Hardial Bains (15 août 1939 - 24 août
1997) fut le fondateur du Parti communiste du Canada
(marxiste-léniniste) et son dirigeant jusqu'à sa mort en
août 1997.
La plus importante caractéristique de Hardial
Bains en tant que
personnage politique est son dévouement à la solution des
problèmes
fondamentaux de la société à chaque période
donnée. Il s'attaquait au
problème le plus crucial du présent sur la base de la
mobilisation
idéologique maximale et de la mobilisation politique maximale.
Aujourd'hui
le problème le plus crucial est d'investir le peuple du pouvoir
souverain pour qu'il puisse exercer un contrôle sur sa vie.
Hardial
Bains était convaincu qu'aucun autre problème ne saurait
être résolu
sans s'attaquer à celui-là. Sa vision du monde, ses
écrits, son
leadership et sa méthode de travail demeurent à ce titre
l'arme
spirituelle et le guide à
l'action dans le travail du Parti aujourd'hui.
Hardial Bains sa consacré les sept
dernières années de sa vie à la
lutte pour le renouveau démocratique, c'est-à-dire
trouver les moyens
d'investir le peuple du pouvoir souverain. De septembre 1990, lorsqu'il
soumit un mémoire sur la réforme électorale
à la Commission royale sur
la Réforme électorale et le financement des partis (la
Commission Lortie), à 1997, lorsqu'il lança
l'appel : Arrêtez de payer les riches — augmentez les
investissements dans les programmes sociaux !,
il a formulé des positions théoriques et trouver des
moyens politiques
pour résoudre ce problème. Durant le
référendum sur l'Accord de
Charlottetown de 1992, il a présidé le
Comité pour voter Non le 26 Octobre et publié deux livres
sur le
problème constitutionnel au Canada, L'essence du Rapport du
Consensus sur la Constitution et Pour faire face à
l'avenir. Un troisième livre publié en 1993, Un
pouvoir à partager,
porte sur le renouveau du processus politique et représente une
autre contribution importante à ce travail. Après le
référendum sur
l'Accord de Charlottetown, il a présidé à la
fondation du Conseil
national pour le renouveau, lequel fonda le Parti canadien du renouveau
en tant qu'association politique non partisane contribuant à la
politisation des canadiens.
Pour Hardial Bains il y avait un lien vivant,
dialectique, entre la
souveraineté et l'exercice d'un contrôle sur nos affaires.
Cette
souveraineté que le peuple doit conquérir passe par
l'établissement
immédiat d'une constitution moderne et d'un mécanisme
politique qui
subordonne les élus aux électeurs. Cette constitution
moderne et ce
mécanisme
politique doivent être l'oeuvre du peuple lui-même.
Hardial Bains mettait toujours de l'avant des
tâches pratiques pour
mener à la solution de ce problème de manière
à élever le niveau de la
discussion dans le corps politique. Tous les partis politiques, les
activistes politiques et les autres intéressés doivent
coopérer,
échanger les opinions sur des problèmes vitaux auxquels
la société fait
face et
occuper l'avant-scène. C'est ainsi qu'on parviendra à
contrer la
désorientation qui est créée par les médias
monopolistes et qui fait de
graves torts aux intérêts du peuple.
Hardial Bains s'est attaqué au problème
d'investir le peuple du
pouvoir après plusieurs années de travail assidu pour
développer le
mouvement pour les idées éclairées à partir
de 1984. Ce travail fut
pour ainsi dire le prélude du travail actuel pour le renouveau
politique. Il a notamment développé un nouveau
journalisme en théorie
et en
pratique, pour la presse de parti et la presse sans parti. Il s'agit
d'un journalisme inséparablement lié aux
préoccupations du peuple,
d'une part, et aux réalisations de la science, de l'autre. Il
affirme
que le journalisme doit servir la solution des problèmes
auxquels la
société fait face.
Hardial Bains avait une longue histoire d'activisme
politique au
Canada en tant que communisme. Après avoir immigré au
Canada de l'Inde
alors qu'il était jeune homme, en 1959, il fit des études
supérieures à
l'Université de la Colombie-Britannique à Vancouver et se
lança dans le
mouvement politique de l'époque. Il créa l'organisation
appelée Les Internationalistes en 1963 et fut élu
président de la
Fédération des étudiants de la
Colombie-Britannique en 1964.
Il a enseigné durant quelques années dans
les années soixante et en
février et mars 1967, sous les auspices du Programme
Nécessité de
Changement, il livra une série de conférences importantes
exposant les
principales idées sur le changement et le progrès qu'il
allait
poursuivre durant les décennies qui suivirent.
Son ouvrage le plus célèbre de
l'époque fut la brochure intitulée Necessity for
Change.
Il fonda l'Institut d'études idéologiques
Nécessité de changement en
1967, qui prit plus tard le nom de Centre d'études
idéologiques et pour
lequel il travailla à titre professionnel jusqu'à sa mort.
Hardial Bains compte parmi ses autres grandes
réalisations la
fondation du Comité pour la défense des droits
démocratiques à Montréal
en 1969, après quoi il a présidé à la
création d'organisations
semblables partout au pays, notamment le Comité de
défense indien en
1973 et le Front du peuple contre la violence raciste et fasciste en
1980. Il a
toujours travaillé en étroite liaison avec les femmes et
les jeunes,
les engageant dans un travail idéologique et politique
comprenant
autant des activités de parti que des activités sans
parti.
En revoyant sa vie politique depuis l'époque de
la fondation des
Internationalistes à Vancouver en 1963 jusqu'à sa mort,
il n'est pas
difficile de voir les grands jalons de son oeuvre. Depuis l'analyse
Nécessité de changement en 1967 jusqu'à la
fondation du PCC(M-L) en
1970, Hardial Bains s'est attaqué résolument aux
problèmes du
mouvement politique et de la société. Il n'a rien fait de
tout cela
pour la reconnaissance et les honneurs ou pour se hisser au pouvoir.
Bien au contraire, il a subordonné ses propres
intérêts à ceux du
collectif et de la société et a travaillé à
leur harmonisation.
En tant que dirigeant national du Parti
marxiste-léniniste du Canada
(le nom sous lequel le Parti communiste du Canada
(marxiste-léniniste)
est enregistré pour le processus électoral), Hardial
Bains fut l'une
des rares personnalités politiques au Canada à consacrer
tant
d'énergie, pendant près de quatre décennies,
à ouvrir la voie au
progrès de la
société. Pour véritablement apprécier ce
travail accompli depuis ses
études supérieures à l'UCB au début des
années soixante et une courte
période d'enseignement, il faut le voir comme une personne dont
le seul
but dans la vie était de résoudre les problèmes
qui se posent à la
société à chaque tournant. Il expliquait souvent
que les personnalités
centrées sur soi ne s'épanouissent que dans les
conditions où le
présent est converti en dernière étape de
développement de la société
humaine. Mais la société ne s'est pas
arrêtée et son étape supérieure
est le socialisme et le communisme. Comme dans le passé, la vie
d'un
peuple à chaque étape vient de la création de
l'étape supérieure de la
société
humaine.
Hardial Bains a fait d'autres contributions bien
précises à la vie
politique au Canada au cours de 35 dernières années de sa
vie.
En tant que dirigeant national du Parti communiste du
Canada
(marxiste-léniniste), en plus d'être aux premiers rangs du
mouvement
pour le renouveau démocratique il était aux premiers
rangs de la lutte
contre l'offensive antisociale, pour un programme pro-social et pour le
socialisme. Malgré toutes les prétentions faites en
1989-91 que c'est
le
socialisme qui a échoué lorsque l'Union soviétique
s'est effondrée,
Hardial Bains a fait valoir ce qu'est réellement le socialisme
et qu'il
est le présent et l'avenir de l'humanité. Il était
convaincu du
triomphe inévitable du socialisme et du renversement du
capitalisme.
