de parlementaires, des organisations de juristes de plusieurs pays, y compris des États-Unis, et des personnalités engagées dans la défense des droits humains, des professeurs, des gens de religion et d'autres, représentant des millions de personnes sur tous les continents.

La cour a ainsi validé une série d'atteintes à la loi et à la procédure juridique et s'est fait complice de la promotion de la politique éhontée d'encouragement et d'appui au terrorisme, qui a été et qui demeure le fond de la grande injustice dont sont victimes nos cinq compatriotes. La liste de ces violations est longue et chacune d'elle suffirait à justifier le décret de la libération immédiate des accusés.

Immédiatement après leur arrestation le matin du samedi 12 septembre 1998, le FBI en informait les représentants de la maffia terroriste et les masse-médias de Miami, qui déclenchèrent à ce moment-là une campagne intense de propagande haineuse et de mensonges qui n'a pas cessé depuis, les qualifiant à tort d'« espions » et complotant avec le gouvernement pour inclure l'incident du 24 février 1996 dans les chefs d'accusation après qu'ils furent emprisonnés depuis plus de six mois.

Du moment de leur arrestation et durant 17 mois, ils furent soumis à l'isolement solitaire, placés dans des cellules de châtiment, isolés du monde extérieur, en violation des règles du système carcéral américain qui limitent ce traitement à un maximum de soixante jours et qui n'en permettent l'utilisation que dans le cas de dangereux prisonniers ayant commis des crimes graves à l'intérieur de la prison. Cette pratique cruelle a été utilisée contre eux à plusieurs reprises par la suite, sans aucune justification, pour les empêcher de préparer leur défense. Ils furent donc enfermés à nouveau pendant plusieurs semaines dans l'infâme « trou » en juin 2001, alors qu'ils devaient se préparer pour leur unique possibilité de s'adresser à la cour, à la clôture du procès ; ils revinrent à l'infâme double incarcération, avec des conditions encore plus sévères, durant tout le mois de mars 2003, soit exactement au moment où la possibilité d'appel devant la Cour d'Atlanta tirait à sa fin.

Pendant plus de dix ans, eux et leurs avocats ont affronté les pires obstacles dans l'exercice de leurs droits. On leur refusa l'accès à une partie importante de la preuve en appui aux fausses accusations portées contre eux, et plus de dix motions de la défense furent rejetées avant le début du procès. Ils sont restés dans cinq prisons séparées, réparties sur le territoire des États-Unis dans des régions isolées où il leur a été difficile de communiquer avec leurs avocats. Nous devons ajouter qu'à plusieurs reprises, toujours à des moments décisifs dans le processus, ils n'ont pas reçu, ou ont reçu avec délai, la correspondance légale dont ils avaient besoin pour formuler leur appel. Gerardo Hernández Nordelo n'a jamais reçu les documents relatifs à sa pétition à la Cour suprême qui lui avaient été envoyés par courrier certifié au début de cette année. Cette violation flagrante et inexcusable des droits du prisonnier est un exemple des obstacles continuels à la communication de Gerardo avec l'extérieur, qui ont persisté malgré les nombreuses protestations cubaines auprès des autorités américaines.

Le procès fallacieux fut du début à la fin une farce macabre. Le gouvernement insista pour qu'il ait lieu à Miami où, précisément à ce moment-là, avait lieu l'enlèvement scandaleux d'Elián González, un enfant de six ans secouru par l'envoi des Forces spéciales de Washington puisque toutes les autorités et agences locales étaient complices de l'enlèvement. Le bureau du procureur de l'État refusa de déménager le procès à Fort Lauderdale, à une demi-heure de route de là.

