15 mars 2010
Journée internationale contre
la
brutalité policière
-
Appel du Collectif opposé à la brutalité
policière -
MANIFESTATION
Qui nous protège de la police ?
Montréal
Lundi
le 15 mars à 17 h
Métro Pie-IX |
 Pour la 14ème
journée internationale contre la brutalité
policière, le Collectif Opposé à la
Brutalité Policière invite toute la population à
venir marcher dans les rues d’Hochelaga-Maisonneuve. Si nous avons
choisi de marcher dans ce quartier cette année, c’est pour
dénoncer le profilage social qui s’y opère. Depuis
quelques années, la répression policière s’est
accentuée à Hochelag. Non satisfaite d’être
parvenue à chasser du centre-ville une bonne partie des
itinérant-e-s, des jeunes de la rue et des travailleuses et
travailleurs du sexe, la police intensifie ses opérations dans
les quartiers où elle les avait repoussé-e-s. Qu’il
s’agisse de distribution massive de tickets, d’imposition de
quadrilatères, ou de brutalité dans son sens le plus
primaire, il apparaît clair que cette répression a pour
but de «nettoyer» le Hochelag des pauvres pour attirer une
nouvelle catégorie sociale de résidentes et
résidents privilégié-es pour son nouveau ghetto
embourgeoisé. Ici comme ailleurs, la police est au service non
pas de la population dans le besoin, mais du développement
résidentiel privé et des spéculateurs immobiliers.
En cette journée internationale contre la brutalité
policière, nous marcherons également dans les rues pour
crier haut et fort notre ras-le-bol face à l’impunité
policière. Depuis la mort de Fredy Villanueva, tué
à Montréal Nord par l’agent Jean-Loup Lapointe, la
population québécoise ne cesse d’apprendre des faits
troublants sur cette affaire en particulier et sur la police en
général. Non seulement le SPVM a-t-il enlevé la
vie à un jeune homme non armé, mais nous savons
maintenant que les enquêtes de la police sur la police sont
caractérisées par une suite interminable
d’irrégularités qui indiquent une complaisance en faveur
des flics-assassins. À Vancouver, l’affaire Dziekan'ski, du nom
de cet homme qui s’est fait tazé à mort il y a trois ans
par quatre agents de la GRC, révèle les mêmes
problèmes.
Il arrive que les « agents de la paix » abusent de leurs
pouvoirs et parfois même tuent des personnes innocentes et non
armées sans la moindre crainte d’êtres punis, puisqu’il
savent pertinemment que le système est là pour les
protéger. Cela porte un nom, et s’appelle l’impunité.
Aussi scandaleuses soient-elles, les bavures policières les plus
médiatisées comme Villanuava, Dziekan'ski,
Barnabé, et bien d’autres, ne sont que la pointe de l’icerberg.
Depuis Griffin en 1987, 60 personnes ont étés
tuées par la police de Montréal. Au quotidien, dans les
rues d’Hochelaga-Maisonneuve comme dans celle de Montréal-Nord,
de Saint-Michel et du centre-ville, des personnes sont victimes
d’intimidation, de profilage, d’harcèlement, d’agressions et de
violences policières. Très rarement, des accusations sont
portées contre les flics, et à peine quelques-uns
reçoivent des sentences ridicules qui souvent seront
portées en appel.
Les flics ont tendance à viser les quartiers et les personnes
les plus pauvres soit les marginalisées, et ethnoculturels. Le
profilage autant racial que social est désormais un
phénomène documenté et dénoncé par
la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse.
Comme il fallait s’y attendre, le SPVM et son employeur, la Ville de
Montréal, continuent de nier ces faits avérés, et
pire, tentent de saboter le travail de la Commission en multipliant les
tactiques dilatoires dans l’objectif de réduire les pouvoirs
d’enquête de la Commission.
Cette technique est courante chez les grands lobbys policiers. Quand
ils ne tentent pas d’introduire de nouveaux règlements pour
augmenter les pouvoirs public de la police, ils tentent d’annuler la
tenue d’enquêtes publiques, comme c’est le cas
présentement dans le dossier Anas Bennis (résident de
Montréal tué en 2005 à Côte-des-neiges) ils
cherchent toujours à excuser et protéger les
policiers-assassins.
C’est bien connu, les policiers se protègent entre eux, et les
mécanismes officiels sont incapables de protéger le
public face aux abus policiers et aux dénis de justice. La
déontologie policière est un recours insuffisant qui ne
fait pas le poids devant leur machine. Depuis quelques années,
le nombre de plaintes contre des policier-e-s atteint des records.
Pourtant, le nombre de mises en accusation devant le tribunal
déontologique et les « reconnaissances de
culpabilité » sont à la baisse. Depuis la
réforme de 1997, la conciliation est devenue la voie obligatoire
pour le traitement des plaintes. Une recette bien pratique qui blanchit
les flics à coup sûre parce qu’avec la conciliation, on
s’assure que tout ce qui est discuté ne pourra aboutir ni devant
les tribunaux, ni dans les archives de la Commission.
Devant pareil constat, on est en droit de se demander, mais qui nous
protège de la police ?
Avec une fraternité, un employeur, des procureurs, la loi et la
classe politique de leur côté, les flics peuvent bien
continuer d’agir comme des vrais cowboys qui semblent être
au-dessus des droits humains. C’est pourquoi nous devons créer
une solidarité plus forte que la leur. Dans le dossier
Villanueva, les proches, la population et les groupes de pression se
sont mobilisés et sont parvenus à faire avancer la
justice et la vérité. Si nous voulons réellement
renverser la vapeur, nous devons faire de même pour toutes les
victimes de bavures policières; nous lever et mettre fin au
silence faire cesser l’impunité. C’est pourquoi le Collectif
Opposé à la Brutalité Policière invite
toute la population à venir manifester, le 15 mars.
Ensemble, brisons le silence et dénonçons les abus
policiers !
Collectif Opposé à la Brutalité Policière
(514) 395-9691
cobp@hotmail.com
www.cobp.resist.ca
Voir
aussi:
• Ensemble,
luttons pour une société moderne qui reconnaîtra
les droits de tous et toutes! - Serge Lachapelle
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