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Journée internationale de la femme
2009
L'expérience des téléphonistes de
Bell montre
que la proposition du budget Harper/Ignatieff
ne mènera pas à l'équité salariale
- Christine Nugent* -
Des représentantes d'organisation des femmes et
de syndicats se sont réunis devant les portes des Nations unies
le 5 mars, où Helena Guergis, ministre d'État à la
Condition féminine, devait s'adresser à la Commission de
la condition de la femme. Les femmes ont condamné le dossier du
gouvernement Harper sur l'égalité des femmes. Elles ont
aussi annoncé leur intention de déposer une plainte
à la Commission de la condition de la femme de l'ONU.
Les militantes des droits des femmes ne voulaient pas
qu'avec Guergis, le gouvernement Harper utilise une tribune
internationale pour prétendre défendre un dossier sur les
droits des femmes, alors qu'en pratique il attaque le droit à un
salaire égal au pays.
Des représentantes de l'Alliance de la Fonction
publique du Canada, du Syndicat de la fonction publique du
Québec, de la Fédération canadienne des syndicats
d'infirmières et d'infirmiers, de l'Alliance canadienne
féministe pour l'action internationale et plusieurs autres ont
annoncé leur intention de déposer une plainte à la
Commission de la
condition de la femme de l'ONU au sujet de la Loi sur
l'équité dans la rémunération dans le
secteur public, laquelle restreindra le droit des femmes du
secteur public fédéral de demander un salaire égal
pour un travail de valeur égale. La loi est adoptée en
vitesse au Parlement canadien, étant partie intégrante de
la Loi
d'exécution du budget Harper et Ignatieff de 547 pages
(Projet de loi C-10) [1].
La Loi sur l'équité dans la
rémunération dans le secteur public transfert les
questions d'équité concernant les employées du
secteur public de la juridiction de la Loi canadienne sur les
droits de la personne à la Commission des relations de
travail dans la fonction publique. La question d'une indemnité
équitable pour les
fonctionnaires doit être résolue à la table de
négociation. Cette loi, si elle demeure, dépouillera les
fonctionnaires de leur possibilité de déposer leurs
plaintes à la Commission canadienne des droits de la personne ou
d'aller devant les tribunaux lorsqu'elles pensent qu'il y a
discrimination.
Le budget Harper/Ignatieff affirme :
« L'actuel régime en matière
d'équité salariale est axé sur les plaintes et la
confrontation et suppose un processus long et coûteux qui ne
dessert adéquatement ni les employés ni les employeurs.
Des dispositions législatives visant à moderniser le
régime d'équité salariale des employés du
secteur public fédéral seront déposées. Le
nouveau
régime sera conforme à l'engagement du gouvernement
envers l'équité salariale. Il attribuera conjointement
à l'employeur et aux agents négociateurs la
responsabilité de négocier des salaires qui soient justes
et équitables pour l'ensemble des
employés. »[2]

Montréal,
mai 2002: Des syndiqués du SCEP manifestent devant
l'édifice où se tient la réunion des actionnaires
de Bell Canada Enterprises sur l'équité salariale des
téléphonistes. (Photo:
CEP) |
Le document du budget Harper/Ignatieff présente
leurs changements proposés au nom des grands idéaux.
Cette législation proposée ne garantira pas le droit des
femmes canadiennes à la rémunération
équitable. La législation propose de résoudre le
droit à l'équité salariale par le processus de
négociation s'il y a un syndicat. Sinon, et ce n'est pas
le cas pour la majorité des femmes au Canada, ce droit sera
laissé à l'employeur. C'est intéressant pour le
gouvernement fédéral quand c'est lui qui est l'employeur.
Un des partisans de la législation proposée est la
ministre d'État à la Condition féminine, Helena
Guergis, députée de Simcoe Grey, qui défend les
changements proposés à l'équité
salariale sur la base qu'elle est préoccupée par le fait
que le processus actuel pour l'équité salariale est long
et coûteux.
En tant qu'ancienne téléphoniste de Bell,
j'ai une certaine expérience avec les règlements
négociés en matière d'équité
salariale. Les travailleuses chez Bell ont mené des batailles
héroïques pour maintenir leur dignité en tant que
femmes et travailleuses. La bataille pour l'équité
salariale était une parmi plusieurs. Leur travail, comme c'est
le cas
de plusieurs femmes obligées d'occuper des postes de
« cols roses », était sous-payé et
cela n'était tout simplement pas matière à
discussion en autant que la compagnie était concernée.
La lutte des téléphonistes de Bell remonte
à 1991 lorsqu'un Comité sur l'équité
salariale a été mis sur pied afin d'évaluer le
ghetto de gagne-petit dans lequel les travailleuses dans la compagnie
étaient confinées. Leur poste, celui de
téléphoniste, était comparé à celui
d'un métier de service d'appel et d'entretien à domicile,
poste occupé avant
tout par des hommes. Suite à des rencontres internes, il fut
décidé qu'il n'y avait pas de travail payé
également pour la valeur égale. Dans un règlement
négocié, les représentants de Bell Canada de
l'époque ont été obligés d'agir sur cette
question et ont consenti à commencer à octroyer une
augmentation des salaires au rythme de 1 %
annuellement afin d'atteindre la parité, une solution qui aurait
pris plusieurs années en soi. Bell Canada a effectué
certains paiements durant deux ans, ce qui a peu contribué
à mener les téléphonistes à la
parité salariale et puis Bell a simplement cessé de
payer, ce qui est son droit sous l'actuelle législation.
Sous la présente législation, le syndicat
pouvait alors procéder en déposant une plainte à
la Commission canadienne des droits de la personne afin d'obtenir un
dédommagement. En 1993, Bell Canada a été
traîné devant les tribunaux par le Syndicat canadien des
communications de l'énergie et du papier pour régler les
salaires dus aux
téléphonistes.
Sous la législation actuellement proposée,
lorsque l'employeur refuse de se conformer ou initie des
négociations, il ne peut plus être convoqué
à la Commission canadienne des droits de la personne.
Plutôt, cela peut être entendu en tant que plainte devant
la Commission des relations de travail dans la fonction publique. Il
n'y a pas de recours
juridique pour dédommagement, mis à part le droit de
grève.
Suite à la cessation de l'accord par Bell Canada
en 1993, le syndicat a amené la compagnie devant les tribunaux.
Le gouvernement d'alors, le gouvernement libéral, n'a rien fait
durant les 13 années de lutte qui ont suivi. Pendant ce temps,
la juste cause des téléphonistes de Bell a
été sapée, passant des audiences à des
jugements de la Cour
suprême, qui a culminé par une entente (pas un jugement
qui aurait pu être utilisé en tant que
précédent pour d'autres) négociée par le
syndicat et la compagnie en 2006. Au cours de la lutte, en 2002, Bell
Canada, avec sa soif de profit maximum, et avec la complicité du
gouvernement libéral, a sous-traité le travail des
opératrices de Bell à une
firme non syndiquée, les dépouillant de leurs salaires,
avantages sociaux et conditions de travail. Éventuellement, le
travail a été sous-traité outremer.
La Loi sur l'équité dans la
rémunération du secteur public dans le budget
Harper/Ignatieff, ne mènera pas les femmes un iota plus
près de l'équité salariale.
La classe ouvrière et le peuple du Canada doivent
s'emparer de cette lutte afin de garantir le droit à un salaire
équitable pour tous.
Les droits ne sont pas négociables !
Les droits doivent être affirmés par une
société moderne et garantis par les gouvernements
élus à cette fin.
Les femmes doivent faire leur l'appel du PCC(M-L)
d'entreprendre de mettre sur pied des comités pour le renouveau
démocratique dans les endroits de travail.
L'affirmation des femmes se fait lorsque les femmes
deviennent politiciennes ouvrières et prennent la défense
des droits de tous.
Opposons-nous au budget Harper-Ignatieff
anti-femmes ! Non à la Loi sur l'équité
dans la rémunération du secteur public !
Notes
1. Projet de loi C-10, le projet de loi pour le
budget, est étudié par le Comité permanent des
finances la semaine du 23 février 2009.
2. Le budget de 2009 : Le Plan d'action
économique du Canada, déposé à la Chambre
de communes par l'honorable Jim Flaherty, Parti conservateur, ministre
des Finances le 27 janvier 2009, p. 237 (version PDF).

Réponse du gouvernement libéral à
la décision
du Tribunal des droits de la personne de 1998
et proposition du budget Harper-Ignatieff
concernant l'équité salariale en 2009
- Elaine Couto -
Le budget Harper-Ignatieff, le Plan d'action
économique du Canada : Budget 2009, déposé
à la Chambre des communes le 27 janvier dernier,
annonçait le dépôt de « dispositions
législatives visant à moderniser le régime
d'équité salariale des employés du secteur public
fédéral » :
« L'actuel régime en matière
d'équité salariale est axé sur les plaintes et la
confrontation et suppose un processus long et coûteux qui ne
dessert adéquatement ni les employés ni les employeurs.
Des dispositions législatives visant à moderniser le
régime d'équité salariale des employés du
secteur public fédéral seront déposées. Le
nouveau
régime sera conforme à l'engagement du gouvernement
envers l'équité salariale. Il attribuera conjointement
à l'employeur et aux agents négociateurs la
responsabilité de négocier des salaires qui soient justes
et équitables pour l'ensemble des employés. »
[page 237]
Le projet de loi C-11 retirera les disposition sur
l'équité salariale de la Loi sur les droits de la
personne (article 11) pour l'inscrire à la Loi sur
l'équité dans la rémunération du secteur
public. Le recours offert par la loi en vigueur était qu'on
pouvait adresser une plaine à la Commission canadienne des
droits de la
personne. Avec la nouvelle loi, la Commission des relations de travail
de la fonction publique se chargera des plaintes formulées par
les employées de la fonction publique fédérale.
