Le Marxiste-Léniniste

Numéro 76 - 27 septembre 2006

Rencontre secrète à Banff

Que se passe-t-il dans les relations
entre le Canada et les États- Unis?

Rencontre secrète à Banff

Que se passe-t-il dans les relations entre le Canada et les États- Unis?
Rencontre secrète de PDG et de l'establishment de la défense à Banff: Militarisation et déconstruction de l'Amérique du Nord - Michel Chossudovsky, GlobalResearch.ca
On se rapproche de l'Oncle Sam: Les chefs d'entreprise discutent de l'intégration nord-américaine à l'insu du public - Maude Barlow
Tentatives du gouvernement Bush de dissimuler l'union nord-américaine: mythes, faits... vérité? - Tom DeWeese, American Policy Center

À titre d'information

Les participants à la rencontre secrète de Banff

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Rencontre secrète à Banff

Que se passe-t-il dans les relations
entre le Canada et les États- Unis?

Le rapport du juge O'Connor sur l'affaire Arar a fait ressortir entre autres qu'il y a des choses inquiétantes qui se passent dans les relations entre le Canada et les États-Unis. Il fait ressortir plusieurs choses concernant l'aspect sécurité, mais à notre avis il y a une question fondamentale qui n'a pas été posée: La politique du Canada en matière de sécurité a-t-elle été pensée par des représentants d'une société civile en songeant aux mesures nécessaires dans certaines circonstances particulières pour protéger la sécurité intérieure et extérieure de l'État canadien, celle de ses voisins et celle de l'ensemble des peuples et pays du monde? Ou établit-elle uniquement les moyens de se conformer au diktat d'une puissance étrangère et d'une oligarchie financière dont les intérêts sont intimement reliés à la quête de domination mondiale de cette puissance étrangère?

C'est une question d'autant plus sérieuse quand on sait que la puissance étrangère en question et la superpuissance américaine dont l'objectif global est d'imposer son diktat au monde entier. De plus, la «guerre contre la terreur» de cette superpuissance est spécifiquement dirigée contre le monde musulman qui cherche à défendre son droit d'être et les conditions nécessaires à la défense de ce droit.

Que montrent les conclusions de l'enquête sur l'affaire Arar et pourquoi le gouvernement, la GRC, les partis d'opposition et d'autres sont-ils si récalcitrants à discuter de leur signification? Est-ce parce que les États-Unis ont infiltré certaines agences et institutions canadiennes et les ont placées directement sous leur commandement? Quels rapports ont été établis entre la GRC, les Forces spéciales de l'Armée canadienne, voire l'ensemble de l'Armée canadienne, et même certains ministères et les États-Unis? Les États-Unis ont-ils pris le contrôle du Bureau du Premier Ministre?

Le Marxiste-Léniniste croit que ces questions méritent attention.

Par exemple, lorsque les Forces spéciales de l'Armée canadienne ont été envoyées en Afghanistan au début de l'intervention, beaucoup au Canada se sont inquiétés de ce qu'il adviendrait des prisonniers. Ils ne voulaient surtout pas qu'ils soient remis entre les mains de l'armée américaine, connaissant la pratique de ce pays de déporter des prisonniers vers la torture. C'était une affaire urgente étant donnée la rapidité avec laquelle les événements se dénouaient. Avant même que le public ne prenne conscience du sérieux du problème et que la chose soit soumise à un débat, on apprenait que: 1) les forces canadiennes avaient fait des prisonniers; 2) elles les avaient remis entre les mains des forces américaines; 3) le premier ministre d'alors, Jean Chrétien, ne le savait pas. Avant que le public n'ait le temps d'absorber cette information, sans parler d'en débattre, on apprenait en entre-filets que le ministre de la Défense, Art Eggleton, et le représentant américain des opérations spéciales avaient signé un mémorandum secret. Selon le mémorandum, les Forces spéciales de l'Armée canadienne étaient placées directement sous commandement américain. Cela s'est fait à l'insu du public et du gouvernement et même du premier ministre. En fait, le mémorandum disait, si la mémoire est bonne, qu'il ne fallait pas informer le premier ministre des opérations spéciales.

Puis le gouvernement et les médias ont complètement cessé d'en parler. La note comme telle n'a jamais été rendue publique, alors le public n'a jamais eu la chance d'absorber l'information, sans parler d'en débattre. Quant aux médias, quiconque étaient chargés de capter ce type d'information et d'agir en conséquence l'ont ou bien vu et, comme le reste d'entre nous, étaient trop absorbés par le défilement rapide des événements pour réagir, ou bien rangé quelque part dans la mémoire comme un écho sur un écran de radar ou encore porté à l'attention de leurs supérieurs pour ensuite se faire dire de ne pas s'en préoccuper. Quoi qu'il en soit, il y a bel et bien eu écho sur le radar. C'était l'époque des scandales du gouvernement Chrétien et les diversions se succédaient à toute allure. Eggleton a été démis de ses fonctions sous prétexte de conflits d'intérêts concernant l'utilisation personnelle d'un chalet et lui-même n'est plus maintenant que le souvenir d'un écho sur l'écran de radar.

Tout cela pour dire qu'il est important de porter attention à ce qui se passe présentement dans les relations canado-américaines.

Nous reproduisons des articles et rapports au sujet d'une conférence secrète tenue à Banff, en Alberta, du 12 au 14 septembre, conférence qui a été portée à l'attention du public en dépit du silence du gouvernement et des médias. C'est la deuxième conférence de ce genre à se tenir à l'insu des Canadiens. Nous pensons que cette conférence, son ordre du jour, ses participants, son timing et l'absence de discours public à son sujet amènent encore une fois à se demander si l'État canadien est de plus en plus placé sous le commandement direct de l'État américain. Les conclusions du Rapport O'Connor sur l'affaire Arar le révèlent-elles d'une certaine façon? Que nous disent les faits concernant la situation actuelle dans les rapports entre le Canada et les États-Unis?

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Rencontre secrète de PDG et de l'establishment
de la défense à Banff: Militarisation et déconstruction de l'Amérique du Nord

Des ministres et des généraux cinq étoiles se frottent à certains des plus influents chefs d'entreprise d'Amérique du Nord dans le décor somptueux du Fairmont Banff Springs Hotel.

Cette rencontre secrète sur «La prospérité continentale dans le nouvel environnement de sécurité» porte sur l'«intégration profonde», qui consiste grosso modo à abolir la souveraineté nationale en faveur de la «forteresse nord-américaine».

Selon l'ordre du jour de la conférence, le secrétaire à la Défense Ronald Rumsfeld se serait rendu à Banff, en Alberta, pour y prononcer une allocution sur la coopération militaire. Le ministre de la Sécurité publique du Canada, Stockwell Day, aurait quant à lui abordé divers problèmes reliés à la sécurité publique en Amérique du Nord.

Plusieurs hauts gradés des armées américaine et canadienne y étaient. Y assistaient également le ministre de la Défense du Canada, Gordon O'Connor, et le chef d'état-major de la Défense, le général Rick Hillier.

Rien ne confirme que le premier ministre du Canada, Stephen Harper, ait participé à la conférence.

Du côté américain, plusieurs des hauts conseillers de Rumsfeld étaient présents, avec une poignée de chercheurs et de consultants.

Le commandant du NorthCom américain, l'amiral Tim Keating, était dans l'assistance accompagné de plusieurs membres de son personnel. Keating est également le commandant du NORAD, qui sera bientôt incorporé dans le NorthCom américain.

Intégration profonde

Le concept d'«intégration profonde» fut d'abord énoncé par le «Groupe de travail indépendant pour l'avenir de l'Amérique du Nord» dont la composante canadienne est présidée par l'ancien vice-premier ministre libéral John Manley et Tom D'Aquino, président du Conseil canadien des chefs d'entreprises. Le groupe composé de représentants américains, canadiens et mexicains était parrainé par le Conseil sur les relations étrangères.

«D'Aquino et ses partenaires dans le groupe de travail de la grande entreprise, l'ancien vice-premier ministre John Manley et l'ancien ministre des Finances Michael Wilson, nous disent que notre intégration progressive aux États-Unis va garantir notre prospérité en créant une forteresse nord-américaine pour concurrencer avec la Chine, l'Europe et d'autres rivaux.»[1]

En 2005, le groupe de travail de Manley publiait son «Appel trinational en faveur de la création d'une communauté économique et de sécurité nord-américaine d'ici 2010».

D'Aquino et Manley étaient tous deux à la conférence de Banff, qui est plus ou moins un suivi de l'initiative parrainée par le Conseil des relations étrangères. Un autre thème central de la conférence de Banff est l'intégration des structures de commandement militaire qui pourrait mener à l'abandon du NORAD et à l'intégration du Canada au Northern Command des États-Unis.[2]

La conférence de Banff était co-présidée par George Shultz, un fervent républicain et ancien secrétaire d'État du président Ronald Reagan devenu par la suite président et directeur de Bechtel.

Plusieurs des plus grands chefs d'entreprise du complexe militaro-industriel et des pétrolières, dont Lockheed Martin, Chevron, PEMEX du Mexique et Suncor Energy, étaient à la conférence.

Plusieurs hauts représentants politiques et analystes des groupes de recherche militaire, comme Livermore, étaient invités à participer à différents panels en tant qu'experts.

Les réunions ont porté sur l'interpénétration des systèmes de défense nord-américains, la militarisation, la sécurité nationale, les frontières, l'immigration, la production militaire et le contrôle des réserves d'énergie de l'Amérique du Nord.

La conférence avait davantage à voir avec la militarisation pour le profit qu'avec la «prospérité continentale».

Pas de journalistes, pas de communiqués de presse, pas de commentaires qui puissent informer l'opinion publique: le silence médiatique total. Le programme de la conférence, qui était un secret d'État bien gardé, a été révélé par l'auteur et politicien canadien Mel Hurtig dans un message sur Internet qui se lit:

J'ai cru que vous voudriez voir ceci. Les voilà repartis. Les vendus, les suspects habituels.

Du 12 au 14 septembre, au Banff Springs Hotel, une conférence sur l'intégration nord-américaine.

La longue liste des participants inclut Perrin Beatty, Peter Lougheed, Thomas d'Aquino, Stockwell Day, Wendy Dobson, Roger Gibbins, John Manley, Anne McLellan, Gordon O'Connor, James Schlesinger, Donald Rumsfeld, George Shultz et bien d'autres.

Ils aborderont entre autres les thèmes suivants: «Une vision pour l'Amérique du Nord», «Une stratégie énergétique nord-américaine», «Dimensions démographiques et sociales de l'intégration nord-américaine», «Possibilités de coopération en matière de sécurité».

Plusieurs hauts représentants du gouvernement américain y seront.

Beaucoup de militaires. Beaucoup de ministres adjoints.

Cachez vos objets précieux. Ne laissez pas sortir vos enfants.

Mel Hurtig

Notes

1. Murray Dobbin, avril 2005
2. Chossudovsky, novembre 2004

(Traduit de l'anglais par Le Marxiste-Léniniste)

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On se rapproche de l'Oncle Sam:
Les chefs d'entreprise discutent de l'intégration nord-américaine à l'insu du public

[...]

Malgré la participation de hauts représentants politiques de l'Amérique du Nord, les organisateurs n'ont pas cru bon d'alerter les médias à propos de la conférence. Qui plus est, notre gouvernement n'émettra pas de communiqué et refuse de divulguer toute information sur le contenu des discussions ou sur les acteurs de l'événement.

Les journalistes qui téléphonent au bureau du ministre de la Sécurité publique, Stockwell Day, se font dire que le personnel du bureau ne peut pas commenter sur les rencontres privées du ministre et que les journalistes devraient comprendre cela. Voilà pour ce qui est de la responsabilité publique des élus.

L'événement était organisé par le Conseil canadien des chefs d'entreprises, le club d'élite des plus riches PDG du Canada, et la Canada West Foundation, un think-tank albertain qui fait notamment la promotion d'une plus grande intégration économique avec les États-Unis.

L'objet de la rencontre était la sécurité et la prospérité nord-américaines. Rien d'étonnant que cela comprenne des thèmes comme: «Une stratégie énergétique nord-américaine», «Dimensions démographiques et sociales de l'intégration nord-américaine» et «Possibilités de coopération en matière de sécurité» -- tous des thèmes sur lesquels s'affrontent l'intérêt public et l'intérêt de l'élite de la grande entreprise.

Ce genre de rencontre est malheureusement devenu chose courante.

Depuis que Paul Martin, Vicente Fox et George W. Bush ont signé le Partenariat pour la sécurité et la prospérité en mars 2005, les discussions sur l'intégration continentale se tiennent dans le plus grand secret.

Les médias ne s'intéressent pas beaucoup à cet accord de grande envergure, alors les Canadiens ne savent pas qu'une dizaine de groupes de travail s'affairent présentement à «harmoniser» la réglementation canadienne et américaine sur tous les fronts: alimentation, médicaments, environnement et même des sujets aussi délicats que la politique étrangère.

Ne vous y méprenez pas, cette harmonisation n'est pas dans le sens d'améliorer les normes alimentaires, environnementales ou autres, mais bien dans le sens de rendre l'Amérique du Nord plus propice aux affaires en sapant l'efficacité des normes environnementales, des droits du travail et autres aspects perçus comme des obstacles.

C'est pour cette raison que le public est maintenu dans l'ignorance tandis que l'élite économique joue un rôle prépondérant dans la structuration de cette intégration nord-américaine. En fait, elle en est le moteur.

Son pouvoir a été officialisé en juin dernier avec la création du Conseil nord-américain de la compétitivité, un groupe consultatif constitué de représentants des plus grandes entreprises de l'Amérique du Nord, comme Wal-Mart, Chevron, General Motors, Lockheed Martin et Suncor.

Leur but est de rendre l'Amérique du Nord plus compétitive dans le monde, ce qui veut dire affaiblir la capacité de nos gouvernements à réglementer l'industrie, à protéger l'environnement et notre filet de sécurité sociale.

Ce que Ron Covais de Lockheed Martin a dit à la revue Maclean plus tôt ce mois-ci à propos du rôle du Conseil de la compétitivité est assez révélateur:

«Les directives des ministres étaient: Dites-nous ce qui est nécessaire et nous vous le donnerons.»

Malheureusement, nous le public ne savons pas ce que les grandes entreprises disent à nos ministres de faire.

Le Conseil de la compétitivité s'est réuni à Washington le 15 août pour établir ses priorités, mais on sait très peu à propos de ce qui a été dit puisque la presse n'en a pas parlé.

Pour les Canadiens, l'avenir du secteur énergétique est crucial.

Le gouvernement américain, pressé de répondre à la grande demande en énergie dans ce pays, est très intéressé à mettre le grappin sur cette source «assurée» d'énergie située au nord de ses frontières. Avec la participation d'entreprises comme Suncor, il est clair que l'énergie a été un des sujets importants de la conférence de Banff la semaine dernière.

Quand on connaît l'impact négatif de l'extraction des sables bitumineux sur notre environnement et quand on sait que le Canada exporte aujourd'hui 66% de son pétrole (principalement aux États-Unis) alors qu'il importe 55% de ce que nous consommons de pays comme l'Algérie, le Venezuela et la Norvège, on a raison de s'inquiéter quand le gouvernement du Canada discute en cachette d'une «stratégie énergétique nord-américaine» avec les États-Unis et le Mexique avant qu'il ne se dote lui-même d'une stratégie qui garantisse notre capacité à protéger l'environnement et notre approvisionnement énergétique.

Ce n'est peut-être pas aussi sensationnel que le main-dans-la-main de Peter et Condi, mais les médias devraient quand même s'intéresser davantage à ce mariage entre nos gouvernements et les grandes entreprises.

Les conservateurs sont arrivés au pouvoir en promettant de rendre le gouvernement plus imputable. Faudrait peut-être lui rappeler que c'est envers les citoyens canadiens qu'il est redevable, pas envers l'élite économique.

* Maude Barlow est présidente du Conseil des Canadiens et auteure de quinze livres dont Too Close for Comfort: Canada's Future within Fortress North America. L'article au complet est paru dans le Toronto Star du 20 septembre 2006.

(Traduit de l'anglais par Le Marxiste-Léniniste)

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Tentatives du gouvernement Bush de dissimuler l'union nord-américaine: mythes, faits... vérité?

«Théories conspirationnelles». «Marginaux tombés sur la tête». «Mensonges». «Mythes». Voilà des mots q'utilisent constamment les représentants du gouvernement Bush et d'autres pour qualifier ceux qui s'efforcent de révéler les activités entourant le Partenariat pour la sécurité et la prospérité de l'Amérique du Nord, présentement sous les auspices du ministère du Commerce des États-Unis. Ces derniers disent que le partenariat conduira à l'institution d'une Union nord-américaine un peu à l'image de l'Union européenne.

En réponse à ses critiques, le Partenariat a ajouté une section «Mythes contre faits» à son site web www.spp.gov. On y lit que le Partenariat est uniquement «un dialogue» entre ces trois pays pour «accroître la prospérité». Le Partenariat n'est pas un accord, ni un traité, dit le site web. «Aucun accord n'a été signé».

La vérité est que le 23 mars 2005 le président Bush a eu une rencontre au sommet, à son ranch à Crawford, au Texas, avec Vicente Fox et Paul Martin (alors premier ministre du Canada). Les trois chefs d'État se sont ensuite rendus à l'Université Baylor à Waco d'où ils ont émis un communiqué annonçant la signature d'un accord sur la création du Partenariat pour la sécurité et la prospérité de l'Amérique du Nord.

Le 31 mars de cette année, Bush, Fox et le nouveau premier ministre canadien, Stephen Harper, se sont rencontrés à Cancun, au Mexique. Le communiqué émis à l'occasion saluait le premier anniversaire de la conclusion du Partenariat.

On a soigneusement choisi le mot «dialogue» pour donner l'impression qu'il s'agit tout au plus d'une discussion entre amis. Car admettre qu'il s'agit de plus qu'un dialogue, cela obligerait le gouvernement des États-Unis à expliquer le bien-fondé constitutionnel du projet.

De plus, on nous dit que le Partenariat ne va pas changer notre système juridique ou notre processus législatif et qu'il respecte la souveraineté des pays concernés. Et, lit-on à la page «Mythes contre faits», il rejette l'idée qu'il est la création d'une structure semblable à l'Union européenne.

Ces affirmations sont risibles à la lumière de tout ce qui se passe dans les bureaux du Partenariat au ministère du Commerce.

Il faut d'abord savoir que l'Union européenne avait également été vendue aux pays du continent européen comme un simple cadre d'entente pour le commerce et la sécurité. Son but, disait-on, était de créer une structure économique qui permettrait à la communauté économique européenne de faire concurrence aux États-Unis et aux autres puissances économiques. Ce n'est que plusieurs années plus tard que les pays concernés apprenaient qu'ils avaient besoin d'une monnaie commune. Parallèlement, les différents groupes de travail de l'Union européenne commencèrent à se transformer en ce qui est aujourd'hui le parlement de l'Union européenne, lequel s'affaire aujourd'hui à établir un système d'imposition et de réglementation commerciale et un appareil juridique.

Dans les bureaux terrés dans les structures bureaucratiques des États-Unis, du Canada et du Mexique, une vingtaine de «groupes de travail» s'affairent à élaborer les structures du Partenariat nord-américain sur une gamme de sujets comme: la production et le mouvement transfrontalier de produits et services dans les trois pays de l'Amérique du Nord; la création d'une politique énergétique commune et une réglementation environnementale commune; une réglementation commune du commerce électronique et des communications et technologies de l'information; la création de services financiers, dont une politique de prêt et d'aide étrangère; une structure commune des services aux entreprises et la réglementation commune des affaires; la création d'une politique commune sur l'alimentation et l'agriculture; et une politique commune sur les transports et la santé.

Ces directives toucheront à tous les aspects de notre existence. Peut-on sérieusement croire le gouvernement quand il nous dit qu'il n'y a rien d'important qui se passe sur ce front? Qu'il ne s'agit que d'un échange entre amis? Que rien ne changera dans la façon dont notre gouvernement fonctionne? Si c'était le cas, pourquoi y consacre-t-on tant d'énergie, d'argent et de temps?

Ce n'est pas un hasard si les cadres du Partenariat travaillent dans les bureaux de l'ALENA du ministère du Commerce. L'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) fut le précurseur du Partenariat pour la sécurité et la prospérité. Selon le journaliste Jerome Corsi, un élément essentiel du plan du Partenariat est l'élargissement la portée des tribunaux de l'ALENA pour en faire un tribunal de l'Union nord-américaine.

Au Chapitre 11 de l'ALENA, un tribunal délibère derrière des portes closes des atteintes de la loi à la liberté d'action des entreprises. Si les investisseurs croient que les lois nuisent aux affaires, ils peuvent intenter des poursuites contre le gouvernement et ce sont les contribuables qui en paient la note. Les décisions du tribunal de l'ALENA ont préséance sur les tribunaux américains, jusqu'à la Cour suprême. Le gouvernement Bush insiste néanmoins pour dire que le Partenariat n'aura pas d'impact sur notre système juridique.

Selon le site web du partenariat, c'est un mythe qui dit que le Congrès n'appuie pas ce qu'il fait. La vérité est que jusqu'à présent le Congrès n'a pas adopté une seule loi qui autorise cette activité. Aucun budget n'a été voté. Le Comité sénatorial sur les Relations étrangères présidé par le sénateur Richard Lugar a tenu une «audience». Ce n'était rien de plus qu'un «dialogue d'amis». Personne n'a posé de questions difficiles. Personne n'a été obligé de rendre compte de ce qu'il fait.

Mais les congressistes commencent à prendre conscience des activités du Partenariat au ministère du Commerce. Le représentant Tom Tancredo (R-Colorado) demande que le gouvernement divulgue toutes les activités du Partenariat qui, selon lui, n'a pas l'autorisation du Congrès pour faire ce qu'il fait.

Plus spécifiquement, Tancredo veut connaître le nom des membres des groupes de travail du Partenariat. Jusqu'à présent personne ne sait qui sont ces gens. Geri Word, qui dirige le bureau du Partenariat, a dit à WorldNetDaily que les tribunaux ne sont pas publics parce que «nous ne voulons pas que les membres des groupes de travail soient distraits par des appels du public.» Le Partenariat affirme néanmoins ne pas agir dans le secret.

Un autre sénateur, John Cornyn du Texas, a déposé un projet de loi, le North American Investment Act. Le projet de loi reprend presque mot pour mot les propos de Robert Pastor dans son livre Toward a North American Community. Beaucoup considère ce livre comme le plan d'architecture de l'Union nord- américaine. Une partie importante du livre est reproduite dans un rapport du Conseil sur les relations étrangères intitulé «Building a North American Community». Ce rapport a été rendu public une semaine avant le Sommet de Waco.

Quand le sénateur Cornyn a pris connaissance de ces faits, il s'est immédiatement arrangé pour que son projet de loi ne soit pas voté au Sénat. Selon son porte-parole, le sénateur «s'oppose vertement à toute Union nord-américaine à l'image de l'Union européenne». Mais tous ces démentis ne cachent pas le fait que le Congrès n'a autorisé ni les activités ni les dépenses du Partenariat.

Le Partenariat nie avoir l'intention de créer une monnaie commune que certains appellent l'«améro». Mais le 6 avril 2006 il annonçait la formation du Groupe de travail sur les services financiers. Selon le communiqué émis à l'occasion, le Groupe financier a pour mandat d'«améliorer le processus de règlement des conflits sur les questions bancaires, de sécurité et d'assurances». On y lit que «les agences de réglementation financière américaines joueront un rôle important dans le Partenariat».

La vérité est que le Partenariat est en train d'être créé progressivement. Il faudra plusieurs années avant que tous les morceaux soient en place. L'Union européenne a pris plusieurs années à créer l'euro. Mais une chose est certaine: les documents tirés du livre du professeur Pastor et le rapport du Conseil des relations étrangères prévoient la création d'une monnaie nord-américaine. Il est évident quand on lit entre les lignes des discours bureaucratiques du Partenariat que pour atteindre son objectif de «réduire les coûts du commerce», «combattre la contrefaçon» et «faciliter le commerce» entre les trois pays concernés, une monnaie unique est nécessaire.

Finalement il y a la super-autoroute de l'ALENA. L'ALENA est le premier pas vers la création d'une Union nord-américaine. Il a été présenté comme une façon d'améliorer le commerce entre les pays d'Amérique du Nord. On a promis à tout le monde une croissance des exportations, de meilleurs emplois et de meilleurs salaires. La vérité est que l'ALENA est un échec lamentable pour tous sauf une tout petite minorité. Le déficit commercial des États-Unis est passé à près de 1 billions $ par année. Les États-Unis ont perdu environ 1,5 millions d'emplois et les salaires réels aux États-Unis et au Mexique ont chuté de façon significative. Mais les jeux sont faits et nos gouvernements n'ont pas l'intention de reculer.

Le plus récent projet est la super-autoroute de l'ALENA dont les travaux doivent commencer l'année prochaine. Elle traversera le Taxas de la frontière mexicaine à l'Oklahoma et conduira jusqu'à Kansas City où les autorités sont en train de finaliser les plans de construction d'un «port intérieur».

L'autoroute aura dix voies: trois dans chaque sens pour les voitures à passagers, deux voies rapides dans chaque sens pour les camions, des chemins de fer dans chaque sens pour passagers et cargo et un corridor de service pour les pipe-lines de pétrole et de gaz naturel, des pylônes électriques et des câbles pour les télécommunications. Sa construction nécessitera l'acquisition ou l'expropriation de quelque 500 000 acres de terres privées et le déplacement d'environ un million d'Américains. Le pouvoir d'expropriation sera l'outil de prédilection pour l'immense acquisition territoriale, un pouvoir accru récemment par le jugement de la Cour suprême dans l'affaire Kelo.

Le «port intelligent» de Kansas City sera le premier point de contrôle d'une autoroute qui traversera les États-Unis. Le Mexique y aura sa plate-forme et il insiste pour que ce soit en territoire mexicain.

Pour réaliser la super-autoroute de l'ALENA, les frontières des trois pays doivent disparaître. L'immigration deviendra de la «migration». Les lois frontalières n'existeront plus. L'«harmonisation» de nos sociétés est dorénavant le mot d'ordre. [...]

(Traduit de l'anglais par Le Marxiste-Léniniste)

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À titre d'information

Les participants à la rencontre secrète de Banff

Les participants canadiens

Col. Peter Atkinson, conseiller spécial du chef d'état-major de la Défense
Perrin Beatty, Canadian Manufacturers & Exporters
Peter M. Boehm, assistant du sous-ministre, Amérique du Nord, Affaires étrangères et Commerce international du Canada
Thomas d'Aquino, Conseil canadien des chefs d'entrepries
Stockwell Day, ministre de la Sécurité publique
Dr. Wendy Dobson, The Institute for International Business
N. Murray Edwards, Edco Financial Holdings Ltd.
Ward Elcock, ministre adjoint de la Défense nationale
Bill Elliott, ministre adjoint de la Sécurité publique
Dr. John English, The Cdn Centre for International Governance Innovation
Brian Felesky, Felesky Flynn LLP
Richard L. George, Suncor Energy Inc.
Dr. Roger Gibbins, Canada West Foundation
Contre-amiral Roger Girouard, Commandant de la Force conjointe pour le Pacifique, Forces armées canadiennes
Major-général Daniel Gosselin, Directeur général, International Security Policy
James K. Gray, Canada West Foundation
Fred Green, Canadian Pacific Railway
V. Peter Harder, ministre adjoint aux Affaires étrangères
Paul J. Hill, Harvard Developments Inc.
Général Rick Hillier, chef d'état-major général
Pierre-Marc Johnston, Heenan Blaikie
James Kinnear, Pengrowth Corporation
Harold N. Kvisle, TransCanada Corporation
John P. Manley, McCarthy Tetrault LLP
Ron Mannix, Coril Holdings Ltd.
Ron Mathison, Matco Investments
Anne McLellan, conseillère, Bennett Jones
Greg Melchin, ministre de l'Énergie, Gouvernement de l'Alberta
Sharon Murphy, Chevron Canada
Sheila O'Brien, présidente, Belvedere Investments
Gordon O'Connor, ministre de la Défense
Berel Rodal, International Center on Nonviolent Conflict
Gordon Smith Chairman, The International Development Research Centre

Les participants américains

Deborah Bolton, Political Advisor to Commander, U.S. Northcom
Ron T. Covais, President, The Americas, Lockheed Martin Corporation
Sec. Kenneth W. Dam, Max Pam Professor Emeritus of American & Foreign Law and Senior Lecturer, University of Chicago Law School
Dan Fisk, Senior Director, Western Hemisphere, National Security Council
Sec. Ryan Henry, Deputy Under Secretary of Defense for Policy
Carla A. Hills, Chairman & CEO, Hills & Co.
Caryn Hollis, Deputy Assistant Secreaty of Defense (Acting), Western Hemisphere Affairs
Bill Irwin, Manager - International Government Affairs, Policy, Government and Public Affairs, Chevron Corporation
Robert G. James, President, Enterprise Asset Management Inc.
Admiral Tim Keating, Commander, U.S. Northern Command
Floyd Kvamme, Chair, President's Council of Advisors on Science & Technology; Director, Centre for Global Security Res.
Dr. Ronald F. Lehman II, Director, Center for Global Security Research, Lawrence Livermore National Laboratory
William W. McIlhenny, Policy Planning Council for Western Hemisphere Affairs
Dr. Peter McPherson President, National Association of State Universities & Land-Grant Colleges
Doris Meissner, Senior Fellow, Migration Policy Institute
Dr. George Miller Director, Lawrence Livermore National Laboratory
George Nethercutt, Chairman, U.S. Section of the Permanent Joint Board on Defense, U.S. ­ Canada (Security)
Mary Anastasia O'Grady, Journalist for Wall Street Journal (Area Specialist)
Dr. Robert A. Pastor, Director, Center for North American Studies, American University, Washington, DC
Dr. William Perry, Co-Director, Preventive Defense Project
Lt. Gen. Gene Renuart, USAF Senior Military Assist. to Sec. Rumsfeld
Eric Ruff, Department of Defense Press Secretary
Sec. Donald R. Rumsfeld, Secretary of Defense, U.S. Department of Defense
Dr. James Schlesinger, Former Sec. of Energy & Defense
William Schneider President, International Planning Services
Sec. Clay Sell, Deputy Secretary of Energy, U.S. Dept. of Energy
Dr. Thomas A. Shannon, Assistant Secretary of State for Western Hemisphere A
Dr. David G. Victor, Director, Program on Energy & Sustainable Development, Center for Environmental Science & Policy
Maj. Gen. Mark A. Volcheff, Director, Plans, Policy & Strategy, NORAD-NORTHCOM
Jane Wales, President & CEO, World Affairs Council of Northern California
R. James Woolsey, Vice President, Booz Allen Hamilton

Les participants mexicains

Emb Andrés Rozental, (Mexican Coordinator) - Mexican Council on Foreign Relations
Silvia Hernández, Former Senator and Chair of the Senate Foreign Relations Subcommittee on North America
Mario Molina, 1995 Nobel Laureate in Chemistry
Fernando Chico Pardo, CEO, Promecap
Juan Gallardo, CEO, Grupo GEUSA
Gerónimo Gutiérrez, Deputy Foreign Minister for North America
Luis de la Calle, Consultant, Former Deputy Minister of Economy
Agustín Barrios Gómez, Solutions Abroad
Vinicio Suro, PEMEX
Eduardo Medina Mora, Secretary of Public Security
Carlos Heredia, State Government of Michoacán
Jaime Zabludowsky, Consultant, Former trade negotiator
Manuel Arango, CEO, Grupo Concord
Jorge Santibañez, President, El Colegio de la Frontera Norte
Luis Rubio, CIDAC
Mónica Serrano, El Colegio de México, Senior Fellow Oxford University
Arturo Sarukhan, Coordinator of Int'l Affairs, Campaign of Felipe Calderon
Juan Camilo Mouriño, General Coordinator of President Elect's transition team
Ernesto Cordero, Coordinator for Public Policy Issues
Ambassadors/Consul General:
Carlos de Icaza, Ambassador of Mexico to the United States
Gaëtan Lavertu, Ambassador of Canada to Mexico
Maria Teresa Garcia Segovia de Madero, Ambassador of Mexico to Canada
Thomas Huffaker, U.S. Consul General in Calgary (on DOD's list)
John Dickson, Deputy Chief of Mission, U.S. Embassy in Ottawa (representing Ambassador of U.S. to Canada)
Colin Robertson, Minister & Head, Washington Advocacy Secretariat, (representing Ambassador of Canada to U.S.)

(Source: vivelecanada.ca)

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