Le Marxiste-Léniniste

Numéro 50 - 11 mars 2009

Les métallos de Stelco et leurs alliés affrontent
le droit de monopole et l'impérialisme américain

  
Les mises à pied ne sont  pas des
solutions!

Secteur manufacturier, oui!
Destruction nationale, non!
Rassemblement et marche

Centre des congrès de Hamilton
Samedi le 21 mars - à 13h

Soyez-y -- Bienvenue à tous!
 
Pour l'affiche, cliquez ici.

Organisé par le Local 1005 des Métallos, le CTC et le Conseil syndical du district de Hamilton.

Entrevue - Rolf Gerstenberger, président, Local 1005, Syndicat des Métallos -
Les métallos de Stelco et leurs alliés affrontent le droit de monopole et l'impérialisme américain - K. C. Adams
Un hommage à tous les travailleurs de US Steel/Stelco mis à pied et à tous les sans-travail - Vidéo

Accueil | Archives | English

Entrevue

Le Local 1005 du syndicat des Métallos, le Congrès du travail du Canada et le Conseil syndical du district de Hamilton ont lancé un appel à un grand rassemblement au Centre des congrès de Hamilton le 21 mars à 13 heures, avec comme mot d'ordre : « Les mises à pied ne sont pas des solutions ! » Le Marxiste-Léniniste a interviewé Rolf Gerstenberger, président du local 1005 des Métallos, au sujet de la fermeture des aciéries de Hamilton et de Lac Érié de US Steel.

* * *

LML : Votre syndicat, et vous personnellement, avez été très actifs à combattre cette fermeture. Comment voyez-vous les choses maintenant ?

Rolf Gerstenberger : Cette fermeture est socialement irresponsable ! Nos membres ne peuvent accepter et n'accepteront pas ces attaques antisociales. Que font les gouvernements ? Harper et le ministre Clement [de l'Industrie] sont totalement insouciants des besoins du Canada. Ils semblent davantage intéressés à défendre les intérêts de US Steel et des autres monopoles étrangers qu'à défendre les droits des Canadiens. Il n'y a pas que les métallos de Stelco qui sont mis à pied : les travailleurs à Gerdau et Russel et des travailleurs à contrat chez Dofasco et Algoma perdent également leur emploi. Le gouvernement doit intervenir avec des mesures d'urgence dans l'ensemble du secteur de l'acier au Canada, des mines jusqu'à la distribution, pour s'assurer que les Canadiens n'aient pas à subir plus qu'ils ne subissent déjà.

LML : Pouvez-vous nous en dire plus là-dessus ? Le gouvernement fédéral et le gouvernement de l'Ontario semblent résignés à l'accepter comme un fait accompli. Les médias répètent constamment qu'il n'y pas d'autre solution.

RG : Cette litanie de la presse, de la télévision et de la radio à coeur de journée à l'effet qu'il n'y a pas d'alternative est vraiment criminelle. Le fait même que nous recherchions tous une alternative est la preuve qu'il y en a une. Cela fait bien l'affaire du gouvernement, de US Steel et des médias de dire qu'il n'y a pas d'alternative. C'est la conception du monde des riches et des puissants pour justifier leurs privilèges alors qu'ils condamnent le monde entier à l'anarchie et à la violence de leur système. En pratique, c'est nous qui payons de façons très concrètes... on justifie tout ce qui condamne les gens à privation et à l'insécurité avec cette notion qu'il n'y a pas d'alternative. Qu'il s'agisse du système de santé, des coûts de l'éducation et aujourd'hui du problème des emplois qui disparaissent. Il y a beaucoup de travailleurs qui n'ont même pas accès à l'assurance-emploi et n'ont aucun moyen de payer les factures. Accepter cela, c'est renier son humanité, c'est renier le désir d'une société propre à l'existence humaine.


Manifestation du local 1005 des Métallos à Hamilton le 9 mars 2009.

LML : Quelles sont vos revendications, à part vous opposer aux mises à pied ?

RG : Nous demandons des mesures d'urgence pour protéger les Canadiens contre les ravages de la crise. Cela pourrait comprendre une intervention d'urgence du gouvernement pour prendre en charge le marché de l'acier. Tout l'acier vendu au Canada durant cette période d'urgence doit d'abord provenir des aciéries canadiennes, et cela veut dire les remettre à fonctionner à pleine capacité. Nous achèterions de l'acier provenant de l'extérieur, que ce soit des États-Unis ou d'ailleurs, seulement en cas de pénurie. Si US Steel ou d'autres monopoles étrangers ne sont pas d'accord, qu'ils remettent les usines au gouvernement pour la somme de un dollar. Sinon, nous nous retrouvons dans une situation absurde où les projets d'infrastructure du plan de simulation de l'économie Harper-Ignatieff pourraient utiliser de l'acier importé, et pas n'importe quel acier importé, mais celui-là même qui est produit dans les aciéries de US Steel à Pittsburg, en Pennsylvanie, à Gary, en Indiana, ou à Birmingham, en Alabama. Et pendant ce temps ce sont les fonds publics du Canada qui servent à payer les prestations d'assurance-emploi des métallos mis à pied. C'est inacceptable ! Nous avons besoin de ces fonds dans d'autres secteurs et pour assurer les prestations pour toute la durée des mises à pied. C'est tout à fait absurde que des fonds publics servent à payer des prestations d'assurance-chômage pour les métallos de Stelco quand on sait que la production pourrait très bien reprendre parce qu'il y a une grande demande de l'acier au Canada. Les projets d'infrastructures n'en sont qu'un exemple.

On devrait également facturer US Steel pour toutes les prestations d'assurance-emploi qui ont été versées depuis qu'il est propriétaire de Stelco. Le gouvernement lui a permis de s'emparer d'une installation industrielle qui a une grande importance stratégique pour le Canada, avec une vague promesse de conserver les emplois, puis il lui a permis renier ses engagements dès que c'était son avantage de le faire. Quelle fraude !

Les mesures d'urgence doivent également comprendre des prestations d'assurance-emploi pour tous, et pour toute la durée des mises à pied, pour que les travailleurs puissent survivre à cette catastrophe et conserver leur dignité.

Ce n'est pas une affaire de protectionnisme comme le présentent les médias. Comment expliquer que les usines les plus productives, comme celles de Lac Érié, restent oisives ? Cela nous amène à une autre raison pour laquelle US Steel veut se retrancher aux États-Unis. Cela pourrait avoir quelque chose à voir avec la production militaire. L'empire américain ne permettra pas une véritable baisse de sa capacité de produire l'acier au point de nuire à sa capacité militaire. Obama représente une réalisation, par l'empire américain, du danger de s'appuyer sur l'importation de l'acier. La destruction de l'industrie de l'acier aux États-Unis a pris une telle ampleur qu'elle n'est plus capable de répondre à la demande intérieure depuis assez longtemps. Peut-elle satisfaire la demande intérieure durant ce ralentissement ? Si le plan de stimulation de l'économie de Obama comprend la construction d'infrastructures, et quand on sait que la production militaire ne s'arrête jamais, les États-Unis pourraient bien devoir compter sur l'acier importé. Obama et les USW ne permettraient jamais à US Steel de fermer ses principales aciéries en sol américain.

LML : Une des raisons données pour la baisse de la demande de l'acier est la crise dans l'industrie de l'automobile, où on demande encore une fois aux travailleurs de faire des concessions.

RG : L'industrie de l'automobile joue un grand rôle là-dedans. Je crois que la consommation a baissé d'environ six millions de véhicules par année aux États-Unis. Ces véhicules étaient principalement vendus à des gens qui achetaient à crédit, mais il n'y a plus de crédit et il se pourrait très bien que ce crédit de l'automobile ne revienne pas, celui du type GMAC et le crédit de prêteurs étrangers qui achètent des papiers commerciaux adossés à des actifs et d'autres produits dérivés ou bons du trésor.

Cette perte de six millions de véhicules aux États-Unis représente une perte de plus d'un million au Canada. Cette demande ne reviendra pas de si tôt, peu importe combien d'argent on mettra dans les plans de sauvetage et combien de concessions seront soutirées aux travailleurs. Il faut une grande réorganisation de l'industrie de l'automobile au Canada, et cesser de dépendre de l'exportation. Il faut une industrie qui réponde à nos besoins et qui consomme d'autres produits de l'acier. C'est pourquoi il faut des mesures d'urgence pour que quelque chose soit produit dans les usines automobiles du Canada et pour que le marché du gros soit contrôlé. D'autre part, les pensions des travailleurs de l'automobile sont loin d'être protégées et il faut des mesures concernant les importations et les fabricants japonais.

LML : Comment vos membres font-ils face à la situation ?

RG : C'est vrai que nous allons faire face à de grandes difficultés, mais quelle attitude prendre ? Nous devons insister pour que le Canada suffise à ses besoins, pour changer la situation et répondre aux besoins du Canada en acier, prendre les mesures d'urgence nécessaires. Le défaitisme et la passivité face à la situation sont une forme de nihilisme national, qu'on ne peut rien face à la crise sauf l'accepter et assumer les conséquences. Pourquoi devrions-nous avoir honte de réclamer ce qui nous est dû ? Nous produisons toute la richesse et nous n'acceptons pas l'incapacité des gouvernements du Canada et de l'Ontario à déployer cette richesse de manière à profiter à la société.

La crise fait que nous devons élargir nos horizons et aller au-delà de ce qui existe. Il faut discuter de la production de l'acier et de son utilité dans l'édification nationale. Mais il est impossible d'y songer tant que des monopoles étrangers parviennent à placer leurs intérêts d'empire au-dessus de l'édification nationale, comme US Steel qui ferme les deux aciéries de Stelco et les gouvernements qui le laissent faire sans rien dire. Les gouvernements du Canada et de l'Ontario doivent assumer leur responsabilité sociale envers les Canadiens et leur bien-être et arrêter de mettre les intérêts des monopoles mondiaux au-dessus des intérêts des Canadiens et de l'édification nationale.

LML : Merci Rolf. Bonne chance et bon courage.

Return to top


Les métallos de Stelco et leurs alliés affrontent
le droit de monopole et l'impérialisme américain

Les droits de propriété inégaux et injustes de US Steel sont le produit d'une conspiration criminelle de la part de voleurs de grands chemins, canadiens et américains, durant et après la fraude de faillite de Stelco. Les magnats de la finance de Brookfield de Toronto, les spéculateurs financiers de New York et un agent américain appelé Rodney Mott, avec la complicité active des parlements du Canada et de l'Ontario et de la Cour supérieure de l'Ontario, ont participé à une conspiration pour transférer à US Steel les droits de propriété injustes et inégaux de Stelco. Brookfield et les voleurs de grands chemins de New York se sont emparés de centaines de millions de dollars et l'agent américain Rodney Mott a empoché 67 millions $.

La propriété et le contrôle de la richesse matérielle produite durant des décennies par les métallos et les travailleurs de la construction et de l'entretien de Stelco et accumulée sous forme d'aciéries et autres bâtiments et installations est transférée à l'extérieur du pays, à US Steel. La volonté populaire/politique des métallos de Stelco et de leurs alliés et le droit des Canadiens de contrôler leurs moyens de subsistance fondamentaux ont été niés par ce transfert de propriété à l'extérieur du pays. Dans cet affrontement des volontés politiques, entre le droit de monopole et le droit public, entre l'édification d'empire et l'édification nationale, US Steel a gagné puisqu'il contrôle et continue de dominer les institutions politiques nécessaires pour traduire sa volonté en pouvoir juridique.

À qui appartient l'économie ? À nous ! Qui décide ? Nous décidons !

La volonté populaire/politique des métallos de Stelco et de leurs alliés durant et après la fraude de faillite trouve son expression concentrée dans les mots d'ordre : À qui appartient l'économie ? À nous ! Qui décide ? Nous décidons ! Selon cette volonté populaire/politique, le contrôle de la direction de l'économie et le droit de décider des affaires politiques du pays doivent revenir aux producteurs véritables et non pas à une élite nationale ou étrangère obsédée par la défense et l'expansion de sa richesse privée, de son privilège et de son pouvoir.

Bien que les métallos de Stelco et leurs alliés aient fait échec aux demandes de concessions et aux attaques contre leurs régimes de retraite, leur volonté populaire/politique d'arrêter l'escroquerie de Brookfield/Mott et de faire de Stelco une entreprise publique sur laquelle les Canadiens chercheraient à exercer un contrôle a été supplantée par le droit de monopole. Stelco a été démantelée et les deux dernières aciéries intégrées ont été saisies par US Steel, qui annonce maintenant, après avoir retiré du Canada des millions de dollars en bénéfices d'entreprise et en intérêts durant 14 mois, leur fermeture parce que c'est ce qui convient à leurs plans d'empire.

Le vol et le retrait de valeur ajoutée de l'économie socialisée durant et après la fraude de faillite de Stelco, l'acquisition étrangère par emprunt de trois aciéries intégrées du Canada et d'autres monopoles importants comme Inco et Falconbridge, et la vaste fluctuation du prix des denrées de base sont des facteurs importants contribuant à la crise économique actuelle. La volonté populaire/politique soutient que les mises à pied et les concessions ne sont pas des solutions à la crise économique causée par un échec systémique du capitalisme monopoliste. Des fermetures, des mises à pied et une propagande incessante en faveur de « la politique de la nation unique », selon laquelle les travailleurs et les propriétaires du capital monopoliste doivent ensembler porter le blâme et la responsabilité de la crise économique et assumer « les douleurs » de la restructuration, sont des façons par lesquelles le droit de monopole transfère le fardeau de la crise dont il est responsable sur le dos de la classe ouvrière et empêche la volonté populaire/politique du peuple de s'attaquer aux racines structurelles des crises périodiques.

Les actes antisociaux que sont les mises à pied, les plans de sauvetage des monopoles privés « trop grands pour échouer » et le chantage pour soutirer des concessions aux travailleurs sont le fait de l'objectif étroit de l'élite dominante et de l'impérialisme américain qui veulent préserver leur richesse, leur privilège et leur pouvoir monopoliste en opposition aux besoins de l'économie socialisée et au bien public.

Les vraies solutions à la crise économique viennent de la transformation de la volonté populaire/politique des travailleurs et de leurs alliés en une volonté juridique d'arrêter de payer les riches, d'arrêter les attaques contre la classe ouvrière et l'économie socialisée du Canada, d'augmenter les investissements dans les programmes sociaux et de mobiliser les ressources humaines et naturelles pour l'édification nationale par l'entreprise publique pour garantir les droits de tous et humaniser l'environnement naturel et social.

Le problème posé et à résoudre est comment transformer la volonté populaire/politique des métallos et de leurs alliés en volonté juridique. Quelle force peut traduire la volonté populaire/politique des Canadiens en volonté juridique ? Quelle force peut traduire les mots d'ordre des métallos « Notre économie ! Nous décidons ! » en réalité et empêcher US Steel de fermer les aciéries de Hamilton et de Lac Érié ? Cette force commence avec les métallos actifs et à la retraite de Stelco qui s'organisent, discutent, écrivent et disséminent leurs points de vue et demandes dans la société. Elle commence par l'organisation des métallos, des autres travailleurs et de leurs alliés en une opposition politique effective capable d'imposer leur volonté populaire/politique sur la scène politique et la traduire en volonté juridique. Seuls les travailleurs peuvent faire de ce mouvement une réalité. Il n'y a pas de sauveur qui ait la volonté ou le pouvoir de le faire à leur place. Dans un Canada moderne, la tâche de traduire la volonté populaire/politique de la classe ouvrière en une volonté juridique appartient aux travailleurs. La tâche de nier la volonté de pouvoir des monopoles, qui se servent des rapports de propriété inégaux actuels et de leur contrôle du pouvoir politique et des institutions gouvernantes pour supplanter le droit public, appartient à une classe ouvrière organisée, consciente, active et politique et à ses alliés. Les travailleurs ont la force numérique, l'histoire et la justice de leur côté. Au-delà de cette réalité spontanée, il faut une participation consciente aux affaires politiques, le courage d'organiser, de discuter, d'écrire, de disséminer et de défendre les droits de tous. Il faut bâtir les Groupes de rédacteurs et diffuseurs comme base de la politique indépendante de la classe ouvrière et il faut des Comités du renouveau qui réunissent les travailleurs en une force politique effective.

Les Canadiens ont des droits du fait qu'ils sont des êtres humains ; les métallos ont des droits du fait qu'ils travaillent et créent le produit social. Traduisons ces droits en volonté juridique. Ensemble, rejetons le contrôle et le diktat impérialistes américains et la propriété impérialiste américaine des moyens de subsistance du Canada et de l'économie socialisée, arrêtons la fermeture des aciéries de Hamilton et de Lac Érié et restreignons le droit de monopole et la volonté juridique de US Steel !

Les aciéries de Stelco doivent continuer de produire !

Défendons la volonté populaire/politique des métallos et de leurs alliés !

À qui appartient l'économie ? À nous ! Qui décide ? Nous décidons !

Travailleurs et Canadiens soucieux de l'édification nationale, organisons-nous pour traduire notre volonté populaire/politique en volonté juridique !

Return to top


Un hommage à tous les travailleurs de US Steel/Stelco mis à pied et à tous les sans-travail


Note de l'artiste : Cette création dylanesque s'inspire d'un poème écrit par la fille
d'un de mes confrères du local 1005. C'est un hommage à tous les travailleurs mis à pied
de US Steel/Stelco et à tous les sans-travail. Je veux que tous ceux qui sont sans
travail restent forts et sachez que vous n'êtes pas seuls.

(Youtube: http://www.youtube.com/watch?v=ke8UT1X7K6k)

Return to top






(cliquer sur l'image pour l'affiche 8.5 x 11 format PDF)

Return to top


Lisez Le Marxiste-Léniniste
Site web:  www.pccml.ca   Courriel: