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Juin 2003
Montréal s'oppose vigoureusement
aux menaces du gouvernement du Québec
dans le secteur des services de garde
Plus de 25 000 travailleuses et travailleurs et des
familles ont marché dans les rues du Centre-ville de
Montréal le 14 juin dernier. Depuis le mois de mai les
travailleuses en service de garde font circuler des pétitions
(107 000 noms à ce jour) et des lettres ouvertes afin de
s'opposer aux menaces du gouvernement du Québec de retirer du
financement des services de garde et d'ouvrir la voie à la
privatisation de ce secteur. Ce mouvement d'intervenantes auprès
de la petite enfance et de familles s'est donné rendez-vous pour
manifester publiquement ses demandes. Les manifestants, en grande
majorité des femmes, sont venus de toutes les régions du
Québec, de l'Outaouais à la Côte
Nord.
Au début de juin, la ministre
déléguée à la famille, Carole
Théberge, a annoncé l'ajout de 3 000 nouvelles places en
garderie privée. Cette mesure met fin au programme
d'universalité des services de garde à 5$ initié
par le gouvernement péquiste en septembre 2000. Durant la
dernière campagne électorale, le P.Q. s'était
engagé à
créer 173 000 places avant la fin de son prochain mandat. Il
avait aussi imposé un moratoire sur l'expansion des garderies
à but lucratif jusqu'en 2002. Bien que le principe des garderies
à 5$ était une avance pour l'ensemble des familles, le
réseau n'a jamais répondu aux besoins des familles
à cause du nombre trop limité de places. Par exemple,
dès que les femmes étaient enceintes, elles devaient
inscrire leurs futurs bébés sur de longues listes
d'attente sans aucune garantie d'accès au service au temps
opportun.
Jean Charest a déclaré qu'il sait que
certaines de ces décisions seront impopulaires. Se cachant
derrière le sacro saint «déficit zéro»
il a dit: «Les québécois veulent aussi que leur
gouvernement adopte des budgets qui soient balancés. Nous avons
promis de le faire. Nous allons avoir un budget balancé et pour
ce faire nous allons avoir
à prendre des décisions difficiles». «Nous
voulons que les parents aient accès aux places en garderie. Et
nous examinons comment nous allons le faire
financièrement».
Des participantes à la manifestation de
Montréal ont souligné la lutte menée depuis 30 ans
pour permettre aux enfants d'avoir un encadrement sécuritaire et
éducatif durant la journée afin que la
responsabilité du bien-être et de l'épanouissement
de la jeune génération ne repose pas uniquement sur les
épaules des familles. Les slogans
de la foule et le contenu des pancartes dénonçaient le
recul que le gouvernement de Jean Charest tente d'imposer à la
société toute entière en plaçant le fardeau
de l'éducation et la socialisation des jeunes enfants sur le dos
des familles, sachant que les femmes en seront les premières
victimes.
«C'est un bien commun appartenant au
Québec, a lancé une intervenante, nous ne voulons plus
voir nos enfants laisser à eux-mêmes et se promener avec
une clef dans le cou», a-t'elle ajoutée, faisant
référence aux 1 500 services de garde en milieu scolaire
où on retrouve près de 225 000 enfants.
Des porte-parole de l'Association
québécoise des centres de la petite enfance, de
l'Association des services de garde en milieu scolaire, de la CSN, la
CSQ, la FTQ et de la Fédération des femmes du
Québec ont tour à tour pris la parole à la fin de
la manifestation. Elles ont toutes souligné combien la bataille
a été féroce pour les
travailleuses et les familles afin de doter le Québec de
services de garde. Le démantèlement des garderies
à 5$ est une attaque contre les familles les plus
démunies et il n'est donc pas question de retour en
arrière. De plus, la demande des familles et des travailleuses
est d'améliorer et développer largement le réseau
des services de garde à prix
modiques ainsi que l'élévation des conditions de travail
des personnes qui y oeuvrent, ont-elles dit. L'opposition militante au
démantèlement des programmes sociaux a été
chaleureusement applaudie. Faisant référence aux paroles
de Jean Charest, une oratrice a dit que «l'avenir du
Québec ce n'est pas l'entrepreneurship, mais plutôt les
gens qui ont
pris la rue.» La mobilisation contre l'offensive antisociale des
libéraux de Jean Charest et la lutte pour l'établissement
de services de garde de qualité accessible à tous avec
des conditions de travail adéquates pour les travailleuses se
poursuivra, ont dit les oratrices à la foule.

Novembre 2003
Les libéraux déclarent le Québec
ouvert
au capital financier américain
Le premier ministre du Québec, Jean Charest, a
dit à des
capitalistes financiers américains réunis à
New-York en octobre que le
Québec garantirait le droit du capital financier
américain d'exploiter
le sol et le travail du Québec. Selon les médias, le
premier ministre
Charest a promis un Québec grand ouvert aux investisseurs
américains,
avec un
engagement additionnel à tout faire pour que l'État
québécois «ne soit
pas un obstacle» au secteur privé.
«Nous allons réduire les contraintes pour
le secteur privé en
simplifiant la réglementation et la bureaucratie», a dit
le premier
ministre au groupe de 20 représentants de firmes
financières
américaines dont JP Morgan, Pricewaterhouse Coopers et GTI
Capital le 3
octobre.
Charest les a assurés qu'il souhaitait voir une
croissance
considérable de l'investissement du secteur privé au
Québec et que le
gouvernement du Québec désire les assister par tous les
moyens
possibles.
Moody's dit au gouvernement du Québec
d'intensifier l'offensive antisociale
Au lendemain de la visite du
premier ministre du Québec aux États-Unis, la firme
newyorkaise de
notation de crédit Moody's a rendu public son rapport annuel sur
le
Québec, rapport qui s'adresse en particulier aux investisseurs
potentiels. Elle y annonce qu'elle maintient la cote «A1 avec
perspectives positives»
pour le Québec. Cette cote «reflète une
amélioration de sa performance
financière au cours des cinq dernières années et
une tendance graduelle
à la baisse du fardeau de la dette», indique Moody's. Le
fardeau de la
dette du Québec est passé de 49,2% du PIB en 1998-99
à 45,6% en
2002-03, selon Moody's. La firme avait déjà
accordé cette cote au
Québec au mois d'août 2002; elle était, avant cette
date, à «A1 avec
perspectives stables».
«Les budgets équilibrés des
récentes années ont constitué un
retournement significatif par rapport à une époque de
gros et
récurrents déficits (...) Les résultats
améliorés ont réduit, mais pas
éliminé, le besoin pour du nouveau financement parce que
la province
doit couvrir la différence entre ses résultats
budgétaires et ses
besoins
actuels en liquidités.»
En même temps, Moody's soutient que la dette du
Québec a notamment
augmenté — même si le ratio dette-PIB a diminué —
en raison d'emprunts
hors-budget dont les emprunts de la société
d'État, la Société générale
de financement du Québec, qui sont endossés par la
province. Le fardeau
de la dette du Québec s'est (donc)
amélioré, selon Moody's, grâce à une
croissance plus lente du taux
d'endettement alliée à une expansion économique.
«La série de budgets
équilibrés de la province (...) sera mise à
l'épreuve l'an prochain lorsque plusieurs mesures temporaires
adoptées
pour équilibrer les comptes cette année seront
arrivées à échéance, a
précisé Moody's. Si cela représente un
défi, le gouvernement élu cette
année a indiqué qu'il est déterminé
à mettre en oeuvre les
mesures nécessaires au maintien de fondations financières
saines.» Elle
a indiqué aussi que la cote A1 avec perspectives positives a
été donné
en se basant sur les promesses du gouvernement Charest en
matière de
finances publiques
Moody's écrit par ailleurs dans son rapport que
la victoire du
Parti libéral contre le Parti québécois lors de
l'élection d'avril
dernier «renforce notre compréhension que des changements
majeurs aux
arrangements constitutionnels au Canada qui résulteraient en
(l'accès
à) la souveraineté du Québec sont devenus plus
éloignés».
La firme Moody's Investors Service existe depuis le
début du siècle
pour donner aux investisseurs des indicateurs de risque sur des
compagnies, individus et gouvernements. Elle utilise les cotes Aaa
à C,
où Aaa est une cote dite «exceptionnelle», Aa
«excellente», A «bonne»
et Baa «acceptable». Les cotes Baa3 à Ba3 indiquent
que
les investissements sont plus à risque.
Avril 2004 - Un an du gouvernement
Charest
C'est au peuple de décider dans quel monde
il veut vivre! Annexion non! Souveraineté oui!
- Parti marxiste-léniniste du
Québec, 14 avril 2004 -
Montréal,
14 avril 2004
Depuis son arrivée au pouvoir, le
gouvernement libéral de Jean Charest a provoqué un grand
chaos dans l'organisation sociale du Québec forçant une
mobilisation générale constante contre l'offensive
antisociale qu'il mène depuis son élection. La
réorganisation tout azimut de la société
(réingénierie) s'est attaquée à
l'édifice même de la
société québécoise en s'attaquant à
toutes les institutions publiques en santé, services sociaux et
en éducation. Le gouvernement a franchi un pas de plus pour
déresponsabiliser l'État face aux demandes de ses
citoyens. Au lieu de développer tout l'appareil d'État
pour assurer la garantie des droits de toutes et tous, il impose
à la société un retour
en arrière et une notion archaïque que chacun doit suffire
à ses besoins et ne rien demander à l'État.
Parallèlement, le gouvernement Charest est totalement
dédié à sauvegarder le droit des monopoles au
détriment de la population entière, au détriment
du moyen de subsistance, comme c'est le cas chaque foi qu'une usine
ferme parce que le
monopole a décidé de déménager sa
production ailleurs. Hormis le mouvement de protestation qui est un
élément très important de la lutte que mène
le peuple québécois actuellement contre le gouvernement
Charest, la question principale pour la classe ouvrière et le
peuple du Québec est de comment décider des choses qui
les concernent entre les
élections ainsi que pendant la période électorale
période durant laquelle ils sont le plus marginalisés.
Comment avoir le pouvoir qui institue des mécanismes pour exiger
des gouvernants de rendre des comptes et de gouverner dans
l'intérêt de la majorité. Tant que l'appropriation
du pouvoir de décider par l'ensemble de l'électorat ne
sera pas
résolu, il va falloir mettre comme premier point à
l'ordre du jour que c'est le peuple qui doit décider dans quel
monde il veut vivre!
Drummondville
et Gaspé, 14 avril 2004
Depuis les actions d'opposition massive en
décembre, le gouvernement a poursuivi son agenda anti-social
avec l'annonce d'un budget au service des riches, un budget qui cache
la réalité sur les énormes richesses
créées par la classe ouvrière au Québec et
qui ne fait que présenter la thèse qu'il y a des
dépenses plus grandes que les
revenus et qu'il faut un équilibre. Il a déclaré:
«On a les mains liées, on doit composer avec ce qu'on a
». Il a poursuivi en essayant de faire croire que le PPP
(partenariat public-privé) est la voie vers l'avant pour la
santé au Québec, que le privé, qui correspond
à la recherche du profit maximum, apporte l'orientation
nécessaire pour défendre
le système de santé au Québec. Dans les faits et
gestes, le gouvernement Charest défend le principe que le
Québec appartient aux monopoles.
Mais la richesse qui vient du travail et des
ressources naturelles appartient à l'ensemble du peuple. C'est
le peuple qui la crée, c'est lui qui transforme la
matière, c'est à lui qu il appartient de décider
de l'orientation de l'économie. Cette conception que le
Québec appartient aux monopoles doit être
dénoncée et un an du
gouvernement Charest a montré quie c'est cette conception qui
est défendue par le gouvernement. C'est une conception de
destruction nationale, de vente de ses richesses suivant la loi du
profit maximum, qui signifie l'annexion, le désastre social et
la destruction de l'environnement. Pour le peuple, c'est
l'appauvrissement sans limite des personnes
âgées et des plus vulnérables.
Hull, 14 avril 2004
L' intensification de la résistance et
l'opposition à l'ordre du jour Charest signifie en pratique
l'affirmation dans cette résistance et cette bataille que le
Québec appartient à l'ensemble des
Québécois, que seule la classe ouvrière a
intérêt à défendre le Québec dans
l'intérêt de tous: ses ressources, ses richesses, son
système de santé
et d'éducation, son environnement social et naturel. Le
gouvernement veut briser les collectifs qui sont des obstacles au droit
des monopoles. Il attaque le droit du peuple québécois
à sa souveraineté, celui de la liberté
d'association des travailleurs, celui du droit de conscience en
criminalisant les travailleurs, la jeunesse, les minorités
nationales.
Le gouvernement Charest s'est donné pour tâche d'enlever
tous les ses obstacles à l'affirmation du droit individuel de
posséder et d'exploiter le travail et les ressources naturelles
dans le contexte de la mondialisation néolibérale. Alors
il faut réaffirmer la justesse de la lutte des travailleurs du
Québec, des femmes et de la jeunesse pour défendre ce
qui leur appartient de droit. Un an du gouvernement de Jean Charest est
un an de trop. Le Québec appartient à tout le peuple, son
avenir exige que ce soit la voie majoritaire qui fasse force de loi et
non l'inverse.

Une année d'affrontements!
- Centrale des syndicats du
Québec -
366 jours après l'arrivée des
libéraux/conservateurs au pouvoir à QUÉBEC, la
société québécoise est scandalisée
de l'affront que lui fait subir le gouvernement. Une année de
reculs!
«[...]dans l'état actuel des
choses, l'État québécois, par le poids qu'il
exerce sur notre économie, nuit à la position
concurrentielle du Québec. L'avenir économique du
Québec, ce n'est pas l'interventionnisme, c'est
l'entrepreneurship. Il nous faut nous adapter.[...]C'est un formidable
projet que nous avons élaboré avec les
Québécois. Nous allons insuffler un vent d'air frais au
Québec. Nous allons ouvrir les fenêtres de notre grande
maison. Nous allons nous donner une société dans laquelle
nous serons plus libres et plus prospères. Le Québec sera
plus stimulant pour chacun de nous.» (Jean Charest lors du
Discours inaugural, avril 2003)
365 jours plus tard, c'est toute la
société québécoise qui a reculé et
c'est le patronat et le monde des affaires qui occupent le haut du
pavé! Le vent d'air frais est devenu un courant glacial qui
paralyse la société, détruit les liens de
solidarité, renvoie à la jungle du «chacun pour
soi».
- Refus de nommer une ministre à la
Condition féminine; Augmentation des tarifs des services de
garde; Augmentation des tarifs d'électricité et du
transport en commun; Démantèlement de l'Observatoire sur
la mondialisation; Démantèlement des régies
régionales en santé; Démantèlement des
conseils régionaux de développement;
Démantèlement d'un pilier du Code du travail et ouverture
tous azimuts à la sous-traitance; Travaux de
réingénierie de l'État confiés à des
firmes privées susceptibles d'en bénéficier;
Menace de disparition des CLSC par fusions forcées avec les
hôpitaux; Ouverture plus grande à la privatisation dans le
secteur de la santé; Compressions en
éducation et coupures dans les bourses aux étudiants;
Téléquébec en danger; Menace de dégel des
frais de scolarité à l'université et d'imposition
de frais au cégep; Refus de la syndicalisation à
certaines catégories de travailleuses; Fusions forcées
d'accréditations syndicales; Levée du moratoire
concernant les minibarrages privés sur les petites
rivières; Retard dans la mise en place d'une véritable
politique de l'eau; Défusions municipales; Fausse réforme
du mode de scrutin; Compressions dans le Régime de rentes du
Québec; Piétinement dans l'application de la loi sur
l'équité salariale; Sous-traitance du communautaire;
Remise en cause de l'accès aux services juridiques; Conciliation
faiblarde face au fédéralisme centralisateur canadien;
Présence au Forum économique de Davos, mais absence au
Forum social de Mumbai; Démission devant le sort injuste fait au
réfugié M. Cherfi et à tous les
réfugiés dans la même situation; Coupures au
ministère de l'Environnement et mettant en péril la
survie des groupes écologistes;
Détérioration programmée des prestations d'aide
sociale pour les personnes sans contrainte à l'emploi en ne les
indexant pas suffisamment.; Coupures au ministère des Relations
avec les citoyens et de l'immigration; Plan de lutte à la
pauvreté dilué. ...et la liste pourrait s'allonger
encore...
Ce gouvernement bafoue des droits
fondamentaux. Ce gouvernement fait reculer la démocratie. Nous
devons l'empêcher de faire plus de dégâts.
Pendant 366 jours, le FRONT de la
société québécoise a maintenu le cap sur
les mobilisations solidaires face à l'AFFRONT du gouvernement.
À peine un mois après
l'arrivée du gouvernement Charest au pouvoir, les grandes
mobilisations des différents secteurs de la
société québécoise et des
différentes régions du Québec ont commencé
et n'ont pas cessé depuis:
Parents et travailleuses et travailleurs des
services de garde, syndicats, Collectif pour un Québec sans
pauvreté, Coalition solidarité santé,
Écologistes, Étudiantes et Étudiants, Groupes
communautaires autonomes, Mouvement pour les arts et les lettres,
Mouvement féministe avec la grande mobilisation du 8 mars
«La riposte des
femmes. Ensemble, tout est possible!»
Le Réseau de vigilance a sonné
l'alarme le 21 octobre dernier lors de la rentrée parlementaire
et orchestré l'opération «consultations
prébudgétaires», forçant ainsi le ministre
Séguin à écouter la population avec ses deux
oreilles: l'une, fixée sur les mémoires entendus à
l'intérieur de la Commission et l'autre, rivée aux
protestations
à l'extérieur de la Commission.
Dans toutes les régions du
Québec, la population s'est mobilisée et a fait
comprendre au gouvernement Charest qu'elle n'avait pas voté pour
cette entreprise de démolition et de saccage des biens
collectifs et des outils de la solidarité sociale. Les
mobilisations citoyennes ont permis d'éviter le pire... pour
l'instant: tergiversations sur
le sort du projet du Suroît, report du
démantèlement des organismes de condition
féminine, amélioration des mesures pour les familles
à faible revenu, à la sortie du dernier budget. La chute
de popularité dans les sondages a forcé le gouvernement
à bouger. Présentement, il fait du
«surplace». Mais il garde le cap sur sa
réingénierie. Nous devons
l'empêcher de faire plus de dégâts.

Le gouvernement Charest n'a pas
respecté
ses promesses en éducation
- Fédération
étudiante collégiale du Québec (FECQ) -
Le gouvernement CHAREST n'a pas
respecté ses promesses électorales en éducation:
- En un an, il n'a développé
AUCUNE «mesure de soutien aux étudiants collégiaux
de la filière technique»1 pour «favoriser leur
réussite et ainsi atténuer les pénuries de maind'
uvre qualifiée».
- Il n'a RIEN FAIT pour augmenter le nombre
«d'ententes de collaboration entre les écoles et les
cégeps et les entreprises afin que soient multipliés les
programmes de stage et d'alternance école/travail».
- On ne dénombre PAS UN nouveau
programme dans les cégeps en région devant «nous
encourager la spécialisation dans certains domaines techniques
afin de contrer la baisse de clientèle anticipée et de
créer des centres d'excellence régionaux.»
- Malgré une promesse de
réinvestissement de 105 millions pour l'enseignement
postsecondaire, des coupures de 30 millions ont été
appliquées dans les cégeps!!!
Le gouvernement CHAREST n'a pas
respecté ses promesses envers la société:
- Les garderies supposées rester
à 5$ coûtent maintenant 7$. Pour les
étudiants-parents, notamment, cela signifie près de 800$
de frais supplémentaires par année.
- Alors qu'il s'était engagé
à «relever le défi» du Protocole de Kyoto par
«l'application d'un plan québécois de
réduction des émissions de gaz à effet de
serre»2, il a tenté, et tergiverse toujours avec
l'idée, d'implanter une nouvelle centrale thermique qui les
augmenterait d'au moins 2,6% au Québec!
- Après avoir voté, le 13
décembre 2002, pour le projet de loi cadre visant à
contrer la pauvreté et l'exclusion sociale, il n'a TOUJOURS PAS
présenté de plan d'action qui était dû pour
la première année: dans ce dossier, il est
carrément ILLÉGAL.
Enfin, le gouvernement Charest n'a pas
respecté ses promesses envers les
cégépiens:
En novembre dernier, la
Fédération étudiante collégiale du
Québec avait accepté de reporter une manifestation parce
que le gouvernement promettait de:
- Reconnaître l'implication
étudiante tant par une mention au bulletin que par des
crédits de cours. Ce dossier, le seul qui avance, se
développe à PAS DE TORTUES et on a peine à voir le
jour où il sera enfin réalisé.
- Tenir un forum sur l'avenir du
réseau collégial au printemps. Celui-ci est maintenant
REPORTÉ à une date indéterminée.
C'est la goutte qui fait déborder le
vase.
Après avoir laissé la chance
au coureur, nous pouvons désormais affirmer hors de tout doute
que Charest et son gouvernement sont des menteurs, qui ne
réalisent que les promesses qui les intéressent et qui
concernent les amis du pouvoir.
Nous revendiquons
- Une réforme de l'Aide
Financières aux Études
- Des mesures de soutien aux
étudiants collégiaux de la filière technique
- Une augmentation du nombre de stages
- Révision de la carte de programme
et développement de créneaux d'excellence en
région
- La reconnaissance complète de
l'implication étudiante pour septembre 2004.
- La tenue dès la rentrée
d'automne du Forum collégial.
- Le rejet complet et définitif du
projet du Suroît
- Le dépôt immédiat d'un
plan de lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale.

