Un programme pro-social, qui a pour principe que tous
ont des droits du fait qu'ils sont des êtres humains, est un
programme qui est en opposition au programme antisocial actuel qui a
pour principe que les capitalistes monopolistes ont des droits du fait
qu'ils sont propriétaires de différentes parties de
l'économie socialisée.
Le programme pro-social a pour guide spirituel le
facteur humain/conscience sociale et l'amour social et il crée
les conditions matérielles pour harmoniser les rapports entre
les individus et les collectifs et entre les individus, les collectifs
et la société, puis entre le Canada et les peuples et
nations du monde.
Le programme pro-social cherche à restreindre le
droit et le privilège de monopole et à créer les
conditions pour garantir les droits humains en pratique.
Le programme antisocial cherche à élargir
le droit et le privilège de monopole et à nier les droits
humains.
Le programme pro-social est nécessaire, moderne
et centré sur l'être humain, reconnaissant au
départ que les êtres humains aujourd'hui naissent en
société et que la société a le devoir de
répondre aux besoins de tous ses membres tandis que les
individus et les collectives ont le droit et le devoir d'enrichir et de
développer la société, ses
institutions publiques et son économie socialisée et
d'organiser le renouveau démocratique pour investir le peuple du
pouvoir souverain.
Le programme antisocial est réactionnaire,
anachronique et centré sur le capital, il considère la
richesse privée, le privilège et le pouvoir comme
primordiaux, il organise et utilise l'État actuel comme rempart
du droit, du privilège et du pouvoir de monopole et il rejette
avec mépris la conception moderne de la société et
son devoir de répondre
aux besoins de la population et d'investir le peuple du pouvoir
souverain de décider des affaires économiques et
politiques.
Le programme pro-social demande une augmentation des
investissements dans les programmes sociaux et que l'État
arrête de payer les riches.
Le programme antisocial coupe dans les programmes
sociaux, force les membres de la société à
subvenir seuls à leurs besoins et met la richesse nationale
à la disposition des riches.
Le programme pro-social cherche à élargir
l'espace de l'entreprise publique de toute genre : l'entreprise
publique qui crée la valeur ajoutée, que seuls la classe
ouvrière et le gouvernement peuvent réclamer, qui
réinvestit le produit social dans l'économie
socialisée et les programmes sociaux et qui crée ainsi
une base matérielle pour une
économie qui suffit à ses besoins, qui se
développe dans tous les secteurs et dans toutes les
régions ; l'entreprise publique qui offre des services et
programmes sociaux à but non lucratif pour garantir et
satisfaire les besoins et les droits de tous les membres de la
société et de la société
elle-même ; l'entreprise publique qui, dans le
secteur des banques, du crédit et de l'assurance, élimine
le parasitisme et la putréfaction des banques privées et
des institutions privées du crédit et de l'assurance,
l'extorsion par l'intérêt et les frais et les combines
d'enrichissement rapide d'un petit groupe au détriment de la
société ; l'entreprise publique qui, dans le secteur
de la vente en
gros, restreint le contrôle monopoliste des prix et de la
distribution du produit social.
Le programme antisocial cherche à réduire
l'espace de l'entreprise publique par la privatisation, les services et
programmes sociaux pour le gain privé, les partenariats
public-privé ou les paiements versés aux monopoles pour
« stimuler l'économie », exigeant que
toutes les facettes de l'économie socialisée, y compris
les budgets
fédéraux, québécois, provinciaux et
municipaux, les programmes sociaux et les infrastructures servent le
profit privé et les riches, avec comme but d'ensemble de
protéger et d'élargir le capital monopoliste privé
et son pouvoir, privilège et contrôle, et avec pour
conséquence la pauvreté, le chômage, un
écart grandissant entre riches et pauvres, le
chaos social et le crime social, le développement inégal
de l'économie et les crises économiques
perpétuelles.
Le programme pro-social place l'être humain et son
travail au centre de l'économie socialisée et
considère les travailleurs et leur travail comme le facteur le
plus précieux, il organise tout en fonction d'assurer le
bien-être du peuple et le développement physique,
intellectuel et spirituel général de la classe
ouvrière, surtout de la jeunesse, comme
responsabilité sociale et objectif premier de l'économie.