Le gouvernement a carrément menti lorsqu'il a soutenu que Miami était un endroit convenable à l'époque, dans le climat hostile et menaçant créé par l'enlèvement d'Elián, et pourtant, des années plus tard, en 2002, lorsque les représentants du gouvernement ont comparu devant les tribunaux dans le cadre de poursuites au civil, ils ont demandé un changement de lieu en alléguant que rien, pas même un cas de moindre importance et relié à Cuba que de façon indirecte, ne pourrait être jugé en toute justice à Miami (Ramírez c. Ashcroft, 01-4835 Civ-Huck. 25 juin 2002). Le refus du changement de lieu et le climat qui existait à l'époque amenèrent le tribunal d'Atlanta, le 9 août 2005, à déclarer à l'unanimité le procès nul et non avenu et à ordonner qu'il ait lieu dans une juridiction différente (Onzième Cour d'appel, No. 01-17176, 03-11087). Posant un geste inhabituel et contraire aux normes et pratiques américaines, le gouvernement interjeta appel de cette décision historique et obligea la Cour d'appel à la réviser par un vote divisé.

Le 27 mai de la même année, le Groupe de travail de l'ONU sur la détention arbitraire concluait, pour la première fois dans une affaires reliées aux États-Unis, que la privation de la liberté des Cinq Cubains est arbitraire et contraire aux conventions internationales à cause des violations commises durant le processus juridique, et pressa le gouvernement des États-Unis à prendre des mesures immédiates pour corriger cet arbitraire.

Après avoir obligé la tenue du procès à Miami, le gouvernement prit d'autres mesures pour que les sentences soient les plus sévères et les plus injustes possible. Il fit preuve d'un racisme évident dans la sélection du jury, parvenant à exclure la majorité des jurés potentiels d'origine afro-américaine. Le bureau du procureur de l'État permit des pressions et des menaces de toutes sortes contre les jurés, qui étaient pourchassés à l'intérieur de l'immeuble, traqués par la foule et harcelés par les journalistes payés par le gouvernement et agissant au service des terroristes, au point tel qu'ils ont dit à plusieurs reprises craindre pour leur sécurité ; ce qui força le juge à porter plainte et à implorer le gouvernement de faire quelque chose pour remédier à la situation. (Procès verbaux officiels, pages 111, 112, 14644-14646)

La prétendue preuve retenue contre eux, arbitrairement déclarée secrète, fut manipulée pour fabriquer les principaux chefs d'accusation dont la fausseté allait être reconnue plus tard par le gouvernement lui-même et par la Cour d'appel. De hauts officiers militaires qui, comparaissant à titre de témoins ou d'experts, ont examiné la prétendue preuve ont tous déclaré sous serment n'avoir rien trouvé qui puisse justifier le secret des renseignements ou qui affecte la sécurité nationale des États-Unis (le contre-amiral (R) Eugene Carroll « Official trial transcript, pages 8196-8301 », le général (R) Edward Breed Atkeson « Idem, pages 11049-11199 », le général et ancien commandant du Southern Command Charles Elliot Wilhelm « Idem, pages 11491-11547), le lieutenant-général des Forces de l'air (R) James R. Clapper « Idem, pages 13089-1335 »). La Cour d'appel en formation plénière jugea à l'unanimité en septembre 2008 qu'il n'y avait aucune preuve que les accusés aient « recueilli ou transmis des renseignements top secrets » ou causé des torts à la sécurité nationale des États-Unis et décida par conséquent que les sentences pour le chef d'accusation numéro 2 (conspiration pour commettre l'espionnage) étaient erronées, les annula et renvoya Ramon et Antonio à une nouvelle sentence (Onzième Cour d'appel, No. 01-17176, D.C. Docket No. 98-00721-CR-JAL, pages 70-81). Or, la cour a fait preuve d'une discrimination ahurissante lorsqu'elle a refusé de le faire dans le cas de Gerardo, tout en reconnaissant que la même procédure s'appliquait, sous prétexte qu'une peine d'emprisonnement à perpétuité pesait déjà contre lui.

Quant à Fernando González, la Cour jugea pour d'autres raisons que la sentence était erronée, la déclara nulle et non avenue et ordonna un nouveau prononcement de sentence (Ibidem, pages 67-69). Nous devons souligner que ces « erreurs » ne peuvent être uniquement attribuées à la Cour, car elle a imposé les sentences précises demandées par le bureau du procureur de l'État.

Il n'y a pas de plus grande preuve de prévarication que l'autre peine d'emprisonnement à perpétuité contre Gerardo Hernández Nordelo au prétendu chef d'accusation numéro 3 (conspiration pour commettre un meurtre).

Le gouvernement a lui-même reconnu en mai 2001 qu'« à la lumière de la preuve présentée à ce procès » le chef d'accusation numéro 3 ne pouvait être prouvé puisqu'il suppose « un obstacle insurmontable pour la poursuite ». Il demanda qu'il soit changé à la dernière minute et en appela à la Cour d'Atlanta à cet effet, un geste qui, de l'aveu même du bureau du procureur de l'État, était sans précédent (« Emergency Petition for Writ of Prohibition », pages 1-8 et 27-31). La pétition lui ayant été refusée, une chose tout à fait improbable s'est produite. Sans poser une seule question, le jury n'a pris que quelques minutes pour déclarer Gerardo coupable d'un crime qu'il n'a pas commis et que le gouvernement des États-Unis admet lui-même être incapable de prouvé.

Voilà la preuve indéniable qu'un procès à Miami ne pouvait être autre chose qu'un grossier mensonge. Terrifié, pressuré et menacé, le jury avait passé sept mois dans une salle remplie des mêmes voyous qu'ils avaient vus dans les médias locaux enlever un enfant, défier le gouvernement et la loi et menacer de mettre le feu à la ville, et il les a entendus demander à la Cour d'imposer à Gerardo le pire châtiment.

Bien que conscient de ces précédents, le bureau du procureur de l'État demanda et obtint l'emprisonnement à perpétuité.

La peines d'emprisonnement démesurées qu'on a imposées aux Cinq contrastent de façon éloquente avec celles appliquées ces dernières années à d'autres personnes accusées de réellement pratiquer l'espionnage, souvent sur une échelle inhabituelle et dans le cas de gens liés à des actes armés violents contre les États-Unis. Aucun d'entre eux n'a été condamné à perpétuité ; tous ont reçu des peines beaucoup moindres que nos camarades, certains ont déjà purgé leur peine et son libres et d'autres, trouvés coupables d'espionnage, ont été affranchis des accusations par l'administration Obama et ont été libérés.

Mais il y a un aspect encore plus révélateur de la nature réelle de tout ce processus qui démontre que le but visé par le gouvernement était de protéger et d'abriter les terroristes, d'empêcher la divulgation de leurs plans sinistres, dissimulant ainsi leurs outrages futurs et s'en rendant complice. C'est qu'en plus des peines d'emprisonnement démesurées, et ayant reconnu que la lutte de nos camarades contre le terrorisme était une mission héroïque, le gouvernement leur a imposé une restriction additionnelle après que les peines soient purgées : qu'ils soient « rendus incapables » de tenter autre chose qui ferait du tort aux terroristes. Cela fut exprimé dans la sentence imposée à René González dans ces mots : « Comme condition spéciale additionnelle de libération supervisée, il est interdit à l'intimé de s'associer à, ou de visiter, des endroits spécifiques où se trouvent ou que fréquentent des individus ou des groupes, tels que des terroristes, des membres d'organisations préconisant la violence et des figures du crime organisé. » (Procès verbaux des audiences du prononcé de sentence, décembre 2001, pp. 45-46).

Cette « incapacitation » était si chère aux autorités américaines qu'elles ont imposé la même interdiction à Antonio Guerroro, qui avait déjà été condamné à perpétuité plus dix ans. Quant aux trois autres camarades, nés à Cuba, une fois leur peine purgée ils seraient immédiatement expulsés du territoire des États-Unis. Les terroristes n'ont rien à craindre aux États-Unis. Ils n'ont pas besoin de se cacher pour annoncer ouvertement, comme ils le font déjà, leurs actes criminels.

Ceux qui ont injustement incarcéré Gerardo, Ramón, Antonio, Fernando et René font preuve d'une cruauté impardonnable envers leurs familles en leur imposant des procédures compliquées et frustrantes pour l'obtention de visas, bafouant ainsi les droits des prisonniers et de leurs familles. La situation que vivent Adriana Pérez et Olga Salavnueva est particulièrement scandaleuse. On leur a systématiquement nié la possibilité de voir leurs maris. Les autorités américaines ont refusé jusqu'à présent de leur accorder le droit de visite, faisant la sourde oreille aux pétitions répétées des organisations religieuses, des droits humains, syndicalistes et intellectuelles du monde entier.