Le plan caché du gouvernement Charest
- J'ai jamais voté
pour ça, 9 avril 2004 -
Introduction
Cet automne, avant de nous lancer tête
baissée dans la bataille, nous nous étions dit qu'il
fallait analyser l'action de ce gouvernement et tenter de
découvrir ou d'imaginer son «plan de match». Les
conclusions que nous en tirerions détermineraient nos
stratégies de lutte. C'est donc à cela que nous nous
sommes
d'abord attelés.
Brève analyse de Jean Charest
Pour commencer, nous avons constaté
que ce gouvernement était le pire que nous ayons eu depuis
longtemps au Québec. Jean Charest est bien collé aux
idées de droite conservatrices. D'ailleurs, questionné
lors d'une émission de variétés, il avait
déjà déclaré, à propos des
élections américaines,
se sentir «beaucoup plus proche des idées de Georges Bush
que de celles des démocrates»!
Jean Charest est de la trempe des Ralph
Klein en Alberta et Mike Harris en Ontario. Et à leur
façon, surtout celle de Harris, il ne reculera devant rien pour
accomplir ses projets. Rappelons-nous quand Mike Harris a
appliqué sa «révolution du bon sens» en
Ontario: il y a eu un nombre incalculable de manifestations et de
luttes,
des mobilisations immenses, même des tentatives d'entrer au
Parlement par la force. Rien n'y fit, Harris tint son bout. Et on en
voit maintenant les résultats pour la population.
Tout comme Harris, Charest s'était
déclaré «prêt» à affronter la
colère des mouvements sociaux organisés, sans broncher,
parce qu'il aurait «le courage que les autres gouvernements
d'avant n'ont pas eu!» D'ailleurs, sa réaction
récente suite aux nombreuses manifestations et aux sondages
très défavorables, où il a proposé de tenir
des forums régionaux «pour expliquer la position du
gouvernement, tout en maintenant le cap», le prouve.
Mais s'il voulait maintenir «le
cap», c'est qu'il savait où il s'en allait. Monsieur
Charest n'avait donc pas que du «courage», il avait aussi
un plan. Nous le savions. Mais quel était ce plan?
Nous avons essayé de mettre ensemble
les morceaux que nous avions.
Les premiers morceaux du puzzle
Nous pouvions témoigner de la
rapidité avec laquelle il avait procédé, et de
l'effet produit: nous occuper à courir partout sans qu'on ait le
temps d'analyser et de comprendre. Mais son peu d'arguments («un
mandat clair le 14 avril», «la population a voté
pour du changement») pour justifier
son empressement à réaliser si vite autant de choses nous
semblait cacher autre chose.
Nous avions aussi constaté la
façon dont il avait attaqué: à plusieurs niveaux,
oui, mais en concentrant son tir sur la santé, qui
représente plus de 40% des dépenses du gouvernement (plus
de 19 Milliards $). C'est important comme effet, ça, dans un
Produit Intérieur Brut (PIB)! Comme investissement annuel direct
(et impacts
indirects), c'est majeur dans l'économie. Changer la donne au
niveau de la façon de faire les choses dans ce secteur, c'est
influencer au grand complet la façon de faire du gouvernement
dans tous les secteurs, et probablement l'ensemble de la
société.
Enfin, nous avions également
noté la mise en place du processus d'évaluation
systématique de chacun des programmes gouvernementaux des
organismes publics et des ministères visant un «recentrage
de l'État sur ses 4 missions essentielles». Au
début, Charest avait appelé ça la
«réingéniérie» de l'État, puis
ensuite la
«modernisation» de l'État. Peu nous importait le
nom, l'objectif semblait être clair: réduire
l'intervention, le rôle de l'État pour redonner du pouvoir
au privé.
Ça en disait déjà
beaucoup sur ses intentions, mais ça n'expliquait pas tout. Par
exemple, dans la santé: pourquoi les fusions
d'établissements dans le réseau? Pourquoi toute cette
réorganisation de structures, pourquoi l'abolition des mandats,
pourquoi changer le rôle de «fournisseur de services de
santé et sociaux» des nouveaux
établissements appelés Instances Locales en
«coordonnateur de services de santé et sociaux» qui
établissent des ententes avec des partenaires communautaires et
privés pour la prestation des services?
«La face cachée de la
lune»
La réponse nous est venue d'un
document d'analyse de la FIIQ, Des marchés publics dans la
santé , et portant sur l'Accord sur les marchés
publics, qui fait partie des accords de libre- échange. Vous ne
le connaissez pas? Si on vous le résume: cet accord-là
stipule que les organismes
publics et les ministères qui auront sous-traité une
seule fois des services, des produits ou des travaux de construction
vont être dans l'obligation par la suite de continuer à
sous-traiter sous peine d'être poursuivis pour perte
éventuelle de profits. Et les entreprises privées des 28
pays signataires de cet accord vont pouvoir compétitionner pour
faire
la job.
Il y a aussi une autre condition qui doit
être remplie pour que les organismes publics et les
ministères soient assujettis à cet accord: il faut que le
volume des dépenses sous-traitées atteigne un certain
seuil minimal.
On vous explique: par exemple, un CLSC seul
pourrait ne pas atteindre le seuil requis de dépenses en
sous-traitance pour être assujetti à l'accord sur les
marchés publics. Mais si vous regroupez plusieurs CLSC, plus des
Centres d'accueil (CHSLD), et même un hôpital (CH) dans une
nouvelle instance sous un seul conseil
d'administration, il devient alors très facile pour ce nouvel
établissement de santé d'avoir un niveau suffisant de
dépenses en sous-traitance pour être assujetti aux accords.
Bien ça, voyez-vous, c'est la loi 25
qui a été adoptée en décembre. Cette loi
établit légalement que les nouveaux établissements
résultant de la fusion vont pouvoir et vont devoir passer des
ententes avec d'autres organismes, dont des privés, pour
qu'existent certains services de santé et services sociaux.
Vous ajoutez à cela:
- la loi #31, qui vient faciliter la
sous-traitance; et
- la loi #30 qui fusionne les
accréditations syndicales et regroupe les corps de
métiers par secteur de production: bureau, soutien,
professionnel, etc, facilitant ainsi la
«départition» du personnel de tout un secteur qui
serait sous-traité; et
- la loi #7 qui empêche la
syndicalisation des personnes travaillant dans des ressources
intermédiaires ou de type familial en santé.
Puis, vous combinez toutes ces lois
à l'Accord sur les marchés publics, et vous
démolissez notre système public de services sociaux et de
santé. Le saviez-vous?... Nous, à la fin janvier 2004, on
ne le savait pas. Mais Jean Charest, lui, il le sait depuis le
début.
«Dorénavant, il va se faire au
Québec des affaires comme partout en Amérique!»,
était-il allé dire aux investisseurs américains
dans les semaines qui ont suivi son élection.
Et il ne s'arrêtera pas en si bon
chemin: pensons à la loi #8 qui, comme la #7, empêche la
syndicalisation des personnes travaillant cette fois dans le domaine
des services de garde familial.
Et au projet de loi #35 qui rendra plus
difficile les recours légaux pour faire respecter nos droits, et
qui modifiera au passage 22 lois sociales du Québec. Ça
réduira nos moyens de nous défendre face aux injustices
qui vont résulter de tous ces changements.
Il y a aussi la loi #34, le projet de loi
#38...
«Réingéniérie»?
«Modernisation»?
Mais ce que le texte de la FIIQ nous a
aussi appris, c'est que le gouvernement précédent du
Parti Québécois travaillait déjà en ce
sens, il avait, comme on dit, «mis la table» depuis
longtemps: par exemple, les fusions municipales visaient aussi le
même objectif. Ça explique pourquoi l'opposition à
l'Assemblée nationale n'a pas
vraiment «déchiré sa chemise» cet automne
à propos des fondements de l'action gouvernementale: ça
aurait pu mettre en évidence leur propre action quand ils
étaient au pouvoir.
La seule solution possible
C'est donc en tenant compte que chacune des
lois fait partie d'un plan global que nous sommes convaincus:
- qu'il ne faut pas tenter de
négocier chaque parcelle de loi, chaque article, ou tenter de se
ménager une niche qui pourrait être moins pire; dans un
tel cadre, aucune négociation n'est possible;
- que ce n'est pas non plus une
contestation juridique qui aura raison des ces lois: la justice a le
bras long, mais elle a les pattes courtes! Avant même que le
jugement ne soit rendu, l'Accord sur les marchés publics se sera
appliqué, et il aura sans doute préséance sur le
jugement de la cour. Dans le cas contraire, des poursuites
pourront être intentées contre l'État
québécois pour perte éventuelle de profits!
- que nous n'avons pas beaucoup de temps
devant nous, que nous ne pouvons «passer à autre
chose» et nous contenter de nous en souvenir aux prochaines
élections.
Et c'est aussi pourquoi nous affirmons que,
dans notre stratégie de lutte, nous devons refuser en bloc tout
le plan Charest, nous devons rejeter totalement sa transformation du
Québec. Nous devons exiger dès maintenant le rappel et le
retrait complet de toutes les lois adoptées et de toutes celles
qui vont suivre dans la session qui
débute aujourd'hui. Nous n'avons jamais voté pour
ça!
Jean Charest ne nous a jamais
expliqué son projet d'ajustement du Québec, ni avant la
campagne électorale, ni pendant la campagne électorale,
ni depuis la campagne électorale. Il nous a trompé avant
les élections, pendant les élections, et il continue
allègrement depuis son élection.
En janvier 2004, 70% de la population du
Québec considérait que Charest avait outrepassé
son mandat. 70% de la population considérait qu'il ne faisait
pas ce qu'il avait dit en campagne électorale, qu'il faisait
autre chose, qu'il dépassait les bornes qu'il avait
lui-même fixées. 70% de la population du Québec
considérait qu'il
n'avait pas la légitimité d'aller aussi loin.
À partir de cet instant, depuis cet
instant, et tant et aussi longtemps qu'il n'aura pas rappelé ses
lois, le gouvernement Charest agit illégitimement.
À partir de cet instant, depuis cet
instant, et tant et aussi longtemps qu'il n'aura pas rappelé ses
lois, la légitimité, elle est dans la rue, elle est en
chacun de nous, elle est dans le mouvement social large que nous
construisons pour stopper ce gouvernement.
En aurons-nous le temps?

Mai 2004
Manifestation historique à
Montréal: Les travailleurs de tout le Québec s'opposent
au programme antisocial et antinational du gouvernement Charest
Une marée humaine de plus de 100
000 personne a déferlé dans les rues de Montréal
le Premier Mai 2004 pour condamner le programme antisocial et
antinational du gouvernement Charest. Venant de tous les coins du
Québec, elle était composée de travailleuses et
travailleurs de tous les secteurs de l'économie, de jeunes,
d'étudiants,
d'activistes, d'enseignants, de professionnels, d'infirmières et
de gens de tous les milieux. Dès midi, plus de 240 autobus venus
des quatre coins du Québec, des régions aussi
éloignées que le Saguenay-Lac-Saint-Jean et de la
Gaspésie, arrivaient au lieu de rassemblement. La manifestation
a pris plus de deux heures à faire le trajet, partant de
l'aréna Jean Rougeau à l'intersection de
Christophe-Colomb et Jarry au parc Jarry.
Tous les droits et réclamations
du peuple, pour un programme pro-social, étaient sur les
milliers de pancartes, drapeaux et bannières que l'on voyait
à perte vue et qui condamnaient les libéraux du
Québec: «La privatisation des services publics: j'ai
jamais voté pour ça!», «Le dégel des
frais de scolarité: j'ai jamais voté pour
ça!»,
«Partenariat public-privé = cheap labor!»,
«Non à la sous-traitance!», «Ensemble sauvons
l'avenir de nos jeunes!», «Contre la liquidation des
cégeps!», «Éducation + sous- traitance =
colère et solidarité», «Promesses = mensonges
= libéraux!», «Pour le bien de tous,
débarrassons-nous de Charest!», «Les libéraux
ont les deux pieds dans la
même bottine ... droite!», «Réalisons
l'équité maintenant!». Les travailleurs ont aussi
exprimé leur opposition à la guerre en Irak,
réclamé le retrait des troupes étrangères
du Moyen-Orient et un gouvernement anti-guerre au Canada.
Des milliers de
travailleurs de
nombreuses organisations syndicales portaient des tee-shirts et des
chandails exprimant leur position: «Non à la privatisation
des services publics», «J'ai jamais voté pour
ça». Les travailleurs de la fonction publique avaient
repris le titre d'un film d'horreur: «Massacre à la
tronçonneuse». Sur leurs
bannières on lisait: «Grande vente de province: Tous nos
services sont liquidés. Cause de la vente:
réingénierie. Nous laissons aller nos acquis. Pour une
somme fiscale dérisoire. Bienvenue aux riches investisseurs de
partout. Tout est en bon état mais nous vendons quand
même. Contactez Jean Charest.»
De nombreux travailleurs ont
salué l'appel du Parti marxiste-léniniste du
Québec à s'opposer à la destruction sociale au
profit des riches et exprimé leur grande préoccupation
quant à l'avenir de leurs pairs et de leurs familles. C'est le
droit des riches et des monopoles que le gouvernement de Jean Charest
défend qu'il faut
combattre et c'est le problème que nous devons résoudre
ensemble, disaient-ils aux militants du Parti.
La propagande du
gouvernement et la
désinformation des journaux qui présentent la
résistance actuelle comme étant le fait d'une bande de
syndicalistes qui se plaint alors que le gouvernement agit de bonne foi
ont été vigoureusement rejetées par cette centaine
de milliers de personnes qui a levé drapeaux et pancartes en
signe
d'unité de la classe face à cette offensive antisociale.
Le problème n'est pas non plus un problème de
«communication» ou de «relations publiques»,
comme le prétend Jean Charest, disaient-il. C'est le programme
de payer les riches qu'il applique.
La signification historique de la
manifestation du Premier Mai à Montréal réside
dans l'esprit d'unité et de lutte qui a animé cette
mobilisation massive à la défense des droits de tous. Les
manifestants se sont engagés à arrêter la
destruction sociale imposée par le gouvernement et à
poursuivre la lutte pour un programme
pro-social.


Novembre 2004
Non à la destruction du
tissu social du Québec: Arrêtez de payer les riches!
Augmentez le financement des programmes sociaux!
10
000 personnes manifestent dans les rues de Montréal contre
l'offensive antisociale du gouvernement Charest à l'occasion du
congrès du Parti libéral - 20 novembre 2004
Samedi le 20 novembre, 10 000
personnes de tous les milieux ont manifesté devant le Palais des
Congrès à Montréal contre le programme antisocial
et anti-national du gouvernement Charest. Les milliers de travailleuses
et travailleurs de tous les secteurs de l'économie, de jeunes,
d'étudiants, d'activistes, d'enseignants, de professionnels,
d'infirmières et de gens de plusieurs régions, venus
d'aussi loin que du Saguenay Lac-Saint- Jean, ont dénoncé
les lois antiouvrières adoptées sous bâillon
l'année dernière, les coupures dans l'aide
financière aux étudiants, les nouvelles attaques contre
les plus démunis contenues dans le projet de loi 57 et les plans
du gouvernement Charest
d'établir des modèles de privatisation des services
publics.

Dans le but d'intimider et de
criminaliser tous ceux qui s'organisent contre la
«réingénierie» de l'État, le Palais
des Congrès, où se tenait le congrès
libéral, avait été transformé en une
véritable forteresse: périmètre de
sécurité, auto-patrouilles et policiers
omniprésents, en civil comme en uniforme et une campagne
médiatique
«préventive». L'arrestation en masse
d'étudiants par l'escouade anti-émeute la veille a
été vivement dénoncée. Les manifestants ont
applaudi les étudiants et leur détermination à
faire obstacle au gouvernement Charest qui amène le
Québec sur une voie destructrice.

Les représentants de
nombreuses organisations syndicales, étudiantes et
communautaires sont intervenus pour parler des répercussions des
lois antisociales du gouvernement Charest sur les conditions de vie par
l'appauvrissement, les pertes d'emplois et l'insécurité.
Ils ont dénoncé la campagne de dénigrement du
gouvernement qui
associe le secteur public au «gaspillage» et exigé
que le gouvernement assume ses responsabilités sociales envers
tous les membres de la société. Dénonçant
l'appauvrissement du peuple et la négation de ses droits
fondamentaux, plusieurs ont réitéré leurs
revendications, comme le retrait des lois antisociales et l'application
par le gouvernement de
la loi sur l'équité salariale votée il y a
déjà huit ans.
Jean Charest parlent de «ceux
qui s'opposent au changement» pour décrire ceux qui
refusent d'accepter les mesures antisociales, antiouvrières et
antinationales que son gouvernement met en place. Mais c'est lui qui
déclare que ses plans destructeurs ne sont pas matière
à débat. Ils s'enferment dans des châteaux forts,
loin des yeux
et des oreilles du peuple, pour prendre envers et contre tous des
décisions qui les affectent et déploient l'arsenal
policier pour intimider et criminaliser ceux qui s'avancent pour
défendre leurs droits. La raison en est que le
«changement» qu'il veut imposer va à l'encontre des
intérêts du peuple et de l'économie. Quand on
examine de près les
résolutions du congrès libéral (voir
ci-dessous), il est évident que ce n'est pas un
«changement» dans le sens de résoudre les
problèmes auxquels la société est
confrontée. Ce n'est pas un programme pour garantir les droits
du peuple, renouveler la démocratie et renverser la tendance
à l'annexion politique, sociale et culturelle du
Québec et du Canada aux États-Unis. Donc, ce n'est pas un
changement du tout, c'est un programme pour payer les riches en mettant
toutes les ressources naturelles et humaines à leur disposition
et en ouvrant toute grande la porte aux vautours capitalistes qui
salivent à l'idée des profits à réaliser
dans ce qu'on appelle le secteur des services
publics. Ceux qui s'opposent à ce genre de
«changement» représentent les meilleurs
intérêts du Québec.
Le Marxiste-Léniniste
salue la détermination des travailleurs, jeunes,
étudiants et collectifs des plus vulnérables à
lutter pour leurs droits. Le problème qui se pose le plus
clairement pour tous aujourd'hui est de trouver les moyens d'investir
le peuple du pouvoir de décider.
Non à la
destruction
du tissu social du Québec!
Arrêtez de payer les
riches! Augmentez le financement des programmes sociaux!

Les étudiants du
Québec rejettent le diktat du droit de monopole
L'éducation
est un droit! Arrêtez de payer les riches! Augmentez
l'investissement
dans les programmes sociaux!
Partout au Québec les
étudiants organisent des actions de protestation contre les
tentatives du gouvernement libéral de Jean Charest de
détruire l'enseignement collégial pour servir «le
marché» et faire de l'éducation un privilège
par les coupures dans l'aide financière aux étudiants.
Plus de 45 000 étudiants du Québec sont
présentement en
grève pour défendre leur droit à
l'éducation et beaucoup d'autres s'apprêtent à les
rejoindre. Des assemblées générales sont
convoquées pour discuter des enjeux et prendre position.
D'autres types d'actions s'organisent, presque à tous les jours,
et il y aura une manifestation nationale à Sherbrooke le 3 mars
devant le bureau de comté du premier
ministre Jean Charest.
Les étudiants exigent le
retrait de la réforme à l'aide financière qui
comprend la conversion de 103 M$ de bourses en prêts et le
retrait des plans de décentralisation des cégeps pour
«arrimer» les programmes aux besoins «du
marché local». Ils réclament l'éducation
gratuite pour tous et une solution à l'endettement.
Le
gouvernement libéral
de Jean Charest a répondu à leurs justes revendications
par le silence, la répression, la dérision et la
diversion, déterminé à continuer d'imposer le
diktat brutal des riches. Jean Charest a clairement laissé
savoir quel mépris il a pour les revendications des
étudiants, quand il dit qu'«au Québec, on a les
étudiants qui sont probablement les mieux traités au
monde». Les médias monopolisés ont ensuite
joué leur rôle en martelant cette propagande contre les
étudiants, avec des titres comme «les étudiants
doivent être raisonnables», «c'est le
mécontentement d'enfants gâtés» et «pas
de solution dans la violence». Ils citent des statistiques de
façon
extrêmement sélective pour essayer de prouver que les
étudiants du Québec sont «mieux
traités» que les étudiants ailleurs au Canada
grâce à l'«aide financière
généreuse» du gouvernement du Québec et des
frais de scolarité relativement moins élevés.
Cette désinformation
cache le tableau d'ensemble de l'appauvrissement des étudiants
et de l'écrasement de leurs aspirations à un enseignement
supérieur sous le poids de l'endettement. La
fédération étudiante de l'Université de
Montréal a publié sa propre étude qui
démontre qu'avec les coupures dans l'aide financière,
l'introduction de frais à tous les niveaux et l'augmentation des
coûts reliés à l'éducation, l'endettement
moyen des étudiants québécois «s'approche
dangereusement de la moyenne canadienne». À la fin du
baccalauréat, par exemple, l'endettement moyen
québécois passera bientôt à environ 17 518$,
contre 19 500$ au Canada. D'autre part les
étudiants notent qu'en plus de transformer les bourses en
prêts, le gouvernement a augmenté le plafond de la dette
pour les étudiants. Depuis le 1er septembre 2004, un
étudiant de premier cycle peut accumuler jusqu'à 30 000$
en dette au gouvernement et un étudiant de deuxième cycle
peut accumuler jusqu'à 45 000$.
Les étudiants se
heurtent au fait que le droit de monopole est en train de supplanter le
droit public et que la «réingénierie» du
gouvernement Charest vise à le faciliter. Après avoir
accepté de rencontrer les représentants étudiants,
le ministre Fournier a dit que toute solution à l'endettement
étudiant doit être recherchée «à
l'intérieur
des paramètres budgétaires de mon gouvernement».
Qui a décidé de ces «paramètres
budgétaires»? Comment le droit à l'éducation
que doit garantir toute société moderne peut-il
être soumis à des «paramètres
budgétaires» qui ne sont pas ouverts au débat?
Cette phrase, «les paramètres budgétaires»,
qui revient constamment dans le discours du
gouvernement, sert à détourner l'attention du fait que le
gouvernement considère comme sacrées les
réclamations des monopoles à la richesse du pays, tandis
que tout le reste dépend de «l'argent qui reste». En
fait, même pour ce qui est des investissements en
éducation, il est déjà établi et
considéré comme non discutable que des millions de
dollars vont servir à «arrimer les programmes scolaires
aux besoins» des monopoles. (Voir ci-dessous:
«Investissements en éducation pour janvier et
février 2005»).

Notez aussi que la campagne de
propagande des médias et du gouvernement contre les
étudiants porte strictement sur l'aspect monétaire des
revendications des étudiants, laissant dans l'ombre la
destruction de l'éducation entreprise par le gouvernement
libéral avec ses plans de décentralisation. Cela laisse
une marge de manoeuvre
au gouvernement pour manipuler les allocations de fonds sans pour
autant changer l'assaut qu'il mène contre l'éducation.
Les étudiants doivent se méfier des manigances dont est
capable ce gouvernement. Les représentants élus se
cachent derrière leurs «paramètres
budgétaires» pour continuer d'usurper impunément le
pouvoir public et servir les
intérêts les monopoles les plus puissants aux
dépens du bien public. Il ne faut pas que cela passe!
Les étudiants se
heurtent aussi à la réalité que le système
actuel de démocratie représentative ne leur offre aucune
possibilité de recours pour défendre leurs droits. Tous
ceux qui luttent pour leurs droits aujourd'hui sont de plus en plus
conscients de cette réalité, que ce soit les
étudiants, les travailleurs du secteur public, les
travailleurs à l'emploi des grands monopoles comme Alcan et
Wal-Mart et d'autres. Le train de mesures antisociales mis en place par
le gouvernement Charest l'année dernière, en dépit
de la vaste opposition publique, a finalement dû être
adopté sous bâillon à l'Assemblée nationale.
Lorsque ceux qui sont touchés par ces mesures demandent
d'être entendus des représentants politiques, ceux-ci leur
tournent le dos et se moquent publiquement de leurs revendications.
Toute la machine des médias monopolisés est mise en
branle pour déformer l'expérience du vécu et
dévaloriser les opinions de ceux qui sont attaqués. Le
«débat public» est transformé en une
véritable guerre de propagande
où rien ne peut être discuté sauf les
déclarations mensongères et les
demi-vérités des cercles officiels. Lorsqu'ils protestent
et exigent d'être entendus de leurs «représentants
élus», ils sont accusés d'«obstruction
à l'entrée d'un édifice public» et de
violence. Puis ceux qui ont usurpé le pouvoir public pour servir
les riches reviennent à la charge en
disant que «la discussion n'est pas possible quand il y a de la
violence» et que «la violence place le problème dans
le champs de la sécurité publique», comme l'a dit
le ministre de l'Éducation Jean-Marc Fournier aux
représentants étudiants le 23 février.
Cette tendance à
transformer des problèmes sociaux et politiques en
«problèmes de sécurité publique» est
extrêmement dangereuse. Elle signale un changement au niveau de
l'organisation de l'État et il faut résolument s'y
opposer.
L'éducation est un
droit! Arrêtez de payer les riches! Augmentez le
financement des programmes sociaux!
(LML, 2/03/2005 -
numéro 025)

Mars 2005
230 000 étudiants en
grève: Appuyons leur juste lutte!
-
Déclaration du Parti marxiste-léniniste du Québec,
16 mars 2005 -

Plus de 230 000 étudiants
sont en grève au Québec aujourd'hui 16 mars 2005. La
justesse de leur cause gagne de plus en plus la population
malgré la propagande virulente que mènent les grands
médias monopolisés contre eux. Les étudiants du
Québec réclament le retour des 103 M$ coupés dans
le système des prêts et bourses et que cesse
le démantèlement du système d'éducation.
Ils se battent pour leur droit à une éducation publique,
laïque et gratuite pour tous et toutes et leur cause mérite
l'appui de tous.


Depuis le début, la
tactique du gouvernement Charest a été de diviser le
mouvement entre «étudiants violents» et
«étudiants modérés» alors qu'en
pratique c'est lui qui provoque et qui fait violence à chaque
fois qu'il en a l'occasion. Malgré cela, tous les
étudiants sont ensemble pour exiger la remise des 103 M$. Hier
encore, le
ministre de l'Éducation a démontré sa
malhonnêteté avec son «offre» scandaleuse de
«réduire une partie de la dette» pour ceux qui
«terminent leurs études dans les délais
prescrits» et de baisser le plafond de l'endettement de 10%
(alors que la coupure de 103M$ a élevé ce plafond de 72%
pour les étudiants de premier cycle). C'était sa
façon de
faire savoir aux étudiants et à l'ensemble de la
population du Québec que c'est par le diktat brutal qu'il entend
«régler le cas» des étudiants. Les leaders
étudiants ont eu raison de claquer la porte au ministre et
à son «offre» effrontée.
La seule justification du
gouvernement est de continuer de répéter, avec la
connivence des grands médias monopolisés, que «les
étudiants sont gâtés», qu'ils boivent de la
bière et font «des partys tout le temps», qu'ils
vont «être plus riches que nous quand ils seront
médecins ou informaticiens». Il cherche à
créer un vent de
condamnation des étudiants parmi la population en s'appuyant sur
l'ignorance des faits. En faisant cela, il montre à
l'évidence le problème central au Québec
aujourd'hui: l'existence d'une rupture irréparable entre la
poignée qui gouverne pour le compte des monopoles les plus
puissants et le peuple qui est privé d'un processus
démocratique qui
lui permette d'influer sur la direction de la société
dans son intérêt.
En ce moment le pouvoir brutal
de cette minorité réside principalement dans les grands
moyens dont elle dispose pour mener la bataille sur le front de la
désinformation. Pour gagner cette bataille, le gouvernement
Charest cherche à semer le doute sur les motivations des
étudiants pour empêcher toute remise en question de ses
décisions inacceptables.


Les riches ont de leur
côté la machine d'État, la propriété
des principaux moyens de production et la propriété des
médias monopolisés. Les étudiants ont de leur
côté la justesse de leur cause et le vécu de la
classe ouvrière et du peuple. Alors ces derniers doivent tous
appuyer leurs fils et filles qui se forgent un avenir qui leur
convient. Appuyez-les pour qu'ils s'organisent d'une étape
à l'autre en commençant avec le rejet du vol des 103 M$
et ensuite l'opposition au dégel des frais de scolarité,
à l'introduction de nouveaux frais aux usagers de toutes sortes
et au démantèlement du DEC national.
En plus, leur lutte contribue
à l'opposition à la
«réingénierie» de l'État du
gouvernement Charest qui est un assaut contre toute la
société québécoise. Cette semaine, les
«fuites» avant le dépôt du budget annoncent
des coupures dans les services du gouvernement de 500 M$ «pour
permettre au gouvernement une marge de manoeuvre
pour baisser les impôts». Le gouvernement Charest est
engagé dans un projet de destruction de la société
québécoise pour répondre aux demandes des
monopoles étrangers qui frappent à la porte à
grands coups de poings pour réclamer leur droit de s'enrichir
aux dépens du peuple. Il est en train de
désagréger le tissu social du Québec et
d'annexer le Québec à l'économie
américaine, de connivence avec le gouvernement libéral de
Paul Martin. Il ne faut pas que cela passe! Les étudiants ont
entièrement raison de réclamer la remise du 103 M$ dans
le système de prêts et bourses et un système
d'éducation universel.
Arrêter de payer
les riches! Investir dans les programmes sociaux! Un
pour tous et tous pour un! Annexion Non!
Souveraineté Oui!

Avril 2005
Deux ans du gouvernement
par décret
Aujourd'hui 14 avril 2005
est le deuxième anniversaire de l'élection du
gouvernement Charest. Le PMLQ salue les milliers de travailleurs et de
jeunes qui participent à des actions partout au Québec
pour exprimer leur colère face à l'entêtement du
gouvernement Charest à poursuivre son offensive antisociale. Le
peuple est résolu à se donner
un système démocratique qui lui permette d'avoir son mot
à dire sur où s'en va le Québec. C'est ce que le
gouvernement Charest ne veut pas accepter quand il dit qu'«on va
continuer de faire ce qu'on fait, on va continuer de préparer
l'avenir du Québec». Le PMLQ appuie résolument la
lutte des travailleurs, des jeunes et du peuple contre la
réingénierie de l'État dont l'objectif est de
supplanter le droit public par le droit de monopole.
Il y a une alternative au
règne des libéraux et c'est que la classe ouvrière
et le peuple s'organisent pour affirmer un ordre du jour à la
défense des droits de tous. La lutte des étudiants et
maintenant la lutte des enseignants et des travailleurs du secteur
public qui prennent la relève ont pour effet d'exposer de plus
en plus l'isolement
du gouvernement Charest en tant que défenseur des
intérêts d'une infime minorité. Ils ont
montré que l'«avenir» que
«prépare» Jean Charest n'est pas celui auquel
aspirent les travailleurs, les jeunes, les femmes et l'ensemble du
peuple québécois. Il n'appartient pas au gouvernement du
Jean Charest et à la poignée de puissants monopoles qu'il
représente de disposer du Québec.



