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Rencontre secrète à Banff
Que se passe-t-il dans les relations
entre le Canada et les États- Unis?
Le rapport du juge O'Connor sur l'affaire Arar a fait
ressortir entre autres qu'il y a des choses inquiétantes qui se
passent dans les relations entre le Canada et les États-Unis. Il
fait ressortir plusieurs choses concernant l'aspect
sécurité, mais à notre avis il y a une question
fondamentale qui n'a pas été posée: La politique
du Canada en matière
de sécurité a-t-elle été pensée par
des représentants d'une société civile en songeant
aux mesures nécessaires dans certaines circonstances
particulières pour protéger la sécurité
intérieure et extérieure de l'État canadien, celle
de ses voisins et celle de l'ensemble des peuples et pays du monde? Ou
établit-elle uniquement les moyens de se conformer au
diktat d'une puissance étrangère et d'une oligarchie
financière dont les intérêts sont intimement
reliés à la quête de domination mondiale de cette
puissance étrangère?
C'est une question d'autant plus sérieuse quand
on sait que la puissance étrangère en question et la
superpuissance américaine dont l'objectif global est d'imposer
son diktat au monde entier. De plus, la «guerre contre la
terreur» de cette superpuissance est spécifiquement
dirigée contre le monde musulman qui cherche à
défendre son
droit d'être et les conditions nécessaires à la
défense de ce droit.
Que montrent les conclusions de l'enquête sur
l'affaire Arar et pourquoi le gouvernement, la GRC, les partis
d'opposition et d'autres sont-ils si récalcitrants à
discuter de leur signification? Est-ce parce que les États-Unis
ont infiltré certaines agences et institutions canadiennes et
les ont placées directement sous leur commandement?
Quels rapports ont été établis entre la GRC, les
Forces spéciales de l'Armée canadienne, voire l'ensemble
de l'Armée canadienne, et même certains ministères
et les États-Unis? Les États-Unis ont-ils pris le
contrôle du Bureau du Premier Ministre?
Le Marxiste-Léniniste croit que ces
questions méritent attention.
Par exemple, lorsque les Forces spéciales de
l'Armée canadienne ont été envoyées en
Afghanistan au début de l'intervention, beaucoup au Canada se
sont inquiétés de ce qu'il adviendrait des prisonniers.
Ils ne voulaient surtout pas qu'ils soient remis entre les mains de
l'armée américaine, connaissant la pratique de ce pays de
déporter des prisonniers vers la torture. C'était une
affaire urgente étant donnée la rapidité avec
laquelle les événements se dénouaient. Avant
même que le public ne prenne conscience du sérieux du
problème et que la chose soit soumise à un débat,
on apprenait que: 1) les forces canadiennes avaient fait des
prisonniers; 2) elles les avaient remis
entre les mains des forces américaines; 3) le premier ministre
d'alors, Jean Chrétien, ne le savait pas. Avant que le public
n'ait le temps d'absorber cette information, sans parler d'en
débattre, on apprenait en entre-filets que le ministre de la
Défense, Art Eggleton, et le représentant
américain des opérations spéciales avaient
signé un mémorandum
secret. Selon le mémorandum, les Forces spéciales de
l'Armée canadienne étaient placées directement
sous commandement américain. Cela s'est fait à l'insu du
public et du gouvernement et même du premier ministre. En fait,
le mémorandum disait, si la mémoire est bonne, qu'il ne
fallait pas informer le premier ministre des opérations
spéciales.
Puis le gouvernement et les médias ont
complètement cessé d'en parler. La note comme telle n'a
jamais été rendue publique, alors le public n'a jamais eu
la chance d'absorber l'information, sans parler d'en débattre.
Quant aux médias, quiconque étaient chargés de
capter ce type d'information et d'agir en conséquence l'ont ou
bien
vu et, comme le reste d'entre nous, étaient trop absorbés
par le défilement rapide des événements pour
réagir, ou bien rangé quelque part dans la mémoire
comme un écho sur un écran de radar ou encore
porté à l'attention de leurs supérieurs pour
ensuite se faire dire de ne pas s'en préoccuper. Quoi qu'il en
soit, il y a bel et bien eu écho sur le
radar. C'était l'époque des scandales du gouvernement
Chrétien et les diversions se succédaient à toute
allure. Eggleton a été démis de ses fonctions sous
prétexte de conflits d'intérêts concernant
l'utilisation personnelle d'un chalet et lui-même n'est plus
maintenant que le souvenir d'un écho sur l'écran de radar.
Tout cela pour dire qu'il est important de porter
attention à ce qui se passe présentement dans les
relations canado-américaines.
Nous reproduisons des articles et rapports au sujet
d'une conférence secrète tenue à Banff, en
Alberta, du 12 au 14 septembre, conférence qui a
été portée à l'attention du public en
dépit du silence du gouvernement et des médias. C'est la
deuxième conférence de ce genre à se tenir
à l'insu des Canadiens. Nous pensons que cette
conférence, son ordre du jour, ses participants, son timing et
l'absence de discours public à son sujet amènent encore
une fois à se demander si l'État canadien est de plus en
plus placé sous le commandement direct de l'État
américain. Les conclusions du Rapport O'Connor sur l'affaire
Arar le révèlent-elles d'une certaine façon? Que
nous disent
les faits concernant la situation actuelle dans les rapports entre le
Canada et les États-Unis?

Rencontre secrète de PDG et de l'establishment
de la défense à Banff: Militarisation et
déconstruction de l'Amérique du Nord
- Michel Chossudovsky, GlobalResearch.ca,
19 septembre 2006 -
Des ministres et des généraux cinq
étoiles se frottent à certains des plus influents chefs
d'entreprise d'Amérique du Nord dans le décor somptueux
du Fairmont Banff Springs Hotel.
Cette rencontre secrète sur «La
prospérité continentale dans le nouvel environnement de
sécurité» porte sur l'«intégration
profonde», qui consiste grosso modo à abolir la
souveraineté nationale en faveur de la «forteresse
nord-américaine».
Selon l'ordre du jour de la conférence, le
secrétaire à la Défense Ronald Rumsfeld se serait
rendu à Banff, en Alberta, pour y prononcer une allocution sur
la coopération militaire. Le ministre de la
Sécurité publique du Canada, Stockwell Day, aurait quant
à lui abordé divers problèmes reliés
à la sécurité publique en Amérique du
Nord.
Plusieurs hauts gradés des armées
américaine et canadienne y étaient. Y assistaient
également le ministre de la Défense du Canada, Gordon
O'Connor, et le chef d'état-major de la Défense, le
général Rick Hillier.
Rien ne confirme que le premier ministre du Canada,
Stephen Harper, ait participé à la conférence.
Du côté américain, plusieurs des
hauts conseillers de Rumsfeld étaient présents, avec une
poignée de chercheurs et de consultants.
Le commandant du NorthCom américain, l'amiral
Tim Keating, était dans l'assistance accompagné de
plusieurs membres de son personnel. Keating est également le
commandant du NORAD, qui sera bientôt incorporé dans le
NorthCom américain.
Intégration profonde
Le concept d'«intégration profonde»
fut d'abord énoncé par le «Groupe de travail
indépendant pour l'avenir de l'Amérique du Nord»
dont la composante canadienne est présidée par l'ancien
vice-premier ministre libéral John Manley et Tom D'Aquino,
président du Conseil canadien des chefs d'entreprises. Le
groupe composé de représentants américains,
canadiens et mexicains était parrainé par le Conseil sur
les relations étrangères.
«D'Aquino et ses partenaires dans le groupe de
travail de la grande entreprise, l'ancien vice-premier ministre John
Manley et l'ancien ministre des Finances Michael Wilson, nous disent
que notre intégration progressive aux États-Unis va
garantir notre prospérité en créant une forteresse
nord-américaine pour concurrencer avec la
Chine, l'Europe et d'autres rivaux.»[1]
En 2005, le groupe de travail de Manley publiait son
«Appel trinational en faveur de la création d'une
communauté économique et de sécurité
nord-américaine d'ici 2010».
D'Aquino et Manley étaient tous deux à la
conférence de Banff, qui est plus ou moins un suivi de
l'initiative parrainée par le Conseil des relations
étrangères. Un autre thème central de la
conférence de Banff est l'intégration des structures de
commandement militaire qui pourrait mener à l'abandon du NORAD
et à l'intégration du
Canada au Northern Command des États-Unis.[2]
La conférence de Banff était
co-présidée par George Shultz, un fervent
républicain et ancien secrétaire d'État du
président Ronald Reagan devenu par la suite président et
directeur de Bechtel.
Plusieurs des plus grands chefs d'entreprise du
complexe militaro-industriel et des pétrolières, dont
Lockheed Martin, Chevron, PEMEX du Mexique et Suncor Energy,
étaient à la conférence.
Plusieurs hauts représentants politiques et
analystes des groupes de recherche militaire, comme Livermore,
étaient invités à participer à
différents panels en tant qu'experts.
Les réunions ont porté sur
l'interpénétration des systèmes de défense
nord-américains, la militarisation, la sécurité
nationale, les frontières, l'immigration, la production
militaire et le contrôle des réserves d'énergie de
l'Amérique du Nord.
La conférence avait davantage à voir avec
la militarisation pour le profit qu'avec la
«prospérité continentale».
Pas de journalistes, pas de communiqués de
presse, pas de commentaires qui puissent informer l'opinion publique:
le silence médiatique total. Le programme de la
conférence, qui était un secret d'État bien
gardé, a été révélé par
l'auteur et politicien canadien Mel Hurtig dans un message sur Internet
qui se lit:
J'ai cru que vous voudriez voir ceci. Les
voilà repartis. Les vendus, les suspects habituels.
Du 12 au 14 septembre, au Banff Springs Hotel, une
conférence sur l'intégration nord-américaine.
La longue liste des participants inclut Perrin
Beatty, Peter Lougheed, Thomas d'Aquino, Stockwell Day, Wendy Dobson,
Roger Gibbins, John Manley, Anne McLellan, Gordon O'Connor, James
Schlesinger, Donald Rumsfeld, George Shultz et bien d'autres.
Ils aborderont entre autres les thèmes
suivants: «Une vision pour l'Amérique du Nord»,
«Une stratégie énergétique
nord-américaine», «Dimensions démographiques
et sociales de l'intégration nord-américaine»,
«Possibilités de coopération en matière de
sécurité».
Plusieurs hauts représentants du
gouvernement américain y seront.
Beaucoup de militaires. Beaucoup de ministres
adjoints.
Cachez vos objets précieux. Ne laissez pas
sortir vos enfants.
Mel Hurtig
Notes
1. Murray Dobbin, avril 2005
2. Chossudovsky, novembre 2004

On se rapproche de l'Oncle Sam:
Les chefs d'entreprise discutent de l'intégration
nord-américaine à l'insu du public
- Maude Barlow* (extraits) -
[...]
Malgré la participation de hauts
représentants politiques de l'Amérique du Nord, les
organisateurs n'ont pas cru bon d'alerter les médias à
propos de la conférence. Qui plus est, notre gouvernement
n'émettra pas de communiqué et refuse de divulguer toute
information sur le contenu des discussions ou sur les acteurs de
l'événement.
Les journalistes qui téléphonent au
bureau du ministre de la Sécurité publique, Stockwell
Day, se font dire que le personnel du bureau ne peut pas commenter sur
les rencontres privées du ministre et que les journalistes
devraient comprendre cela. Voilà pour ce qui est de la
responsabilité publique des élus.
L'événement était organisé
par le Conseil canadien des chefs d'entreprises, le club d'élite
des plus riches PDG du Canada, et la Canada West Foundation, un
think-tank albertain qui fait notamment la promotion d'une plus grande
intégration économique avec les États-Unis.
L'objet de la rencontre était la
sécurité et la prospérité
nord-américaines. Rien d'étonnant que cela comprenne des
thèmes comme: «Une stratégie
énergétique nord-américaine»,
«Dimensions démographiques et sociales de
l'intégration nord-américaine» et
«Possibilités de coopération en matière de
sécurité» -- tous des thèmes sur
lesquels s'affrontent l'intérêt public et
l'intérêt de l'élite de la grande entreprise.
Ce genre de rencontre est malheureusement devenu chose
courante.
Depuis que Paul Martin, Vicente Fox et George W. Bush
ont signé le Partenariat pour la sécurité et la
prospérité en mars 2005, les discussions sur
l'intégration continentale se tiennent dans le plus grand secret.
Les médias ne s'intéressent pas beaucoup
à cet accord de grande envergure, alors les Canadiens ne savent
pas qu'une dizaine de groupes de travail s'affairent
présentement à «harmoniser» la
réglementation canadienne et américaine sur tous les
fronts: alimentation, médicaments, environnement et même
des sujets aussi délicats que la
politique étrangère.
Ne vous y méprenez pas, cette harmonisation
n'est pas dans le sens d'améliorer les normes alimentaires,
environnementales ou autres, mais bien dans le sens de rendre
l'Amérique du Nord plus propice aux affaires en sapant
l'efficacité des normes environnementales, des droits du travail
et autres aspects perçus comme des
obstacles.
C'est pour cette raison que le public est maintenu dans
l'ignorance tandis que l'élite économique joue un
rôle prépondérant dans la structuration de cette
intégration nord-américaine. En fait, elle en est le
moteur.
Son pouvoir a été officialisé en
juin dernier avec la création du Conseil nord-américain
de la compétitivité, un groupe consultatif
constitué de représentants des plus grandes entreprises
de l'Amérique du Nord, comme Wal-Mart, Chevron, General Motors,
Lockheed Martin et Suncor.
Leur but est de rendre l'Amérique du Nord plus
compétitive dans le monde, ce qui veut dire affaiblir la
capacité de nos gouvernements à réglementer
l'industrie, à protéger l'environnement et notre filet de
sécurité sociale.
Ce que Ron Covais de Lockheed Martin a dit à la
revue Maclean plus tôt ce mois-ci à propos du rôle
du Conseil de la compétitivité est assez
révélateur:
«Les directives des ministres étaient:
Dites-nous ce qui est nécessaire et nous vous le
donnerons.»
Malheureusement, nous le public ne savons pas ce que
les grandes entreprises disent à nos ministres de faire.
Le Conseil de la compétitivité s'est
réuni à Washington le 15 août pour établir
ses priorités, mais on sait très peu à propos de
ce qui a été dit puisque la presse n'en a pas
parlé.
Pour les Canadiens, l'avenir du secteur
énergétique est crucial.
Le gouvernement américain, pressé de
répondre à la grande demande en énergie dans ce
pays, est très intéressé à mettre le
grappin sur cette source «assurée» d'énergie
située au nord de ses frontières. Avec la participation
d'entreprises comme Suncor, il est clair que l'énergie a
été un des sujets importants de la conférence de
Banff la
semaine dernière.
Quand on connaît l'impact négatif de
l'extraction des sables bitumineux sur notre environnement et quand on
sait que le Canada exporte aujourd'hui 66% de son pétrole
(principalement aux États-Unis) alors qu'il importe 55% de ce
que nous consommons de pays comme l'Algérie, le Venezuela et la
Norvège, on a raison de
s'inquiéter quand le gouvernement du Canada discute en cachette
d'une «stratégie énergétique
nord-américaine» avec les États-Unis et le Mexique
avant qu'il ne se dote lui-même d'une stratégie qui
garantisse notre capacité à protéger
l'environnement et notre approvisionnement énergétique.
Ce n'est peut-être pas aussi sensationnel que le
main-dans-la-main de Peter et Condi, mais les médias devraient
quand même s'intéresser davantage à ce mariage
entre nos gouvernements et les grandes entreprises.
Les conservateurs sont arrivés au pouvoir en
promettant de rendre le gouvernement plus imputable. Faudrait
peut-être lui rappeler que c'est envers les citoyens canadiens
qu'il est redevable, pas envers l'élite économique.
* Maude Barlow est présidente du Conseil
des Canadiens et auteure de quinze livres dont Too Close for
Comfort: Canada's Future within Fortress North America. L'article
au complet est paru dans le Toronto Star du 20 septembre 2006.

Tentatives du gouvernement Bush de dissimuler l'union
nord-américaine: mythes, faits... vérité?
- Tom DeWeese, American Policy Center -
«Théories conspirationnelles».
«Marginaux tombés sur la tête».
«Mensonges». «Mythes». Voilà des mots
q'utilisent constamment les représentants du gouvernement Bush
et d'autres pour qualifier ceux qui s'efforcent de
révéler les activités entourant le Partenariat
pour la sécurité et la prospérité de
l'Amérique du Nord, présentement sous les
auspices du ministère du Commerce des États-Unis. Ces
derniers disent que le partenariat conduira à l'institution
d'une Union nord-américaine un peu à l'image de l'Union
européenne.
En réponse à ses critiques, le
Partenariat a ajouté une section «Mythes contre
faits» à son site web www.spp.gov. On y lit que le
Partenariat est uniquement «un dialogue» entre ces trois
pays pour «accroître la prospérité». Le
Partenariat n'est pas un accord, ni un traité, dit le site web.
«Aucun accord n'a été signé».
La vérité est que le 23 mars 2005 le
président Bush a eu une rencontre au sommet, à son ranch
à Crawford, au Texas, avec Vicente Fox et Paul Martin (alors
premier ministre du Canada). Les trois chefs d'État se sont
ensuite rendus à l'Université Baylor à Waco
d'où ils ont émis un communiqué annonçant
la signature d'un accord
sur la création du Partenariat pour la sécurité et
la prospérité de l'Amérique du Nord.
Le 31 mars de cette année, Bush, Fox et le
nouveau premier ministre canadien, Stephen Harper, se sont
rencontrés à Cancun, au Mexique. Le communiqué
émis à l'occasion saluait le premier anniversaire de la
conclusion du Partenariat.
On a soigneusement choisi le mot «dialogue»
pour donner l'impression qu'il s'agit tout au plus d'une discussion
entre amis. Car admettre qu'il s'agit de plus qu'un dialogue, cela
obligerait le gouvernement des États-Unis à expliquer le
bien-fondé constitutionnel du projet.
De plus, on nous dit que le Partenariat ne va pas
changer notre système juridique ou notre processus
législatif et qu'il respecte la souveraineté des pays
concernés. Et, lit-on à la page «Mythes contre
faits», il rejette l'idée qu'il est la création
d'une structure semblable à l'Union européenne.
Ces affirmations sont risibles à la
lumière de tout ce qui se passe dans les bureaux du Partenariat
au ministère du Commerce.
Il faut d'abord savoir que l'Union européenne
avait également été vendue aux pays du continent
européen comme un simple cadre d'entente pour le commerce et la
sécurité. Son but, disait-on, était de
créer une structure économique qui permettrait à
la communauté économique européenne de faire
concurrence aux États-Unis et aux
autres puissances économiques. Ce n'est que plusieurs
années plus tard que les pays concernés apprenaient
qu'ils avaient besoin d'une monnaie commune. Parallèlement, les
différents groupes de travail de l'Union européenne
commencèrent à se transformer en ce qui est aujourd'hui
le parlement de l'Union européenne, lequel s'affaire aujourd'hui
à
établir un système d'imposition et de
réglementation commerciale et un appareil juridique.
Dans les bureaux terrés dans les structures
bureaucratiques des États-Unis, du Canada et du Mexique, une
vingtaine de «groupes de travail» s'affairent à
élaborer les structures du Partenariat nord-américain sur
une gamme de sujets comme: la production et le mouvement
transfrontalier de produits et services dans les trois pays de
l'Amérique du Nord; la création d'une politique
énergétique commune et une réglementation
environnementale commune; une réglementation commune du commerce
électronique et des communications et technologies de
l'information; la création de services financiers, dont une
politique de prêt et d'aide étrangère; une
structure commune des
services aux entreprises et la réglementation commune des
affaires; la création d'une politique commune sur l'alimentation
et l'agriculture; et une politique commune sur les transports et la
santé.
Ces directives toucheront à tous les aspects de
notre existence. Peut-on sérieusement croire le gouvernement
quand il nous dit qu'il n'y a rien d'important qui se passe sur ce
front? Qu'il ne s'agit que d'un échange entre amis? Que rien ne
changera dans la façon dont notre gouvernement fonctionne? Si
c'était le cas, pourquoi y
consacre-t-on tant d'énergie, d'argent et de temps?
Ce n'est pas un hasard si les cadres du Partenariat
travaillent dans les bureaux de l'ALENA du ministère du
Commerce. L'Accord de libre-échange nord-américain
(ALENA) fut le précurseur du Partenariat pour la
sécurité et la prospérité. Selon le
journaliste Jerome Corsi, un élément essentiel du plan du
Partenariat est l'élargissement
la portée des tribunaux de l'ALENA pour en faire un tribunal de
l'Union nord-américaine.
Au Chapitre 11 de l'ALENA, un tribunal
délibère derrière des portes closes des atteintes
de la loi à la liberté d'action des entreprises. Si les
investisseurs croient que les lois nuisent aux affaires, ils peuvent
intenter des poursuites contre le gouvernement et ce sont les
contribuables qui en paient la note. Les décisions du tribunal
de
l'ALENA ont préséance sur les tribunaux
américains, jusqu'à la Cour suprême. Le
gouvernement Bush insiste néanmoins pour dire que le Partenariat
n'aura pas d'impact sur notre système juridique.
Selon le site web du partenariat, c'est un mythe qui
dit que le Congrès n'appuie pas ce qu'il fait. La
vérité est que jusqu'à présent le
Congrès n'a pas adopté une seule loi qui autorise cette
activité. Aucun budget n'a été voté. Le
Comité sénatorial sur les Relations
étrangères présidé par le sénateur
Richard Lugar a tenu une
«audience». Ce n'était rien de plus qu'un
«dialogue d'amis». Personne n'a posé de questions
difficiles. Personne n'a été obligé de rendre
compte de ce qu'il fait.
Mais les congressistes commencent à prendre
conscience des activités du Partenariat au ministère du
Commerce. Le représentant Tom Tancredo (R-Colorado) demande que
le gouvernement divulgue toutes les activités du Partenariat
qui, selon lui, n'a pas l'autorisation du Congrès pour faire ce
qu'il fait.
Plus spécifiquement, Tancredo veut
connaître le nom des membres des groupes de travail du
Partenariat. Jusqu'à présent personne ne sait qui sont
ces gens. Geri Word, qui dirige le bureau du Partenariat, a dit
à WorldNetDaily que les tribunaux ne sont pas publics
parce que «nous ne voulons pas que les membres des
groupes de travail soient distraits par des appels du public.» Le
Partenariat affirme néanmoins ne pas agir dans le secret.
Un autre sénateur, John Cornyn du Texas, a
déposé un projet de loi, le North American
Investment Act. Le projet de loi reprend presque mot pour mot les
propos de Robert Pastor dans son livre Toward a North American
Community. Beaucoup considère ce livre comme le plan
d'architecture de l'Union nord-
américaine. Une partie importante du livre est reproduite dans
un rapport du Conseil sur les relations étrangères
intitulé «Building a North American Community». Ce
rapport a été rendu public une semaine avant le Sommet de
Waco.
Quand le sénateur Cornyn a pris connaissance de
ces faits, il s'est immédiatement arrangé pour que son
projet de loi ne soit pas voté au Sénat. Selon son
porte-parole, le sénateur «s'oppose vertement à
toute Union nord-américaine à l'image de l'Union
européenne». Mais tous ces démentis ne cachent pas
le fait que le Congrès n'a
autorisé ni les activités ni les dépenses du
Partenariat.
Le Partenariat nie avoir l'intention de créer
une monnaie commune que certains appellent
l'«améro». Mais le 6 avril 2006 il annonçait
la formation du Groupe de travail sur les services financiers. Selon le
communiqué émis à l'occasion, le Groupe financier
a pour mandat d'«améliorer le processus de
règlement des conflits sur les
questions bancaires, de sécurité et d'assurances».
On y lit que «les agences de réglementation
financière américaines joueront un rôle important
dans le Partenariat».
La vérité est que le Partenariat est en
train d'être créé progressivement. Il faudra
plusieurs années avant que tous les morceaux soient en place.
L'Union européenne a pris plusieurs années à
créer l'euro. Mais une chose est certaine: les documents
tirés du livre du professeur Pastor et le rapport du Conseil des
relations étrangères
prévoient la création d'une monnaie
nord-américaine. Il est évident quand on lit entre les
lignes des discours bureaucratiques du Partenariat que pour atteindre
son objectif de «réduire les coûts du
commerce», «combattre la contrefaçon» et
«faciliter le commerce» entre les trois pays
concernés, une monnaie unique est nécessaire.
Finalement il y a la super-autoroute de l'ALENA.