Le programme antisocial considère la classe
ouvrière comme un esclave et un coût de production
à éliminer, un facteur de production qui doit servir le
rapport social inégal appelé capital, et son objectif
premier est de protéger et d'élargir le capital par
l'exploitation de la classe ouvrière et de la Terre Mère
sans égard aux conséquences sociales
et naturelles.
Le programme pro-social reconnaît que la classe
ouvrière est le créateur de tout le produit social et de
toute richesse par la transformation des matières
premières en valeur d'usage. Tous ont des droits du fait qu'ils
sont des êtres humains ; la classe ouvrière a des
droits en vertu de son travail et ses réclamations à la
valeur ajoutée qu'elle
produit et à la valeur ajoutée nécessaire dans le
domaine de la circulation, comme le secteur de la vente au
détail, ou pour les services et programmes sociaux, ont
priorité.
Le programme antisocial, avec sa pensée
ancrée dans le début du XIXe siècle, lorsque le
capital faisait la guerre à la petite production,
considère le rapport social inégal appelé capital
comme la source de la richesse et du développement et exige que
les êtres humains, leur économie socialisée et les
richesses de la Terre Mère servent la
protection et l'expansion du capital. Le programme anti-social
s'accroche à la croyance anachronique et destructrice selon
laquelle, en vertu de la propriété privée des
différentes parties de l'économie socialisée, les
réclamations du capital à la richesse produite et
distribuée par la classe ouvrière ont priorité,
choisissant de fermer les yeux sur le fait
que le capital, qui est un rapport social inégal imposé
par la force et la tradition pour protéger et élargir son
empire, est la cause des crises, du développement inégal
et des guerres et qu'il bloque la voie au progrès humain,
économique et politique au Canada et dans le monde.
Le programme pro-social considère le facteur
humain/conscience sociale comme étant essentiel à la
transformation des matières premières en valeur d'usage,
un facteur humain/conscience sociale qui doit prendre contrôle de
soi, de ses moyens de production, des richesses offertes par la Terre
Mère, de son produit social, de la direction de
l'économie et, surtout, des rapports dans lesquels entrent les
membres de la société dans le processus de production,
s'il veut pouvoir ouvrir la voie au progrès de la
société et humaniser l'environnement social et
l'environnement naturel.
Le programme antisocial considère le produit
social réalisé dans le cadre du rapport social
inégal appelé capital comme étant la chose la plus
importante et la plus cruciale, que tous les humains et la Terre
Mère doivent s'y soumettre quelles qu'en soient les
conséquences sociales et naturelles.
Le programme pro-social considère le capital
monopoliste comme un rapport social inégal et
démodé qui fait obstacle au bon fonctionnement de
l'économie socialisée et comme la cause principale des
crises économiques, de l'absence d'harmonie et de la guerre, un
anachronisme qui doit être restreint et progressivement
éliminé de tous les
aspects de la vie moderne.
Le programme antisocial considère le capital
monopoliste comme étant le centre de la vie économique et
considère que la protection et l'expansion du capital est le but
légitime de l'économie socialisée. Il
considère comme négatif et inutile tout aspect de la
société civile, des affaires politiques et de
l'économie, humain ou non humain, comme
quelque chose qui doit être repoussé par la force ou
détruit.
Le programme pro-social s'oppose à l'utilisation
de la force dans le règlement des conflits entre le peuples et
nations et lutte pour un gouvernement anti-guerre et pour soustraire le
Canada à l'empire américain et au système
impérialiste d'États.
Le programme antisocial suit le principe
médiéval de la loi du plus fort et considère que
l'annexion du Canada à l'empire américain et la
participation du Canada aux guerres incessantes de cet empire pour la
conquête des matières premières, des
marchés, du travail asservi et de l'hégémonie
mondiale servent les intérêts étroits du capital
aujourd'hui.
Le programme pro-social a son reflet dans les conditions
concrètes dans les endroits de travail et la communauté.
Par la participation consciente à des actes pour
découvir, la classe ouvrière trouvera son orientation en
cette période de crise économique, élaborera un
programme pro-social et s'organisera pour le réaliser. Les
travailleurs, par la
participation consciente à l'acte de découvrir,
aborderont la crise dans la perspective de l'affirmation des
travailleurs et du peuple suivant un programme pro-social. Cette
participation, élaboration et affirmation du programme
pro-social par les travailleurs eux-mêmes fait partie de l'effort
pour investir le peuple du pouvoir souverain et décisionnel et
pour ne pas être submergé et désorienté par
la situation sociale, politique et économique.