La manière dont Adriana est traitée est si méprisante qu'elle est difficile à imaginer. Gerardo doit servir deux peines d'emprisonnement à perpétuité plus quinze ans, il n'a pas vu sa femme depuis onze ans et la Cour suprême a refusé de revoir son cas. Le département d'État a choisi le 15 juillet, exactement un mois après cette décision condamnable et le jour de leur anniversaire de mariage, pour annoncer à Adriana, pour la dixième fois, le rejet de sa demande de visa, alléguant qu'elle « est une menace à la stabilité et la sécurité nationale des États-Unis ».

À la sentence absurde infligée à Gerardo, s'ajoute cet abominable tourment, quelque chose de vraiment sadique pour ces deux jeunes personnes innocentes. Ce geste doit être condamné avec vigueur par l'ensemble de l'humanité.

En refusant d'examiner cette affaire, la Cour suprême ferme, en pratique, les voies légales de sa solution. Tout ce qui reste est le réexamen des sentences de Ramón, Antonio et Fernando à Miami devant la même juge. Nous devons exiger qu'elle les libère immédiatement.

Nous entrons dans une nouvelle phase où la responsabilité du gouvernement, en particulier celui du président Obama, est encore plus grande.

Le président a le pouvoir constitutionnel et l'obligation morale de veiller à ce que justice soit faite. Il peut et doit le faire. Pour cela, il doit voir à ce que les principales accusations contre nos compatriotes soient abandonnées. Déjà, deux accusations ont été sérieusement remises en question par la Cour d'appel et par son prédécesseur à la Maison Blanche. Il doit le faire s'il souhaite projeter une image de changement en Amérique latine et dans le monde.

Les terroristes jubilent devant la conduite du gouvernement actuel qui continue de garantir l'impunité de Luis Posada Carriles et de Orlando Bosch, coupables de la destruction en vol d'un avion civil et de la mort de 73 personnes, tout en punissant cruellement ceux qui, sans nuire à personne, ont sacrifié leur jeunesse pour empêcher et faire cesser les crimes de ces derniers et d'autres criminels.

L'Assemblée nationale du pouvoir populaire demande la solidarité urgente de tous les organes législatifs, des parlementaires et des organisations politiques et sociales et des personnes de bonne volonté dans le monde entier et il les invite à se mobiliser pour exiger la libération immédiate de Gerardo, Ramón, Antonio, Fernando et René. Nous, les hommes et les femmes de Cuba, pour qui ils ont sacrifié leur vie, sauront combattre sans relâche jusqu'à ce que nous obtenions leur retour, libres, dans leur patrie reconnaissante.

La Havane, le 1er août 2009
Assemblée nationale du pouvoir populaire de la République de Cuba

(Traduit de l'anglais par Le Marxiste-Léniniste)

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La consternation du mercenaire

Ce doit être la consternation chez les dissidents cubains rémunérés par la Section des intérêts des États-Unis à La Havane depuis qu'on a annoncé qu'un contre-révolutionnaire notoire s'est vu refuser un visa pour les États-Unis. L'homme en question a un épais dossier de crimes violents commis contre son pays, ce qui, pensait-il, devait lui valoir l'honneur et la gloire de l'empire.

Selon les informations publiées par BBC World de Londres dans une dépêche du 27 juillet 2009, de leur correspondant à La Havane, Fernando Ravsberg, « les représentants diplomatiques des États-Unis n'ont pas répondu aux questions de la BBC concernant le refus d'octroyer un visa à Ramos dans ce cas. Normalement, les militants politiques cubains qui ont commis des actes de violence ont toujours obtenu un visa pour les États-Unis, même dans les cas de meurtre. »

Le « militant anti-castriste » Tomás Ramos, connu parmi les contre-révolutionnaires sous le pseudonyme de « Dumbo », a déclaré au journaliste de la BBC que son visa pour les États-Unis lui avait été refusé parce qu'il avait commis des actes de violence contre le gouvernement cubain.

Ramos a déclaré au journaliste qu'il avait commencé ses activités « méritoires » au cours des années 1960 quand il vivait en Floride et qu'il avait été envoyé par les groupes anti-castristes de Miami pour entrer clandestinement à Cuba et commettre des actes terroristes, comme démolir des pylônes de communication et organiser un soulèvement armé contre le gouvernement cubain. Il a été arrêté plusieurs fois et a été condamné à de longues peines de prison. L'an dernier, il a été libéré après avoir purgé 18 années de prison et il a immédiatement entrepris des démarches pour retourner aux États-Unis, où sa mère vit dans une maison de retraite.

Tomás Ramos a déclaré à la BBC qu'il se sent trahi parce que « le gouvernement américain a toujours su ce que nous faisions. Nous avons fait notre entraînement dans les Everglades (en Floride), nous circulions armés dans Miami et j'ai même suivi un cours sur le maniement des explosifs ». Il a dit que la dernière fois qu'il était entré clandestinement à Cuba, c'était en 1989, il l'avait fait avec l'aide du Parti national d'unité démocratique (PUND) de Miami. L'objectif de sa mission commandée était le sabotage des antennes de télécommunications sur les hôtels de Cuba, mais on lui avait également ordonné d'entrer en contact avec de hauts fonctionnaires du ministère de l'Intérieur et des officiers de l'armée pour organiser un coup d'État.

Selon le rapport de la BBC, cette mission lui avait été confiée par le colonel Frank Sturgis de la CIA, avec qui il avait « depuis longtemps des relations » à Miami et qui le payait 500 $ par mois. « Juste avant que je reparte pour Cuba, il m'a donné une capsule en plastique avec les noms des responsables cubains que je devais contacter pour organiser le coup d'État », a dit Ramos au journaliste.

Tomás Ramos s'est plaint au journaliste que son visa a dû être refusé à cause de son passé violent, parce que cette politique ne s'est jamais appliquée aux Cubains. « En effet, les rues de Miami sont pleines des militants comme Ramos qui vaquent tranquillement à leurs affaires. Le plus célèbre d'entre eux est Luis Posada Carriles, qui a confessé de nombreux crimes, y compris la destruction en plein vol d'un avion civil transportant des dizaines de passagers. »

Le correspondant de la BBC dit que Ramos ne comprend pas pourquoi sa demande de visa a été rejetée et « pas celui de tous ces gens... Alors ils ne devraient pas être aux États-Unis, a-t-il dit. Ces combattants de la liberté, qui méritent tout mon respect, sont maintenant appelés terroristes également. »

« Le gouvernement savait très bien ce que nous faisions. Je ne comprends pas comment ils peuvent me refuser un visa alors que le gouvernement des États-Unis a soutenu tous ces groupes violents auxquels j'appartenais ; toutes ces organisations étaient légales là-bas », a dit le tueur à gage au journaliste.

« Cette nouvelle politique aura des conséquences pour les nombreux hommes qui ont combattu pour la liberté, qui ont été envoyés à Cuba par eux [Washington] et qui sont encore en prison aujourd'hui. Comment peuvent-ils refuser le droit d'asile à une personne qui a travaillé pour eux ? Je suis allé en mission pour plusieurs organisations et pour la CIA et, aujourd'hui, ils ont refusé mon visa de retour aux États-Unis. Je me sens bafoué, je me sens frustré et je me sens trompé. Ils ne comprennent pas que nous avons travaillé avec le gouvernement américain », a déclaré avec colère l'homme de main.

Le changement d'attitude des fonctionnaires de l'immigration des États-Unis, qu'indique leur refus d'un visa à terroriste notoire, même s'il agissait sur les ordres de Washington, pourrait mériter des félicitations s'il n'y avait pas le coup d'État au Honduras. Cet événement semble indiquer que le gouvernement des États-Unis utilise toujours aussi rigoureusement les méthodes répugnantes pour lesquelles « Dumbo » est maintenant si hypocritement condamné.

(Traduit de l'anglais par Le Marxiste-Léniniste à partir du texte de Mercedes Rosa Diaz et Walter Lippmann distribué par CubaNews.)

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