Le Marxiste-Léniniste

Numéro 18 - 21 février 2007

Le mandat Charest en revue

Le programme de payer les riches du gouvernement Charest et le besoin de renouveau démocratique


100 000 personnes à la manifestation du Premier Mai 2004 à Montréal

Juin 2003

Montréal s'oppose vigoureusement aux menaces du gouvernement du Québec dans le secteur des services de garde

Novembre 2003

Les libéraux déclarent le Québec ouvert au capital financier américain

Avril 2004 - Un an du gouvernement Charest

C'est au peuple de décider dans quel monde il veut vivre! Annexion non! Souveraineté oui! - Parti marxiste-léniniste du Québec
Une année d'affrontements! - Centrale des syndicats du Québec
Le gouvernement Charest n'a pas respecté ses promesses en éducation - Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ)
Le plan caché du gouvernement Charest - J'ai jamais voté pour ça

Mai 2004

Manifestation historique à Montréal: Les travailleurs de tout le Québec s'opposent au programme antisocial et antinational du gouvernement Charest

Novembre 2004

Non à la destruction du tissu social du Québec: Arrêtez de payer les riches! Augmentez le financement des programmes sociaux!
Les étudiants du Québec rejettent le diktat du droit de monopole: L'éducation est un droit! Arrêtez de payer les riches! Augmentez l'investissement dans les programmes sociaux!

Mars 2005

230 000 étudiants en grève: Appuyons leur juste lutte! - Déclaration du Parti marxiste-léniniste du Québec

Avril 2005

Deux ans du gouvernement par décret - Déclaration du Parti marxiste-léniniste du Québec (PMLQ)

Décembre 2005

À bas les lois matraques du gouvernement Charest! - Déclaration du Parti marxiste-léniniste du Québec
Le «sens de responsabilité» antisociale du premier ministre libéral

Février 2006

L'argument économique du Parti libéral pour attaquer les travailleurs du secteur public ne tient pas
Non à la «responsabilité collective» du gouvernement Charest de payer les riches! - Serge Patenaude

Mars 2006

La privatisation du parc du Mont-Orford ne doit pas passer! - Serge Lachapelle
Pertes massives d'emplois industriels au Québec en 2005-2006 - Normand Chouinard

Mai 2006

Le gouvernement du Québec prépare un projet de loi pour faciliter l'expulsion des locataires

Février 2007

Les travailleurs d'Olymel sont déterminés à défendre leurs droits contre le diktat de la compagnie

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Juin 2003

Montréal s'oppose vigoureusement
aux menaces du gouvernement du Québec
dans le secteur des services de garde

Plus de 25 000 travailleuses et travailleurs et des familles ont marché dans les rues du Centre-ville de Montréal le 14 juin dernier. Depuis le mois de mai les travailleuses en service de garde font circuler des pétitions (107 000 noms à ce jour) et des lettres ouvertes afin de s'opposer aux menaces du gouvernement du Québec de retirer du financement des services de garde et d'ouvrir la voie à la privatisation de ce secteur. Ce mouvement d'intervenantes auprès de la petite enfance et de familles s'est donné rendez-vous pour manifester publiquement ses demandes. Les manifestants, en grande majorité des femmes, sont venus de toutes les régions du Québec, de l'Outaouais à la Côte Nord.

Au début de juin, la ministre déléguée à la famille, Carole Théberge, a annoncé l'ajout de 3 000 nouvelles places en garderie privée. Cette mesure met fin au programme d'universalité des services de garde à 5$ initié par le gouvernement péquiste en septembre 2000. Durant la dernière campagne électorale, le P.Q. s'était engagé à créer 173 000 places avant la fin de son prochain mandat. Il avait aussi imposé un moratoire sur l'expansion des garderies à but lucratif jusqu'en 2002. Bien que le principe des garderies à 5$ était une avance pour l'ensemble des familles, le réseau n'a jamais répondu aux besoins des familles à cause du nombre trop limité de places. Par exemple, dès que les femmes étaient enceintes, elles devaient inscrire leurs futurs bébés sur de longues listes d'attente sans aucune garantie d'accès au service au temps opportun.

Jean Charest a déclaré qu'il sait que certaines de ces décisions seront impopulaires. Se cachant derrière le sacro saint «déficit zéro» il a dit: «Les québécois veulent aussi que leur gouvernement adopte des budgets qui soient balancés. Nous avons promis de le faire. Nous allons avoir un budget balancé et pour ce faire nous allons avoir à prendre des décisions difficiles». «Nous voulons que les parents aient accès aux places en garderie. Et nous examinons comment nous allons le faire financièrement».

Des participantes à la manifestation de Montréal ont souligné la lutte menée depuis 30 ans pour permettre aux enfants d'avoir un encadrement sécuritaire et éducatif durant la journée afin que la responsabilité du bien-être et de l'épanouissement de la jeune génération ne repose pas uniquement sur les épaules des familles. Les slogans de la foule et le contenu des pancartes dénonçaient le recul que le gouvernement de Jean Charest tente d'imposer à la société toute entière en plaçant le fardeau de l'éducation et la socialisation des jeunes enfants sur le dos des familles, sachant que les femmes en seront les premières victimes.

«C'est un bien commun appartenant au Québec, a lancé une intervenante, nous ne voulons plus voir nos enfants laisser à eux-mêmes et se promener avec une clef dans le cou», a-t'elle ajoutée, faisant référence aux 1 500 services de garde en milieu scolaire où on retrouve près de 225 000 enfants.

Des porte-parole de l'Association québécoise des centres de la petite enfance, de l'Association des services de garde en milieu scolaire, de la CSN, la CSQ, la FTQ et de la Fédération des femmes du Québec ont tour à tour pris la parole à la fin de la manifestation. Elles ont toutes souligné combien la bataille a été féroce pour les travailleuses et les familles afin de doter le Québec de services de garde. Le démantèlement des garderies à 5$ est une attaque contre les familles les plus démunies et il n'est donc pas question de retour en arrière. De plus, la demande des familles et des travailleuses est d'améliorer et développer largement le réseau des services de garde à prix modiques ainsi que l'élévation des conditions de travail des personnes qui y oeuvrent, ont-elles dit. L'opposition militante au démantèlement des programmes sociaux a été chaleureusement applaudie. Faisant référence aux paroles de Jean Charest, une oratrice a dit que «l'avenir du Québec ce n'est pas l'entrepreneurship, mais plutôt les gens qui ont pris la rue.» La mobilisation contre l'offensive antisociale des libéraux de Jean Charest et la lutte pour l'établissement de services de garde de qualité accessible à tous avec des conditions de travail adéquates pour les travailleuses se poursuivra, ont dit les oratrices à la foule.

(LML, 4 juin 2003 — numéro 71)

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Novembre 2003

Les libéraux déclarent le Québec ouvert
au capital financier américain

Le premier ministre du Québec, Jean Charest, a dit à des capitalistes financiers américains réunis à New-York en octobre que le Québec garantirait le droit du capital financier américain d'exploiter le sol et le travail du Québec. Selon les médias, le premier ministre Charest a promis un Québec grand ouvert aux investisseurs américains, avec un engagement additionnel à tout faire pour que l'État québécois «ne soit pas un obstacle» au secteur privé.

«Nous allons réduire les contraintes pour le secteur privé en simplifiant la réglementation et la bureaucratie», a dit le premier ministre au groupe de 20 représentants de firmes financières américaines dont JP Morgan, Pricewaterhouse Coopers et GTI Capital le 3 octobre.

Charest les a assurés qu'il souhaitait voir une croissance considérable de l'investissement du secteur privé au Québec et que le gouvernement du Québec désire les assister par tous les moyens possibles.

Moody's dit au gouvernement du Québec
d'intensifier l'offensive antisociale

Au lendemain de la visite du premier ministre du Québec aux États-Unis, la firme newyorkaise de notation de crédit Moody's a rendu public son rapport annuel sur le Québec, rapport qui s'adresse en particulier aux investisseurs potentiels. Elle y annonce qu'elle maintient la cote «A1 avec perspectives positives» pour le Québec. Cette cote «reflète une amélioration de sa performance financière au cours des cinq dernières années et une tendance graduelle à la baisse du fardeau de la dette», indique Moody's. Le fardeau de la dette du Québec est passé de 49,2% du PIB en 1998-99 à 45,6% en 2002-03, selon Moody's. La firme avait déjà accordé cette cote au Québec au mois d'août 2002; elle était, avant cette date, à «A1 avec perspectives stables».

«Les budgets équilibrés des récentes années ont constitué un retournement significatif par rapport à une époque de gros et récurrents déficits (...) Les résultats améliorés ont réduit, mais pas éliminé, le besoin pour du nouveau financement parce que la province doit couvrir la différence entre ses résultats budgétaires et ses besoins actuels en liquidités.»

En même temps, Moody's soutient que la dette du Québec a notamment augmenté — même si le ratio dette-PIB a diminué — en raison d'emprunts hors-budget dont les emprunts de la société d'État, la Société générale de financement du Québec, qui sont endossés par la province. Le fardeau de la dette du Québec s'est (donc) amélioré, selon Moody's, grâce à une croissance plus lente du taux d'endettement alliée à une expansion économique.

«La série de budgets équilibrés de la province (...) sera mise à l'épreuve l'an prochain lorsque plusieurs mesures temporaires adoptées pour équilibrer les comptes cette année seront arrivées à échéance, a précisé Moody's. Si cela représente un défi, le gouvernement élu cette année a indiqué qu'il est déterminé à mettre en oeuvre les mesures nécessaires au maintien de fondations financières saines.» Elle a indiqué aussi que la cote A1 avec perspectives positives a été donné en se basant sur les promesses du gouvernement Charest en matière de finances publiques

Moody's écrit par ailleurs dans son rapport que la victoire du Parti libéral contre le Parti québécois lors de l'élection d'avril dernier «renforce notre compréhension que des changements majeurs aux arrangements constitutionnels au Canada qui résulteraient en (l'accès à) la souveraineté du Québec sont devenus plus éloignés».

La firme Moody's Investors Service existe depuis le début du siècle pour donner aux investisseurs des indicateurs de risque sur des compagnies, individus et gouvernements. Elle utilise les cotes Aaa à C, où Aaa est une cote dite «exceptionnelle», Aa «excellente», A «bonne» et Baa «acceptable». Les cotes Baa3 à Ba3 indiquent que les investissements sont plus à risque.

(LML 6 novembre 2003, numéro 125)

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Avril 2004 - Un an du gouvernement Charest

C'est au peuple de décider dans quel monde
il veut vivre! Annexion non! Souveraineté oui!

 

 
Montréal, 14 avril 2004


Depuis son arrivée au pouvoir, le gouvernement libéral de Jean Charest a provoqué un grand chaos dans l'organisation sociale du Québec forçant une mobilisation générale constante contre l'offensive antisociale qu'il mène depuis son élection. La réorganisation tout azimut de la société (réingénierie) s'est attaquée à l'édifice même de la société québécoise en s'attaquant à toutes les institutions publiques en santé, services sociaux et en éducation. Le gouvernement a franchi un pas de plus pour déresponsabiliser l'État face aux demandes de ses citoyens. Au lieu de développer tout l'appareil d'État pour assurer la garantie des droits de toutes et tous, il impose à la société un retour en arrière et une notion archaïque que chacun doit suffire à ses besoins et ne rien demander à l'État. Parallèlement, le gouvernement Charest est totalement dédié à sauvegarder le droit des monopoles au détriment de la population entière, au détriment du moyen de subsistance, comme c'est le cas chaque foi qu'une usine ferme parce que le monopole a décidé de déménager sa production ailleurs. Hormis le mouvement de protestation qui est un élément très important de la lutte que mène le peuple québécois actuellement contre le gouvernement Charest, la question principale pour la classe ouvrière et le peuple du Québec est de comment décider des choses qui les concernent entre les élections ainsi que pendant la période électorale période durant laquelle ils sont le plus marginalisés. Comment avoir le pouvoir qui institue des mécanismes pour exiger des gouvernants de rendre des comptes et de gouverner dans l'intérêt de la majorité. Tant que l'appropriation du pouvoir de décider par l'ensemble de l'électorat ne sera pas résolu, il va falloir mettre comme premier point à l'ordre du jour que c'est le peuple qui doit décider dans quel monde il veut vivre!

 
Drummondville et Gaspé, 14 avril 2004

Depuis les actions d'opposition massive en décembre, le gouvernement a poursuivi son agenda anti-social avec l'annonce d'un budget au service des riches, un budget qui cache la réalité sur les énormes richesses créées par la classe ouvrière au Québec et qui ne fait que présenter la thèse qu'il y a des dépenses plus grandes que les revenus et qu'il faut un équilibre. Il a déclaré: «On a les mains liées, on doit composer avec ce qu'on a ». Il a poursuivi en essayant de faire croire que le PPP (partenariat public-privé) est la voie vers l'avant pour la santé au Québec, que le privé, qui correspond à la recherche du profit maximum, apporte l'orientation nécessaire pour défendre le système de santé au Québec. Dans les faits et gestes, le gouvernement Charest défend le principe que le Québec appartient aux monopoles.