Décembre
2005
À bas les lois
matraques du gouvernement Charest!
-
Déclaration du Parti marxiste-léniniste du Québec,
16 décembre 2005 -
Les travailleurs du
secteur public manifestent à Québec (ci-dessous) contre
les lois antiouvrières du gouvernement Charest pendant que des
milliers d'autres manifestent à Montréal le 15
décembre devant les bureaux du premier ministre.
Le Parti
marxiste-léniniste du Québec (PMLQ) condamne fermement le
gouvernement du Québec et sa loi d'exception, la loi 142, la Loi
concernant les conditions de travail dans le secteur public.
Loin d'établir quelque principe que ce soit, cette loi dicte les
salaires et les conditions de travail de 500 000 travailleurs
du secteur public et parapublic jusqu'au 31 mars 2010. Des milliers de
travailleurs luttent depuis deux ans pour une convention collective
négociée, ce qui est leur droit.
Avec la même
arrogance et le même mépris, le gouvernement Charest a
également fait adopter sous bâillon le projet de loi 124
sur les Centres de la petite enfance, un projet de loi qui a
été dénoncé par tous les groupes et toutes
les personnes concernés parce qu'il détruit un
réseau de services créé et bâti par des
femmes et des
familles en s'appuyant sur propres initiatives et efforts au fil des
décennies.
Le premier ministre
Jean Charest a dit en conférence de presse le 14 décembre
qu'il agissait au nom du peuple québécois et en
respectant la «capacité de payer» du gouvernement.
Le PMLQ dénonce l'hypocrisie du gouvernement Charest qui se
cache derrière le peuple pour imposer un ordre du jour
diamétralement opposé à ses
intérêts. Il a décidé qu'il peut imposer de
nouveaux arrangements en faisant fi des arrangements construits sur une
période de plusieurs décennies. La «nouvelle
façon de faire» du gouvernement Charest est
carrément au service des employeurs et de l'oligarchie
financière et s'exécute aux dépens des
employés et du bien public.
Depuis l'arrivée
au pouvoir du gouvernement Charest, tous les collectifs de la
société ont été en action pour s'opposer
à cet ordre du jour antisocial qui a inclus jusqu'à
présent l'imposition de plusieurs lois anti-ouvrières et
anti-sociales, la privatisation des services publics, la
sous-traitance, le démantèlement d'organisations
syndicales et l'abolition de l'accréditation syndicale dans
plusieurs cas. Les étudiants, les travailleurs, les
assistés sociaux, les familles et la jeune
génération, tous ont dit Non! à la restructuration
néolibérale de l'État de Jean Charest.
Le PMLQ croit que ces
lois sont des mesures d'un gouvernement en crise, des mesures
basées sur la croyance médiévale que le droit des
travailleurs du secteur public à des salaires et des conditions
de travail qui correspondent à l'importante tâche qu'ils
accomplissent et à leur responsabilité sociale peut
être tout bonnement rayé
et que les travailleurs peuvent être déclarés
«illégaux». Les gouvernements dignes de gouverner
une société moderne ont un et un seul devoir:
défendre le droit public. Quand le gouvernement Charest paie les
riches à mêmes les fonds publics pour ensuite
déclarer qu'il n'y a pas assez d'argent pour garantir le droit
à l'éducation, aux services de
garde et à l'éducation, y compris des salaires et des
conditions de travail adéquats pour ceux qui fournissent ces
services, cela montre à quel point ce gouvernement est en
faillite.
Plein appui aux
travailleurs, jeunes, femmes du Québec qui combattent pour leurs
droits! Les droits ne se négocient pas et ce n'est pas parce
qu'un gouvernement socialement et politiquement irresponsable le
déclare qu'ils disparaissent.
À bas les lois
d'exception! À bas les loi 142 et 124!

Le «sens de
responsabilité» antisociale
du premier ministre
libéral
Le
Marxiste-Léniniste condamne les lois antisociales
adoptées par le gouvernement Charest lors d'une session
extraordinaire de l'Assemblée nationale du Québec le 15
décembre. Les travaux de la session furent ajournés le 14
décembre avec la coopération de tous les partis avec
comme sous-entendu que le projet de loi 124 sur
les CPE et la loi spéciale sur le secteur public seraient
reportés. Or, aussitôt la session ajournée, le
premier ministre Jean Charest a annoncé une session
«extraordinaire» pour le lendemain «si les syndicats
du secteur public n'en viennent pas à une entente» avant
minuit.
L'Opposition a
dénoncé la manoeuvres, faisant remarquer entre autres que
la session normale pouvait légalement se poursuivre jusquau 21
décembre si l'intention du gouvernement était de
soumettre au vote les deux lois en question. La manoeuvre est contraire
à l'esprit et à la lettre des règles
parlementaires, a fait valoir
l'opposition. Le gouvernement libéral a fait fi de cette
objection. Le leader parlementaire du gouvernement, Jacques Dupuis, a
déposé une motion pour suspendre les règles
parlementaires afin d'adopter les deux lois in extremis et ajourner le
parlement jusqu'au 23 mars. La motion limitait le débat à
trois heures par loi. Les deux lois ont été
adoptés à la fin de la journée le 15
décembre.
Charest a
déclaré que les deux lois ont été
adoptées «par sens de responsabilité envers les
Québécois». D'abord, dit-il, nous instituons des
augmentations de salaires pour les travailleurs du secteur public. Ce
qui est tout à fait faux. Deuxièmement, il dit que le
gouvernement améliore les services à la population. C'est
également
faux.
Le projet de loi
142 est une «loi d'exception» qui dicte les salaires et les
conditions de travail des 500 000 travailleurs du secteur public et
parapublic et le projet de loi 124 soumet à une nouvelle
règle d'administration sous contrôle gouvernementale les
centres de la petite enfance créés et bâtis par des
initiatives à la base.
L'objectif d'ensemble est de soumettre cette industrie à la
privatisation, comme en témoigne la révélation que
la ministre responsable du dossier, Carole Théberge, s'est
entretenu secrètement avec des représentants de monopoles
américains se spécialisant dans l'administration de
services de garde.
Les salaires et les
conditions de travail imposés par la loi 142 sont exactement ce
que le gouvernement Charest avait dicté il y a plus d'un an et
demi et sont imposés avec la même logique viciée
à propos d'un «cadre financier établi»
(établi par nul autre que le gouvernement). Le ministre de la
Santé, Philippe Couillard, a dit
qu'aller au-delà de ce «cadre financier»
«mettrait en péril nos services publics et le choix du
gouvernement est de protéger les services publics avant
tout».
La loi
spéciale dit établir des augmentations de salaires de
12,6% sur une période de six ans (3,2 milliards $), mais cela
comprend l'équité salariale, qui est une question de
droit et qui n'a rien à voir avec les hausses de salaires
auxquels les travailleurs ont droit. Cette «augmentation»
de 12,6% se résume en réalité à une gel de
salaires pour les deux premières années et une
augmentation de 2% pour les quatre années suivantes, pour un
total de 8,2% sur six ans. La loi donne également plus de
flexibilité au gouvernement pour ce qui est de la
reclassification des emplois, l'élimination des niveaux minimum
d'emplois qui existent en éducation, l'établissement de
nouvelles
règles pour la procédure de griefs et des mesures pour
obliger des employés en congé de maladies à
retourner au travail, etc.
On dit que les
pénalités pour infraction à la loi spéciale
sont plus sévères que jamais. Elles sont basées
sur la loi adoptée par le gouvernement Bourassa en 1986. Toute
grève et tout moyen de pression est passible d'une amende de
500$ par personne, de 7 000$ à 35 000$ pour les chefs syndicaux
et de 25 000$ à 125 000$ pour
les syndicats. En plus, les activités culturelles et autres
activités extracurriculaires font dorénavant partie de la
définition de la tâche de l'enseignant, ce qui fait qu'un
boycott de ces activités constitue une infraction à la
loi spéciale.
Les chefs syndicaux
se sont engagés à résister à l'attaque
contre les droits de leurs membres. Ils ont dit que les libéraux
de Jean Charest ne s'en tireront pas ainsi et que les relations de
travail dans le secteur public ne seront plus jamais les mêmes.
Si les membres décident de ne pas défier la loi, dit le
président de la CSQ Réjean
Parent, ce sera «sans grande conviction». «On ne va
pas défier la loi, mais on va défier le gouvernement,
vous pouvez en être sûr», a-t-il
déclaré. La présidente de la CSN Claudette
Carbonneau a dit que les syndicats demandent au PQ de promettre
d'abroger les décrets s'il est élu.
* * *
Le 13
décembre, près de 5 000 travailleuses et travailleurs de
l'éducation de la grande région de Montréal se
sont rassemblés au centre-ville devant les bureaux de la
présidente du Conseil du Trésor, Monique
Jérôme-Forget, pour la sommer elle et son gouvernement
d'entreprendre des négociations de bonne foi et pour
dénoncer
la menace de loi spéciale du gouvernement qui
décréterait les conditions de travail des enseignants.
Malgré le froid intense, la foule représentant des
enseignants, du personnel de soutien, des professionnels des
écoles ont résolument réaffirmé leurs
demandes de meilleures conditions de travail pour répondre aux
besoins des élèves. Tous ont dit,
faisant référence à une remarque méprisante
de Jérôme-Forget, que loin d'être sur une autre
planète, les travailleurs de l'éducation sont
réalistes en mettant de l'avant leurs demandes puisque ce sont
eux qui jour après jour sont confrontés aux
difficultés des jeunes dans les écoles. Ils se sont
opposés au prétexte du manque d'argent que ne cesse
de répéter le gouvernement libéral du
Québec et à ses menaces de lois spéciales. Une loi
spéciale, comme une convention décrétée, ne
résoudra rien des problèmes existant dans les
écoles, ont souligné les manifestants, exprimant leur
détermination à poursuivre leur lutte en appui à
leurs justes demandes.

Février
2006
L'argument
économique du Parti libéral pour attaquer les
travailleurs du secteur public ne tient pas
Lorsque Jean
Charest, premier ministre du Québec, a unilatéralement
imposé des conventions collectives aux 500 000 travailleurs du
secteur public, les forçant à accepter des salaires et
des conditions de travail fixés par le gouvernement, il a
usé d'arguments intéressés et subjectifs pour
justifier son décret autocratique. Du premier ministre
jusqu'au dernier échelon, les représentants du
gouvernement ont cité un manque de revenus et des ressources
limitées pour financer un moyen de subsistance de standard
québécois pour les travailleurs du secteur public et un
système de garderie de première classe organisé et
administré par les professionnels et les employés des
centres de la petite
enfance.
Les
travailleurs du Québec, et ceux du secteur public en
particulier, sont des gens instruits parfaitement capables d'arguments
économiques. L'Assemblée nationale est la plus haute
institution politique du Québec. Les députés ont
le devoir de se conduire comme il convient dans une
société moderne, en s'appuyant sur les idées les
plus avancées, ou du moins aussi avancées que les
idées instruites et scientifiques de la classe ouvrière
et de son leadership collectif.
Pour qu'une
institution politique nationale représente véritablement
le peuple, la discussion et l'argument scientifique doivent être
publics et de nature à informer le débat et à
avancer l'opinion publique, pour le bien public et dans
l'intérêt de l'édification nationale. Les
représentants du gouvernement à l'Assemblée
nationale ont
le devoir de maintenir les standards les plus élevés dans
l'analyse scientifique lorsqu'ils débattent des enjeux
fondamentaux de la société, comme par exemple les
salaires et les conditions de travail des 500 000 employés de
l'État, et quand ils négocient les conditions de leur
emploi avec leurs représentants.
Le Parti
libéral au pouvoir a échoué lamentablement
à ce chapitre. Il ramène l'intervention et l'argument au
plus bas niveau possible. Son refus d'élever la discussion sur
les réclamations des employés et les garderies s'est
accompagné d'un acte dictatorial brutal: celui de mettre fin
à tout débat et à tout régler par
décret
exécutif. Le Parti libéral au pouvoir s'est
déshonoré et il a montré par son action qu'il est
inapte à gouverner.
Le fait qu'un
parti au pouvoir puisse instituer par un décret exécutif
des conditions qui affectent 500 000 employés et leurs familles
et mettre fin au débat sur la politique des garderies qu'il veut
imposer (et qui ouvre la voie à la privatisation des services
publics), révèle la grande faille des institutions
politiques dominées par les
partis. Les représentants politiques à l'Assemblée
nationale ne représentent pas la société
québécoise; ils sont des membres de groupes
d'intérêts spéciaux incorrectement appelés
«partis politiques». Ils ne sont pas l'avant-garde du
peuple, ils n'élèvent pas le débat pour que le
peuple soit informé et pour que l'opinion publique soit
informée pour servir le bien public et l'édification
nationale. Au contraire, ils font tout en leur pouvoir pour
désinformer et détruire l'opinion publique.
Quels faits et
chiffres sont nécessaires quand on discute des politiques
économiques qui affectent les conditions d'emploi des
travailleurs du secteur public, notamment de leurs salaires? Le Parti
libéral au pouvoir cite les revenus du gouvernement comme
facteur décisif et suprême. La présidente du
Conseil du trésor, Monique
Jérôme- Forget, déclare depuis le début que
le gouvernement dispose de 2,1 milliards $ pour les salaires jusqu'en
2010 et qu'il n'y avait rien d'autre à discuter.
Mais les
revenus du gouvernement relèvent des politiques gouvernementales
dictées par le parti au pouvoir. Ils sont un facteur subjectif,
pas un facteur scientifique et objectif pouvant servir d'argument,
pouvant informer la discussion et élever l'opinion publique vers
une solution au problème.
Première
politique subjective: Le montant global des revenus du gouvernement
dépend du montant qu'il réclame au produit social de la
nation et du montant qu'il reçoit du gouvernement
fédéral. Le gouvernement n'offre pas un compte rendu
scientifique du produit social du Québec et ne croit pas
nécessaire de soumettre à la
discussion publique la réclamation qu'il fait au produit social.
Deuxième
politique subjective: Le repartage de l'ensemble des revenus est
décidé par le Parti au pouvoir à Québec. Le
Parti au pouvoir ne part pas des besoins objectifs du peuple et de la
société, pour garantir à tous une culture et un
moyen de subsistance. Il aborde les questions sociales d'un angle
anti-scientifique, en affirmant
qu'une partie donnée des revenus (2,1 milliards $) est
disponible pour les salaires des travailleurs du secteur public
jusqu'en 2010. Il ne veut pas savoir si cette somme correspond à
un moyen de subsistance de standard québécois pour les
employés du secteur public ou si cela reflète le niveau
que les forces productives du Québec et leur produit
social peuvent soutenir.
Troisième
politique subjective: La façon dont les revenus
du gouvernement sont perçus est aussi une décision
politique et dans le cas présent l'incohérence est
accentuée par le fait qu'ils proviennent en majeur partie des
poches des travailleurs et des couches moyennes, plutôt que de
provenir directement du produit social. En
effet, c'est l'incohérence quand le gouvernement paie les
salaires des employés du secteur public pour
immédiatement leur reprendre environ 25% sous forme
d'impôts sur le revenu. Cette politique subjective brouille les
cartes quant à l'origine des moyens de consommation des
employés du secteur public. Elle donne l'impression que leurs
salaires
ou leurs moyens de consommation proviennent en partie des impôts
sur le revenu qu'ils paient et des autres taxes, impôts et frais
que le gouvernement perçoit sur les salaires.
Ce qui n'est
pas le cas. Ils proviennent du produit social créé au
niveau de la production et c'est la même chose pour tous les
travailleurs. Pour éclaircir l'origine des revenus du
gouvernement, ils devraient être perçus directement au
point de production plutôt qu'indirectement sous forme
d'impôts sur le revenu, taxes de vente et
frais divers. Une réclamation objective du gouvernement au
produit social au point de production contribuerait à
éclaircir les choses et à placer la discussion et le
débat sur un plan objectif, scientifique, tant pour ce qui est
des salaires que pour les autres problèmes pressants de la
société.
Un gouvernement
véritablement représentatif du peuple rejetterait les
méthodes dictatoriales subjectives pour ce qui est des questions
économiques et sociales complexes, méthodes qu'utilisent
tous les partis au pouvoir au Canada comme si cela allait de soi. Les
véritables représentants du peuple à
l'Assemblée nationale
mèneraient une discussion nationale informative sur les salaires
et le moyen de subsistance acceptable et possible pour
différentes catégories d'employés de
l'État. C'est cette discussion qui servirait de base à la
négociation des salaires et des conditions de travail avec les
syndicats, pas un montant décrété arbitrairement
par le Conseil du
trésor.
Le gouvernement
dispose de quantité de statistiques et de ressources et il est
parfaitement en mesure, avec la contribution des collectifs du peuple,
de déterminer exactement la quantité du produit social du
Québec.
Tout
Québécois engagé politiquement et actif dans les
différents collectifs auxquels il appartient sait que le plus
grand obstacle à la discussion et à la formation d'une
opinion publique éclairée vient des monopoles qui
contrôlent les principaux secteurs de l'économie, y
compris les masse-médias, et les partis politiques au pouvoir
qui agissent comme gardiens du pouvoir avec pour fonction de maintenir
le peuple à l'écart.
C'est cette
réalité qui a mené le Parti au pouvoir au
Québec à décréter les conditions d'emploi
des travailleurs du secteur public et la politique des garderies envers
et contre tous. Ces décrets sont inacceptables,
anti-scientifiques, antisociaux, antinationaux et une insulte. Ils
doivent être renversés. Le pouvoir arbitraire du
décret
exécutif insuffle à la politique un caractère
subjectif et ne peut faire autrement que de mener à
l'incohérence et à la crise.
Le pouvoir
arbitraire du décret exécutif du Parti au pouvoir
détruit le discours public, l'opinion publique et la
participation du peuple aux affaires politiques. Avec le gouvernement
par décret, la politique devient de plus en plus la
chasse-gardée des riches et des puissants et un moyen par lequel
les monopoles transforment
impunément toute la production sociale et l'approvisionnement en
biens et services, y compris les secteurs traditionnellement
considérés comme relevant du domaine public, comme l'eau
et les systèmes d'égouts, en autant de moyens de
bâtir leurs empires privés.
Non aux lois
injustes! Le renouveau démocratique du processus politique est
à l'ordre du jour!

Non à la «responsabilité
collective» du gouvernement Charest de payer les riches!
- Serge Patenaude* -
Le 28 février dernier, le gouvernement du
Parti libéral du Québec annonçait une hausse des
tarifs d'électricité de 5,3% à compter du 1er
avril 2006. Il s'agit de la quatrième hausse depuis avril 2004,
pour une hausse totale de près de 11%. Dans la même
foulée de l'offensive antisociale néolibérale,
sont annoncées des demandes de hausses
supplémentaires de 12,2% en 2007, de près de 6% en 2008
et ainsi jusqu'en 2011.
La Régie de l'énergie du
Québec a approuvé le plan d'Hydro-Québec pour
obtenir des revenus de 10 milliards $ en 2006, en hausse de 463
millions $ par rapport à 2005 («Ce qui explique sa demande
de hausse de tarifs de 5,3%»), pour faire des investissements de
693 millions $ et pour obtenir un rendement de 7,75%, et ce, à
l'heure même où Hydro-Québec a soutiré des
«bénéfices» de 2,435 milliards $ en 2005.
La Régie déclare, dans un sommaire de
sa décision rendue publique le 28 février 2006,
qu'«aux fins réglementaires, le Distributeur
Hydro-Québec dans ses activités de distribution
d'électricité est une entité indépendante
et distincte. Il peut, selon la Loi sur la Régie de
l'énergie, faire modifier ses tarifs afin de
récupérer ses coûts de capital et d'exploitation,
ce qui inclut un rendement raisonnable déterminé par la
Régie sur les investissements consacrés à la
distribution de l'électricité au Québec. Ces
coûts constituent le «revenu requis» du
Distributeur.»
«La Régie reconnaît que toute
hausse tarifaire entraîne une pression supplémentaire sur
le revenu disponible des consommateurs à faible revenu.
Néanmoins, la Régie considère qu'il est
souhaitable que les consommateurs connaissent le coût réel
de l'électricité qu'ils consomment car cela leur permet
d'effectuer des choix éclairés
et les incite à adopter des comportements qui favorisent les
économies d'énergie.»
«Par ailleurs, note la Régie, cette
augmentation est inférieure à celles qu'ont subies toutes
les autres formes d'énergie, qu'il s'agisse du mazout, de
l'essence ou du gaz naturel.»
«Au Québec, la consommation
d'électricité dépasse maintenant le volume
d'électricité patrimoniale, qui s'élève
à 165 TWh (T'mille milliards). Pour être en mesure de
faire face à la demande en 2006, le Distributeur prévoit
acheter pour plus de 700 M$ d'électricité
post-patrimoniale, à 8,8¢/kWh en moyenne, environ trois
fois plus que le coût moyen de 2,79¢/kWh pour
l'électricité patrimoniale établi par la Loi
sur la Régie de l'énergie.»
Thierry Vandal, p.d.g. d'Hydro-Québec, s'est
dit satisfait de l'approbation de la Régie, laquelle
«permettra de rendre les clients plus conscients du coût
réel (sic!) de l'énergie qu'ils consomment et
qui pourra les inciter à des comportements favorisant les
économies d'énergie.» L'objectif d'économie
d'énergie, fixé
par le gouvernement du Parti libéral du Québec et
Hydro-Québec, a été porté à 4,1
milliards de kWh à l'horizon 2010.
Devant les médias, Thierry Vandal a
tenté de justifier les hausses de tarifs
d'électricité en disant qu'«il y a une forte
croissance de la demande», «que le marché
d'exportation est fort rentable» et «que s'il n'y avait pas
de croissance de la demande, il n'y aurait pas de hausse de
tarifs». Pour cela, il dit suivre «le cadre
réglementaire» et affirme que des investissements doivent
être faits.
Pierre Corbeil, ministre des Ressources naturelles
et de la Faune du Québec, lors d'un point de presse à
l'issue du conseil des ministres, a signifié que cette hausse
tarifaire devait inciter les consommateurs d'électricité
à faire des économies d'énergie. «Le signal
du prix est le meilleur outil pour encourager le consommateur à
l'efficacité et à l'économie
d'énergie.»
Il a également tenté de justifier la
hausse en disant que «Le Québec est la 3e juridiction
en Amérique du Nord (surligné par nous) qui
a le prix le plus bas» et que «75% de la hausse sera pour
acheter de l'électricité sur les marchés
extérieurs».
La politique énergétique du
gouvernement du Parti libéral du Québec
Le gouvernement du PLQ procède
depuis 2004 à des hausses de tarifs qui ont des effets
désastreux sur les familles québécoises de
même que sur nombre de petites et moyennes entreprises
industrielles, manufacturières et agricoles du Québec. Le
gouvernement du PLQ impose au peuple un appauvrissement qui en conduit
plus d'un à ne pas pouvoir se chauffer confortablement,
conformément aux normes établies en matière de
santé.
Ces dernières années,
Hydro-Québec a réalisé des milliards de dollars de
«bénéfices» annuels.
Mais à quoi sert et à qui servent
tous ces «bénéfices»? Qui en profitent?
Où vont tous ces milliards de
«bénéfices»? Le gouvernement du PLQ les met
au «bénéfice» de qui?
De même, à quoi sert toutes ces
«économies» d'énergie que les gens se voient
forcés de faire à cause de ce que le ministre Corbeil
appelle «le signal du prix», soit à cause qu'ils
n'ont pas les moyens de payer la facture s'ils maintiennent un
chauffage et un éclairage conforme à leurs besoins et aux
critères établis en matière de
santé, soit parce qu'on leur a fait croire qu'ils font des
«économies» pour une «bonne cause»?
Il faudrait d'abord que le gouvernement prouve
qu'il y a une pénurie d'énergie électrique, que la
capacité de production d'énergie hydro-électrique
est inférieure aux besoins (ce qu'ils appellent la demande)
internes de la nation du Québec. Et s'il prétend que la
capacité de production d'Hydro-Québec est
inférieure à la demande
ou aux besoins de la nation du Québec, alors, comment
expliquera-t-il qu'il vend une quantité massive
d'électricité à même le volume
d'électricité patrimoniale pour, — il s'en fait une
responsabilité — répondre à «la forte
croissance de la demande» du «marché d'exportation
fort rentable», comme le dit le p.d.g.
d'Hydro-Québec?
Et, s'il est «fort rentable», pourquoi
cela ne sert-il pas à améliorer le bien-être du
peuple québécois, à faire en sorte que les
Québécois paient moins cher l'électricité?
Et, s'il est «fort rentable», cette «forte
rentabilité» devrait servir à faire les
investissements requis pour maintenir et améliorer la
société d'État, ses unités de
production et de distribution et pour développer sa propre
capacité de production d'électricité par
l'énergie éolienne.
Or, après qu'Hydro-Québec aie vendu,
d'année en année, une quantité de plus en plus
massive d'électricité aux marchés
étrangers, principalement aux Américains, voilà
que Hydro-Québec et le gouvernement du PLQ deviennent de plus en
plus des acheteurs d'électricité sur les marchés
étrangers, au prix du marché
nord-américain (ce qui correspond à un prix de plus de
trois fois le prix du volume d'électricité patrimoniale
qui est de 2,79¢ le kWh). Une telle façon de faire
peut-elle être rentable? Rentable pour qui?
Hydro-Québec a invoqué, entre autres,
pour justifier sa demande de hausse des tarifs, le besoin de faire des
investissements. De quels investissements s'agit-il?
S'agit-il des «investissements»
qu'Hydro-Québec a fait et veut continuer de faire dans les
études sismiques et dans l'exploration de sources de gaz naturel
et de pétrole dans la péninsule gaspésienne et
dans son littoral (off-shore) pour que des consortium financiers et des
monopoles, à qui il a accordé tous les droits
d'exploitation,
retirent le maximum de profit des ressources naturelles de la nation du
Québec et des Premières nations du Québec?
S'agit-il des «investissements» que le
gouvernement du PLQ et Hydro-Québec font pour que des monopoles
de l'industrie de l'énergie éolienne produisent de
l'électricité qu'ils vont vendre à
Hydro-Québec au «prix du marché
nord-américain» pour leur garantir le profit maximum?
S'agit-il des «investissements» qu'Hydro-Québec
fera au niveau de ses infrastructures pour que ces monopoles puissent y
acheminer l'électricité de source éolienne?
S'agit-il des «investissements» que le
gouvernement du PLQ fait pour imposer des ports méthaniers, des
réservoirs de gaz naturel liquide et des usines de
transformation de ce gaz liquide pour répondre à la
«forte croissance de la demande» du «marché de
l'exportation» et aux réclamations des monopoles du gaz?
Ou s'agit-il encore d'«investissements»
pour subventionner des consortiums financiers et des monopoles pour
construire d'autres mini-centrales hydro-électriques
privées, lesquels vendront l'électricité à
Hydro-Québec au «prix du marché
nord-américain», soit le prix du profit maximum, le tout
facturé aux peuples du
Québec?
On se souvient des positions exprimées par
Jean Charest dans son discours de clôture du congrès des
membres du PLQ le 21 novembre 2004, concernant principalement
l'énergie. Il y a, disait-il, des principes qui sont clairs et
il y aura des questions auxquelles on devra répondre.
«L'Alberta s'est enrichie en vendant du
pétrole. Pourquoi est-ce qu'on devrait avoir des scrupules
à
s'enrichir collectivement (souligné par nous) en
vendant à nos voisins une électricité propre,
fiable et renouvelable? Est-ce que le Québec, en regard de sa
géographie et de son savoir-faire n'a pas une
responsabilité (souligné par
nous) d'offrir à ses voisins une énergie
renouvelable? Les Québécois sont prêts à ce
qu'on fasse à nouveau du développement
énergétique l'un des principaux leviers de notre
croissance économique. Ça nous appartient. C'est à
nous autres. Ça fait partie de ce que nous sommes. Notre
potentiel énergétique, c'est notre moyen le plus
sûr de générer de la richesse qui va nous permettre
de mieux soigner notre monde, de mieux éduquer nos enfants, de
mieux développer nos régions. C'est notre moyen le plus
sûr d'avoir une plus grande richesse à distribuer entre
les citoyens du Québec.»
À ce moment-là, il disait que le
Québec pourrait «s'enrichir collectivement» en
vendant de l'électricité aux États-Unis. Ce qu'il
a fait, c'est vendre de plus en plus d'électricité,
à un point tel que depuis 2004, le Québec se trouve dans
la position d'acheter de plus en plus d'électricité sur
les marchés étrangers. Les achats
d'électricité sont passés de 4,56 milliards en
2004 à 5,19 milliards en 2006 et les achats post patrimoniaux
étaient inexistants en 2004, selon des médias
écrits.
Mais qu'est-ce qui apparaît au Québec,
sans parler de l'Alberta, en terme de «s'enrichir
collectivement»? Ce qui apparaît, c'est la politique du
gouvernement du PLQ de faire durer plus longtemps le système
d'enrichir de plus en plus la minorité des
«collectifs» de monopoles et de bâtisseurs d'empires
dilapidant le trésor public
et pillant les ressources naturelles de la nation et, ce mal faisant,
d'appauvrir la majorité des collectifs du peuple et des nations
du Québec. Ce qui apparaît, dans les agissements du
gouvernement du PLQ et de sociétés d'État telles
qu'Hydro-Québec c'est la «responsabilité»
qu'ils ont pris de faire perdurer ce système dans lequel le
droit de
monopole vise à supplanter le droit et le bien public. C'est ce
qu'ils appellent «agir de façon responsable». Cela
ne doit pas passer.
La vaste majorité des collectifs de la
classe ouvrière, du peuple et des nations du Québec
doivent confronter le droit de monopole et s'opposer à la fraude
de la «responsabilité collective» de Jean Charest,
un euphémisme qui sert à nier la responsabilité
sociale du gouvernement envers le peuple et la nation. Ils doivent
trouver les
moyens de faire primer le bien public et le droit public et restreindre
le droit de monopole. Pour que se réalise «s'enrichir
collectivement» et «mieux soigner notre monde, mieux
éduquer nos enfants, mieux développer nos
régions», telle est la responsabilité sociale.

Mars 2006
La privatisation du parc
du Mont-Orford ne doit
pas passer!
- Serge Lachapelle* -
Plus de 3 000 personnes ont répondu
dimanche le 26 mars à l'appel de la coalition SOS parc Orford et
demandé l'abandon de la privatisation partielle de cette aire
actuellement protégée. Selon un sondage récent,
76% des Québécois s'opposent à la privatisation
partielle du Mont-Orford. Plus de 200 organismes oeuvrant pour la
sauvegarde
de l'environnement se sont prononcés contre cette privatisation.
Même le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE)
est d'avis qu'en l'absence d'un appui de la population on ne devrait
pas aller de l'avant avec la privatisation.
Malgré sa promesse faite aux Amis du
Mont-Orford lors de l'élection 2003 comme quoi «un
gouvernement libéral ne donnerait le feu vert à un projet
immobilier que s'il y avait une large approbation sociale»,
malgré l'avis juridique demandé par l'ex-ministre du
Développement durable, Thomas
Mulcair qui mentionne que la construction de 1 000 condos à
l'intérieur du parc est illégale, le gouvernement Charest
a décidé d'aller de l'avant. Comme l'article 5 de la Loi
sur les parcs stipule que «les terrains faisant partie d'un
parc ne peuvent faire l'objet de vente ou d'échange», le
gouvernement adoptera une loi spéciale pour
en permettre la privatisation.
Selon les reportages, l'ex-ministre de
l'Environnement Jacques Brassard a dit qu'«un gouvernement
élu démocratiquement ne doit pas céder à
tout bout de champ devant les manifestants», ajoutant que
«le gouvernement perd le respect de la population quand il ne
fait pas ce qu'il a dit qu'il ferait». Il
a oublié de dire que Charest a dit qu'il ferait une chose avant
d'être élu et une autre une fois au gouvernement. Si le
gouvernement «perd le respect de la population», c'est
à cause du vice fondamental de la démocratie
représentative.
Mais l'arrogance et le mépris de la
volonté populaire des libéraux n'ont pas
démoralisé les manifestants. «Avec la force de la
population, on peut faire en sorte qu'ils révisent leur
décision, qu'ils retirent leur projet de loi spéciale et
qu'ils respectent la Loi sur les Parcs», de dire la
présidente de Memphrémagog Conservation, Gisèle
Benoît-Lacasse. Rassemblés devant la mairie du canton
d'Orford, les manifestants ont pu entendre Mélanie Desrochers,
membre du même organisme, dire que les opposants s'attaqueront en
priorité au projet de loi spéciale, une voie de
contournement «qui permettrait de vendre des terrains qui
appartiennent au public». Un recours judiciaire pour
empêcher la vente de 640 hectares de terrains est
également envisagé.
La chanteuse et humoriste Clémence
Desrochers tenait à être présente. Elle a
profité de l'occasion pour promettre à son père le
poète Alfred DesRochers de se battre pour la montagne qu'il
aimait tant. La poète maintenant décédé
avait d'ailleurs publié en 1929 un recueil de poèmes
primé intitulé À l'ombre de l'Orford. Quant
à
l'auteur-compositeur-interprète Richard Séguin, il a
appelé à protéger ce «trésor
collectif». Pour l'écrivaine Marie Laberge la protection
de la montagne est avant tout une question de «respect».
«Respectez-nous», a-t-elle lancé à l'endroit
de M. Charest. Finalement, le maire de la municipalité du
canton d'Orford, Pierre Rodier, a mis en garde le gouvernement contre
la tentation de répondre à l'«appétit sans
fin des promoteurs sans conscience sociale».
Les opposants ont également lancé
une pétition invitant les libéraux à
«respecter la Loi sur les Parcs» et à
«renoncer à ces projets de vente de terrain et de loi
spéciale afin d'assurer l'intégrité
écologique et territoriale du parc national du
Mont-Orford». Selon eux, «l'intégrité des 23
parcs nationaux de la province est menacée». À ce
jour 29 526 signatures ont été recueillies. La population
est également invitée à participer à une
manifestation qui se tiendra à Montréal de 22 avril, dans
le cadre de la Journée de la Terre.

Pertes massives d'emplois industriels
au
Québec en 2005-2006
- Normand Chouinard* -


3
février 2007: Militante manifestation de 4 000 persronnes dans
les rues de Valleyfield, Quebec, pour exiger que l'usine Goodyear reste
ouvert.
Le Québec compte d'importants
secteurs industriels, comme la foresterie et l'exploitation
forestière, l'industrie minière et métallurgique,
l'industrie aéronautique, pharmaceutique, du textile et du
vêtement, du meuble et du transport. Les pêcheries,
l'agriculture et tout le secteur agro-alimentaire occupent aussi une
place importante dans
l'industrie au Québec. À cela s'ajoute le secteur de
l'énergie et Hydro-Québec. Ces secteurs de
l'économie nationale du Québec sont indispensables aux
secteurs des services et du commerce au détail, ainsi qu'au
secteur public, dont la santé et l'éducation. De
même, le travail des travailleurs de la santé, de
l'éducation, des services sociaux, des
loisirs, des sports et de la culture est essentiel à l'avenir et
au développement de l'économie nationale et de la
société. Il sert au bien-être des travailleurs et
du peuple et il prépare la jeune génération.
Le Québec a perdu 33 300
travailleurs dans le secteur industriel sur un total de 49 800 pertes
d'emploi en 2005. Au cours des trois dernières années, 71
000 travailleurs industriels ont perdu leur emploi. S'il y a eu 51 400
emplois créés au Québec pour la même
période de 2005, ils se retrouvent majoritairement dans le
secteur
des services. Ce secteur des services est composé
essentiellement de celui du commerce en gros et détail, de la
culture et des loisirs, de la finance et des assurances, de
l'hébergement et de la restauration et des services de soutien.
Il y aurait quelques emplois crées dans le secteur des services
professionnels, scientifiques et techniques. Le secteur de
la fabrication à lui seul au Québec compte plus de 540
000 travailleurs. En 2005, des milliers de travailleurs ont perdu leur
travail dans les secteurs de la foresterie, de l'aluminium, du textile
et vêtement, du meuble, et de l'agro-alimentaire.
Voici une liste des principaux secteurs
économiques qui ont été affectés par les
fermetures d'usines et le nom des usines qui ont fermé, et le
nombre de travailleurs qui ont perdu leur emploi en 2005. La liste
n'est pas exhaustive et on y trouvera aussi des données et des
projections pour l'année 2006 selon l'information qui est
disponible en ce moment.
Secteur de la foresterie, de
l'exploitation forestière et produits du bois
La Sarre, Québec, 16 mai
2005
Le monopole américain de l'industrie
forestière Bowater a mis fin aux activités pour une
période indéterminée de sa scierie de Girardville
(137 travailleurs).
Produits forestiers Saguenay, une scierie
qui est la propriété du monopole Abitibi-Consolidated, a
cessé ses activités (50 travailleurs). Cette fermeture
s'ajoute à celle du moulin à papier Port-Alfred qui a
jeté à la rue 640 travailleurs.
Fjorcell au Saguenay,
propriété de Cascades a temporairement cessé
toutes activités en novembre 2004 (74 travailleurs).
Smurfit-Stone a fermé son usine de
New Richmond en Gaspésie.(300 travailleurs)
Domtar a fermé pour une
période de temps indéfinie son usine de pâtes
à Lebel-sur-Quévillon et elle a mis les travailleurs en
lockout, provoquant la mise-à-pied de 700 travailleurs. Domtar a
aussi fermé ses scieries de Grand Remous (130 travailleurs) et
de Malartic en Abitibi-Témiscamingue.(100 travailleurs)
Tembec a fermé son usine de Portneuf
dans la région de Québec (165 travailleurs) et
prévoit continuer sa réorganisation antiouvrière
en 2006, ce qui mènera à plusieurs autres pertes
d'emplois.
Papiers Stadacona dans Limoilou a
congédié 315 ouvriers sur 1000 travailleurs
présentement actifs.
Fermeture de Uniboard en Gaspésie
(240 travailleurs) .
225 emplois sont perdus à la scierie
Davidson (Outaouais)
Cascades a licencié 100 des 400
travailleurs de l'usine de St-Jérome dans la région de
Montréal.
Le monopole américain
Kimberley-Clark a fermé son usine de St-Hyacinthe mettant
à pied plus de 300 travailleurs
23 mai 2006: plus de 200
travailleurs forestiers et résidents de la région de
l'Abitibi marchent en direction du bureau du ministre des Ressources
naturelles et de la Faune, Pierre Corbeil.
C'est plus de 4 000 emplois qui ont
été perdus dans le secteur de la forêt et de
l'exploitation forestière en 2005. Se basant sur les
prévisions de 2005 d'Emploi-Québec, contenues dans sa
publication "Le marché du travail et l'emploi sectoriel au
Québec , 2005-2009)", la Fédération des
travailleurs du Québec( FTQ), prévoit que
5 200 travailleurs perdront leur travail dans ce secteur dans les trois
années qui viennent en plus de 7 800 autres travailleurs dans
les entreprises fabriquant des produits dérivés.
L'impact de ces fermetures est d'autant
plus fort que plusieurs des villes affectées sont
monoindustrielles et vivent entièrement de l'industrie
forestière. Lebel-sur-Quévillon, par exemple, compte
environ 3,000 personnes, et l'usine de Domtar qui est actuellement en
lockout et sans perspective de réouverture immédiate, y
emploie à
elle seule environ 700 travailleurs.
Aluminium
Alcan a fermé à la fin de
2004 ses cuves Soderberg au Saguenay (560 travailleurs) et
prévoit d'ici 2010 fermer les usines de Beauharnois et de
Shawinigan.
Agroalimentaire.
Le monopole Olymel a récemment
fermé ses usines de Magog (401 travailleurs), Granby (77
travailleurs) et Laval (60 travailleurs) et prévoit fermer en
2006 ses usines de St-Jacques de Montcalm, deux usines de production de
bacon à Princeville (95 travailleurs) et l'usine de St-Simon
(520 travailleurs). De plus, elle a forcé des
concessions majeures aux travailleurs des usines de Princeville et de
St-Hyacinthe et poursuit la même tactique avec l'usine de
Vallée-Jonction.
Exceldor, une coopérative avicole,
prévoit fermer une de ses usines d'abbattage et de
transformation de volaille, soit celle de St-Anselme ou de St-Damase.
Industrie du Textile et du
vêtement
55% de la production du secteur du textile
et des vêtements au Canada se fait au Québec. Selon les
mêmes prévisions d'Emploi-Québec , plus de 15 900
travailleurs des textiles, produits textiles, vêtements et
produits du cuir auront perdu leur travail au Québec au cours de
la période de 2005 à 2009.
En 2005, cinq usines appartenant à
Cleyn and Tinker ont fermé dans la seule ville de Huntingdon
(500 travailleurs). Denim Swift (150 travailleurs) a fermé ses
portes à Drummondville et les patins Bauer ont mis fin à
leurs activités à St-Jérôme en 2004. A
Thetford Mines, 85 des 170 travailleurs de Keystone seront mis à
pied dès
le 28 avril 2006.
Industrie du Meuble et autres produits
connexes
Shermag dans le secteur du meuble au
Québec a fermé quatres usines: Scottstown (84
travailleurs), Victoriaville (160 travailleurs), Lac-Mégantic
(45) et St-Léonard (70 travailleurs). Cette compagnie, en plus
d'exiger des concessions de ses travailleurs dans ses autres usines
dont celles d'Israeli en Estrie, menace maintenant
d'autres travailleurs de fermer l'usine s'ils ne font pas des
concessions. C'est le cas pour l'usine d'Acton Vale. Malgré les
concessions, 44 travailleurs ont perdu leur emploi à D'Israeli
et les 120 travailleurs d'Acton Vale sont menacés de fermeture.
6 700 travailleurs de l'industrie du meuble sont menacés de
perdre leur emploi d'ici 2009.
Secteur du Transport
L'usine de fabrication d'autobus
Prévost a mis à pied plus de 250 travailleurs dans la
région de Québec en début février 2006.
Cette liste de fermetures d'usines et des
pertes pour le Québec de milliers de travailleurs industriels
est loin d'être exhaustive ni finale. Elle trace un portrait des
décisions antiouvrières qu'ont prises des monopoles comme
Alcan, Abitibi-Consolidated, Domtar, Tembec, Olymel, Shermag et
plusieurs autres en 2005.
De plus, ce qu'on appelle au Québec
les PME, les petites et moyennes entreprises, représente aussi
un grand nombre d'installations industrielles qui dépendent pour
leur survie des contrats qu'elles reçoivent des monopoles d'ici
ou de l'étranger. Plusieurs travailleurs industriels des PME ont
aussi perdu leur travail. La situation
ne saurait s'améliorer dans ces secteurs pour les trois
prochaines années selon Emploi-Québec.
Selon les prévisions pour 2005-2009,
on prévoit que sur 20 nouveaux emplois crées au
Québec, 19 d'entre eux proviendront du secteur des services. La
perte des travailleurs industriels et la fermeture des usines, la
dévastation de secteurs économiques et des régions
se traduit par une réduction énorme de la richesse
sociale
produite au Québec. Les conséquences sont
dévastatrices pour l'économie du Québec et le
niveau de vie des travailleurs et du peuple.
Les travailleurs et les communautés
s'organisent et s'opposent aux ravages et dénoncent le
gouvernement qui se défile devant sa responsabilité
sociale et qui tente d'instituer que le droit de monopole vient avant
le droit public. Ils font face à la tâche de s'organiser
pour priver les monopoles du pouvoir de provoquer la
dévastation dans l'économie et dans la vie des
travailleurs et du peuple.

Mai
2006
Le
gouvernement du Québec prépare un projet de loi pour
faciliter l'expulsion des locataires
Après
avoir annoncé qu'il n'y aura aucune mesure d'urgence pour les
locataires qui se retrouveront sans logement le 1er juillet, le
gouvernement du Québec s'apprête à adopter un
projet de loi permettant d'expulser de manière expéditive
les locataires dont le loyer est en retard de trois semaines. Selon les
informations recueillies par Le
Devoir, le locataire recevrait par huissier une copie de la
plainte pour non-paiement de loyer, un formulaire de contestation et se
verrait assigner une date d'audience. S'il ne conteste pas par
écrit la plainte du propriétaire dans un délai de
dix jours, il serait automatiquement condamné par un greffier,
ce qui entraînerait son expulsion du
logement. On se rappellera que le gouvernement de Mike Harris avait
adopté une procédure semblable en 1997, une
procédure qui avait été vivement critiquée
par les associations de locataires ontariennes.
L'attaché
de presse de la ministre des Affaires municipales,
Nathalie Normandeau, a mentionné que la nouvelle
procédure préconisée permettra de libérer
des régisseurs afin qu'ils consacrent davantage de temps
à d'autres causes plus litigieuses. Mais comme le souligne le
Front d'action populaire en réaménagement urbain
(FRAPRU) l'engorgement actuel de la Régie du logement est
d'abord lié aux compressions budgétaires successives dont
le tribunal a été victime. Son budget annuel est
passé de 17,2 millions $ en 1992-1993 à 16,1 millions en
2004-2005 et ce, au moment où le nombre de causes est
passé de 75 000 à 84 000. Le nombre de régisseurs
est passé de
37 à 32. Les causes pour non-paiement de loyer sont
malgré tout les plus rapides à la Régie,
puisqu'elles sont entendues dans un délai de 1,3 mois, alors que
des causes présentées par des locataires pour
harcèlement ou perte de jouissance des lieux prennent en moyenne
14,5 mois.
Le FRAPRU
et le Regroupement des comités logement et associations de
locataires du Québec (RCLALQ) invitent le gouvernement à
agir sur les causes de l'incapacité de payer le loyer.
«Les montants d'allocation-logement n'ont pas été
indexés depuis 1997 au Québec. Aucun nouveau HLM n'a
été financé depuis douze ans. Les
prestations d'aide sociale sont à un niveau scandaleusement bas
de 543$ par mois et les chèques de la majorité des
locataires n'ont été indexés qu'à
moitié au cours des deux dernières années. Le
salaire minimum n'a pas suivi le coût de la vie. Quant aux
loyers, le gouvernement les a laissés grimper en cinq ans de 21%
à Montréal, de 22% à
Gatineau et de 20% à Québec, sans se donner la peine
d'intervenir. Si le gouvernement veut s'attaquer au problème du
non-paiement et de l'engorgement qu'il entraîne à la
Régie, c'est dans sa propre cour qu'il devrait faire le
ménage» souligne le coordonnateur du FRAPRU,
François Saillant.

Février 2007
Les travailleurs d'Olymel sont
déterminés à défendre leurs droits contre
le diktat de la compagnie
Le 13 février, après
quatres tentatives infructueuses, le monopole de l'industrie du porc et
de la volaille Olymel est finalement parvenu à imposer des
concessions antiouvrières à ses travailleurs de
Vallée-Jonction. Cela n'a été possible que par une
campagne brutale de chantage et de manoeuvres, avec la participation
éhontée du gouvernement
Charest qui était déjà en train de préparer
«l'après Vallée-Jonction» avec Olymel.
On a agi avec les travailleurs comme si
l'affaire était déjà conclue. D'un
côté, l'acceptation de «l'offre ultime» pour
sauver les emplois, de l'autre, une fermeture certaine qui exclurait
les travailleurs des nouveaux plans de la compagnie et les rendrait
indésirables dans la région.
Selon les médias, le
conciliateur aurait bonifié «l'offre ultime»
d'Olymel en adoucissant certaines concessions sur les vacances et la
santé-sécurité et en retardant l'application des
concessions jusqu'à l'expiration de la convention collective,
à la fin septembre 2007. Même si les détails de
l'entente n'ont pas été révélés, on
estime que
les concessions arrachées se montent à 12 millions $ par
année en coupures de salaires et d'avantages sociaux. L'entente
prévoit aussi un important remaniement des règles de
travail dont le plein effet ne sera ressenti qu'au fil du temps. Les
travailleurs de Vallée-Jonction auraient accepté l'offre
suite aux modifications faites par le
conciliateur.
Le Marxiste-Léniniste
condamne la propagande faite à présent par Olymel et son
négociateur Lucien Bouchard pour écraser l'esprit de
résistance des travailleurs et de toute une région.
Bouchard a dit que les travailleurs ont dû consentir des
«sacrifices» et admis que leur convention collective a
été pulvérisée, pour
ensuite ajouter que ce vote pour des concessions dont les travailleurs
ne voulaient pas est une «victoire collective» et
l'expression de «la solidarité sociale» qui existe
dans la région. Le résultat du vote a montré que
les travailleurs ont finalement été convaincus qu'il
fallait accepter les demandes de la compagnie pour le bien de tous,
dit-il.
La vérité, c'est
qu'Olymel, Bouchard et les autres, dont le gouvernement Charest, ont
brutalement imposé ces concessions en utilisant le pouvoir de
l'État. Il faut être le porte-parole de forces sociales
particulièrement détestables pour dire que ce diktat de
monopole est l'expression d'une «solidarité sociale».
Il n'y a pas de communauté
d'intérêts entre ce diktat brutal et les travailleurs et
la région. Les concessions antiouvrières
représentent un énorme transfert de richesse sociale des
mains des travailleurs, qui l'ont produite, et de la région vers
les coffres d'Olymel. Les travailleurs et la région n'ont aucun
contrôle sur ce qu'il advient de
cette richesse. Suggérer qu'elle servira au développement
et à la prospérité de la région, c'est se
moquer du monde.
Cette désinformation a un but,
et c'est de faire ressentir aux travailleurs le poids de l'impuisance
pour qu'ils ne songent plus à s'organiser pour changer la
situation. Mais ils peuvent repousser le diktat exercé contre
eux et contre les intérêts du Québec en mettant
à profit le poids du nombre et de l'organisation et la justesse
de leur
cause.
Les travailleurs savent que leurs
conditions de travail et de vie dans le secteur vont se
détériorer et qu'aucun problème de l'industrie n'a
été résolu. Ils ont bien vu qu'Olymel a
refusé de s'engager à maintenir l'usine de
Vallée-Jonction ouverte à court terme ou a long terme. La
seule conclusion à tirer, c'est que la sécurité
s'obtient
en défenant leurs droits et les droits de tous. C'est aussi que
les travailleurs doivent en tout temps agir en tant que force
organisée et informée tant au niveau de l'usine, de la
région, de l'industrie et de l'ensemble du Québec face
aux plans du gouvernement et des intérêts étroits
qu'il sert. Ils peuvent ainsi formuler des stratégies pour
défendre la
dignité du travail dans chaque situation. Même dans les
circonstances les plus favorables, ce n'est pas le libellé de la
convention collective qui défend les travailleurs, c'est leur
action unie pour forcer les capitalistes monopoles à se conduire
comme il faut.
Le Marxiste-Léniniste
appelle tous les travailleurs à développer leur appui aux
travailleurs d'Olymel alors qu'ils se préparent à
affronter la réorganisation antiouvrière d'Olymel, qui
demande un «maximum de souplesse» dans ses
opérations. Il faudra l'appui organisé de tous les
travailleurs du Québec pour affronter
cette offensive.
Les travailleurs d'Olymel, en abordant
la nouvelle phase de leur lutte, sont de plus en plus conscients qu'il
faut empêcher les monopoles d'isoler les travailleurs et
d'exercer un chantage contre eux. On peut le faire! Il faut le faire!

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