Le programme pro-social centré sur l'être
humain fera échec au programme antisocial des riches
centré sur le capital et à la désinformation des
masse-médias qui répètent à l'infini que la
seule issue à la crise est de continuer de faire exactement ce
qui a mené à la crise, c'est-à-dire voler la
valeur ajoutée de l'économie socialisée pour payer
les
riches.
Faisons ensemble un pas audacieux à la
défense des droits de tous ! Participons à la
discussion, à l'élaboration et à l'affirmation en
pratique du programme pro-social !
Joignez-vous à la discussion organisée par
les Groupes de rédacteurs et diffuseurs. Contactez le Centre
ouvrier du PCC(M-L) : centreouvrier@cpcml.ca

La lettre antisociale du PDG de US Steel John Surma
- K. C. Adams —
En décembre, le PDG de US Steel John Surma, du
confort de son bureau à Pittsburg, a envoyé une lettre
à tous les employés de la compagnie. Cette lettre est
dénuée d'humanité et de conscience sociale, elle
n'est qu'une note décrivant de façon
détachée une mauvaise situation économique dont
les causes seraient inconnues. La lettre de M.
Surma est semblable à plusieurs égards aux songes d'un
prince de l'époque médiévale qui décrit,
enfermé et bien au chaud dans son palais, une maladie aux causes
inconnues qui ravage les habitants de l'Europe.
Il écrit : « Comme vous le savez
sans doute, notre compagnie a été durement touchée
par la crise financière aux États-Unis et dans le monde.
L'avènement de la récession aux États-Unis et en
Europe et la détérioration rapide de la
quasi-totalité de nos marchés qui s'en est suivie ont
provoqué une chute de l'activité sur le marché de
l'acier, à son plus bas niveau en plusieurs décennies.
L'American Iron and Steel Institute notait récemment que
l'utilisation hebdomadaire de la capacité de production de
l'acier brut était à 49 % pour l'industrie
intérieure, son plus bas niveau depuis le début des
années 1980... Nous ne savons pas combien de temps durera la
crise actuelle ni
si la situation s'aggravera encore avant de se remettre. Dans ces
conditions, il est important que nous agissions maintenant sur
plusieurs fronts pour maximiser notre encaisse et réduire nos
coûts. » Et quand il dit « agir maintenant
pour réduire les coûts », il fait
référence à la sauvage campagne antisociale de
mises à pied,
réductions de production, fermetures et concessions
antiouvrières.
Pour les métallos au Canada, la lettre de M.
Surma a ceci de particulièrement irritant que le monopole
américain s'est tout récemment emparé du
contrôle de Stelco, à Hamilton. L'acquisition s'est
produite après que les métallos soient passés
à travers la fameuse fausse faillite de Stelco et que toutes les
propositions faites dans le sens de sortir
Stelco de la protection de la faillite pour en faire le pilier d'une
industrie canadienne de l'acier renouvelée qui suffit aux
besoins de l'économie canadienne ont été
rejetées par l'élite dominante. Cette élite
constituée des propriétaires du capital monopoliste et de
leurs serviteurs grassement payés contrôle
l'économie socialisée, les tribunaux, le
système politique, le gouvernement et les autres institutions de
l'État au Canada. Au lieu de devenir une institution de
l'édification nationale, Stelco a été vendue au
complet à U.S. Steel. C'était l'indignité
suprême pour les métallos et la communauté et la
conclusion d'un coup monté par les vautours de Brookfield/Tricap
qui ont empoché des
centaines de millions de dollars en prenant possession de
l'aciérie durant la fraude de faillite. Alors maintenant, au
lieu d'être le pilier d'une industrie canadienne de l'acier qui
est pro-sociale et vibrante et qui répond aux besoins de
l'économie, Stelco est en train d'être morcelée
à mort par des milliers de coupures par un monopole
étranger et une
crise économique aux origines censément inconnues.