« La Loi sur l'équité dans
la rémunération du secteur public établit une
nouvelle approche proactive afin d'assurer une
rémunération équitable. La Loi rend l'employeur et
les agents négociateurs conjointement responsables, dans le
cadre du processus de négociation collective qui permet de fixer
la rémunération des employés
syndiqués, de s'assurer que la rémunération est
équitable pour tous les employés. Dans le cas des
employés non syndiqués, cette Loi prévoit un
processus rigoureux pour que les employeurs règlent les
problèmes rapidement. » [1]
Un bref aperçu de l'histoire de
l'équité salariale à travers les différents
gouvernementaux fédéraux (conservateur, libéral et
conservateur à nouveau) permet de voir où s'en va le
gouvernement Harper-Ignatieff sur cette question.
Information sur l'équité salariale au
Canada[2]
En mars 1978 était adoptée la Loi sur
les droits de la personne du Canada. L'article 11 portait sur
l'équité salariale. La loi n'interdisait pas la
discrimination comme telle mais donnait aux travailleuses de
juridiction fédérale la possibilité de porter
plainte et d'obtenir un
redressement. Le 19 décembre 1984, l'Alliance de la fonction
publique du Canada (AFPC) déposait sa première plainte
importante concernant l'équité salariale.
Le 8 mars 1985, le président du Conseil du
trésor invita tous les syndicats de la fonction publique
à participer à un plan de coopération entre
syndicats et administrateurs pour formuler des recommandations sur
l'application du principe de l'équité dans l'ensemble de
la fonction publique. La coopération dura quatre ans, durant
laquelle période
on s'entendit sur un plan d'évaluation et des paramètres
d'étude et une première évaluation
d'échantillonnage fut réalisée. L'étude
recommanda une hausse moyenne de 15 % pour les travailleuses de la
fonction publique avec des paiements rétroactifs à
concurrence d'un milliard de dollars. Le Conseil du trésor prit
quatre mois avant de réagir
à ces recommandations. Il annonça alors
unilatéralement que l'augmentation serait rétroactive
pour seulement quatre des neuf groupes de professions
identifiés, pour un total de 317 millions $, et les
augmentations futures ne seraient qu'un tiers de ce que l'étude
avait recommandé.
En 1990, l'AFPC et l'Institut professionnel de la
fonction publique du Canada (IPFPC) réactivèrent leurs
plaintes auprès de la Commission des droits de l'homme. Un
tribunal des droits de l'homme fut nommé pour enquêter et
les audiences commencèrent en 1991. Pendant deux ans, le
tribunal dut faire face au blocage et aux objections du
Conseil du trésor pour obtenir les donnés recueillies par
le Comité de coopération. Finalement, en 1992, le
tribunal jugea que les informations obtenues du Comité de
coopération étaient admissibles. Les syndicats
commencèrent à présenter des témoignages en
1993.
En 1993, durant les élections
fédérales, Chrétien a déclaré qu'
« un gouvernement libéral s'en
tiendrait à la décision du Tribunal des droits de la
personne et travaillerait avec les représentants des
employés pour établir un plan acceptable et
réalisable qui convienne aux deux parties pour l'application du
principe d'un salaire égal pour un travail de valeur
égale ».
Le Marxiste-Léniniste hebdomadaire du 5
octobre 1998, dans un article intitulé :
« L'équité salariale dans la fonction publique
fédérale : La volonté d''agir rapidement' du
gouvernement libéral », écrit :
« Cette déclaration de 1993 en disait
long. On ne s'attendrait évidemment pas à ce qu'un
gouvernement déclare n'avoir pas l'intention de respecter un
jugement. Il reste donc dans cette déclaration les termes
« réalisable » et « qui
convienne aux deux parties ». Autrement dit, Chrétien
déclarait tout simplement
son intention de réclamer une négociation qui
l'exempterait d'appliquer le jugement. »
L'IPFPC négocia une entente avec le gouvernement
en mars 1995. Les audiences traînèrent puis le
gouvernement accrut les pressions sur l'AFPC pour un règlement
« négocié » qui accorderait
à ses membres beaucoup moins que ce que le tribunal allait
décider. Les « offres » furent
accompagnées d'une campagne de
propagande à l'effet que l'AFPC n'était pas raisonnable
et faisait preuve de mauvaise volonté. En avril 1997, le Conseil
du trésor offrit $850 millions $. Quatre mois plus
tard il majora son offre et en octobre l'AFPC présenta une
contre-proposition. Selon les procès-verbaux du gouvernement,
« le Conseil a informé le syndicat
que sa proposition ne pouvait pas être la base d'un
règlement négocié et lui a demandé de
présenter une proposition plus raisonnable. »
Le 29 juillet 1998, le Tribunal des droits de la
personne rendait finalement son jugement. En rendant sa
décision, le Tribunal a également défini la
méthode de calcul des paiements. Les donnés du
Comité de coopération constitueraient la base pour
calculer les sommes à payer et le taux d'intérêt
serait égal à celui des obligations d'épargne du
Canada. Le tribunal a fixé le 8 mars 1985 comme date de
rétroactivité. Finalement, il a laissé un an aux
parties concernées (AFPC et Conseil du trésor) pour en
venir à une entente. Si une entente n'est pas conclue en un an,
le Tribunal tranchera.
La seule question à négocier par les deux
parties était l'ajustement salarial pour les différents
niveaux ou sous-groupes. Le montant total des paiements n'est pas
négociable.
En annonçant l'intention du Conseil du
trésor d'aller en appel de la décision du Tribunal des
droits de la personne sur l'équité salariale, le
président du Conseil, Marcel Massé, a dit :
« Notre engagement envers le principe de
l'équité salariale est sans équivoque et nous
voulons agir rapidement pour l'appliquer sur une base juste et
équitable dans la fonction publique du Canada. Mais un
système juste doit être également juste envers les
contribuables canadiens. Notre approche tient compte de ces deux
responsabilités. »
Le LML Hebdo écrit :
« C'est ni plus ni moins un chantage qu'il
annonce. Si les 200 000 employées de la fonction publique et
leur syndicat veulent résoudre le problème rapidement,
ils doivent négocier avec le gouvernement avec comme principe de
base le besoin d'être « juste envers les
contribuables ». De cette façon, la vraie
question de principe qui est en cause — l'équité
salariale — est reléguée au second plan. Le gouvernement
invente un « principe supérieur », celui
de la « capacité de payer », des
« fonds disponibles », etc.
« C'est de cette manière que se
manifeste le diktat de l'oligarchie financière. Celle-ci use de
son contrôle de l'État pour s'emparer des fonds publics et
les mettre au service de la réalisation du profit maximum pour
ensuite déclarer que tout le reste dépend du
« principe » de la « capacité
de payer » et des
« fonds disponibles ». Et tout cela au nom d'un
idéal supérieur, celui de voir aux intérêts
des « contribuables ». Plus de 50 % de ces
contribuables sont des femmes dont les droits sont violés. Le
reste sont des hommes dont les salaires et les conditions de travail
dépendent aussi de ceux des femmes. En d'autres mots,
cette société ne reconnaît pas les droits de tous.
Au lieu d'offrir une vision cohérente et globale de la
société, Massé parle de
« contribuables » uniquement pour
désorienter les gens et les réconcilier avec
l'idée de se contenter de ce qu'ils peuvent obtenir dans des
conditions données. Ce refus du gouvernement
fédéral de respecter ses
obligations n'est pas nouveau. Il le défend depuis vingt ans en
ce qui concerne l'équité salariale. »
En 1998 le Parti posait la question :
« Pourquoi vingt ans ? »
« Les faits montrent clairement que l'annonce
faite par la ministre de la Justice Anne McLellan et le
président du Conseil du Trésor Marcel Massé font
partie d'une campagne de désinformation sur ce que ce jugement
signifie pour la société — un pas vers
l'élimination de la discrimination envers les femmes — et sur
l'intention du
gouvernement, soit d'exercer des pressions pour que le statu quo soit
maintenu en ce qui concerne la discrimination envers les femmes tout en
prétendant être le défenseur du principe que les
femmes ont le statut d'égalité. Le gouvernement a
l'intention d'« agir rapidement » pour faire ce
qu'il fait depuis le début : saboter les
efforts des travailleuses et des travailleurs et faire passer le statu
quo non seulement comme acceptable mais comme une solution au
problème. Il ne parle pas d'« agir
rapidement » pour faire de la société
canadienne une société moderne qui répond aux
exigences de l'époque, qui interdit toute forme de
discrimination envers les femmes
et envers tout autre groupe et qui donne aux femmes les moyens
juridiques de faire respecter leurs droits. Il veut au contraire tout
soumettre à la négociation et au compromis en inventant
un « principe supérieur » qui lui
convient. Il est complètement aberrant que le gouvernement
fédéral se prétende le champion des
« contribuables ». Le gouvernement
Chrétien a retiré des milliards de dollars des programmes
sociaux pour payer les riches. On serait en droit de lui demander quels
« contribuables » il défend exactement,
mais la réponse est déjà claire : rien ne
doit interférer avec la politique de payer les riches.
« Les libéraux agissent comme des
saboteurs, incapables de faire autre chose que de bloquer la voie au
progrès pour les femmes et pour la société. Leur
demande de compromis doit être rejetée avec tout le
mépris qu'elle mérite. »[4]
En 2006, dans sa déclaration à l'occasion
de la Journée internationale de la femme, le PCC(M-L)
écrit :
« Si la mondialisation
néolibérale a fait en sorte que 33-37 % des
travailleurs occupent un emploi précaire et
« atypique », c'est plus de 41 % des
travailleuses qui se retrouvent dans cette situation. Plus des deux
tiers des travailleurs recevant le salaire minimum sont des femmes.
L'équité salariale ne s'applique
pas à toutes les femmes et n'est pas imposable par la loi ;
au contraire, les tribunaux jugent que même les gouvernements
peuvent continuer de pratiquer la discrimination s'ils sont aux prises
avec « des difficultés
financières », comme dans le récent jugement
dans le cas de Terre-Neuve et Labrador. Bref, tout est fait pour
faciliter le transfert de la richesse aux riches et rien pour garantir
les droits ou pour servir le bien public.[5]
La lutte des téléphonistes de Bell Canada
En juin 2006, après ce qui a été
décrite comme une des plus longues batailles du mouvement
syndical, le Syndicat canadien des communications, de l'énergie
et du papier (SCEP) et Bell Canada concluaient une entente de principe
sur l'équité salariale pour ses 4 765
téléphonistes.
Le SCEP a porté plainte au nom des
téléphonistes et des travailleuses de la restauration en
1992 auprès de la Commission des droits de la personne du
Canada. La situation des téléphonistes était
comparée à celle de travailleurs masculins occupant
faisant un travail semblable, pour mesurer la disparité.
L'affaire est allée devant les tribunaux
mais la plainte a été l'objet de nombreuses contestations
judiciaires en Cour suprême.
Ottawa, 19 juin 2006:
Quelque 5 000 téléphonistes employées par Belle
Canada votent à 95% en faveur
du réglement de 104 millions $ après 14 années de
conflit sur l'équité salariale. Ci-dessus: des
téléphonistes comptent les votes.(Photo:
CEP)
À l'invitation de la Commission, les parties
acceptèrent la médiation à la fin de 2005. Le
réglementation proposé couvrait les années 1993
à 1999 et fut accepté par un vote de 95 % en faveur,
dans des assemblées partout en Ontario et au Québec. Il
comprenait une compensation monétaire et des ajustements des
pensions.[6]
Le Marxiste-Léniniste
écrivait :
« Le début de cette bataille remonte
à 1991 lorsqu'un Comité pour l'équité
salariale fut mis sur pied chez Bell pour juger du ghetto dans lequel
étaient confinées les femmes travailleuses de
l'entreprise. Comme c'était le cas pour de nombreuses femmes
forcées dans un emploi de « col rose »,
leur travail était sous-rémunéré
et, selon l'entreprise, il n'était pas du tout question d'en
discuter.
« Les représentants de Bell Canada
furent forcés à ce moment-là d'agir et ils ont
donné leur accord pour commencer à accorder pour deux ans
des augmentations de salaires qui s'élevaient à 1 %.
Puis, ils ont cessé par la suite. »[7]
En 1993, le SCEP a traîné Bell devant les
tribunaux pour régler la question des salaires impayés
qui étaient dus aux téléphonistes.
« Durant les 6 prochaines années, les
téléphonistes furent forcées d'accroître la
productivité par des changements technologiques et ont
mené plusieurs grèves pour lutter contre les conditions
de travail oppressantes qui prévalaient. En 1999, Bell dont la
mission dans la vie est de maximiser ses profits, a tenté de
décimer les rangs des
téléphonistes en faisant appel à un sous-traitant
pour effectuer le même travail non-syndiqué. Il n'y avait
pas de législation dans le Code du travail qui permettait aux
téléphonistes de maintenir leur syndicat et leurs droits
successoraux et le gouvernement de Mike Harris en Ontario
s'était assuré que cela ne changerait pas. Durant cette
même
période, les téléphonistes sont allées de
nouveau en grève pour exiger que leurs emplois demeurent chez
Bell. Avec la perspective que les téléphonistes puissent
perdre leur moyen de subsistance, Bell leur a offert un salaire
dérisoire comme entente sur l'équité salariale,
espérant qu'en désespoir de cause les
téléphonistes accepteraient. En 1999, elles
ont refusé de manière héroïque l'offre
d'équité salariale en votant à plus de 70 %
contre. De plus les travailleuses qui ont vu leurs postes
confiés à des sous-traitants, ont réussi à
organiser un syndicat chez Nordia, à Kitchener, en moins de 3
années après que Bell les eut transférées
à ce sous-traitant. L'entente votée et acceptée
à 95 %
en juin dernier a plus que triplé les sommes monétaires
offertes en 1999. Les travailleuses se sont vues récompenser
pour leur force et détermination. »[8]
En faisant le bilan de leur victoire, les
téléphonistes avaient ceci à dire :
« Le règlement fut toutefois un
règlement négocié où les rapports
présentés aux rencontres tenues entre les travailleurs et
le syndicat ont fait honte à Bell. Il s'est avéré
que le système des tribunaux n'avait rien à offrir aux
travailleurs en terme de justice. Les représentants syndicaux
nous ont dit que s'il fallait obtenir une véritable
équité
salariale, la cause devant les tribunaux se serait
éternisée pendant des années puisque les
témoins présentés par le syndicat n'avaient pas
été entendus complètement. À chaque fois
que les témoins présentés par le syndicat venaient
témoigner ceux de la partie adverse qui les
contre-interrogeaient traînaient cela pendant des semaines alors
que les
représentants de Bell qui étaient appelés à
venir témoigner étaient toujours trop occupés pour
venir se présenter à la barre des témoins. Tout le
processus était une farce et c'était comme cela depuis 14
ans. »[9]
De plus, lors des célébrations qui ont
suivi l'entente, il a été révélé
que :
« Les femmes travailleuses et les membres de
leurs familles présents ont tous cru que l'entente conclue fut
une victoire pour certains mais pas pour d'autres puisque plusieurs
femmes travailleuses ne seraient pas capables de partager cette
victoire. La raison est que la cause a traîné si longtemps
devant les tribunaux à cause des tentatives
vicieuses de Bell et ses avocats de saper les institutions qui existent
dans la société, comme le Commission canadienne des
droits de la personne. Des travailleuses étaient
décédées depuis ce temps et leur succession
recevrait les fonds de l'entente sur l'équité salariale
mais pas ces téléphonistes.
« Le fait que Bell a sous-traité en
1999 les emplois des téléphonistes à des
sociétés non-syndiquées a entraîné
uns situation où de nombreuses travailleuses furent incapables
de recevoir le plein montant de l'entente parce qu'elles avaient
été forcées de se retirer du fonds de retraite de
Bell parce qu'elles venaient de perdre leur poste. À
cause de cela, elles étaient incapables de recevoir directement
les ajustements à leur fonds de retraite conclus par l'entente.
Les téléphonistes ont elles-mêmes pris tous les
moyens pour s'assurer que toutes les téléphonistes
touchées par l'entente soient rejointes parce que Bell n'avaient
plus aucune manière de les rejoindre depuis qu'elles
s'étaient
retirées du fonds de pension. D'autres discussions tenues durant
les célébrations entourant l'entente ont
révélé la vraie nature des gestes posés par
les capitalistes de Bell. La cause sur l'équité salariale
s'est retrouvée par deux fois devant la Cour suprême du
Canada. Bell a contesté le droit du Commission canadienne des
droits de la personne
d'entendre la cause. Bell a prétendu que cette institution
d'État ne prenait pas assez ses distances vis-à-vis du
gouvernement et dans ce sens contestait le besoin pour une tell
institution d'exister dans la société. »[10]
On a fait aussi ressortir que :
« C'était pas tout simplement une
menace à la question de l'équité salariale mais
à la raison d'être d'avoir des tribunaux qui
défendent le droit de ceux qui sont discriminés sur la
base de sa race, croyance, origine nationale ou sexe. Pour qui est-ce
qu'ils se prennent ? En prenant en main cette lutte et en
s'assurant de son suivi, les
téléphonistes de Bell ont défendu le principe
qu'il doit y avoir des tribunaux dans la société
où les entreprises doivent rendre des comptes sur la question de
la discrimination. »[12]
Dans sa déclaration du 28 novembre 2008 en
réponse à l'énoncé
économique » du gouvernement Harper, le PCC(M-L)
écrit :
« Le Parti communiste du Canada
(marxiste-léniniste) s'oppose résolument à
l'« énoncé économique et
financier » présenté jeudi dernier par le
Parti conservateur au pouvoir. [...]
« Les travailleurs et leurs alliés ne
doivent pas permettre cette attaque contre le droit de grève et
le droit de négocier collectivement les conditions de travail.
Cette dictature ouverte du capital monopoliste et cette attaque contre
la dignité des travailleurs ne doit pas tolérée.
« Le gouvernement Harper s'en prend
également aux gains acquis de longue lutte par les femmes de la
fonction publique pour ce qui est de l'équité salariale.
Il se plaint d'avoir été obligé de payer
« plus de 4 milliards $ en règlement
d'équité salariale » à cause de
l'exploitation des femmes dans la fonction publique.
Pour nier ce droit des travailleuses à l'équité
salariale, le parti au pouvoir déposera un projet de loi qui
empêchera toute nouvelle plainte à la Commission
canadienne des droits de la personne concernant l'équité
salariale. Après avoir déclaré que la
négociation collective est révolue et que le droit de
grève sera dorénavant illégal, le ministre affirme
sans rire que son gouvernement présentera « une
proposition législative qui fera de l'équité
salariale un élément à part entière de la
négociation collective ».
« Pour ce qui est des programmes sociaux,
l'énoncé refuse d'augmenter les dépenses, ce qui
stimulerait l'économie et réduirait la gravité des
problèmes sociaux qu'on connaît au Canada. Le gouvernement
veut plutôt maintenir à leur niveau actuel les paiements
de péréquation aux provinces pour la santé et les
services sociaux, niveau que
tous reconnaissent comme étant inadéquat. »[12]
Cela montre qu'il est nécessaire que les femmes
intensifient leur effort d'organisation sur la base de la lutte pour un
programme pro-social fondé sur le principe que les êtres
humains ont des droits du fait de leur humanité.
L'énergie immense des femmes qui luttent pour leurs droits sera
alors utilisée dans le sens de formuler des propositions
sur le genre de société qu'elles veulent et comment
humaniser les instances gouvernantes.
Notes
1. Déclaration du président du
Conseil du Trésor sur le dépôt de la Loi sur
l'équité dans la rémunération du secteur
public, 6 février 2009
2. « L'équité salariale dans la fonction
publique fédérale : La volonté d''agir
rapidement' du gouvernement libéral », LML Hebdo
vol 3 numéro 27, 5 octobre 1998.
3. ibid
4. ibid
5. « Appuyons la lutte des femmes pour mettre fin à
l'oppression et à l'exploitation ! »,
Déclaration du Parti communiste du Canada (marxiste-
léniniste), 8 mars 2006
6. « For Your Information », TML Daily,
August 31, 2006, No. 123.
7. « Bell Canada Operators Celebrate and Discuss Pay Equity
Settlement », Christine Nugent, TML Daily, August
31, 2006, No. 123
8. ibid
9. ibid
10. ibid
11. ibid
12. « Faisons échec aux politiques de droite de
Stephen Harper ! Ça ne doit pas passer ! Il est temps
de présenter une alternative ! Unissons-nous pour
bâtir des comités pour le renouveau
démocratique ! », Déclaration du
PCC(M-L), 28 novembre 2008.

À titre d'information
La Loi sur l'équité dans la
rémunération
- Secrétariat du Conseil du
trésor du Canada, 6 février 2009 -
Le présent gouvernement respecte le principe d'un
salaire égal pour un travail de valeur équivalente, un
principe qui est garanti par la Loi canadienne sur les droits de
la personne. L'actuel régime d'équité
salariale fondé sur les plaintes a donné lieu à un
processus long, couteux et litigieux, qui ne tient pas compte des
réalités du
marché du travail canadien.
La Loi sur l'équité dans la
rémunération du secteur public établit un
nouveau régime proactif en temps plus opportun afin de
résoudre ces types de problèmes dans le secteur public
fédéral. L'approche adoptée sera :
* proactive — les employeurs sont tenus de s'assurer de
manière proactive que la rémunération est
équitable, soit au moyen de régimes de
rémunération équitable pour les employés
non syndiqués, ou avec les agents négociateurs
grâce au processus d'établissement de la
rémunération par voie de la négociation
collective ;
* opportune — les problèmes sont
réglés au fur et à mesure dans le contexte de la
négociation collective plutôt que par suite de longues
procédures judiciaires ;
* juste — tous les employés pourront recourir
à la Commission des relations de travail dans la fonction
publique, une tierce partie impartiale et indépendante, pour le
règlement de plaintes ;
* collaborative — les employeurs et les agents
négociateurs sont conjointement responsables d'assurer une
rémunération équitable.
La législation s'applique au Conseil du
Trésor du Canada en tant qu'employeur pour les ministères
et organismes mentionnés aux annexes I et IV de la Loi sur la
gestion des finances publiques ainsi qu'aux organismes distincts en
tant qu'employeurs pour les ministères et organismes
mentionnés à l'annexe V de la Loi sur la gestion des
finances
publiques, à la Gendarmerie royale du Canada et aux Forces
armées canadiennes.
| Attribut |
Régime actuel |
Loi sur
l'équité dans la rémunération du secteur
public |
| Législation |
Loi canadienne sur les droits de la personne
(article 11). |
Loi sur l'équité dans la
rémunération du secteur public |
| Responsabilité |
L'employeur était le seul responsable. |
L'employeur
et le syndicat ont une responsabilité conjointe pour les
employés
syndiqués; l'employeur a la responsabilité pour les
employés non
syndiqués. |
| Application |
Application à la fonction publique
fédérale et au secteur privé sous
réglementation fédérale. |
Application au Conseil du Trésor du Canada
en tant qu'employeur pour
les ministères et organismes mentionnés aux annexes I et
IV de la Loi sur la gestion des finances publiques,
ainsi qu'aux organismes distincts en tant qu'employeurs pour les
ministères et organismes mentionnés à l'annexe V
de la Loi sur la gestion des finances publiques, à la
Gendarmerie royale du Canada et aux Forces armées canadiennes. |
| Proactivité |
Aucune mesure proactive n'est garantie dans la
législation. |
Obligation
pour les employeurs de la fonction publique fédérale et
les syndicats
de s'assurer de manière proactive que la
rémunération est équitable par
voie de la négociation collective et pour les employeurs
d'établir des
régimes de rémunération équitable pour les
employés non syndiqués. |
| Valeur du travail |
Valeur évaluée selon les
habiletés, l'effort, la responsabilité et les conditions
de travail. |
Valeur
évaluée selon les habiletés, l'effort, la
responsabilité et les
conditions de travail, ainsi que la prise en considération des
qualifications et des facteurs liés au marché. |
| Seuils |
Fixe
un seuil de prédominance des genres à 70 p. 100 pour tous
les groupes
de moins de cent employés, à 60 p. 100 pour les groupes
de 100 à 500
employés, et à 55 p. 100 pour les groupes de plus de 500
employés. |
Fixe un seuil de prédominance des genres
à 70 p. 100 pour tous les groupes d'employés. |
| Plaintes |
La Commission canadienne des droits de la
personne examine toutes les plaintes. |
La Commission des relations de travail dans la
fonction publique examine les plaintes des employés du secteur
public fédéral. |
Fiche de renseignements - La fonction publique
d'aujourd'hui et de demain
Au cours des dix dernières années, la
fonction publique du Canada a subi un changement remarquable. Ses
régimes de rémunération sont conçus de
manière à attirer et à maintenir en poste les
personnes dont elle a besoin pour conserver une main d'oeuvre
qualifiée et dynamique.
La fonction publique donne maintenant aux femmes et aux
hommes un accès égal à tous les postes et à
des salaires identiques dans les mêmes groupes et aux mêmes
niveaux.
Le gouvernement reconnaît que la conciliation
travail-famille revêt plus d'importance pour les
travailleurs ; les hommes et les femmes bénéficient
d'un accès égal à une gamme complète
d'avantages sociaux axés sur la famille.
* Un congé parental d'un an à 93 p. 100 du
salaire de l'employé
* Cinq jours de congé payé pour
obligations familiales
* Cinq ans de congé non payé au maximum
pour soins et éducation d'enfants
Il convient de noter les progrès importants que
les femmes ont accomplis, et continuent d'accomplir, au sein de nos
effectifs. Ce qu'on appelle « l'écart
salarial » entre les hommes et les femmes dans la fonction
publique a diminué de 5,7 p. 100 depuis 1999. Aujourd'hui, les
femmes de l'Administration publique centrale
obtiennent, en moyenne, 90 p. 100 des salaires obtenus par les hommes.
De plus, depuis 1999, les femmes ont accédé à un
plus grand nombre d'emplois de haut niveau dans la fonction publique,
certains groupes enregistrant une hausse de 50 p. 100 au chapitre de la
représentation des femmes.
* 55,9 p. 100 des travailleurs du savoir par rapport
à 46,6 p. 100 en 1995 (Statistique Canada, mai 2008)
* 41 p. 100 des titulaires des postes supérieurs
et des postes de direction, par rapport à seulement 26 p. 100 en
1998-1999
* 50,1 p. 100 des membres du groupe des
économistes par rapport à 36,8 p. 100 en 1998-1999
* 43,3 p. 100 des membres du groupe des agents de
commerce, par rapport à 33,1 p. 100 en 1998-1999
Pour préparer la fonction publique de demain, le
gouvernement du Canada poursuivra ses efforts pour que les femmes et
les hommes puissent bénéficier de conditions de travail
de qualité.
Foire aux Questions - Loi sur le contrôle
des dépenses
Quel est le but de la Loi sur le contrôle
des dépenses ?
La Loi sur le contrôle des dépenses :
* contrôle les dépenses en fixant les
hausses de rémunération des employés
syndiqués et non syndiqués du secteur public
fédéral jusqu'en 2010-2011 ;
* maintient la négociation collective et les
modes officiels de résolution des différends
(grève ou arbitrage).
Quelles sont les hausses de
rémunération prévues dans la Loi sur le
contrôle des dépenses ?
La Loi sur le contrôle des dépenses
fixe toutes les hausses de rémunération dues avant le 8
décembre 2008 mais qui n'ont pas encore été
fixées et détermine les hausses de
rémunération accordées après cette date
comme suit :
* 1,5 % en 2008-2009 ;
* 1,5 % en 2009-2010 ;
* 1,5 % en 2010-2011.
Le gouvernement demandera-t-il aux employés
qui ont reçu avant le 8 décembre 2008 des hausses de
rémunération supérieures à celles
prévues par la Loi de rembourser la différence ?
Non. Les employés qui ont reçu des hausses
de rémunération avant le 8 décembre 2008 pourront
les conserver.
À qui s'applique la Loi sur le
contrôle des dépenses ?
La Loi s'applique à :
* tous les employés et cadres de direction de
l'administration publique centrale ;
* tous les employés et cadres de direction des
organismes distincts ;
* tous les employés et cadres de direction de la
Chambre des communes, du Sénat, de la Bibliothèque du
Parlement, du Bureau du conseiller sénatorial en éthique
et du Commissariat aux conflits d'intérêts et à
l'éthique ;
* tous les députés de la Chambre des
communes et sénateurs ;
* tous les employés et cadres de direction des
sociétés d'État dont les
rémunérations sont payées par des crédits
parlementaires, telles que Radio-Canada-CBC, la Commission canadienne
du tourisme, les musées et les galeries ;
* tous les membres des Forces armées
canadiennes ;
* tous les membres de la Gendarmerie royale du Canada
(GRC) ;
* le directeur général des
élections.
Ces personnes représentent plus de 400 000
employés du secteur public fédéral.
Qu'en est-il du personnel exonéré des
cabinets des ministres ?
Le personnel exonéré des cabinets des
ministres ne recevra aucune hausse de rémunération. Les
Politiques et Lignes directrices à l'intention des cabinets des
ministres émises en novembre 2008 ont maintenu les fourchettes
de rémunération en vigueur le 21 juin 2006 pour tout le
personnel exonéré des cabinets des ministres. Il s'agit
là d'une
prérogative du Premier ministre.

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