Mais la richesse qui vient du travail et des ressources naturelles appartient à l'ensemble du peuple. C'est le peuple qui la crée, c'est lui qui transforme la matière, c'est à lui qu il appartient de décider de l'orientation de l'économie. Cette conception que le Québec appartient aux monopoles doit être dénoncée et un an du gouvernement Charest a montré quie c'est cette conception qui est défendue par le gouvernement. C'est une conception de destruction nationale, de vente de ses richesses suivant la loi du profit maximum, qui signifie l'annexion, le désastre social et la destruction de l'environnement. Pour le peuple, c'est l'appauvrissement sans limite des personnes âgées et des plus vulnérables.


Hull, 14 avril 2004

L' intensification de la résistance et l'opposition à l'ordre du jour Charest signifie en pratique l'affirmation dans cette résistance et cette bataille que le Québec appartient à l'ensemble des Québécois, que seule la classe ouvrière a intérêt à défendre le Québec dans l'intérêt de tous: ses ressources, ses richesses, son système de santé et d'éducation, son environnement social et naturel. Le gouvernement veut briser les collectifs qui sont des obstacles au droit des monopoles. Il attaque le droit du peuple québécois à sa souveraineté, celui de la liberté d'association des travailleurs, celui du droit de conscience en criminalisant les travailleurs, la jeunesse, les minorités nationales. Le gouvernement Charest s'est donné pour tâche d'enlever tous les ses obstacles à l'affirmation du droit individuel de posséder et d'exploiter le travail et les ressources naturelles dans le contexte de la mondialisation néolibérale. Alors il faut réaffirmer la justesse de la lutte des travailleurs du Québec, des femmes et de la jeunesse pour défendre ce qui leur appartient de droit. Un an du gouvernement de Jean Charest est un an de trop. Le Québec appartient à tout le peuple, son avenir exige que ce soit la voie majoritaire qui fasse force de loi et non l'inverse.

(LML, 14 avril 2004 - numéro 44)

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Une année d'affrontements!

366 jours après l'arrivée des libéraux/conservateurs au pouvoir à QUÉBEC, la société québécoise est scandalisée de l'affront que lui fait subir le gouvernement. Une année de reculs!

«[...]dans l'état actuel des choses, l'État québécois, par le poids qu'il exerce sur notre économie, nuit à la position concurrentielle du Québec. L'avenir économique du Québec, ce n'est pas l'interventionnisme, c'est l'entrepreneurship. Il nous faut nous adapter.[...]C'est un formidable projet que nous avons élaboré avec les Québécois. Nous allons insuffler un vent d'air frais au Québec. Nous allons ouvrir les fenêtres de notre grande maison. Nous allons nous donner une société dans laquelle nous serons plus libres et plus prospères. Le Québec sera plus stimulant pour chacun de nous.» (Jean Charest lors du Discours inaugural, avril 2003)

365 jours plus tard, c'est toute la société québécoise qui a reculé et c'est le patronat et le monde des affaires qui occupent le haut du pavé! Le vent d'air frais est devenu un courant glacial qui paralyse la société, détruit les liens de solidarité, renvoie à la jungle du «chacun pour soi».

- Refus de nommer une ministre à la Condition féminine; Augmentation des tarifs des services de garde; Augmentation des tarifs d'électricité et du transport en commun; Démantèlement de l'Observatoire sur la mondialisation; Démantèlement des régies régionales en santé; Démantèlement des conseils régionaux de développement; Démantèlement d'un pilier du Code du travail et ouverture tous azimuts à la sous-traitance; Travaux de réingénierie de l'État confiés à des firmes privées susceptibles d'en bénéficier; Menace de disparition des CLSC par fusions forcées avec les hôpitaux; Ouverture plus grande à la privatisation dans le secteur de la santé; Compressions en éducation et coupures dans les bourses aux étudiants; Téléquébec en danger; Menace de dégel des frais de scolarité à l'université et d'imposition de frais au cégep; Refus de la syndicalisation à certaines catégories de travailleuses; Fusions forcées d'accréditations syndicales; Levée du moratoire concernant les minibarrages privés sur les petites rivières; Retard dans la mise en place d'une véritable politique de l'eau; Défusions municipales; Fausse réforme du mode de scrutin; Compressions dans le Régime de rentes du Québec; Piétinement dans l'application de la loi sur l'équité salariale; Sous-traitance du communautaire; Remise en cause de l'accès aux services juridiques; Conciliation faiblarde face au fédéralisme centralisateur canadien; Présence au Forum économique de Davos, mais absence au Forum social de Mumbai; Démission devant le sort injuste fait au réfugié M. Cherfi et à tous les réfugiés dans la même situation; Coupures au ministère de l'Environnement et mettant en péril la survie des groupes écologistes; Détérioration programmée des prestations d'aide sociale pour les personnes sans contrainte à l'emploi en ne les indexant pas suffisamment.; Coupures au ministère des Relations avec les citoyens et de l'immigration; Plan de lutte à la pauvreté dilué. ...et la liste pourrait s'allonger encore...

Ce gouvernement bafoue des droits fondamentaux. Ce gouvernement fait reculer la démocratie. Nous devons l'empêcher de faire plus de dégâts.

Pendant 366 jours, le FRONT de la société québécoise a maintenu le cap sur les mobilisations solidaires face à l'AFFRONT du gouvernement.

À peine un mois après l'arrivée du gouvernement Charest au pouvoir, les grandes mobilisations des différents secteurs de la société québécoise et des différentes régions du Québec ont commencé et n'ont pas cessé depuis:

Parents et travailleuses et travailleurs des services de garde, syndicats, Collectif pour un Québec sans pauvreté, Coalition solidarité santé, Écologistes, Étudiantes et Étudiants, Groupes communautaires autonomes, Mouvement pour les arts et les lettres, Mouvement féministe avec la grande mobilisation du 8 mars «La riposte des femmes. Ensemble, tout est possible!»

Le Réseau de vigilance a sonné l'alarme le 21 octobre dernier lors de la rentrée parlementaire et orchestré l'opération «consultations prébudgétaires», forçant ainsi le ministre Séguin à écouter la population avec ses deux oreilles: l'une, fixée sur les mémoires entendus à l'intérieur de la Commission et l'autre, rivée aux protestations à l'extérieur de la Commission.

Dans toutes les régions du Québec, la population s'est mobilisée et a fait comprendre au gouvernement Charest qu'elle n'avait pas voté pour cette entreprise de démolition et de saccage des biens collectifs et des outils de la solidarité sociale. Les mobilisations citoyennes ont permis d'éviter le pire... pour l'instant: tergiversations sur le sort du projet du Suroît, report du démantèlement des organismes de condition féminine, amélioration des mesures pour les familles à faible revenu, à la sortie du dernier budget. La chute de popularité dans les sondages a forcé le gouvernement à bouger. Présentement, il fait du «surplace». Mais il garde le cap sur sa réingénierie. Nous devons l'empêcher de faire plus de dégâts.

(LML, 14 avril 2004 - numéro 44)

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Le gouvernement Charest n'a pas respecté
ses promesses en éducation

Le gouvernement CHAREST n'a pas respecté ses promesses électorales en éducation:

- En un an, il n'a développé AUCUNE «mesure de soutien aux étudiants collégiaux de la filière technique»1 pour «favoriser leur réussite et ainsi atténuer les pénuries de maind' uvre qualifiée».

- Il n'a RIEN FAIT pour augmenter le nombre «d'ententes de collaboration entre les écoles et les cégeps et les entreprises afin que soient multipliés les programmes de stage et d'alternance école/travail».

- On ne dénombre PAS UN nouveau programme dans les cégeps en région devant «nous encourager la spécialisation dans certains domaines techniques afin de contrer la baisse de clientèle anticipée et de créer des centres d'excellence régionaux.»

- Malgré une promesse de réinvestissement de 105 millions pour l'enseignement postsecondaire, des coupures de 30 millions ont été appliquées dans les cégeps!!!

Le gouvernement CHAREST n'a pas respecté ses promesses envers la société:

- Les garderies supposées rester à 5$ coûtent maintenant 7$. Pour les étudiants-parents, notamment, cela signifie près de 800$ de frais supplémentaires par année.

- Alors qu'il s'était engagé à «relever le défi» du Protocole de Kyoto par «l'application d'un plan québécois de réduction des émissions de gaz à effet de serre»2, il a tenté, et tergiverse toujours avec l'idée, d'implanter une nouvelle centrale thermique qui les augmenterait d'au moins 2,6% au Québec!

- Après avoir voté, le 13 décembre 2002, pour le projet de loi cadre visant à contrer la pauvreté et l'exclusion sociale, il n'a TOUJOURS PAS présenté de plan d'action qui était dû pour la première année: dans ce dossier, il est carrément ILLÉGAL.

Enfin, le gouvernement Charest n'a pas respecté ses promesses envers les cégépiens:

En novembre dernier, la Fédération étudiante collégiale du Québec avait accepté de reporter une manifestation parce que le gouvernement promettait de:

- Reconnaître l'implication étudiante tant par une mention au bulletin que par des crédits de cours. Ce dossier, le seul qui avance, se développe à PAS DE TORTUES et on a peine à voir le jour où il sera enfin réalisé.

- Tenir un forum sur l'avenir du réseau collégial au printemps. Celui-ci est maintenant REPORTÉ à une date indéterminée.

C'est la goutte qui fait déborder le vase.

Après avoir laissé la chance au coureur, nous pouvons désormais affirmer hors de tout doute que Charest et son gouvernement sont des menteurs, qui ne réalisent que les promesses qui les intéressent et qui concernent les amis du pouvoir.

Nous revendiquons

- Une réforme de l'Aide Financières aux Études
- Des mesures de soutien aux étudiants collégiaux de la filière technique
- Une augmentation du nombre de stages
- Révision de la carte de programme et développement de créneaux d'excellence en région
- La reconnaissance complète de l'implication étudiante pour septembre 2004.
- La tenue dès la rentrée d'automne du Forum collégial.
- Le rejet complet et définitif du projet du Suroît
- Le dépôt immédiat d'un plan de lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale.

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Le plan caché du gouvernement Charest

Introduction

Cet automne, avant de nous lancer tête baissée dans la bataille, nous nous étions dit qu'il fallait analyser l'action de ce gouvernement et tenter de découvrir ou d'imaginer son «plan de match». Les conclusions que nous en tirerions détermineraient nos stratégies de lutte. C'est donc à cela que nous nous sommes d'abord attelés.

Brève analyse de Jean Charest

Pour commencer, nous avons constaté que ce gouvernement était le pire que nous ayons eu depuis longtemps au Québec. Jean Charest est bien collé aux idées de droite conservatrices. D'ailleurs, questionné lors d'une émission de variétés, il avait déjà déclaré, à propos des élections américaines, se sentir «beaucoup plus proche des idées de Georges Bush que de celles des démocrates»!

Jean Charest est de la trempe des Ralph Klein en Alberta et Mike Harris en Ontario. Et à leur façon, surtout celle de Harris, il ne reculera devant rien pour accomplir ses projets. Rappelons-nous quand Mike Harris a appliqué sa «révolution du bon sens» en Ontario: il y a eu un nombre incalculable de manifestations et de luttes, des mobilisations immenses, même des tentatives d'entrer au Parlement par la force. Rien n'y fit, Harris tint son bout. Et on en voit maintenant les résultats pour la population.

Tout comme Harris, Charest s'était déclaré «prêt» à affronter la colère des mouvements sociaux organisés, sans broncher, parce qu'il aurait «le courage que les autres gouvernements d'avant n'ont pas eu!» D'ailleurs, sa réaction récente suite aux nombreuses manifestations et aux sondages très défavorables, où il a proposé de tenir des forums régionaux «pour expliquer la position du gouvernement, tout en maintenant le cap», le prouve.

Mais s'il voulait maintenir «le cap», c'est qu'il savait où il s'en allait. Monsieur Charest n'avait donc pas que du «courage», il avait aussi un plan. Nous le savions. Mais quel était ce plan?

Nous avons essayé de mettre ensemble les morceaux que nous avions.

Les premiers morceaux du puzzle

Nous pouvions témoigner de la rapidité avec laquelle il avait procédé, et de l'effet produit: nous occuper à courir partout sans qu'on ait le temps d'analyser et de comprendre. Mais son peu d'arguments («un mandat clair le 14 avril», «la population a voté pour du changement») pour justifier son empressement à réaliser si vite autant de choses nous semblait cacher autre chose.

Nous avions aussi constaté la façon dont il avait attaqué: à plusieurs niveaux, oui, mais en concentrant son tir sur la santé, qui représente plus de 40% des dépenses du gouvernement (plus de 19 Milliards $). C'est important comme effet, ça, dans un Produit Intérieur Brut (PIB)! Comme investissement annuel direct (et impacts indirects), c'est majeur dans l'économie. Changer la donne au niveau de la façon de faire les choses dans ce secteur, c'est influencer au grand complet la façon de faire du gouvernement dans tous les secteurs, et probablement l'ensemble de la société.

Enfin, nous avions également noté la mise en place du processus d'évaluation systématique de chacun des programmes gouvernementaux des organismes publics et des ministères visant un «recentrage de l'État sur ses 4 missions essentielles». Au début, Charest avait appelé ça la «réingéniérie» de l'État, puis ensuite la «modernisation» de l'État. Peu nous importait le nom, l'objectif semblait être clair: réduire l'intervention, le rôle de l'État pour redonner du pouvoir au privé.

Ça en disait déjà beaucoup sur ses intentions, mais ça n'expliquait pas tout. Par exemple, dans la santé: pourquoi les fusions d'établissements dans le réseau? Pourquoi toute cette réorganisation de structures, pourquoi l'abolition des mandats, pourquoi changer le rôle de «fournisseur de services de santé et sociaux» des nouveaux établissements appelés Instances Locales en «coordonnateur de services de santé et sociaux» qui établissent des ententes avec des partenaires communautaires et privés pour la prestation des services?

«La face cachée de la lune»

La réponse nous est venue d'un document d'analyse de la FIIQ, Des marchés publics dans la santé , et portant sur l'Accord sur les marchés publics, qui fait partie des accords de libre- échange. Vous ne le connaissez pas? Si on vous le résume: cet accord-là stipule que les organismes publics et les ministères qui auront sous-traité une seule fois des services, des produits ou des travaux de construction vont être dans l'obligation par la suite de continuer à sous-traiter sous peine d'être poursuivis pour perte éventuelle de profits. Et les entreprises privées des 28 pays signataires de cet accord vont pouvoir compétitionner pour faire la job.

Il y a aussi une autre condition qui doit être remplie pour que les organismes publics et les ministères soient assujettis à cet accord: il faut que le volume des dépenses sous-traitées atteigne un certain seuil minimal.

On vous explique: par exemple, un CLSC seul pourrait ne pas atteindre le seuil requis de dépenses en sous-traitance pour être assujetti à l'accord sur les marchés publics. Mais si vous regroupez plusieurs CLSC, plus des Centres d'accueil (CHSLD), et même un hôpital (CH) dans une nouvelle instance sous un seul conseil d'administration, il devient alors très facile pour ce nouvel établissement de santé d'avoir un niveau suffisant de dépenses en sous-traitance pour être assujetti aux accords.

Bien ça, voyez-vous, c'est la loi 25 qui a été adoptée en décembre. Cette loi établit légalement que les nouveaux établissements résultant de la fusion vont pouvoir et vont devoir passer des ententes avec d'autres organismes, dont des privés, pour qu'existent certains services de santé et services sociaux.

Vous ajoutez à cela:

- la loi #31, qui vient faciliter la sous-traitance; et

- la loi #30 qui fusionne les accréditations syndicales et regroupe les corps de métiers par secteur de production: bureau, soutien, professionnel, etc, facilitant ainsi la «départition» du personnel de tout un secteur qui serait sous-traité; et

- la loi #7 qui empêche la syndicalisation des personnes travaillant dans des ressources intermédiaires ou de type familial en santé.

Puis, vous combinez toutes ces lois à l'Accord sur les marchés publics, et vous démolissez notre système public de services sociaux et de santé. Le saviez-vous?... Nous, à la fin janvier 2004, on ne le savait pas. Mais Jean Charest, lui, il le sait depuis le début.

«Dorénavant, il va se faire au Québec des affaires comme partout en Amérique!», était-il allé dire aux investisseurs américains dans les semaines qui ont suivi son élection.

Et il ne s'arrêtera pas en si bon chemin: pensons à la loi #8 qui, comme la #7, empêche la syndicalisation des personnes travaillant cette fois dans le domaine des services de garde familial.

Et au projet de loi #35 qui rendra plus difficile les recours légaux pour faire respecter nos droits, et qui modifiera au passage 22 lois sociales du Québec. Ça réduira nos moyens de nous défendre face aux injustices qui vont résulter de tous ces changements.

Il y a aussi la loi #34, le projet de loi #38...

«Réingéniérie»? «Modernisation»?

Mais ce que le texte de la FIIQ nous a aussi appris, c'est que le gouvernement précédent du Parti Québécois travaillait déjà en ce sens, il avait, comme on dit, «mis la table» depuis longtemps: par exemple, les fusions municipales visaient aussi le même objectif. Ça explique pourquoi l'opposition à l'Assemblée nationale n'a pas vraiment «déchiré sa chemise» cet automne à propos des fondements de l'action gouvernementale: ça aurait pu mettre en évidence leur propre action quand ils étaient au pouvoir.

La seule solution possible

C'est donc en tenant compte que chacune des lois fait partie d'un plan global que nous sommes convaincus:

- qu'il ne faut pas tenter de négocier chaque parcelle de loi, chaque article, ou tenter de se ménager une niche qui pourrait être moins pire; dans un tel cadre, aucune négociation n'est possible;

- que ce n'est pas non plus une contestation juridique qui aura raison des ces lois: la justice a le bras long, mais elle a les pattes courtes! Avant même que le jugement ne soit rendu, l'Accord sur les marchés publics se sera appliqué, et il aura sans doute préséance sur le jugement de la cour. Dans le cas contraire, des poursuites pourront être intentées contre l'État québécois pour perte éventuelle de profits!

- que nous n'avons pas beaucoup de temps devant nous, que nous ne pouvons «passer à autre chose» et nous contenter de nous en souvenir aux prochaines élections.

Et c'est aussi pourquoi nous affirmons que, dans notre stratégie de lutte, nous devons refuser en bloc tout le plan Charest, nous devons rejeter totalement sa transformation du Québec. Nous devons exiger dès maintenant le rappel et le retrait complet de toutes les lois adoptées et de toutes celles qui vont suivre dans la session qui débute aujourd'hui. Nous n'avons jamais voté pour ça!

Jean Charest ne nous a jamais expliqué son projet d'ajustement du Québec, ni avant la campagne électorale, ni pendant la campagne électorale, ni depuis la campagne électorale. Il nous a trompé avant les élections, pendant les élections, et il continue allègrement depuis son élection.

En janvier 2004, 70% de la population du Québec considérait que Charest avait outrepassé son mandat. 70% de la population considérait qu'il ne faisait pas ce qu'il avait dit en campagne électorale, qu'il faisait autre chose, qu'il dépassait les bornes qu'il avait lui-même fixées. 70% de la population du Québec considérait qu'il n'avait pas la légitimité d'aller aussi loin.

À partir de cet instant, depuis cet instant, et tant et aussi longtemps qu'il n'aura pas rappelé ses lois, le gouvernement Charest agit illégitimement.

À partir de cet instant, depuis cet instant, et tant et aussi longtemps qu'il n'aura pas rappelé ses lois, la légitimité, elle est dans la rue, elle est en chacun de nous, elle est dans le mouvement social large que nous construisons pour stopper ce gouvernement.

En aurons-nous le temps?

(LML, 14 avril 2004 - numéro 44)

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Mai 2004

Manifestation historique à Montréal: Les travailleurs de tout le Québec s'opposent au programme antisocial et antinational du gouvernement Charest

Une marée humaine de plus de 100 000 personne a déferlé dans les rues de Montréal le Premier Mai 2004 pour condamner le programme antisocial et antinational du gouvernement Charest. Venant de tous les coins du Québec, elle était composée de travailleuses et travailleurs de tous les secteurs de l'économie, de jeunes, d'étudiants, d'activistes, d'enseignants, de professionnels, d'infirmières et de gens de tous les milieux. Dès midi, plus de 240 autobus venus des quatre coins du Québec, des régions aussi éloignées que le Saguenay-Lac-Saint-Jean et de la Gaspésie, arrivaient au lieu de rassemblement. La manifestation a pris plus de deux heures à faire le trajet, partant de l'aréna Jean Rougeau à l'intersection de Christophe-Colomb et Jarry au parc Jarry.

Tous les droits et réclamations du peuple, pour un programme pro-social, étaient sur les milliers de pancartes, drapeaux et bannières que l'on voyait à perte vue et qui condamnaient les libéraux du Québec: «La privatisation des services publics: j'ai jamais voté pour ça!», «Le dégel des frais de scolarité: j'ai jamais voté pour ça!», «Partenariat public-privé = cheap labor!», «Non à la sous-traitance!», «Ensemble sauvons l'avenir de nos jeunes!», «Contre la liquidation des cégeps!», «Éducation + sous- traitance = colère et solidarité», «Promesses = mensonges = libéraux!», «Pour le bien de tous, débarrassons-nous de Charest!», «Les libéraux ont les deux pieds dans la même bottine ... droite!», «Réalisons l'équité maintenant!». Les travailleurs ont aussi exprimé leur opposition à la guerre en Irak, réclamé le retrait des troupes étrangères du Moyen-Orient et un gouvernement anti-guerre au Canada.

Des milliers de travailleurs de nombreuses organisations syndicales portaient des tee-shirts et des chandails exprimant leur position: «Non à la privatisation des services publics», «J'ai jamais voté pour ça». Les travailleurs de la fonction publique avaient repris le titre d'un film d'horreur: «Massacre à la tronçonneuse». Sur leurs bannières on lisait: «Grande vente de province: Tous nos services sont liquidés. Cause de la vente: réingénierie. Nous laissons aller nos acquis. Pour une somme fiscale dérisoire. Bienvenue aux riches investisseurs de partout. Tout est en bon état mais nous vendons quand même. Contactez Jean Charest.»

De nombreux travailleurs ont salué l'appel du Parti marxiste-léniniste du Québec à s'opposer à la destruction sociale au profit des riches et exprimé leur grande préoccupation quant à l'avenir de leurs pairs et de leurs familles. C'est le droit des riches et des monopoles que le gouvernement de Jean Charest défend qu'il faut combattre et c'est le problème que nous devons résoudre ensemble, disaient-ils aux militants du Parti.

La propagande du gouvernement et la désinformation des journaux qui présentent la résistance actuelle comme étant le fait d'une bande de syndicalistes qui se plaint alors que le gouvernement agit de bonne foi ont été vigoureusement rejetées par cette centaine de milliers de personnes qui a levé drapeaux et pancartes en signe d'unité de la classe face à cette offensive antisociale. Le problème n'est pas non plus un problème de «communication» ou de «relations publiques», comme le prétend Jean Charest, disaient-il. C'est le programme de payer les riches qu'il applique.

La signification historique de la manifestation du Premier Mai à Montréal réside dans l'esprit d'unité et de lutte qui a animé cette mobilisation massive à la défense des droits de tous. Les manifestants se sont engagés à arrêter la destruction sociale imposée par le gouvernement et à poursuivre la lutte pour un programme pro-social.

(LML, 6 mai 2004, numéro 55)

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Novembre 2004

Non à la destruction du tissu social du Québec: Arrêtez de payer les riches!
Augmentez le financement des programmes sociaux!


10 000 personnes manifestent dans les rues de Montréal contre l'offensive antisociale du gouvernement Charest à l'occasion du congrès du Parti libéral - 20 novembre 2004

Samedi le 20 novembre, 10 000 personnes de tous les milieux ont manifesté devant le Palais des Congrès à Montréal contre le programme antisocial et anti-national du gouvernement Charest. Les milliers de travailleuses et travailleurs de tous les secteurs de l'économie, de jeunes, d'étudiants, d'activistes, d'enseignants, de professionnels, d'infirmières et de gens de plusieurs régions, venus d'aussi loin que du Saguenay Lac-Saint- Jean, ont dénoncé les lois antiouvrières adoptées sous bâillon l'année dernière, les coupures dans l'aide financière aux étudiants, les nouvelles attaques contre les plus démunis contenues dans le projet de loi 57 et les plans du gouvernement Charest d'établir des modèles de privatisation des services publics.

 

Dans le but d'intimider et de criminaliser tous ceux qui s'organisent contre la «réingénierie» de l'État, le Palais des Congrès, où se tenait le congrès libéral, avait été transformé en une véritable forteresse: périmètre de sécurité, auto-patrouilles et policiers omniprésents, en civil comme en uniforme et une campagne médiatique «préventive». L'arrestation en masse d'étudiants par l'escouade anti-émeute la veille a été vivement dénoncée. Les manifestants ont applaudi les étudiants et leur détermination à faire obstacle au gouvernement Charest qui amène le Québec sur une voie destructrice.

 

Les représentants de nombreuses organisations syndicales, étudiantes et communautaires sont intervenus pour parler des répercussions des lois antisociales du gouvernement Charest sur les conditions de vie par l'appauvrissement, les pertes d'emplois et l'insécurité. Ils ont dénoncé la campagne de dénigrement du gouvernement qui associe le secteur public au «gaspillage» et exigé que le gouvernement assume ses responsabilités sociales envers tous les membres de la société. Dénonçant l'appauvrissement du peuple et la négation de ses droits fondamentaux, plusieurs ont réitéré leurs revendications, comme le retrait des lois antisociales et l'application par le gouvernement de la loi sur l'équité salariale votée il y a déjà huit ans.

Jean Charest parlent de «ceux qui s'opposent au changement» pour décrire ceux qui refusent d'accepter les mesures antisociales, antiouvrières et antinationales que son gouvernement met en place. Mais c'est lui qui déclare que ses plans destructeurs ne sont pas matière à débat. Ils s'enferment dans des châteaux forts, loin des yeux et des oreilles du peuple, pour prendre envers et contre tous des décisions qui les affectent et déploient l'arsenal policier pour intimider et criminaliser ceux qui s'avancent pour défendre leurs droits. La raison en est que le «changement» qu'il veut imposer va à l'encontre des intérêts du peuple et de l'économie. Quand on examine de près les résolutions du congrès libéral (voir ci-dessous), il est évident que ce n'est pas un «changement» dans le sens de résoudre les problèmes auxquels la société est confrontée. Ce n'est pas un programme pour garantir les droits du peuple, renouveler la démocratie et renverser la tendance à l'annexion politique, sociale et culturelle du Québec et du Canada aux États-Unis. Donc, ce n'est pas un changement du tout, c'est un programme pour payer les riches en mettant toutes les ressources naturelles et humaines à leur disposition et en ouvrant toute grande la porte aux vautours capitalistes qui salivent à l'idée des profits à réaliser dans ce qu'on appelle le secteur des services publics. Ceux qui s'opposent à ce genre de «changement» représentent les meilleurs intérêts du Québec.

Le Marxiste-Léniniste salue la détermination des travailleurs, jeunes, étudiants et collectifs des plus vulnérables à lutter pour leurs droits. Le problème qui se pose le plus clairement pour tous aujourd'hui est de trouver les moyens d'investir le peuple du pouvoir de décider.

Non à la destruction du tissu social du Québec!
Arrêtez de payer les riches! Augmentez le financement des programmes sociaux!

(LML, 22 novembre 2004 - numéro 126)

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Les étudiants du Québec rejettent le diktat du droit de monopole
L'éducation est un droit! Arrêtez de payer les riches! Augmentez l'investissement
dans les programmes sociaux!

Partout au Québec les étudiants organisent des actions de protestation contre les tentatives du gouvernement libéral de Jean Charest de détruire l'enseignement collégial pour servir «le marché» et faire de l'éducation un privilège par les coupures dans l'aide financière aux étudiants. Plus de 45 000 étudiants du Québec sont présentement en grève pour défendre leur droit à l'éducation et beaucoup d'autres s'apprêtent à les rejoindre. Des assemblées générales sont convoquées pour discuter des enjeux et prendre position. D'autres types d'actions s'organisent, presque à tous les jours, et il y aura une manifestation nationale à Sherbrooke le 3 mars devant le bureau de comté du premier ministre Jean Charest.

Les étudiants exigent le retrait de la réforme à l'aide financière qui comprend la conversion de 103 M$ de bourses en prêts et le retrait des plans de décentralisation des cégeps pour «arrimer» les programmes aux besoins «du marché local». Ils réclament l'éducation gratuite pour tous et une solution à l'endettement.

Le gouvernement libéral de Jean Charest a répondu à leurs justes revendications par le silence, la répression, la dérision et la diversion, déterminé à continuer d'imposer le diktat brutal des riches. Jean Charest a clairement laissé savoir quel mépris il a pour les revendications des étudiants, quand il dit qu'«au Québec, on a les étudiants qui sont probablement les mieux traités au monde». Les médias monopolisés ont ensuite joué leur rôle en martelant cette propagande contre les étudiants, avec des titres comme «les étudiants doivent être raisonnables», «c'est le mécontentement d'enfants gâtés» et «pas de solution dans la violence». Ils citent des statistiques de façon extrêmement sélective pour essayer de prouver que les étudiants du Québec sont «mieux traités» que les étudiants ailleurs au Canada grâce à l'«aide financière généreuse» du gouvernement du Québec et des frais de scolarité relativement moins élevés.

Cette désinformation cache le tableau d'ensemble de l'appauvrissement des étudiants et de l'écrasement de leurs aspirations à un enseignement supérieur sous le poids de l'endettement. La fédération étudiante de l'Université de Montréal a publié sa propre étude qui démontre qu'avec les coupures dans l'aide financière, l'introduction de frais à tous les niveaux et l'augmentation des coûts reliés à l'éducation, l'endettement moyen des étudiants québécois «s'approche dangereusement de la moyenne canadienne». À la fin du baccalauréat, par exemple, l'endettement moyen québécois passera bientôt à environ 17 518$, contre 19 500$ au Canada. D'autre part les étudiants notent qu'en plus de transformer les bourses en prêts, le gouvernement a augmenté le plafond de la dette pour les étudiants. Depuis le 1er septembre 2004, un étudiant de premier cycle peut accumuler jusqu'à 30 000$ en dette au gouvernement et un étudiant de deuxième cycle peut accumuler jusqu'à 45 000$.

Les étudiants se heurtent au fait que le droit de monopole est en train de supplanter le droit public et que la «réingénierie» du gouvernement Charest vise à le faciliter. Après avoir accepté de rencontrer les représentants étudiants, le ministre Fournier a dit que toute solution à l'endettement étudiant doit être recherchée «à l'intérieur des paramètres budgétaires de mon gouvernement». Qui a décidé de ces «paramètres budgétaires»? Comment le droit à l'éducation que doit garantir toute société moderne peut-il être soumis à des «paramètres budgétaires» qui ne sont pas ouverts au débat? Cette phrase, «les paramètres budgétaires», qui revient constamment dans le discours du gouvernement, sert à détourner l'attention du fait que le gouvernement considère comme sacrées les réclamations des monopoles à la richesse du pays, tandis que tout le reste dépend de «l'argent qui reste». En fait, même pour ce qui est des investissements en éducation, il est déjà établi et considéré comme non discutable que des millions de dollars vont servir à «arrimer les programmes scolaires aux besoins» des monopoles. (Voir ci-dessous: «Investissements en éducation pour janvier et février 2005»).

   

Notez aussi que la campagne de propagande des médias et du gouvernement contre les étudiants porte strictement sur l'aspect monétaire des revendications des étudiants, laissant dans l'ombre la destruction de l'éducation entreprise par le gouvernement libéral avec ses plans de décentralisation. Cela laisse une marge de manoeuvre au gouvernement pour manipuler les allocations de fonds sans pour autant changer l'assaut qu'il mène contre l'éducation. Les étudiants doivent se méfier des manigances dont est capable ce gouvernement. Les représentants élus se cachent derrière leurs «paramètres budgétaires» pour continuer d'usurper impunément le pouvoir public et servir les intérêts les monopoles les plus puissants aux dépens du bien public. Il ne faut pas que cela passe!

Les étudiants se heurtent aussi à la réalité que le système actuel de démocratie représentative ne leur offre aucune possibilité de recours pour défendre leurs droits. Tous ceux qui luttent pour leurs droits aujourd'hui sont de plus en plus conscients de cette réalité, que ce soit les étudiants, les travailleurs du secteur public, les travailleurs à l'emploi des grands monopoles comme Alcan et Wal-Mart et d'autres. Le train de mesures antisociales mis en place par le gouvernement Charest l'année dernière, en dépit de la vaste opposition publique, a finalement dû être adopté sous bâillon à l'Assemblée nationale. Lorsque ceux qui sont touchés par ces mesures demandent d'être entendus des représentants politiques, ceux-ci leur tournent le dos et se moquent publiquement de leurs revendications. Toute la machine des médias monopolisés est mise en branle pour déformer l'expérience du vécu et dévaloriser les opinions de ceux qui sont attaqués. Le «débat public» est transformé en une véritable guerre de propagande où rien ne peut être discuté sauf les déclarations mensongères et les demi-vérités des cercles officiels. Lorsqu'ils protestent et exigent d'être entendus de leurs «représentants élus», ils sont accusés d'«obstruction à l'entrée d'un édifice public» et de violence. Puis ceux qui ont usurpé le pouvoir public pour servir les riches reviennent à la charge en disant que «la discussion n'est pas possible quand il y a de la violence» et que «la violence place le problème dans le champs de la sécurité publique», comme l'a dit le ministre de l'Éducation Jean-Marc Fournier aux représentants étudiants le 23 février.

Cette tendance à transformer des problèmes sociaux et politiques en «problèmes de sécurité publique» est extrêmement dangereuse. Elle signale un changement au niveau de l'organisation de l'État et il faut résolument s'y opposer.

L'éducation est un droit! Arrêtez de payer les riches! Augmentez le financement des programmes sociaux!

(LML, 2/03/2005 - numéro 025)

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Mars 2005

230 000 étudiants en grève: Appuyons leur juste lutte!

Plus de 230 000 étudiants sont en grève au Québec aujourd'hui 16 mars 2005. La justesse de leur cause gagne de plus en plus la population malgré la propagande virulente que mènent les grands médias monopolisés contre eux. Les étudiants du Québec réclament le retour des 103 M$ coupés dans le système des prêts et bourses et que cesse le démantèlement du système d'éducation. Ils se battent pour leur droit à une éducation publique, laïque et gratuite pour tous et toutes et leur cause mérite l'appui de tous.

 


Depuis le début, la tactique du gouvernement Charest a été de diviser le mouvement entre «étudiants violents» et «étudiants modérés» alors qu'en pratique c'est lui qui provoque et qui fait violence à chaque fois qu'il en a l'occasion. Malgré cela, tous les étudiants sont ensemble pour exiger la remise des 103 M$. Hier encore, le ministre de l'Éducation a démontré sa malhonnêteté avec son «offre» scandaleuse de «réduire une partie de la dette» pour ceux qui «terminent leurs études dans les délais prescrits» et de baisser le plafond de l'endettement de 10% (alors que la coupure de 103M$ a élevé ce plafond de 72% pour les étudiants de premier cycle). C'était sa façon de faire savoir aux étudiants et à l'ensemble de la population du Québec que c'est par le diktat brutal qu'il entend «régler le cas» des étudiants. Les leaders étudiants ont eu raison de claquer la porte au ministre et à son «offre» effrontée.

La seule justification du gouvernement est de continuer de répéter, avec la connivence des grands médias monopolisés, que «les étudiants sont gâtés», qu'ils boivent de la bière et font «des partys tout le temps», qu'ils vont «être plus riches que nous quand ils seront médecins ou informaticiens». Il cherche à créer un vent de condamnation des étudiants parmi la population en s'appuyant sur l'ignorance des faits. En faisant cela, il montre à l'évidence le problème central au Québec aujourd'hui: l'existence d'une rupture irréparable entre la poignée qui gouverne pour le compte des monopoles les plus puissants et le peuple qui est privé d'un processus démocratique qui lui permette d'influer sur la direction de la société dans son intérêt.

En ce moment le pouvoir brutal de cette minorité réside principalement dans les grands moyens dont elle dispose pour mener la bataille sur le front de la désinformation. Pour gagner cette bataille, le gouvernement Charest cherche à semer le doute sur les motivations des étudiants pour empêcher toute remise en question de ses décisions inacceptables.


 

Les riches ont de leur côté la machine d'État, la propriété des principaux moyens de production et la propriété des médias monopolisés. Les étudiants ont de leur côté la justesse de leur cause et le vécu de la classe ouvrière et du peuple. Alors ces derniers doivent tous appuyer leurs fils et filles qui se forgent un avenir qui leur convient. Appuyez-les pour qu'ils s'organisent d'une étape à l'autre en commençant avec le rejet du vol des 103 M$ et ensuite l'opposition au dégel des frais de scolarité, à l'introduction de nouveaux frais aux usagers de toutes sortes et au démantèlement du DEC national.

En plus, leur lutte contribue à l'opposition à la «réingénierie» de l'État du gouvernement Charest qui est un assaut contre toute la société québécoise. Cette semaine, les «fuites» avant le dépôt du budget annoncent des coupures dans les services du gouvernement de 500 M$ «pour permettre au gouvernement une marge de manoeuvre pour baisser les impôts». Le gouvernement Charest est engagé dans un projet de destruction de la société québécoise pour répondre aux demandes des monopoles étrangers qui frappent à la porte à grands coups de poings pour réclamer leur droit de s'enrichir aux dépens du peuple. Il est en train de désagréger le tissu social du Québec et d'annexer le Québec à l'économie américaine, de connivence avec le gouvernement libéral de Paul Martin. Il ne faut pas que cela passe! Les étudiants ont entièrement raison de réclamer la remise du 103 M$ dans le système de prêts et bourses et un système d'éducation universel.

Arrêter de payer les riches! Investir dans les programmes sociaux! Un pour tous et tous pour un! Annexion Non! Souveraineté Oui!

(LML, 16 mars 2005 - numéro 33)

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Avril 2005

Deux ans du gouvernement par décret

Aujourd'hui 14 avril 2005 est le deuxième anniversaire de l'élection du gouvernement Charest. Le PMLQ salue les milliers de travailleurs et de jeunes qui participent à des actions partout au Québec pour exprimer leur colère face à l'entêtement du gouvernement Charest à poursuivre son offensive antisociale. Le peuple est résolu à se donner un système démocratique qui lui permette d'avoir son mot à dire sur où s'en va le Québec. C'est ce que le gouvernement Charest ne veut pas accepter quand il dit qu'«on va continuer de faire ce qu'on fait, on va continuer de préparer l'avenir du Québec». Le PMLQ appuie résolument la lutte des travailleurs, des jeunes et du peuple contre la réingénierie de l'État dont l'objectif est de supplanter le droit public par le droit de monopole.

Il y a une alternative au règne des libéraux et c'est que la classe ouvrière et le peuple s'organisent pour affirmer un ordre du jour à la défense des droits de tous. La lutte des étudiants et maintenant la lutte des enseignants et des travailleurs du secteur public qui prennent la relève ont pour effet d'exposer de plus en plus l'isolement du gouvernement Charest en tant que défenseur des intérêts d'une infime minorité. Ils ont montré que l'«avenir» que «prépare» Jean Charest n'est pas celui auquel aspirent les travailleurs, les jeunes, les femmes et l'ensemble du peuple québécois. Il n'appartient pas au gouvernement du Jean Charest et à la poignée de puissants monopoles qu'il représente de disposer du Québec.

 


(LML, 24 mars 2005 - numéro 51)

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Décembre 2005

À bas les lois matraques du gouvernement Charest!

 
Les travailleurs du secteur public manifestent à Québec (ci-dessous) contre les lois antiouvrières du gouvernement Charest pendant que des milliers d'autres manifestent à Montréal le 15 décembre devant les bureaux du premier ministre.

Le Parti marxiste-léniniste du Québec (PMLQ) condamne fermement le gouvernement du Québec et sa loi d'exception, la loi 142, la Loi concernant les conditions de travail dans le secteur public. Loin d'établir quelque principe que ce soit, cette loi dicte les salaires et les conditions de travail de 500 000 travailleurs du secteur public et parapublic jusqu'au 31 mars 2010. Des milliers de travailleurs luttent depuis deux ans pour une convention collective négociée, ce qui est leur droit.

Avec la même arrogance et le même mépris, le gouvernement Charest a également fait adopter sous bâillon le projet de loi 124 sur les Centres de la petite enfance, un projet de loi qui a été dénoncé par tous les groupes et toutes les personnes concernés parce qu'il détruit un réseau de services créé et bâti par des femmes et des familles en s'appuyant sur propres initiatives et efforts au fil des décennies.

Le premier ministre Jean Charest a dit en conférence de presse le 14 décembre qu'il agissait au nom du peuple québécois et en respectant la «capacité de payer» du gouvernement. Le PMLQ dénonce l'hypocrisie du gouvernement Charest qui se cache derrière le peuple pour imposer un ordre du jour diamétralement opposé à ses intérêts. Il a décidé qu'il peut imposer de nouveaux arrangements en faisant fi des arrangements construits sur une période de plusieurs décennies. La «nouvelle façon de faire» du gouvernement Charest est carrément au service des employeurs et de l'oligarchie financière et s'exécute aux dépens des employés et du bien public.

Depuis l'arrivée au pouvoir du gouvernement Charest, tous les collectifs de la société ont été en action pour s'opposer à cet ordre du jour antisocial qui a inclus jusqu'à présent l'imposition de plusieurs lois anti-ouvrières et anti-sociales, la privatisation des services publics, la sous-traitance, le démantèlement d'organisations syndicales et l'abolition de l'accréditation syndicale dans plusieurs cas. Les étudiants, les travailleurs, les assistés sociaux, les familles et la jeune génération, tous ont dit Non! à la restructuration néolibérale de l'État de Jean Charest.

Le PMLQ croit que ces lois sont des mesures d'un gouvernement en crise, des mesures basées sur la croyance médiévale que le droit des travailleurs du secteur public à des salaires et des conditions de travail qui correspondent à l'importante tâche qu'ils accomplissent et à leur responsabilité sociale peut être tout bonnement rayé et que les travailleurs peuvent être déclarés «illégaux». Les gouvernements dignes de gouverner une société moderne ont un et un seul devoir: défendre le droit public. Quand le gouvernement Charest paie les riches à mêmes les fonds publics pour ensuite déclarer qu'il n'y a pas assez d'argent pour garantir le droit à l'éducation, aux services de garde et à l'éducation, y compris des salaires et des conditions de travail adéquats pour ceux qui fournissent ces services, cela montre à quel point ce gouvernement est en faillite.

Plein appui aux travailleurs, jeunes, femmes du Québec qui combattent pour leurs droits! Les droits ne se négocient pas et ce n'est pas parce qu'un gouvernement socialement et politiquement irresponsable le déclare qu'ils disparaissent.

À bas les lois d'exception! À bas les loi 142 et 124!

(LML, 16 décembre 2005 - numéro 136)

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Le «sens de responsabilité» antisociale
du premier ministre libéral

Le Marxiste-Léniniste condamne les lois antisociales adoptées par le gouvernement Charest lors d'une session extraordinaire de l'Assemblée nationale du Québec le 15 décembre. Les travaux de la session furent ajournés le 14 décembre avec la coopération de tous les partis avec comme sous-entendu que le projet de loi 124 sur les CPE et la loi spéciale sur le secteur public seraient reportés. Or, aussitôt la session ajournée, le premier ministre Jean Charest a annoncé une session «extraordinaire» pour le lendemain «si les syndicats du secteur public n'en viennent pas à une entente» avant minuit.

L'Opposition a dénoncé la manoeuvres, faisant remarquer entre autres que la session normale pouvait légalement se poursuivre jusquau 21 décembre si l'intention du gouvernement était de soumettre au vote les deux lois en question. La manoeuvre est contraire à l'esprit et à la lettre des règles parlementaires, a fait valoir l'opposition. Le gouvernement libéral a fait fi de cette objection. Le leader parlementaire du gouvernement, Jacques Dupuis, a déposé une motion pour suspendre les règles parlementaires afin d'adopter les deux lois in extremis et ajourner le parlement jusqu'au 23 mars. La motion limitait le débat à trois heures par loi. Les deux lois ont été adoptés à la fin de la journée le 15 décembre.

Charest a déclaré que les deux lois ont été adoptées «par sens de responsabilité envers les Québécois». D'abord, dit-il, nous instituons des augmentations de salaires pour les travailleurs du secteur public. Ce qui est tout à fait faux. Deuxièmement, il dit que le gouvernement améliore les services à la population. C'est également faux.

Le projet de loi 142 est une «loi d'exception» qui dicte les salaires et les conditions de travail des 500 000 travailleurs du secteur public et parapublic et le projet de loi 124 soumet à une nouvelle règle d'administration sous contrôle gouvernementale les centres de la petite enfance créés et bâtis par des initiatives à la base. L'objectif d'ensemble est de soumettre cette industrie à la privatisation, comme en témoigne la révélation que la ministre responsable du dossier, Carole Théberge, s'est entretenu secrètement avec des représentants de monopoles américains se spécialisant dans l'administration de services de garde.

Les salaires et les conditions de travail imposés par la loi 142 sont exactement ce que le gouvernement Charest avait dicté il y a plus d'un an et demi et sont imposés avec la même logique viciée à propos d'un «cadre financier établi» (établi par nul autre que le gouvernement). Le ministre de la Santé, Philippe Couillard, a dit qu'aller au-delà de ce «cadre financier» «mettrait en péril nos services publics et le choix du gouvernement est de protéger les services publics avant tout».

La loi spéciale dit établir des augmentations de salaires de 12,6% sur une période de six ans (3,2 milliards $), mais cela comprend l'équité salariale, qui est une question de droit et qui n'a rien à voir avec les hausses de salaires auxquels les travailleurs ont droit. Cette «augmentation» de 12,6% se résume en réalité à une gel de salaires pour les deux premières années et une augmentation de 2% pour les quatre années suivantes, pour un total de 8,2% sur six ans. La loi donne également plus de flexibilité au gouvernement pour ce qui est de la reclassification des emplois, l'élimination des niveaux minimum d'emplois qui existent en éducation, l'établissement de nouvelles règles pour la procédure de griefs et des mesures pour obliger des employés en congé de maladies à retourner au travail, etc.

On dit que les pénalités pour infraction à la loi spéciale sont plus sévères que jamais. Elles sont basées sur la loi adoptée par le gouvernement Bourassa en 1986. Toute grève et tout moyen de pression est passible d'une amende de 500$ par personne, de 7 000$ à 35 000$ pour les chefs syndicaux et de 25 000$ à 125 000$ pour les syndicats. En plus, les activités culturelles et autres activités extracurriculaires font dorénavant partie de la définition de la tâche de l'enseignant, ce qui fait qu'un boycott de ces activités constitue une infraction à la loi spéciale.

Les chefs syndicaux se sont engagés à résister à l'attaque contre les droits de leurs membres. Ils ont dit que les libéraux de Jean Charest ne s'en tireront pas ainsi et que les relations de travail dans le secteur public ne seront plus jamais les mêmes. Si les membres décident de ne pas défier la loi, dit le président de la CSQ Réjean Parent, ce sera «sans grande conviction». «On ne va pas défier la loi, mais on va défier le gouvernement, vous pouvez en être sûr», a-t-il déclaré. La présidente de la CSN Claudette Carbonneau a dit que les syndicats demandent au PQ de promettre d'abroger les décrets s'il est élu.

* * *

Le 13 décembre, près de 5 000 travailleuses et travailleurs de l'éducation de la grande région de Montréal se sont rassemblés au centre-ville devant les bureaux de la présidente du Conseil du Trésor, Monique Jérôme-Forget, pour la sommer elle et son gouvernement d'entreprendre des négociations de bonne foi et pour dénoncer la menace de loi spéciale du gouvernement qui décréterait les conditions de travail des enseignants. Malgré le froid intense, la foule représentant des enseignants, du personnel de soutien, des professionnels des écoles ont résolument réaffirmé leurs demandes de meilleures conditions de travail pour répondre aux besoins des élèves. Tous ont dit, faisant référence à une remarque méprisante de Jérôme-Forget, que loin d'être sur une autre planète, les travailleurs de l'éducation sont réalistes en mettant de l'avant leurs demandes puisque ce sont eux qui jour après jour sont confrontés aux difficultés des jeunes dans les écoles. Ils se sont opposés au prétexte du manque d'argent que ne cesse de répéter le gouvernement libéral du Québec et à ses menaces de lois spéciales. Une loi spéciale, comme une convention décrétée, ne résoudra rien des problèmes existant dans les écoles, ont souligné les manifestants, exprimant leur détermination à poursuivre leur lutte en appui à leurs justes demandes.

(LML, 16 décembre 2005 - numéro 136)

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Février 2006

L'argument économique du Parti libéral pour attaquer les travailleurs du secteur public ne tient pas

Lorsque Jean Charest, premier ministre du Québec, a unilatéralement imposé des conventions collectives aux 500 000 travailleurs du secteur public, les forçant à accepter des salaires et des conditions de travail fixés par le gouvernement, il a usé d'arguments intéressés et subjectifs pour justifier son décret autocratique. Du premier ministre jusqu'au dernier échelon, les représentants du gouvernement ont cité un manque de revenus et des ressources limitées pour financer un moyen de subsistance de standard québécois pour les travailleurs du secteur public et un système de garderie de première classe organisé et administré par les professionnels et les employés des centres de la petite enfance.

Les travailleurs du Québec, et ceux du secteur public en particulier, sont des gens instruits parfaitement capables d'arguments économiques. L'Assemblée nationale est la plus haute institution politique du Québec. Les députés ont le devoir de se conduire comme il convient dans une société moderne, en s'appuyant sur les idées les plus avancées, ou du moins aussi avancées que les idées instruites et scientifiques de la classe ouvrière et de son leadership collectif.

Pour qu'une institution politique nationale représente véritablement le peuple, la discussion et l'argument scientifique doivent être publics et de nature à informer le débat et à avancer l'opinion publique, pour le bien public et dans l'intérêt de l'édification nationale. Les représentants du gouvernement à l'Assemblée nationale ont le devoir de maintenir les standards les plus élevés dans l'analyse scientifique lorsqu'ils débattent des enjeux fondamentaux de la société, comme par exemple les salaires et les conditions de travail des 500 000 employés de l'État, et quand ils négocient les conditions de leur emploi avec leurs représentants.

Le Parti libéral au pouvoir a échoué lamentablement à ce chapitre. Il ramène l'intervention et l'argument au plus bas niveau possible. Son refus d'élever la discussion sur les réclamations des employés et les garderies s'est accompagné d'un acte dictatorial brutal: celui de mettre fin à tout débat et à tout régler par décret exécutif. Le Parti libéral au pouvoir s'est déshonoré et il a montré par son action qu'il est inapte à gouverner.

Le fait qu'un parti au pouvoir puisse instituer par un décret exécutif des conditions qui affectent 500 000 employés et leurs familles et mettre fin au débat sur la politique des garderies qu'il veut imposer (et qui ouvre la voie à la privatisation des services publics), révèle la grande faille des institutions politiques dominées par les partis. Les représentants politiques à l'Assemblée nationale ne représentent pas la société québécoise; ils sont des membres de groupes d'intérêts spéciaux incorrectement appelés «partis politiques». Ils ne sont pas l'avant-garde du peuple, ils n'élèvent pas le débat pour que le peuple soit informé et pour que l'opinion publique soit informée pour servir le bien public et l'édification nationale. Au contraire, ils font tout en leur pouvoir pour désinformer et détruire l'opinion publique.

Quels faits et chiffres sont nécessaires quand on discute des politiques économiques qui affectent les conditions d'emploi des travailleurs du secteur public, notamment de leurs salaires? Le Parti libéral au pouvoir cite les revenus du gouvernement comme facteur décisif et suprême. La présidente du Conseil du trésor, Monique Jérôme- Forget, déclare depuis le début que le gouvernement dispose de 2,1 milliards $ pour les salaires jusqu'en 2010 et qu'il n'y avait rien d'autre à discuter.

Mais les revenus du gouvernement relèvent des politiques gouvernementales dictées par le parti au pouvoir. Ils sont un facteur subjectif, pas un facteur scientifique et objectif pouvant servir d'argument, pouvant informer la discussion et élever l'opinion publique vers une solution au problème.

Première politique subjective: Le montant global des revenus du gouvernement dépend du montant qu'il réclame au produit social de la nation et du montant qu'il reçoit du gouvernement fédéral. Le gouvernement n'offre pas un compte rendu scientifique du produit social du Québec et ne croit pas nécessaire de soumettre à la discussion publique la réclamation qu'il fait au produit social.

Deuxième politique subjective: Le repartage de l'ensemble des revenus est décidé par le Parti au pouvoir à Québec. Le Parti au pouvoir ne part pas des besoins objectifs du peuple et de la société, pour garantir à tous une culture et un moyen de subsistance. Il aborde les questions sociales d'un angle anti-scientifique, en affirmant qu'une partie donnée des revenus (2,1 milliards $) est disponible pour les salaires des travailleurs du secteur public jusqu'en 2010. Il ne veut pas savoir si cette somme correspond à un moyen de subsistance de standard québécois pour les employés du secteur public ou si cela reflète le niveau que les forces productives du Québec et leur produit social peuvent soutenir.

Troisième politique subjective: La façon dont les revenus du gouvernement sont perçus est aussi une décision politique et dans le cas présent l'incohérence est accentuée par le fait qu'ils proviennent en majeur partie des poches des travailleurs et des couches moyennes, plutôt que de provenir directement du produit social. En effet, c'est l'incohérence quand le gouvernement paie les salaires des employés du secteur public pour immédiatement leur reprendre environ 25% sous forme d'impôts sur le revenu. Cette politique subjective brouille les cartes quant à l'origine des moyens de consommation des employés du secteur public. Elle donne l'impression que leurs salaires ou leurs moyens de consommation proviennent en partie des impôts sur le revenu qu'ils paient et des autres taxes, impôts et frais que le gouvernement perçoit sur les salaires.

Ce qui n'est pas le cas. Ils proviennent du produit social créé au niveau de la production et c'est la même chose pour tous les travailleurs. Pour éclaircir l'origine des revenus du gouvernement, ils devraient être perçus directement au point de production plutôt qu'indirectement sous forme d'impôts sur le revenu, taxes de vente et frais divers. Une réclamation objective du gouvernement au produit social au point de production contribuerait à éclaircir les choses et à placer la discussion et le débat sur un plan objectif, scientifique, tant pour ce qui est des salaires que pour les autres problèmes pressants de la société.

Un gouvernement véritablement représentatif du peuple rejetterait les méthodes dictatoriales subjectives pour ce qui est des questions économiques et sociales complexes, méthodes qu'utilisent tous les partis au pouvoir au Canada comme si cela allait de soi. Les véritables représentants du peuple à l'Assemblée nationale mèneraient une discussion nationale informative sur les salaires et le moyen de subsistance acceptable et possible pour différentes catégories d'employés de l'État. C'est cette discussion qui servirait de base à la négociation des salaires et des conditions de travail avec les syndicats, pas un montant décrété arbitrairement par le Conseil du trésor.

Le gouvernement dispose de quantité de statistiques et de ressources et il est parfaitement en mesure, avec la contribution des collectifs du peuple, de déterminer exactement la quantité du produit social du Québec.

Tout Québécois engagé politiquement et actif dans les différents collectifs auxquels il appartient sait que le plus grand obstacle à la discussion et à la formation d'une opinion publique éclairée vient des monopoles qui contrôlent les principaux secteurs de l'économie, y compris les masse-médias, et les partis politiques au pouvoir qui agissent comme gardiens du pouvoir avec pour fonction de maintenir le peuple à l'écart.

C'est cette réalité qui a mené le Parti au pouvoir au Québec à décréter les conditions d'emploi des travailleurs du secteur public et la politique des garderies envers et contre tous. Ces décrets sont inacceptables, anti-scientifiques, antisociaux, antinationaux et une insulte. Ils doivent être renversés. Le pouvoir arbitraire du décret exécutif insuffle à la politique un caractère subjectif et ne peut faire autrement que de mener à l'incohérence et à la crise.

Le pouvoir arbitraire du décret exécutif du Parti au pouvoir détruit le discours public, l'opinion publique et la participation du peuple aux affaires politiques. Avec le gouvernement par décret, la politique devient de plus en plus la chasse-gardée des riches et des puissants et un moyen par lequel les monopoles transforment impunément toute la production sociale et l'approvisionnement en biens et services, y compris les secteurs traditionnellement considérés comme relevant du domaine public, comme l'eau et les systèmes d'égouts, en autant de moyens de bâtir leurs empires privés.

Non aux lois injustes! Le renouveau démocratique du processus politique est à l'ordre du jour!

(LML, 2 février 2006 - numéro 3)

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Non à la «responsabilité collective» du gouvernement Charest de payer les riches!

Le 28 février dernier, le gouvernement du Parti libéral du Québec annonçait une hausse des tarifs d'électricité de 5,3% à compter du 1er avril 2006. Il s'agit de la quatrième hausse depuis avril 2004, pour une hausse totale de près de 11%. Dans la même foulée de l'offensive antisociale néolibérale, sont annoncées des demandes de hausses supplémentaires de 12,2% en 2007, de près de 6% en 2008 et ainsi jusqu'en 2011.

La Régie de l'énergie du Québec a approuvé le plan d'Hydro-Québec pour obtenir des revenus de 10 milliards $ en 2006, en hausse de 463 millions $ par rapport à 2005 («Ce qui explique sa demande de hausse de tarifs de 5,3%»), pour faire des investissements de 693 millions $ et pour obtenir un rendement de 7,75%, et ce, à l'heure même où Hydro-Québec a soutiré des «bénéfices» de 2,435 milliards $ en 2005.

La Régie déclare, dans un sommaire de sa décision rendue publique le 28 février 2006, qu'«aux fins réglementaires, le Distributeur Hydro-Québec dans ses activités de distribution d'électricité est une entité indépendante et distincte. Il peut, selon la Loi sur la Régie de l'énergie, faire modifier ses tarifs afin de récupérer ses coûts de capital et d'exploitation, ce qui inclut un rendement raisonnable déterminé par la Régie sur les investissements consacrés à la distribution de l'électricité au Québec. Ces coûts constituent le «revenu requis» du Distributeur.»

«La Régie reconnaît que toute hausse tarifaire entraîne une pression supplémentaire sur le revenu disponible des consommateurs à faible revenu. Néanmoins, la Régie considère qu'il est souhaitable que les consommateurs connaissent le coût réel de l'électricité qu'ils consomment car cela leur permet d'effectuer des choix éclairés et les incite à adopter des comportements qui favorisent les économies d'énergie.»

«Par ailleurs, note la Régie, cette augmentation est inférieure à celles qu'ont subies toutes les autres formes d'énergie, qu'il s'agisse du mazout, de l'essence ou du gaz naturel.»

«Au Québec, la consommation d'électricité dépasse maintenant le volume d'électricité patrimoniale, qui s'élève à 165 TWh (T'mille milliards). Pour être en mesure de faire face à la demande en 2006, le Distributeur prévoit acheter pour plus de 700 M$ d'électricité post-patrimoniale, à 8,8¢/kWh en moyenne, environ trois fois plus que le coût moyen de 2,79¢/kWh pour l'électricité patrimoniale établi par la Loi sur la Régie de l'énergie.»

Thierry Vandal, p.d.g. d'Hydro-Québec, s'est dit satisfait de l'approbation de la Régie, laquelle «permettra de rendre les clients plus conscients du coût réel (sic!) de l'énergie qu'ils consomment et qui pourra les inciter à des comportements favorisant les économies d'énergie.» L'objectif d'économie d'énergie, fixé par le gouvernement du Parti libéral du Québec et Hydro-Québec, a été porté à 4,1 milliards de kWh à l'horizon 2010.

Devant les médias, Thierry Vandal a tenté de justifier les hausses de tarifs d'électricité en disant qu'«il y a une forte croissance de la demande», «que le marché d'exportation est fort rentable» et «que s'il n'y avait pas de croissance de la demande, il n'y aurait pas de hausse de tarifs». Pour cela, il dit suivre «le cadre réglementaire» et affirme que des investissements doivent être faits.

Pierre Corbeil, ministre des Ressources naturelles et de la Faune du Québec, lors d'un point de presse à l'issue du conseil des ministres, a signifié que cette hausse tarifaire devait inciter les consommateurs d'électricité à faire des économies d'énergie. «Le signal du prix est le meilleur outil pour encourager le consommateur à l'efficacité et à l'économie d'énergie.»

Il a également tenté de justifier la hausse en disant que «Le Québec est la 3e juridiction en Amérique du Nord (surligné par nous) qui a le prix le plus bas» et que «75% de la hausse sera pour acheter de l'électricité sur les marchés extérieurs».

La politique énergétique du gouvernement du Parti libéral du Québec

Le gouvernement du PLQ procède depuis 2004 à des hausses de tarifs qui ont des effets désastreux sur les familles québécoises de même que sur nombre de petites et moyennes entreprises industrielles, manufacturières et agricoles du Québec. Le gouvernement du PLQ impose au peuple un appauvrissement qui en conduit plus d'un à ne pas pouvoir se chauffer confortablement, conformément aux normes établies en matière de santé.

Ces dernières années, Hydro-Québec a réalisé des milliards de dollars de «bénéfices» annuels.

Mais à quoi sert et à qui servent tous ces «bénéfices»? Qui en profitent? Où vont tous ces milliards de «bénéfices»? Le gouvernement du PLQ les met au «bénéfice» de qui?

De même, à quoi sert toutes ces «économies» d'énergie que les gens se voient forcés de faire à cause de ce que le ministre Corbeil appelle «le signal du prix», soit à cause qu'ils n'ont pas les moyens de payer la facture s'ils maintiennent un chauffage et un éclairage conforme à leurs besoins et aux critères établis en matière de santé, soit parce qu'on leur a fait croire qu'ils font des «économies» pour une «bonne cause»?

Il faudrait d'abord que le gouvernement prouve qu'il y a une pénurie d'énergie électrique, que la capacité de production d'énergie hydro-électrique est inférieure aux besoins (ce qu'ils appellent la demande) internes de la nation du Québec. Et s'il prétend que la capacité de production d'Hydro-Québec est inférieure à la demande ou aux besoins de la nation du Québec, alors, comment expliquera-t-il qu'il vend une quantité massive d'électricité à même le volume d'électricité patrimoniale pour, — il s'en fait une responsabilité — répondre à «la forte croissance de la demande» du «marché d'exportation fort rentable», comme le dit le p.d.g. d'Hydro-Québec?

Et, s'il est «fort rentable», pourquoi cela ne sert-il pas à améliorer le bien-être du peuple québécois, à faire en sorte que les Québécois paient moins cher l'électricité? Et, s'il est «fort rentable», cette «forte rentabilité» devrait servir à faire les investissements requis pour maintenir et améliorer la société d'État, ses unités de production et de distribution et pour développer sa propre capacité de production d'électricité par l'énergie éolienne.

Or, après qu'Hydro-Québec aie vendu, d'année en année, une quantité de plus en plus massive d'électricité aux marchés étrangers, principalement aux Américains, voilà que Hydro-Québec et le gouvernement du PLQ deviennent de plus en plus des acheteurs d'électricité sur les marchés étrangers, au prix du marché nord-américain (ce qui correspond à un prix de plus de trois fois le prix du volume d'électricité patrimoniale qui est de 2,79¢ le kWh). Une telle façon de faire peut-elle être rentable? Rentable pour qui?

Hydro-Québec a invoqué, entre autres, pour justifier sa demande de hausse des tarifs, le besoin de faire des investissements. De quels investissements s'agit-il?

S'agit-il des «investissements» qu'Hydro-Québec a fait et veut continuer de faire dans les études sismiques et dans l'exploration de sources de gaz naturel et de pétrole dans la péninsule gaspésienne et dans son littoral (off-shore) pour que des consortium financiers et des monopoles, à qui il a accordé tous les droits d'exploitation, retirent le maximum de profit des ressources naturelles de la nation du Québec et des Premières nations du Québec?

S'agit-il des «investissements» que le gouvernement du PLQ et Hydro-Québec font pour que des monopoles de l'industrie de l'énergie éolienne produisent de l'électricité qu'ils vont vendre à Hydro-Québec au «prix du marché nord-américain» pour leur garantir le profit maximum? S'agit-il des «investissements» qu'Hydro-Québec fera au niveau de ses infrastructures pour que ces monopoles puissent y acheminer l'électricité de source éolienne?

S'agit-il des «investissements» que le gouvernement du PLQ fait pour imposer des ports méthaniers, des réservoirs de gaz naturel liquide et des usines de transformation de ce gaz liquide pour répondre à la «forte croissance de la demande» du «marché de l'exportation» et aux réclamations des monopoles du gaz?

Ou s'agit-il encore d'«investissements» pour subventionner des consortiums financiers et des monopoles pour construire d'autres mini-centrales hydro-électriques privées, lesquels vendront l'électricité à Hydro-Québec au «prix du marché nord-américain», soit le prix du profit maximum, le tout facturé aux peuples du Québec?

On se souvient des positions exprimées par Jean Charest dans son discours de clôture du congrès des membres du PLQ le 21 novembre 2004, concernant principalement l'énergie. Il y a, disait-il, des principes qui sont clairs et il y aura des questions auxquelles on devra répondre.

«L'Alberta s'est enrichie en vendant du pétrole. Pourquoi est-ce qu'on devrait avoir des scrupules à s'enrichir collectivement (souligné par nous) en vendant à nos voisins une électricité propre, fiable et renouvelable? Est-ce que le Québec, en regard de sa géographie et de son savoir-faire n'a pas une responsabilité (souligné par nous) d'offrir à ses voisins une énergie renouvelable? Les Québécois sont prêts à ce qu'on fasse à nouveau du développement énergétique l'un des principaux leviers de notre croissance économique. Ça nous appartient. C'est à nous autres. Ça fait partie de ce que nous sommes. Notre potentiel énergétique, c'est notre moyen le plus sûr de générer de la richesse qui va nous permettre de mieux soigner notre monde, de mieux éduquer nos enfants, de mieux développer nos régions. C'est notre moyen le plus sûr d'avoir une plus grande richesse à distribuer entre les citoyens du Québec.»

À ce moment-là, il disait que le Québec pourrait «s'enrichir collectivement» en vendant de l'électricité aux États-Unis. Ce qu'il a fait, c'est vendre de plus en plus d'électricité, à un point tel que depuis 2004, le Québec se trouve dans la position d'acheter de plus en plus d'électricité sur les marchés étrangers. Les achats d'électricité sont passés de 4,56 milliards en 2004 à 5,19 milliards en 2006 et les achats post patrimoniaux étaient inexistants en 2004, selon des médias écrits.

Mais qu'est-ce qui apparaît au Québec, sans parler de l'Alberta, en terme de «s'enrichir collectivement»? Ce qui apparaît, c'est la politique du gouvernement du PLQ de faire durer plus longtemps le système d'enrichir de plus en plus la minorité des «collectifs» de monopoles et de bâtisseurs d'empires dilapidant le trésor public et pillant les ressources naturelles de la nation et, ce mal faisant, d'appauvrir la majorité des collectifs du peuple et des nations du Québec. Ce qui apparaît, dans les agissements du gouvernement du PLQ et de sociétés d'État telles qu'Hydro-Québec c'est la «responsabilité» qu'ils ont pris de faire perdurer ce système dans lequel le droit de monopole vise à supplanter le droit et le bien public. C'est ce qu'ils appellent «agir de façon responsable». Cela ne doit pas passer.

La vaste majorité des collectifs de la classe ouvrière, du peuple et des nations du Québec doivent confronter le droit de monopole et s'opposer à la fraude de la «responsabilité collective» de Jean Charest, un euphémisme qui sert à nier la responsabilité sociale du gouvernement envers le peuple et la nation. Ils doivent trouver les moyens de faire primer le bien public et le droit public et restreindre le droit de monopole. Pour que se réalise «s'enrichir collectivement» et «mieux soigner notre monde, mieux éduquer nos enfants, mieux développer nos régions», telle est la responsabilité sociale.

* Serge Patenaude est candidat du Parti marxiste-léniniste du Québec 2007 dans Lévis. L'article est tiré du LML du 16 mars 2006, numéro 20)

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Mars 2006

La privatisation du parc
du Mont-Orford ne doit pas passer!

Plus de 3 000 personnes ont répondu dimanche le 26 mars à l'appel de la coalition SOS parc Orford et demandé l'abandon de la privatisation partielle de cette aire actuellement protégée. Selon un sondage récent, 76% des Québécois s'opposent à la privatisation partielle du Mont-Orford. Plus de 200 organismes oeuvrant pour la sauvegarde de l'environnement se sont prononcés contre cette privatisation. Même le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) est d'avis qu'en l'absence d'un appui de la population on ne devrait pas aller de l'avant avec la privatisation.

Malgré sa promesse faite aux Amis du Mont-Orford lors de l'élection 2003 comme quoi «un gouvernement libéral ne donnerait le feu vert à un projet immobilier que s'il y avait une large approbation sociale», malgré l'avis juridique demandé par l'ex-ministre du Développement durable, Thomas Mulcair qui mentionne que la construction de 1 000 condos à l'intérieur du parc est illégale, le gouvernement Charest a décidé d'aller de l'avant. Comme l'article 5 de la Loi sur les parcs stipule que «les terrains faisant partie d'un parc ne peuvent faire l'objet de vente ou d'échange», le gouvernement adoptera une loi spéciale pour en permettre la privatisation.

Selon les reportages, l'ex-ministre de l'Environnement Jacques Brassard a dit qu'«un gouvernement élu démocratiquement ne doit pas céder à tout bout de champ devant les manifestants», ajoutant que «le gouvernement perd le respect de la population quand il ne fait pas ce qu'il a dit qu'il ferait». Il a oublié de dire que Charest a dit qu'il ferait une chose avant d'être élu et une autre une fois au gouvernement. Si le gouvernement «perd le respect de la population», c'est à cause du vice fondamental de la démocratie représentative.

Mais l'arrogance et le mépris de la volonté populaire des libéraux n'ont pas démoralisé les manifestants. «Avec la force de la population, on peut faire en sorte qu'ils révisent leur décision, qu'ils retirent leur projet de loi spéciale et qu'ils respectent la Loi sur les Parcs», de dire la présidente de Memphrémagog Conservation, Gisèle Benoît-Lacasse. Rassemblés devant la mairie du canton d'Orford, les manifestants ont pu entendre Mélanie Desrochers, membre du même organisme, dire que les opposants s'attaqueront en priorité au projet de loi spéciale, une voie de contournement «qui permettrait de vendre des terrains qui appartiennent au public». Un recours judiciaire pour empêcher la vente de 640 hectares de terrains est également envisagé.

La chanteuse et humoriste Clémence Desrochers tenait à être présente. Elle a profité de l'occasion pour promettre à son père le poète Alfred DesRochers de se battre pour la montagne qu'il aimait tant. La poète maintenant décédé avait d'ailleurs publié en 1929 un recueil de poèmes primé intitulé À l'ombre de l'Orford. Quant à l'auteur-compositeur-interprète Richard Séguin, il a appelé à protéger ce «trésor collectif». Pour l'écrivaine Marie Laberge la protection de la montagne est avant tout une question de «respect». «Respectez-nous», a-t-elle lancé à l'endroit de M. Charest. Finalement, le maire de la municipalité du canton d'Orford, Pierre Rodier, a mis en garde le gouvernement contre la tentation de répondre à l'«appétit sans fin des promoteurs sans conscience sociale».

Les opposants ont également lancé une pétition invitant les libéraux à «respecter la Loi sur les Parcs» et à «renoncer à ces projets de vente de terrain et de loi spéciale afin d'assurer l'intégrité écologique et territoriale du parc national du Mont-Orford». Selon eux, «l'intégrité des 23 parcs nationaux de la province est menacée». À ce jour 29 526 signatures ont été recueillies. La population est également invitée à participer à une manifestation qui se tiendra à Montréal de 22 avril, dans le cadre de la Journée de la Terre.

* Serge Lachapelle est candidat du Parti marxiste-léniniste du Québec 2007 dans Sainte-Marie--Saint-Jacques. L'article est tiré du LML 12 avril 2006, numéro 36)

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Pertes massives d'emplois industriels
au Québec en 2005-2006

Le Québec compte d'importants secteurs industriels, comme la foresterie et l'exploitation forestière, l'industrie minière et métallurgique, l'industrie aéronautique, pharmaceutique, du textile et du vêtement, du meuble et du transport. Les pêcheries, l'agriculture et tout le secteur agro-alimentaire occupent aussi une place importante dans l'industrie au Québec. À cela s'ajoute le secteur de l'énergie et Hydro-Québec. Ces secteurs de l'économie nationale du Québec sont indispensables aux secteurs des services et du commerce au détail, ainsi qu'au secteur public, dont la santé et l'éducation. De même, le travail des travailleurs de la santé, de l'éducation, des services sociaux, des loisirs, des sports et de la culture est essentiel à l'avenir et au développement de l'économie nationale et de la société. Il sert au bien-être des travailleurs et du peuple et il prépare la jeune génération.

Le Québec a perdu 33 300 travailleurs dans le secteur industriel sur un total de 49 800 pertes d'emploi en 2005. Au cours des trois dernières années, 71 000 travailleurs industriels ont perdu leur emploi. S'il y a eu 51 400 emplois créés au Québec pour la même période de 2005, ils se retrouvent majoritairement dans le secteur des services. Ce secteur des services est composé essentiellement de celui du commerce en gros et détail, de la culture et des loisirs, de la finance et des assurances, de l'hébergement et de la restauration et des services de soutien. Il y aurait quelques emplois crées dans le secteur des services professionnels, scientifiques et techniques. Le secteur de la fabrication à lui seul au Québec compte plus de 540 000 travailleurs. En 2005, des milliers de travailleurs ont perdu leur travail dans les secteurs de la foresterie, de l'aluminium, du textile et vêtement, du meuble, et de l'agro-alimentaire.

Voici une liste des principaux secteurs économiques qui ont été affectés par les fermetures d'usines et le nom des usines qui ont fermé, et le nombre de travailleurs qui ont perdu leur emploi en 2005. La liste n'est pas exhaustive et on y trouvera aussi des données et des projections pour l'année 2006 selon l'information qui est disponible en ce moment.

Secteur de la foresterie, de l'exploitation forestière et produits du bois


La Sarre, Québec, 16 mai  2005

Le monopole américain de l'industrie forestière Bowater a mis fin aux activités pour une période indéterminée de sa scierie de Girardville (137 travailleurs).

Produits forestiers Saguenay, une scierie qui est la propriété du monopole Abitibi-Consolidated, a cessé ses activités (50 travailleurs). Cette fermeture s'ajoute à celle du moulin à papier Port-Alfred qui a jeté à la rue 640 travailleurs.

Fjorcell au Saguenay, propriété de Cascades a temporairement cessé toutes activités en novembre 2004 (74 travailleurs).

Smurfit-Stone a fermé son usine de New Richmond en Gaspésie.(300 travailleurs)

Domtar a fermé pour une période de temps indéfinie son usine de pâtes à Lebel-sur-Quévillon et elle a mis les travailleurs en lockout, provoquant la mise-à-pied de 700 travailleurs. Domtar a aussi fermé ses scieries de Grand Remous (130 travailleurs) et de Malartic en Abitibi-Témiscamingue.(100 travailleurs)

Tembec a fermé son usine de Portneuf dans la région de Québec (165 travailleurs) et prévoit continuer sa réorganisation antiouvrière en 2006, ce qui mènera à plusieurs autres pertes d'emplois.

Papiers Stadacona dans Limoilou a congédié 315 ouvriers sur 1000 travailleurs présentement actifs.

Fermeture de Uniboard en Gaspésie (240 travailleurs) .

225 emplois sont perdus à la scierie Davidson (Outaouais)

Cascades a licencié 100 des 400 travailleurs de l'usine de St-Jérome dans la région de Montréal.

Le monopole américain Kimberley-Clark a fermé son usine de St-Hyacinthe mettant à pied plus de 300 travailleurs


23 mai 2006: plus de 200 travailleurs forestiers et résidents de la région de l'Abitibi marchent en direction du bureau du ministre des Ressources naturelles et de la Faune, Pierre Corbeil.

C'est plus de 4 000 emplois qui ont été perdus dans le secteur de la forêt et de l'exploitation forestière en 2005. Se basant sur les prévisions de 2005 d'Emploi-Québec, contenues dans sa publication "Le marché du travail et l'emploi sectoriel au Québec , 2005-2009)", la Fédération des travailleurs du Québec( FTQ), prévoit que 5 200 travailleurs perdront leur travail dans ce secteur dans les trois années qui viennent en plus de 7 800 autres travailleurs dans les entreprises fabriquant des produits dérivés.

L'impact de ces fermetures est d'autant plus fort que plusieurs des villes affectées sont monoindustrielles et vivent entièrement de l'industrie forestière. Lebel-sur-Quévillon, par exemple, compte environ 3,000 personnes, et l'usine de Domtar qui est actuellement en lockout et sans perspective de réouverture immédiate, y emploie à elle seule environ 700 travailleurs.

Aluminium

Alcan a fermé à la fin de 2004 ses cuves Soderberg au Saguenay (560 travailleurs) et prévoit d'ici 2010 fermer les usines de Beauharnois et de Shawinigan.

Agroalimentaire.

Le monopole Olymel a récemment fermé ses usines de Magog (401 travailleurs), Granby (77 travailleurs) et Laval (60 travailleurs) et prévoit fermer en 2006 ses usines de St-Jacques de Montcalm, deux usines de production de bacon à Princeville (95 travailleurs) et l'usine de St-Simon (520 travailleurs). De plus, elle a forcé des concessions majeures aux travailleurs des usines de Princeville et de St-Hyacinthe et poursuit la même tactique avec l'usine de Vallée-Jonction.

Exceldor, une coopérative avicole, prévoit fermer une de ses usines d'abbattage et de transformation de volaille, soit celle de St-Anselme ou de St-Damase.

Industrie du Textile et du vêtement

55% de la production du secteur du textile et des vêtements au Canada se fait au Québec. Selon les mêmes prévisions d'Emploi-Québec , plus de 15 900 travailleurs des textiles, produits textiles, vêtements et produits du cuir auront perdu leur travail au Québec au cours de la période de 2005 à 2009.

En 2005, cinq usines appartenant à Cleyn and Tinker ont fermé dans la seule ville de Huntingdon (500 travailleurs). Denim Swift (150 travailleurs) a fermé ses portes à Drummondville et les patins Bauer ont mis fin à leurs activités à St-Jérôme en 2004. A Thetford Mines, 85 des 170 travailleurs de Keystone seront mis à pied dès le 28 avril 2006.

Industrie du Meuble et autres produits connexes

Shermag dans le secteur du meuble au Québec a fermé quatres usines: Scottstown (84 travailleurs), Victoriaville (160 travailleurs), Lac-Mégantic (45) et St-Léonard (70 travailleurs). Cette compagnie, en plus d'exiger des concessions de ses travailleurs dans ses autres usines dont celles d'Israeli en Estrie, menace maintenant d'autres travailleurs de fermer l'usine s'ils ne font pas des concessions. C'est le cas pour l'usine d'Acton Vale. Malgré les concessions, 44 travailleurs ont perdu leur emploi à D'Israeli et les 120 travailleurs d'Acton Vale sont menacés de fermeture. 6 700 travailleurs de l'industrie du meuble sont menacés de perdre leur emploi d'ici 2009.

Secteur du Transport

L'usine de fabrication d'autobus Prévost a mis à pied plus de 250 travailleurs dans la région de Québec en début février 2006.

Cette liste de fermetures d'usines et des pertes pour le Québec de milliers de travailleurs industriels est loin d'être exhaustive ni finale. Elle trace un portrait des décisions antiouvrières qu'ont prises des monopoles comme Alcan, Abitibi-Consolidated, Domtar, Tembec, Olymel, Shermag et plusieurs autres en 2005.

De plus, ce qu'on appelle au Québec les PME, les petites et moyennes entreprises, représente aussi un grand nombre d'installations industrielles qui dépendent pour leur survie des contrats qu'elles reçoivent des monopoles d'ici ou de l'étranger. Plusieurs travailleurs industriels des PME ont aussi perdu leur travail. La situation ne saurait s'améliorer dans ces secteurs pour les trois prochaines années selon Emploi-Québec.

Selon les prévisions pour 2005-2009, on prévoit que sur 20 nouveaux emplois crées au Québec, 19 d'entre eux proviendront du secteur des services. La perte des travailleurs industriels et la fermeture des usines, la dévastation de secteurs économiques et des régions se traduit par une réduction énorme de la richesse sociale produite au Québec. Les conséquences sont dévastatrices pour l'économie du Québec et le niveau de vie des travailleurs et du peuple.

Les travailleurs et les communautés s'organisent et s'opposent aux ravages et dénoncent le gouvernement qui se défile devant sa responsabilité sociale et qui tente d'instituer que le droit de monopole vient avant le droit public. Ils font face à la tâche de s'organiser pour priver les monopoles du pouvoir de provoquer la dévastation dans l'économie et dans la vie des travailleurs et du peuple.

* Normand Chouinard est un politicien ouvrier et candidat du Parti marxiste-léniniste du Québec 2007 dans La Prairie. L'article est tiré du LML 22 mars 2006, numéro 24)

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Mai 2006

Le gouvernement du Québec prépare un projet de loi pour faciliter l'expulsion des locataires

Après avoir annoncé qu'il n'y aura aucune mesure d'urgence pour les locataires qui se retrouveront sans logement le 1er juillet, le gouvernement du Québec s'apprête à adopter un projet de loi permettant d'expulser de manière expéditive les locataires dont le loyer est en retard de trois semaines. Selon les informations recueillies par Le Devoir, le locataire recevrait par huissier une copie de la plainte pour non-paiement de loyer, un formulaire de contestation et se verrait assigner une date d'audience. S'il ne conteste pas par écrit la plainte du propriétaire dans un délai de dix jours, il serait automatiquement condamné par un greffier, ce qui entraînerait son expulsion du logement. On se rappellera que le gouvernement de Mike Harris avait adopté une procédure semblable en 1997, une procédure qui avait été vivement critiquée par les associations de locataires ontariennes.

L'attaché de presse de la ministre des Affaires municipales, Nathalie Normandeau, a mentionné que la nouvelle procédure préconisée permettra de libérer des régisseurs afin qu'ils consacrent davantage de temps à d'autres causes plus litigieuses. Mais comme le souligne le Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) l'engorgement actuel de la Régie du logement est d'abord lié aux compressions budgétaires successives dont le tribunal a été victime. Son budget annuel est passé de 17,2 millions $ en 1992-1993 à 16,1 millions en 2004-2005 et ce, au moment où le nombre de causes est passé de 75 000 à 84 000. Le nombre de régisseurs est passé de 37 à 32. Les causes pour non-paiement de loyer sont malgré tout les plus rapides à la Régie, puisqu'elles sont entendues dans un délai de 1,3 mois, alors que des causes présentées par des locataires pour harcèlement ou perte de jouissance des lieux prennent en moyenne 14,5 mois.

Le FRAPRU et le Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ) invitent le gouvernement à agir sur les causes de l'incapacité de payer le loyer. «Les montants d'allocation-logement n'ont pas été indexés depuis 1997 au Québec. Aucun nouveau HLM n'a été financé depuis douze ans. Les prestations d'aide sociale sont à un niveau scandaleusement bas de 543$ par mois et les chèques de la majorité des locataires n'ont été indexés qu'à moitié au cours des deux dernières années. Le salaire minimum n'a pas suivi le coût de la vie. Quant aux loyers, le gouvernement les a laissés grimper en cinq ans de 21% à Montréal, de 22% à Gatineau et de 20% à Québec, sans se donner la peine d'intervenir. Si le gouvernement veut s'attaquer au problème du non-paiement et de l'engorgement qu'il entraîne à la Régie, c'est dans sa propre cour qu'il devrait faire le ménage» souligne le coordonnateur du FRAPRU, François Saillant.

(LML, 4 mai 2006 - numéro 42)

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Février 2007

Les travailleurs d'Olymel sont déterminés à défendre leurs droits contre le diktat de la compagnie

Le 13 février, après quatres tentatives infructueuses, le monopole de l'industrie du porc et de la volaille Olymel est finalement parvenu à imposer des concessions antiouvrières à ses travailleurs de Vallée-Jonction. Cela n'a été possible que par une campagne brutale de chantage et de manoeuvres, avec la participation éhontée du gouvernement Charest qui était déjà en train de préparer «l'après Vallée-Jonction» avec Olymel.

On a agi avec les travailleurs comme si l'affaire était déjà conclue. D'un côté, l'acceptation de «l'offre ultime» pour sauver les emplois, de l'autre, une fermeture certaine qui exclurait les travailleurs des nouveaux plans de la compagnie et les rendrait indésirables dans la région.

Selon les médias, le conciliateur aurait bonifié «l'offre ultime» d'Olymel en adoucissant certaines concessions sur les vacances et la santé-sécurité et en retardant l'application des concessions jusqu'à l'expiration de la convention collective, à la fin septembre 2007. Même si les détails de l'entente n'ont pas été révélés, on estime que les concessions arrachées se montent à 12 millions $ par année en coupures de salaires et d'avantages sociaux. L'entente prévoit aussi un important remaniement des règles de travail dont le plein effet ne sera ressenti qu'au fil du temps. Les travailleurs de Vallée-Jonction auraient accepté l'offre suite aux modifications faites par le conciliateur.

Le Marxiste-Léniniste condamne la propagande faite à présent par Olymel et son négociateur Lucien Bouchard pour écraser l'esprit de résistance des travailleurs et de toute une région. Bouchard a dit que les travailleurs ont dû consentir des «sacrifices» et admis que leur convention collective a été pulvérisée, pour ensuite ajouter que ce vote pour des concessions dont les travailleurs ne voulaient pas est une «victoire collective» et l'expression de «la solidarité sociale» qui existe dans la région. Le résultat du vote a montré que les travailleurs ont finalement été convaincus qu'il fallait accepter les demandes de la compagnie pour le bien de tous, dit-il.

La vérité, c'est qu'Olymel, Bouchard et les autres, dont le gouvernement Charest, ont brutalement imposé ces concessions en utilisant le pouvoir de l'État. Il faut être le porte-parole de forces sociales particulièrement détestables pour dire que ce diktat de monopole est l'expression d'une «solidarité sociale».

Il n'y a pas de communauté d'intérêts entre ce diktat brutal et les travailleurs et la région. Les concessions antiouvrières représentent un énorme transfert de richesse sociale des mains des travailleurs, qui l'ont produite, et de la région vers les coffres d'Olymel. Les travailleurs et la région n'ont aucun contrôle sur ce qu'il advient de cette richesse. Suggérer qu'elle servira au développement et à la prospérité de la région, c'est se moquer du monde.

Cette désinformation a un but, et c'est de faire ressentir aux travailleurs le poids de l'impuisance pour qu'ils ne songent plus à s'organiser pour changer la situation. Mais ils peuvent repousser le diktat exercé contre eux et contre les intérêts du Québec en mettant à profit le poids du nombre et de l'organisation et la justesse de leur cause.

Les travailleurs savent que leurs conditions de travail et de vie dans le secteur vont se détériorer et qu'aucun problème de l'industrie n'a été résolu. Ils ont bien vu qu'Olymel a refusé de s'engager à maintenir l'usine de Vallée-Jonction ouverte à court terme ou a long terme. La seule conclusion à tirer, c'est que la sécurité s'obtient en défenant leurs droits et les droits de tous. C'est aussi que les travailleurs doivent en tout temps agir en tant que force organisée et informée tant au niveau de l'usine, de la région, de l'industrie et de l'ensemble du Québec face aux plans du gouvernement et des intérêts étroits qu'il sert. Ils peuvent ainsi formuler des stratégies pour défendre la dignité du travail dans chaque situation. Même dans les circonstances les plus favorables, ce n'est pas le libellé de la convention collective qui défend les travailleurs, c'est leur action unie pour forcer les capitalistes monopoles à se conduire comme il faut.

Le Marxiste-Léniniste appelle tous les travailleurs à développer leur appui aux travailleurs d'Olymel alors qu'ils se préparent à affronter la réorganisation antiouvrière d'Olymel, qui demande un «maximum de souplesse» dans ses opérations. Il faudra l'appui organisé de tous les travailleurs du Québec pour affronter cette offensive.

Les travailleurs d'Olymel, en abordant la nouvelle phase de leur lutte, sont de plus en plus conscients qu'il faut empêcher les monopoles d'isoler les travailleurs et d'exercer un chantage contre eux. On peut le faire! Il faut le faire!

(LML 16 février 2007, numéro 16)

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