Les mises à pied de US Steel à Hamilton
ont encore frappé 69 travailleurs le 19 décembre. Cela
porte à 520 le nombre de mises à pied à ce qui
était auparavant les Ateliers Hilton de Stelco. Selon le Local
1005 des Métallos, c'est 30 % de la main-d'oeuvre qui a
été mise à pied, soit le taux le plus
élevé depuis 1982, lorsque Stelco avait
renvoyé 4 000 de ses 13 500 métallos. Aux
États-Unis, le monopole a déjà mis à pied 3
500 employés, fermé trois aciéries et
réduit la production dans la plupart des autres usines et mines.
Pour US Steel, les métallos sont « un
moyen et un coût de production », dans la même
catégorie que les machines, l'électricité et les
matières premières. De cette perspective antisociale, les
propriétaires du capital monopoliste déclarent que leurs
travailleurs, machines, électricité et minerais, leurs
« moyens et coûts de
production » doivent être abandonnés à
l'oisiveté lorsque les commandes sont faibles et rapidement
remobilisés lorsque le carnet de commandes est rempli. Ils ne
font aucune distinction entre le caractère humain du travailleur
et le caractère non humain des moyens de production. La
conception pro-sociale moderne qui dit que tous ont des
droits du fait qu'ils sont des êtres humains n'entre pas en ligne
de compte.
Partant de la considération antisociale que le
facteur humain au travail est « un moyen et un coût de
production » acheté sur un marché du travail,
les propriétaires du capital monopoliste poursuivent une
tendance antisociale dans l'économie socialisée qui
consiste à défendre et à élargir leur
richesse privée et leur empire. Partant de
l'objectif étroit qu'est l'extraction du profit privé de
l'économie socialisée, les capitalistes monopolistes
justifient en théorie et en pratique l'exploitation des
travailleurs en les transformant en une abstraction non humaine
appelée travail, lequel s'achète et se vend sur le
marché de la même façon d'une marchandise, et,
comme pour toute
marchandise, aux yeux des propriétaires du capital ce travail
asservi n'a pas de droit. Cette idéologie et pratique
dépassées qui réduit l'être humain à
un travail asservi sert à justifier les objectifs et
intérêts étroits et antisociaux des
propriétaires du capital, qui sont en opposition à
l'essence pro-social de l'économie moderne. La transformation
des
êtres humains en « moyens et coûts de
production » ou en travail asservi les déshumanise et
les réduit à des choses pouvant être
restructurées pour « épargner sur les
coûts » au niveau de l'entreprise, du secteur ou de
l'empire, sujettes à des mises à pied, à la
négation des droits, aux concessions sur le plan des salaires,
des
avantages sociaux, des pensions, des conditions de travail et du niveau
de vie, pour que les propriétaires du capital monopoliste
puissent poursuivent leurs intérêts étroits et
continuer de tourner le dos au bien public et aux besoins de
l'économie socialisée et de supprimer le programme
pro-social moderne selon lequel tous ont des droits du fait de
leur humanité.
Selon la conception antisociale du capital monopoliste,
les propriétaires et les investisseurs du capital monopoliste
ont des droits et peuvent faire des réclamations à
l'économie socialisée, tandis que la classe
ouvrière et les couches moyennes, en tant que
« moyens et coûts de production », n'ont
aucun droit, elles n'ont que le
privilège de servir les droits et réclamations des
propriétaires du capital monopoliste.
Selon la conception pro-sociale de la classe
ouvrière, tous ont des droits du fait qu'ils sont des
êtres humains et l'économie socialisée et les
affaires politiques doivent être organisées de
manière à garantir ces droits.
La lettre de M. Surma et les mesures antisociales de US
Steel sont une attaque contre le bien-être et la dignité
des métallos, la souveraineté et l'économie
socialisée du Canada. Nous allons examiner dans une série
d'articles la lettre de M. Surma avec les thèmes suivants :
1. Le lettre est illégale, du point de vue des
syndiqués en particulier : elle cherche à supprimer
la résistance collective et à étouffer la
conscience sociale des métallos en les isolant, les
plaçant dans un rapport individuel avec le président de
la compagnie, en tant que marchandises achetées sur le
marché du travail lorsque nécessaire et
retournées lorsqu'on n'en a plus besoin.
2. La lettre de M. Surma est anticanadienne et une
attaque contre le droit souverain du Canada de contrôler et de
diriger son économie socialisée et révèle
la servilité du gouvernement canadien qui laisse passer ces
commentaires et ces mesures sans intervenir.
3. La lettre de M. Surma est obscurantiste car elle
laisse entendre que ce qui se passe dans l'économie est
insaisissable, un acte de Dieu. Il reconnaît que le taux
d'utilisation de la capacité de l'industrie de l'acier en
Amérique du Nord a chuté à 49 % mais feint ne
pas connaître les raisons de ce désastre. Sa
réponse aux conséquences de la
crise est antisociale, anticonsciente et intéressée et il
ne s'intéresse pas du tout aux origines du problème, qui
se trouvent dans les contradictions internes du système
capitaliste monopoliste.
4. La lettre de M. Surma est antiouvrière,
antisociale et anticanadienne en ce qu'elle reporte le fardeau de la
crise sur le dos de la classe ouvrière et des fonds publics du
Canada (l'assurance-emploi, les programmes de formations et de
recyclage, etc.) sans proposer d'alternative.
5. Le lettre de M. Surma ne part pas de la perspective
pro-sociale moderne selon laquelle tous ont des droits du fait qu'ils
sont des êtres humains, mais plutôt de la conception du
monde antisociale dépassée selon laquelle les
propriétaires et investisseurs du capital monopoliste ont des
droits qui ont préséance sur tous les autres. Selon cette
conception du monde, le Canada et les États-Unis, contrairement
à ce que révèlent les conditions objectives de
l'économie socialisée, ont besoin de créatures
provenant d'un passé lointain appelées investisseurs pour
contribuer des quantités de « capital »,
ce rapport social inégal. La conception du monde antisociale
affirme à tort que la
classe ouvrière moderne n'est pas capable d'entreprendre
l'édification nationale en se servant de son cerveau, de ses
bras, de son expérience directe et de sa capacité de
s'unir pour le bien commun et pour accumuler les choses
nécessaires au développement, qui proviennent de son
travail à transformer les matières premières en
valeur d'usage.
6. La lettre de M. Surma embrouille la
réalité des événements récents qui
ont vu US Steel emprunter d'énormes quantités d'argent
pour étendre son empire en Europe, aux États-Unis (Lone
Star Technologies) et au Canada (Stelco). Le coût trimestriel du
service de cette dette se chiffre dans les dizaines de millions de
dollars et vont s'accroître
encore plus lorsque les paiements des intérêts et
dividendes seront dus. Dans le système capitaliste monopoliste,
le service de la dette, qui est une des façons par lesquelles
les propriétaires du capital monopoliste réclament la
valeur ajoutée réalisée produite par la classe
ouvrière, continue quel que soit le revenu brut ou l'utilisation
de la capacité.
Cela nous amène à l'idée d'un moratoire sur le
service de la dette tout en gardant les travailleurs au travail,
occupés à l'entretien et à l'amélioration
des installations ou, dans le cas de Stelco, en exigeant à
nouveau que le gouvernement fasse de ces centres de productions une
entreprise publique servant de pilier à une industrie canadienne
de l'acier
qui répond aux besoins de l'économie canadienne.
7. Le lettre de M. Surma laisse entendre que
l'investissement du rapport social inégal appelé capital
est un élément nécessaire pour mettre en mouvement
les moyens de production, pour produire de l'acier, et que ces moyens
de production comprennent les métallos, les machines, les
immeubles et les matières premières. Les travailleurs
rejettent
avec mépris cette notion anachronique. Les travailleurs, le
facteur humain, sont les véritables producteurs qui transforment
les matières premières en valeur d'usage et qui se
servent de cette valeur d'usage, comme les machines, pour transformer
encore une fois les matières premières en produits dont
la population et la société ont besoin pour vivre,
se développer et humaniser l'environnement social et naturel. Le
rapport social inégal appelé capital fait obstacle au
progrès de la production moderne et provoque des crises, la
pauvreté et la guerre pour la conquête des marchés,
des matières premières, du travail asservi et de
l'empire. Les capitalistes monopolistes tournent la
réalité de l'économie
socialisée moderne à l'envers en déclarant que le
capital, qui est une valeur accumulée captée dans un
rapport social inégal, est le premier élément
qu'il faut pour mettre la production en marche. Ils insistent pour dire
que le capital est nécessaire pour acheter le travail asservi,
les matières premières et les machines comme moyens de
production, où
l'économie produit non pas une valeur d'usage pour le
bien-être de tous mais une valeur d'échange, une
marchandise, qui sert à l'enrichissement privé d'une
élite privilégiée. Autrement dit, les capitalistes
transforment les êtres humains en machines humaines, en esclaves
salariés, et les mettent dans le même panier que les
moyens de production non
humains pour la transformation des matières non pas en valeur
d'usage au profit du peuple et de sa société mais en
marchandises à échanger pour le profit privé.
L'histoire appelle les travailleurs à résoudre cette
contradiction fondamentale entre l'économie socialisée et
sa division en parties séparées, possédées
et contrôlées de façon privée,
rivalisant entre elles et se faisant la guerre pour le compte des
propriétaires du capital monopoliste.
Pour défendre la dignité des travailleurs,
mettre fin aux crises économiques et réaliser le
programme pro-social dans lequel tous ont des droits du fait qu'ils
sont des êtres humains, la classe ouvrière
organisée doit remettre le monde à l'endroit de sorte que
les véritables producteurs, les travailleurs et leurs
alliés, possèdent collectivement
l'économie socialisée et contrôlent la production
et la distribution de la valeur d'usage qu'ils produisent.

Ottawa
Les chauffeurs, travailleurs d'entretien
et
répartiteurs d'OC Transpo en grève pour
des conditions de
travail humaines
Le 10 décembre, les chauffeurs, travailleurs de
l'entretient et répartiteurs du réseau de transport
communautaire urbain de la région d'Ottawa, OC Transpo,
regroupés dans le syndicat Alamgamated Transit Union Local 279,
ont déclenché la grève suite à un vote de
98 % en faveur. La ministre fédérale du travail Rona
Ambrose a
maintenant ordonné la tenue d'un vote secret sur la
dernière offre de la ville. L'exécutif du syndicat n'a
pas transmis l'offre aux membres et a indiqué lors d'une
réunion le 5 janvier, à laquelle ont participé 1
500 membres, que cette offre est la même que celle rejetée
par un vote avant le début de la grève.
LML salue les travailleurs du transport en
commun d'Ottawa qui défendent les droits et la dignité du
travail et lance l'appel à tous de les appuyer. Leurs
revendications pour des conditions de travail humaines sont
entièrement justes.
Voici une entrevue avec un chauffeur d'OC Transpo
à la mi-décembre concernant les conditions de travail et
les raisons de la grève.
Entrevue
LML : Parlez-nous de la
grève que vous avez déclenchée le mercredi 10
décembre. Quels sont les enjeux ?
Chauffeur : Vous savez, chaque
secteur de travailleurs a des conditions qui lui sont propres. Notre
emploi en est un de stress élevé. Je maintiens depuis
longtemps que nous devrions faire une étude sur les causes de
décès dans nos rangs. Les histoires abondent et il faut
sortir de l'anecdote. Un des gars a pris sa
retraite le vendredi. Il a eu sa fête au local syndical le soir.
Il est mort durant la nuit pendant son sommeil. Un autre n'a même
pas eu la chance de recevoir son premier chèque de pension.
Un vendredi après-midi, cinq chauffeurs ont
souffert de défaillance cardiaque, et deux en sont
décédés. Nous travaillons avec et pour le public,
avec un haut niveau de responsabilités. La marge d'erreur est
mince et le résultat est assez souvent dramatique. Nous devons
toujours avoir la sécurité de notre public et des autres
utilisateurs de la route
en tête.
Depuis les tous débuts de la compagnie il y a 106
ans, nous choisissons notre horaire suivant un système
basé sur l'ancienneté. Lorsque notre tour arrive de
choisir, on a le choix dans ce qui reste. On choisit la ligne qui nous
intéresse... un peu comme si chaque ligne avait sa propre
personnalité que l'on tente d'arrimer à nos
préférences, à nos
horaires, aux différents garages, selon que c'est une ligne
régulière ou un express, une ligne passant près
d'une ou de plusieurs écoles ou hôpitaux, etc.