L'ALENA est le premier pas vers la création d'une Union
nord-américaine. Il a été présenté
comme une façon d'améliorer le commerce entre les pays
d'Amérique du Nord. On a promis à tout le monde une
croissance des exportations, de meilleurs emplois et de meilleurs
salaires. La
vérité est que l'ALENA est un échec lamentable
pour tous sauf une tout petite minorité. Le déficit
commercial des États-Unis est passé à près
de 1 billions $ par année. Les États-Unis ont perdu
environ 1,5 millions d'emplois et les salaires réels aux
États-Unis et au Mexique ont chuté de façon
significative. Mais les jeux sont faits et nos
gouvernements n'ont pas l'intention de reculer.
Le plus récent projet est la super-autoroute de
l'ALENA dont les travaux doivent commencer l'année prochaine.
Elle traversera le Taxas de la frontière mexicaine à
l'Oklahoma et conduira jusqu'à Kansas City où les
autorités sont en train de finaliser les plans de construction
d'un «port intérieur».
L'autoroute aura dix voies: trois dans chaque sens pour
les voitures à passagers, deux voies rapides dans chaque sens
pour les camions, des chemins de fer dans chaque sens pour passagers et
cargo et un corridor de service pour les pipe-lines de pétrole
et de gaz naturel, des pylônes électriques et des
câbles pour les
télécommunications. Sa construction nécessitera
l'acquisition ou l'expropriation de quelque 500 000 acres de terres
privées et le déplacement d'environ un million
d'Américains. Le pouvoir d'expropriation sera l'outil de
prédilection pour l'immense acquisition territoriale, un pouvoir
accru récemment par le jugement de la Cour suprême dans
l'affaire Kelo.
Le «port intelligent» de Kansas City sera
le premier point de contrôle d'une autoroute qui traversera les
États-Unis. Le Mexique y aura sa plate-forme et il insiste pour
que ce soit en territoire mexicain.
Pour réaliser la super-autoroute de l'ALENA, les
frontières des trois pays doivent disparaître.
L'immigration deviendra de la «migration». Les lois
frontalières n'existeront plus. L'«harmonisation» de
nos sociétés est dorénavant le mot d'ordre. [...]

À titre d'information
Les participants à la rencontre secrète
de Banff
Les participants canadiens
Col. Peter Atkinson, conseiller spécial du chef
d'état-major de la Défense
Perrin Beatty, Canadian Manufacturers & Exporters
Peter M. Boehm, assistant du sous-ministre, Amérique du Nord,
Affaires étrangères et Commerce international du Canada
Thomas d'Aquino, Conseil canadien des chefs d'entrepries
Stockwell Day, ministre de la Sécurité publique
Dr. Wendy Dobson, The Institute for International Business
N. Murray Edwards, Edco Financial Holdings Ltd.
Ward Elcock, ministre adjoint de la Défense nationale
Bill Elliott, ministre adjoint de la Sécurité publique
Dr. John English, The Cdn Centre for International Governance Innovation
Brian Felesky, Felesky Flynn LLP
Richard L. George, Suncor Energy Inc.
Dr. Roger Gibbins, Canada West Foundation
Contre-amiral Roger Girouard, Commandant de la Force conjointe pour le
Pacifique, Forces armées canadiennes
Major-général Daniel Gosselin, Directeur
général, International Security Policy
James K. Gray, Canada West Foundation
Fred Green, Canadian Pacific Railway
V. Peter Harder, ministre adjoint aux Affaires étrangères
Paul J. Hill, Harvard Developments Inc.
Général Rick Hillier, chef d'état-major
général
Pierre-Marc Johnston, Heenan Blaikie
James Kinnear, Pengrowth Corporation
Harold N. Kvisle, TransCanada Corporation
John P. Manley, McCarthy Tetrault LLP
Ron Mannix, Coril Holdings Ltd.
Ron Mathison, Matco Investments
Anne McLellan, conseillère, Bennett Jones
Greg Melchin, ministre de l'Énergie, Gouvernement de l'Alberta
Sharon Murphy, Chevron Canada
Sheila O'Brien, présidente, Belvedere Investments
Gordon O'Connor, ministre de la Défense
Berel Rodal, International Center on Nonviolent Conflict
Gordon Smith Chairman, The International Development Research Centre
Les participants américains
Deborah Bolton, Political Advisor to Commander, U.S.
Northcom
Ron T. Covais, President, The Americas, Lockheed Martin Corporation
Sec. Kenneth W. Dam, Max Pam Professor Emeritus of American &
Foreign Law and Senior Lecturer, University of Chicago Law School
Dan Fisk, Senior Director, Western Hemisphere, National Security Council
Sec. Ryan Henry, Deputy Under Secretary of Defense for Policy
Carla A. Hills, Chairman & CEO, Hills & Co.
Caryn Hollis, Deputy Assistant Secreaty of Defense (Acting), Western
Hemisphere Affairs
Bill Irwin, Manager - International Government Affairs, Policy,
Government and Public Affairs, Chevron Corporation
Robert G. James, President, Enterprise Asset Management Inc.
Admiral Tim Keating, Commander, U.S. Northern Command
Floyd Kvamme, Chair, President's Council of Advisors on Science &
Technology; Director, Centre for Global Security Res.
Dr. Ronald F. Lehman II, Director, Center for Global Security Research,
Lawrence Livermore National Laboratory
William W. McIlhenny, Policy Planning Council for Western Hemisphere
Affairs
Dr. Peter McPherson President, National Association of State
Universities & Land-Grant Colleges
Doris Meissner, Senior Fellow, Migration Policy Institute
Dr. George Miller Director, Lawrence Livermore National Laboratory
George Nethercutt, Chairman, U.S. Section of the Permanent Joint Board
on Defense, U.S. Canada (Security)
Mary Anastasia O'Grady, Journalist for Wall Street Journal (Area
Specialist)
Dr. Robert A. Pastor, Director, Center for North American Studies,
American University, Washington, DC
Dr. William Perry, Co-Director, Preventive Defense Project
Lt. Gen. Gene Renuart, USAF Senior Military Assist. to Sec. Rumsfeld
Eric Ruff, Department of Defense Press Secretary
Sec. Donald R. Rumsfeld, Secretary of Defense, U.S. Department of
Defense
Dr. James Schlesinger, Former Sec. of Energy & Defense
William Schneider President, International Planning Services
Sec. Clay Sell, Deputy Secretary of Energy, U.S. Dept. of Energy
Dr. Thomas A. Shannon, Assistant Secretary of State for Western
Hemisphere A
Dr. David G. Victor, Director, Program on Energy & Sustainable
Development, Center for Environmental Science & Policy
Maj. Gen. Mark A. Volcheff, Director, Plans, Policy & Strategy,
NORAD-NORTHCOM
Jane Wales, President & CEO, World Affairs Council of Northern
California
R. James Woolsey, Vice President, Booz Allen Hamilton
Les participants mexicains
Emb Andrés Rozental, (Mexican Coordinator) -
Mexican Council on Foreign Relations
Silvia Hernández, Former Senator and Chair of the Senate Foreign
Relations Subcommittee on North America
Mario Molina, 1995 Nobel Laureate in Chemistry
Fernando Chico Pardo, CEO, Promecap
Juan Gallardo, CEO, Grupo GEUSA
Gerónimo Gutiérrez, Deputy Foreign Minister for North
America
Luis de la Calle, Consultant, Former Deputy Minister of Economy
Agustín Barrios Gómez, Solutions Abroad
Vinicio Suro, PEMEX
Eduardo Medina Mora, Secretary of Public Security
Carlos Heredia, State Government of Michoacán
Jaime Zabludowsky, Consultant, Former trade negotiator
Manuel Arango, CEO, Grupo Concord
Jorge Santibañez, President, El Colegio de la Frontera Norte
Luis Rubio, CIDAC
Mónica Serrano, El Colegio de México, Senior Fellow
Oxford University
Arturo Sarukhan, Coordinator of Int'l Affairs, Campaign of Felipe
Calderon
Juan Camilo Mouriño, General Coordinator of President Elect's
transition team
Ernesto Cordero, Coordinator for Public Policy Issues
Ambassadors/Consul General:
Carlos de Icaza, Ambassador of Mexico to the United States
Gaëtan Lavertu, Ambassador of Canada to Mexico
Maria Teresa Garcia Segovia de Madero, Ambassador of Mexico to Canada
Thomas Huffaker, U.S. Consul General in Calgary (on DOD's list)
John Dickson, Deputy Chief of Mission, U.S. Embassy in Ottawa
(representing Ambassador of U.S. to Canada)
Colin Robertson, Minister & Head, Washington Advocacy Secretariat,
(representing Ambassador of Canada to U.S.)
(Source: vivelecanada.ca)

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