Qui plus est, il était à la fine pointe de
la lutte idéologique
contre la révision ou l'interprétation dogmatique des
idées du
communisme. Son recueil d'essais Communisme 1989-1991 permet
de voir que c'est l'abandon des idéaux progressistes et du
socialisme
qui était à la base du conflit dans l'ex-Union
soviétique et en Europe
de
l'Est. Il a lui-même combattu contre cet abandon depuis le
début des
années soixante.
Son activité politique lui a valu l'admiration de
ses collègues et
de ceux qui sont entrés en contact avec lui dans le cours de
l'action
politique. Par contre, il a été calomnié,
détesté et persécuté par
l'État canadien et les forces établies et on lui a
nié la citoyenneté
pendant près de trente ans. Jusqu'à sa mort il fut
interdit aux
États-Unis sur la base
de preuves fabriquées.
Le 30 mars 1997, le Forum consultatif central du Parti
communiste du
Canada (marxiste-léniniste) a adopté une
résolution à l'effet que
l'ensemble du Parti étudie les écrits de Hardial Bains
comme
contribution au développement d'une nouvelle cohérence,
tant
idéologique et théorique qu'organisationnelle et
pratique. Les écrits
de Hardial Bains
(essais, discours, résolutions, rapports aux plénums du
Comité central
et Congrès) et tous les écrits officiels du PCC(M-L)
constituent une
riche source de matériel pour la cristallisation d'une nouvelle
cohérence aujourd'hui.
La résolution reconnaît que depuis 1967 les
écrits et contributions
de Hardial Bains ont guidé et dirigé le PCC(M-L), le
parti
d'avant-garde de la classe ouvrière canadienne, dans la
réalisation de
son plan de préparer les conditions subjectives pour la
révolution
socialiste au Canada et ouvrir la voie au progrès de la
société. Le
PCC(M-L),
toujours le parti de l'action révolutionnaire, affronte et
surmonte les
obstacles et les attaques de la bourgeoisie et de son État
depuis près
de quatre décennies. Il a continuellement apporter une direction
à la
classe ouvrière, aux mouvements démocratiques et au
mouvement pour les
idées éclairées. Les guides et leçons des
luttes menées au cours de
ces années sont exprimés dans les écrits de
Hardial Bains. Ceux-ci
expriment la pensée nécessaire pour surmonter les
défis de la
construction du Parti tout en menant la lutte de classe pour
l'émancipation de la classe ouvrière et des travailleurs
et peuples
opprimés du monde. Les écrits de Hardial Bains sont une
contribution à
la généralisation de
l'expérience de la classe ouvrière, en particulier en ce
qui concerne
la construction d'un parti marxiste-léniniste uni dans les
conditions
concrètes de la classe ouvrière canadienne durant la
période de la
division bipolaire du monde et après. Depuis l'effondrement de
l'Union
soviétique et dans les conditions concrètes de la
période actuelle de
repli de
la révolution, les écrits de Hardial Bains sur la
situation nationale
et internationale sont une importante contribution au
développement de
la pensée marxiste-léniniste contemporaine.
Ouvrages choisis de Hardial
Bains
•
Le communisme moderne, Parti communiste du Canada
(marxiste-léniniste)
Le communisme moderne, Parti communiste du Canada
(marxiste-léniniste)
de Hardial Bains reflète la conception du monde, la ligne
générale et
le contexte du travail du PCC(M-L) en cette période de virage
historique, en ce moment déterminant pour le monde.
Il explique : « Avec ce livre, le
PCC(M-L) se présente aux
travailleurs, aux femmes, aux jeunes et aux étudiants, aux
peuples
autochtones et aux minorités nationales. Il les appelle à
le connaître
et à connaître ce qu'il représente sans
idées préconçues. Ils doivent,
pour cela, partir des conditions réelles et tirer les
conclusions qui
s'imposent. Mais cela se fait surtout en menant la lutte de classes
plutôt que par l'apprentissage livresque. Au lieu
d'adhérer à une
interprétation dogmatique du communisme, le spectre que
brandissent
l'impérialisme et la bourgeoisie réactionnaire, ils
doivent se faire
leur propre idée du communisme moderne et du PCC(M-L). Ils
doivent
rejeter le
fantasme créé par les puissances de la vieille Europe et
d'Amérique du
Nord pour sauver leurs empires en décrépitude. Ils
doivent participer
au travail du PCC(M-L) s'ils veulent remporter la victoire. C'est la
condition sine qua non pour réaliser les changements
qui sont à l'ordre du jour.
« Nous ne sommes qu'au point de
départ des plus grands
bouleversements révolutionnaires de l'histoire de
l'humanité. Le
PCC(M-L) est la force conscience décisive pour la
réalisation de ces
transformations révolutionnaires au Canada, un
détachement du mouvement
communiste marxiste-léniniste international qui lutte pour la
même cause partout dans le monde. Que tous les travailleurs, les
femmes, les jeunes et les étudiants et toutes les forces
conscientes se
joignent au PCC(M-L). Cet acte est en soi un grand pas vers la
création
d'une humanité nouvelle et affirmée où toute
action de l'être humain
devient un nouvel acte d'affirmation de l'humanité, la mesure de
ce qui
est vraiment humain.
« Qu'on laisse tomber toute
hésitation car le temps de la victoire
du Nouveau sur l'Ancien est arrivé. Que chacun s'engage dans la
création des conditions nécessaires à la meilleure
expression de son
humanité, pour réaliser son rêve d'escalader les
plus hauts sommets que
l'humanité ait jamais atteints et de s'affirmer. Que se
lève l'aube du progrès humain ! Que brille le soleil
de l'humanité
humanisée ! Qu'il brille pour tous ! »
•
Nécessité de changement
La brochure Nécessité de
changement ! part d'une offensive
totale contre cette subversion idéologique et le blocage par les
formes
sociales. Elle le fait en lançant l'appel le plus
révolutionnaire qui
soit : « La compréhension nécessite un
acte de participation consciente
de l'individu, l'acte de découvrir »,
plaçant l'action au premier plan et la compréhension
à son service.
Les Internationalistes publièrent l'analyse Necessity
for Change
sous forme de brochure en 1967. Le Parti communiste du Canada
(marxiste-léniniste) l'a reproduite en 1998 avec une
préface de
l'auteur écrite en mai 1997 à l'occasion du 30e
anniversaire de sa
publication originale.
La brochure Nécessité de
changement ! est basée sur un
discours de Hardial Bains dans le cadre du Programme d'étude
Nécessité
de changement organisé par Les Internationalistes en
février et mars
1967. Le Comité central du PCC(M-L) explique dans
l'avant-propos :
« Cette petite brochure, avec son appel de
combat : La compréhension requiert un acte de
participation consciente de l'individu, l'acte de découvrir,
ouvrit les yeux aux participants du Programme d'étude
« Nécessité de
changement » à la réalité profonde
d'où puiser leur force théorique et
idéologique. Elle portait un coup fatal au dogmatisme et
à la
scolastique qui dominent la pensée contemporaine et qui
soutendent des
opinions détachées de cette réalité
profonde. L'exigence que toute
pensée parte de l'en-deçà, de cette
réalité profonde, était la base
d'appui du mouvement communiste marxiste-léniniste dirigé
contre le
révisionnisme et l'opportunisme de tout acabit. »
« Il est à la fois passionnant et
nécessaire de retracer ce qu'il
est advenu de cette idée épousée il y a trente
ans. Quel chemin
a-t-elle parcouru ? Quelle forme prend-elle aujourd'hui ?
Quel rapport
y a-t-il entre cette idée et l'exigence que l'organisation de
base soit
l'organe de la lutte de classe à son niveau et le
pivot du PCC(M-L) ? Quel rapport a-t-elle avec l'exigence
contemporaine
que toute activité soit basée sur les collectifs du
peuple et sur la
définition moderne des droits, qui reconnaît que les
êtres humains
naissent en société et que cette société a
le devoir de reconnaître
leurs réclamations ? »