Après un certain temps, le temps de récupération
et les fins de semaine libres prennent plus d'importance. Le temps de
récupération devient primordial. C'est ce que la ville
veut changer. Elle veut
appliquer le système du « block booking »
(assignation par bloc d'horaire) et choisir nos journées de
congé selon les routes que l'on choisirait. À deux ans de
la retraite, il n'en est pas question.
Je me suis fait dire qu'une grève ne me
permettrait pas de reprendre ce que je perds. C'est vrai... mais il
n'est pas question de laisser passer une telle dégradation des
conditions de travail. Il y en a d'autres qui nous suivent. On ne fait
jamais réellement une grève pour soi-même. Il y en
a eu d'autres avant nous qui nous ont ouvert le chemin. À
nous de faire de même pour ceux qui vont nous suivre. C'est une
période plus dure à porter, mais c'est à notre
tour.
La seule raison que je peux voir pour la ville d'amener
une telle offre finale est qu'elle sait fort bien que cela ne passerait
pas, donc une façon déguisée de forcer la
grève. On ne fait jamais la grève par plaisir, surtout
quand tu travailles avec le public. Mais en faisant cela, la ville
économise des tonnes de fric et compte rétablir son
équilibre
budgétaire. Seule chose, notre maire populiste de droite compte
le faire sur notre dos. Chaque jour de grève qui passe lui sauve
un demi-million. Je me doutait qu'il y avait anguille sous roche quand
la ville a ficelé soudainement son budget. Un jour
c'était le drame pour savoir quels organismes communautaires ou
culturels il « serait obligé
de couper », le lendemain plus rien. Tout était
réglé.
Maintenant, notre maire tente d'affaiblir le syndicat et
le mandat de 98 % donné à l'exécutif en
passant par dessus la tête de notre représentant pour
rejoindre directement les membres. Soudainement, il est
préoccupé de démocratie syndicale et des pauvres
« publics » qui souffrent pour s'en servir contre
nous. Mais hier, il
parlait de couper les budgets des organismes s'occupant des sans abris,
des mères monoparentales et des artistes... C'est à
pleurer... de rage. En même temps, en ayant recours à
toutes sortes de tactiques loin des tables de négociation et
hautement médiatisées, notre maire tente de toute
évidence de nous faire passer pour des irresponsables, des
« extrémistes » qui prennent la ville en
otage et qui n'ont aucun sens social. C'est la tactique habituelle
utilisée contre les travailleurs du secteur public pour
affaiblir leur cause. Le scénario se dessine assez
clairement : demandes d'injonctions pour nous priver de toute
visibilité, comme, par exemple, nous empêcher de piqueter
devant l'hôtel de ville. Une conseillère a
déjà fait la demande que le gouvernement
fédéral s'en mêle en déclarant le transport
en commun un service essentiel. Pourtant la ville a rejeté le
médiateur qui faisait partie du processus depuis le
début. Quand cela fait son affaire, le patronat veut
négocier, quand cela ne fait plus son affaire, il tente alors de
nous faire avaler la médiation obligatoire.
Maintenant le maire utilise les médias pour
demander à notre président de « laisser les
membres voter » sur l'offre finale, déclarant qu'il
considérera la convention signée si 51 % votent en
faveur, alors qu'elle a déjà été
rejetée en assemblée générale à
98 % ! Un autre point majeur de friction est le nombre de
journées de maladie. Nous avons six jours par année alors
que le reste des employés de la ville ont 1.25 jour par mois.
Nous demandons la parité avec les autres employés de la
ville. C'est une question de respect.
Le syndicat des superviseurs a maintenant annoncé
lui aussi une date de grève pour le 23 décembre suite
à l'impasse dans leurs négociations. Le maire et
maintenant le directeur général ajoutent une pression
supplémentaire en disant que si on n'accepte pas le contrat
avant le 23 décembre, il n'y aura pas d'entente avant janvier.
Un ultimatum
qui allongera artificiellement la grève de deux semaines pour
nous et pour nos passagers. Naturellement, ils vont tenter de nous en
rejeter le blâme en disant que nous sommes ceux qui ne sont pas
raisonnables. [Le 19 décembre,
le Conseil municipal d'Ottawa et le local 5500 du SCFP
représentant 140 superviseurs et constables ont conclu une
nouvelle entente collective - ndlr]

Lisez Le
Marxiste-Léniniste
Site web: www.pccml.ca
Courriel: